☑ the club isn't the best place to find a lover. - Page 2


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 ☑ the club isn't the best place to find a lover.

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Sebastian Bacigalupo

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MessageSujet: Re: ☑ the club isn't the best place to find a lover.   Dim 23 Avr 2017 - 12:48

Voilà pourquoi il gardait ses distances, pourquoi il ne cherchait pas à se lier outre mesure avec des nouveaux venus. Il préférait laisser le temps faire son travail, lui montrer qui en valait la peine et qui était une perte de temps totale. Il avait découvert des gens charmants et solides mais qui, au premier abord, n’étaient pas très avenants et avait été déçus par d’autres, souriants et à l’aise qui hypnotisaient mais menaient invariablement à de profondes désillusions. Alors pourquoi avait-il changé son mode de fonctionnement ce soir ? Pourquoi s’était-il jeté à corps perdu, comme un parfait abruti, dans une conversation dont il avait complètement perdu le contrôle ? Tout ça parce que Teddy lui avait mis la pression en s’intéressant au même inconnu ? Aurait-il dû attendre de le voir venir quelques fois avant d’amorcer un pas dans sa direction pour apprendre à le connaitre ? Mais Sebastian savait ce qu’il s’était passé : doutant complètement de lui-même, il était parti du principe que si Teddy initiait une approche le premier, la partie serait terminée, il n’aurait plus aucune chance avec Arnav. Il s’était lancé sans réfléchir, mû par la crainte de voir un autre capter l’attention du musicien. Et voilà le résultat : s’il avait pu goûter au délice des lèvres du jeune homme, il était maintenant en plein désarroi, incapable de savoir comment gérer la situation. Et puis il n’y avait qu’à voir la lueur effrayée qui brûlait dans les grands yeux du musicien : elle n’avait rien de feinte, elle trahissait un gouffre sans fond qui avait été probablement colmaté depuis des années. Cela voulait-il pour autant dire qu’il avait face à lui un homme qui refoulait son homosexualité ? Pas forcément. Qu’en savait-il, au final ? Lui n’avait jamais eu aucun doute et avait toutes les difficultés du monde à se mettre à la place de quelqu’un qui ne savait pas où il se situait sur le spectre de la sexualité. Enfin, Sebastian se sentait mal parce qu’il avait le sentiment d’avoir abusé d’Arnav, d’une manière ou d’une autre. Peu importe si son coup de cœur avait eu un peu ou très envie de céder à ses avances, il ne l’avait pas fait naturellement, il n’avait pas été pleinement conscient de ce qu’il faisait et Sebastian n’aurait pas dû pousser sa chance. Pas comme ça. Alors peut-être que la réaction d’Arnav était sa punition, pour le ramener sur terre, pour lui rappeler qu’accélérer les choses n’était pas la meilleure façon de faire et que, incité par la peur ou non, poussé par l’esprit de compétition ou non, il avait mal agi.
- Ne t’inquiètes pas, ça va aller, dit-il d’une voix mal assurée, peu convaincu.
Bien sûr que ça irait. Arnav n’allait pas mourir mais reviendrait-il jamais au GLOW après une expérience aussi désastreuse ? N’éviterait-il pas à l’avenir cet endroit où on avait profité de lui à bien des égards ? Au moins échapperait-il à Teddy mais ça n’était d’aucun réconfort pour Sebastian qui observait l’air désorienté du musicien avec impuissance. Il aurait voulu attraper le visage d’Arnav, chercher son regard, le forcer à concentrer son attention sur lui pour le rassurer, pour ôter cette détresse hurlante qui rendait les gestes du jeune homme saccadés. La panique d’Arnav était évidente et Sebastian détestait en être le spectateur. Avec Teddy, ça ne serait sûrement pas arrivé, songea-t-il. Teddy n’aurait pas lâché Arnav d’une semelle et personne n’aurait eu l’occasion de jouer avec sa boisson, personne n’aurait pu le mettre dans un état pareil.
