nothing can sober me up it's all that I need.


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Wes Byrnes

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MessageSujet: nothing can sober me up it's all that I need.   Ven 23 Fév 2018 - 20:58



felix & wes.
Take me away I wear my heart on my sleeve
always let love take the lead I may be a little naive, yeah.


- - - - - - - - - - - - - -

La nuit dehors était claire, silencieuse – en plein éveil - et le blizzard du dehors était enfin reparti, laissant derrière lui de légers flocons qui recouvraient le toit des bâtisses et les trottoirs d’une fine poudreuse. Un paysage d’une rare accalmie, qui serait bientôt perturbé par les enfants émerveillés par la neige, et les passants pressés d’aller travailler. Wes cueilli par le sommeil après ces longues semaines d’insomnie, bougea sous ses couvertures en grommelant un charabia sans queue ni tête. Une odeur de café chatouilla ses narines, et il se redressa mollement sur les coudes pour regarder l’heure. Trop tard pour aller à la fac, mais suffisamment tôt pour  s’esquiver ailleurs, faire ce qu’il avait tant repoussé jusqu’ici. Pas par manque d’envie (au contraire) mais par peur. Sauf qu’en quelques jours il s’était passé beaucoup de choses dans sa vie, assez pour qu’il décida de ne plus se mettre de barrières. À l’intérieur de son corps, la machinerie hors circuit s’était remise d’aplomb et recommençait doucement à bouger. Les pulsations au début faibles et espacées, presque imperceptibles, avaient repris leur rythme habituel en accélérant petit à petit.  Ça avait commencé l’avant-veille, mais il n’avait pas relevé immédiatement.  Des flashs colorés dans le noir, des éclats furtifs sur les parois et les visages, comme si il venait de retrouver la vue. Le garçon s’était réveillé et le monde avec lui, dans toute sa splendeur et toutes ses promesses insoupçonnées. Un sourire se nicha sur ses lèvres sèches qu’il caressa du bout des doigts en repensant à Felix, mais également à Sebastian. Wes et son ancien camarade de classe  – dans cette même pièce d’ailleurs - avaient longuement parlé le soir du nouvel an, de tout, de rien, de ces souvenirs en commun au lycée et puis de ces non-dits qui n’avaient pu être exprimés auparavant. Et ils avaient couché ensemble. De quoi étouffer définitivement cette grande inconnue qui était restée longtemps en suspens dans un coin de son esprit. Et si ? Et si plus jeunes ils n’avaient pas été interrompu ? Et si leur histoire avait perduré ? Et si, et si, et si. Les incertitudes avaient été balayées d’un coup de balai. Ils n’étaient plus ces gosses malhabiles bercés par des rêves incertains et un amour hésitant ; c’était triste à admettre mais ils avaient grandi. Ce qui avait pu être évident par le passé, ne l’était plus forcément à présent. Néanmoins le souvenir perdurait, et il le garderait précieusement en mémoire, car c’était vrai ce qu’on disait des premiers amours : ils laissaient une trace indélébile sur leur passage et Wes n’échapperait pas à la règle implicite. Au terme d’un effort considérable – il faisait trop froid pour sortir du lit - il se leva et descendit les marches, en pianotant sur son téléphone un message à l’attention de ce touriste  élancé au sourire moqueur et aux boucles noires en pagaille. Ils ne s’étaient pas revus - mais Wes avait envoyé deux ou trois trucs incompréhensibles - suite à l’épisode de la cabane dans les bois (il en rougissait encore) et ils s’étaient manqués de peu à la soirée du Glow. Un écart que Wes avait mal pris – il l’avait fait venir pour le planter – avant de comprendre que parfois sauter le pas avec quelqu’un n’avait pas nécessairement la même portée pour l’une et pour l’autre des personnes impliquées. Mais déçu, il l’avait été pour tout un tas de raison – principalement parce qu’il avait espéré que cette attirance mutuelle soit plus qu’un simple coup d’un soir. Quoi qu’il en soit, de l’eau était passée sous les ponts, et discuter avec Sebastian lui avait fait prendre conscience de certains trucs, et surtout de ce qu’il voulait réellement. En l’occurrence, il avait vraiment (vraiment vraiment vraiment) envie de revoir Felix, et s’était donc motivé à lui demander s’il était disponible aujourd’hui. Le new yorkais avait répondu instantanément par l’affirmative (avait-il son portable greffé à la main ?) et le rendez-vous fut donc pris. « Tu sors ? » Il faillit sursauter en voyant sa mère attablée à la cuisine, ses cheveux défaits et les yeux rougis. Elle avait l’air fatiguée, mais elle était sortie de sa chambre – un exploit - eu égard à ces mois de dépression ponctués par des crises de larmes. Il s’approcha et effleura sa joue timidement tandis qu’elle lui serrait affectueusement le poignet. « Oui je vais voir … un ami. » Elle ne savait pas pour lui, du moins elle n’avait jamais mentionné quoi que ce soit sur le sujet, contrairement à son père, qui, s’était toujours inquiété de ne pas le voir ramener de filles à la maison. Ou qu’il fut, s’amusait-il de la situation ? Son fils unique gay, le pire de ses cauchemars. « Tu as l’air d’aller mieux, étant donné que… tu sais. » Lâcha-t-elle tout bas sans terminer sa phrase. Ce n’était pas nécessaire il avait compris, et se contenta d’une légère pression sur sa peau froide. « Je sais. Je… Si tu es là ce soir il faudra que je te parle. A tout à l’heure. » Il déposa un baiser sur son front, et quitta la bâtisse, d’un pas pressé pour se diriger vers le centre-ville.

