once upon a date, a long time ago...


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MessageSujet: once upon a date, a long time ago...   Dim 31 Déc 2017 - 13:33

Wes + Harlow

Cela faisait plus d’une heure qu’Harlow faisait mine de travailler. En tout cas, ses cours étaient ouverts devant elle, même si elle n’était pas du tout certaine de vouloir continuer sur cette voie et donc de reprendre les cours au semestre suivant. Déjà aurait-il fallu qu’elle se mette en tête d’étudier pour les examens qui pointaient à l’horizon et pour lesquels elle n’avait même pas commencé à étudier. Chaque fois qu’elle se jurait de s’y mettre, quelque chose accaparait son attention (volontairement ou non). A quoi bon persister à faire semblant si elle n’avait aucune envie de s’enliser dans ce parcours tout tracé ? Et elle aurait sûrement pu essayer de découvrir ce qu’elle voulait faire à la place si elle n’avait été bloquée – tétanisée, même – par le fait que ses parents ignoraient tout de ses doutes et de son désir de changer d’orientation. Elle n’imaginait pas une seule seconde qu’ils puissent soutenir son choix, surtout que cela semblait si tard pour revenir sur un chemin qu’elle avait déjà parcouru aux trois quarts. À n’en pas douter, ils allaient l’encourager à terminer son année, pour au moins avoir un diplôme entre les mains, quitte à ce qu’elle cherche autre chose ensuite. Mais il restait six mois à tirer et Harlow ne se sentait tout simplement plus l’énergie de faire semblant. Elle songeait d’ailleurs qu’elle n’aurait jamais entamé cette dernière année si elle n’avait pas été perturbée par The Departure, si elle ne s’était pas laissée pousser par le courant plutôt que de revoir ses priorités. C’était cela, le résultat final, quand elle y repensait : cette disparition massive et inexpliquée lui avait démontré que le temps était une chose fragile et qu’il ne fallait pas qu’elle le gaspille pour des choses qui ne lui apportaient rien. Elle craignait toutefois que ça ne soit pas l’avis de ses parents, raison pour laquelle elle avait gardé tout cela pour elle. Raison pour laquelle, aussi, elle fréquentait encore le campus quand elle n’allait plus en cours depuis deux bons mois.
La jeune femme ferma les fenêtres qu’elle consultait sur son téléphone et poussa un grognement en laissant retomber sa tête entre ses bras croisés. Mais que faisait-elle là, à regarder les minutes passer sans même parcourir des yeux ses notes ? Elle n’avait strictement rien intégré et avait passé la dernière demi-heure à passer d’un compte instatwitter à un autre, juste pour constater à quel point la vie des autres semblait palpitante à côté de la sienne et combien elle se maudissait d’être coincée entre ses hésitations et sa peur panique d’avouer son échec à trouver sa voie. Il fallait vraiment qu’elle se donne un coup de pied aux fesses pour prendre une décision : poursuivre, malgré son manque d’engouement, ou abandonner et affronter la déception dans le regard de ses parents et de ses frères. Encore que… elle n’était pas certaine que ses ainés se soucient de cela quand ils n’avaient jamais cherché à dévier du chemin tracé par les Walsingham : ils avaient tous, ou presque, rejoints les autorités, que ça soit dans les forces de l’ordre ou dans le domaine de la justice. Alors, que leur petite sœur ne sache pas où tourner la tête, ça devait leur sembler étrange. Peut-être que Heath aurait dit quelque chose. Peut-être que Heath aurait su quoi faire. Il l’aurait écoutée, en tout cas, et il l’aurait conseillée. Mais comme il était désormais aux abonnés absents, comme des millions d’autres, elle pouvait difficilement chercher le moindre réconfort auprès de lui.
Redressant la tête, Harlow chercha une excuse pour refermer ses notes et pour mettre les voiles. Mais où aller ? Qui contacter quand tous ses potes continuaient à suivre assidument leurs cours ? La jeune femme était prête à se résoudre à passer en revue son carnet d’adresse, comme l’être désespéré qu’elle était, lorsque son regard avisa un visage familier. Ou, s’il n’était pas vraiment familier, il ne lui était en tout cas pas méconnu et, sans plus de réflexions, elle saisit l’opportunité de se détourner de ses devoirs :
- Hé, Wes, c’est ça ? s’enquit-elle en se penchant légèrement en direction du garçon, sans parler trop fort, pour ne pas que tout le monde se retourne. Je ne sais pas si tu te souviens de moi ? Je suis Harlow. Nos potes communs avaient essayé de nous… de nous mettre ensemble ?
