I think we're like fire and water, I think we're like the wind and sea. [nr-fbs.]


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MessageSujet: I think we're like fire and water, I think we're like the wind and sea. [nr-fbs.]   Jeu 4 Jan 2018 - 15:12




C'est distraitement
Ou pensivement
Que se perdent par la fenêtre
Ses regards, égarés.



Se promenant dans les déchets
De souvenirs distraitement abandonnés,
Ils revivent ces moments
D'un passé qu'il serait mieux d'oublier.

23 décembre.

C'est distraitement
Ou rigoureusement
Que son regard fuie vers l'horizon



C'est pensivement
Ou froidement
Qu'il chasse ces douloureux souvenirs.



Cette période ne représente plus rien, à ses yeux.

Clyde se souvient pourtant de l'odeur du sapin qui envahissait la maison, tous les décembres, il y a ce qui lui semble à présent être une éternité. Il se souvient des décorations rouges et dorées, ornant cheminée et escaliers. De la musique de Noël qui grésillait sur le gramophone, au même rythme que le feu crépitant langoureusement au fond de la cheminée. Clyde se souvient de ces premiers Noëls de bonheur et de joie, où leur famille était heureuse.

Mais l'éternité ne dure qu'un temps.

Et l'instant présent ?

Il se souvient surtout d'un père qui a tout abandonné.
Pemberton aura beau l'avoir immortalisé sur tous les tabloïds de la région, ce nom ne représente pas grand chose de plus à ses yeux. Hérité d'un paternel aux motivations douteuses, il s'en serait bien défait s'il n'avait pas déjà suffisamment perdu de choses. Chaque reflet reste un souvenir de ce visage ravagé par les aléas de la vie et ses erreurs du passé. Un sentiment aigre doux, une tendre malédiction, la chance qui lui a été donnée se voyant constamment éclipsée par le vide qui le ronge avec mépris.

Pemberton n'aime pas les fêtes.
Plus précisément, il n'aime pas ces sourires béats qui polluent son champ de vision,
Ces rires et ces cris, innocents et on-ne-peut plus écoeurants.
Pemberton n'aime pas la commotion et l'agitation, ni le tumulte accompagnant systématiquement les fêtes.
Mais s'il y a bien une festivité qu'il tient davantage en aversion aux autres, il s'agit évidemment de la célébration du Christ, le 25 Décembre.
Il n'a aucune reconnaissance, aucune gratitude.
À ses yeux, tous ces jeux de religion ont beau être de bonne guerre, ils n'en restent pas moins des jeux, pour autant.


Il a d'ailleurs profité de la fin de semaine pour prendre congés de tout son personnel attitré. Pas de chauffeur, pas de secrétaire, pas de femme de ménage ni même de majordome. Par ces temps froids et solitaires, c'est l'isolation qu'il choisit, afin de ne pas se retrouver confronté à la joie impétueusement infectieuse de son entourage.

Il n'y a que le noir de véridique
Celui qu'on broie, en silence,
Même le jour et même la nuit.
Celui qui nous enveloppe
Tel des bras langoureux
En promettant de ne jamais nous quitter,
En nous jurant fidélité.
Ce même noir qui nous suit
À tous les évènements de notre vie ...

Il n'y a jamais rien d'autre
Que moi et lui.


Lorsque la porte sonne, c'est avec distraction, un verre de whiskey à moitié vide entre les mains, que l'acteur s'exclame :

Oswald ! La porte !

La sonnerie s'arrête un instant, avant de reprendre, de plus belle.

OSWALD ! s'exclame-t-il de nouveau, la voix emprunte d'une impatience qui lui sied désormais comme un gant, compte tenu de toutes les années passées à l'apprivoiser. Ce n'est qu'au bout de la quatrième sonnerie que Pemberton se résigne à se déplacer, s'étant miraculeusement rappelé de sa merveilleuse idée de donner congés à tous les effectifs de son personnel. Se hissant dans des grognements peu convaincus, il se dirige ensuite vers l'escalier, qu'il descend deux à deux, d'une dégaine nonchalante et irritée. Finalement, le voilà qui s'approche de la porte, qu'il ouvre non sans une certaine violence.

Quoi ? demande-t-il finalement d'un ton volontairement désagréable.