La neige avait quasiment fondu dans une gadoue grise et spongieuse qui collait aux baskets, mais les dernières traces restantes, donnaient aux alentours une ambiance particulière. Il songea à Wanda qui aurait à coup sûr trouvé les mots adéquats pour décrire le blanc manteau de Mount Oak, et accéléra sa cadence. Il frissonna, et fourra ses doigts congelés dans ses poches, tandis qu’il  tournait au coin de la rue. Des gamins le dépassèrent en rigolant tout se jetant de la neige dessus – des éclats arrivèrent sur sa veste ce qui le fit ronchonner - et il arriva enfin sur les lieux, le Bagels & Cookies Café, où il n’avait pas fichu les pieds depuis belle lurette. En réalité il doutait même y être déjà allé, mais le nom était familier, le genre d’adresse incontournable pour les gourmands, où il faisait bon s’arrêter pour prendre une pâtisserie, ou une boisson chaude. Il rentra à l’intérieur, secoua ses cheveux blonds humides, et chercha Felix du regard parmi les différentes tables. Il y avait plus de gens qu’il ne s’était imaginé – à croire que chaque habitant se ruait ici tous les matins – lorsqu’il le repéra sur un fauteuil à côté de la vitre. Au moins, cette fois ci, il ne lui avait pas fait faux bond. Malgré tout, il sentit sa respiration s’accélérer, et il se dirigea vers son rencard (en était-ce seulement un ??), un peu extatique. Comment le saluer ? Devait-il lui serrer la main ? Devait-il l’embrasser ? Trop d’options et aucune ne le satisfaisait entièrement, même si il avouait aisément préférer la seconde juste pour avoir l’occasion de gouter à sa bouche sucrée. Il délaissa ses réflexions (il fallait qu’il apprenne à lâcher prise) et se concentra sur le présent afin de ne pas commettre de bêtise susceptible de faire fuir Felix, nettement plus habile que lui pour ne pas s’embarrasser de telles futilités. Comment un mec comme lui pouvait-il le trouver intéressant ? C’était un mystère. « Heeey. » Il posa ses doigts sur son épaule, qu’il serra avec effusion et se fendit d’un large sourire  heureux -  on pouvait clairement le dire et le voir – ses yeux brillant d’une lueur indéchiffrable. « Mmh tu as du… du chocolat là et là. » Il hésita et se pencha pour effacer du bout de son pouce les traces autour de ses lèvres et sur son menton. Puis, il tira une des chaises vers lui, et retira son manteau ainsi que son écharpe qui dévoila une marque rougie dans le creux de son cou – l’œuvre de Felix, qui n’était pas tout à fait effacée. Un des serveurs passant juste à côté, il en profita pour l’interpeller. « Excusez-moi ? Est-ce que je pourrais avoir du café s’il vous plait ? » Son interlocutrice acquiesça, et s’éloigna chercher de quoi le satisfaire, l’abandonnant seul face à Felix. Il se tendit légèrement sur son siège, et un court silence s’immisça entre eux. Ils avaient commencé leur histoire par la fin,  en privilégiant la découverte de leurs corps à celle de leurs personnalités respectives. Mais les deux n’étaient pas incompatibles, sinon quoi, ils n’auraient sans doute pas pu se perdre  aussi facilement dans les bras l’un de l’autre. En tout cas c’était comme ça que Wes le voyait, il y avait une complicité criante qui ne demandait qu’à être développée. « Alors, quoi de neuf ? J’ai l’impression que tu commences à aimer Mount Oak tout compte fait. » Il se sentit un peu stupide avec sa phrase anodine, toutefois il était un grand débutant dans la matière, et plus timide qu’on ne le pensait lorsqu’on en venait à ce type d’exercice. Sociabiliser n’était pas tout à fait sa tasse de thé, il s’était toujours contenté de suivre son groupe d’amis à des fêtes sans réellement participer. Il n’y avait que Wanda avec qui il était assez à l’aise pour être normal. Et même si Felix l’avait vu nu, Wes avait la sensation d’être plus vulnérable dans ce café qu’à huis clôt en sa compagnie. Pour autant l’appréhension s’éclipsait doucement au profit d’une chaleur rassurante dans son estomac. Il fallait qu’il se mette dans la tête une bonne fois pour toute qu’il n’avait rien à craindre, et tout à gagner. « Oh ! Et j’oubliais, bonne année au fait. » Il ne se perdit pas en souhaits divers et variés, qui accompagnaient généralement les vœux, puisque il ne connaissait pas assez son ami/amant/ ? Tout ce qu’il désirait, c’était qu’il ne mette pas les voiles le lendemain à New York, pas toute suite du moins - le plus tard possible. Wes voulait repartir à zéro, apprendre à le connaitre, savoir ce qu’il aimait faire ou ce qu’il n’aimait pas faire, ce qu’il détestait, l’emmener voir des choses qu’il appréciait à Mount Oak, se promener avec lui sans penser à rien de plus que leurs doigts entremêlés. Plus clairement : il désirait partager un bout de sa vie avec lui.

