that familiar heart, that familiar shape


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 that familiar heart, that familiar shape

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Ace Wakefield

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MessageSujet: that familiar heart, that familiar shape   Jeu 5 Jan 2017 - 20:46


It's just a silhouette, a flick in the blinds
It's just a mind trick, I don't know why
But it reminds me of someone that I used to know

silhouette @tomodell


Ace était allongé sur son lit, les doigts entrelacés sous la nuque, à regarder le plafond, le sourire aux lèvres. Enfin. Enfin, il était libre. Libéré de l’internat, libéré du joug paternel. En un sens, ça n’était pas tout à fait vrai, mais le fait qu’il avait choisi cet appartement plutôt qu’un autre, malgré les conseils avisés de sa mère, cela suffisait à lui donner le sentiment de diriger son existence comme il l’entendait. Une première en trente ans d’expériences.
De toute façon, ils ne comprenaient pas. Ils ne voyaient pas l’attrait qu’il ressentait pour ce quartier, pour ce petit logement aux pièces minuscules. Ils n’avaient pas passé leur enfance et leur adolescence dans un internat. Lui, il s’était fait aux espaces exigus, il n’avait pas besoin de plus grand. Pas pour ce qu’il comptait faire de son existence, en tout cas. Ils s’imaginaient qu’il voulait suivre les traces de son père, lui n’aspirait qu’à briser les chaines. Ils pensaient qu’il s’était rangé, qu’il était revenu sur les rails après en avoir longtemps fait voir de toutes les couleurs à son père, lui n’avait fait que dissimuler pour mieux s’échapper. À présent, il avait tout le temps d’analyser les pistes, de peser le pour et le contre et de voir venir. Il pouvait faire ce qu’il voulait de son quotidien. Certes, il devrait encore subir les suggestions de son père, les remarques de sa mère et les commentaires de ses frères, mais Ace s’en fichait. Il aurait pu partir loin, aussi, s’il l’avait voulu. Mais il savait qu’ici ou ailleurs, c’était du pareil au même. Toutes les villes se ressemblaient, elles tournaient toutes de la même façon, n’offrant que peu de possibilités à leurs résidents. Un comble, dirait-on, vu le panel de technologies qui amélioraient l’existence de chacun. Mais Ace ne voyait pas en ces avancées un bienfait, il voyait un moyen de contrôler, une façon d’écraser.
Il ne savait pas encore tout à fait comment il allait s’y prendre mais il était bien décidé à mener sa barque comme bon l’entendait, qu’importe ce que penseraient les siens. Il y avait longtemps qu’il ne les considérait plus comme tels, plus depuis qu’ils l’avaient exilé dans le pensionnat, en tout cas. Les Wakefield n’étaient plus qu’une bande de bourgeois paresseux, voilà tout. Il n’avait plus aucune envie d’être associé à eux.
Et puis le calme relatif de l’appartement l’apaisait, lui qui avait été habitué au silence pesant du domaine familial puis au bruit constant de l’internat. Ici, il en entendait bien la vie qui battait son plein au dehors, mais c’était un son étouffé et rafraichissant. Personne ne lui accordait d’intérêt. Personne ne se souciait de lui et cela faisait un bien fou. Du moins en avait-il l’illusion parce que son téléphone se mit à vibrer dans la poche de son pantalon et il soupira en l’extrayant pour jeter un œil à l’identité de l’appel entrant. Une moue dégoûtée lui retroussa le nez lorsqu’il vit le visage tiré de sa mère. Il la fixa un moment puis refusa l’appel. Il la verrait plus tard, quand il serait forcé d’aller à une réunion familiale – on allait fêter son retour au bercail… génial. En attendant, il ferait tout son possible pour échapper aux griffes manucurées de celle qui lui avait donné la vie.
