baby it's cold outside. (pre-departure)


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Heathcliff Walsingham

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MessageSujet: baby it's cold outside. (pre-departure)   Mer 11 Jan 2017 - 0:39

alexis + heath
'Cause you're a good girl and you know it
You act so different around me
'Cause you're a good girl and you know it
I know exactly who you could be

@pia mia + hold on, we're going home

La sentence était tombée plus tôt dans l'après-midi. Les cris, les regards meurtriers, les plaidoyers fraternels, rien n'avait pu éviter le couperet qui avait frôlé sa nuque comme une guillotine. Sa tête, Heath n'était d'ailleurs plus sûr de l'avoir sur ses épaules depuis qu'il errait dans les rues de Mount Oak où il n'était désormais plus qu'un citoyen ordinaire. Il avait rendu son arme, son badge, raccroché son uniforme dans les vestiaires où ses collègues – parmi lesquels certains de ses frères et sœurs – ne l'avaient même pas regardé. Alors, maintenant, au juste, qui était-il ? Un paria ? Un exclu ? Heath n'avait nulle idée d'où aller. Il avait bien pensé à appeler Harlow, à lui envoyer un long message mais il s'était ravisé au dernier moment. Pourquoi lui mettre ça sur les épaules ? Pourquoi risquer de la perdre elle aussi, en voulant la garder auprès de lui ? Il errait, bousculait les sans sans les voir, ne répondait pas aux salutations amicales qu'on lui adressait quelques fois. Heath leur adressait des regards sans vie. Sans vie, comme l'homme qu'il avait transpercé d'une balle. Y repenser lui donna un haut-le-coeur et il dut s'arrêter un instant pour ne pas vomir. Etre un flic, c'était une chose. Il fallait en avoir dans le ventre, fermer les yeux, se blinder. Mais ôter la vie d'un homme, c'était autre chose. Et il l'avait fait. Il avait appuyé sur la gâchette une minute trop tôt, trop tard, tout se brouillait dans sa tête. Et le résultat était là. Il avait pris la vie d'un homme – coupable, certes – et sa vie s'en retrouvait changée complètement. Il allait devoir vivre avec le poids de cette erreur qui lui coûtait non seulement famille et amis, mais aussi sa conscience. D'homme juste, il ne lui restait que sa carapace. Car son âme lui semblait – non, était – souillée par ce geste terrible. Comment pouvait-il se racheter ? Qu'on lui explique, hein, qu'on lui dise ce qu'il fallait faire quand on avait pris la vie d'un homme ? Heath se laissa tomber sur un banc, vidé de ses forces, atterré. Le regard d'abord rivé sur ses pieds, les mains jointes en une prière silencieuse et inutile puisqu'il ne croyait à aucun dieu, Heath repassait la scène dans sa tête. La longue planque, épuisante, fébrile. Les cris fusant de partout. L'instant où il avait dû choisir entre sa vie et celle de l'homme en face. Il ne cherchait pas à se dédouaner, juste à comprendre et c'était justement ce qu'il ne parvenait pas à faire. Alors, il releva les yeux et un éclair de couleur attira son œil morne. C'était l'étalage d'un fleuriste. Tant de beauté, de fragilité lui parut soudain absurde. Absurde et finalement, tout à fait logique. Car si ce n'était pas la fragilité qu'on devait préserver, célébrer, protéger, alors à quoi bon ? Soudain, il se leva et traversa la rue. Son choix ne fut pas long. En dix minutes, il sortit avec un bouquet dépareillé mais empli de couleurs et il entama le chemin pour se rendre chez Alexis. Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Pourtant, la jeune femme sonnait comme une évidence. Timides, ils l'étaient, tous les deux. Heath, pas par nature – du moins, si on lui avait laissé la chance d'être lui. Mais il sentait chez la jeune femme une réserve qu'il ne pouvait que comprendre et qu'il respectait, tout en essayant de défaire, petit à petit, les liens dans lesquels elle s'était emmêlée. Lointain, l'orage se mit à gronder mais se rapprocha rapidement de Mount Oak et éclata au-dessus de la petite ville, la plongeant dans l'obscurité malgré l'heure encore peu tardive. Alexis était-elle seulement chez elle à cette heure-ci ? Heath n'en avait aucune idée, et n'avait pas pensé à vérifier. Il savait simplement qu'il devait la voir, lui parler. Il fit tout le chemin sous la pluie, sans parapluie ou veste chaude pour le protéger. La pluie qui fouettait ses joues lui paraissait être la première forme de sa rédemption, une douleur bienfaisante qui expiait la souffrance qu'il sentait grandir en lui comme une plaie ouverte. Enfin, après une demi-heure de marche, la porte de la jeune femme lui apparut et son coeur se mit à cogner un peu plus fort, un peu moins régulièrement. L'espace d'une seconde, il voulut se détourner, s'enfuir au courant. L'horreur de son erreur le prenait à la gorge. Il voulait disparaître. Mais où ? C'était stupide. Il ne pourrait pas y échapper. Si sa vie de flic lui avait bien appris quelque chose, c'est qu'on n'échappait pas aux conséquences de ses actes. Alors, il inspira un grand coup, passa une main dans ses cheveux trempés et sonna à la porte. Les secondes qui s'écoulèrent avant qu'elle ne lui ouvre furent pires qu'une agonie, comme une suffocation à laquelle il ne pouvait échapper. Mais le doux visage d'Alexis apparut dans l'encadrement de la porte et la tension entre ses épaules se relâcha. Pas totalement. Juste un peu. Mais c'était déjà suffisant pour que sa gorge ne se desserre. Sa voix était rauque, mal assurée. « Je peux entrer ? » demanda-t-il, les yeux à peine levés vers elle. D'habitude, il aurait déposé un baiser sur sa joue, se serait débarrassé de sa veste et l'aurait entraîné vers la cuisine ou le salon. Il aurait continué à l'apprivoiser, doucement, tout doucement. Parce qu'Alexis, s'il ne l'aimait pas encore, pas comme on aime dans les livres et dans les films, il avait envie d'en faire sa belle histoire. Et c'était bien là la raison pour laquelle il se tenait devant le pas de sa porte, ses fleurs misérables entre les mains, et pas autre part.

