what would hurt more, keep holding on or finally letting go ?


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 what would hurt more, keep holding on or finally letting go ?

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Daniel Runshell

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MessageSujet: what would hurt more, keep holding on or finally letting go ?   Mar 27 Mar 2018 - 13:54

Se peut-il que, où qu'il aille, qu'importe où le gamin a l'idée de s'aventurer, il est destiné à toujours retrouver inexorablement le chemin de son ange blond ? Il y a quelque chose d'infiniment réconfortant, dans cette idée, que quoiqu'il arrive il est lié à elle et n'aura ainsi jamais à faire face à la perte totale, irréversible, et donc abyssale, de la seule qui compte vraiment. Mais évidemment, il se doute que le sort ne peut pas être aussi tendre et qu'il a autre chose en tête lorsqu'il fait en sorte que la vue de la silhouette Darmody égaye son œil là où il ne s'attendait pas forcément à la trouver. Cela n'aurait pourtant pas été étonnant qu'il soit parti sciemment en quête de sa proximité alors que ce manque hostile et tenace ne cesse jamais de l'étreindre depuis qu'ils sont séparés, quitte même à se contenter seulement de la regarder à distance évoluer dans son environnement. C'est que sa faim d'elle est devenue un tel trou béant (ou n'aurait-elle pas davantage l'allure d'un maelström qui l'emporte inlassablement dans son tourbillon infernal ?) qu'il a appris à se résigner à si peu, dès l'instant où elle est toujours là, non loin de lui. Comment pourrait-il en être autrement ? Il est incapable d'envisager comme plausible un avenir complètement amputé d'elle, quand son cœur palpite bien trop sous le fardeau de la peur pour être capable de tolérer cette perspective et de s'attarder ainsi sur cette terrible pensée. Tant et si bien qu'à chaque fois qu'Ophelia vient à s'aventurer dans son champ de vision, ce n'est pas moins qu'un soupir salvateur qui s'échappe de ce corps trop écrasé sous la pression de leur éloignement.
Mais elle est toujours là, oui, heureusement. Elle est là, à quelques dizaines de mètres de lui, assise sur ce banc, face à ce parc. Il y a tant d'autres qu'eux, entre eux, autour d'eux, et pourtant il n'a d'yeux que pour elle. Comment pourrait-il en être autrement, là encore ? Puisqu'il n'en a et n'en a toujours eu que pour elle. Leur séparation n'a pas manqué de le lui assurer, que qu'importe les autres, elle seule compte et il ne peut l'oublier, même si ça il le savait déjà et n'en a jamais douté. Il y a des évidences comme ça, qui frappent même un gamin aussi ignorant que Danny. Et ce qui est tout aussi évident, c'est qu'il ne manque pas de finir par réduire la distance qui les sépare en reprenant son avancée, mais dans sa direction.
Puis, c'est après quatre, cinq pas, qu'il réalise et comprend, et qu'a fortiori il s'immobilise : ce banc, ce n'est pas n'importe quel banc, n'est-ce-pas ? D'un seul coup, les dires lui reviennent en mémoire et il fait le rapprochement avec sa présence ici. C'est le banc où il était supposé l'attendre, dans ses rêves, ou ses égarements, ou... qu'importe ce qu'ils étaient exactement. C'est donc lui qu'elle espère voir surgir à ses côtés, d'un instant à l'autre, pour mettre fin avec soulagement à ce cauchemar interminable ? C'est ce pressentiment tranchant qui l'étreint en tout cas, car comment expliquer sa présence ici autrement ? Vient-elle s'y recueillir ? Se rapprocher le plus possible de qui l'a uni une dernière fois à son amour perdu ? Est-ce là forcément une alternative plus aisément envisageable pour lui ? C'est en effet une grimace qui étire un instant son visage, alors que l'instant d'après son regard bat en retraite sur le sol quand bien même il se met à nouveau en marche, avec pour seule direction la seule qui lui importe vraiment.
Ce n'est donc pas Daniel qui finit par surgir au pied de ce banc, mais Danny, dès lors qu'il ne sera de nouveau Daniel que lorsqu'elle pourra le voir comme tel, un jour peut-être. Il y a en tout cas cet instant de battement, où il ne sait que dire. Est-il supposé lui demander s'il peut s'asseoir et se joindre à elle ? Quelque part en lui, il déteste l'idée qu'il puisse avoir à lui demander ça, comme s'il était voué à demander sa permission pour passer un peu de temps avec elle. Est-ce donc là tout ce qu'ils sont devenus ? Ce qu'ils seront jusqu'à la fin désormais ? Il y a alors cette étrange mélancolie qui s'empare de ce gamin pourtant davantage connu pour sa soif de vivre, quand finalement il se résigne à s'asseoir à ses côtés en silence. Il n'ose pas même s'attarder à la regarder davantage que par des coups d'œil à la va-vite, et se contente de se perdre dans ses pensées, assis là, les mains dans les poches. Et enfin, ce sentiment qui l'étreint trouve son chemin de quelques mots.
- Ça ne sera jamais assez, n'est-ce-pas ? Il ne sera jamais assez, pas lorsqu'elle le veut lui. Non pas Matthew, ou qui que ce soit d'autre que Daniel. Lui aussi s'appelle Daniel, mais il est trop désespérément Danny pour prétendre le lui faire oublier rien qu'un instant. C'est toujours lui, que tu voudras. Son articulation insiste sur ce pronom personnel, mais pourtant il n'y a aucune trace d'accusation ou de rancœur dans le ton de sa voix. Elle ne trahit pas même quelque trace de chagrin et de frustration, quand il se demande s'ils ne pourraient peut-être pas en fin de compte se dire, enfin, ce qu'il en est vraiment, sans que leurs cœurs brisés ne les en empêchent et parasitent une fois encore leurs échanges. En sont-ils seulement capables ? Ou est-ce que la douleur des confidences, de la vérité, viendra invariablement briser leurs mots, leurs postures ? Est-ce que lui peut être à même de ne pas laisser sa défensive venir l'aveugler une seule fois encore ? Il aimerait en tout cas, en être capable. C'est une idée qu'il caresse avec envie, pour elle, pour lui. Pour eux.