Oh, quelle humiliation ce serait s’il ne se remémorait pas la soirée embarrassante qu’ils avaient passée ensemble. Elle s’efforça cependant d’offrir son sourire le plus désinvolte au jeune homme et demanda, pour ne pas laisser son courage la lâcher :
- Qu’est-ce que tu deviens ?
Leur presque seule rencontre remontait à quelques années maintenant. Ils n’avaient pas cherché à garder le contact, plus parce que ça aurait pu donner de fausses indications à leurs amis que parce qu’ils ne s’étaient pas entendus. Du moins était-ce la conclusion qu’elle en avait tirée.
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Wes Byrnes

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MessageSujet: Re: once upon a date, a long time ago...   Mar 6 Fév 2018 - 19:48

Il n’en avait parlé à personne, un énième secret à ajouter à la pile déjà conséquente des choses qu’il cachait à ses proches. Pourquoi un tel comportement, il l’ignorait, ayant depuis longtemps dépassé le stade de comprendre la motivation de tout ce qui lui passait par la tête dernièrement. À croire qu’il avait perdu le contrôle, et se laissait flotter au fil de l’eau, telle une brindille fragile emporté par le courant. Mount Oak… Mount Oak avait précipité ces bouleversements dans sa vie compliquée, en allumant un interrupteur invisible dans sa nuque. Depuis, c’était le flou artistique puissance dix, et il redoutait que cela ne s’arrêta pas de sitôt. En était-il pour autant perturbé au point de remettre les voiles vers un exil lointain ? Un peu mais pas suffisamment pour bouger, il laissait ça à la fougue de sa jeunesse, pour l’heure il devait se concentrer. En effet, c’était sans trop d’espoir qu’il avait envoyé un formulaire d’admission à la faculté dans le but de reprendre des études avortées trop vite. Disons que suite à ses soucis d’ordre personnel, et les conflits multiples avec son père il s’était retrouvé – volontairement - à la rue sans un sous en poche. Dès lors, adieu grandes expectations, et bonjour petits boulots pour subsister à ses besoins. Il n’avait cependant pas été malheureux, il s’était joint à un groupe de jeunes comme lui, et avait enchainé les contrats mal payés histoire de se payer un appartement vétuste ayant définitivement tiré un trait sur l’idée d’obtenir un quelconque diplôme. Et puis sa mère l’avait appelé, et tout avait encore changé. Il avait eu cet emploi à la supérette et pris d’un sursaut soudain – influencé par Justine certainement – il avait écrit une lettre de motivation afin de rattraper en cours d’année un cursus de lettres classiques. Un choix surprenant compte tenu d’une aversion passée pour la littérature, mais c’était un ouvrage de l’Iliade emprunté au hasard à la bibliothèque du coin de Philadelphie qui avait suscité un émoi tout particulier chez lui. Sans toutefois espérer obtenir gain de cause, il s’était dit qu’il n’y avait rien à perdre à essayer. La réponse était arrivée le mois dernier : il était accepté, sous réserve de valider la moitié des examens. Autrement dit l’insurmontable. Toutefois il était motivé et prêt à relever le challenge ; challenge qui de surcroit permettait à son esprit de ne pas broyer du noir en ressassant des pensées d’outre-tombe. Il partait donc chaque jour entre deux services au supermarché pour gagner le campus et plancher sur des pages et des pages de leçons qu’il tâchait d’apprendre tel un singe savant. Seulement voilà le contenu était dense, et particulièrement volumineux, il craignait fortement (pessimisme naturel oblige) d’échouer aux portes de la première année. D’ailleurs, aujourd’hui, son cerveau refusait de coopérer, et il était obligé de relire cinq fois la même phrase pour en saisir vaguement le sens. Il était loin d’être au point pour les devoirs sur table qui arriveraient plus vite qu’il ne l’avait imaginé.

