when i'm walking with you, i watch the whole room change.


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Abel Roscoe

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MessageSujet: when i'm walking with you, i watch the whole room change.   Dim 28 Jan 2018 - 19:41

lizzie + abel

Non, vraiment, Abel ne savait pas ce qu'il faisait ici. Il aurait préféré occuper son samedi soir autrement – devant son bureau, avec ses crayons – mais bon gré, mal gré, il s'était laissé entraîner par ses amis. C'était son problème, à Abel. Incapable de dire non, toujours à vouloir faire plaisir à tout le monde, et voilà qu'il se retrouvait dans les situations les pus abracadabrantesques. Il aurait pu en faire un album, de toutes ces fois où il avait regretté d'écouter ses potes. La fois où ils s'étaient retrouvés un strip-club où les danseuses étaient toutes des clones au physique modifié. La fois où ils avaient failli être attrapés par la police en s'introduisant à une soirée privée à Pairidaiza. La fois où il leur avait ouvert les portes du Mesmer Club après les heures d'ouverture et que l'un d'entre eux avait fait une crise de panique parce que les illusions étaient trop réalistes. La fois où ils avaient trop bu et qu'ils avaient pris un avion pour Miami. Et aujourd'hui, à cette pléthore d'aventures (d'échecs?) rocambolesques, Abel pouvait ajouter la fois où il avait écouté ses potes et s'était retrouvé un samedi soir, au Mount Oak College, à une réunion d'anciens élèves. Un samedi soir ! Retourner à la fac ! Non, vraiment, Abel s'en mordait les doigts et le pire dans tout ça, c'est qu'il semblait être le seul à regretter son choix. Autour de lui, tout le monde semblait s'amuser. Pire encore : tout le monde semblait être ravi de le voir. Il l'attribuait à sa capacité à se faire apprécier de tout le monde sans faire d'efforts – ses amis les plus proches se moquaient toujours gentiment de lui à ce propos, blaguant sur le fait qu'il passait à côté de sa vocation en étant opérateur au Mesmer Club et qu'il aurait peut-être dû faire de la politique – mais Abel connaissait bien l'envers de la médaille : parmi les dizaines de personnes qui étaient venus le saluer ce soir, il ne pouvait citer que la moitié des prénoms et ne parvenait pas même pas à convoquer des souvenirs avec la moitié de cette moitié. Etait-il donc creux à ce point ? Échappant à une énième salutation enjouée, Abel se déroba en espérant que personne n'ait vu sa grimace – bien sûr que si, on avait dû la voir – et il traîna sa culpabilité jusqu'à l'open bar où il commanda une vodka-soda au clone de service. Il saisit son verre avec un petit geste de remerciement pour l’androïde saisissant de réalité, commença à boire et faillit s'étouffer lorsqu'il sentit deux mains puissantes l'attraper par les épaules et lui broyer les omoplates. « Toujours dans la délicatesse, Curtis. » marmonna-t-il en se retournant. C'était en effet son vieux pote Curtis, le sacripant qui l'avait amené là. Il était accompagné de sa femme, Lila, et tous deux avaient déjà l'air bien aviné. Ils gloussaient comme les gamins qu'ils n'avaient jamais cessé d'être – Curtis et Lila s'étaient rencontrés le premier jour de fac et ne s'étaient pas quittés depuis, c'était absolument à vomir de jalousie - et Abel sut que ses deux amis lui réservaient l'un des tours dont ils avaient le secret. « Abel, Abel, Abel. Comme je suis contente de te voir. » roucoula Lila, dont la flûte de champagne menaçait de se renverser sur sa jolie