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Ophelia Darmody

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MessageSujet: Re: what would hurt more, keep holding on or finally letting go ?   Jeu 12 Avr 2018 - 20:22

Elle n’y pouvait rien, c’était devenu comme une habitude, un instinct de survie, un mécanisme de défense. On pouvait appeler cela comme on le voulait, Ophelia, elle ne savait pas comment le qualifier. C’était juste comme ça. Dès qu’elle se sentait particulièrement seule ou guettée par un moment de déprime, elle se rendait au seul endroit qui lui donne l’impression d’être plus près de Daniel. C’était une chimère, elle en avait conscience, surtout que la vue n’était pas tout à fait le même mais elle en était persuadée, c’était sur l’équivalent de ce banc qu’elle avait vu Daniel pour la dernière fois. Dans un autre monde, dans une autre vie. Aujourd’hui, elle avait cédé à ce besoin instinctif, primaire, de trouver refuge sur ce banc, de s’installer un peu sur la gauche, pas tout à fait au centre, l’endroit exact où elle avait vu le garçon qu’elle aimait – ou du moins le dos de celui-ci. Qu’attendait-elle ? Que faisait-elle ? Que fixait-elle quand elle s’installait là ? Rien. Rien. Et encore rien. Elle s’asseyait simplement et laissait son esprit divaguer. Elle pensait le plus souvent à Elsa qui grandissait de l’autre côté de ce gouffre qu’avait laissé sa véritable mère. Elle songeait à Danny et à tout ce qu’il était – ou n’était pas. Elle essayait de se figurer un avenir dans ce monde altéré, sans vraiment y parvenir. Cela n’aurait pas dû être très compliqué, pourtant, puisque cela faisait neuf mois qu’elle y évoluait, qu’elle se levait chaque jour pour affronter des heures bien sombres, parfois ponctuées d’un petit éclat de rire.
Parce que, oui, cela lui arrivait de rire. Timidement mais sûrement. Cela venait spontanément, sans qu’elle s’y attende et il lui était arrivé de plaquer sa main sur ses lèvres roses quand un gloussement lui échappait. Parce qu’elle avait le sentiment de trahir Daniel, elle le savait, chaque fois qu’elle laissait entrer un brin de bonheur et d’insouciance. Sourire lui manquait, avoir le cœur léger lui semblait si lointain que c’en était devenu un rêve inaccessible et, oui, si elle était honnête avec elle-même, il lui arrivait d’admettre que cela lui faisait du bien, qu’elle en avait besoin. Et elle espérait que, là où il était, Daniel parvenait aussi à sourire, à rire, à s’ouvrir. Elle le lui souhaitait de tout son cœur amoureux et en manque. Elle ne voulait pas l’imaginer malheureux, elle voulait se dire que, comme elle, il allait se reconstruire, à sa façon, comme il le pouvait. Se leurrait-elle ? Cherchait-elle à apaiser son âme en peine en se rassurant et en se disant que son petit ami s’en sortait sans elle ? Peut-être. Parce que s’il réagissait comme elle pouvait l’imaginer le faire, comme elle le connaissait, elle s’inquiétait follement pour lui. Et se faire un sang d’encre ici, alors qu’il était là-bas, qu’est-ce que cela lui apportait ? A part des maux d’estomac, des larmes impuissantes, un cœur comprimé et des rêves hantés ? Alors, peut-être que c’était illusoire de chercher du réconfort dans cet endroit impersonnel qui n’avait de lien avec Daniel qu’un souvenir qui paraissait s’évaporer de sa mémoire avec les journées qui s’égrenaient et, peut-être, finalement, était-ce ce souvenir qu’elle tâchait de raviver, de réimprimer dans les circonvolutions de son esprit, de peur de perdre Daniel pour de bon. Car chaque fois qu’elle revivait la scène, quand elle fermait les yeux en inspirant longuement, elle avait la sensation que la silhouette du jeune homme se faisait plus floue, plus distante, comme si elle la regardait à travers un voile ou une vitre sale et, chaque fois, elle suppliait sa mémoire de ne pas lâcher prise, de s’accrocher désespérément à cette dernière image.