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Alexis Henney
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MessageSujet: Re: baby it's cold outside. (pre-departure)   Ven 13 Jan 2017 - 0:06



« Bah non. » qu’elle répond à la question. Parce que c’est une évidence. Parce que la question la surprend aussi. Elle ne sait pas trop pourquoi on l’interroge, Alexis. Car, c’est le ton de la question qui, surtout, l’étonne. Non, elle n’est pas avec Heath. Il est quinze heures, et si ses souvenirs sont bons – et ils le sont, Heath est censé être en service. Elle soupire, hésite l’espace d’une seconde à poser la question qui lui brûle les lèvres. Pour qu’on l’interroge sur les faits et gestes de son petit-ami (ses joues ne rosissent encore, rien qu’à penser à lui), c’est qu’il s’est passé quelque chose. Le seul soulagement qu’elle trouve dans cette question est que cela signifie qu’il n’est pas blessé, ou à l’hôpital. On ne sait simplement pas où il est. C’est effrayant, tout de même. Alexis ne se demande pas une seule seconde s’il est possible qu’il soit en fuite : la bonté de Heathcliff transpire dans chacun de ses mouvements. « Qu’est-ce qu’il s’est passé, Eliott ? » finit-elle par oser demander. Elle déteste savoir qu’il puisse être mal en point, ou contrarié au point que son partenaire ressente le besoin de l’appeler, elle. Ils ne se voient que depuis plusieurs semaines, ce qui équivaut à des mois certes, mais Heath et elle sont encore en train de marcher à tâtons dans leur relation. Ils se découvrent à peine. Alexis se souvient à peine comment se déroule une relation. C’est que depuis que son cœur a été torpillé, pillé, brisé, piétiné, elle ne s’est jamais ouverte à quiconque. Jusqu’au policier. Elle se souvient encore du premier instant où elle a posé ses yeux sur lui. Il ne s’en souvient probablement pas – et comment le pourrait-il, quand il ne la connaissait pas le moins du monde ? La jeune femme n’a plus en tête les circonstances exactes qui l’avaient poussée à poser son regard sur lui, mais le sentiment qui avait accompagné le regard qu’ils avaient échangés était indélébile, à jamais dans son esprit. Instantanément, elle s’était sentie en sécurité. Pas comme on le ferait avec un flic, paradoxalement. Pas non plus comme on le serait avec un frère. C’était un sentiment difficilement explicable. C’était… elle l’avait vu, et elle avait su. Qu’il ne lui ferait pas de mal et qu’il était différent. Oh, bien évidemment, il y avait eu les papillons. Elle n’avait pas résisté à le dévisager avant d’observer avec attention l’intégralité de sa silhouette. Mais en plus d’avoir envie de lui ôter l’intégralité de ses vêtements sur le champ, Alexis avait aussi eu envie d’apprendre à le connaître, et c’était sans aucun doute ce qui l’avait le plus surprise. « Il a besoin d’toi, Alexis. » La demoiselle soupira. Ce n’était même pas qu’il n’en soit clairement pas à ce stade de leur relation qui la gênait – toutes les barrières que la jeune Henney avait pris soin de construire s’étaient effondrées quand elle avait compris qu’Heath était en détresse. Mais comment pouvait-elle l’aider, quand elle n’avait même pas une idée d’où commencer à le chercher ? A sa place, Alexis se serait sûrement ruer dans les bras de son meilleur ami. Pas parce qu’elle n’aurait pas eu envie de voir le merveilleux Walsingham. Parce qu’elle aurait simplement eu peur de se montrer aussi vulnérable devant lui.
Le fait est qu’Heath ne devait pas avoir cette peur, car il sonna quelques heures plus tard chez la demoiselle. Tobias était alors tout juste en train de s’endormir et Alexis n’avait pas encore eu l’occasion de le coucher dans son lit quand on sonna à la porte. Priant de toutes ses forces pour que cela soit son policier favori, elle se dirigea d’un pas pressé vers la porte. Ce n’est que lorsque le visage de son amoureux se dessina devant elle, qu’Alexis réalisa à quel point elle était inquiète pour lui. Un poids, léger, s’échappa de ses épaules et elle ne sut quoi faire d’elle-même. Alexis était partagée. Elle avait envie de l’embrasser, pour ce bouquet auquel il avait pensé, pendant ses circonstances. Elle voulait le prendre dans ses bras, pour lui dire qu’elle était là. Elle tenait plus que tout à lui dire qu’il n’était pas responsable, qu’il n’avait pas eu le choix – les détails de l’histoire, qu’elle ne connaissait d’ailleurs pas, importaient peu, elle savait que Heathcliff était innocent. Au lieu de ça, elle opta pour un long et doux baiser pour toute réponse à son interrogation. Elle était là pour lui, et plus soulagée de le voir qu’elle ne pourrait jamais l’admettre. Alexis attrapa ensuite sa main, et le conduit au salon. Doucement, comme s’il risquait de se briser d’un instant à l’autre. Elle l’abandonna quelques secondes, le temps de déposer Tobias dans son lit : elle voulait pouvoir se consacrer à Heathcliff, qui avait probablement besoin d’elle, comme l’avait souligné Eliott. « Tes fleurs sont magnifiques. » souffle-t-elle, comme un secret. Alexis ne sait pas qu’elle est sa place, et encore moins quoi faire d’elle. Doit-elle tenter de lui changer les idées ? Si oui, comment ? Doit-elle lui demander de l’aider à réaliser la recette la plus complexe qu’elle connaisse ? Lui demander de lui raconter une histoire qui n’a rien à voir avec celle qui doit hanter son esprit ? Lui faire l’amour ? Ce n’est pas l’envie qui lui manque, quand ça serait sûrement le meilleur moyen qu’elle aurait pour lui faire passer le mélange d’inquiétude et d’affection qui l’habite en cet instant. Sans compter qu’elle n’est jamais rassasiée de lui. Pour commencer, en tout cas, elle décide de lui ôter ses vêtements. Sans idée derrière la tête, cependant, sinon de prendre soin de lui. « Tu vas attraper froid. » Avec douceur, elle retira sa veste, alors que son cœur se brisait un peu plus chaque fois qu’elle apercevait la douleur dans le regard de son petit-ami. Elle déposa un autre baiser sur sa joue, alors que sa main caressait sa joue. Elle tenait tant à ce qu’il sache que son opinion d’elle n’avait pas évolué. « Je dois avoir un pull à toi. » continue-t-elle, d’une voix chaque fois un peu plus douce. Alexis attrape sa main, et l’entraîne doucement vers sa chambre, pour chercher ledit pull.  Elle ne veut pas le laisser seul, et en même temps, se sent tout à fait ridicule à lui expliquer le moindre de ses faits et gestes. Mais que peut-elle faire d’autre, quand elle ne sait que trop qu’il devra vivre avec cette culpabilité pour le reste de ses jours ? Elle retire doucement son tee-shirt, sans le quitter du regard. Pas que pour lui montrer qu’elle ne partira pas, mais aussi pour s’assurer que lui restera. Dieu seul sait quel moyen il pourrait bien trouver pour remuer le couteau dans la plaie et se faire happer par ce qu’il ressentait, mais au lieu d’attraper immédiatement son pull, elle serra son petit-ami dans ses bras, calant sa tête contre son torse. « Heathcliff… » commença-t-elle, avant de s’arrêter net. Elle n’avait rien à dire, en réalité. Elle était là, dévouée à lui pour aussi longtemps qu’il aurait besoin d’elle. Elle déposa un baiser sur ses doigts et sans lâcher sa main, se tourna vers son armoire avant de se hisser sur ses pointes de pied pour trouver de quoi couvrir son amant.