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- 'caught up in my dreams and forgettin' I've been actin' like armageddon 'cause you held me in your arms just a little too tight, that's what I thought; summer's meant for lovin' and leavin' I was such a fool for believin' that you could change all the ways you've been livin' but you just couldn't stop | @ lana del rey.
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Felix Birdsey

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MessageSujet: Re: nothing can sober me up it's all that I need.   Mar 20 Mar 2018 - 20:36

AJ avait prétexté qu’il ne petit-déjeunait pas pour échapper à sa tante, une fois de plus. Ce qui n’était qu’un demi-mensonge parce qu’il coordonnait en effet si mal ses journées qu’il se levait parfois beaucoup trop tardivement pour qu’on puisse encore appeler cela ‘petit-déjeuner’. D’autres fois, il n’avait pas dormi de la nuit et avait donc l’estomac toujours imbibé d’alcool et, dans ce cas-là, il optait pour un plat bien gras qui le revigorait et lui donnait l’énergie suffisante pour affronter une nouvelle journée malgré la nuit blanche. Ce matin, c’était uniquement le besoin de ne pas se retrouver en tête-à-tête avec la sexagénaire qui l’avait conduit à abandonner son lit anticipativement. Il n’avait pas eu particulièrement faim, toutefois (auquel cas il aurait sûrement subtilisé quelque chose dans les cuisines, après avoir fait les yeux doux à la cuisinière), jusqu’à ce qu’il passe à proximité du Bagels & Brownies Café, d’où émanaient de délicieuses odeurs qui eurent tôt fait d’attirer le New Yorkais. Il avait poussé la porte du petit établissement sans plus de cérémonies et avait compté la monnaie qu’il lui restait de sa dernière soirée – depuis le Nouvel An au GLOW, il avait eu le loisir de s’incruster à une autre fête improvisée – et il constata qu’il n’avait plus grand-chose. Quand il demanda s’il pouvait payer par carte, l’employée lui déclara qu’il fallait un montant minimal pour pouvoir payer par carte et quand AJ lui demanda, avec un sourire goguenard, quel était ce montant, elle le lui lâcha d’un air maussade. Qu’à cela ne tienne, AJ se découvrit une faim de loup et il entreprit de commander un morceau de chacune des douceurs qui lui excitaient les yeux et les papilles. Il lui fallut même deux plateaux pour pouvoir tout porter et ce fut avec un geste grandiloquent qu’il composa son code secret, ne quittant pas la serveuse du regard. Deux cafés fumants et une montagne de viennoiseries furent ainsi transportés du comptoir à la petite table ronde installée près de la fenêtre. Le jeune homme se laissa tomber avec un soupir d’aise dans le petit fauteuil en cuir et il étendit les jambes sur le côté pour consulter les dernières mises à jour sur les réseaux sociaux tout en sirotant son café et en mordant distraitement dans un croissant moelleux à souhait.
Son pouce faisait défiler le profil de Wes Byrnes quand, comme par enchantement, ce dernier lui envoya un message. Un sourire en coin étira les lèvres de Felix qui tapota l’écran pour ouvrir le texto du jeune homme. Était-il disponible aujourd’hui ? Son amant de l’autre soir n’avait-il pas saisi à quel point il était désœuvré ? A quel point son agenda était tristement vide depuis qu’il avait été exilé à Mount Oak ? Sans se soucier d’avoir l’air trop prompt à répondre par l’affirmative, Felix pianota rapidement une confirmation et précisa même sa localisation actuelle, au cas où Wes voudrait l’y rejoindre immédiatement, puis il reprit ses visites superficielles, ne se privant pas d’envier ses amis restés à New York et dont la vie ne semblait pas avoir été le moins du monde perturbée par sa soudaine mise au vert. Felix feignit d’aimer l’un ou l’autre post et écrivit un e-mail plaintif à Blake, sa meilleure amie, qui ne se gênait pas pour lui envoyer des selfies monstrueux de soirées VIP auxquelles elle s’était incrustée, avec son visage de fouine et ses seins refaits (son carton d’invitation le plus sûr, comme le lui rappelait Felix avec une pointe de méchanceté, quand elle l’agaçait un peu trop). La porte émit un léger tintement à l’entrée d’un nouveau client mais Felix ne leva pas le nez, les yeux toujours vissés à son portable, et il fallut que la voix de Wes s’élève pour le sortir de sa contemplation absente.
Pendant quelques secondes, encore préoccupé par ce qu’il manquait, Felix fixa Wes comme s’il ne le reconnaissait pas, l’air absent, puis le sourire qui éclaira le visage du nouvel arrivant l’extirpa de sa torpeur et, tout naturellement, il lui rendit son sourire, éteignant son portable pour le ranger dans la poche de sa veste. Le New Yorkais fit mine de se redresser légèrement mais le geste de Wes, qu’il jugea d’une étrange intimité, l’arrêta et il haussa les sourcils, marquant une légère surprise. Machinalement, Felix se frotta la bouche, comme s’il y avait un risque qu’il y reste une miette ou l’autre, et lança :
