whisky on ice, sunset and vine


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 whisky on ice, sunset and vine

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Jax Beauchamp

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MessageSujet: whisky on ice, sunset and vine   Jeu 11 Jan 2018 - 20:14

BRAN + JAX
You should take it as a compliment
That I got drunk and made fun of the way you talk
You should think about the consequence
Of your magnetic field being a little too strong

(decembre 31, 2017)
(23:55)

Jax avait dû avoir recours à son téléphone pour trouver le fameux bar où se trouvait Bran et il grimaça lorsqu’il se retrouva devant celui-ci. Enfin. Il avait conclu que c’était un bar parce qu’on était le trente-et-un décembre au soir mais lorsqu’il parvint devant l’établissement, Jax resta perplexe. Le téléphone dans une main, la paume fraiche et douce de Mia dans l’autre, il resta planté bêtement devant le Bailarín Bodega, les sourcils froncés, à détailler la devanture et ce qu’il devinait être une salle de restaurant comble. Brandon Rose s’était-il fichu de lui en donnant cette localisation ? Ou l’emmerdeur avait-il déjà titubé jusqu’à un autre endroit, oubliant que les Beauchamp venaient le chercher ? Ah. Oui. Jax réalisa qu’il n’avait dit à aucun moment qu’il venait. Il s’était contenté d’échanges lapidaires avec l’importun, avait demandé où il était et avait dès lors estimé que l’autre pigerait qu’il arrivait. Le torse de Jax se gonfla d’agacement et il soupira, un grondement s’échappant de sa vaste cage thoracique. Il maudissait Brandon Rose ! Si c’était comme ça, il allait retourner au GLOW où l’atmosphère était surchauffée mais où il avait au moins pu s’asseoir et boire un verre. Rafael avait beau être un maladroit de première, il avait un sourire à toute épreuve et le voir interagir avec Mia avait apaisé Jax, même s’il peinait à l’admettre. Voir sa nièce si ravie, des étoiles plein les yeux, cela lui avait rappelé qu’il avait été innocent, lui aussi, il y a bien longtemps. Cela lui avait aussi prouvé que parler n’était pas toujours un calvaire, qu’il pouvait exister des discussions légères qui n’impliquaient pas de se torturer l’esprit à trouver une réponse adéquate. Il y songeait en scannant la salle – qui n’était pas un restaurant, en vérité, comme un examen plus approfondi le révéla au Louisianais -, guettant le visage impétueux de Brandon Rose, quand Mia attira son attention en donnant des petits coups secs à sa main. Baissant son regard troublé et encore voilé d’incertitude sur la gamine, il mit quelques secondes à sortir de sa transe :
- Quoi ? demanda-t-il dans un grognement dépourvu d’agressivité.
- Je crois qu’il doit être dans la salle secrète. Celle où il faut un mot de passe.
- Hein ?
Il n’avait aucune idée de ce qu’elle racontait et il reporta un regard sceptique sur les lieux, prêt à déclarer forfait et à faire demi-tour – pour rentrer chez eux, pas pour retourner au bar gay – quand il entrevit les manigances au fond de décor : un couple visiblement déjà bien éméché s’entretenait avec un type à l’air peu commode qui secouait la tête pour finalement les laisser entrer, entrouvrant à peine la porte devant laquelle il se tenait comme un cerbère intraitable. Même sans savoir ce qui se cachait derrière ces larges épaules, Jax sut que ce n’était pas le genre d’endroit où il pourrait s’infiltrer avec une préadolescente.
Jax jeta un coup d’œil à son téléphone et découvrit le nouvel élan provocateur du trouble-fête. Une moue dédaigneuse lui crispa les mâchoires et il appuya sur la touche appel avant de porter l’appareil à son oreille. Il n’attendit même pas de savoir si Bran l’entendait et lâcha un ordre d’une voix grinçante, la bouche à quelques millimètres du téléphone, comme s’il parlait dans un talkie-walkie :
- Bouge tes fesses, on est dehors. On va pas y passer la nuit.
Puis il raccrocha et glissa instinctivement une œillade en direction de sa nièce qui secouait la tête d’un air désapprobateur qui lui rappelait bien trop Skylar.
- Quoi ?
- Je ne crois pas qu’il va aimer ce genre de ton, dit-elle simplement avec un petit haussement d’épaules désinvolte.
Jax pinça les lèvres d’un air courroucé et la tira un peu à l’écart, près d’un banc déserté.
- Il n’avait qu’à pas me contacter, grommela-t-il en voulant éteindre son téléphone.
Mais son doigt effleura une application qui s’ouvrit automatiquement sur un compte avec sa photo. Par réflexe, il fit défiler les derniers messages postés et tomba nez-à-nez avec son propre visage, avant qu’il soit mangé par la barbe, avant que la vie ne le fasse déraper. Et puis, plus loin, une photo de l’énergumène quand il n’était encore qu’un adolescent. Drapé dans sa jeunesse, il fixait Jax de ses yeux d’acier et l’ex-taulard resta bloqué sur cette image surgie du néant, un nœud coulant se formant dans son estomac.
- Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? gronda-t-il en tournant l’écran vers Mia qui s’était assise sur le banc d’un air blasé, comme si c’était elle l’adulte et lui le gamin indiscipliné.
La fillette regarda à peine ce qu’il lui montrait et répliqua, comme si elle avait affaire à un demeuré :
- Un réseau social. Tu n’as pas de jeux intéressants sur ton téléphone alors j’ai installé ça. Ça t’embête ?
Jax dévisagea Mia, conscient qu’elle le taquinait mais incapable de se figurer ce qu’il se passait exactement derrière son sourire de musaraigne. Comme avant. Avec Skylar. Et l’ours mal léché s’apprêtait à se jeter dans la gueule du loup lorsqu’un mouvement près de la cave à vin happa son attention et qu’il darda sur la silhouette à contre-jour un regard méfiant et défiant.