- Je suis désolé, j’aurais dû faire plus attention, lâcha-t-il, la gorge nouée.
La seule chose qui lui permit de garder les pieds sur terre fut l’assurance avec laquelle Sam s’adressait à Arnav. Il n’y avait pas la moindre inquiétude dans son ton qui tendait plus vers l’autorité qu’autre chose. Peut-être que c’était uniquement pour calmer les angoisses du musicien qui, en entendant le calme olympien de son interlocuteur se détendrait assez pour pouvoir parler normalement. Quand Sebastian et sa voix cassée ne pouvaient instiller que davantage d’anxiété chez quelqu’un qui ne semblait plus savoir où il était et ce qu’il se passait.
Le jeune serveur émit un soupir lorsqu’Arnav confirma ce qu’ils craignaient et Sam se redressa :
- Si je trouve le petit con qui t’a fait ça, il va passer un sale quart d’heure, déclara-t-il, toujours avec cette autorité que Sebastian lui enviait. Mais tu ne vas pas mourir, même si tu en as peut-être l’impression maintenant. Une bonne nuit de sommeil et tu verras que tout ira mieux demain.
Sebastian n’en était pas si certain mais il n’émit aucun commentaire, les yeux toujours braqués sur ce visage qui l’avait ensorcelé et qui l’avait rendu complètement irresponsable. Jamais il n’aurait dû le pousser à boire, jamais il n’aurait dû quitter son poste, même si le désir de suivre Arnav jusqu’au bout de la nuit était irrépressible. Parce que c’était ce qui arrivait quand il se laissait aller à suivre son cœur plutôt que son instinct. Et quand le musicien ôta brutalement sa main de la sienne, Sebastian fut légèrement déséquilibré. Seule la main de Sam lui permit de ne pas s'effondrer et il se releva, plus désarçonné que jamais.
- Tu veux que je m’en occupe ? proposa Sam, probablement plus conscient du trouble de Sebastian que ce qu’il laissait entrevoir.
- N—non, c’est bon. Je vais m’assurer qu’il rentre bien chez lui.
Sam les laissa seuls et Sebastian se mordit la lèvre inférieure. Son cœur se fêla un peu plus lorsqu’il entendit les mots hachés d’Arnav mais il s’efforça de les attribuer au mal-être du musicien, de ne pas les prendre personnellement, même s’il était la source des problèmes du nouveau venu. Prenant une profonde inspiration, Sebastian chassa la pointe de déception qui lui vrillait les côtes et acquiesça :
- D’accord. Pas de problème. Mais il va falloir que tu fasses un dernier effort, okay ? Tu es venu comment ? En voiture ? Je peux t’appeler un taxi mais je préférerais appeler quelqu’un qui vienne te chercher. Si tu me files ton téléphone, je peux appeler un parent ou un ami ? Je suis désolé de ce qui t’arrive Arnav mais je te promets que c’est passager, que ça ira mieux demain, quoi que tu puisses ressentir maintenant. Mais il faut que quelqu’un vienne te chercher, tu comprends ?
Il ne pouvait pas le ramener chez lui parce qu’il n’avait pas de voiture et, de toute manière, il n’était pas sûr qu’Arnav aurait apprécié passer davantage de temps en sa compagnie. Pas après cette soirée, pas alors qu’il était dans cet état. Et s’il fut tenté de poser la main sur l’épaule du musicien pour lui faire comprendre qu’il n’était pas seul, Sebastian s’en abstint, bien que cela lui en coûte d’imposer une distance entre lui et le jeune homme recroquevillé qui semblait au bord du précipice.