Il étouffa un long soupire et porta les doigts à ses tempes, un mal de crane commençait à faire son chemin derrière son front barré d’un pli soucieux. Il avait hâte d’en terminer avec tout ça, et de pouvoir s’accorder un instant de répit salvateur. Les nuits de sommeil se faisaient rares et son corps menaçait de rompre prochainement. Il jeta un coup d’œil dans la salle, où chacun semblait inspiré par ses écrits ou faisaient mine de l’être pour se donner bonne conscience. Aussitôt une pointe de culpabilité fit surface et il s’y remit avec l’entrain d’un bagnard allant casser des cailloux au pénitencier. Les mots dansèrent sous ses yeux fatigués tandis qu’il parcourait un énième paragraphe propre aux mythes grecs. « Hé, Wes, c’est ça ? » Malgré le murmure à peine audible, il se redressa d’un coup sur sa chaise pour chercher d’où venait cette voix, et tomba sur un visage familier qui le scrutait. Il hocha pensivement le menton pour confirmer son identité. « Je ne sais pas si tu te souviens de moi ? Je suis Harlow. Nos potes communs avaient essayé de nous… de nous mettre ensemble ? » Harley ? Non pas tout à fait ça… Il lutta une poignée de minutes avec sa conscience… Harlow ! Elle avait été la pauvre malheureuse d’un piège tendu par des amis respectifs, un rendez-vous fabriqué de toutes pièces où ils s’étaient observés en chien de faïence la majeure partie du temps. Ça remontait à mathusalem cette histoire, et une période à laquelle il préférait ne pas repenser. « Qu’est-ce que tu deviens ? » Si il était surpris qu’elle lui adresse la parole – au vu de l’endroit où ils étaient – il fit de son mieux pour ne pas le montrer, car en réalité, il était plus que ravi d’échapper à ses obligations scolaires. De plus, si il n’y avait eu aucun doute sur l’absence d’alchimie entre eux – et pour cause il était gay -, il avait apprécié le peu d’échanges qu’ils avaient eu. Faute d’investissement il n’avait néanmoins pas donné suite à cette déconvenue, mais il était ravi de voir qu’elle ne lui en voulait pas. « Heum… Oui je me souviens. Un des meilleurs rendez-vous de ma vie, j’étais tellement mal à l’aise. Je crois que j’avais renversé mon verre sur toi en plus ? » Un sourire glissa sur ses traits… Erreur typique du débutant qui lui était tombé dessus puisque contrairement à ce que beaucoup de ses amis croyaient : il était nul en drague qu’il fut question de fille ou de garçon, ils étaient pour le coup logés à la même enseigne. Sans être beau ou moche, son manque absolu de confiance en lui, le privait de se faire comprendre de ses interlocuteurs lorsqu’ils lui plaisaient. Ce n’était pas allé jusque-là pour la jeune fille – pas sa faute à elle – mais ce traquenard orchestré par la bande l’avait agacé au point qu’il en avait été tout chamboulé. « Et bien, pas grand-chose… Je suis toujours pareil qu’avant, j’étais parti et je suis revenu, problèmes familiaux. » Précisa-t-il pour couper court à toute demande éventuelle sur le sujet, il était préférable de rester vague. « Et toi ? Tu bosses sur quoi ? » Elle avait surement dû lui dire à l’époque, ou glisser un mot sur l’orientation qu’elle envisageait prendre, c’était en général ce qu’on faisait pour tâter le terrain, apprendre à se connaitre, mais il n’avait pas retenu ; depuis l’eau avait coulé sous les ponts. « Peut être qu’on devrait aller ailleurs, avant de se faire étriper. La cafet ? » Il y avait désormais plusieurs paires d’yeux qui les fixaient avec mécontentement, accompagnés de souffles sonores déterminés à les faire fuir. Il replia ses cahiers et commença à ranger sa trousse, de toute façon il n’arrivait plus à ingurgiter la moindre information.

