wanna be reckless, restless right until tomorrow - felix.


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Wes Byrnes

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MessageSujet: wanna be reckless, restless right until tomorrow - felix.   Mer 27 Déc 2017 - 21:02



felix & wes.
Just turn off the lights
And you could be my private dancer


- - - - - - - - - - - - - -

L’écran clignota dans la pénombre de sa chambre, éclairant ses murs tapissés de posters vestiges de son adolescence. D’un côté Kurt Cobain posait en tirant la langue entouré des membres de son groupe, et face à lui une affiche de Top Gun, où Tom Cruise arborait fièrement les lunettes d’une marque célèbre que tous porteraient pendant longtemps. Il avait bien projeté d’arracher tout ça et de refaire la décoration en partant de zéro, mais ce souhait s’était vite étouffé quand son ambition de quitter le domicile familial avait éclos. Et puis il était finalement revenu - un coup du sort - et n’était hélas pas prêt de bouger à nouveau. Peut-être qu’il reprendrait ça en main prochainement, histoire de se donner un but quelconque pour égayer ses journées. Pour le moment ce n’était pas la solution qu’il avait choisit pour palier à ses pensées noires. Il repoussa mollement la couette, et se tourna sur le dos pour fixer le plafond, la respiration si lente qu’on aurait pu le croire mort. En bas, il entendit sa mère s’agiter dans un vacarme de casseroles, et de meubles qu’on claquait. Quelle heure était-il ? Il attrapa son téléphone, où plusieurs notifications s’étalaient - il les ignora volontairement, pour se focaliser sur les chiffres tout en haut. A peine vingt heures… La nuit allait être horriblement longue, surtout si ELLE se mettait en branle maintenant, car viendrait ensuite les bouteilles, et les sanglots répétitifs. Or il n’était pas sur de vouloir endurer ça. Machinalement il ouvrit cette application installée des semaines plus tôt à une date qui coïncidait fâcheusement avec des retrouvailles particulières. Un fantôme du passé sur qui il n’avait toujours pas tiré un trait mais qu’il était bien incapable de contacter pour des raisons de fierté (maudite fut-elle), et parce qu’il n’était pas certain de ce qu’il pourrait lui dire. Ni même ce qu’il attendait de lui d’ailleurs… Il lui avait déjà pardonné, mais ensuite ? Une fois de plus sa couardise l’empêchait de formuler convenablement ce qu’il désirait au plus profond de lui. Sa mâchoire se contracta, et il chassa son ami d’enfance de ses pensées afin de scruter les derniers textos reçus. Il y avait là dedans tout un tas de garçons qu’il avait ajouté sans trop faire attention, et à qui il s’était contenté d’envoyer des banalités dignes d’une gamine de dix ans ultra pudique. Il ouvrit une des conversations, qui le fit aussitôt rougir quand il loucha sur la photo qui ne laissait place à aucune imagination. Perturbé, il s’empressa de la fermer, et glissa sur la seconde, où il avait entamé une discussion avec un mec de son âge. Cheveux bruns, yeux très clairs, et visage ciselé à en croire l’image de son profil; il était beau, un peu comme ces sculptures qu’on croisait dans les musées. Ca faisait peut être deux jours qu’ils échangeaient, rien d’extraordinaire cependant, juste une poignée de mots mais ça lui permettait de mettre sa vie entre parenthèses, même un instant; d’être cette personne qu’il redoutait tant d’assumer en réalité. Mais n’était-il pas temps d’embraser cette partie de lui une bonne fois pour toute ? Sinon quand ? Mué par un élan soudain, et probablement lié à l’idée de s’enfuir au plus vite de la maison, il lui envoya un message, fébrile, et les joues en feu.

Citation :
wes : slt, t’es là ?
felix : yep.
wes : ça te dit de sortir ?
felix : tu te réveille seulement ?
wes : c’est oui ou non ?
felix : tu proposes quoi ?
wes : fête foraine sur les quais ?
felix : ok, dans une demie heure.

