'Cause all we've got left is a beat in the night ◇ Leopold


Partagez | 
 

 'Cause all we've got left is a beat in the night ◇ Leopold

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Jonas Stevenson
CONRAD STEVENSON

avatar

CRÉDITS : lux

INSCRIT LE : 12/11/2017
MESSAGES POSTÉS : 74


LOOK IN THE MIRROR
RELATIONS:
DISPONIBILITÉ RP: dispo (Elsie / Leopold, TC)

MessageSujet: 'Cause all we've got left is a beat in the night ◇ Leopold   Mer 7 Mar 2018 - 23:28

Une fois passées les portes de la morgue, Conrad perdait toute notion de temps. Il savait quand il entrait et gardait en mémoire le moindre détail des dossiers qu'il prenait en charge sur son temps de garde, incapable cependant de compter les heures qui y avaient été associées. Il était un temps où, lorsqu'ils avaient prévu de rentrer ensemble, Ana venait directement frapper à sa porte pour lui signaler qu'elle était là, qu'elle était prête, et que tout le reste ne dépendait plus que de lui. A chaque fois surpris, Conrad lui promettait que ça ne se reproduirait plus et refaisait de même le jour suivant, la semaine suivante et toutes ces autres fois dont il avait là encore perdu le décompte. Il n'avait pas l'intention de lui mentir, jamais, mais se retrouvait à chaque fois aussi happé que dans ses premiers pas en médecine légale. Il comprenait la répulsion que certains pouvaient avoir à fréquenter la mort de la sorte mais, pour lui, la tâche était plus aisée qu'avec les vivants. Il lui arriver de parler à ces corps allongés sur sa table, notamment lorsqu'il se retrouvait face à un cas plus épineux ou à devoir faire un geste qu'il savait susceptible d'être douloureux dans un autre contexte, et ces brefs échanges lui suffisaient. Il n'avait pas besoin de trouver les bons mots pour rassurer et tenir la douleur à l'écart, juste faire son travail et le faire bien. Sans à dire qu'il y trouvait beaucoup de plaisir, il aimait ce qu'il faisait et n'aurait échangé sa place avec sa femme pour rien au monde. Elle, elle était douée pour le contact. Conrad l'avait suffisamment vue à l’œuvre pour avoir la confirmation de ce qu'il avait toujours pressenti à son sujet. A chaque fois, un sursaut de fierté s'étendait en lui, prêt à lui dévorer le cœur et les derniers morceaux d'une âme qu'elle n'aurait pas encore totalement conquise. Dans ce domaine comme dans tant d'autres, Ana le complétait. Ou l'avait complété, il ne savait plus, comme il n'était plus sûr de la connaître aussi bien qu'il l'avait autrefois cru. Il lui arrivait de se réveiller au beau milieu de la nuit et de rester assis à ses côtés, impuissant, juste pour observer les différences apparues en elle au cours des derniers mois. Il ne savait pas, ne comprenait pas, et se raccrochait seulement à l'espoir que tout finirait par s'arranger. Tous les couples traversent leurs crises, il en avait conscience, et ils pouvaient déjà s'estimer heureux d'avoir tant été épargnés par le passé. A la regarder dormir, il finissait par se dire que ce n'était finalement pas si grave. Il était prêt à l'aimer malgré tout, à tirer un trait sur ce qui n'était qu'une erreur et dont ils n'avaient pas à payer indéfiniment le prix. Toutes ces bonnes résolutions ne tenaient cependant pas jusqu'à l'aube et, nuit après nuit, jour après jour, Conrad se retrouvait à ressasser les mêmes arguments d'un débat trop solitaire pour pouvoir aboutir. Et, au lieu de s'y confronter avec elle, il préférait s’emmurer dans son bureau à la morgue et laisser son esprit s'occuper du sort de ceux qui, quelques heures plus tôt, faisaient partie de ses semblables. La tâche n'était pas forcément plus simple mais avait au moins le mérite d'être moins douloureuse et de lui épargner un soucis qu'il aurait eu du mal à mettre à distance autrement. La nuit, la morgue était même un endroit paisible, et ce malgré l'orage qui grondait entre les murs et dont Conrad n'avait qu'à moitié conscience. Plongé dans les finitions d'un dossier sur lequel il avait pris trop de retard, il ne fit pas attention aux grondements de tonnerres qui allaient et venaient autour de la ville, pas plus qu'il ne fit attention aux agissements de Leopold à quelques mètres seulement de lui. A une certaine époque, il n'aurait pas manqué de lui faire quelques commentaires en cours de route, pas forcément très utiles pour les cas que chacun avait à traiter, mais qui leur aurait donné l'impression de ne pas être complètement isolés. Ce soir-là, pourtant, Conrad manqua presque de s'étonner de voir bouger à côté de lui les rares fois où ils se retrouvèrent à proximité. Il le fixa sans avoir l'air de comprendre qui il était et ce qu'il faisait là, hocha la tête en silence, puis retourna à son travail sans échanger plus que quelques mots en l'espace du double d'heures. Et, lorsqu'il acheva enfin le compte rendu d'un homicide par balles, tendit machinalement la main pour prendre le dossier suivant. En toute logique, il aurait mieux fait de s'attaquer à toute la paperasse qui l'attendait en tant que responsable de l'aile de médecine légale, mais il préférait avoir les mains occupées à autre chose que gribouiller des statistiques et des rapports relatifs à l'efficacité de chacun des membres du personnel. Sa main, cependant, n'attrapa rien d'autre que du vide et Conrad la fixa avec un étonnement quasi mystique. La fatigue bien sûr, le sens de l'habitude, et puis un esprit trop parasité pour comprendre quelque chose d'aussi évident que ce qui venait de se produire. Leopold ? Il soupira en réalisant que son collègue n'était pas plus là que le dossier qu'il voulait et partit à leur recherche. Il lui suffit de quelques pas pour trouver le premier et s'appuya contre le montant de la porte plutôt que de la franchir complètement, puis l'observa. Leopold ? Il restait un dossier sur le bureau des admissions tout à l'heure, tu l'as pris ? La chose lui paraissait inconcevable mais mieux valait écarter chaque possibilité l'une après l'autre et Conrad avait bien plus besoin d'une pause qu'il ne se le serait avoué.