Un instant plus tard, son appareil vibra à nouveau et il sut que c’était la messagerie vocale qui cherchait à l’atteindre pour délivrer le message inutile de sa chère et tendre mère.
- Va te faire voir, Mère, soupira-t-il sans même regarder l’écran en raccrochant.
Il leur faudrait du temps pour se faire à l’idée qu’il leur avait totalement échappé. Mais ils ne devaient pas soupçonner l’ampleur réelle des dégâts et il faudrait dès lors qu’il se force à sourire en leur présence, qu’il se moule dans le rôle qu’on lui avait assigné dès sa naissance et qui l’avait toujours étranglé.
Pour le moment, cependant, Ace savourait sa solitude et il ferma les yeux, se laissant bercer par l’atmosphère de l’immeuble. Il entendit, à un étage supérieur, un gamin se disputer avec sa sœur et un père les réprimander d’un ton acerbe. En plein visionnage de match, paria Ace, qui se rappelait à quel point son propre père était impatient dès qu’il était concentré sur ses affaires. Il écouta l’eau couler dans les tuyaux et des pas monter l’escalier, légers mais perceptibles. Peut-être était-ce sa voisine de palier ? Il l’avait croisée une ou deux fois depuis son arrivée, mais c’était tout juste si elle osait le regarder dans les yeux. Cela l’avait fait doucement sourire mais il avait eu envie de lui demander pourquoi il l’intimidait. Il s’était abstenu, évidemment, sachant parfaitement que ça ne ferait que l’embarrasser davantage. Il se concentra cependant sur cette présence qui se rapprochait, allait passer devant sa porte et poursuivre un peu plus loin. Il anticipa les sons et s’étonna quand le bruit cessa à hauteur de sa porte. Profitait-elle de ne pas le voir pour détailler sa porte et l’imaginer à l’intérieur comme lui l’avait parfois fait ? Ace égrena les secondes, se demandant combien de temps s’écoulerait avant qu’elle poursuive sa route. Mais ce furent des coups à sa propre porte qui brisèrent finalement le silence et Ace rouvrit les yeux.
Sa mère aurait-elle osé venir jusqu’ici pour jauger son habitation et pour marquer sa désapprobation ? Elle était bien capable, suite à son silence. Elle était invasive comme ça, madame Wakefield. Ace décida de l’ignorer. S’il ne voulait pas lui répondre au téléphone, ce n’était certainement pas pour se la coltiner en face-à-face.
Mais les coups se répétèrent et Ace finit par se lever en grognant, se préparant mentalement à la joute verbale,  cherchant les mots qui feraient mouche et qui chasseraient sa mère au plus vite. C’est donc avec un air irrité qu’il ouvrit subitement la porte et se trouva nez-à-nez avec…
- Amy ?
Interloqué, Ace l’était et il ne put cacher sa surprise en découvrant son amie d’enfance sur le pas de sa porte.
Mais ce n’était pas tant la voir qui lui coupa le souffle mais le flot de souvenirs qui l’engloutirent en voyant ce sourire ravageur qui était le sien et qui avait attrapé le cœur du cadet Wakefield des années plus tôt. Pendant quelques temps, il avait oublié l’effet dévastateur qu’elle avait sur lui, quand il était trop occupé à penser à son avenir.
Mais le passé venait de frapper à sa porte et Ace ne sut pas comment il était supposé l’accueillir.