Il se mordit les lèvres, et jeta l’appareil par terre : que venait-il de faire ? Merde. Merde. Merde. Son cœur accéléra sa course folle, et il se redressa sur le bord du lit, la tête coincée entre ses mains moites. Wes Byrnes avait fixé un rendez vous à inconnu… Il chercha a tâtons son portable, était il trop tard pour se rétracter ? Felix était déjà hors ligne… Impossible de reculer à moins de jouer au parfait con et de le planter là bas. Toutefois ce n’était pas son genre, et il ne pouvait nier avoir une furieuse envie de le rencontrer. Sans doute pour se rassurer, et également parce qu’il … l’attirait. Voilà, c’était dit. Il se pinça les lèvres, et enfila un sweatshirt propre, sa sempiternelle casquette rouge ainsi qu’un jean convenable. Il ne savait pas à quoi il ressemblait, ni même si il était susceptible de plaire mais il n’avait pas la force de faire des efforts. De toute façon si ce quasi inconnu avait accepté, cela devait bien vouloir signifier quelque chose non… Arrête de te prendre la tête Wes, murmura t-il à son attention, avant de déguerpir comme une fusée. En vélo, il gagna rapidement les confins de la ville, où on devinait au loin les lumières vibrantes des quais où la fête foraine battait son plein. Cela faisait des lustres qu’il ne s’était pas ramené dans les parages, préférant le calme du centre à l'effervescence ambiante. Malgré tout, il se sentit à son tour gagné par l’euphorie de braver les interdits et d'être un peu lui même ce soir : c’était enivrant. Il accrocha le deux roues à un vieux réverbérè et s'avança dans les allées, guidé par les odeurs de sucre et de chocolat. Dans sa poche, le téléphone vibra : je te vois, suis à côté de la grande roue. Il plissa les yeux, la respiration hasardeuse, et le corps en compote tandis qu'il progressait vers l'endroit nommé. Ce n'était plus l'excitation désormais qui ponctuait ses pas mais bel et bien la trouille, laquelle s'accentua quand il croisa son regard. « Salut. Wes. Ca va ? Tu.. veux faire quoi ? » Glissa t-il sans trop oser le fixer, déstabilisé par sa propre prétention. Était-ce la juste manière de procéder ? Devait il le toucher ? Reculer ? Il était si gauche avec ce genre de choses...

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Felix Birdsey

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MessageSujet: Re: wanna be reckless, restless right until tomorrow - felix.   Dim 31 Déc 2017 - 11:00