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MessageSujet: Re: baby it's cold outside. (pre-departure)   Dim 15 Jan 2017 - 2:43

Elle l'avait laissé entrer. Même trempé, l'eau ruisselant entre ses boucles noires qu'il n'avait pas pris le temps d'attacher, sa mine sombre et défaite, et son bouquet abîmé, Alexis l'avait laissé pénétrer cet espace privilégié qu'elle défendait si farouchement de tout ce qui pouvait lui faire mal. C'est pourquoi il avança l'un devant l'autre un pied hésitant, comme s'il ne méritait plus d'entrer ici. Mais quel soulagement, pourtant, quel soulagement de sentir sa main glisser contre celle de la jeune femme, s'emboîter naturellement. La confiance qu'elle lui transmettait semblait commencer à couler dans ses propres veines. Et le visage serein de Tobias, fermement installé dans les bras de sa mère, en était la plus belle preuve. Heath adressa un sourire à l'enfant, craignant d'alarmer la petite créature – bébé, il en avait encore du mal à s'y faire – s'il affichait une mine trop sombre. Mais le baiser d'Alexis vint balayer ses inquiétudes et il se laissa guider en silence au milieu de la petite maison. Alexis disparut une seconde, le temps d'aller coucher le petit ; cela permit à Heath de respirer et d'inspirer, respirer, inspirer, pour calmer les battements de nouveau frénétiques. Seul, il ne voulait pas être seul, maintenant. Ses pensées semblaient le submerger, trop de pensées enfouies, trop de rancunes anciennes et surtout, le bruit de la balle qui s'échappe trop vite, trop fort, qui traverse la chair… Blanc comme un linge, il secoua la tête. Il ne voulait plus y penser. Pas maintenant, alors qu'Alexis revenait vers lui, douce comme une madone. Elle avait raison, il allait attraper une pneumonie s'il restait ainsi à grelotter mais il n'était pas contre l'idée. Rester alité pendant des jours lui aurait servi d'excuse à rester caché pendant des jours, des semaines, même. Et encore une fois, il se rappela qu'il ne souhaitait pas être seul. La solitude, il la sentait, allait le tuer bien plus vite que n'importe quelle arme pressée contre sa propre tempe. C'est pourquoi il ne broncha pas quand elle lui ôta la veste. Il se sentait coupable de ne pas pouvoir lui adresser un mot, coupable de ce silence oppressant qui faisait craquer ses épaules. Mais il savait qu'elle comprenait, et c'était aussi pour ça qu'il avait choisi d'être avec elle. Elle avait souffert elle aussi, pas de la même façon, mais on lui avait troué le coeur et elle savait parfois que le silence valait mieux, qu'il fallait laisser du temps au temps pour qu'il s'y retrouve. Mais Heath se sentait si coupable, que même la caresse de la jeune femme sur sa joue lui sembla être une brûlure. L'espace d'une seconde, il voulut se dérober mais elle ne lui laissa pas le choix et l'entraîna dans sa chambre où encore une fois, elle s'attela à la tâche difficile, presque impossible, de prendre soin de lui. Il se laissa faire, presque mécaniquement, quand elle lui ôta son tee-shirt et se tendit quand elle vint se coller contre lui. Qu'elle accepte de le toucher après ce qu'il avait fait, après ce dont ses mains s'étaient rendues coupables, constituait une sorte de miracle et Heath remerciait à cet instant le Dieu en lequel il n'avait jamais cru. Alexis était très certainement l'une de ses envoyées sur cette terre folle et il avait eu la chance de rencontrer son chemin. Doucement, il posa une main dans le dos d'Alexis tandis que l'autre lui caressa une mèche de cheveux rebelles. Il avait tellement envie de rester là, de se fondre dans cette bulle, dans ce cocon de douceur et de simplicité qu'il résista un peu quand elle s'éloigna. Il observa la silhouette fine de sa petite amie, ses gestes simples. Et d'un coup, il s'avança et l'enlaça par-derrière, fort, plus fort qu'elle n'avait osé le fort. Il glissa ses lèvres dans le cou d'Alexis, déposa des baisers papillon contre la peau douce qu'il espérait faire frissonner. Il ne voulait pas parler, pas maintenant, sa gorge était bloquée, mais pas ses muscles. Doucement, il fit glisser ses mains sur les hanches de la jeune femme et souleva doucement le tissu pour révéler la peau ferme, marquée par la maternité mais toujours aussi désirable. « Alexis. » souffla-t-il simplement, comme si leurs prénoms étaient les deux seules choses qu'ils pouvaient prononcer l'un et l'autre à cet instant. Il avait envie d'elle, de sa chaleur, de sa douceur, il avait envie de se fondre en elle et de ne plus penser à rien si ce n'est à eux, pour les quelques temps sereins qui leur restaient encore. Alors, ses mains accentuèrent la pression, légèrement et il fit remonter le pull de la jeune femme jusqu'à son soutien-gorge, continuant de l'embrasser dans le cou, gagnant sa joue, respirant l'odeur rassurante et délicieuse de ses cheveux. Le reste, il n'y avait qu'elle qui pouvait le décider.