robe. Curtis laissa échapper un rire tonitruant, comme si sa femme venait de raconter la blague de l'année et Abel avait la désagréable sensation d'être cette blague, justement. « Je peux savoir ce qui vous fait tellement rire, bande de niais abrutis par l'amour que vous vous portez mutuellement ? » lâcha Abel en terminant sa vodka. Il posa le verre sur un plateau qui passait par là et croisa les bras, haussant un sourcil dubitatif alors que Curtis et Lila se jetaient un regard complice. « On a eu une surprise pour toi. » murmura finalement Curtis d'un air mystérieux. Abel poussa un soupir et se tourna vers Lila, pressentant qu'elle allait terminer la phrase de son mari. Sérieusement, si ces deux-là n'avaient pas été ses partenaires de crime depuis près de neuf ans, il les aurait haïs. « Regarde qui est là, Abel. » gloussa Lila, visiblement surexcitée. Elle se tourna et désigna le bout de la grande pièce décorée aux couleurs de leur promotion. Le dessinateur se hissa sur la pointe des pieds, plissa les yeux et son coeur loupa un battement lorsqu'il localisa, enfin, la raison de l'excitation de ses amis. « Lizzie... » Le prénom s'était échappé tout seul de ses lèvres traîtresses. De leur côté, Curtis et Lila ne purent réprimer des couinements enfiévrés. « Tu l'as dit ! Abel, tu as interdiction de quitter cette soirée tant que tu ne lui auras pas parlé. C'est ça, ou tu rentres à pied. » souffla Curtis. A cet instant, il semblait plus investi dans la non-relation qu'avait son ami avec la jolie Abernathy que son propre mariage, et même sa femme ne semblait pas lui en vouloir. Il faut dire que l'incapacité d'Abel à approcher l'élue de son coeur – ou celle qui l'avait été, en tout cas – était un running gag entre les trois compères et la situation semblait trop belle pour être vraie. Abel parvint à se libérer de sa paralysie – qui aurait dû être suffisamment convaincante pour que ses amis abandonnent l'idée – et se tourna vers le couple, l'air blasé. « Vous plaisantez, là ? Je vais lui dire quoi, exactement ? Salut, Lizzie, je suis Abel, ton stalker, tu veux boire un verre ? Vous débloquez complètement, les gars. Et de toute façon, c'est du passé. » lâcha-t-il, d'un ton qu'il espérait être dissuasif. Bien entendu, cela n'eut aucun effet sur ses ivrognes d'amis et Lila lui fourra deux coupes de champagne dans les mains, qu'Abel soupçonnait fortement d'avoir été volées plutôt que prises sur un plateau. « Oui, quelque chose dans le genre. Et arrête de mentir, on peut presque voir son nom entouré d'un coeur dans tes grands yeux, mon chou. Allez, chop chop, plus vite que ça ! » décréta-t-elle, intraitable. Abel fixa les trouble-fêtes en se promettant de leur faire payer leur trahison, mais savait qu'il ne serait pas tranquille tant qu'il ne s'exécuterait pas. Doucement, il se fraya un chemin à travers la foule et parvint enfin à la hauteur de Lizzie. Son coeur battait si fort qu'il avait l'impression que ça se voyait à travers son tee-shirt. Pourquoi était-il si intimidé ? N'était-il pas passé à autre chose, depuis le temps ? « Salut, Lizzie. » finit-il par déglutir en agitant légèrement les coupes pour attirer son attention. Lorsque leurs regards se croisèrent, la terre s'ouvrit sous ses pieds et il eut conscience d'être parfaitement ridicule. « Je suis Abel. Tu te souviens de moi ? Je te demandais systématiquement tes notes en biologie. » Mais oui, fantastique. Lui rappeler quel bras cassé il avait été, ça, c'était une stratégie gagnante.