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Dernière édition par Sebastian Bacigalupo le Mar 30 Mai 2017 - 22:30, édité 1 fois
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Arnav Singh

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MessageSujet: Re: ☑ the club isn't the best place to find a lover.   Lun 29 Mai 2017 - 16:17

Roulé en boule comme il l'était, Arnav ne pouvait pas voir ce qui se passait autour de lui et c'était peut-être mieux ainsi. S'il avait croisé le regard de Sebastian à cet instant, il n'était pas sûr de ce qu'il aurait fait. Il savait, tout au fond de lui, que le jeune homme n'y était pour rien. Que s'il y avait quelqu'un à blâmer pour tout ce qui se passait, c'était lui-même. Il n'aurait jamais dû se trouver ici en premier lieu. Il n'aurait jamais dû céder aux chants des sirènes. Mais il ne pouvait s'empêcher de ressentir de sombres impulsions, une colère animale et primaire qu'il avait envie de diriger contre celui qui n'était au final qu'un inconnu qui avait profité de sa naïveté. Et naïf, Arnav se promettait de ne plus jamais l'être si c'était là le prix à payer. Il ne comprenait pas pourquoi tant de gens vivaient pour ce genre de sensations. Qu'y avait-il de si grisant à ne plus être maître de soi-même ? A perdre tous repères ? Il ignora la voix qui disait que ça irait mieux demain. Il se fichait complètement que ça aille mieux demain ! Il voulait aller bien, ici et maintenant. Mais Arnav savait pertinemment que c'était impossible, et il continuait à se prostrer, terrifié par la réaction furieuse de son corps. On lui avait pourtant toujours appris : respecter son corps, c'était respecter son âme, sa vie, Dieu. En transgressant les règles, il avait offensé les pouvoirs qui l'avaient doté de ce vaisseau formidable, et qu'il avait pourtant choisi d'abîmer. Quelque part autour de lui, quelqu'un partit. Arnav le devina seulement. Ce dont il était certain, c'était que Sebastian était toujours à côté de lui, même après avoir été repoussé une première fois. Le regard toujours fixé vers un point invisible, Arnav s'efforçait de ne pas sombrer. Pourquoi le serveur était-il toujours là ? Pourquoi ne comprenait-il pas que sa présence rendait les choses encore pires qu'elles ne l'étaient déjà ? Car si Arnav s'était écouté, s'il avait vraiment suivi ce que son coeur lui murmurait depuis le début, il se serait laissé aller dans les bras du jeune homme pour s'y endormir paisiblement. Or, son coeur était un traître, il venait de l'apprendre à ses dépends et Arnav ne voulait plus se tromper. Alors, il ignorait sciemment la présence du serveur à côté de lui – ou du moins, il essayait, car le jeune homme semblait déterminé à l'aider, coûte que coûte. « Laisse… Laisse-moi... » marmonna-t-il alors que Sebastian continuait de parler. Il entendait ses mots, sa voix inquiète et tout ça ne faisait que nourrir la colère inexplicable qu'il ressentait. Il ne voulait pas qu'on s'occupe de lui. Il ne le méritait pas. Et surtout, il voulait que Sebastian disparaisse. Sa présence pleine de sollicitude hérissait la peau d'Arnav. Il était la source de tous ses problèmes, lui soufflait la petite voix de sa conscience – à moins que ce ne soit celle, pleine de mépris, de son père ? Dans son état, Arnav ne faisait plus la différence. « Laisse-moi tranquille ! » Cette fois, il n'avait pas bégayé, il n'avait pas hésité. Sa voix avait claqué dans l'air comme un coup de pistolet, et il s'était écarté en même temps, se redressant sur ses jambes malgré son envie d'aller rejoindre le sol qui lui semblait aussi confortable qu'un véritable lit. Avec difficulté, il sortit son téléphone de sa poche, ouvrit Uber et commanda à grand-peine un véhicule qui mettrait bien moins de temps à arriver qu'un taxi. « Je… Je vais me débrouiller. Laisse-moi. » murmura-t-il, la langue pâteuse et la tête enserrée dans un étau. Il ne voulait même pas regarder Sebastian. Il avait bien trop peur des sensations que sa vue convoquerait s'il posait les yeux sur le serveur. Car quand bien même Arnav priait pour que cette soirée ne soit pas réelle, il connaissait la vérité. Il ne pouvait pas ignorer ce qui s'était passé, pas plus qu'il ne pouvait oublier les sensations qui couraient encore sous sa peau, des sensations même que la drogue ne pouvait diluer. La douceur de ses lèvres, son corps chaud contre le sien, les promesses de la nuit, tout ça était encore là, et il aurait donné n'importe quoi pour effacer ces souvenirs. « On aurait pas dû, Sebastian... » souffla-t-il, si bas qu'il n'était pas sûr que le jeune homme l'ait entendu. Ce n'était pas forcément son but, d'ailleurs. C'était plus pour lui-même, comme pour se marquer au fer rouge. Le visage du jeune homme lui apparaissait plus clairement désormais, même dans la pénombre et il se détourna rapidement. Quelques mètres plus loin, il y eut un appel de phares et le téléphone d'Arnav vibra. Son Uber était arrivé et il tituba avec difficulté vers le véhicule, sans se soucier de ce que pouvait penser Sebastian. Il fallait absolument qu'il s'en écarte. Ce garçon était le danger incarné. « C'était une erreur. » répéta-t-il avant d'entrer dans la voiture, le regard plus ou moins posé sur le serveur. Regard qu'il ne parvint pas à détacher de la figure floue alors qu'il s'éloignait progressivement du GLOW, comme hypnotisé par les contours de la silhouette du jeune homme. Il ne réalisa même pas, alors que la voiture l'amenait vers la maison de Cherry, qu'il avait oublié sa guitare au bar. Et seul le visage de Sebastian restait, flottant dans son esprit comme un songe – rêve ou cauchemar, il n'aurait pas pu décider.