Felix réprima discrètement un bâillement d’ennui profond et s’empressa d’esquisser un sourire attentif quand sa tante se tourna vers lui en quête d’approbation, comme si elle avait senti qu’elle perdait l’attention de son auditoire et voulait s’assurer qu’il ne s’était pas éclipsé pour la laisser converser seule dans sa cuisine. Dès qu’elle retourna à l’arrangement de son bouquet, Felix s’avachit sur la table avec un soupir muet. Si son père avait voulu le punir, c’était réussi : il n’y avait pas plus rébarbatif que d’écouter la femme de son oncle parler des associations où elle s’investissait corps et âme, quand elle ne vantait pas les mérites de ses cinq fils. Quand elle abordait son premier sujet favori, Felix se demandait si son investissement dans les œuvres caritatives n’était pas un moyen de s’occuper l’esprit quand son mari était absent (ce qui arrivait souvent), et quand elle se lançait sur l’autre sujet, exposant tout un tas d’anecdotes dont Felix se contrefoutait royalement, le jeune homme n’en venait qu’à la conclusion suivante : ni son père ni sa mère n’avaient jamais démontré tant de volonté de dépeindre un tableau idyllique de leur propre petite famille. L’enfant unique se disait même que son père devait peiner à trouver la moindre qualité à son foutu rejeton. Il n’était pourtant aucunement jaloux de ses cousins Wakefield : ils semblaient déserter les lieux autant que leur patriarche, ne faisant que des incursions furtives pour soulager leur culpabilité vis-à-vis de leur mère. Felix ne les avait même pas tous rencontrés et ceux-ci n’avaient émis qu’une curiosité relative à son égard, le dévisageant étrangement, lui posant des questions d’usage qui ne les impliquaient pas plus que nécessaire avant de retourner à leurs affaires. Aussi, depuis son arrivée à Mount Oak, Felix avait plus eu le sentiment de jouer le bouche-trou de sa tante qu’autre chose.
A un moment, au bout d’un temps qu’il n’aurait pu définir (cela faisait-il dix minutes ou un heure qu’il avait fermé les écoutilles et se contentait de fixer le dos de son interlocutrice, dont les gestes experts s’attachaient à remuer des fleurs sans paraitre la lasser, bien que le jeune homme ne voie aucune différence au bouquet entre le moment où elle l’avait posé sur le comptoir et celui où elle avait entreprit de le réarranger), son téléphone vibra et il le sortit prudemment de sa poche pour jeter un coup d’œil à l’écran. Il s’agissait d’une notification : quelqu’un lui avait écrit sur l’application de rencontres et s’il ne s’empressait généralement pas de répondre, juste pour avoir l’air d’un garçon extrêmement occupé (quand il était tout le contraire), il ne put résister, cette fois, à sortir l’appareil pour aller découvrir l’émetteur du message. Quand il découvrit qu’il s’agissait du petit blondinet avec qui il avait échangé quelques messages quelques jours auparavant, un sourire en coin arqua les lèvres de Felix.
- Tiens tiens, qui se réveille ? murmura-t-il en appuyant sur la zone de texte pour répondre.
- Que dis-tu ? dit sa tante en se retournant vivement.
Il eut juste le temps de dissimuler le téléphone sous ses paumes superposées, comme s’il n’avait pas bougé d’un millimètre et il haussa les sourcils :
- Mmh ? Rien. Enfin, je disais juste que c’était intéressant. Et ensuite ?
- Ensuite ? demanda sa tante, comme si elle avait oublié le sujet de ses bavardages incessants, sujet qu’il aurait été bien incapable de raviver, n’en ayant écouté un traitre mot. Ensuite, je lui ai dit…
Et elle était repartie, retournant à sa composition florale. Felix n’était même pas sûr qu’elle ait réellement besoin d’un interlocuteur. Elle parlait sans doute seule la plupart du temps mais ne voulait pas paraitre folle maintenant qu’il occupait l’une des chambres de la large propriété. Le jeune New-Yorkais attendit d’être sûr qu’elle était lancée dans son monologue avant de répondre à Wes. L’échange fut bref et Felix le passa avec un sourire narquois aux lèvres mais Wes lui donnait l’excuse parfaite pour se soustraire à sa corvée actuelle et il n’allait certainement pas laisser passer l’occasion. En plus, le garçon était mignon, ça aidait aussi. ok, dans une demie heure, conclut-il. Cela devrait lui suffire pour s’échapper et pour avoir le temps de rejoindre la fête foraine sans trop avoir à se presser.
