i was young too - felix.


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Alvaro Gaviera

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MessageSujet: i was young too - felix.   Lun 22 Jan 2018 - 21:49

felix & alvaro.



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Dernièrement sa vie était sans dessus sans dessous, ou du moins plus que d’habitude pour cet homme au sens des réalités assez chaotique. Outre jongler avec trois enfants et un compagnon gronchon, il avait ses cours de flamenco à donner et le restaurant à faire tourner. Or ce n’était pas une mince affaire - il n’avait hélas que deux bras et deux jambes - et depuis une confrontation musclée avec la directrice de l’école des petits, il s’était décidé à déléguer certaines de ses activités afin de mieux s’occuper d’eux. Il passait donc la plupart de ses journées à trainasser au lit, emmener les garnements à bon port, et préparer à manger à toute la petite famille. Un vrai papa poule en quelque sorte, du genre très (trop) présent. Et si il ne s’ennuyait pas une seconde - au contraire il avait l’impression d’être plus jeune que jamais -, ses obligations administratives s’étaient rappelées à lui lorsqu’il avait reçut un coup de fil de Miguel (son second) pas plus tard que la veille. Les clients commençaient à se poser des questions de ne plus le voir trainasser entre les tables du Hebario, et il avait pas mal de détails à régler qu’il n’avait pas tout à fait compris en raison de l’agitation derrière son interlocuteur. Aussi, s’était-il promis de passer dans la matinée, une fois Cosima, Alfio et Dante sous la protection de la vieille chouette Miss Norton. Seulement voilà, Alvaro étant Alvaro, il s’était arrêté sur le chemin du retour en voyant une sorte de vide grenier sur le long des trottoirs menant à son fief. Incapable de résister à l’appel d’une pseudo chasse au trésor, il avait trainassé trois heures dans les parages, et dégoté bon nombre de bricoles qui il en était persuadé feraient extrêmement plaisir à Rafi. Il y avait dans le tas un vieux fauteuil tout mité (réparable si!), une pile de livres aux feuilles manquantes, des authentiques chaussures en cuir d’un torero décédé, et une boite en bois usée de cigares (il ne fumait même pas). L’utilité de tout ça ? Aucune, mais il était persuadé d’avoir fait une affaire, et se réjouissait d’avance de donner un coup de neuf à ces trouvailles, dans le cadre d’un projet artistique dont lui seul connaissait les aboutissants. Et c’était chargé de tout ce fourbis, qu’il se gara à cheval sur le bitume en contrebas de ce bâtiment qu’il chérissait tant. Il y avait là l’aboutissement de toute un travail pour ce colombien expatrié sans diplôme, qui avait joué des pieds et des mains pour se faire une place, et donner vie à ce rêve tant imaginé. Alvaro était littéralement parti de rien, il avait longtemps galeré, en cumulant les dettes, les désistements, et soucis relatifs au permis de construire mais ce n’était pas dans son caractère de courber l’échine face à l’adversité, et le destin le lui avait bien rendu. Aujourd’hui il n’était pas peu fier de savoir que l’endroit jouissait d’une notoriété suffisante pour lui permettre de vivre confortablement et de mettre de l’argent de côté pour l’avenir de ses enfants. Parce que oui, désormais il ne pensait plus à un mais à quatre - bon cinq avec Rafi -, et le peu de jugeote qu’il avait en la matière avait été mise à profit. Une sorte de miracle, soufflé à l’oreille par nana Gaviera qu’il appelait régulièrement via skype où l’un et l’autre s’époumonaient en patois à cause d’une connexion qui fonctionnait mal.