C’était précisément ce qu’elle faisait alors que Danny l’approchait, la contemplait, devinait la raison de sa présence et finissait par s’asseoir à ses côtés. Elle ne l’avait pas entendu arriver, ses pas ayant dû être amortis par la pelouse. Pas plus qu’elle ne sentit qu’il prenait place près d’elle, le banc étant assez solide pour ne pas trembler sous ce poids supplémentaire. Son sursaut fut donc naturel lorsque, tout à coup, la voix du jeune homme brisa l’atmosphère.
Ophelia émit un hoquet de surprise en rouvrant les yeux, portant un regard voilé sur Danny, les sourcils légèrement arqués en accent circonflexe, prise au dépourvu.
- Qu—quoi ? Que veux-tu dire ? demanda la jeune Darmody en se redressant, ses doigts triturant l’extrémité de son manteau tandis qu’elle dévisageait le sosie de son petit ami.
Non. Pas sosie, devait-elle constamment se rappeler. C’était lui et ce n’était pas lui, en même temps. Comment expliquer cette sensation d’être en présence d’un être connu et aimé mais aussi d’un étranger ? C’est toujours lui, que tu voudras. Une ombre de culpabilité vint glisser sur les traits désemparés d’Ophelia qui observa ce garçon qui souffrait à cause d’elle et qu’elle ne supportait pas de voir si malheureux. Elle ouvrit la bouche, chercha ses mots. Devait-elle s’excuser ? Devait-elle feindre de ne pas comprendre à quoi il faisait allusion ? Cela aurait été son premier instinct avec n’importe qui, surtout depuis que les médias s’étaient emparés du sujet de l’homme venu d’ailleurs. Mais, sans trop savoir comment ni pourquoi, Ophelia éprouvait une confiance aveugle en Danny et elle déglutit avec peine en secouant la tête, impuissante :
- Je ne sais pas quoi te dire. J’aimerais pouvoir te dire quelque chose de sensé mais c’est impossible.
Elle ne pouvait pas remuer le couteau dans la plaie parce que la dernière fois qu’elle s’était essayée à dire la vérité, elle avait lacéré l’âme de ce garçon qui n’avait pas mérité un tel châtiment et elle avait pris conscience de tout ce qu’elle avait eu – et perdu.
- Je ne sais pas quoi faire. J’ai l’impression que, quoi que je fasse, je te blesse d’une manière ou d’une autre…
Sa voix faiblit et s’éteignit en un filet inintelligible. La demoiselle se mordit la lèvre inférieure en fixant ses doigts puis reporta son attention sur Danny. Que pensait-il, là, tout de suite ? Que ressentait-il exactement ? Comme elle aurait aimé le savoir ! Car, là où elle n’avait qu’à regarder Daniel pour savoir exactement ce qu’il se tramait dans sa tête, elle était face à un mur infranchissable dès qu’il s’agissait de Danny. À part sa douleur évidente qui la percutait à chaque fois. Et, surtout, que pensait-il d’elle maintenant ? Maintenant que toute cette histoire d’homme dément avait surgie du néant ? Avait-il fait le rapprochement ? Avait-il compris qu’elle était comme cet inconnu ? Se demandait-il où était son Ophelia à lui ? Ce qu’il avait pu lui arriver ? Tant d’interrogations qu’elle ne pouvait se résoudre à lui poser, tant elle craignait les répercussions de celles-ci.

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