so full of her, you can't truly see anyone else


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Daniel Runshell

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MessageSujet: so full of her, you can't truly see anyone else   Jeu 5 Avr 2018 - 20:27

Daniel Runshell, de sortie un vendredi soir... qui aurait pu penser cela plausible il y a encore quelques temps ? Si déjà l'ingénu était connu pour être plutôt du genre casanier à l'époque où il vivait sa vie sociale à travers sa petite-amie, ce n'est pas sans elle depuis le 18 juin dernier qu'il pouvait être suspecté de sortir un jour hors de ses sentiers battus – surtout s'il peinait d'ores et déjà à s'extirper de cet état second qui le tenait d'autant plus hors de portée d'un quelconque échange véritable il y a quelques mois encore. Mais le voici donc ce soir, attablé dans la salle de ce bar avec un ami face à lui, des traits plus complètement hagards sous le poids de la douleur, et parfois même les prémices d'un sourire timoré aux lèvres... de quoi se demander si la disparition d'Ophelia ne serait qu'une vulgaire mascarade. Mais a-t-elle seulement vraiment disparu sa fée, en effet ? Pas alors qu'il ne le permettrait pas et serait de toute façon bien incapable de l'oublier, lorsqu'il la garde au plus près de lui, là, réfugiée derrière les membranes de son cœur. Et la douleur de son absence, il l'a apprivoisé autant qu'il a pu et s'en est faite une compagnie, d'elle aussi : tout, tant qu'il n'a pas le sentiment qu'Ophelia disparaît abstraitement en plus d'une disparition physique. Alors cette douleur peut bien crisper régulièrement ses traits quand son esprit s'égare inexorablement sur ce qu'il a perdu, il endure Daniel, non pas parce qu'il est fort, mais parce qu'il serait capable de tout pour elle, et il serait ainsi fort en son absence s'il le faut. Dans quel état serait sa petite-amie si elle l'avait vu ainsi au bord du précipice, sans rien n'avoir pu y faire ? Dans quel état serait-il lui, si c'était Ophe qu'il avait vu dans cet état ? C'est en tout cas ce que lui a fait remarquer Orlando, si bien qu'il s'efforce tant bien que mal de prendre soin de lui dans la mesure du possible, pour elle, et lui espère surtout qu'elle prend aussi soin d'elle, pour lui, parce que lui non plus n'est pas là pour veiller le mieux possible sur celle qu'il ne pourra jamais cesser d'aimer.
Le voici donc ce soir, hors de ce lit dans lequel il a pu passer des jours entiers sans en sortir, avant que son ami ne lui tende cette main dont il avait désespérément besoin pour se sortir de ce brouillard opaque et glaçant d'affliction. Mais aujourd'hui il ne se terre plus, il n'erre plus, si bien que quiconque aurait vécu ces neuf derniers mois reclus, loin de la nouvelle cataclysmique de the departure, et qui ne saurait ainsi pas qu'Ophelia Darmody compte parmi les disparus, ne s'alarmerait pas aussitôt de l'état de Daniel. Pour sûr, cela ne lui sauterait pas aux yeux que quelque chose cloche dans le comportement du jeune Runshell, et qu'en l'occurrence il a enduré la pire perte de sa jeune existence dernièrement. Quoique... pour quiconque y prêtant suffisamment attention, il remarquerait certainement que quelque chose ne va pas malgré tout, qu'il n'est plus tout