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Lizzie Abernathy

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MessageSujet: Re: when i'm walking with you, i watch the whole room change.   Mar 30 Jan 2018 - 20:41

Dernièrement ça allait mieux – tout était relatif - mais Lizzie semblait peu à peu renaitre de ses cendres, tel cet animal légendaire qu’était le phénix. De ce dernier cependant, elle n’avait pas encore les couleurs flamboyantes qui tardaient à réapparaitre sur ses traits blancs fatigués par ces nuits de pleurs. Toutefois, c’était déjà un net progrès de la voir sortir, rigoler, et reprendre ses marques dans une vie qui malgré ce que tout le monde persistait à croire (en instant lourdement) – n’était pas la sienne. Là-dessus elle était consciente qu’elle devait faire des efforts, mais avec son enquête qui avançait, elle avait un mal fou à se concentrer pour joindre les deux bouts. Il avait fallu d’une minuscule étincelle d’espoir pour la faire sortir de sa torpeur persistante, et depuis elle était tout feu tout flamme. À tel point, qu’elle s’était même laissé convaincre de venir à une soirée d’anciens étudiants, qui, pour la plupart, étaient d’illustres inconnus. Qu’à cela ne tienne, ça lui changerait les idées, et apporterait peut-être des informations intéressantes quant à sa situation complexe. Dans le lot, il y avait forcément une personne qui vivait la même chose qu’elle, c’était à priori – elle était archi nulle dans ce domaine - une équation de mathématique basique. Il suffisait grosso modo de prendre une inconnue, d’y ajouter deux ou trois variables, de les multiplier, de les soustraire et le tour était joué.

Elle débarqua donc sur place, coincée entre deux copines – un bien grand mot cependant, elle connaissait vaguement la première mais la seconde était un mystère -, qui l’abandonnèrent aussitôt le seuil franchit pour aller parler à des convives surement plus intéressants. Elle en fut immédiatement soulagée, car les cancans sur un tel ou un tel n’étaient pas le type de conversation qu’elle affectionnait. Elle avait bien noté l’effort de Jessie (?) de s’enquérir de sa famille – surtout de Ned en réalité -, mais elle avait feint un sourire poli en affirmant qu’elle n’avait pas grand-chose à dévoiler. L’autre s’était alors contentée d’une œillade appuyée, pour retourner à ses médisances sur un ancien champion de football ayant sombré dans les méandres de la drogue. À en croire ses propos d’ailleurs, chacun avait eu une destinée médiocre, sauf elle – évidemment -, et sa comparse aux ongles manucurés d’un rouge si brillant qu’elle en avait eu la nausée. Lizzie les observa s’éloigner avec délivrance, et jeta un coup d’œil dans la salle où se tenait les festivités. Celle-ci lui rappelait sans conteste le réfectoire de son ancienne université, et bien que ce fut impossible, elle trouvait ici ou là des similarités. Il y avait d’abord la peinture décrépie à certains endroits, le sol reconnaissable à ses losanges bigarrés, et les courants d’air