C’était d’ailleurs à elle qu’il pensa en sortant de la voiture, en avisant le nom de la propriété en lettres dorées sur le portail, Hebario… Autrement dit un des quartiers où il avait grandit à Medelìn et qu’il avait désiré conservé en hommage à son pays, et la cuisine qu’il proposait aux clients. A peine eut-il mis un pied dedans, que Miguel lui sautait dessus à base d’exclamations courroucées en espagnol. Lorsqu’il avait débarqué à Mount Oak - un choix tout à fait hasardeux -, il s’était rapproché des communauté hispaniques et des ambassades locales pour trouver un point de chute. A la suite de quoi la moitié de ceux avec qui il avait sympathisé s’étaient retrouvés embauché par ses bons soins même si ils n’avaient pas nécessairement les capacités. Alvaro était comme ça : un coeur sur la main, même si ça pouvait lui jouer des tours car malheureusement il étaient beaucoup à profiter de sa gentillesse. Lui ne s’en était pas trop inquiété jusque là, et s’attirait parfois les foudres de ses proches qui lui demandaient régulièrement d’ouvrir les yeux. Et il en était précisément question à cet instant, tandis qu’on lui mettait sous le nez les prouesses de son dernier recrutement en date. Il n’avait pas tout écouté, mais en avait suffisamment entendu pour savoir où trouver l’horrible individu ou descarado comme avait dit Miguel, de son prénom Felix. Un jeune échalas au corps droit comme un bambou et néanmoins doté d’une flegme hors du commun. Des mois qu’on exigeait de sa part, qu’il le vira, mais il était borné et refusait tout commentaire le concernant, s’étant pris d’une affection inédite pour cet employé tout sauf modèle. Il ne comptait plus les problèmes qu’il avait suscité suite à son embauche, et à défaut de s’en émouvoir, il s’en amusait grandement. Ça lui rappelait son adolescence tumultueuse. « Yo me encargo Miguel. » Il lui tapota l’épaule pour signifier que tout irait bien, et descendit vers la cave où étaient entreposées toutes les bouteilles, savamment sélectionnées par un ami à lui. Alvaro était davantage expert en tequila qu’il ne l’était en oenologie, bien qu’il fut au courant des classiques en la matière - forcément il en avait parfois besoin pour des plats typiques. Il tomba sur le gredin coincé entre des rangées mal éclairées, un verre entre les mains, l’air ailleurs. « Ha hermano! Du rouge, vu l’heure j’aurais plutôt pris un blanc, c’est plus sucré, ça fait plus petit déjeuner tout ça… » Il se gratta le menton, et dénicha un gobelet qui trainassait dans le coin, qu’il lui tendit. « Tient sert moi en un peu… J’ignorais que tu avais des connaissances oenologiques. Tu pourrais peut être les mettre à profit pour revoir la carte des plats avec moi. » Il devait justement revoir les menus avec le groupe, afin de mieux coller aux produits de saison, et peaufiner de nouvelles idées qui lui étaient venues en pleine nuit. « Je dois avouer quand ils m’ont dit que tu trainais en bas, je pensais que tu en étais à la deuxième bouteille, je suis un peu déçu finalement. » Qu'avait dit le deuxième chef exactement ? Arf des synonymes pas tout à fait traductibles en anglais et pas très jolis à prononcer également.

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and our love is a ghost that the others can't see, it's a danger, every shade of us you fade down to keep them in the dark on who we are. we took a walk to the summit at night, you and I to burn a hole in the old grip of the familiar, you and I and the dark was opening wide, do or die, under a mask of vermillion ruling eyes | @ agnes obel.
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Felix Birdsey

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MessageSujet: Re: i was young too - felix.   Sam 10 Fév 2018 - 10:55