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Sarah Gingerich
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MessageSujet: Re: that familiar heart, that familiar shape   Sam 24 Juin 2017 - 12:33

Elle virevolte, elle marche, elle marche en virevoltant. Difficile de dire lorsqu'elle touche terre et lorsqu'elle avance sur le vent. Il faut dire qu'aujourd'hui plus que les autres jours la hâte la porte et la transporte. Chaque jour est pourtant une nouvelle démonstration de son éternelle bonne humeur, de cette légèreté si caractéristique de sa personne. Néanmoins, aujourd'hui est particulier. Aujourd'hui, elle a décidé de le retrouver. Mais peut-être qu'aujourd'hui est un jour comme un autre, peut-être que vu de l'extérieur rien n'a changé. Peut-être qu'ils se sont habitués, à la voir si légère et si heureuse. Et à défaut d'avoir été aussi heureuse qu'elle paraît l'être, elle n'a jamais été malheureuse. Amelia, elle est celle qui prend ce que la vie veut bien lui donner et elle s'en réjouie, elle est celle qui voit le verre à moitié plein et qui pour ça respire la joie de vivre. Il lui a manqué pourtant, cet être fait de chair et d'os. Que d'occasions manquées entre eux, eux qui n'ont fait que de se tourner autour sans savoir se trouver toutes ces années durant. Mais n'est-ce-pas le plus délicieux, ce jeu du chat et de la souris ? Je te cherche, tu me cherches mais jamais ne me trouves. Ils n'ont fait que de se manquer encore et encore, et depuis trop longtemps ce jeu ne les unie plus. Du moins, elle juge ce temps trop long et compte bien y remédier. N'est-ce-pas pour cette raison qu'elle est en chemin ?
Comment sait-elle où le trouver ? Comment a-t-elle su qu'il était de retour ? Ça, c'est un secret. Un secret qu'elle a laissé s'envoler, à défaut de l'avoir bien gardé. Le plus important reste qu'il est revenu. Enfin. Elle aurait pu le retrouver ailleurs, mais elle le retrouve ici. Dans leur ville natale, là où tout a commencé. Leur vie, leur amitié. Leur ambiguïté. Là où tout a été mis entre parenthèses, alors que l'internat a été le nouveau quotidien de son ami. Il y a bien eu ces lettres échangées pour ne pas complètement rompre le contact, et Amelia a su s'en satisfaire avec délectation. C'est qu'elle a gardé précieusement, ces lettres, toutes réunies dans une boîte à chaussures abîmée par les années. Boîte à chaussures au contenu précieux qui se trouve sous le lit de sa chambre d'hôtel présentement occupée, et dont elle n'a pas plus tard qu'hier parcouru les enveloppes entassées du bout de ses doigts fins. D'autres fois bien sûr, elle n'a pas fait que les frôler, elle les a déplié et a retrouvé les mots familiers de ses yeux attendris. Ou non, cela lui ressemble si peu, elle qui n'a pas tant le goût de s'encombrer de biens matériels. Peut-être que non, elle n'a pas su les conserver ces lettres, et qu'aussitôt lu, elle leur a rendu leur liberté. Peut-être qu'elle les a jeté, peut-être qu'elle les a brûlé. Peut-être qu'elle les a brûlé parce qu'elle aime l'idée que la fumée échappée de ce feu se soit emparée de ses mots pour mieux les faire prendre leur envol si haut dans ce ciel ombrageux. De toute façon elle s'en souvient, de ses mots. Une lecture, ou plusieurs, a suffit pour les graver dans sa mémoire. Ou peut-être qu'au contraire, elle les a oublié depuis si longtemps déjà. Quelle importance ? Quand tout ce qui compte est la personne qu'elle s'apprête à retrouver, et non le fantôme de ces mots passés.

Ça y est, elle se trouve à sa porte. Et elle attend, elle prend son temps, elle profite de ces derniers instants avant que ces quelques coups frappés ne viennent précipiter ces retrouvailles. Ou peut-être les a-t-elle déjà frappés, ces quelques coups ? Elle a oublié, si bien qu'elle frappe (enfin ? à nouveau ?) sur cette porte. Et voilà qu'elle s'ouvre sur une vue attendue, mais pas moins délicieuse. Son regard, si avide, le parcourt en quelques dixièmes de secondes, avant d'en revenir à son visage. L'irritation vient alors de laisser place à la surprise. Son ami, il est là, devant elle, et à ce titre son palpitant s'emballe. Bientôt son prénom s'échappe de ses lèvres... et elle pourrait gronder de plaisir tant il provoque ce dernier en elle. Mais à la place de ça, elle se contente d'afficher ce sourire, celui réservé qu'à Ace, sa spécialité si longtemps oubliée. Et puis elle lui retourne la faveur, elle lui rappelle son prénom, juste au cas où il l'aurait oublié par la faute de ce surnom.
- Augustus. Augustus... S'il savait tout ce que contient son esprit à cet instant... ou le devine-t-il rien qu'à ses yeux ? Car Amy n'est rien de moins qu'un livre ouvert. Il suffit de la regarder, pour deviner ce qu'elle trame. La preuve : elle a ce sac sur le dos, et ce n'est pas le fruit d'un hasard. C'est qu'elle a rendu les clés de sa chambre d'hôtel, aujourd'hui. Où allait-elle donc passer sa nuit ? Ça, ce n'est pas un mystère lorsqu'elle se trouve sur le pas de porte de son hôte généreux et ignorant. Généreux, ignorant, et surpris. Tant surpris, que les secondes s'écoulent sans qu'il ne la laisse pénétrer son humble logis. Ou est-ce elle, qui ne lui en donne pas le temps, du bout de ce sourire coquin aux lèvres ? Ta surprise te fait manquer aux politesses d'usage. Tu ne me laisses pas entrer ? Mais elle n'attend pas sa réponse pour mieux s'en octroyer la permission tout en posant un baiser sur sa joue au passage. Elle se permet aussi de poser son sac au pied du mur conjoint à la porte d'entrée, avant d'avancer de deux ou trois pas au sein de l'appartement qu'elle découvre et fixe un instant. Puis, elle tourne la tête et le fixe un temps indéfiniment long avant de rouvrir la bouche. Alors, enfin chez toi ? Je parie que tes parents doivent a-do-rer dit-elle en balayant l'espace réduit d'un nouveau regard. Une seconde, peut-être deux. Puis, toujours, elle lui revient.