- Bon, c’est pas tout ça mais je dois rejoindre des potes, dit-il sans y mettre la forme, interrompant sa tante en pleine phrase.
- Comment ?
- Des potes. J’ai promis de les rejoindre.
Il traduisit sans mal le regard qu’elle lui lança, voilé de surprise, teinté de fausse déception. S’étonnait-elle qu’il puisse avoir des potes ? Probablement pas. Elle avait peut-être cru qu’avec un nouveau garçon à la maison, pour remplacer ceux qui avaient quitté le nid, elle se retrouverait moins seule. Felix faillit lui suggérer d’acheter un perroquet : ça, au moins, ça faisait du bruit et mine d’écouter et il semblait même que certaines races pouvaient répéter certains mots. Cela serait sûrement suffisant pour combler le vide de l’existence de Mme Wakefield.
- Bon. Très bien. Amuse-toi bien et sois prudent, lui déclara-t-elle sur un ton maternel emprunté.
En guise de réponse, il lui adressa un sourire impatient et fila sans demander son reste. Ouf ! Une chose de faite ! Il faudrait qu’il remercie le blondinet et il connaissait un millier de moyens de montrer sa gratitude.
Le jeune homme fit un crochet par la chambre pour troquer son pull contre une chemise propre et un pull assorti. Il opta pour des chaussures plus décontractées et passa devant le miroir pour essayer de discipliner ses boucles folles (ce qui s’avéra un échec, comme d’habitude). Il attrapa ensuite veste et portefeuille et quitta la demeure aussi discrètement que possible, pour ne pas que sa tante le rappelle pour d’éventuels conseils inutiles supplémentaires. Puis il prit la direction du rendez-vous, non sans jeter un coup d’œil à Google Map, comme il ne connaissait pas encore Mount Oak – principalement parce que buté comme il l’était, il avait refusé d’admettre qu’il resterait plus de deux jours chez les Wakefield. Mais son père avait été catégorique quand il l’avait appelé la veille : il ne remettrait pas les pieds à New York avant de s’être un peu remis en question.
Felix arriva sur les lieux et guetta le visage de Wes, qu’il n’avait pourtant pas vu une seule fois en vrai, mais il comptait sur son expérience en matière de rencontres avec des inconnus pour localiser celui de ce soir. Il choisit l’un des rares bancs inoccupés et s’assit sur le dossier en scannant les alentours jusqu’à ce qu’il repère un candidat potentiel. Plutôt que de lui faire un signe qui pourrait être ridicule s’il se trompait de cible, Felix envoya un message pour lui signaler qu’il était près de la grand roue et, comme le garçon sortait son téléphone, Felix esquissa un sourire victorieux. Sourire qu’il ravala quand Wes le rejoignit. Il n’avait aucune envie de se montrer trop flagrant dès les premières secondes et l’embarras évident de son invité surprise ne fit qu’accentuer son amusement.
- Salut, lâcha Felix avec désinvolture en détaillant Wes des pieds à la tête, l’œil appréciateur avant de hausser les épaules. J’étais sur le point de mourir d’ennui quand j’ai reçu ton message alors ça va définitivement mieux qu’il y a trois quarts d’heure. Qu’est-ce qu’il y a à faire, dans le coin ? Tu veux vraiment faire un tour de manège ?
Sa question sous-entendait clairement autre chose, tout comme son sourire en coin, un brin moqueur. Selon ce que Wes avait en tête, il pourrait interpréter la chose comme il le voulait mais ce que Felix cherchait à connaitre, c’était surtout les intentions de Wes. Derrière ce visage d’ange intimidé, y avait-il la quête d’un nouvel ami ou d’une nuit débridée ? L’un n’excluait pas l’autre, évidemment, mais le New-Yorkais aimait savoir à quoi s’en tenir.
- Je suis pas d’ici, contrairement à toi, à ce que j’ai pu comprendre.
Si ça n’était aucunement une mise à l’épreuve, les bases étaient mises : l’étranger malléable suivrait le natif rougissant, quoi qu’il veuille faire. Felix aimait l’imprévu de la chose et si Wes craignait qu’il puisse se dégonfler, qu’il n’ait aucune inquiétude à ce sujet : Felix Birdsey, né AJ Ashford, était infatigable, et c’était précisément ce qui lui avait valu cet exil à Mount Oak.