________________

Here I am not quite dying ; My body left to rot in a hollow tree ; Its branches throwing shadows on the gallows for me ; And the next day and the next and another day   (The Next Day ◇ Bowie)
Revenir en haut Aller en bas

Leopold Rimbaud

avatar

CRÉDITS : (c) shiya - tumblr

INSCRIT LE : 07/02/2018
MESSAGES POSTÉS : 28


LOOK IN THE MIRROR
RELATIONS:
DISPONIBILITÉ RP: 2/5 √

MessageSujet: Re: 'Cause all we've got left is a beat in the night ◇ Leopold   Mer 21 Mar 2018 - 18:44


    Tu connaîtras la vérité.
    Et la vérité te rendra fou
    .


    Parfois il est difficile de respirer. Parfois le monde nous dépasse si fort, de façon si abrupte que l'on préfère s'immerger dans l'eau et y rester. Et parfois, ce n'est pas de notre ressort, ce n'est pas dans nos plans. Mais la vie s'arrange pour évincer vos plans, sachez le. Toujours. A chaque fois que vous vous regarderez dans un miroir, vous verrez un autre homme. Il se peut que cela vous tue. Un conseil. Accommodez vous en. Car le doute rend fou les hommes. Leopold en était rendu là de ses réflexions nocturnes. Le sommeil, perdu depuis huit long foutus mois. Aucune piste d'évènements similaires constatés auparavant si ce n'est la folie ou une très longue défonce. Les deux génies Rimbaud s'activaient en dépit des contradictions, des absurdités. Tels des chasseurs voraces, les deux frères ne lâchaient rien. Si l'un faiblissait, l'autre le relevait. C'était ça ou crever tout de suite. Son premier réflexe, après son 'réveil' avait été de décortiquer 'sa' boîte mail, 'son' téléphone, 'ses' messages. Il avait ainsi découvert que l'homme rendu à ses côtés dans les nuits sombres, son 'chef' de service, Conrad Stevenson, avait de sérieux problèmes de couple. D'enfants plus précisément. D'adultère ensuite. Il été aisé de constater pourquoi les hommes restent au travail plutôt que de rentrer chez eux. Son soit disant ami et collègue faisait partie de cette catégorie. Déchus, pleins de regrets, se raccrochant à des cordes plus fatiguées que leurs propres coeurs. Mais du coeur, Leopold n'en avait cure. Pas plus que cette Flora, ce Daniel, ce Rupert, cette Mona. Quatre dossiers en une soirée. Il en aurait fait plus s'il avait pu taper plus vite et que le centre de ses réflexions ne se situait pas au sein de sa propre situation. On ne se réveille pas comme ça avec une autre vie, merde. Des traces de son tatouage, il n'en avait plus. Une tâche orange était cependant présente dans son œil, il avait vérifié. Une opération au laser lors de ses vingt ans. Il n'avait jamais eu de problèmes de vue, pas plus qu'il n'avait effectué d'opérations. Plus de signes de piqûres, lors de ses raids nocturnes à se défoncer. Plus d'homicide. Et toujours la constante de plus de sœur. Plus de père aussi. Plus de repère. Ses yeux s'étaient habitués à l'obscurité comme son corps s'était, de façon surprenante réhabitué à la cocaïne. En dépit de la liste qu'il conservait toujours sur lui -liste indiquant de façon manifeste et sans équivoque les produits sous lesquels il était sous emprise- son frère n'était pas parvenu à se rendre compte de sa rechute de drogué. Ni ses "nouveaux" collègues d'ailleurs. Les limbes allaient le happer, d'une façon ou d'une autre. Car oui, Leopold était au courant d'une chose. ce n'est pas parce que l'on ne connait pas les faits entre toutes réalités confondues, que ces dits faits ne cessent d'exister. Et ne pas comprendre faisait du récent médecin légiste une cible facile pour cette nébulosité qui allait le mener à l'incertitude. Puis à la folie.