intempestifs malgré les portes fermées. Elle frotta ses bras pour se réchauffer et repensa à cette époque avec amertume. Ça paraissait si loin… Des souvenirs enfouis refirent surface, les éclats de rire de Spencer prise en flagrant délit de triche en cours d’histoire, son pantalon de sport qui se déchirait, et ces histoires d’amour incertaines. Une vie sereine, avant que l’incident ne vienne chambouler le cours de son existence paisible. « Hey !!!! Salut la sœur Abernathy. » Un parfum capiteux l’enveloppa, et un visage encadré de longs cheveux blonds peroxydés fit son apparition. « Heu salut. » Lança-t-elle en essayant de mettre un nom sur son interlocutrice, mais absolument rien ne lui venait à l’esprit. Le vide total. « Dit donc, tu n’as pas changé, tu es toujours aussi… et bien… aussi jolie. Ton frère n’est pas là ? » Elle ne releva même pas l’accentuation sur le mot jolie, et se contenta d’un sourire forcé, elle détestait ce type de personne. Et dieu savait combien elle en avait esquivé durant son adolescence. « Non. Mais je me souviens qu’il m’ait dit un truc du genre, si tu la vois, surtout ne t’arrête pas. Tu m’excuseras… » Sans attendre une réponse de sa part, elle s’esquiva sur le côté, en direction du buffet, pour retrouver ses accompagnatrices en plein débat sur le mariage. L’une avait visiblement déjà tout préparé depuis des lustres, quant à son fidèle sergent, elle était plus réservée sur le sujet. La dureté du temps qui passait à une vitesse folle s’imposa à elle… Il devait probablement y avoir la moitié des invités en couple ou avec un bébé en route (voire les deux), alors qu’elle-même ne s'en était pas préoccupée pour un sous à cause de sa dépression. Soupire. Lizzie avait perdu le fil quand un bruissement de tissus attira l'attention du petit groupe. « Salut, Lizzie. » Cette voix reconnaissable parmi une centaine…  Cette même voix dans ses cauchemars qui persistait à répéter des mots qui la hantaient toujours…. Impossible, ça ne pouvait pas…… Une éternité s’écoula avant qu’elle ne daigna s’animer de nouveau, et avec une lenteur toute particulière, elle leva les yeux vers celui qui se tenait là tout près d’elle – si près qu’elle aurait pu le toucher si elle le désirait. Leurs regards se croisèrent et son cœur manqua un battement, puis deux, puis trois. Elle n’entendit pas le reste de ses mots gagnée par un acouphène strident, et elle se vit chuter dans sa direction. De justesse, on (lui?) la rattrapa, et elle s’accrocha à son bras doux et tiède sous sa main. VIVANT hurla son esprit tambours battant; vivant. « Abel ??????????? » Reprit-t-elle si doucement que ce fut à peine audible dans le brouhaha ambiant. Des larmes glissèrent sur ses joues écarlates. « Je pensais… J’ai cru… T’avoir perdu. C’est impossible, tu ne peux pas être en vie. C’est une erreur. » Un mal de tête violent s’invita, et elle ferma les yeux, agacée par le tumulte environnant, elle ne parvenait pas à réfléchir correctement. Pourtant, comment ne pas croire ce qui était visible et bien réel ?