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Alexis Henney
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MessageSujet: Re: baby it's cold outside. (pre-departure)   Dim 15 Jan 2017 - 20:16

Il est beau, Heathcliff. Même quand il est malheureux. Même alors qu'il vient d'ôter la vie à quelqu'un. Pas plus que quand il est heureux, cependant. Il n’est jamais aussi craquant que quand un sourire gourmand (d’Alexis, ou de chocolat) vient éclairer son visage. La demoiselle ne se remet pas de cette délicieuse façon, qu'il a de la rendre folle. Folle de lui, surtout. Elle n’en revient pas non plus, de la chance qu’elle a de l’avoir à ses côtés. Ni de comment il a su conquérir son cœur. Il l'a fait en douceur, c’est certain. Il s’est invité dans sa vie comme on peint une aquarelle pour la première fois. On esquisse d’abord l’oeuvre au crayon à papier, caressant le papier jusqu’à obtenir l’œuvre escomptée, et enfin on ose s’attaquer à la peinture, pour que rien ne menace d’effacer cette œuvre. Alexis n’a rien vu venir, elle s'est complètement laissée avoir. Il lui a tout de suite plu, Heath, mais Alexis ne s'est rien imaginé. Elle s'est dit que cela serait une passade, une envoûtante passade, mais rien de plus. Mais le fait est qu'il a su devenir plus- mieux, il l’a voulu. Il a trouvé le chemin jusqu'à son cœur et si Alexis s'est longtemps voilé la face, cet après-midi plus que jamais, elle ne peut plus nier l'évidence. Elle est tombée amoureuse de Heathcliff Walsingham. Elle ne l'aime pas encore; son cœur est si bien gardé, qu'elle sait être amoureuse sans aimer. Comme pour se préserver un peu plus longtemps. Mais cette histoire est arrivée comme un papillon se pose sur une joue: tout en douceur. Et comme le fait un battement d'aile de papillon, il a lancé une tornade. Sauf que c'est la plus belle tornade qu'il n'y aura jamais existé pour Alexis, quand c'est elle, ou Lui plutôt, qui lui redonne confiance en elle chaque jour. Elle le sait, Alexis, qu’elle est au bord du gouffre. Il n’y a plus qu’un pas à faire, et elle l’aimera. Elle se préserve encore, comme elle peut. Si elle vient seulement d’oser s’avouer qu’elle était amoureuse, comme on peut l’être adolescente, c’est qu’elle a encore une certaine marge de manœuvre. Si Heathcliff venait à briser son cœur, elle pourrait encore sans remettre sans qu’une cicatrice ne vienne à jamais marquer son cœur. Du moins, elle s’en convainc. Mais peu importe en cet instant puisqu’elle se retrouve dans la délicate position de devoir lui permettre de vivre avec l'une des pires épreuves qu'il pourra jamais lui être demandé de traverser. Elle est hésitante, elle a peur. Ce coup du sort, ce coup de feu pourrait également marquer la fin de leur histoire. Alexis ne voit pas d'autres issues: ils ressortiront plus forts que jamais de cette épreuve ou en ressortiront séparément. Alors, si elle frissonne quand il pose sa main sur son dos, oui, c’est bien de peur. Mais pas de lui, quand elle a une confiance aveugle en cet homme aux allures d’agneau. Ce sont ses sentiments qui l’effraient, comme depuis de long mois maintenant. Et dire que certains n'avaient eu que hâte de lui expliquer combien il était difficile pour une mère célibataire de retrouver un partenaire... Elle, n'avait même pas eu besoin de chercher.
La jeune femme ne chercha pas à s’éloigner lorsque Heath l'enlaça, plus fort qu'il ne l'avait jamais fait jusque-là. Au contraire, elle s'appuya contre lui, les yeux clos. Elle trouvait du réconfort dans son étreinte, même si la seule chose dont elle devait se consoler était de la peine que lui portait. Le savoir dans un tel état de souffrance lui vrillait le cœur à un tel moins qu’elle pouvait sentir la douleur physique, autant que celle psychologique. Elle osait à peine imaginer son état… Alors qu’il déposait de doux baiser sur sa nuque, Alexis ne put retenir un léger soupir. Il avait rapidement appris à l’embrasser d’une manière qui le rendait encore plus irrésistible qu’il ne l’était déjà – si c’était seulement possible. Plaçant une main sur la nuque de son petit-ami, elle apprécia les baisers à leur juste valeur ; il la rendait, c’était indéniable, délicieusement folle. Elle se contenta pourtant de lui caresser timidement la nuque, ne souhaitant pas le brusquer, d'une manière ou d'une autre. Mais lorsqu'il passa ses mains sur son ventre, puis souleva son tee-shirt, Alexis n'eut plus aucun doute sur la tournure que cette étreinte allait prendre. Elle tourna alors la tête pour que leurs lèvres se rencontrent, plus consciente que jamais de l’importance de l’instant. Plus que jamais, elle devait se consacrer à son plaisir, être si agile de chacun de ses membres qu’il en oublierait sa peine, au moins le temps qu’ils prendraient pour s’aimer. Pour une fois, Alexis ne doutait pas de ces capacités : elle savait très bien ce qu’elle faisait au lit. C’était d’ailleurs l’un des principaux avantages à avoir été en couple longtemps : on osait se parler, et donc s’améliorer. Pourtant, avec Heath, tout avait un goût de nouveauté : la technique était la même mais les sensations profondément différentes. En bien. C'était d’ailleurs étrange cette façon qu'Heath avait de réussir à s'immiscer dans chacun de ses pores. Par exemple, elle avait mis du temps à accepter que des caresses soient à nouveau portes à son ventre après la naissance de Tobias, et elle avait toujours eu du mal à ce que l'on s'y attarde. Mais Heathcliff aurait pu laisser sa main sur son ventre pendant des heures, que cela ne l'aurait pas gênée. Elle n'avait pas à avoir peur de ce qu'elle était avec lui, tant les yeux de son petit-ami pétillaient en la regardant. Elle n'osait pas encore totalement être elle-même (allez savoir quelle tête il ferait en l’entendant jurer comme une vulgaire poissonnière) mais cela ne saurait tarder. Elle interrompit leur baiser, pour se mettre face à son petit-ami et profita de la manœuvre pour enlever son tee-shirt. Sa respiration se faisait déjà plus irrégulière. Attrapant ses boucles dans ses mains alors qu’elle enlaçait son visage, la jeune femme l’observa un instant, et se contenta de lui sourire, comme pour lui dire que la vie continuait. Elle l’embrassa ensuite doucement, tendrement avant d’approfondir ce baiser et qu’ils ne s’abandonnent tous deux à leur passion. Alexis prit soin de caresser chacune des parcelles de son corps, de titiller chacun de ses pores, et surtout les endroits qui le rendaient fous. Une fois qu’il fut en elle, chacun de ses mouvements trahissaient ce qu’elle ressentait pour le jeune homme, et le fait qu’entre rien, rien n’avait changé, sinon qu’Alexis l’acceptait enfin complètement dans sa vie. Elle ne savait pas de quoi demain serait fait, ni même ce qu’ils deviendraient l’heure prochaine tant les réactions d’Heath pour les semaines à venir étaient imprévisibles, mais elle savait qu’elle voulait lui faire l’amour dans les plus belles villes du monde, et dans les moins belles aussi. Elle voulait partager tous les bons moments de sa vie en sa compagnie et entendre parler de ceux de Heath, ou les vivre avec lui. Elle était également prête pour les moins bons moments, comme celui-ci. Elle serait là, toujours. Alexis avait même envie de le présenter à ses parents. Oh, ces envies naissaient sûrement de l’intimité du moment, mais elles étaient sincères. Il n’y avait rien qu’Alex voulait plus en cet instant. Cela pouvait changer, car dans la vie, tout fluctue. Mais alors qu’Heath atteignait l’orgasme qu’elle tenait tant à lui donner, elle était amoureuse, et voulait l’être encore longtemps. Elle se laissa ensuite retomber sur le matelas, mais attrapa sa main aussi vite qu’elle le put. Elle était là, et tenait plus que tout à ce qu’il le sache. Alexis attendit de reprendre son souffle et se tourna vers son amoureux, déterminée à ne pas lui faire oublier qui il était. « Heath. » l’appela-t-elle doucement, les joues encore rosies de l’effort, et de ce qu’il faisait naître en elle. « Tu es une belle personne, Heath. T’es vraiment une belle personne. » lui susurre-t-elle, une fois qu’elle a son attention.