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Sebastian Bacigalupo

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MessageSujet: Re: ☑ the club isn't the best place to find a lover.   Mar 30 Mai 2017 - 23:12

Il piétinait. Sebastian piétinait, son seul désir étant de réconforter le jeune homme paniqué mais c’était semble-t-il la dernière chose dont avait besoin Arnav. Le jeune serveur n’aurait su dire si c’était là l’effet de la drogue – peut-être une substance nouvelle sur le marché, dont il n’aurait jamais entendu parler ? – ou si c’était la nature même du musicien qui était exacerbée par cette absorption involontaire. Quoi qu’il en soit, le spectacle était terrible à regarder, surtout en étant écrasé par ce sentiment d’impuissance qu’il devait contrôler pour ne pas aggraver la réaction d’Arnav. Le cœur lourd, il essaya de soupirer mais la boule qui obstruait sa cage thoracique ne semblait pas vouloir s’évacuer et il se retrouva dans une situation qui lui était étrangère mais si désagréable que plus jamais il ne voulait en faire l’expérience. Nerveux, incapable de savoir comment aborder le musicien, Sebastian se rongea la peau autour du pouce. Toutes ses tentatives d’apaisement s’étaient soldées par un échec cruel et il n’avait plus aucune idée pour calmer la crise d’Arnav. Il avait l’impression d’être un insecte banni d’une bulle de bonheur mais ce qu’il voyait n’avait rien du bonheur. La félicité, la volupté, il les avait laissées dans le club. Ce club qui était la source de bien des rencontres heureuses, qui avait vu son lot de mésentente et avait même eu droit à quelques bagarres sanglantes mais pour l’essentiel, le bar accueillait des gens de tous horizons et leur donnait l’opportunité d’être eux-mêmes, sans craindre le jugement. Peut-être Arnav regrettait-il d’avoir goûté à cette liberté, peut-être n’avait-il pas l’habitude d’évoluer parmi des gays – Sebastian se rappelait la mine stupéfaite qui s’était peinte sur les traits du musicien en découvrant la réalité du décor. Mais était-il aussi innocent ? N’avait-il vraiment pas vu dans quel endroit il mettait les pieds ou s’était-il voilé la face et était-il soudain pris de remords en repensant à ce qu’il s’était produit ? Sebastian ne doutait pas un instant que la crise d’angoisse d’Arnav était réelle, qu’il ne simulait pas pour lui échapper mais se pouvait-il que le degré de celle-ci soit à imputer à quelque chose qu’il se cachait à lui-même ? Sebastian chassa ces questions de son esprit. À quoi bon se le demander, il n’aurait pas la réponse et il n’était même pas certain qu’il aurait apprécié de connaitre le fond de la pensée d’Arnav sur le sujet. Tout ce qu’il pouvait faire, du coup, c’était s’assurer que le musicien rentre chez lui sain et sauf et que personne ne profite de sa vulnérabilité – comme lui l’avait fait, songea-t-il amèrement. Mais comment parvenir à ses fins quand il ne pouvait ni véritablement parler ni toucher son compagnon d’un soir ? Peut-être qu’il aurait dû accepter l’aide de Sam, finalement, lui serait certainement arrivé à gérer la situation de façon efficace, même s’il devait user pour cela d’un peu de brusquerie. Au lieu de quoi, il trépignait, espérant voir une ouverture dans l’attitude du musicien. Le rejet dont il était victime ne lui importait plus – du moins pour l’instant, car il savait que le contrecoup ne tarderait pas à l’assommer dès qu’Arnav aurait quitté son champ de vision – tout ce qu’il voulait, c’était que ce cauchemar prenne fin et chaque fois que le jeune homme ouvrait la bouche pour lui ordonner de le laisser, c’était une gifle supplémentaire pour le serveur.