à fait lui-même – comment le serait-il, dès lors que sa meilleure moitié lui a été arrachée ? Et si cette amputation forcée l'a déstabilisé jusqu'à menacer de compromettre définitivement le retour d'un équilibre, même précaire, c'est un autre Darmody qui a finalement su lui être de quelque secours pour lui apporter le soutien d'une béquille, et ainsi lui permettre de continuer à avancer bon gré mal gré. Cette béquille, ce n'est pas Orlando, mais davantage les moments passés qu'il a pu partager avec Ophelia et son souvenir qu'il entretient à chaque instant en l'attente de son retour. Car il le sait, qu'elle reviendra : plus que de la foi en eux, il a foi en elle, et de son côté il sait qu'il l'attendra jusqu'au dernier de ses vieux jours. Bien sûr, cela n'a rien d'une recette miracle qui a su complètement faire taire le manque et l'inquiétude, toujours férocement présents, mais Orlando l'a aidé à prendre ce recul-là, pour ne plus être seulement enfermé dans l'état brut de sa disparition. Qui d'autre aurait pu l'aider – ou plutôt qui d'autre aurait-il su écouter – si ce n'est son frère ? N'importe qui, tant qu'il comptait pour elle ? Il fallait forcément qu'elle soit concernée, en l'occurrence par ce lien du sang et cette relation de confiance, pour que la torpeur daigne le quitter afin de prêter une attention véritable à ce qu'il lui était le plus cher, à elle.
Peut-être que le jeune homme aurait pu finir par le réaliser seul, tout ça, mais combien de temps cela lui aurait-il pris, d'être capable de se détacher suffisamment de son malheur pour se raccrocher à quelques vérités ? Des années ? Surtout qu'il fait toujours plus confiance à ce que d'autres peuvent lui affirmer plutôt que ce que lui peut déduire, car s'il a perdu la légèreté de son bonheur à deux, il n'a rien égaré de ce qu'il n'a jamais osé avoir : de la confiance en lui. Mais il a confiance en eux, et surtout en elle, n'est-ce-pas l'essentiel ? C'est, en tout cas, toujours à elle qu'il pense sur le trajet du retour, la tête ailleurs et le regard perdu sur les pavés à mesure qu'il avance. Il faut alors un bruit sourd pour l'interpeller hors de sa bulle, pour lequel il trouve rapidement une explication d'un regard sur le pot d'échappement de cette voiture qui dépasse le piéton qu'il est, mais qui lui permet surtout d'attirer son attention sur cette silhouette sur le trottoir voisin, qu'il ne tarde guère à reconnaître grâce à la complicité des lampadaires.
- Harlow ! Cette fois-ci, c'est lui l'interpelle et qui, en l'occurrence, a à cœur d'être un meilleur ami qu'il ne l'a été ces derniers mois. Et c'est d'ailleurs un sourire timide qui étire ses lèvres, plus que ce dont il a été capable la dernière fois qu'une même rue les a réuni, alors qu'il a osé prendre l'initiative de traverser la route et qu'il parvient à sa hauteur. Je voulais t'envoyer un message demain justement, pour qu'on se voit, à l'occasion. A l'occasion, non pas dans le sens nonchalant qui lui serait si peu crédible, mais plutôt dans le sens si elle le veut bien, toujours. Tout va bien ? qu'il finit par lui demander, parce que c'est là la suite logique, et non parce qu'il aurait quelque intuition de suspecter qu'elle puisse avoir plus d'un verre d'alcool dans le sang.