- J’y peux rien. Dès qu’on me fourre un pain au chocolat* dans la main, je retourne à l’âge où ingrat où tu ne sais pas manger une seule bouchée sans en foutre partout.
Il émit un rire d’autodérision et désigna le plateau à moitié entamé :
- J’ai eu les yeux plus gros que le ventre donc sers-toi autant que tu veux. Leurs croissants sont délicieux, d’ailleurs. Presque aussi bons qu’en France.
Et il s’y connaissait, en la matière, la nounou qui l’avait gardé jusqu’à ses treize ans était Française et il ne se passait pas un week-end sans qu’AJ ait droit à un petit-déjeuner royal. Aussi, quand il prétendait à sa tante qu’il ne mangeait pas le matin, c’était faux : il avait adoré cela pendant de longues années, jusqu’à ce que sa nounou soit affectée ailleurs parce qu’on le considérait trop grand pour avoir besoin d’être surveillé. Erreur fatale que son père n’avait réalisée que trop tard et premier gros chagrin pour le fils unique délaissé qui n’avait plus jamais trouvé quelqu’un qui prenne aussi innocemment soin de lui.
Felix attrapa son gobelet et se laissa aller contre le dossier de son fauteuil, soufflant distraitement sur le liquide qui n’était déjà plus très chaud, tout en observant son nouvel ami qui s’installait et s’adressait à une serveuse. Invariablement, le regard espiègle de l’exilé s’arrêta sur les marques rougeâtres qui zébraient le cou du jeune homme et, instantanément, le souvenir de la soirée à la cabane lui revint en mémoire – comme s’il avait seulement besoin qu’on le lui rappelle. Felix noya son sourire dans sa tasse et laissa le silence s’installer. C’était plus fort que lui, il fallait toujours qu’il ouvre la place à un léger malaise, juste pour tester ses interlocuteurs, pour voir ce qu’ils avaient derrière la tête, peut-être. Qu’avait Wes derrière la tête, par exemple ? Fallait-il qu’il ait quelque chose à l’esprit, une manœuvre quelconque ? Evidemment, songeait Felix qui connaissait parfaitement la nature humaine et qui n’avait jamais vu quelqu’un se comporter sans arrière-pensées, du moins à New York où chaque geste, chaque acte avait un but bien précis. Finalement, Wes reprit la parole et Felix émit un petit rire, secouant brièvement la tête :
- Ah ouais ? Qu’est-ce qui te fait dire ça, au juste ? Parce que je m’empiffre de viennoiseries ?
En vérité, il n’aimait toujours pas Mount Oak, qu’il trouvait d’un ennui mortel comparé à sa ville natale. Mais plutôt crever que d’avoir l’air désemparé, ce serait faire trop d’honneur à son paternel. Et puis, il devait bien l’avouer, il s’était toujours adapté à ce qu’on décidait pour lui, cet exil ne ferait pas exception. Son désarroi, il l’avait noyé dans des sorties improvisées, dans des soirées alcoolisées, dans des bras inconnus comme celui du garçon qui lui faisait face.
- J’arrive pas à croire que ma mère ait vécu ici, sérieux.
Felix jeta un coup d’œil dehors comme s’il s’attendait à voir sa mère traverser la rue, puis il reposa un regard narquois sur Wes, et ajouta d’une voix ronronnante :
- Mais bon, on va pas se mentir, tout n’est pas à jeter, dans ce patelin.
C’était ce que Wes obtiendrait de plus proche d’un compliment venant d’un énergumène comme Felix, sans doute. Et quand Wes lui souhaita une bonne année, Felix leva son verre à moitié consommé en guise de réponse. Il se pencha ensuite et attrapa un autre pain au chocolat en demandant nonchalamment :
- En parlant de nouvelle année, tiens, t’étais où l’autre soir ? Je croyais que tu devais me rejoindre ?
Il mordit avidement dans la pâte sucrée et haussa les sourcils en fixant Wes. Il ne lui en voulait pas le moins du monde de l’avoir esquivé ou de lui avoir posé un lapin – il aurait, après tout, été le dernier à pouvoir reprocher une telle chose alors qu’il lui arrivait très souvent de le faire aux autres – mais restait curieux de ce qui avait bien pu pousser Wes à l’oublier. Ça, il y était moins habitué, à ce qu’il passe à la trappe, même si c’était souvent plus par intérêt que les gens le côtoyaient que parce qu’ils l’appréciaient. Là aussi, Felix avait parfaitement conscience d’être un jouet pour certain, un moyen d’entrer dans des palaces pour d’autres. Ce n’était pas grave, il ne se privait pas de le faire à son tour quand le jeu en valait la chandelle.
- Je me suis retrouvé à draguer un vieux qui n’a rien compris à ce que je lui voulais. Je ne te dis pas ma tête quand j’ai réalisé que je pouvais lui sortir le grand jeu et que je n’avais aucune chance. Je veux bien que c’était une soirée ouverte mais bon, ça reste un bar gay, il n’avait pas vraiment besoin de beaucoup d’imagination.
Felix haussa cependant les épaules comme si c’était la chose la plus naturelle du monde à évoquer avec un gars avec qui il avait couché moins de deux semaines plus tôt. Si Wes lui avouait toutefois être parti avec un autre, il n’en ferait pas non plus un plat. À New York, c’était comme cela qu’il vivait ses relations : dans la superficialité, sans le moindre attachement et encore moins avec la moindre attente. Comment aurait-il pu se douter que, en face, ça n’était pas du tout le même état d’esprit ?

