when life gives you lemons...


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Gene Edelstein

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MessageSujet: when life gives you lemons...    Mar 23 Jan 2018 - 21:15

BRAN + GENE
... squeeze them in people's eyes.

Gene se laissa tomber sur la petite chaise en fer et sortit immédiatement une cigarette. Elle s’en contrefoutait qu’il fasse un froid de canard et que le métal lui gèle les fesses. C’était bien le cadet de ses soucis, d’ailleurs. Elle avait une gueule de déterrée et en avait parfaitement conscience. Elle commanda d’ailleurs son café sur un ton cynique (noir, comme son humeur générale) et vit le serveur s’éclipser plus vite que son ombre, regrettant sûrement de s’être aventuré dehors pour servir la cliente mal lunée qui tournait le dos à la vitrine et que le petit chauffage électrique suspendu au-dessus d’elle ne parvenait pas à réchauffer. Elle alluma sa clope en maugréant après le briquet qui ne fonctionnait qu’une fois sur cinq et expira lentement la fumée par ses narines en se laissant retomber en arrière, contre le dossier humide. Voilà qui était mieux, songea-t-elle en fixant la pluie fine qui tombait sans fatiguer depuis l’aube. Ses cheveux ne ressemblaient à rien, frisottant sur ses tempes, s’échappant de l’élastique qu’elle avait hâtivement noué en une queue de cheval informe. Mais elle n’avait jamais été l’une de ces poupées de papier glacé que rien ne pouvait froisser. Elle était vulgaire, débraillée si l’envie lui en prenait, aguicheuse quand elle le voulait, laissant couler les jugements sur elle comme si elle ne voyait pas la désapprobation et les rictus désabusés. Qu’ils aillent tous au diable, tiens !
Son café extra noir arriva et quand le serveur demanda à ce qu’elle règle immédiatement la commande, Gene le foudroya du regard. N’avait-il donc rien d’autre à foutre ? De quoi avait-il peur ? Qu’elle se barre sans payer ? Bon, d’accord, ça lui était arrivé une ou deux fois mais elle n’en avait pas fait une habitude non plus, hein ? Voyant qu’il ne déguerpissait pas, Gene émit un grondement impatient et fouilla ses poches pour en sortir quelques pièces qu’elle balança sans ménagement sur la table en fer forgé, bien décidée à ne pas payer un centime supplémentaire. Son pourboire, il pouvait se le fourrer où il pensait ! Le pauvre garçon, qui n’avait pourtant rien fait pour mériter un tel traitement, ramassa les pièces et retourna à la chaleur réconfortante du petit café pendant que Gene attrapait la tasse de sa main libre. Elle absorba deux gorgées brûlantes et soupira en reposant la tasse.
Elle n’était jamais à l’heure mais, aujourd’hui, évidemment, elle avait l’impression de marcher sur des charbons ardents et n’avait pas pu rester chez elle sans tourner comme un lion en cage. Alors elle avait enfilé une jupe et un pull qui avaient l’air plus ou moins frais, avait passé son manteau et attrapé son sac à main en cuir dont la lanière menaçait à tout moment de rompre. Elle s’était dit qu’elle irait boire un verre en attendant, qu’à défaut de la détendre, ça la distrairait au moins. Mais il semblait que même le temps avait décidé de se liguer contre elle et elle avait eu la flemme de retourner chercher un parapluie. Elle avait donc marché sous le manteau de pluie, ses chaussures étaient éclaboussées d’avoir glissé dans une flaque mais comme Gene se souciait peu de ce qu’on pourrait penser de son accoutrement, elle avait poursuivi sa route sans y regarder à deux fois. Et dès qu’elle avait aperçu l’enseigne du bagels & brownies café, elle avait décidé d’y faire un crochet. Un café noir. Sans sucre, sans lait. Voilà ce qu’il lui fallait exactement.
Et ce qu’il ne lui fallait sûrement pas, c’était Brandon Rose. Brandon Rose qu’elle entraperçut pourtant à une cinquantaine de mètres et qu’elle fixa de trop longues secondes. Assez longues, en tout cas, pour qu’il la remarque, assise en solitaire sous le auvent du petit café, balayée par un vent d’ouest glacial, une cigarette se consumant entre son index et son majeur tandis qu’elle avait glissé son poignet entre ses côtes et son bras, comme si elle cherchait vainement à se réchauffer quand il aurait été plus judicieux de se réfugier à l’intérieur. Mais si Gene Edelstein était réfléchie et responsable, ça se saurait, non ? songea amèrement la demoiselle en dardant sur Bran un regard éloquent. Un regard qui l’avertissait qu’il n’avait pas intérêt à venir l’importuner, qu’elle n’était pas d’humeur à lui faire la conversation. Et après avoir jugé que le message devait sûrement avoir été clairement reçu, elle détourna la tête et fixa un camion que deux hommes imposants déchargeaient, du côté du Paper and Ink Bookstore. Bien plus intéressant que le sourire stupide de Brandon Rose, décréta Gene en portant à nouveau la cigarette à ses lèvres pour en tirer une bouffée nerveuse. Accessoirement, elle en oublia son café, qui ne tarda pas à refroidir et à prendre un teint nauséeux.

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I leapt to freedom.
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