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MessageSujet: Re: baby it's cold outside. (pre-departure)   Mer 1 Fév 2017 - 20:21

Etait-ce égoïste de sa part de ne pas vouloir parler tout de suite ? Etait-ce être un salaud que de vouloir le corps d'Alexis plutôt que ses paroles ? Tout ce qu'il savait, c'était qu'il ne parvenait pas à articuler ce qu'il ressentait à l'instant autrement qu'avec ses mains, qu'avec son corps, qui avait toujours été un allié bien plus sûr et fiable que ses mots, qui eux venaient buter contre ses lèvres pour ne former que des phrases incohérentes qui auraient été dénuées de la moindre utilité à cet instant. Et ce qu'il ressentait, c'était ce besoin d'être près d'elle, de sentir Alexis le rassurer avec sa propre peau, comme si elle avait le pouvoir d'écrire les formules du pardon absolu du bout de ses lèvres et de ses doigts. Peut-être se voilait-il la face, mais alors qu'il l'embrassait plus profondément et qu'elle se tournait légèrement contre lui pour répondre à ses avances, il avait l'impression d'aller mieux, juste un petit peu. Sans attendre, il ôta le pull de la jeune femme, la débarrassa de tous ces atours inutiles qui se dressaient comme une barrière à leur étreinte. Il appréciait la douceur d'Alexis, la tendresse qu'elle mettait dans ses caresses mais lui voulait plus, lui voulait s'oublier, complètement, absolument et il accéléra le rythme jusqu'à ce qu'elle réponde de la même façon, avec urgence et désordre. Urgence et désordre, voilà quels étaient les maîtres mots de leur étreinte. Ses baisers venaient s'entrechoquer, venaient dévorer, venaient presque cogner contre la bouche délicate d'Alexis, et il entraînait le corps de la jeune femme dans une sorte de danse folle pour laquelle elle devenait la partenaire idéale. Il parcourait chaque centimètre de son corps, caressait sa peau, traçait d'innombrables chemins entre les vallées et les sillons de ses formes harmonieuses. Et elle ondulait au même rythme que lui, de plus en plus vite, de plus en plus fort, de plus en plus proche. Ce qu'il était reconnaissant, à cet instant ; de simples mots n'auraient pas pu expliquer sa gratitude et il se contenta alors du langage du corps, qui finit par prendre le dessus, langue sacrée et comprise de tous qui les emporta dans une mélopée aux notes chavirantes pour finir en accord parfait. Pendant quelques secondes, Heath fut aveugle, seul, tout entier secoué de frissons, puis il revint doucement à la réalité. A Alexis, qui l'observait avec ce sourire qui semblait perpétuellement accroché à ses lèvres, avec ses airs de madone italienne touchée par une sorte de grâce que le ciel réservait à de rares élus. Heath, lui, n'y avait pas eu droit. C'était la main du diable qui s'était posé sur son épaule, son bras qui s'était enroulé autour du sien et son doigt qui avait appuyé sur la gâchette. Doucement, il s'écarta de la jeune femme mais cette dernière le rattrapa au dernier moment. Les anges, mystérieuses créatures. Et pourtant, Heath ne parvenait pas à l'entendre. Elle disait ces mots sans savoir vraiment, sans comprendre. Non, voulait-il lui dire, tu te trompes, tu te trompes sur toute la ligne. Il n'était ni une belle personne, ni un bon officier, ni même un être humain décent. Il était juste un type paumé dont la vie lui filait entre les mains comme du sable froid. « Ce sont mes boucles qui te font dire ça ? Dis-moi quelque chose que je ne sais pas. » répliqua-t-il dans une vaine tentative de sourire goguenard. Mais l'arc de ses lèvres retomba bien vite et son visage reprit cette apparence de masque de cire voilé. Son regard se portait sur sa main qui reposait doucement, sereinement dans celle de sa compagne. Avait-il seulement le droit d'être là ? N'aurait-il pas dû payer pour son crime ? Une fois de plus, l'horreur de son geste le submergeait et sa mâchoire se crispa. Il détourna les yeux, sa main s'arracha à celle d'Alexis et il tourna la tête de façon à ce qu'elle ne voit pas ses yeux se remplir de ce nuage sombre qui n'annonçait jamais rien de bon. « Je… J'ai bien merdé sur ce coup-là, Alexis. » Sa voix était lourde, lourde des regrets et des reproches et de cette culpabilité qui l'entraînait vers un gouffre noir, où même la chaude lumière d'Alexis et de sa douceur ne pourraient l'atteindre. Il lui semblait qu'il n'aurait plus jamais droit au repos, ni au répit. Il avait honte, soudain, de s'être laissé aller à céder à ses pulsions primaires quand la situation exigeait d'eux du calme, de la réserve, de la réflexion. Après ce qui sembla durer une éternité, il reporta son regard sur Alexis et la considéra un long moment, en silence. Il ne voulait pas la salir. Il ne voulait pas la mêler à tout ça. Mais il sentait aussi, intimement, qu'elle pouvait peut-être comprendre. Pas pardonner, parce qu'il ne voulait pas l'être, mais qu'elle pouvait l'écouter. Doucement, il leva une main et vint caresser sa joue du bout des doigts. « Merci d'être là. » souffla-t-il, d'une voix quasiment inaudible. Merci, merci, merci, comme un mantra silencieux en continu. Sa main retomba doucement et il poussa un faible soupir, avant de reporter son regard sur le plafond. La situation était tellement irréelle qu'il avait l'impression de flotter. « Tout… Tout est allé tellement vite. » Chaque mot lui écorchait la bouche, lui éraflait la gorge. Il n'était même pas sûr de pouvoir aller jusqu'au bout. « J'ai rien vu venir. J'ai tiré et... » Et j'ai tué, mais ça, il ne parvint pas à le formuler à haute voix.