*en français

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yeah, sure. whatever.
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Wes Byrnes

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MessageSujet: Re: nothing can sober me up it's all that I need.   Jeu 22 Mar 2018 - 18:14

A l’instant où il avait franchi la porte du salon de café, sa confiance qu’il croyait jusque-là inébranlable (vaste supercherie que voilà), était restée de l’autre côté, remplacée par sa tendre et chère amie : la peur. Un sentiment que Wes connaissait très bien et dont il avait expérimenté presque tous les aspects depuis qu’il était venu au monde. Ça avait commencé par la peur des insectes quand il était môme, celle de la maitresse lorsqu’il avait pris des années supplémentaires, puis celle de son corps trop maigre en grandissant, pour finir étrangement par ce rendez-vous, qu’il avait pourtant réclamé. Pourquoi la peur était-elle donc revenue s’agripper à ses épaules pour le ramener dans ses vieux travers ? Qu’est ce qu’il y avait de suffisamment effrayant à l’idée de rejoindre un garçon qu’il appréciait, et de surcroit, avec qui il avait couché moins de deux semaines auparavant ? Impossible à dire avec exactitude, mais les montages de son esprit commençaient sérieusement à lui échapper. Peut-être était-ce le caractère intime de cette entreprise qui le perturbait. Coucher avec quelqu’un était une chose, mais discuter avec ? Pour un gamin aussi bavard que lui, ça pouvait s’avérer être un vrai cauchemar. Parce que cette nuit-là dans la cabane, les mots s’étaient vite étouffés au profit d’un rapprochement physique et de gémissement moins audibles. Et il s’en était d’ailleurs – agréablement - contenté, mué par l’envie du moment, seulement voilà, maintenant qu’il s’était piqué de la volonté d’apprendre à découvrir Felix, il fallait remonter le fil d’Ariane dans l’autre sens. Or à ses yeux, cela représentait un challenge conséquent, qu’il comptait cependant relever – ou du moins essayer de relever. Mais le garçon ne lui facilitait pas vraiment la tâche, ce qui expliquait certainement la seconde source de crainte chez Wes. En effet, il y avait eu entre temps, la fameuse soirée du Glow, où tout était allé de mal en pis. Aller là-bas n’était pas une idée de son cru, mais une réponse à l’invitation de … Felix justement, qu’il n’avait finalement jamais retrouvé sur place. Y était-il seulement allé ? La question avait effleuré ses lèvres à  maintes reprises pour finir dans l’oubli de l’incertitude. Et c’est à partir de là que tout avait doucement mais surement dégénéré. Il avait (re)vu Sebastian, échangé des propos maladroits ensemble, et était reparti boudeur (en colère) chez lui, bien déterminé à ne plus remettre les pieds dehors avant longtemps. Sauf que le mec là-haut qui chapeautait tout ça, en avait décidé autrement, et avait fait en sorte que leurs chemins se croisent une seconde fois cette nuit-là. Moins compliquée celle-ci, mais avec conclusion douloureuse, qu’il commençait tout juste à écarter de ses songes.  