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why so serious ?
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Harlow Walsingham

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MessageSujet: Re: so full of her, you can't truly see anyone else   Jeu 12 Avr 2018 - 21:22

Le rire d’Harlow, il se faisait plus expansif, plus assumé, quand elle avait bu. Ce qu’elle avait fait à outrance ce soir, assurément. Cernée des collègues de son frère, la jeune Walsingham n’y était pas allée de main morte avec les shots, allant même jusqu’à subtiliser ceux des garçons dès qu’ils regardaient ailleurs. À chaque fois, ils l’avaient captée, évidemment, lui avaient fait les gros yeux et elle s’était contenté d’un haussement d’épaules ou d’un majeur dressé pour leur signifier qu’ils n’avaient qu’à être plus attentifs à leur consommation. Elle avait de la chance, elle le savait, qu’ils la connaissent aussi bien, qu’elle ait fricoté avec l’un ou l’autre. Auraient-ils été aussi indulgents si elle avait juste été une nana complètement saoule qui s’abreuvait sur leur compte ? Ou était-ce la pitié inspirée par l’absence d’Heath qui les poussait à fermer les yeux sur l’attitude d’Harlow ? Ils avaient tous perdu leur collègue et, comme elle, certains avaient perdu un autre être cher. Elle ne se rappelait plus qui avait perdu qui dans l’affaire et n’aspirait pas à en faire l’inventaire, la douleur de ne plus avoir son grand frère étant assez insupportable comme ça sans qu’elle aille s’apitoyer sur le sort des autres. Qu’importe donc la raison qui les poussait à la protéger, à la laisser s’abrutir d’alcool, à la resservir quand elle le demandait. Du moment qu’elle obtenait ce qu’elle voulait.
Oh, elle avait parfaitement conscience de l’image déplorable qu’elle donnait, de l’état épouvantable dans lequel elle serait le lendemain au réveil et si, durant une seconde d’hésitation, avant d’ingurgiter un nouveau shot, elle songeait à cette perspective peu enchantée, elle la rangeait bien vite dans un coin. Elle ne voulait pas être raisonnable, elle voulait boire jusqu’à frôler le coma éthylique, peut-être revenir avec l’un de ces beaux gars qui lui souriaient, mi-amusés, mi-désolés, oublier un temps sa douleur et espérer qu’eux aussi, ils étaient assez imbibés que pour oublier son comportement la prochaine fois qu’ils se croiseraient. Et si ça n’était pas le cas, eh bien, elle survivrait. Ça se saurait si le ridicule tuait après tout, non ? Elle serait sûrement morte depuis longtemps, dans ce cas.
À un moment, dans la soirée, l’un des gars tenta bien de lui suggérer d’y aller mollo. Un autre proposa de la raccompagner, pour qu’elle ne rentre pas dans cet état d’ébriété poussé et Harlow l’avait fusillé du regard, comme pour lui signifier qu’elle ne voulait pas entendre leur ton paternaliste, leurs airs de bons garçons quand ils avaient passé les dernières heures à se marrer en la voyant s’enfiler les boissons alcoolisées comme s’il s’agissait d’un soda. Certains avaient eu l’air impressionnés, d’autres avaient dû se dire qu’elle avait un grain et elle, tout ce à quoi elle avait pensé, c’était à ce qu’Heath penserait s’il la voyait agir ainsi, au-delà de toute réflexion. Le verrait-il, aux fonds de ses yeux chocolat, qu’elle avait atteint un point de non-retour et que sa vie lui semblait morne et sans but ?
- Je te préviens, j’ai mon verre à l’œil. Si tu y as touché pendant que je suis partie, je t’émascule ! lâcha-t-elle à Floyd avec un doigt levé en guise d’avertissement.
Elle se laissa ensuite glisser de son tabouret et se dirigea en titubant vers les toilettes. Une grimace de dégoût lui fronça le nez lorsqu’elle poussa la porte de ces dernières et qu’une odeur d’urine lui sauta au visage. La jeune femme émit un grognement écœuré et se réfugia dans une cabine. Boire, c’était une chose, mais il fallait évacuer ce qu’elle avait absorbé ces dernières heures et elle se tortilla pour atteindre sa culotte sous sa robe trop serrante puis elle se baissa comme elle put tout en veillant à ne pas toucher la planche des toilettes et elle émit un soupir de soulagement en libérant sa vessie de ses excès. Cela lui sembla durer une éternité avant de pouvoir se redresser et remettre son sous-vêtement. Elle sortit ensuite pour aller se laver les mains et constata, à la lumière blafarde des néons qui surplombaient le grand miroir qu’elle avait une tête à faire peur : elle avait les joues rouges, les cheveux légèrement humides de sueur, le regard hagard et, pire que tout, son mascara avait coulé.