Quand Felix avait poussé la porte du restaurant, c’était sur un coup de tête, après avoir vu l’affiche qui annonçait rechercher un serveur. Il n’avait aucune des qualifications requises (ponctualité, dextérité, efficacité, sens du service, esprit d’équipe, etc). mais il s’était dit que c’étaient sûrement là des choses qui s’apprenaient vite et qui n’avaient dès lors rien d’inné. Il avait menti, bien sûr, effrontément, lorsqu’on lui avait demandé ses références, et prétendu avoir travaillé dans un célèbre restaurant new yorkais chaque été depuis l’âge de dix-sept ans (pourquoi ? pour payer ses études, à l’évidence). En vérité, il s’était surtout contenté, tout ce temps, d’observer le ballet des serveurs, vêtus de leur uniforme impeccable, avec le petit nœud-papillon parfaitement ajusté à la base du cou. Le spectacle avait toujours été plus passionnant que les discussions qui pouvaient s’éterniser à table, en tout cas, et bien souvent, son père devait le remettre à l’ordre d’un raclement de gorge agacé. À les voir occuper, pour ce qu’il s’en souvenait, Felix s’était dit que ça ne devait pas être bien compliqué à accomplir, aucune prouesse manifeste sinon celle d’arriver à garder le sourire quand un homme important (et prétentieux) s’adressait à eux comme s’ils n’avaient pas le QI nécessaire pour retenir les commandes très spécifiques de leurs clients. Il ne fallait même pas de diplôme ! Ah ! Alors pourquoi lui, AJ Ashford, qui se faisait plutôt appeler Felix Birdsey ces jours-ci, n’aurait-il pas pu relever le défi ? Mais voilà, dès les premiers jours (voire les premières heures), Felix avait découvert que le métier demandait plus de maitrise qu’il n’y paraissait et il avait enchainé les bourdes (assiettes cassées, commandes inversées, plaisanteries douteuses et oublis de se présenter, tout simplement) qui lui auraient valu d’être fichu à la porte depuis belle lurette si ça n’avait été pour l’exubérance et la bonhommie du patron des lieux, Alvaro Gaviera. Pour le coup, Felix adorait son boss. Et plus il l’avait démontré, tout sourire et prêt à faire n’importe quoi pour le lui prouver, plus il avait vu les regards blasés que ses collègues lui lançaient. Au bout de trois jours, ils trouvaient tous des excuses pour ne pas prendre de pause en même temps que lui et il lui arrivait plus souvent de parler à un mur qu’à arriver à établir le moindre contact avec ceux qui étaient censés lui montrer les ficelles du métier. Qu’à cela ne tienne, ça n’était pas cela qui allait décourager Felix, loin de là, lui qui avait l’habitude d’être le cheveu dans la soupe, le pied dans le plat ou l’invité qu’on aurait préféré ne pas voir apparaitre. Il était passé maitre dans l’art de jouer les aveugles pour ne pas voir l’irritation ou l’embarras qu’il causait. Tant qu’Alvaro voulait bien de lui, le jeune New Yorkais n’allait certainement pas rendre le tablier (qu’il n’avait pas, d’ailleurs).
Miguel l’avait relégué au stock, aujourd’hui. Dès qu’il l’avait vu apparaitre (avec vingt-trois minutes de retard, précisément), le jeune homme avait levé les yeux au ciel et soufflé ostensiblement, ce à quoi Felix s’était contenté de répondre d’un sourire digne d’un gamin de douze ans et quand il avait fait mine d’attraper son carnet pour les commandes, son collègue l’avait immédiatement arrêté d’un ton sec en prétextant que, vu son retard, il avait cru qu’il ne viendrait pas travailler (pur mensonge, Felix en avait parfaitement conscience) et avait donc appelé quelqu’un en renfort. Qui ? s’était faussement étonné Felix. Ce à quoi l’autre avait marmonné si inintelligiblement que Felix n’avait rien compris de sa réponse. Le résultat était cependant le même : la marchandise était arrivée et il n’avait qu’à la mettre à la cave. Par expérience, Felix savait que tout le monde préférait travailler en salle ou en cuisine, où l’ambiance était délirante et chaleureuse, plutôt que de se retrouver seul dans une pièce où les courants d’air étaient fréquents et où les sons des joyeuses conversations ne parvenaient que sous la forme d’échos à travers la tuyauterie. Felix, comme à son habitude, s’était montré accommodant et avait adressé un geste militaire à Miguel en déclarant un ‘à vos ord’, chef !’ qui était à peine sarcastique, avant d’aller effectuer sa punition en rangeant des dizaines de caisses sur les étagères de la cave et du garde-manger.