- D’accord, je te laisse tranquille, dit-il sans espérer que l’autre l’entente.
Arnav était parti bien trop loin pour qu’ils puissent communiquer. La conversation ne semblait aller que dans un sens. Le musicien était sourd à ses excuses et il était muet, incapable de persister inutilement à calmer les tourments de son client. Et quand la voix d’Arnav se fit plus sèche, Sebastian serra les mâchoires. Il aurait aimé détourner les yeux, ne pas dévisager ce presque inconnu, ne pas se noyer dans sa détresse mais il observait chaque vague sur les traits délicieux du musicien et il restait là, se sentant particulièrement stupide, les bras ballants. Il était si paralysé que même lorsque son interlocuteur se leva et sembla vaciller sur ses jambes, il ne fit pas un geste pour l’aider, conscient que la réponse serait aussi brûlante que les mots et qu’il ne devait finalement rien de plus à Arnav. Juste le laisser tranquille, comme il le lui demandait depuis plusieurs minutes.
Déglutissant avec peine, Sebastian l’observa commander un véhicule et s’éloigner. Et comme si assister, impuissant, à cette débandade ne suffisait pas, il fallut qu’il encaisse les remords du musicien. Le serveur ne prit pas la peine de répondre, il n’était même pas sûr qu’il soit parvenu à extraire quoi que ce soit de sa gorge nouée, même s’il avait voulu adresser sa vision des choses. Il accepta les paroles injustes comme il avait accueilli tous les malheurs que son existence avait rencontrés depuis qu’il avait été chassé de chez lui par son père : avec un calme apparent, un stoïcisme digne d’une statue de marbre. Seul son cœur cognant brutalement contre ses os trahissait l’émoi qu’une telle déclaration provoquait. Mais était-ce si surprenant, au fond ? N’était-ce pas la suite logique de ce qu’il se passait depuis qu’Arnav avait commencé à perdre les pédales ? Alors Sebastian s’efforça de ne pas lui en vouloir, de ne pas garder rancune parce qu’Arnav avait visiblement ses propres démons à affronter et qui était-il pour lui dire qu’il avait tort ? Que c’était peut-être justement ce dont il avait besoin ?
Il ne fit pas un geste non plus quand le musicien prit la tangente, se dirigeant vers un véhicule qui venait d’arriver. Il regarda la silhouette à la démarche mal assurée s’engouffrer dans la voiture et serra les dents. Il ne bougea pas d’un millimètre, même après que la voiture ait disparu au coin d’une rue. Il resta là, immobile, jusqu’à ce que Sam émerge du GLOW et vienne l’attraper par les épaules pour le sortir de sa torpeur. Il n’entendit que vaguement les paroles réconfortantes de son collègue mais se laissa guider vers les lumières aveuglantes.
Voilà qui lui apprendrait à suivre son cœur, tiens.


THE END.

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