Wes devait donc jongler avec tout ça dans le crane, quand il s’avança à la table, où se tenait Felix. Énième problème qui se matérialisa devant ses yeux : comment se comporter ? Quelle était la marche à suivre quand on revoyait son coup d’un soir ? Pourquoi diable n’y avait-il pas une notice quelconque ? Absolument aucune phrase d’approche ne semblait être idéale, et il se fit la drôle d’impression d’être complètement stupide lorsqu’il le salua, en retirant des miettes sur son visage. Trop familier à coup sûr, mais le mal était fait. Un peu chancelant sur ses grande guibolles – on aurait dit qu’il avait envie d’aller aux toilettes – il se réfugia dans un fauteuil en pestant intérieurement devant sa gaucherie habituelle. Une serveuse passa et il en profita pour quémander un café, avant de scruter Felix, perdu dans ses pâtisseries. « J’y peux rien. Dès qu’on me fourre un pain au chocolat* dans la main, je retourne à l’âge où ingrat où tu ne sais pas manger une seule bouchée sans en foutre partout. » Un quoi ? Était-ce une référence à leurs ébats ? Avait-il correctement compris ? Il tiqua longuement sur l’expression, qui n’était clairement pas américaine, sans en trouver la signification et abdiqua. Mais comme il ne voulait pas paraitre plus idiot qu’il ne l’était déjà – à nouveau, comment est-ce qu’un mec tel que Felix pouvait s’intéresser à lui -, il secoua la tête d’un air faussement compréhensif, en rigolant légèrement. « Ah oui !! » Oui rien du tout en réalité, toutefois il espéra que son camarade ne le remarqua pas, ou, le cas échéant qu’il ne lui en tienne pas rigueur. « J’ai eu les yeux plus gros que le ventre donc sers-toi autant que tu veux. Leurs croissants sont délicieux, d’ailleurs. Presque aussi bons qu’en France. » Il jeta un coup d’œil au plateau où une pile de friandises sucrées formaient une pyramide branlante qui lui mettaient l’eau à la bouche. Il n’hésita pas trop longtemps pour se servir, et jeta son dévolu sur une brioche au sucre, qui avait l’air appétissante. D’ordinaire il ne mangeait presque pas le matin, et se contentait d’un café avant de filer à la fac, mais aujourd’hui son estomac était ravi de recevoir de quoi taire son appétit. « Merci. Et attends tu es déjà allé en France ? » S’exclama-t-il avec un peu trop d’empressement, néanmoins curieux d’en entendre plus à ce sujet. De son côté il n’avait voyagé qu’une seule et unique fois mais s’était borné aux USA, ce n’était pas faute de vouloir s’évader pour découvrir tout un tas de pays. Hélas pour ça il fallait de l’argent, et les Byrnes ne roulant pas sur l’or, ce n’était pas demain qu’il prendrait son baluchon pour entreprendre un tour du monde. Felix était donc chanceux, et ces petits détails qu’il grappillait au compte goute le confortaient davantage dans l’inclinaison naturelle qu’il éprouvait à son égard. Le silence – tout était relatif, autour d’eux il y avait pas mal de capharnaüm - les rattrapa soudainement comme pour leur rappeler qu’ils étaient étrangers au niveau de tout ce qui ne touchait pas au sexe. Devait-il comprendre par l’absence de repartie ou d’enchainement de la part de Felix, que ce n’était pas la peine d’insister ? À quel stade fallait-il considérer que l’attirance était à sens unique ? Incapable de prolonger ce supplice, et désireux de bien faire, Wes brisa le calme d’une banalité insipide. « Ah ouais ? Qu’est-ce qui te fait dire ça, au juste ? Parce que je m’empiffre de viennoiseries ? » Raté. Il ferait mieux à la prochaine s’il arrivait à mettre son cerveau sur pause, et lâcher prise deux secondes. Mais c’était plus fort que lui, il était né comme ça : stressé et trop porté sur des réflexions futiles lorsqu’il fallait tout bonnement se laisser aller et profiter. « J’arrive pas à croire que ma mère ait vécu ici, sérieux. Mais bon, on va pas se mentir, tout n’est pas à jeter, dans ce patelin. » Il se fendit d’un sourire amusé – les joues nimbées d’un joli rouge -, et se cacha dans la dégustation de sa brioche, avant de scruter l’extérieur à son tour. Mount Oak n’était clairement pas l’endroit auquel on pensait instantanément lorsqu’on songeait à une destination de voyage… Il y avait certes pire, mais également beaucoup mieux de ce qu’il pouvait affirmer de sa maigre expérience. Mais il y avait un certain charme, surement perceptible des natifs ou des amoureux de la région ; un charme qui lui avait sauté à l’œil peu de temps après son retour après avoir longtemps critiqué la bourgade plus jeune. Ca ne le privait pas de vouloir éventuellement s’expatrier ailleurs,désireux de se fondre dans une masse plus dense, où on ne le jugerait pas comme il pouvait l’être ici. C’était surtout ça le souci de MO : chacun radotait sur son voisin, et chacun de vos faits et gestes étaient minutieusement observés. « Ce n’est pas si terrible que ça, une fois que tu as compris que tu étais qu’un minuscule point sur la carte. Y’a des bons côtés quand même. L’été c’est sympa, la ville est différente, c’est pas comme là… Tout le monde te dira que c’est dur de quitter Mount Oak une fois que t’y habites. Moi j’ai déjà essayé de partir tu vois, et finalement je suis revenu. Plus tard, je me dis que j’aimerais bien aller dans une ville plus grande, mais je sais pas si je pourrais m’y habituer. Tu viens d’où toi ? » Osa-t-il demander en prenant une bouchée de sa viennoiserie tout en se remémorant les échanges succincts de leur première rencontre, où Felix avait – si il ne se trompait pas – mentionné qu’il n’était que de passage dans les environs. Tout indiquait dans son allure et attitude, que le touriste était au-dessus d’un bled paumé tel que sa ville natale.

Un bref flottement glissa, et il se pencha vers la table pour soulager un mal de dos latent. « En parlant de nouvelle année, tiens, t’étais où l’autre soir ? Je croyais que tu devais me rejoindre ? » Wes faillit s’étouffer avec les grains de sucre qu’il venait d’avaler, et toisa l’effronté d’un regard inquisiteur, sourcils froncés. Ce fut à ce moment-là que la serveuse s’immisça entre eux pour lui donner sa boisson qu’il daigna à peine toucher, vexé dans son amour propre. Felix faisait-il exprès pour l’embêter, ou était-il maladroit ? Difficile à cerner quand on ne connaissait peu ou rien de son interlocuteur, hormis la façon qu’avait sa bouche de mordiller la peau pour y laisser des marques visibles. Ses lèvres se pincèrent d’une moue capricieuse, tandis que les taches dans son cou brulaient davantage que cinq minutes auparavant. « J’étais là je suis venu, mais je t’ai pas trouvé, et on ne captait pas. » La suite on ne s’en rappelait que trop bien : déception, dispute, et sexe. Mais pas avec lui :  avec un fantôme du passé. Une expérience différente de la leur, ni pire ni meilleure, car elle ne catalysait pas les mêmes besoins. Il but une gorgée de café, et abandonna sa brioche sur le coin de la table. « Je me suis retrouvé à draguer un vieux qui n’a rien compris à ce que je lui voulais. Je ne te dis pas ma tête quand j’ai réalisé que je pouvais lui sortir le grand jeu et que je n’avais aucune chance. Je veux bien que c’était une soirée ouverte mais bon, ça reste un bar gay, il n’avait pas vraiment besoin de beaucoup d’imagination. » L’étonnement, l’indignation, la désillusion, tant d’émotions qui le traversèrent brutalement, tandis qu’il se tassait de tout son poids sur les coussins pour se faire minuscule. Évidemment…. Il avait été très con d’avoir imaginé… quoi exactement ? Que partager une nuit avec une personne était synonyme d’engagement ? Qui plus est un ‘engagement’ qu’il avait lui-même brisé en sortant avec Sebastian ? Oui mais non. Il était étonnement blessé, et eut un pincement au cœur qu’il ne s’expliquait pas – ou qu’il n’avait pas envie d’expliquer. Il se mordit l’intérieur de la joue, soupira involontairement, et chercha quoi dire sans montrer son mécontentement. Or c’était un exercice compliqué pour Wes qui était transparent au possible quand il était contrarié. « Ha oui ? C’est bien. Ça arrive, j’imagine. » Il haussa les épaules sans conviction, qu’est ce qu’il en savait lui ? Mais il était tellement nul – et mal à l’aise -, que c’était le seul truc qui lui était venu à l’esprit pour feindre qu’il se fichait complètement de ce qu’il avait pu faire cette nuit du nouvel an. Oh, bien sur, il aurait pu aborder la partie Sebastian – moi aussi je ne suis pas rentré seul – mais c’était ridicule, et surtout inutile (Felix devait s’en foutre complètement, et c’était normal). Qui plus est, cette parenthèse hors du temps ne regardait que les individus concernés. C’est pourquoi il avait opté pour l’autre alternative, celle de l’indifférence voilée – un échec – et à défaut de le regarder, il se noya dans sa tasse au fumet agréable. En définitive, tout ça était sans doute une mauvaise idée songea-t-il. « Bon je vais… pas trop tarder en fait parce que… » Le reste se perdit dans un gargouillis incompréhensible : même pour ça il était à côté de ses pompes.