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Alexis Henney
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MessageSujet: Re: baby it's cold outside. (pre-departure)   Mer 26 Avr 2017 - 22:34

Alexis avait beau faire tout son possible pour ne pas montrer la peur qui montait en elle, cette dernière était bien là. Ce n’était pas Heathcliff qui l’effrayait. Elle lui faisait entièrement confiance, et savait pertinemment qu’elle ne risquait rien, sinon d’être heureuse en sa compagnie. Mais elle craignait de ne pas être à la hauteur. Elle n’était pas certaine de savoir trouver les mots et l’attitude à adopter pour lui changer les idées. Elle imaginait bien qu’il serait confronté à de nombreuses nuits d’insomnie et elle aurait volontiers passé toutes les nuits éveillée en sa compagnie. Mais ils ne vivaient pas ensemble, et Heathcliff aurait également besoin d’air. Comment pourrait-elle savoir quand elle devait le harceler de messages et quand elle devait le laisser respirer ? Ils apprenaient encore à se connaître… Eliot aurait sûrement été en meilleure position pour aider Heath. Et pourtant, malgré l’ulcère qui menaçait son estomac, Alexis ne pensait pas une seule seconde à échanger son rôle. Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres lorsque son amoureux tenta une pointe d’humour. Elle haussa un sourcil qui retomba aussi rapidement que le sourire d’Heath s’effaça. Elle pouvait lire la douleur sur son visage, comme il était déjà hanté parce qu’il avait fait. Et Alexis n’avait aucune idée de comment lui faire comprendre que ce n’était pas de sa faute. Ou en tout cas, que n’importe quel homme aurait probablement fait la même chose. Alexis ne connaissait évidemment pas Heath dans le milieu professionnel, mais tout l’éloge qu’elle avait entendu sur lui ne faisait que confirmer l’image qu’elle avait de son petit-ami. Elle esquissa un geste, pour le rattraper lorsqu’il arracha sa main avec une telle brutalité qu’Alexis se demanda si ce n’était son cœur, qu’il avait arraché, mais se demanda si ce n’était pas l’un de ces moments où elle lui devait de le laisser respirer. Alors qu’il commençait à parler, elle avait l’impression de pouvoir le voir s’éloigner, et quitter la réalité pour s’enfermer dans un cercle infernal de souvenirs. Elle ne savait que faire, si ce n’est lui tendre la main et attendre qu’il soit prêt à l’accepter. Elle ne prononça pas un mot, attendant que l’officier de police soit prêt à en dire plus. Désormais assise sur son lit, complètement tournée vers lui, Alexis attendit que Heath soit prêt à en dire plus, qu’il craque ou qu’il ne décide qu’il était à nouveau temps de se distraire. Elle tendit l’oreille pour s’assurer que Tobias n’était pas en train de se réveiller et attendit patiemment. Alexis était une maman : elle avait dû attendre neuf mois pour serrer la plus belle personne qu’elle n’est jamais rencontrée, dans ses bras, passait son temps à attendre que son fils se réveille pour profiter du temps avec lui – et le reste du temps, elle attendait que Tobias veuille bien s’endormir, le berçant sans jamais s’en lasser. Ou, en tout cas, c’est ce dont elle essayait de se convaincre. Mais en tant qu’institutrice, la patience restait son fort. Et si elle devait attendre des heures pour que Heath soit prêt, cela ne lui posait aucun problème. Elle remonta légèrement la couette, l’air frais faisant naître des frissons sur sa peau – ou peut-être était-ce la situation qui lui donnait froid dans le dos ? Le regard plein de tendresse, elle attendit qu’il soit prêt et pencha doucement la tête lorsqu’il toucha sa joue. Son cœur se desserra légèrement dans sa poitrine mais elle n’osa pas lui rendre son geste d’affection. La situation était assez compliquée, sans qu’il ne se sente à dire quoique ce soit. « Je ne vais nulle part. » souffla-t-elle, de manière aussi peu audible qu’il venait de le faire. C’était comme si ces mots étaient secrets, et que seul le fait de les murmurer leur donnait leur vrai pouvoir. Elle hésita un instant, sa main légèrement suspendue dans l’air, puis elle la posa sur le genou de Heath, l’effleurant plus qu’elle ne le touchait en réalité. Peu importe ce qu’il traversait, elle serait là. Il avait été sa béquille, quand elle ne savait plus vraiment comment marcher, et elle était heureuse de tenir le même rôle pour lui, pour aussi longtemps qu’il en aurait besoin. Elle l’écouta attentivement, et attendit patiemment qu’il soit prêt à en dire plus, qu’il ne trouve ses mots. Elle se rapprocha de lui, quand elle comprit qu’il aurait besoin d’elle pour continuer. Prenant ses deux mains dans les siennes, Alexis chercha à son tour ses mots. Elle craignait que le moindre mot prononçait de travers ne ravive sa culpabilité, ne lui fasse croire qu’il était vraiment le monstre qu’il pensait être. « Et… » Elle décida d’essayer de décrire ce qu’il devait ressentir plutôt que de lui expliquer qu’il avait de son mieux. Il serait bien temps de lui dire que ce n’était qu’une faute, et que malheureusement dans sa ligne de métier, cela coûtait parfois la vie de quelqu’un. Mais ce n’était pas le moment. Cela ne serait peut-être jamais le moment. « Et quand tu as appuyé sur la gâchette, tu étais convaincu que tu n’avais pas d’autre choix… mais maintenant tu ne sais pas. » C’était comme être un funambule : elle marchait sur un fil, et c’était dangereux. Elle racontait ce qu’elle imaginait qu’elle ressentirait dans des circonstances similaires, mais elle n’en avait en réalité aucune idée. Et elle espérait ne pas être complétement à côté de la plaque. «  Et tu te dis que peu importe. Tu ne vois que le résultat. Et tu ne sais plus vraiment qui tu es. » Alexis se rapprocha encore un peu de lui, déposa un baiser sur ses mains et essaya de lui insuffler un peu de la confiance qu’elle avait en lui : « Mais tu es toujours le même homme, Heath. Et cet homme est mille fois meilleur que tout ce que tu t’imagines en ce moment. Je te le promets. » Même s'il ne sera plus jamais le même...