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Wes Byrnes

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MessageSujet: Re: wanna be reckless, restless right until tomorrow - felix.   Mar 2 Jan 2018 - 17:08

Il avait marché jusque là bas sans trop prêter d’attention à ce qui se passait autour de lui, un peu comme dans un rêve, où l’esprit observait d’un œil spectateur - parfois voyeuriste - ce qui se tramait sous son nez. Tel un automate, il s’était laissé entrainer vers la grande roue et ce quasi inconnu qui l’attendait sur un banc. Plusieurs fois, ses pieds avaient manqué de se dérober pour faire demi tour, alors que son cœur s’agitait nerveusement comme un oiseau pressé de sortir de sa cage. Il ne connaissait pas Felix, tout au plus il avait vu deux ou trois photos, et n’était donc pas à l’abri de tomber sur un pervers de trois fois son âge, ou pire encore, quelqu’un susceptible de se moquer de lui. Quelque part, son esprit espérait que ce fut cette option là qui l’attendait, désireux de trouver un échappatoire pour se sortir de cet élan - suicidaire - soudain qui avait animé ses muscles et son bas ventre. Pourtant malgré son désir de justifier sa couardise, c’était bien le jeune homme aux boucles noires qui s’était redressé en le voyant s’approcher. Un portrait fidèle à l’image qu’il renvoyait en ligne : visage animé par des yeux désinvoltes et un sourire énigmatique porteur de secrets inaccessibles. Il fourra ses mains dans ses poches afin de masquer sa gêne, et son corps dont l’usage semblait lui faire défaut : il n’en menait pas large, partagé entre appréhension et excitation. C’était son premier rendez vous avec un garçon - voir premier tout court - et bien qu’il se douta fortement de l’issue de ces échanges, il en avait peur. Horriblement peur. « Salut. » Brusquement ses joues se mirent à rougir tandis qu’il percevait un regard insistant sur sa silhouette maigrichonne camouflée derrière un pull trop large. Il se sentit d’autant plus stupide de n’avoir fait aucun effort vestimentaire, ce n’était pas comme ça qu’il allait plaire à quelqu’un mais…. était ce réellement ce qu’il recherchait ? Il l’ignorait. La raison de sa présence en ces lieux, et de son geste on ne peut plus surprenant persistait à lui échapper; il courrait dans le giron d’un spectre insaisissable, celui de sa sexualité pas tout à fait assumée complètement. « J’étais sur le point de mourir d’ennui quand j’ai reçu ton message alors ça va définitivement mieux qu’il y a trois quarts d’heure. Qu’est-ce qu’il y a à faire, dans le coin ? Tu veux vraiment faire un tour de manège ? » Les flammes d’un incendie invisible vinrent lécher ses extrémités pour l’engloutir tout entier dans un brasier brûlant. Il bredouilla des mots indéchiffrables, et se mordit les lèvres, certain de ne survivre à cette rencontre. « Je suis pas d’ici, contrairement à toi, à ce que j’ai pu comprendre. » Il ne savait même plus ce qu’il avait pu lui raconter, le sens des réalités s’était envolé avec le peu d’assurance qu’il lui restait. De longues minutes passèrent et il daigna retrouver l’usage de la