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Brandon Rose

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MessageSujet: Re: whisky on ice, sunset and vine   Dim 14 Jan 2018 - 22:12

C'est en croisant son reflet dans le miroir que Bran sut qu'il était légèrement ivre. S'il avait eu la tête complètement froide, il se serait sans doute offusqué de la marque de rouges à lèvres posée à la base de son cou et qui s'était à imprimée, à moitié, sur son tee-shirt blanc hors de prix. Ses joues rosies trahissaient l'ingestion d'une certaine (d'accord, importante) quantité d'alcool, et ses yeux bleus brillaient d'un éclat chaud, semblable à celui de l'océan tropical. Ce rapide état des lieux l'amena à la conclusion naturelle et évidente que même intoxiqué, il restait au sommet de la chaîne (alimentaire et assimilées). Une place qu'il occupait incontestablement. Alors, pourquoi, pourquoi demandait-il à son reflet aussi lisse et glacé qu'il était enflammé et brûlant ce soir, avait-il envoyé ces messages ? Il ne se rappelait même pas avoir sorti son portable, ni avoir fait jouer ses doigts sur le clavier tactile. Il avait sorti son portable pour vérifier l'heure et les messages de Jax étaient là, répondant à une diatribe visiblement avinée de sa part. Qu'est-ce qui lui avait pris ? Des flashs lui revenaient. La foule, dansante et heureuse, autour de lui et lui, seul, seul alors qu'il était entouré, seul parce que Skylar avait disparu, seul parce qu'il n'avait pas réussi à retenir Serena, seul parce qu'il n'avait pas le courage de ce qui remuait en lui. Seul alors qu'une créature divine battait des cils et cherchait clairement à commencer la nouvelle année avec lui – d'où la marque de rouge à lèvres, il n'avait pas voulu l'embrasser et elle avait planté un baiser aguicheur dans son cou, murmurant de la rejoindre quand il se serait décidé. Seul, alors qu'il n'avait pas envie de l'être et que son esprit complètement déréglé ne pouvait focaliser que sur une seule personne, qui semblait prendre un malin plaisir à prendre un temps fou à lui répondre. Cette simple constatation suffit à activer les doigts de Bran sur le clavier et à taper une nouvelle missive ulcérée. Et maintenant, tu m'ignores ? Tu sais, pour un type qui approche de la quarantaine, tu es incroyablement IMMATURE. Fais le malin avec ta barbe !!! Aucune réponse. Pour qui se prenait-il, ce grand… ce grand, oui, voilà, Jax était grand, et en plus de ça, il avait l'indécence d'avoir des épaules si larges qu'on aurait pu y poser une armoire. Indécent, c'était le mot. Bran se redressa face au miroir et décida qu'il était temps d'aller réaffirmer sa place de mâle dominant. Jax lui avait assez monopolisé l'esprit comme ça. D'un pas décidé, il sortit des toilettes qu'il occupait depuis une bonne vingtaine de minutes sans se soucier une seconde de la queue qu'il créait derrière lui et ignora royalement les regards meurtiers que la plèbe lui lançait. Dans la salle cachée de la Bailarin Bodega, l'ambiance était surchauffée. Des musiciens latinos faisaient bouger des danseurs qui virevoltaient et dans tous les coins, les airs brûlants du flamenco et de la salsa avaient contribué à rapprocher les âmes en slows et autres duos dansés plus ou moins suggestifs. Bran balaya la salle du regard – ses amis avaient disparu, ce dont il se fichait éperdument, mais où était donc la belle brune qui lui faisait du rentre-dedans tout à l'heure et qu'il avait si grossièrement repoussée ? Il était si absorbé par sa recherche qu'il faillit ne pas sentir son téléphone qui vibrait dans sa poche. Il voulut ignorer l'appel, mais une force inconnue le força à dégainer son téléphone et lorsque le nom de Jax s'afficha en toutes lettres sur l'écran, il décrocha sans même y penser (pas plus qu'il ne pensait à la belle brune, d'ailleurs). A l'autre bout du fil, Jax le sérénadait avec sa poésie habituelle et le jeune homme leva les yeux au ciel. « Je fais ce que je veux de mon- et bien sûr que tu as raccroché, espèce de Neanderthal incapable d'articuler. » maugréa Bran. Jax et sa foutue barbe. Pour qui se prenait-il ? Remonté à bloc, Bran s'échappa de la salle en se frayant un chemin à coup de coudes et surgit dans la salle de restaurant, l'oeil brillant et l'allure impériale, prêt à partir en croisade s'il le fallait. Il plissa les yeux pour chercher Jax à l'extérieur et le repéra en quelques minutes – difficile de manquer son immense silhouette, en même temps. Bran sortit au pas de course et se prit la vague de froid de plein fouet. Mais pas question de se laisser faire. Il fut sur Jax en quelques secondes à peine et il allait ouvrir la bouche quand son regard fut attiré par une image familière, si familière qu'il crut l'avoir rêvé. C'était le portable de Jax : sur l'écran, en revanche, c'était lui, quinze ans de moins, les mêmes yeux bleus, des rêves plein la tête, inconscient de ce que la vie allait lui faire subir pour avoir eu l'audace d'y croire. Interdit, Bran releva les yeux vers Jax et préféra attribuer cette situation irréelle à son imagination. « Je vais faire comme si je n'avais rien vu. » lâcha-t-il d'un ton royal, le port altier et le regard inquisiteur, n'attendant aucune réplique si ce n'est de la gratitude pour la faveur qu'il lui octroyait avec magnanimité. Comme s'il n'avait pas demandé à Jax qui il comptait embrasser, un peu plus tôt dans la soirée. Au jeu de la mauvaise foi, Bran restait indétrôné et ce n'était certainement deux, trois ou même quatre verres qui allaient pouvoir l'arrêter. Il se dirigea vers Mia et tendit les bras vers elle pour l'attraper. « Hey, Peaches. Content de te voir. Tu passes une bonne soirée ? » C'était sans doute la seule chose qui faisait du sens de toute cette soirée et il planta un baiser sur la joue de sa filleule, avant de se tourner l'oncle de la petite, le dévisageant de haut en bas. Il avait plein de choses à lui dire, mais il les avait subitement oubliées. Pourquoi Jax était-il venu ? La question se dilua presque immédiatement, remplacée par des interrogations plus pressantes. « Le décompte est dans cinq minutes. Le mot de passe pour entrer, c'est guapo. » annonça-t-il, resserrant sa prise autour de Mia. Il jeta un regard en biais à Jax. Etait-il sourd ? Y avait-il soudain un problème au niveau de la connexion des neurones ? Qu'est-ce qui lui fallait de plus pour comprendre qu'il voulait qu'il le suive à l'intérieur ? « Tu viens ou tu prends racine, Jax ? » Une impression de déjà-vu le traversa. Il avait déjà prononcé ces mots, une fois. Même inflexion malicieuse, même sourire à peine esquissé, même expression défiante aux fond de ses yeux bleus. Même interlocuteur, aussi, dont le visage plus jeune se superposait à l'homme qu'il était aujourd'hui.

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Jax Beauchamp

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MessageSujet: Re: whisky on ice, sunset and vine   Mer 31 Jan 2018 - 20:37

C’était con à dire mais à chaque fois que Bran apparaissait, Jax avait l’impression d’être pris en faute et, naturellement, il se sentait immédiatement sur la défensive, bien trop conscient de l’impact que pouvaient avoir les mots de Brandon à son encontre. Il avait beau se draper d’une dignité bougonne, d’agir comme si tout ce qui s’échappait des lèvres de l’impudent n’était que des bruits insupportables et qu’il les chassait d’un grognement ou d’un haussement d’épaules, au fond, il restait sur ses gardes, méfiant, appréhendant déjà le prochain uppercut verbal que l’autre lui assénerait. Et le pire, dans tout cela, c’était que la plupart du temps, Bran avait parfaitement raison, même si Jax refusait de l’admettre. C’était tout juste s’il laissait la vexation s’esquisser sur ses traits sérieux, bien décidé qu’il était à ne pas laisser l’imprudent avoir le dessus. Mais ce soir, il y avait un élément supplémentaire qui poussait Jax à redouter le moment où il retrouverait Bran : le fait que ce dernier soit éméché, même s’il ne savait pas à quel stade en était le meilleur ami de sa sœur. À n’en pas douter, en tout cas, le jeune homme n’était pas tout à fait dans son état normal, auquel cas il n’aurait pas envoyé des messages aussi étranges et cryptiques à l’ainé des Beauchamp. Des messages qui avaient eu le don de mettre Jax dans un état de perplexité aigüe dont il maudissait la réelle origine : son besoin irrépressible d’en décoder le sens réel et sa crainte d’y lire quelque chose d’insensé, de se faire une fausse idée et de se ridiculiser s’il disait quelque chose de travers (ce qui ne tarderait pas à arriver, forcément, puisque Brandon Rose avait un talent inné pour lui extorquer les pires conneries qui soient). Déjà, Jax n’avait pas compris comment le jeune homme avait deviné où ils étaient. Il lui était bien venu à l’esprit que l’imprudent avait pu les apercevoir en passant devant le célèbre bar mais, dans ce cas, n’aurait-il pas sauté sur l’occasion pour lui faire des reproches bien sentis, ne se privant pas pour faire une entrée fracassante. Jax n’aurait eu aucun mal, en tout cas, à l’imaginer sauter à pieds joints à leurs côtés avec un 'Ah ah ! je le savais que tu étais l’oncle le plus indigne de cette planète !' retentissant. Or, cela ne semblait pas avoir été le cas. Ça, toutefois, c’était encore le cadet de ses soucis puisqu’il n’aurait eu qu’à opposer un silence buté et menaçant pour lui faire comprendre qu’il n’était pas d’humeur à se faire houspiller par une harpie. La suite, par contre… Il était resté bloqué de longues secondes sur l’allusion au baiser à minuit et, indéniablement, il avait senti son cœur s’emballer face au sens premier que cette remarque laissait entendre. Ignorant complètement quoi répondre à ce message étrange (surtout s’il y avait un risque pour que le jeune homme se foute de sa gueule), Jax avait opté pour l’équivalent d’un grognement en rétorquant qu’il n’avait qu’à se mêler de ses affaires. Et comme Bran persistait dans ses allusions équivoques, Jax avait viré au plan B : l’agressivité teintée d’impatience. Il n’avait pas envie de subir les plaisanteries de Brandon Rose et il comptait bien le lui faire sentir. Ça n’était qu’après, quand quelques secondes avaient eu le loisir de s’écouler, permettant ainsi au doute de s’installer, que Jax avait fini par comprendre que l’importun n’était pas dans son état normal, sinon il ne lui aurait jamais sorti de telles inepties.
Mais, alors, quelle était la signification de tout cela ?
Jax se convainquit comme il put que ça n’était pas ça qu’il était venu chercher alors qu’il fixait la démarche incertaine de Bran qui venait à leur rencontre. Il l’avait fait uniquement parce que Mia lui en voudrait à vie s’il arrivait quelque chose à cet idiot et qu’il aurait pu prévenir le danger. À moins qu’il ne l’ait fait en se disant qu’il lui devait bien ça. Après tout, tout ce temps où Jax était derrière les barreaux, Bran avait été le seul point constant de Skylar, ça devait bien compter pour quelque chose. Quand bien même il ne devait rien à l’impudent, songea Jax en se renfrognant, rentrant légèrement les épaules, comme s’il s’apprêtait à accuser l’onde de choc qui, assurément, viendrait le percuter dès que Bran ouvrirait la bouche pour l’incendier ou le déstabiliser. Happé par sa contemplation pleine d’appréhension, Jax en oublia son téléphone et ce qui s’y affichait et ce ne fut que lorsque le regard brillant d’ivresse se posa sur l’écran que Jax prit conscience de la bêtise de sa distraction. Par instinct de protection plus que par réflexe, l’ex-taulard éteignit l’appareil et le rangea dans sa poche. Maintenant qu’il avait trouvé le jeune homme, il n’en avait plus aucune utilité.
- C’est ça. Idem. Fallait le dire tout de suite si t’avais besoin d’une excuse pour t’esquiver, rétorqua Jax d’un ton railleur en désignant son propre cou, là où, lui, n’arborait pas une belle trace de lèvres rouge carmin.
Le Louisianais observa l’échange entre Bran et sa nièce, toujours subjugué par la façon dont l’attitude de Bran pouvait changer du tout au tout dès qu’il s’adressait à Mia. Tout à coup, s’il ne perdait pas de sa superbe, il était en tout cas auréolé d’une ombre paternelle – ou celle d’un grand frère, au choix – qui lui allait comme un gant. Levant les yeux au ciel, Jax se détourna du duo, avec l’impression d’être un intrus, une pièce rapportée qui était dans leur chemin. Comme à chaque fois, Jax se demanda ce qu’il fichait là. Il ne reporta son attention sur eux que lorsque Bran lui révéla le mot de passe et un sourire cynique lui étira les lèvres à l’entente de ce mot saugrenu qu’il n’avait que trop entendu ce soir.
- Ben voyons, grommela-t-il dans sa barbe, plus pour lui-même qu’en réponse à l’impudent.
Il était si absorbé par l’ironie du sort qu’il ne releva pas la remarque de Bran et il l’associa encore moins à un souvenir lointain qui avait depuis longtemps fait naufrage dans sa mémoire ombrageuse. Jax se contenta d’un regard sombre et au moment où il allait ouvrir la bouche pour répliquer – quoi, il ne le saurait même plus – toute la rue, sembla se mettre à crépiter sous les cris joyeux des fêtards et, au loin, vers ce qui devait sûrement être une place assez étendue pour accueillir des centaines de personnes (familles et groupes d’amis confondus), des éclats lumineux se mirent à exploser au-dessus des immeubles du quartier. Le dernier feu d’artifice auquel Jax avait assisté devait remonter à celui de ses dix-huit ou dix-neuf ans et la sensation lui parut étrange. Le regard un instant perdu dans la contemplation rêveuse de ce spectacle bruyant et coloré, Jax mit quelques secondes à revenir sur terre et il lui fallut battre des paupières pour sortir de sa torpeur et le forcer à reporter son attention sur Mia et Bran.
- Trop tard, déclara-t-il simplement, sans savoir ce qu’il entendait exactement par-là.
Trop tard pour revenir en arrière ? Pour retourner à l’intérieur ? Pour faire le décompte ? Pour évoquer ce fameux baiser auquel Bran avait fait allusion presque une heure plus tôt ? Jax ne le sut pas et ne chercha pas à investiguer. De toute façon, il avait l’esprit déconnecté, perdu dans ses pensées, tandis que son regard indéchiffrable sondait distraitement Bran. Il fallut que Mia s’écrie d’une voix fluette et surexcitée pour qu’il sorte de son hypnose :
- BONNE ANNEEEEEEEEEEEE !!
La gamine se pendit au bras de son oncle pour le forcer à se pencher, juste assez pour plaquer ses lèvres ravies sur la joue piquante du Louisianais. Puis elle se tourna vers Bran pour lui offrir un baiser semblable. Et quand elle se mit à sautiller d’impatience  en s’émerveillant de l’effervescence qui les cernait, Jax se borna à un regard en direction de Bran, comme s’il ne savait pas ce qu’ils étaient censés faire, maintenant, eux qui n’avaient jamais eu à partager un tel moment. Devaient-ils se souhaiter simplement la bonne année ? Se serrer la main avec un peu plus de chaleur que ce à quoi ils étaient habitués ? S’étreindre brièvement et maladroitement ? Tout semblait absurde à Jax et, comme à son habitude, comme à chaque fois qu’il ignorait comment se comporter, il resta immobile, les épaules légèrement voûtées, à dévisager Bran d’un air méfiant.

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MessageSujet: Re: whisky on ice, sunset and vine   Lun 12 Fév 2018 - 13:58

La marque à son cou le picotait légèrement – les lèvres de la belle étaient-elles empoisonnées ou était-ce lui qui s’imaginait des choses ? Le regard de Jax s’y était attardé en tout cas et bien entendu, la remarque qui allait forcément avec lui avait fait lever les yeux au ciel. Esquiver ? « Au cas où tu n’aurais pas remarqué, elle a manqué sa cible. J’ai déjà esquivé. » répliqua-t-il avec un sourire délicieusement suffisant. En d’autres circonstances, il se serait tu, mais il était légèrement ivre, Skylar lui manquait, c’était le nouvel an et Jax possédait cette capacité unique à réveiller ce qu’il y avait de plus immature et provocateur en lui. Il ne pouvait pas y résister : dès que le visage renfrogné de l’aîné des Beauchamp apparaissait en ligne de mire, Bran se sentait inexplicablement investi d’une mission divine, celle de le voir se renfrogner encore plus, poussé dans ses plus profonds retranchements pour qu’au final… Au final, quoi ? Comme la méthode ne s’était jamais révélée fructueuse, il ignorait ce qui se trouvait derrière les dernières barrières de Jax, pas plus qu’il ne savait comment les atteindre. Ce mur se dressait entre eux depuis qu’ils étaient adolescents et la seule fois où ils avaient failli le franchir, ils avaient tous deux basculé au dernier moment et depuis, le silence. Depuis, un fil rouge tendu entre eux par Skylar. Et Skylar n’était plus là. Oh, il la retrouvait parfois, dans les traits de Mia, dans sa façon de parler et même parfois dans Jax quand ce dernier détournait les yeux et employait son temps à autre chose qu’à le houspiller. Comme maintenant, par exemple, alors qu’au-dessus d’eux, le feu d’artifice explosait, tout en couleurs et en bruits. Soudain, Bran fut ramené à ce passé auquel il tentait pourtant désespérément d’échapper ce soir. Tous ces feux d’artifice du 4 juillet, à Mount Oak passés à côté de Skylar – et à quelques mètres de Jax, sur qui ses yeux venaient invariablement se poser en secret, l’espace de quelques secondes, comme pour le surprendre dans un moment où l’aîné des Beauchamp n’avait pas d’autre choix que d’être lui-même. Exactement comme à cet instant, où Jax levait son nez vers le ciel et que le masque sévère se défaisait, que l’ombre colorée glissait sur ses yeux soudain libérés du voile qu’ils portaient en permanence et que ses traits retrouvaient un peu de cette insouciance qui n’avait pas été juste un rêve. Et Bran sentit ses jambes faiblir, comme avant, il sentit son cœur se contracter et lui tomber dans le ventre, son esprit se remplir de coton – un coton imbibé de rhum et des autres liqueurs qu’il avait ingurgitées juste avant – et son sang s’échauffer au niveau des tempes. La cascade de crépitements colorés ne dura que quelques secondes mais ce fut assez pour le faire flotter légèrement au-dessus du monde, en dehors de toute autre considération, même Mia qui les regardait l’un et l’autre d’un air entendu. Et lorsque Jax se retourna enfin vers lui, Bran ne put résister à l’envie – une nouvelle fois – de le contrer. « Jamais. » affirma-t-il sans véritablement savoir ce que Jax entendait par ce ‘trop tard’ mystérieux. A moins que la signification de l’énigme ne soit inscrite en eux depuis de nombreuses années déjà ? Quoiqu’il en soit, la bulle fut percée par un cri de Mia. Minuit. Comme ça, sans même s’en apercevoir, ils avaient basculé dans l’inconnu d’une nouvelle année et Bran revint à la réalité, rendue un peu plus douce par Mia qui parvint à faire ployer son oncle pour un baiser de célébration avant de faire même avec lui. « Bonne année, ma jolie. » souffla-t-il avant de lui rendre sa marque d’affection par une caresse sur sa petite tête. Qu’aurait-il fait sans elle ? Qu’aurait-il fait si elle aussi avait disparu ? Bran ne voulait même pas y penser et il dessaoula légèrement à cette idée. Non, ce n’était pas ainsi qu’il voulait démarrer la nouvelle année. « Oncle Bran, je peux avoir un bâton qui fait de la lumière s’il te plaît ? » trépigna Mia en désignant un petit stand un peu plus loin dans la rue qui distribuait tout un tas d’accessoires lumineux censés être indispensables à la fête. Il releva les yeux vers Jax – qui le dévisageait avec autant d’entrain que s’il était traîné au bagne – et décida qu’en cette nuit de nouvel an, l’ex-détenu pouvait bien lui passer ça. « C’est pour ça que tu viens me voir ? Chipie, va. On devrait appeler une baby-sitter et aller danser, ton oncle et moi. » répliqua-t-il, faussement scandalisé alors qu’il tirait son portefeuille de sa poche et lui tendait un billet de dix dollars. Elle poussa un petit cri de ravissement et un « merci ! » suraigu lui échappa alors qu’elle s’éloignait à une dizaine de mètres pour aller chercher son présent et Bran croisa les bras en l’observant pour être certain qu’elle était toujours en vue. « Je suppose que tu ne veux pas aller danser. » murmura-t-il à l’adresse de Jax, un sourire narquois dans la voix, alors qu’il surveillait toujours Mia qui faisait la queue au stand. Il ne voulait pas la quitter des yeux une seconde, mais il ne résista pas à la tentation de jeter un coup d’œil vers l’aîné des Beauchamp. Et comme à chaque fois, un courant électrique passa dans ses veines, un éclair qui le transcendait et foudroyait sa raison. Il croyait avoir dessaoulé mais lorsqu’il le regardait, c’était comme s’il était de nouveau ivre, rempli de cette ivresse délicieuse qui déformait légèrement la vision et tout le reste. A moins que ce fût lorsqu’il était sobre que tout était déformé et qu’il lui fallait un peu de courage liquide pour voir enfin les choses comme elles étaient supposées être. « Finalement, on avait tous les deux quelqu’un. » murmura-t-il, ses fossettes se creusant sous l’effet d’un sourire espiègle qu’il était incapable de réprimer. « Pour minuit, je veux dire. » ajouta-t-il comme si ce n’était pas évident. Comme si ce n’était qu’un jeu, alors que ses yeux démentaient pour lui.

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MessageSujet: Re: whisky on ice, sunset and vine   Dim 25 Fév 2018 - 9:58

Tout aurait été tellement plus simple s’il n’y avait eu ce nœud inextricable qui obstruait sa poitrine. Et il ne parlait pas de son cœur mais des sentiments contradictoires qui s’emmêlaient dès que Brandon Rose était concerné. Jax aurait préféré ne rien ressentir d’autre qu’une indifférence polie, se borner à des échanges factuels, sans incidences sur leur relation. Il ne savait même pas pourquoi il avait songé une seule seconde que cela serait possible. La prison avait dû occulter bien des choses, l’attirance qu’il avait eue pour l’adolescent d’autrefois comprise. Pour survivre à la prison, toutes ces années, Jax avait appris à compartimenter son esprit. Sa vie d’avant, ses étés à Mount Oak plus particulièrement, il les avait rapidement poussés dans le coin le plus reculé, celui qui lui permettait d’oublier qu’il avait pu être heureux, même si ça n’avait été que par intermittence, que ça se comptait presque sur les doigts d’une main, que ça ne semblait plus qu’un souvenir flou qu’il ne parvenait plus à voir complètement. Ça n’était qu’après avoir été incarcéré que Jax avait réalisé combien ces pauses estivales avaient été naïves, lui qui pensait que rien le concernant n’était naïf ou innocent. La preuve que si. Ces interludes avaient représenté un petit point brillant dans son quotidien monotone et il avait dû les chasser pour ne pas passer son temps à les regretter. De ce fait, il avait également jeté un voile sur cet élément qui traversait ces étés comme une étoile filante et qui dansait devant les yeux d’un Jax ébloui. À présent, tout cela relevait d’un autre temps, d’une autre ère même, mais Jax restait perméable à ses émotions dès qu’il s’agissait de Brandon Rose et il l’avait compris dès l’instant où ils s’étaient retrouvés pour la première fois après plus de quinze ans, lors du rassemblement qui s’était tenu devant le Albermale Jr City Hall. Depuis, Jax s’évertuait à limiter au possible ses interactions avec l’impétueux personnage. Une entreprise vaine, assurément, puisque la simple existence de Mia les forçait à se rencontrer régulièrement. Toutefois, ce soir n’était pas pareil, Jax le sentait. Parce que c’était soir de fête, évidemment, mais parce qu’une tension électrique émanait de Bran et elle n’était aucunement liée au feu d’artifice ou à l’ambiance des fêtards qui les entouraient. Jax était dès lors d’autant plus sur ses gardes et d’une méfiance éloquente, tant dans son ton narquois que dans sa posture en retrait, carrée, comme un bloc prêt à faire front.
À la boutade du jeune homme, Jax s’était donc contenté de lever les yeux au ciel d’un air peu impressionné (et peu convaincu). Il le laisserait cependant pérorer car, à l’évidence, c’était ce que l’alcool provoquait chez le jeune homme : une accentuation de tous ces détails qui agaçaient déjà le Louisianais en temps normal (maintenant comme vingt ans plus tôt, quand Bran n’était qu’un adolescent orgueilleux et lui un loup solitaire et grognon). A quoi bon essayer de trouver une réponse à cette remarque sarcastique ? Jamais lui affirma Bran et Jax se demanda s’il avait lu ses pensées, s’il avait pu deviner chacune des significations possibles et, dans ce cas, comment savoir à laquelle il répondait ? Jax ne le lui demanderait pas, toutefois, parce que cela impliquait donner de l’importance à des mots qui n’étaient pas censés en avoir. Alors il se contenta d’un air regard perplexe et fixe avant de détourner la tête, troublé par ce bouillon de lave qui venait de se creuser un nid dans son estomac. Il ne revint à son point d’ancrage initial, une poignée de secondes plus tard, que parce que Mia demanda un bâton lumineux à Bran et Jax se demanda pourquoi elle se tournait toujours vers lui si naturellement, avant de se rappeler que la raison était bien simple : elle le connaissait depuis toujours alors que son oncle taciturne, elle ne se le coltinait que depuis sept mois et uniquement parce qu’un phénomène paranormal lui avait enlevé sa mère. Bien sûr qu’elle se tournerait toujours vers Bran qui représentait la vie, l’éclat hypnotique, l’énergie dans ce qu’elle avait de plus magnifique quand lui n’était qu’un vieil ours aigri par la vie qui savait à peine esquisser un sourire et, encore, qui ne le faisait généralement que narquoisement.
Il n’eut cependant aucune envie de sourire à l’allusion de Bran parce qu’il détestait se sentir aussi aveugle ou sourd au sens véritable des mots de Bran. Pourquoi n’existait-il donc pas de sous-titres pour comprendre les sous-entendus cryptiques d’un fauteur de trouble qui s’amusait certainement à jouer avec les mots pour mettre son interlocuteur mal à l’aise. Mia, elle ne sembla même pas chercher à comprendre la plaisanterie de Bran et s’en fut s’approprier cet objet inutile qui, à n’en pas douter, finirait à la poubelle dès le lendemain matin.
- Comment t’as deviné ? le railla Jax.
Il était raide comme un bout de bois, incapable de se détendre. Qu’irait-il donc faire sur une piste surpeuplée, à s’agiter sur des musiques sur lesquelles il ne savait même pas comment bouger ? Il avait parfois la sensation d’avoir le corps atrophié mais l’impression n’était jamais aussi vive que lorsqu’il était au milieu de la foule et qu’il voyait à quel point les autres évoluaient avec grâce et simplicité. Bran en était même le plus parfait exemple, avec sa dégaine nonchalante et son sourire provocateur. Mais rien ne le laissait plus hébété que lorsque Bran abandonnait son costume de petit coq sûr de lui pour arborer un air plus trouble, plus mystérieux, comme lorsqu’il déclara qu’au final ils avaient tous les deux quelqu’un. Jax le dévisagea un instant, ayant très bien compris après qui il en avait, cette fois.
- Ouais, marmonna-t-il. Tu te sens mieux ?
Les derniers mots (maintenant que tu as eu ton bisou ?) Jax les mâcha et les ravala, bien conscient qu’il était injuste mais incapable de se comporter autrement dès qu’il était avec Bran. Il enfonça les mains dans ses poches et chercha Mia des yeux, souhaitant qu’elle revienne au plus vite pour le sauver de ce tête-à-tête qui lui retournait le cœur et l’âme. Plus les secondes s’égrenaient, plus il se sentait criblé par les mots et le regard de Bran et plus il prenait conscience des tressautements de son cœur en vrac. Et il détestait cette sensation – ou plutôt, il détestait en être la proie parce que la sensation en elle-même avait quelque chose d’enivrant – dont il ne savait que faire ni comment la calmer.
- Bon, tu comptes faire quoi maintenant ? demanda-t-il, un peu revêche, en appuyant sur le tu pour bien l’exclure. J’ai dit à Mia que le couvre-feu était à une heure.
Traduction : si tu espérais passer le reste de la nuit à danser avec elle, oublie. Traduction sous-jacente : si tu as envie de retourner voir la nana que tu as esquivée plus tôt, libre à toi de le faire au plus vite, histoire qu’elle ne se soit pas déjà jetée au cou d’un autre.

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Like the waves roll with the moon, did we rise and fall too soon? It’s been so long, I can't remember. If I could walk between the stars or be given one more chance, I know which I'd surrender just to build a bridge back to your heart.

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