    Alors oui, Leopold, au sein de l'orage qui grondait se contrefichait de ce travail lui permettant seulement d'occuper son esprit, de ne pas le faire tomber dans les abysses. Les neurones stimulés par la poudre blanche. Il n'en était pas loin. Magnus l'avait prévenu « Très cher frère. Si tu ne te ressaisis pas tout de suite, nous serons deux à tomber...» Facile. Aisé. 'Egoïste. Frère au quotient déficient. ' ! Il s'adressa une claque mentale. Aucune pensée parasite. Aucune... 

    « Leopold ? Il restait un dossier sur le bureau des admissions tout à l'heure, tu l'as pris ? » Le sourcil relevé de façon presque dédaigneuse, il se dit qu'il ne l'avait pas vu venir celui là. Comment s'appelait t-il déjà ? 'Stevenson. Romuald.' Non. Non ce n'était pas ça. L'orage tonnait de plus belle, faisait choir sa colère céleste, des gouttes d'eau s'écrasant, sans pitié. 'Non il s'est dissipé comme par magie, crétin congénital.' « ...alors tâche de faire profil bas, cher frère. »

    « Vous êtes tellement obnubilé par votre femme Stevenson que vous en oubliez de faire attention à un travail qui vous a fait la perdre depuis longtemps. » La voix de baryton avait passé la barrière des lèvres de son propriétaire. Une demie seconde, il lui aurait fallu une demie seconde de plus pour réfléchir, ne pas l'ouvrir. Mais cela avait été plus fort. Tant d'années d'enfermement et d'isolement lui avait ôté les dernières traces de codes sociaux subsistant en lui. La drogue avait fait le reste. Cela ne l'empêcha cependant pas de se pincer l'arrête du nez à l'entente de ses propos. Analyse. Analyse. Conrad ouvrait la bouche et la fermait tel un poisson cherchant de l'oxygène. Sa langue passa brièvement sur ses lèvres avant qu'il ne baisse le regard tandis que Leopold rassemblait ses deux mains afin de les plaquer l'une contre l'autre et de les ramener devant son visage assombri. Analyse. Le vert des iris de Leopold était devenu acier. Froid et indéchiffrable. Visiblement, s'il en faisait appel à ses souvenirs d'humain, les propos avaient blessé son 'confrère' et 'ami'.

    « Je. ('cher frère...' -il rejeta la voix de Magnus d'un mouvement vif de la tête-) suis...désolé, euh.. (Ryan ?) Stevenson. » Merde. Il l'avait appelé par son prénom et lui non. Décidemment il était sur le déclin. Allait-il seulement le remarquer, lui qui ne réalisait même pas la disparition de ses propres dossiers, tout affairé au fiasco total de sa propre vie ? Leopold se racla la gorge, ses longs doigts s'agitant devant sa bouche dans un tic nerveux. Il ne pouvait pas dire que la sienne était tout aussi plaisante. Devoir composer avec l'impossible ou ne pas blesser des gens sensés être ses amis ? Il n'aurait su déterminer la partie la plus complexe de cette nouvelle vie. Oui, de façon irréversible cela allait l'achever. Il n'était pas question des plaisirs violents qui ont des fins violentes. Il était question d'une lente et sourde agonie. « Il est question d'aller en enfer et d'y revenir. »

    Cette fois ci, ce n'était pas la voix de son frère qui avait résonné dans sa tête. Mais la sienne. Distincte. Froide. Glaciale.

________________

the universe is rarelly so lazy.
la route chante, quand je m'en vais. je fais trois pas, la route se tait.
la route est noire, à perte de vue. je fais trois pas, la route n'est plus.
sur la marée haute, je suis montée. la tête est pleine, mais le cœur n'est pas assez.
mains de dentelle, figure de bois. le corps en brique, les yeux qui piquent.
Revenir en haut Aller en bas

Jonas Stevenson
CONRAD STEVENSON

avatar

CRÉDITS : lux

INSCRIT LE : 12/11/2017
MESSAGES POSTÉS : 74


LOOK IN THE MIRROR
RELATIONS:
DISPONIBILITÉ RP: dispo (Elsie / Leopold, TC)

MessageSujet: Re: 'Cause all we've got left is a beat in the night ◇ Leopold   Mar 24 Avr 2018 - 0:03