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MessageSujet: Re: once upon a date, a long time ago...   Sam 24 Fév 2018 - 17:33

En y repensant, c’était à peu près la seule fois où Harlow s’était laissée embarquer dans un plan aussi foireux. Non pas que l’expérience l’avait traumatisée au point de la pousser à éviter toute nouvelle tentative – s’il était clair qu’il n’y avait eu aucune attirance entre Wes et elle, ils s’étaient pourtant assez bien entendus, riant même de leur déconvenue d’être les victimes d’un plan échafaudé sans leur réel consentement – mais elle avait bien réalisé que jouer à cette mascarade ne lui convenait pas et que faire croire que cela pouvait marcher n’aurait qu’incité ses amis à persévérer. Or, déjà à l’époque, Harlow n’avait d’yeux que pour Daniel Runshell, feindre de s’intéresser à un autre lui avait paru au-dessus de ses forces. Comment leur expliquer qu’on ne se détache pas aussi facilement d’un amour comme celui-là, même s’il est à sens unique, même si le garçon qui pourrait bénéficier de ses faveurs n’en a que pour une autre et qu’ils semblent même filer le parfait amour ? Harlow ne s’était jamais fait d’illusion sur ses chances d’avoir un jour ne serait-ce que le dixième de l’attention que Daniel accordait à sa petite amie mais ça n’avait certainement pas suffi à briser ses espoirs, encore moins à éteindre le feu qui brûlait constamment dans sa poitrine. Elle n’en avait parlé à personne – à l’exception de Lizzie mais depuis qu’elle était partie après l’accident qui avait coûté la vie à Abel Roscoe, Harlow n’avait que très peu de nouvelles de son amie – et se félicitait de cette lucidité. Quel cauchemar aurait été sa vie si, à chaque fois que Daniel apparaissait, seul ou accompagné, les regards se tournaient vers elle, teintés de pitié ou d’amusement ? Le silence était d’or et elle ne savait même plus pourquoi elle avait accepté ce rencard avec Wes Byrnes si ce n’était pour avoir la paix.
Honnêtement, elle n’aurait sûrement plus jamais repensé à ce rendez-vous raté si elle n’y avait pas invariablement associé Wes. Comme c’était à peu près le seul véritable souvenir qu’ils avaient en commun, elle pouvait difficilement chercher une autre anecdote pour supplanter cet échec monumental qui ne pesait pas sur la conscience de la jeune Walsingham, ni sur celle du jeune Byrnes, Harlow en était persuadée. Raison pour laquelle elle ne fut pas trop inquiète de ce qui pourrait ressortir de son appel du pied, même si Wes feignait de ne pas se souvenir d’elle – ou ne se souvenait vraiment plus d’elle. Elle ne serait pas mortifiée et n’hésiterait pas à lui rappeler l’un ou l’autre élément en espérant rafraichir sa mémoire. Et si même ça, ça ne suffisait pas, elle lui dirait de laisser tomber et mettrait les voiles, comme elle l’avait initialement prévu.
Elle fut toutefois soulagée qu’il se souvienne immédiatement d’elle et de leur douleur partagée. Un sourire narquois étira les lèvres de l’étudiante lorsqu’il évoqua le malaise qu’avait été leur tête-à-tête et elle émit un petit gloussement conspirateur avant de chasser l’anecdote du revers de la main.
- Oh, ça, tu sais, tu n’étais pas le premier, ni le dernier, d’ailleurs ! Tu es depuis longtemps pardonné.
Il était cependant vrai qu’elle avait dû passer le reste de leur rencard avec un top qui sentait la boisson. Elle ne savait plus ce qu’il avait renversé au juste et jugea que ça relevait du détail. Elle en avait ri, sur le moment, et lui avait assuré qu’elle ne lui en voulait pas, même si elle avait blagué sur l’idée qu’il lui devait tout de même un haut puisqu’il avait ruiné celui-là.
- Mais ça m’a vaccinée à jamais contre les rendez-vous arrangés, dit-elle sur un ton sarcastique en lui adressant un sourire en coin teinté de connivence.
Comme si c’était la faute du pauvre Wes ! Bien sûr que non mais cela lui avait au moins permis d’être sûre d’une chose : elle n’était pas faite pour draguer et elle n’était pas prête à essayer de tirer un trait sur Daniel, aussi stupide cela soit-il. À quoi bon se mentir ? A quoi bon se fatiguer inutilement ?
Wes évoqua succinctement son parcours et la raison de son retour en ville – elle ne savait même pas qu’il était parti mais pourquoi s’en serait-elle rendue compte à partir du moment où ils ne s’étaient jamais fréquentés à l’exception du soir de cette machination ridicule ?  Il lui retourna la question et Harlow esquissa une grimace équivoque en jetant un œil à ses notes devenues inutiles.
- Techniquement, mon cours de droit social mais si je peux être honnête, j’y ai pas mis les pieds depuis des mois. Je suis plutôt dans une phase où je me cherche et je me suis pas encore trouvée…
Elle eut un haussement de sourcils dédaigneux, se méprisant elle-même de stagner à ce point. Mais elle n’avait aucune envie de passer pour une rabat-joie auprès de Wes, quand bien même ce qu’il pensait ne lui importait pas réellement. Alors elle chassa le sujet d’un haussement d’épaules désinvolte. Il pouvait bien croire qu’elle essayait de se donner un genre, elle ne le faisait pas. Mais à quoi bon étudier de long en large le pourquoi du comment de sa remise en question ? Harlow espérait encore naïvement que la réponse lui apparaitrait subitement ou qu’elle lui serait apportée sur un plateau en argent. En attendant, elle donnerait le change comme elle pouvait, même si cela allait à l’encontre de son besoin de ne plus subir sa vie. The Departure avait peut-être initié quelque chose mais ça n’était pas encore très efficace.
Aussi, quand Wes lui proposa de migrer vers un lieu où ils pourraient discuter plus librement, Harlow accepta sans hésiter :
- Merci, Wes, tu as compris ma douleur ! le bénit-elle en refermant ses cours pour les ranger dans son sac.
Elle fut rapidement sur ses pieds et attendit que Wes soit prêt à son tour pour ensuite prendre la direction de la sortie. Elle passa la lanière de son sac par-dessus sa tête et ouvrit la porte, ravie de retrouver l’air libre :
- J’en peux plus de ce campus, déclara-t-elle avec un soupir alors que la porte se refermait derrière eux, laissant les étudiants à leurs études. Alors, est-ce que tu t’es laissé prendre une seconde fois aux magouilles des copains, après notre rencard ? Moi pas, en tout cas. Chaque fois que je voyais le piège s’ouvrir, je leur faisais faux bond. Non pas que tu aies été une mauvaise expérience mais faut bien avouer que les trucs forcés du style, c’est vraiment l’enfer, non ?
Mais peut-être qu’elle avait tort, peut-être que Wes, contrairement à elle, avait trouvé quelqu’un avec qui le courant était directement passé.
- T’es parti où, du coup ? J’aurais bien voulu aller étudier ailleurs, pour changer d’air, mais ma moyenne n’était pas brillante et je m’y suis prise trop tard. Du coup, MOC a été la seule université à accepter mon dossier.
Harlow eut un petit sourire aigre et elle haussa une épaule. Pour le coup, elle avait été la seule à blâmer mais ça ne rendait pas la réalité plus facile à avaler.
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MessageSujet: Re: once upon a date, a long time ago...   Sam 3 Mar 2018 - 21:15

Maintenant que le souvenir avait été évoqué, il re-songea à ce rendez-vous, ou plutôt ce piège dans lequel il avait dû marcher pour avoir la paix. Le genre de truc dont il était impossible de se défaire sous peine d’être harcelé pendant des jours et des jours par sa bande de potes. ‘Mais si tu verras elle est super, mec elle est vraiment bonne’, et tout un tas d’autres petites phrases fort sympathiques (il en avait surement omis plusieurs) qu’on avait soufflé à son oreille d’un ton qui ne laissait nulle place à la discussion. Et comme il avait été incapable de leur dire que les filles ne l’intéressaient pas, - forcément il était gay - il s’y était rendu  en trainant des pieds, la mine revêche. À cette époque tout prétexte lui avait semblé bon pour se fondre dans la masse et ne pas attirer les regards… Une réaction grotesque quand il y repensait, mais qui n’avait pas fait de conneries étant plus jeune ? Au final, ce traquenard monté de toutes pièces avait été agréable si on omettait sa gaucherie habituelle, et cette gêne qui s’était emparé d’eux tout du long. Lui clairement pas à l’aise dans ses baskets à se questionner sur sa sexualité, et elle, carrément l’esprit ailleurs. Néanmoins vu l’entrain qu’il y avait mis, on pouvait estimer que le tragique guet-apens n’avait pas été si horrible que ça. D’ailleurs il restait persuadé que dans des circonstances différentes – autrement dit non imposées par des amis soucieux de  leur vie sentimentale respective – ils auraient pu s’entendre. Harlow de ce qu’il avait pu apercevoir brièvement semblait être quelqu’un de gentil, avec qui il devait être facile de s’amuser et de bavarder. En tout cas, il était heureux qu’elle l’ait alpagué aujourd’hui au moins pour fuir à ses obligations scolaires.  Une heure de plus à lire ces textes – pourtant intéressants sauf pour son esprit embué – allait surement le plonger en plein sommeil ou le rendre complètement fou, voire les deux en même temps. « Oh, ça, tu sais, tu n’étais pas le premier, ni le dernier, d’ailleurs ! Tu es depuis longtemps pardonné. » Se connaissant,  il avait surement dû s’excuser piteusement une trentaine de fois pour avoir tâché les vêtements de la malheureuse. Mais c’était tout lui ça ; être maladroit, les joues écarlates et  incapable de maitriser ce corps qu’il détestait pour tout un tas de raison. En la matière il lui restait encore à faire un long chemin pavé d’embuches. « Mais ça m’a vaccinée à jamais contre les rendez-vous arrangés. » Il étouffa un petit rire sonore, victime également, il comprenait parfaitement ces propos. De toute façon ce n’était jamais le bon plan de se laisser embarquer par des proches pour ce genre de rapprochements inopinés. Les penchants affectifs, l’attirance physique c’était comme jongler avec du mercure, surtout lorsqu’un des protagonistes ne mettait pas toutes les cartes sur table. Il ne se souvenait plus trop comment il s’en était dépatouillé par la suite afin de justifier que non il ne l’avait pas ramené chez lui, et que non il y avait peu de chances pour qu’ils se revoient. Sans doute s’était-il fait traiter d’imbécile, et puis les mecs avaient dû finir lui lâcher les basques en voyant qu’ils n’obtiendraient rien de croustillant. Toutefois ça ne les avait pas privé d’y aller de leur petit commentaire aux soirées suivantes : chaque fois qu’une fille s’était approchée de lui, elle avait écopé d’un avertissement amusé à renfort de sourcils froncés, du style, ‘lui c’est Wes, mais il est super compliqué avec les meufs, t’es pas la seule à essayer mais il a un cœur de pierre.’ Oui voilà, un cœur de pierre évidemment. « Moi aussi je te rassure. Enfin c’est pas contre toi hein c’est juste… le principe. » Il haussa les épaules, et entreprit de regrouper les livres étalés devant lui. Un tas d’ouvrages qu’il avait emprunté pour faire mine d’être investi e copiant ses camarades alors qu’il n’en menait pas large et butait sur la plupart de ses traductions. Il ignorait comment allait se finir ce semestre, mais il pressentait déjà le pire…. Enfin, il avait des circonstances atténuantes sur la conscience, même si il refusait de s’appuyer dessus. « Techniquement, mon cours de droit social mais si je peux être honnête, j’y ai pas mis les pieds depuis des mois. Je suis plutôt dans une phase où je me cherche et je me suis pas encore trouvée… » Visiblement c’était la saison des renouveaux et des remises en question pour tout le monde. D’abord lui sur un sujet certes différent, et maintenant Harlow avec ses études. Le système était tellement mal fichu qu’il n’était guère surpris… Passé le lycée on abandonnait les étudiants à leur triste sort pour qu’ils se débrouillent de leur côté. C’est là que se faisait la division presque naturelle entre ceux qui avaient une vocation et ceux qui ne savaient pas quoi faire de leurs dix doigts. Wes était de la seconde catégorie, et à priori la jeune fille était de la première de ce qu’il se rappelait car elle suivait le même cursus que ses parents (la conversation était lointaine, donc pas forcément fiable). Il n’eut cependant pas le loisir de l’interroger, parce qu’elle poursuivit. « Merci Wes tu as compris ma douleur. » L’instant d’après, elle était debout, et il s’empressa de ranger son fourbi en pagaille (feuilles tâchées d’encre, trousse trouée et bouquins) dans son sac à dos qui menaçait d’exploser.

L’air libre dans ses boucles blondes  eut le mérite de le réveiller aussitôt la porte franchie, et il cligna des yeux plusieurs fois pour s’habituer aux températures hivernales. Par reflexe il frotta ses mains sèches entre elles pour se donner un peu de chaleur le temps qu’ils ne gagnent la cafeteria située – comme par hasard – à l’autre bout des bâtiments principaux. « J’en peux plus de ce campus. » Un constat qu’il partageait, même si l’université était moins moribonde que la superette où il avait travaillé plusieurs fois par semaine histoire de se faire un peu d’argent de poche et aider à payer les factures. Depuis la disparition de son père, les revenus s’étaient considérablement réduits, et en attendant que l’administration ne daigne faire son travail en leur allouant une pension particulière, il fallait se serrer les coudes. D’autant plus lorsqu’il avait fallu avancer les frais pour l’enterrement de Justine…. À ce rythme-là il craignait devoir déménager avec sa mère faute de pouvoir honorer le prêt du lieutenant Byrnes. Il chassa ces idées de son esprit pour reporter son attention sur sa camarade, qu’il était sincèrement content de revoir. « Tout part en ruine. L’autre jour j’étais aux toilettes, et la porte m’est tombée dessus…. Par contre j’ai vu que le terrain de basket derrière avait été refait à neuf. J’imagine que c’est plus important de taper sur un ballon que de ne pas se faire mater aux chiottes. » Il soupira d’un air las, et resserra son emprise sur les lanières de son sac, en prenant soin à ne pas se faire écraser par les groupes d’élèves qui se promenaient allégrement. À les voir tous pimpants et plaisanter à gorge déployée, c’était à se demander si ils avaient des examens dans les prochains jours ou bien si Wes et Harlow étaient des cas isolés. « Alors, est-ce que tu t’es laissé prendre une seconde fois aux magouilles des copains, après notre rencard ? Moi pas, en tout cas. Chaque fois que je voyais le piège s’ouvrir, je leur faisais faux bond. Non pas que tu aies été une mauvaise expérience mais faut bien avouer que les trucs forcés du style, c’est vraiment l’enfer, non ? » Il l’observa un sourire au coin des lèvres, amusé à l’idée de la voir inventer des excuses insolites pour esquiver  ces embuscades. En fin de compte ils n’étaient pas si éloignés que ça. Toutefois l’interrogation qu’il avait tût refit surface : comment pouvait-elle être célibataire, elle qui était si jolie ? Parfois certaines bizarreries lui échappaient, mais peut être que désormais son cœur n’était plus à prendre. Il le lui souhaitait en tout cas, d’être heureuse, qu’elle fut seule ou accompagnée. « Non t’inquiète !! Carrément… Je veux dire les gens se basent sur ce qu’ils pensent savoir de nous, malheureusement la plupart du temps ils sont à côté de la plaque et ça merde… Nah, ils ont pas arrêté, à chaque soirée on m’a poussé vers des filles, mais ça se commande pas ces trucs là. Chai pas pourquoi  le fait d’être célibataire à fait de nous des cibles privilégiées. D’ailleurs à l’époque, mon pote Miles était sacrément jaloux de notre rencard, je te dis pas la tête quand je lui ai dis que …  ça avait pas trop marché. » Il fut parcouru d’un rire franc – et dieu que ça faisait du bien – en repensant à la tronche du dénommé Miles, qui était passé du blanc au rouge en une fraction de seconde. Il se demanda ce qu’il était devenu... Si il trainait régulièrement avec ses anciens acolytes , celui-ci figurait aux abonnés absents. Il se promit d’interroger Trev sur son compte. « T’es parti où, du coup ? J’aurais bien voulu aller étudier ailleurs, pour changer d’air, mais ma moyenne n’était pas brillante et je m’y suis prise trop tard. Du coup, MOC a été la seule université à accepter mon dossier. » Il lâcha un son pensif, et se rembrunit aussitôt.  Il n’aimait pas spécialement parler de cette parenthèse à part de son existence, qu’il avait cru bon prendre pour se changer les méninges quand ça n’avait fait qu’exacerber ses angoisses les plus profondes. « J’étais à Philadelphie, j’avais besoin de faire un peu le vide. Je suis revenu à Mount Oak parce que les choses se sont compliquées à la maison. » Lâcha-t-il de façon évasive en espérant qu’elle n’aille pas chercher plus loin, il avait tout sauf envie de parler de son père,  ou de son exil.  « MOC n’est pas si mal que ça, où peux-tu voir ailleurs ce genre d’affiches ? » Il désigna du menton un panneau d’affichage avec des papiers placardés où des étudiants étaient recouverts d’une substance visqueuse afin de dénoncer l’utilisation de l’huile de palme dans une pièce de théâtre ; un spectacle inoubliable à en croire les commentaires. Le genre de truc qu’on voyait qu’ici à mi-chemin entre le ridicule et le génie incompris. « Il te reste quoi, deux ans encore ? Tu sais ce que tu vas faire après ? Tient vasy passe. » Il ouvrit la porte  qui grinça, et ils s’engouffrèrent dans la chaleur de la cafeteria, où flottait une odeur agréable de café.  Son ventre gargouilla dans un bruit étouffé, et il retira le bonnet humide qui recouvrait ses cheveux en pagaille.

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