parole, complètement paniqué, et néanmoins flatté de l’intérêt que Felix lui portait. « Heum. Et bien c’est une fête foraine il n’y a que ça à faire ici ou bien… Enfin.. Je.. pas forcément un tour de manège, je voulais.. me changer les idées, prendre l’air et … te voir. Tu es mieux en vrai. » Merde. Venait-il réellement de prononcer ça ou s’était il contenté de le penser à voix haute ? Quel imbécile… Il était tellement nul avec ces choses, draguer, flirter peu importe le mot qu’on utilisait, il n’avait jamais été capable de traduire ses ressentis ou de les faire comprendre à ceux qui lui plaisaient, en lutte permanente avec ces pulsions qu’il contrôlait mal. Si Sebastian avait ouvert le chemin de l’acceptation, le plus dur restait à faire, et prendrait du temps. Il repensa à Justine, et ses conseils idiots quand elle avait espéré le caser avec une de ses copines. Que lui avait-elle dit à l’époque ? Un truc comme le fait d’être sincère et de s’amuser sans jouer à être une personne différente, car tôt ou tard la vérité finissait par vous rattraper. Par réflexe il fut presque tenter de lui envoyer un message pour lui demander conseil mais elle n’était plus là… Il jeta un coup d’œil subreptice au ciel - si elle était là haut, il espéra qu’elle veilla sur lui, et qu’elle ne rigolait pas face à cette succession de maladresses - , et tâcha de se rattraper en inspirant une bouffée d’air salvatrice. « Je suis désolé, c’est.. J’ai pas trop l’habitude de faire ça. » Avait-il été un jour doué pour quoi que ce soit de toute façon ? Sa vie était un enchevêtrement d’actes manqués, de ratés, et de poisse inextinguible. Depuis tout jeune il avait l’impression de progresser à l’aveugle dans un tunnel, dénué de sortie, uniquement guidé par un vague point lumineux, trop loin pour qu’il puisse l’atteindre. Il espérait toutefois y remédier rapidement, il le devait à sa cadette, il s’était promis de vivre pour deux et de palier à tout ce qu’elle ne pourrait faire. « On peut marcher un peu par là, tu veux peut être boire un truc ? » Avant… avant quoi exactement ? Mieux valait-il écarter cette partie qui faisait trembler ses jambes pour l’instant. Il haussa mollement les épaules, retrouvant un peu de contenance, et amorça un pas en direction des cahutes illuminées, où se pressaient les gens indifférents. Il n’était pas contre n’importe quel liquide alcoolisé susceptible de calmer ses nerfs à fleur de peau, et de désinhiber cette angoisse qui lui collait aux basques. Il fallait à tout prix qu’il musèle cette frousse insistante, et qu’il apprenne à ne plus réfléchir - ça ne servait à rien - et être lui même. Juste lui même. « Tu es juste de passage à Mount Oak alors ? » Lâcha t-il par curiosité, si d’ordinaire, il appréciait le silence et l’accalmie, il se surprit à être bavard, lucide sur le pourquoi du comment : ce n'était que pour reculer un maximum ce vers quoi il se dirigeait doucement mais surement en compagnie de Felix. Il se hasarda à l’observer en coin, persuadé que tout n’était que le fruit de son imagination; lui ici avec un garçon, à la vue de tous, la convoitise agrippée à l’estomac.