- Fallait surtout pas me prévenir, maugréa-t-elle à l’intention d’un interlocuteur indéterminé et elle attrapa son téléphone pour envoyer un message à Wes, lui indiquant que la prochaine fois, elle sortait avec lui, parce que les collègues de son frère étaient tous des abrutis.
Ou du moins était-ce le message qu’elle voulait envoyer mais, avec sa vue brouillée et son esprit cotonneux, il se pouvait que l’ordre des mots ne soit pas tout à fait compréhensible pour son destinataire. Qu’importe, se dit Harlow. Elle découvrirait sûrement demain la réponse, sans avoir le moindre souvenir d’avoir contacté le garçon.
Quand elle sortit enfin des toilettes, un brouhaha la cueillit et elle devina que la table de ses compagnons de soirée avait trouvé une nouvelle activité. Quant à savoir laquelle, Harlow ne tenait pas à le découvrir. D’ailleurs, elle le savait, si elle retournait les rejoindre, ils ne la lâcheraient plus avant de l’avoir reconduite chez elle et elle n’avait plus aucune envie d’être escortée par qui que ce soit. Raison pour laquelle elle s’éclipsa discrètement sans les prévenir de son départ.
L’air mordant de la nuit l’attaqua dès qu’elle mit le nez dehors et Harlow regretta de n’avoir qu’une petite veste en cuir bon marché pour couvrir sa robe trop serrante et trop courte. Elle eut un frisson glacé et prit vers la droite, tâchant de marcher plus ou moins droit pour ne pas alerter les prédateurs éventuels qui verraient en elle une proie facile. Les bras croisés contre sa poitrine, les épaules carrées dans un effort vain pour garder la chaleur pour elle, Harlow marcha droit devant elle, claquant légèrement des dents, sans prêter la moindre attention aux autres passants. Son objectif était de retrouver la douceur de ses draps, point final. Toutefois, quand une voix s’éleva, l’interpelant, la jeune femme releva le nez, se demandant qui cela pouvait bien être. Un comble quand elle aurait reconnu cette voix entre mille. Sauf que son degré d’alcoolémie et le temps passé dans un bar surpeuplé et bruyant avaient complètement déboussolé ses sens.
Harlow ne put cacher sa perplexité à découvrir qu’il s’agissait de Daniel. Parce qu’elle ne voyait pas ce qu’il fichait là, à une heure pareille. Et parce qu’elle s’imagina durant un instant qu’il puisse s’agir d’une fantaisie de son esprit complètement saoul qui ne se faisait jamais prier pour inviter Daniel dans ses rêveries. Interloquée, Harlow le regarda venir vers elle et prit alors conscience de l’image pathétique qu’elle devait offrir et, tirant sur sa jupe comme si elle espérait naïvement couvrir ses cuisses nues, elle l’accueillit d’un sourire branlant.
- Hé, Daniel…, répliqua-t-elle sans grande conviction. Ah oui ? Qu’est-ce que tu fais-là ?
Elle n’avait pu réprimer cette question. Il n’était pourtant pas un gamin, il pouvait être de sortie, même à cette heure-ci. Mais qui croyait-elle leurrer ? Jamais, dans une autre vie – des mois plus tôt – n’aurait-il mis le nez dehors, encore moins seul. Et voilà que le garçon était-là, posté devant elle, et qu’il lui annonçait qu’il comptait justement la contacter ? Harlow eut un rire incrédule. Non. Elle devait certainement rêver, ça n’était pas possible autrement. Puis il lui demanda si tout allait bien et elle revint à sa préoccupation initiale : le spectacle de débauche qu’elle offrait au regard innocent du garçon qu’elle aimait depuis toujours. Vraiment ? Le destin s’acharnait-il sur elle ?
- Je pète le feu, dit-elle, d’un ton plus narquois qu’elle ne le voulait et qu’elle regretta aussitôt. En vrai, je suis frigorifiée et morte bourrée. Je ferais gaffe à mes chaussures, si j’étais toi.
Ah, mais que lui prenait-il ? Elle esquissa un sourire indéfinissable, comme si elle s’excusait, ou lui disait : oui, je sais, j’ai l’air ridicule. Mais elle n’avait plus assez de neurones actifs pour jouer stratégiquement et elle doutait que Daniel soit plus ou moins réceptif à son charme que d’habitude. Ce qui lui arracha un nouveau hoquet incrédule, où se dessinait un sanglot misérable qu’elle ravala vaillamment.
- Et toi ? Ça va ? T’es tout seul ?
Quelle question stupide. Quelle nana stupide elle pouvait être et elle grimaça en espérant ne pas avoir froissé Daniel. Elle aurait dû être contente de le voir dehors, de le voir revenir du côté des vivants. Et elle l’aurait certainement été, si elle n’avait pas tout cet alcool dans son sang pour altérer son bon sens.

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Everybody's talking about exponential growth and the stock market crashing and their portfolios while I'll be sitting here with a song that I wrote, saying love could change the world in a moment but what do I know?
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