Depuis quand était-il là exactement ? Il se souvenait de l'homicide par balles, d'un suicide et d'un arrêt cardiaque à confirmer. Il avait également un vague souvenir de documents à signer pour son propre supérieur hiérarchique, des papiers dont on lui avait rappelé l'urgence une bonne dizaine de fois depuis qu'on les lui avait fait passer quelques jours auparavant. Conrad avait beau privilégier les heures de présence à l'hôpital plutôt que celles passées en compagnie de son épouse, il en était là aussi arrivé au point où il ne savait plus où il en était. Chaque mouvement était devenu mécanique, du bras tendu pour attraper le dossier suivant à celui que faisaient ses doigts au contact d'un scalpel et d'une peau à maintenir à sa place. Il avait la chance de ne pas avoir encore fait d'erreur, ou rien dont il ne se soit rendu compte sur le moment. Il lui arrivait ainsi de relire en boucle les mêmes informations, incapable de retenir celles qui lui étaient nécessaires pour mener à bien sa tâche. Il lisait, tournait la tête vers le corps qu'il s'apprêtait à ouvrir, et se rendait compte qu'il avait perdu le fil sans même avoir eu de pensée parasite bien précise. Il n'en avait pas besoin de toute façon pour qu'Ana s’immisce entre lui et ceux dont il devait s'occuper. Elle était dans toutes les lignes, dans tous leurs pores et le moindre courant d'air prêt à s’engouffrer dans la morgue. S'il n'avait pas remarqué l'écho du tonnerre, c'était à cause du murmure de sa voix dans son oreille, un bourdonnement qu'il savait être le seul à entendre mais qui en devenait entêtant. A une époque, elle l'avait accompagné d'une présence invisible et réconfortante - désormais, elle devenait tourment.
- Je -... Pardon ?
L'air vint à lui manquer, renforçant cette impression qu'il avait de suffoquer en permanence. Appuyé au montant de la porte, il eut au moins le privilège de ne pas s'effondrer tant ces quelques mots résonnèrent avec ceux qu'il tentait si bien de refouler. Conrad savait quelle place sa femme pouvait prendre dans sa vie, il n'aurait pas même essayé de s'en défendre si Leopold avait cherché à lui en faire le reprocher. Qu'il pense à elle était normal, un simple constat comme tant d'autres auraient pu en faire, mais c'était la conclusion qui lui coupa le souffle. Son corps imita la raideur très cadavérique de ceux qui se trouvaient autour d'eux, aussi froid et figé qu'eux. Ce n'était pas vrai. Pas un mensonge non plus, mais Conrad ne voulait pas croire que ce qui venait d'être dit puisse être vrai. Oui il avait la tête ailleurs et son travail en pâtissait peut être, mais ce n'était pas lui qui l'avait éloigné d'Ana, tout comme il n'était pas en train de la perdre. Et d'où sortait ce "depuis longtemps" ? Il secoua la tête face aux excuses de Leopold, trop piqué à vif pour relever leur maladresse et leur aspect si impersonnel.
- Je ne vois pas ce que tu veux dire. Tout va très bien avec Ana.
Il sentit le mensonge le brûler de l'intérieur, de là où il était né jusqu'à l'impact qu'il eut le malheur de produire en lui en étant énoncé. Jusqu'à présent, il avait plus ou moins réussi à s'en convaincre mais, dit à haute voix, il savait que ce n'était pas le cas. Tout n'allait pas très bien avec Ana. Tout n'allait pas avec Ana. Les choses allaient même plutôt mal. Voire très mal. Ils n'étaient pas au bout mais Conrad voyait difficilement comment ils pourraient faire pire que l'impasse dans laquelle ils étaient en train de s'enliser. Et puis d'abord, comment est-ce que Leopold pouvait se montrer si catégorique sur la question, et si embarrassé ? L'idée qu'elle lui ait parlé dans son dos jaillit d'elle même et Conrad se sentit une nouvelle fois trahi par celle qu'il avait pourtant cru connaître.
- Est-ce que... Est-ce qu'elle t'a dit quelque chose ?
C'est alors que Conrad prit conscience du tonnerre autour d'eux et des hurlements du vent. Il leva les yeux vers le plafond, comme s'il découvrait la chose et avait du mal à la comprendre.

________________

Here I am not quite dying ; My body left to rot in a hollow tree ; Its branches throwing shadows on the gallows for me ; And the next day and the next and another day   (The Next Day ◇ Bowie)
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: 'Cause all we've got left is a beat in the night ◇ Leopold   

Revenir en haut Aller en bas
 
'Cause all we've got left is a beat in the night ◇ Leopold
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
BROKEN MIRROR :: REALITY #2 (REFLEXION) :: NEW TOWN :: St Jane's Hospital-
Sauter vers: