sometimes we encounter something like magic.


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 sometimes we encounter something like magic.

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Heathcliff Walsingham

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MessageSujet: sometimes we encounter something like magic.   Mer 28 Fév 2018 - 15:43

Si une chose n’avait pas changé en ce monde, c’était bien son instinct de flic. Heath avait peut-être perdu tous ses repères mais certaines choses demeuraient immuables, comme ce sentiment aigu qui perçait ses entrailles lorsqu’il avait la sensation d’errer dans le noir et pourtant d’être proche du but. Un but bien nébuleux, cependant, car depuis qu’il était arrivé dans cette étrange ville où tout semblait être le miroir déformé de ce qu’il avait connu, rien n’indiquait à Heath qu’il allait pouvoir s’échapper ou qu’il existait un quelconque moyen de s’échapper de ce mauvais rêve devenu une réalité contre laquelle il tentait de se battre tous les jours. Parfois, il se réveillait et espérait que tout serait redevenu comme avant. Qu'il serait dans la Mount Oak qu'il avait toujours connue, une Mount Oak où sa propre sœur ne serait pas une étrangère et où il serait un policier, pas un journaliste sans le sou qui avait visiblement une notion du confort bien moins élevée que la sienne. Mais ce jour n’arrivait jamais. Il était prisonnier de cette dystopie invivable et il n’avait aucune piste, aucune échappatoire. Ou presque. C’était Harlow – enfin, cette Harlow, cette sœur d’un autre monde – qui lui avait donné une lueur d’espoir sans vraiment le savoir. C’était un message, innocent, inconscient, qui avait réveillé en Heath cette prémonition. J’ai lu les lettres. Les lettres de qui ? Et surtout à qui ? Ces questions, il avait tenté de les poser maladroitement, conscient que si Harlow lui en parlait, c’est qu’il – il, lui, l’autre, tous les noms qu’il donnait à ce Heathcliff Walsingham bis – devait être au courant. Et à nouveau, un pan de la vie de son double s’était dévoilé à lui. Des lettres, par dizaine, oubliées (ou cachées) dans le garage de ses parents, toutes adressées à une même personne et jamais envoyées. Son jumeau inversé n’avait visiblement pas eu le courage d’aller jusqu’au bout de sa démarche. Heath les avait toutes récupérées, sans exception et s’était installé dans son appartement. Qu’espérait-il trouver entre ces lignes ? Pourquoi avait-il l’impression que la réponse se trouvait là, derrière l’encre jetée furieusement sur le papier ? Dans ce monde dévoré de technologie, tenir ces frêles morceaux de papier entre les mains semblait incongru et lorsqu’il avait ouvert la première pour y découvrir le lien qui l’unissait – plus ou moins – à cette mystérieuse Sansa, un étrange sentiment l’avait saisi, comme s’il se dédoublait encore une fois. Rien de tout ça ne lui ressemblait et pourtant, il s’était plongé corps et âme dans les mots désespérés de l’autre Heath à celle qu’il aimait. Un amour adolescent, d’après les dates à demi-effacées par les années, mais enflammé, passionnel, tourmenté. Un amour qui passait de la félicité à l’abime, de la vénération à la détestation. Que s’était-il passé pour que les sentiments de ce garçon qu’il imaginait sans mal fassent un tel virage ?
C’était ce qu’il comptait découvrir alors qu’il s’extirpait du tacot de son double après s’être garé sur le parking de l’hôpital psychiatrique de Mount Oak. L’endroit ressemblait plus à une villa moderne qu’autre chose, planté au milieu d’un parc apaisant. Des infirmiers clonés vaquaient à leurs occupations et Heath dut réprimer sa réticence pour s’adresser à l’un d’entre eux qui lui indiqua la direction de l’accueil. Au fur et à mesure qu’il pénétrait dans cet univers irréel et flottant, il restait concentré sur son objectif : trouver Sansa, qui selon les informations soufflées par Harlow et ses recherches se trouvait quelque part dans l’une de ces chambres. Heath ne savait pas quoi attendre de cette rencontre. Comment rencontrait-on une personne qu’on a aimée pour la première fois ? Les sentiments de son double s’étaient-ils inscrits en lui ? Sansa allait-elle seulement vouloir le rencontrer ? Le cœur dans l’estomac, Heath s’approcha du comptoir où trois clones vêtus de façon identique mais différenciables par leurs cheveux vivement colorés recevaient les visiteurs. L’une d’elle, à la longue chevelure d’un bleu iridescent, leva son regard pâle sur sa mine défaite et lui sourit avec chaleur – autant que c’était possible lorsqu’on était fait de minuscules circuits électroniques et de chair artificielle. « Bonjour. Puis-je vous aider, monsieur ? » La voix était douce et policée mais elle fit frissonner Heath qui se racla la gorge. « Heathcliff Walsingham. Je viens voir Sansa O’Faolain. » La clone se pencha sur son registre et pendant quelques secondes, Heath songea au fait qu’il n’apparaissait certainement pas sur la liste des visiteurs autorisés et qu’une alerte allait certainement être déclenchée. Il avait encore son ancien badge de la police de Mont Oak, mais le petit objet de métal aurait-il le même poids ici-bas ? La mâchoire contractée et le regard sombre, Heath s’apprêtait à le tirer de sa poche quand la clone releva ses yeux clairs vers lui et lui sourit. « Chambre 137, M. Walsingham. Pourriez-vous procéder à votre enregistrement, s’il vous plaît ? Placez votre pouce sur la tablette. » Elle lui tendit un objet rectangulaire qui ressemblait à ce que dans son monde, on aurait appelé un iPad, au milieu duquel était dessiné une empreinte digitale. Heath se renfrogna. Pas besoin de liste de visiteurs quand un tel système était mis en place… Bon gré mal gré, il plaça son pouce sur l’écran pendant une dizaine de secondes et l’écran se mua en un visage souriant dont le rictus faux fila de nouveau à Heath une chair de poule désagréable. « Tenez. » Il rendit la petite tablette et la clone sourit. « Bonne visite. » souffla-t-elle discrètement. Heath lui tourna le dos et avisa un plan de la maison de repos. La chambre 137 se trouvait au premier étage, côté jardin et plutôt que de prendre l’ascenseur, il choisit les escaliers pour se donner le temps de réfléchir. Qu’allait-il dire à Sansa ? Qu’il était une copie conforme d’un homme qu’elle avait connu il y a des années de ça ? C’était ridicule, il en avait parfaitement conscience. Mais jouer la comédie l’était tout autant. Il avait beau avoir lu les lettres, s’être imprégné d’elles, il avait l’impression d’être un imposteur et il arriva devant la porte plus perdu que jamais. Mais hors de question qu’il abandonne. Il était venu jusqu’ici pour obtenir des réponses. Sansa était sa seule lueur d’espoir dans ce monde de fous et il ne pouvait pas se résigner à la laisser s’échapper. Prenant son courage à deux mains, il toqua à la porte et un faible « entrez » lui répondit. Le cœur battant comme un bleu, il pénétra doucement dans l’antre interdite. Une petite chambre proprette et aseptisée, où la seule note de couleur était un bouquet de fleurs posé sur une table de chevets. Une jeune femme lui tournait le dos, postée près de la fenêtre. Elle avait la peau diaphane et ses cheveux légèrement remontés dévoilaient une nuque délicate. Le souffle court, Heath referma la porte derrière lui et n’osa plus approcher. Il était là, les bras ballants, pour rencontrer une femme dont un fantôme avait été amoureux. C’était fou. Absolument fou. « Sansa ? » Sa voix était douce et craintive, comme s’il craignait qu’elle ne saute à nouveau.

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A DREAM THAT'S DEAD.
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Cherry Lofland
SANSA O'FAOLAIN

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MessageSujet: Re: sometimes we encounter something like magic.   Mar 6 Mar 2018 - 10:04

Les journées lui paraissaient interminables. Il y avait pourtant des activités, proposées tout au long de la journée, mais aucune d’elles n’inspirait Sansa à sortir de sa chambre. Elle n’avait aucune envie de se mêler à toutes ces femmes internées pour des raisons diverses et qui, tant bien que mal, essayaient de se remettre d’un traumatisme. Sansa en avait rencontré l’une ou l’autre – elle y avait bien été forcée puisqu’on lui refusait le droit de manger dans sa chambre. C’était le seul moment où elle était forcée de côtoyer les autres pensionnaires et, à chaque fois, elle avait eu droit à des questions mais, surtout, des réflexions et des confessions qu’elle n’avait aucune envie d’entendre. Toutes, sans exceptions, avaient été enfermées contre leur gré et, presque toutes, assuraient ne pas être folles. Cela, Sansa n’avait aucun mal à y croire : elle-même ne se considérait pas comme telle. Malheureuse, déchirée, désespérée, vide, isolée, le cœur brisé, ça oui, mais folle ? Non. Elle n’était atteinte d’aucune démence lorsqu’elle avait enjambé la rambarde. Elle était déterminée, esseulée, acculée, mais pas démente. Elle n’avait pourtant eu d’autre choix que d’accepter son sort lorsque les employés de la clinique étaient venus la chercher à la maison. Elle avait beau être majeure, elle n’avait pas eu son mot à dire. Peut-être parce que ses parents avaient payé assez cher (l’internement comme ses frasques, dont tout leur entourage avait sans nul doute entendu parler), peut-être, aussi, qu’elle n’avait pas eu la force de résister. Quand les hommes (des infirmiers, à en juger par leur uniforme blanc) avaient fait irruption dans la propriété des O’Faolain, Sansa avait observé leur approche de sa fenêtre, sachant pertinemment qu’ils venaient pour elle. Elle avait doucement laissé tomber le rideau et s’était tournée quand les pas avaient fait grincer le parquet dans le couloir – son père avait fait ôter la porte de sa chambre, par précaution. Sa mère avait pris son air le plus chagriné et Sansa s’était contentée de la regarder d’un œil hagard, n’arrivant pas à se faire à l’idée que sa mère avait préféré braver les rumeurs en laissant la clinique venir se garer juste devant chez eux, plutôt que de la conduire elle-même au centre psychiatrique. Sansa n’avait pas fait le moindre geste pour leur échapper, parce qu’elle n’en avait pas la force, déjà, mais surtout parce qu’elle n’en avait pas vu l’utilité. Enfermée ici ou ailleurs, qu’est-ce que cela changeait ? Alors elle avait regardé sa mère tendre une valise à l’un des infirmiers tandis que les deux autres approchaient d'elle avec douceur et prudence, comme s’ils craignaient qu’elle se mette soudainement à griffer et mordre s’ils faisaient un geste brusque. Mais elle avait été docile, pour ne pas dire éteinte, et avait descendu les escaliers avec cet air digne qu’on lui avait inculqué dès son plus jeune âge, le regard baissé au moment où elle sortait, consciente de l’attention du voisinage qui était concentrée sur cette scène qui, si elle n’était pas passionnante puisqu’il n’y avait aucun coup d’éclat, avait au moins l’avantage d’être distrayante. Elle alimenterait sûrement les conversations quelques heures, puis elle sombrerait comme tout le reste dans l’oubli, un nouvel événement la supplantant assurément. Au moins sa mère serait-elle soulagée de ne pas l’avoir dans les pattes, songea Sansa, et elle pourrait employer tout son temps à se faire plaindre de ses amies qui, sans aucun doute, ne manqueraient pas de demander ce qui avait bien pu se passer. Sa mère oserait-elle mentionner le cœur effiloché de sa fille ? Ce mystérieux garçon qu’elle avait vu disparaitre avant de voir sa poupée de porcelaine s’effondrer dans ses bras ? Ou inventerait-elle un prétexte plus impressionnant, un qui expliquerait la dernière décennie du silence fantomatique de celle qui aurait dû être sa fierté et qui, au contraire, lui avait fait plus souvent honte qu’autre chose.
Dissimulée au regard de ce monde trop curieux et trop prompt à juger – comme elle l’avait fait elle-même si longtemps – Sansa pouvait désormais errer dans ses propres pensées. Elle n’avait plus l’énergie à rien et regardait le plus souvent les clones évoluer autour d’elle sans leur prêter plus qu’un vague coup d’œil. Elle répondait à peine à leurs questions et obéissait aux ordres – absorber les médicaments, enfiler une tenue propre, rejoindre la longue pièce où les pensionnaires étaient rassemblées aux heures du repas, avaler les plats qu’on lui servait. Parfois, elle sortait s’asseoir sur un banc et poursuivait son errance psychologique, ses yeux vides posés sur un rosier ou sur l’herbe qui ondulait sous la brise. Mais la plupart du temps, elle restait cloitrée dans sa chambre. Elle dormait énormément parce que cela faisait passer le temps, mais elle pouvait difficilement somnoler toute la journée et elle allait alors s’asseoir sur le fauteuil près du lit ou sur l’appui de fenêtre, tournant les pages d’un livre sans en comprendre un traitre mot, ou feuilletant un magazine pour fixer les mannequins dont les parures la faisaient autrefois tant rêver et qui ne lui inspiraient plus rien, pas la moindre émotion, pas le moindre intérêt. Et puis il y avait des fois où même cela lui semblait trop dur et elle se contentait d’observer le jardin qui s’étalait au pied de la fenêtre de sa chambre, comme une statue de marbre qu’on aurait placée là pour donner l’illusion que l’endroit était habité quand, en réalité, aucune vie ne hantait ce corps. C’était ce qu’elle faisait alors qu’un garçon qui ressemblait trait pour trait à l’amour de sa vie pénétrait l’enceinte puis l’infrastructure, qu’il s’enregistrait à l’accueil et prenait les escaliers pour rejoindre l’étage où elle était censée reposer son âme et reprendre goût à la vie (et qu’elle ne faisait ni l’un ni l’autre).
On frappa à la porte et, par automatisme, Sansa répondit d’une voix faible, distraite, comme si lâcher le mot ne requérait pas vraiment que son cerveau fonctionne. Elle avait peu de visite – seuls ses parents venaient quotidiennement – mais les clones allaient et venaient, soit pour arranger son lit, soit pour lui proposer un thé, soit pour vérifier qu’elle ne s’était pas mise en tête d’attenter à nouveau à sa vie. Ils avaient fait disparaitre tous les objets susceptibles de servir à ce projet insensé et les lames s’étaient volatilisées (ce qui avait fait sourire Sansa qui, jamais, n’aurait pu imaginer se lacérer la peau d’une quelconque façon). Mêmes les ustensiles les plus anodins et inoffensifs avaient disparu et Sansa en était venue, parfois mais rarement, à se demander ce qu’elles auraient pu faire de ceux-ci. Mais ils devaient savoir, avec la force de l’habitude, que les gens qui renonçaient à la vie pouvaient faire montre d’une imagination débridée dès qu’il était question d’atteindre un objectif aussi fatal. Le silence du visiteur impromptu ne l’alarma pas et elle ne chercha pas à identifier celui-ci, persuadée que c’était sûrement un employé qui passait la tête pour voir si tout allait bien – une ironie qu’elle ne manquait pas de percevoir – et s’en irait dès qu’il voyait qu’elle se tenait debout, bien droite, dans une robe sobre, près de la fenêtre. Mais quand la voix familière finit par percer l’air, c’est un vent glacial qui fouetta Sansa. Son esprit emmuré trembla et son regard absent et s’écarquilla légèrement.
Sa mémoire lui jouait-elle un tour en accolant cette voix à une autre ? Son esprit tourmenté ne voudrait-il donc jamais la laisser en paix ? Mais Sansa devait s’en assurer et elle se tourna lentement pour découvrir qu’il s’agissait bien d’Heath et, invariablement, leur dernier échange refit surface. Les mots qu’ils avaient laissé échapper, les confidences extorquées, les larmes qui avaient fondu sur ses joues. Sansa n’avait pas espéré le revoir après ces adieux éloquents. Mais elle se sentit stupide de croire qu’elle échapperait à un face-à-face. C’aurait été le cas si elle avait réussi à sauter, si elle ne faisait plus partie de ce monde mais, évidemment, avec cet acte manqué, il était forcé qu’Heath resurgisse du néant. Il avait sûrement dû entendre la nouvelle et, d’une façon ou d’une autre, se sentir responsable de sa tentative de suicide, même si leurs retrouvailles remontaient à des mois.
- Qu’est-ce que tu fais là ? souffla-t-elle en le dévisageant d’un air hébété. Tu n’es pour rien dans mon geste. Si c’est la culpabilité qui t’amène, tu peux t’en défaire.
Ce qui n’était qu’un demi-mensonge. Il n’y était pour rien et il y était pour tout. Mais il n’avait rien fait de mal, il ne lui avait pas enfoncé la tête sous l’eau, il ne l’avait pas accablée de regrets. Ça, elle s’en était chargée toute seule. Elle ne voulait toutefois pas de sa pitié, elle ne la supporterait pas et elle se détourna presque aussitôt parce que regarder son ancien petit ami lui écorchait le cœur et l’âme et qu’elle avait l’impression de tomber dans un abime si elle se perdait dans les yeux sombres d’Heathcliff Walsingham.

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You call me up again just to break me like a promise, so casually cruel in the name of being honest. I'm a crumpled up piece of paper lying here 'cause I remember it all too well.

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