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MessageSujet: Re: wanna be reckless, restless right until tomorrow - felix.   Jeu 4 Jan 2018 - 20:17

Felix était un être nerveux. Pas de façon évidente. Il n’angoissait jamais pour des choses qui risquaient d’arriver (et qu’il avait souvent provoquées). Il ne s’inquiétait pas pour l’avenir, se contentait de prendre les jours comme ils venaient, d’accepter ce que le destin voulait bien foutre sur sa route et ne s’en faisait pas si les choses ne tournaient pas tout à fait comme il l’attendait. Son côté nerveux s’illustrait différemment, dans ses gestes démesurés, dans sa jambe qui tressautait d’impatience, comme à cet instant précis, dans la façon qu’il avait de se comporter, comme s’il était seul au monde. C’était comme s’il était infesté de fourmis qui le démangeaient et le forçaient à s’agiter constamment. Alors qu’il dévisageait Wes, Felix était au comble de l’excitation et cela se trahissait par ses paumes qu’il frottait distraitement l’une contre l’autre et par son pied qui jouait à une batterie invisible. Il n’était en rien influencé par la gêne évidente qui transpirait de chaque pore de son rendez-vous inopiné. Si le jeune New Yorkais se demanda si Wes avait une quelconque expérience en la matière, ce ne fut que pour une demi-seconde. Qu’est-ce que cela changeait, finalement ? Du moment qu’ils étaient là pour la même chose, lié par une même longueur d’onde ? Il ne se demanda pas plus ce que Wes pensait de lui. A quoi bon ? Il n’était pas dans sa tête et Felix avait bien compris, depuis le temps, en voyant ses parents interagir avec leurs amis, qu’il pouvait y avoir un monde entre ce qui était dit et ce qui était pensé. C’était probablement pour cela que le jeune homme prenait un malin plaisir à dire ce qu’il pensait, en toutes occasions, et particulièrement celles où cela pouvait provoquer un embarras certain. Était-ce pour cette raison que son père l’avait évincé, exilé à Mount Oak ? Felix s’en contrefoutait. S’il vivait mal d’avoir été forcé à aller vivre ailleurs, loin de tous ses repères et compagnons de débauche, cela ne voulait pas dire qu’il allait se retrancher derrière une introspection quelconque. Son père pouvait attendre la remise en question, elle n’était certainement pas prête d’arriver. Felix, comme toujours, jouerait avec les cartes qu’on lui avait données.
Un sourire ambigu vint se dessiner sur les lèvres pincées de Felix quand il vit son nouveau compagnon rougir jusqu’à la pointe des cheveux. Il trouva la réaction charmante, un peu naïve mais il n’allait pas s’en plaindre. Il aimait d’emblée l’innocence qui se dégageait de Wes et il haussa les sourcils en penchant la tête quand un gargouillis s’échappa des lèvres du jeune homme.
- C’était quoi, ça ? Du russe ? dit-il sur un ton gentiment moqueur avant de se relever, incapable de rester assis plus longtemps.
Il avait besoin de se dégourdir les jambes, de bouger, de s’amuser, de faire n’importe quoi. Tout ce que Wes serait prêt à faire, en tous cas. Felix enfonça les mains dans les poches de sa veste et se laissa lentement aller d’avant en arrière, attendant que l’autre retrouve l’usage de la parole, qu’il semblait avoir perdu entre le moment où il s’était posté devant Felix et celui où ce dernier lui avait répondu. Peut-être que son regard insistant et éloquent avait déstabilisé Wes plus qu’il ne l’imaginait et, dans ce cas, Wes devait vraiment être un novice en matière de rencontres virtuelles. Alors, certes, il aurait pu lui faciliter la tâche en suggérant l’une ou l’autre activité mais il trouva plus amusant de torturer un peu son rendez-vous. Un sourire narquois lui écarta les lèvres quand Wes se lança et il prit un air faussement choqué quand ce dernier lui déclara qu’il était mieux en vrai.
- Je ne suis pas photogénique ? C’est ça que tu veux dire ? demanda-t-il d’un ton faussement réprobateur ou vexé. T’inquiètes. T’es franc, j’aime bien ça. Tu t’étonneras donc pas si je te rends la pareille, hein ? Et c’est mieux que l’inverse, non ?
Il pouvait difficilement délimiter les habitudes de Wes, surtout quand il se montrait aussi vague que le mot ‘ça’ mais il aurait tout le temps de découvrir par lui-même ce que le jeune homme entendait par-là. Et puis, en un sens, Wes venait de lui faire une sorte de compliment et Felix prenait tout les compliments qu’on lui donnait – qu’ils soient sincères ou bourrés d’hypocrisie.
- D’accord. On peut aller marcher. Et j’ai toujours ce qu’il faut sur moi dès qu’il s’agit de boire.
Il sortit une flasque de la poche intérieur de sa veste et y but une petite gorgée. L’alcool était fort, comme toujours, et il grimaça légèrement avant de tendre l’objet du délit à Wes.
- Tiens. Il me semble que t’en as plus besoin que moi. Je me trompe ?
Il absorba une autre gorgée quand Wes lui rendit son bien et rangea la flasque à sa place initiale.
- Ouais, juste de passage. Je ne voulais même pas venir, à la base, mais qu’est-ce que tu veux ? Tu connais les pères, ce sont tous les mêmes, à vouloir te faire obéir au doigt et à l’œil sans te laisser le temps de respirer.
Felix se lança dans une imitation parfaite de son propre géniteur, un index levé en faisant les gros yeux. La mimique trahissait des années d’entrainement à singer le père et Felix conclut sa prestation d’une grimace dégoûtée. Pendant une fraction de secondes, son côté effronté disparut pour laisser place à une ombre d’amertume mais le jeune homme la chassa bien vite et s’exclama subitement :
- Tu sais quoi ? J’ai changé d’avis. Un tour de manège, ça me botte bien. J’ai vu qu’il n’y avait pas de train fantôme ou quoi que ce soit d’effrayant ou vertigineux mais je me contenterai d’un tour de grand roue ou de petit train ridicule. C’est moi qui invite, conclut-il avec un sourire en coin, comme si c’était ce dernier argument qui pourrait faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre.
Il n’y avait rien qu’un peu d’alcool ne puisse rendre hilarant et ça tombait bien, il en avait une flasque pleine. Il brandit d’ailleurs celle-ci d’un air victorieux et la tendit à Wes.