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Abel Roscoe

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MessageSujet: Re: when i'm walking with you, i watch the whole room change.   Dim 4 Mar 2018 - 12:44

Oh la la. Il ne se sentait pas bien. Il avait des sueurs froides. Des bouffées de chaleur. Des papillons dans le ventre. Des fourmis dans les pieds. Et d’autres insectes non-identifiés qui lui picoraient sans doute le cerveau, puisqu’il était incapable de réfléchir correctement et d’aligner deux pensées cohérentes. Abel déglutit péniblement. Pourquoi avait-il fallu qu’il écoute Lila et Curtis ? Ce n’était jamais une bonne idée de les suivre, ces deux-là. Jamais. On les écoutait et puis on se retrouvait à faire du camping en plein mois de décembre, ou bien on participait à un atelier de dépuçage de clones dans la plus parfaite illégalité. On les écoutait, on les écoutait et puis voilà, on se retrouvait face à son amour de jeunesse – et quelle tristesse de se dire une telle chose, alors qu’on n’avait que vingt-sept ans – sans avoir la moindre idée de quoi dire, quoi faire. Abel était proprement paralysé. Il l’avait toujours été face à Lizzie Abernathy. Et elle était bien la seule à convoquer chez ce sentiment désemparé, lui qui voguait si facilement entre les gens d’habitude. Il n’avait rien du cliché de nerd timide à lunettes, pas plus qu’il n’appartenait à la caste supérieure des sportifs et autres cool kids immensément populaires. Il était lui, Abel, le type un peu rêveur qui faisait rire tout le monde en classe et qui s’attirait les faveurs des autres sans vraiment essayer. Sauf avec Lizzie. Quoiqu’il fasse, la brunette était restée insensible, indifférente. Pour elle, il n’était qu’un garçon qu’elle croisait de temps à autre en cours et avec qui elle partageait quelques mentions sur les réseaux sociaux. Il n’y avait qu’à jeter un coup d’œil aux photos qui les rassemblait, eux et puis tout un groupe d’amis plus ou moins disparates. Ils n’étaient jamais l’un à côté de l’autre, jamais ils n’avaient posé ensemble ou partagé plus que deux ou trois mots, si ce n’est pendant ces cours de biologie qu’Abel avait uniquement pris parce qu’il savait qu’il y croiserait la jeune femme. Il ne comprenait strictement rien à la matière et s’était ramassé zéro sur zéro, incapable de se concentrer sur les notes que la jeune femme lui donnait parce qu’il était trop occupé à élaborer des plans pour approfondir la conversation. Conversation qui ne s’était jamais poursuivie, et voilà où il en était. Face à elle, perdu, aussi nerveux qu’il y a sept ans de ça, lorsqu’il l’avait rencontré pour la première fois. Pourtant, n’aurait-il pas dû lui être indifférent ? De l’eau avait coulé sous les ponts. Il avait fréquenté d’autres filles depuis, et n’était-il pas en ce moment même plus ou moins en contact avec quelqu’un ? Il connaissait parfaitement la réponse et pourtant, son cœur battait à tout rompre alors qu’il attendait que Lizzie ne le reconnaisse. Mais il ne s’attendait pas à un tel cri du cœur, ni à un tel regard. Il ne parvenait pas à déchiffrer les émotions sur le visage de la jeune femme. Pourquoi avait-elle pâli, comme saisie par une apparition ? Abel plongea avec angoisse dans ses souvenirs. Avait-il fait quelque chose qui aurait pu la choquer ? Avait-elle mise au courant de l’obsession qu’il avait eu pour elle ?  « Lizzie ! » La jeune femme lui tomba dans les bras, littéralement. Au moment même où il la vit chuter, il tendit les bras et il reçut son corps frêle contre le sien. Pourquoi fallait-il que ce soit de cette manière qu’elle se jette dans ses bras ? « Lizzie ! Ça ne va pas ? » s’exclama-t-il, alarmé. Mince, était-elle malade ? Inquiet, il écarta une mèche de cheveux qui venait encombrer le front de la jeune femme et la couva d’un regard plein de sollicitude, qui se teinta d’incompréhension lorsqu’il entendit les balbutiements incohérents de la jeune femme. « Perdu ? » répéta-t-il, interloqué. Tu ne m’as jamais perdu. J’ai toujours été à toi. L’évidence retentit dans son crâne vide mais il n’eut pas le temps de s’appesantir sur cette vérité qu’il aurait bien voulu oublier. Mais ce n’était pas ça qui l’inquiétait le plus. Tu ne peux pas être en vie. Mais bon sang, pourquoi fallait-il que tout tourne toujours au film abstrait dans sa vie ? Ne pouvait-il pas avoir une conversation normale, une seule, avec Lizzie Abernathy ? Etait-il maudit ? « Viens, il te faut un peu d’air. » murmura-t-il en l’entraînant légèrement à l’écart, là où il y avait moins de monde. Il la tenait toujours dans ses bras. Il ne voulait pas la lâcher, pas alors qu’elle avait l’air si fragile et désorienté, et qu’elle sentait si bon. Un soupir intérieur – bruyant, très bruyant – retentit en Abel. Lizzie venait presque de s’évanouir dans ses bras et c’était à ce genre de choses qu’il pensait ? Il était irrécupérable, c’était ridicule. Doucement, il se détacha de la jeune femme et s’assura qu’elle pouvait tenir sur ses deux jambes avant de la lâcher complètement. Il attrapa un verre d’eau posé sur un buffet et le lui tendit, lui offrant par la même occasion un sourire désolé. « Je suis navré. J’ai oublié de préciser qu’on pouvait avoir des réactions allergiques assez fortes à propos de ma personne. Ça va mieux ? »  Mais oui, bien joué Roscoe, illustre-toi encore un peu plus. Encore un peu et il sortait le nez et les savates de clown. En attendant, il ne pouvait s’empêcher de la dévisager. Elle était toujours aussi jolie et délicate, avec sa peau d’ivoire, ses pommettes un peu roses et ses yeux clairs, mis en valeur par la carnation nuancée de sa chevelure légèrement ondulée.

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