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- 'caught up in my dreams and forgettin' I've been actin' like armageddon 'cause you held me in your arms just a little too tight, that's what I thought; summer's meant for lovin' and leavin' I was such a fool for believin' that you could change all the ways you've been livin' but you just couldn't stop | @ lana del rey.
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Felix Birdsey

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MessageSujet: Re: nothing can sober me up it's all that I need.   Mer 25 Avr 2018 - 21:01

A n’en pas douter, son père aurait affiché un rictus méprisant s’il avait dû assister à l’échange. Déjà parce qu’il aurait eu pitié du pauvre garçon qui était tombé dans les filets de son irresponsable de fils – et qu’il ne comprendrait jamais l’attrait que celui-ci pouvait avoir, tant il était inconstant, irrévérencieux, indigne de confiance – mais surtout parce qu’il aurait vu clair dans le jeu qui se jouait entre les deux garçons, là où AJ ne pensait qu’à son bon plaisir, sans se préoccuper des émotions d’autrui. Mais, heureusement pour Felix, son père n’était pas là. Et tant mieux pour Wes, aussi, qui aurait assurément été bien embêté d’assister au combat impitoyable que se livraient les Ashfords, père et fils. Le père usant de toute sa patience légendaire pour ignorer les frasques de son rejeton et le rejeton en question, redoublant d’efforts pour choquer et pour humilier celui qui était à l’origine de son existence. Alors, finalement, être loin de son géniteur, cela plaisait assez à Felix, quand bien même cela signifiait être relégué dans le fin fond de l’Etat de New York, où l’effervescence de sa ville natale ne ressemblait plus qu’à un vague souvenir ou une illusion dans laquelle Felix se serait allègrement bercé avant d’être confronté à la réalité de ce qu’était la vie hors du giron maternel.
Mais il ne voulait pas penser à ses vieux, à ce qui avait provoqué son exil. Il n’était pas vraiment du genre à faire dans l’introspection, ni de se repentir. Il était – peut-être trop – dans l’instant présent et ce dernier était là, dans ce petit établissement, avec Wes Byrnes, dont il se souvenait de chacun des contours, chacun des frémissements de son corps, il était même persuadé de pouvoir recréer la fragrance de son corps en sueur s’il inspirait bien fort. Mais il préféra ne pas le faire. Il était trop tôt pour remettre le désir sur le feu et, de toute manière, s’il espérait véritablement remettre le couvert avec Wes, ça n’était certainement pas en jouant de sa désinvolture naturelle et de son manque de tact légendaire. Perdu dans son petit-déjeuner, il ne remarqua pas l’air dubitatif de son interlocuteur qui n’avait pas compris la référence aux célèbres délices français et il sourit d’un air équivoque quand Wes se pencha pour attraper une brioche et haussa les épaules quand le jeune Mount Oakois lui demanda s’il était déjà allé en France.
- Bien sûr, plein de fois, dit-il comme s’il s’était contenté de prendre le train pour rejoindre la ville voisine. Mais c’est ma… baby-sitter qui m’a tout appris. Elle était Française.
Felix avait opté pour un pieux mensonge au dernier moment. Il n’avait pas envie de dire que c’était carrément une nounou qui l’avait vu grandir et qu’elle le connaissait sûrement bien mieux que ses propres parents, même à l’heure actuelle, alors que cela faisait près de cinq ans qu’il n’avait plus vu sa chère et tendre protectrice. Un vague élan de nostalgie s’invita sur les lèvres de Felix mais il le chassa bien vite. À quoi bon s’éterniser sur le passé ? Surtout qu’elle avait dû voir en lui une responsabilité, un job. Il ne l’avait pas vue partir, les larmes aux yeux car le jour où elle avait quitté définitivement le service des Ashfords, il cuvait – et boudait – dans sa chambre, lui en voulant à mort sa défection. Il n’avait plus jamais eu de nouvelles et avait brûlé les quelques cartes qu’elle avait envoyées à Noël et à son anniversaire, jusqu’à ce qu’elle abandonne pour de bon, comprenant que le gamin froissé ne lui répondrait jamais. Il était extrême dans tout ce qu’il faisait et la trahison n’avait pas été anodine pour le gamin qu’il était, qui se sentait écarté de tout, même de l’amour de ses parents. Voir partir la seule personne qui ait eut l’air de tenir sincèrement à lui avait été une déchirure qu’il n’avait pas voulu gérer et, aujourd’hui, quand il repensait à la jeune femme, c’était avec une certaine amertume. Mais comme il n’était pas du genre à se noyer dans des considérations douloureuses, il la remit au placard, comme tout ce qui le contrariait.