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Ace Wakefield

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MessageSujet: Re: that familiar heart, that familiar shape   Lun 3 Juil 2017 - 20:36

C’était étrange comme la mémoire pouvait se raviver, d’une seconde à l’autre. Ace n’avait pourtant pas rangé Amelia dans un placard de son esprit pour ne plus jamais songer à elle mais il avait eu d’autres préoccupations et il fallait dire que son exil ne l’avait pas vraiment encouragé à se faire du mal inutilement. Le temps qu’il passait à Mount Oak s’était subitement inversé et il s’était senti banni, étranger à sa ville natale lorsqu’il y revenait les premiers étés. À tel point qu’il avait fini par trouver des excuses pour ne plus revenir au bercail que si cela s’avérait impératif. Du coup, Amelia, comme beaucoup d’autres, était un peu passée à la trappe, à la différence que là où la plupart de ses amis d’enfance avait disparu du paysage et n’avait plus donné signe de vie, la jeune femme était restée fermement accrochée aux pensées d’Augustus Wakefield. Et pour cause… la mémoire était vive mais pas autant que ses sens en éveil et son cœur qui semblait battre partout sauf dans sa cage thoracique. Il avait eu la naïveté de s’imaginer que l’adage était véridique : loin des yeux, loin du cœur, mais cela signifiait-il qu’à la moindre proximité, tout cela volait en éclat ? Apparemment. Lui qui retombait sur ses pattes d’une pirouette agile ou d’un mot bien trouvé se voyait subitement muet comme une carpe et avec la sensation dérangeante d’être paralysé. D’où était-il tout à coup incapable de se tenir correctement face à son amie d’enfance ? Il avait si longtemps maitrisé ses sentiments, il avait si longtemps enfoui ceux-ci que ne plus voir le sujet de ses tourments lui avait fait croire qu’ils s’étaient dilués dans le temps. Erreur fatale, comme tentait de lui faire comprendre son muscle cardiaque en déroute. Un leurre. Voilà ce que tout ce temps passé à distance avait été.
Ace considéra son amie d’un air perplexe. Il ne comprendrait jamais l’effet qu’elle avait sur lui. Lui, dont l’assurance ne faiblissait jamais, lui dont le naturel nonchalant lui permettait de se fondre dans n’importe quel décor. Loin d’elle, Ace arborait le masque du véritable Wakefield dans toute sa splendeur. En sa présence, il devenait un pantin ridicule qui avait l’impression que son cœur allait s’extraire de sa cage thoracique à la prochaine pulsion pour venir s’échouer aux pieds dansants d’Amelia Lockhart. D’ailleurs, en constatant la façon dont la jeune femme le jaugea, Ace sentit tout son corps s’enflammer et il se demanda comment, jusqu’à aujourd’hui, elle n’avait jamais perçu l’effet (in)désirable qu’elle provoquait. Mais c’était tout Amelia, ça. À évoluer dans le monde comme si elle ne touchait jamais le sol, offrant son sourire à tous, aveugle à cette amitié qui n’en avait finalement jamais véritablement été une pour l’intéressé. Mais Ace, dans toute sa stupidité juvénile, n’avait jamais envisagé d’oser avouer quoi que ce soit à son amie. Alors il avait repoussé les émotions envahissantes comme on pousse un trop plein de vêtements dans une valise trop petite. Et puis il était parti et il n’était resté que les lettres échangées, comme une correspondance invariable entre un détenu et une jeune femme libre de ses mouvements. Sauf qu’il n’avait jamais été véritablement prisonnier sinon celui de sa propre famille et là où il aurait pu profiter de ses vacances pour revenir à Mount Oak (et Amelia), Ace avait fui sa terre natale (et peut-être son amie aussi, ou en particulier elle). Ensuite, avec tout ce qui s’était tramé dans sa vie, il en avait rangé les choses essentielles sur le côté pour se concentrer sur sa tâche et pas une seule seconde il n’avait réfléchi à ces retrouvailles qui semblaient pourtant tout à coup inévitables. Comment avait-il pu mettre Amelia dans ce placard qui jamais ne serait assez grand pour l’accueillir ?
Un soupir gonfla sa poitrine lorsqu’Amy lui sourit et il dut faire appel à tout son talent de comédien pour ne pas laisser apparaitre à quel point ce sourire lui avait manqué, à quel point il pouvait faire ce qu’il voulait d’Augustus Wakefield. Et quand la demoiselle prononça son prénom, Ace eut ce réflexe ancestral de grimacer, tant il détestait le lien qu’il avait avec un aïeul qu’il avait à peine connu – un arrière grand-père qui n’avait eu que mots froids et regards glacés à l’encontre de ses arrière-petits enfants. Barbe blanche et lunettes de taupe, la main noueuse qui serrait une canne comme si son seul souhait était de l’abattre sur la tête des chenapans, voilà ce que cela évoquait à Ace, sans se douter que cela puisse avoir un tout autre sens pour d’autres, comme Amelia.
Il fallut qu’elle élève la voix à nouveau pour le sortir de sa torpeur et il réalisa qu’il était resté statique bien trop longtemps, perdu entre passé trouble et présent limpide. Ace eut un sourire en coin, un peu embarrassé mais teinté d’ironie et il recula d’un pas pour libérer le passage. Il posa machinalement une main sur l’épaule de son amie lorsqu’elle se hissa pour poser brièvement les lèvres contre sa joue et il sentit sa peau s’échauffer à nouveau. Sa seule chance, à cet instant, résidait dans le fait qu’il ne rougissait pas et que sa gêne était donc parfaitement dissimulée.
- Désolé, je dois encore être à moitié endormi, prétendit-il en refermant derrière Amelia tandis qu’elle s’avançait dans l’humble appartement.
Le regard du jeune homme avisa le sac un peu trop volumineux pour être innocent mais décida de ne pas interroger immédiatement Amelia. Après tout, la connaissant, l’explication allait bien venir, tôt ou tard et il se contenta donc de la suivre dans la pièce principale, celle où un canapé deux places prenait la moitié d’un mur et une table était poussée près de la fenêtre, en guise de salle à manger. Tout à coup, ce qui lui semblait l’endroit idéal pour une personne seule s’apparentait à un trou de souris dès qu’une paire de jambes supplémentaires foulait le parquet grinçant. Ace observa son amie, essayant de deviner comment elle percevait cet environnement spartiate et un peu vétuste et quand le regard de celle-ci vint se concentrer sur lui, il arqua les sourcils avant de hausser les épaules :
- Ils n’ont pas encore eu la chance de faire le tour du propriétaire. À vrai dire, tu es la première à t’aventurer aussi loin dans cet appartement.
Il tendit un bras vers la gauche et demanda :
- Je te fais visiter le reste ? Je peux te dire qu’en sept pas et demi, tu peux atteindre n’importe quelle pièce de ce taudis. Par ici, tu as la cuisine sous-équipée avec vue sur la cour où les poubelles sont entreposées. Là, la salle de bain. Pas trop mal, à part que prendre un bain est exclu vu qu’il y a à peine la place pour une douche. Et enfin, par cette porte-ci, tu trouveras la chambre à coucher. Je crois que j’aurais dû opter pour un lit superposé pour gagner un peu de place mais après tant d’années dans un lit simple, j’avais envie d’un peu de luxe alors je n’ai pas résisté au lit king size…
Il s’agissait en réalité du lit double le plus basique mais il prenait déjà les trois quarts de la place et il ne pouvait accéder à l’une des parties de son armoire que s’il contournait le lit, la porte du meuble ne s’ouvrant pas totalement, faute d’espace.
- Combien de personnes penses-tu que je puisse inviter pour la pendaison de crémaillère ? ironisa-t-il en s’appuyant au chambranle de la porte qui séparait le living du hall minuscule où était apparue Amy. Et comment as-tu su que j’étais là ? ajouta-t-il, tout en sachant que son amie avait un don particulier pour trouver ce qu’elle voulait.
Une nana comme elle aurait fait de sacrés dégâts dans les réseaux clandestins si elle s’était trouvée du mauvais côté des joueurs.
Mais ça, c’était une autre affaire.

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