Au bout de trois quarts d’heures à déplacer comme il pouvait la cargaison, Felix sentait déjà ses muscles endoloris l’élancer. À n’en pas douter, il allait encore souffrir le martyre, ce soir, après son service, quand écarter les bras deviendrait une torture. Mais il ne s’en plaindrait pas (pas devant Miguel, en tout cas) et effectuerait son boulot comme il pouvait, en espérant qu’Alvaro soit satisfait. Et quand il tomba sur une caisse de vin, Felix ne put réprimer un sourire ravi qui vint s’étaler sur ses lèvres tandis qu’il sortait une bouteille pour en étudier savamment l’étiquette. Il n’était peut-être pas bon à grand-chose mais le vin, ça le connaissait. Il avait, après tout, passé son adolescence à piquer des bouteilles dans la cave personnelle de son père et avait développé un nez fin pour débusquer les meilleurs breuvages. Pris d’une envie soudaine, Felix alla jeter un coup d’œil dans le couloir pour écouter le brouhaha qui persistait à l’étage et, sachant que personne ne s’empresserait de venir le chercher s’il y avait un coup de feu en salle, Felix estima qu’il avait une bonne heure devant lui pour goûter au nouvel arrivage. Et pour expliquer l’inventaire inégal entre ce qui avait été commandé et ce qui avait été rangé, il n’aurait qu’à dire qu’une ou deux bouteilles s’étaient fendues pendant le voyage et qu’elles avaient cassé quand il les avait sorties de leur caisse (et si Miguel lui faisait les gros yeux, Felix hausserait les épaules en lui disant que, peut-être, il aurait mieux valu ne pas l’envoyer tout seul à la cave). Le jeune homme alla se dissimuler dans une allée et, ayant trouvé un tire-bouchon et un verre (visiblement, il n’était pas le seul à s’adonner à l’essai clandestin), il ouvrit une bouteille dont il huma avec délectation le parfum qui s’échappait du goulot. Il versa ensuite le liquide rubis dans le verre et le fit lentement tourner en approchant les narines du bord pour en inspirer profondément la senteur. Puis il y trempa les lèvres et s’adonna à un petit rituel assez bruyant avant d’avaler la première gorgée. Mmmh, pas mal, songea-t-il, sans être particulièrement ébahi non plus. Il trouva que le vin aurait gagné à être plus fort, plus acide. Il n’eut cependant pas l’occasion de débattre intérieurement plus longtemps parce que la voix d’Alvaro le fit soudainement sursauter quand le roi des lieux apparut et le prit la main dans le sac.
- Oh ! Alvaro ! s’exclama Felix, avec une lueur de panique dans le regard à l’idée que, cette fois, il avait peut-être joué son dernier joker et que c’était l’éjection assurée.
Puis, comme il voyait qu’Alvaro, fidèle à lui-même, ne lui reprochait pas sa maladresse, Felix se détendit légèrement.
- Rien de tel que le rouge, pourtant, lâcha-t-il en levant son verre avant de servir son patron. Je ne m’y connais pas dans ce genre de vin-là, ajouta-t-il en reportant son attention sur la bouteille qu’il tenait toujours à la main.
Il ne précisa pas que ceux qu’il connaissait et recommanderait étaient bien au-dessus des moyens d’Alvaro, qu’il faudrait peut-être qu’il mette le verre à quelques centaines de dollars pour rentabiliser l’achat d’un cru conseillé par le jeune Ashford. Cela aurait trahi ses origines, loin d’être modestes, et c’était précisément la simplicité des échanges que le jeune homme voulait conserver. Il n’avait pas ce genre de relation dans le milieu de son père. La bonne humeur, l’absence d’arrière-pensées, tout ça, les Ashford ne connaissaient pas.
- Je n’ai pas les muscles de Miguel, je mets deux fois plus de temps à ranger, répliqua Felix avec un cynisme amusé. Je n’ai déjà plus de bras. Je crois que je vais devoir demander un congé médical pour me remettre. Alors quand j’ai vu la caisse et que je l’ai ouverte. J’ai évidemment songé : A grandes males, grandes remedios, plaisanta-t-il. Même ouvrir la bouteille a été une péripétie !
Si Miguel les voyait là, à plaisanter en dégustant un verre de vin plutôt qu’à essayer de faire marcher l’Herbario, il était certain qu’il verrait rouge et Felix fut rassuré qu’il n’ait pas de cornes pour l’embrocher, comme un taureau furieux.
- J’espère que ce n’est pas à cause de moi que tu as dû venir. Comment vont les terreurs ?
Felix porta le verre à ses lèvres et en absorba une nouvelle gorgée avant de s’installer inconfortablement sur une caisse de bois en levant le nez vers Alvaro, le seul homme à lui avoir donné une chance jusqu’à présent.

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yeah, sure. whatever.
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