- C’est pas le genre de trucs qu’on dit, peu importe d’où l’on vienne ? demanda Felix, une certaine ironie dans la voix. Même quand tu ne rêves que de te casser pour ailleurs, il y a toujours quelque chose qui te retient en arrière. T’es parti où ? Et pourquoi tu es revenu ?
Était-il trop cynique pour son âge ? Aurait-il dû faire preuve d’un peu plus d’engouement, démontrer un peu de foi en l’avenir ? Et quand Wes lui demanda d’où il venait, Felix haussa les épaules et répliqua, laconiquement, comme si ça n’avait aucune importance alors qu’il se sentait orphelin de sa ville natale :
- New York.
Il enfourna une nouvelle bouchée qu’il rinça d’un gorgée de café et, dès qu’il eut avalé le tout, il se suçota les doigts un à un puis se les essuya dans une serviette qu’il roula en boule et jeta sur la table. Encore un geste que son père aurait considéré d’un œil irrité, à n’en pas douter, mais il pouvait bien aller se faire voir, songea Felix. Il ramena alors la conversation à la soirée où ils s’étaient manqués, sans se douter qu’il allait étaler l’un de ses plus gros défauts sous le nez de Wes. Non pas qu’il s’imagine que l’autre pouvait voir en lui un être parfait et dénué de mauvais côtés mais le temps qu’ils avaient passé ensemble jusque-là n’était pas aux bavardages et à la réelle découverte de l’autre et, pendant une fraction de seconde, Felix se demanda ce qu’il cherchait, quel était son but ultime en voulant le revoir. Le sexe lui avait-il tellement plu qu’il allait en redemander au plus vite ? Tout à sa réflexion, il n’analysa pas le changement d’humeur de son interlocuteur et enchaina de manière complètement irréfléchie sur son coup foireux avec le type du GLOW.
Erreur fatale dont il allait rapidement se rendre compte. Enfin.
- Ah, merde. C’est con, répondit Felix avec un haussement d’épaules qui avait l’air de dire mais bon, c’est la vie.
Le jeune New Yorkais croisa les jambes alors même qu’il lâchait sa dernière remarque et quand il releva les yeux, Wes était définitivement passé dans un autre monde. Wes soupira et Felix, prenant conscience de l’agacement du jeune homme haussa les sourcils. La réponse, à moitié extorquée à une bouche pincée, était vide de la moindre sincérité et Felix contempla le garçon d’un air surpris. Que lui prenait-il donc ? Était-il  jaloux ? L’idée même fit sourire Felix mais cela ne sembla pas amuser Wes qui déclara qu’il n’allait pas tarder.  La stupéfaction envahit pour de bon le visage de l’irresponsable qui écarta les mains, interloqué :
- Quoi ? Mais pourquoi ? Tu voulais pas qu’on se voie ?
Voilà qui l’arrangeait bien, tout à coup, d’interpréter la demande de Wes pour qu’ils se retrouvent quelque part et Felix grimaça en comprenant qu’il avait été présomptueux de croire que Wes et lui puissent voir les choses avec la même nonchalance.
- D’accord, c’était nul de parler du vieux. Notre soirée aurait été bien plus agréable si on s’était retrouvés mais on ne va pas s’éterniser là-dessus, n’est-ce pas ? Ce qui est fait est fait, c’est comme ça que je vois les choses.
Felix se pencha et s’accouda à ses genoux en essayant de capter le regard de son amant de l’autre soir.
- Tu dois vraiment t’en aller ou tu me fais juste la tronche parce que je ne sais pas tenir ma gueule ?
Un sourire narquois vint gondoler les lèvres de Felix alors qu’il se redressait et s’appuyait sur la table pour approcher son visage de celui de Wes avec un air conspirateur, parlant d’une voix assez basse pour que seul le destinataire de son message l’entende :
- Premièrement, je pense que tu devrais savoir que tu es extrêmement excitant quand tu joues le grumpy cat. Deuxièmement, si ça peut te dérider, on peut se trouver un coin tranquille et je me ferai un plaisir de te sucer jusqu’à ce que tu ne puisses plus m’en vouloir. Troisièmement. Je suis un gamin irresponsable qui ne sait pas quoi faire de sa journée et qui préférerait la passer avec grincheux que tout seul. Qu’est-ce que t’en dis, Wes Byrnes ?
Felix retrouva toute sa hauteur, un sourire goguenard aux lèvres et il arqua un sourcil inquisiteur :
- Allez viens, allons prendre l’air. Ça nous fera le plus grand bien !
Le garçon accompagna sa proposition d’un coup de menton vers la porte, se pencha pour attraper un ultime pain au chocolat dans lequel il mordit avec détermination avant de lâcher, en français :
- T’es sacrément bandant, sérieux.
Puis il laissa échapper un petit rire malicieux et se dirigea vers la porte, espérant que son deuxième argument ferait oublier sa colère à Wes.

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yeah, sure. whatever.
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