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MessageSujet: Re: baby it's cold outside. (pre-departure)   Mer 19 Juil 2017 - 23:53

Il était là sans être là. Aussi horrible que cela puisse paraître, malgré le corps d'Alexis contre le sien, malgré le moment qu'ils venaient de vivre ensemble, Heath se sentait plus lointain et ailleurs que jamais. Il avait comme des envies d'échappée belle. Quelques heures plus tôt, il avait résisté comme il avait pu à cette impulsion soudaine de prendre sa voiture et de monter loin au nord. Il avait envie de disparaître, de Mount Oak mais aussi de la surface de la terre. Tout était contre lui : la caméra sur son uniforme avait capturé les instants qui avaient précédé son tir et montrait les images accablantes de son erreur de jugement. Comme si l'image de la police n'était pas déjà assez écornée par les meurtres à répétition, il fallait qu'il vienne ajouter sa pierre à ce triste édifice. Plus rien ne faisait sens autour de lui. Sa vie avait éclaté, aussi facilement qu'une assiette de porcelaine qu'on aurait balancé contre un mur. Et au milieu des fragments éparpillés se tenait Alexis. Alexis qu'il ne méritait pas, qu'il aurait dû rayer de sa vie. Elle ne méritait pas ça. Elle méritait le monde, Alexis, et même plus que ça. Elle n'avait pas à être dans son sillage, pas plus que Tobias. Soudain, il voulait être loin d'ici, comme s'il transportait sur sa peau une sorte de virus qui contaminerait le foyer des Henney. Il voulait que cette maison reste un endroit apaisé, loin des tourments qui hantaient la face cachée de son âme. Mais Alexis ne semblait pas vouloir lui laisser le choix. Elle continuait de le toucher, comme si elle ne réalisait pas qu'il était sale, souillé par le sang qu'il avait fait couler malgré lui. Il était flic, après tout. Qu'espérait-il ? Que sa carrière se déroulerait sans accrocs, qu'il échapperait aux sinistres statistiques ? Tout à coup, toutes ses erreurs lui sautaient au visage et la colère des gens devenait bien pus tangible, bien plus compréhensible. L'homme qu'il avait abattu était un homme comme lui, un fils comme lui, un frère comme lui, un ami comme lui. Et Heath avait joué à être plus qu'un homme, et il payait le prix de sa faute. Et rien, même Alexis, ne pourrait effacer ça. Elle pouvait peut-être comprendre, peut-être nouer les fils défaits de son coeur, mais elle n'avait pas encore le pouvoir de faire disparaître la noirceur qui entachait l'existence d'Heath. Même quand elle l'effleurait ainsi. Le regard vitreux, trouble, Heath posa les yeux sur ces mains délicates qui lui semblaient complètement étrangères. Voir ses propres mains entremêlées à celles de la jeune femme créait en lui un malaise qu'il n'aurait su expliquer, comme s'il avait regardé une articulation distordue ou une image créée spécifiquement pour que le cerveau humain ne parvienne pas à l'analyser. Il avait peur, tout à coup. Et si, sans réfléchir, sur un coup de tête, il faisait du mal à Alexis ? Si quelque chose dans son esprit, en lui, était irrémédiablement brisé ? Et s'il devenait fou, dangereux, incontrôlable ? A nouveau, l'idée de s'enfuir le saisit et il dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas se lever et disparaître à tout jamais. A la place, il resta assis sur le lit et laissa la voix d'Alexis le bercer de chimères éphémères. Ils étaient séduisants, ces mots. Ils lui promettaient un avenir où il pouvait se racheter, un futur prometteur où son existence n'était plus entachée de cette hémoglobine sombre qui brouillait sa vue et alourdissait sa langue d'une saveur amère. Il releva les yeux vers Alexis, contempla son visage à la douceur incomparable. Et il sut qu'elle avait tout faux. Elle se leurrait. Elle vivait dans un monde où elle tâchait de voir le meilleur en chacun mais Heath en avait trop vu. Il savait qu'elle avait tort et il ne pouvait pas la laisser se complaire dans un royaume inventé de toutes pièces. Heath retira ses mains et se les passa dans les cheveux. Il n'aurait pas dû être là. « Je suis un flic, Alexis. J'ai toujours le choix. » lâcha-t-il, plus férocement qu'il n'aurait voulu. Ne comprenait-elle pas ? Il n'était pas censé commettre ce genre de fautes. Sinon, qu'est-ce qui le différenciait d'un criminel ? Un badge ne signifiait rien. Être un policier était une question de caractère. L'uniforme n'avait rien à voir avec ça. « J'ai tué quelqu'un. » Il l'avait dit, à voix haute. L'horreur de son geste le reprit à la gorge, et il se leva. Il remit son pantalon et se mit à faire les cent pas. « Je… Je ne suis pas meilleur. Je… Je suis même pas sûr de savoir qui je suis. Toute ma vie, j'ai cru savoir et là, y a plus rien qui a du sens. » Même toi, eut-il envie de lâcher. Mais ça aurait été trop dur, trop injuste et Heath retint les mots meurtriers pour mieux enfiler son t-shirt. Rester immobile lui était impossible.

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Alexis Henney
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MessageSujet: Re: baby it's cold outside. (pre-departure)   Sam 12 Aoû 2017 - 14:13

Plus ils discutaient, plus Alexis semblait se rendre compte des conséquences que cette action aurait sur Heathcliff. Cela aurait également des conséquences sur leur couple mais à dire vrai, ce n'était pas ce qui l'inquiétait pour le moment. Heathcliff était malheureux, et cette seule idée suffisait à briser le cœur d'Alexis. Ce qui était pour le moins paradoxal quand on connaissait le rôle que le policier avait joué dans sa propre reconstruction. Il avait été le premier à compter depuis Craig ; elle avait eu quelques aventures sans lendemain, qui l'avait au final fait se sentir plus seule qu'elle ne l'aurait jamais imaginé possible, mais il avait été son premier crush. Le premier avec lequel elle ne s'était pas sentie obligée de se rendre à un rendez-vous, le seul à qui elle avait voulu consacrer ses baisers. Elle était fière de marcher à ses cotés dans la rue, et pas parce qu'il était policier et que c'était un noble métier. Non, c'est parce qu'Heathcliff Walsingham était un homme bon, généreux, et qu'il lui donnait le temps d'être ce qu'elle est. Il avait compris qu'elle prenne son temps sur certaines choses, que parfois elle s'éloigne un peu pour mieux lui revenir. Cela ne voulait pas dire qu'ils n'avaient pas de point de désaccord, mais jamais assez pour se disputer au point de se faire du mal. Peut-être qu'au fond, ce que la jeune maman appréciait plus que tout chez Heath, c'était qu'il ne lui avait jamais fait du mal. Elle ne s'était jamais sentie étouffée, derrière sa jalousie parce que Heath ne l'était pas. Il n'avait jamais eu un mot blessant à son égard, ou en tout cas, pas assez pour qu'Alexis s'y attarde. Ils avaient passé des heures à discuter avant de s'embrasser, et ils avaient passé encore un bon nombre d'heures ensemble avant de s'unir de manière plus intime. Et jamais, Heath n'avait eu l'impression qu'il en soit frustré. La frustration qui s'échappa de son ton lorsqu'il lui rappela qu'il était flic, et que par conséquent, il avait toujours le choix, elle, ne put qu'être remarquée par Alexis. L'espace de quelques secondes, elle le prit personnellement, mais elle ne savait que trop que les circonstances étaient trop particulières pour qu'elle ne se permette de lui faire remarquer. Et c'est alors qu'elle cherchait comment réagir, quoi dire, quoi faire, comment être à la hauteur de ce que Heath avait fait pour elle, comment le réparer lui aussi qu'il prononça les mots fatidiques. Elle voulait lui dire qu'elle savait ce qu'il ressentait, combien cela pouvait être déroutant de se rendre compte, du jour au lendemain, que ce qu'on était n'était peut-être qu'une habitude, et non pas ce qu'on était vraiment. Mais elle ne lui ferait pas cet affront. Alexis n'avait tué personne. Elle avait été spectatrice dans ce qui avait chamboulé sa vie, et aussi douloureux cela soit-il, cela ne pouvait être comparé à un meurtre. Elle soupira, en le voyant s'échapper à elle, fuir peut-être même mais elle ne savait pas quoi faire. Elle récupéra à son tour ses vêtements échouer sur le sol, les enfila, et fit la seule chose qu'elle pensait utile : elle l'aima. Pas que physiquement, tout son être sentait cet amour naissant dans ses veines. Elle s'approcha de lui, et l'entoura son cou de ses bras, sans lui laisser l'occasion de protester. Peu importait qu'il s'agite, qu'il ne la regarde pas, qu'il ne semble pas enclin à l'écouter : elle ne lui laissait pas le choix. « On va découvrir ça ensemble, mon amour. » Elle déposa un baiser sur ses lèvres, empli de toute la tendresse qu'elle avait à lui donner et  ne s'éloigna que pour formuler l'idée folle qui venait de lui traverser l'esprit. « On va se préparer un sac, déposer Tobias chez mes parents, et après on part. Quelques heures ou quelques jours, mais on quitte Mount Oak. » Elle passa une main les cheveux de son amant, et continua de le fixer droit dans les yeux ; elle espérait qu'il comprendrait qu'elle ne lui laissait pas le choix. « Juste prendre une bouffée d'air frais. » Cela serait peut être inutile, ou pire. Peut-être était-ce la pire idée qu'elle n'est jamais eu mais c'était la seule chose qu'elle voyait ; il changerait d'air, serait obligé de penser à autre chose, de se concentrer sur la route. Alexis le saoulerait d'anecdotes qu'elle inventerait, ou de choses qu'elle avait vraiment lu dans tes revues. Elle lui raconterait l'histoire de la Grèce Antique, et celle d'Alexandre le Grand. Elle lui parlait des égyptiens, et des dernières recherches qui étaient en cours sur le cancer, les dernières expériences farfelues qu'elle avait lu. Elle le noierait de questions sur son enfance, sur les voyages qu'il rêvait de faire, sur tout, sauf son métier, sauf ce qui venait de se dérouler. Elle lui ferait traverser des ponts suspendus, elle lui apprendrait à faire le poirier, s'il ne savait pas le faire, elle lui ferait l'amour pendant des heures, elle lui apprendrait la recette la plus compliquée qu'elle connaisse. Elle ferait de son mieux pour l'empêcher de se torturer, de penser. Et i cela ne suffisait pas, elle ferait plus encore.

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