Quoi en effet. Ou plutôt ... Qui ?
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MessageSujet: Re: I think we're like fire and water, I think we're like the wind and sea. [nr-fbs.]   Lun 8 Jan 2018 - 13:26

Nora attend, le regard perdu sur l’horizon qu’elle ne voit même pas, les doigts pianotant une mélodie silencieuse sur le volant de sa voiture. Sa respiration tout comme les battements de son cœur s’affolent. Elle tente de les apaiser en saisissant fermement le cuir sous ses mains mais ça ne dure que quelques secondes. Elle sait que rien ni personne ne pourra la calmer car son passé vient de la rattraper une nouvelle fois et ça lui fait l'effet d'une violente gifle qui érafle la peau douce de sa joue. Et le pire dans tout ça, c’est qu’elle l’avait voulu. C’est elle qui s’était levée de sa chaise en pleine réunion, coupant la parole à l’un de ses collaborateurs (mais aussi principal concurrent dans sa course folle à la promotion et au succès professionnel) pour s’imposer, un sourire provocateur sur les lèvres et des flammes dansant dans ses yeux. Elle revit cette scène inlassablement dans son esprit depuis qu’elle a garé sa voiture le long du trottoir. Elle se revoit annonçant fièrement à toute l’équipe et aux grands patrons qu’elle est la seule journaliste de cette Terre capable d’arracher quelques mots à ce grand et célèbre Clyde Pemberton. Mais à l’heure actuelle, quelques doutes commencent à s’immiscer au creux de son crâne. Elle n’est plus aussi sûre d’elle maintenant qu’elle est là devant l’énorme maison de son premier amour. Elle ne l’a pas revu depuis qu’elle l’a lâchement quitté au lieu d’assumer la vérité, mais elle n’a pas besoin de ça pour sentir toute la haine adressée à son égard tandis qu’elle claque la porte de sa voiture et s’élance sur l’allée qui mène à la porte d’entrée. Elle a l’impression d’être en territoire ennemi, comme une intruse, une indésirable qui n’a rien à faire là et qui risque à tout moment de poser son pied sur une bombe. C'est une image évidemment, une désagréable sensation qui la possède toute entière sous l'effet du film se déroulant dans sa boîte crânienne, mais elle sait qu'il y a une part de vérité derrière cette pseudo paranoïa. Elle en prend davantage conscience quand la porte d’entrée s’ouvre sur le visage de Pemberton. Envolés ses doutes, sa peur, son envie d’entendre gronder le moteur. L’agressivité dans les mots de l’homme souffle tout sur son passage et redonne même de la force à la journaliste, aussi surprenant soit-il il vient de lui offrir sans le savoir tout ce dont elle avait besoin pour affronter ces retrouvailles qui s'annoncent désastreuses. « Salut. » qu’elle lâche tandis que son regard se perd dans les yeux de Clyde, cherchant à s’y accrocher et à le percer à jour comme autrefois quand l’évidence se dévoilait devant eux dans un délicieux silence. « J’étais sûre que je te trouverais chez toi aujourd’hui. » qu’elle annonce tandis qu’elle réduit à néant la distance qui les sépare. Sans rien attendre de la part de Pemberton, elle laisse son corps toucher légèrement le sien et pénètre avant qu’il ait eu le temps de réagir dans sa grande demeure. Elle sait qu’il lui faut agir vite et le prendre par surprise avant qu’il ne la jette dehors, lui offre tout son vocabulaire détestable ou appelle sa garde rapprochée pour la bannir à tout jamais de sa propriété. Elle joue avec le feu, Nora, elle en a parfaitement conscience mais elle s’en fout. Là maintenant tout de suite, revigorée par la négativité de son ancien partenaire, elle est prête à tout pour éblouir collègues, patrons et concurrents. Et elle en joue en le provoquant par ses mains qui touchent à sa décoration intérieure et par ses lèvres qui s’ouvrent sur une nouvelle réplique destinée à embraser le feu qui gronde en eux. « Tu ferais mieux de nous servir un verre. » Ou plutôt de remplir à nouveau le sien et de lui en offrir un, à elle. Elle sait que rien n'est gagné, que tout reste à faire. Elle a beau faire la fière, garder la tête haute et jouer l'indifférente, sinon la journaliste déterminée et intouchable, ce n'est qu'une façade. A l'intérieur de son corps, c'est la tempête de souvenirs qui fait rage, c'est ce contact non voulu quelques minutes plus tôt qui s'imprègne dans sa peau prêt à y laisser une marque indélébile, c'est des sentiments enfouis au plus profond de son être qui se réveillent et qui cherchent à faire tomber les murs qui les emprisonnent. Nora quitte Clyde des yeux pour laisser son regard balayer l'environnement. « Jolie maison. » Une manière comme une autre de maintenir le cap de son bateau qui vogue désormais sur une mer houleuse.
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