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MessageSujet: Re: wanna be reckless, restless right until tomorrow - felix.   Sam 6 Jan 2018 - 11:35

Dès l’instant qu’il eut rejoint Felix, l’estomac de Wes avait pris pleinement conscience de ce qui se passait et commençait à lui consumer les entrailles. Sa respiration, elle, frôlait de peu l’hyperventilation. Il n’arrivait pas à croire – non à réaliser – ce qu’il était en train de faire : un garçon, être dehors, des inconnus, un garçon, des inconnus encore, et d’innombrables contacts visuels. Ce qui en soit n’était pas grand-chose pour le commun des mortels, faisait peser un poids immense sur ses épaules débutantes. Il n’avait pas eu énormément de rendez-vous par le passé, trois ou quatre par ci par là, et uniquement avec des filles. Des moments compliqués, où les mots se coinçaient dans sa gorge, et où il redoutait le moindre contact physique. Parce qu’il était bâti tel quel, maladroit, timide, pas très tactile et indécis, mais surtout bloqué dans un corps dont la notice ne lui avait pas été fournie à la naissance. Or, comment pouvait-il arriver à quoi que ce soit, si lui-même détestait chaque atome qui le composait ? Pourtant, en dépit de cette aversion, et curieusement d’ailleurs, il n’était pas vierge. Une expérience au souvenir amère caché dans les tréfonds de sa mémoire et mis sous scellé, avec la clef balancé dans le fond d’une rivière. Si on ajoutait à tout ça, un amour de jeunesse tout sauf clôt, une disparition et un deuil récent, on obtenait un résultat pas très joyeux qui se tenait présentement debout – on ne sait par quel miracle – à une fête foraine dans l’optique de rencontrer quelqu’un. Non, pas juste quelqu’un : un garçon qui lui plaisait. Il y avait de quoi être chamboulé et tomber dans les pommes ; on tenait là le véritable scénario d’une fiction bon marché sur les chaines locales. Il fixa la pointe de ses chaussures, puis Felix, ses lacets, et à nouveau ces deux yeux gris (verts ?) animés d’une lueur pétillante. Il n’était pas Sebastian, il ne serait jamais Sebastian, et Wes ne désirait pas qu’il le soit. Il avait besoin de neuf, de quitter ce passé oppressant et de trouver sa voie telle qu’elle fut. « C’était quoi, ça ? Du russe ? » Un sourire discret glissa sur son visage, où la blancheur s’était dissipée sous des rougeurs naissantes qu’il devinait tièdes sous son épiderme. Le sang semblait désormais affluer normalement dans ses veines, il ré apprivoisait doucement ce qui était sien. « Pourquoi ça voulait dire un truc ? » Rétorqua-t-il d’un ton narquois, reconnaissant qu’il ne tienne pas rigueur de son manque d’assurance. Il ne savait pas vraiment ce que Felix attendait – ou du moins une vague idée chatouillait son esprit – et il ignorait également ce que lui espérait. Et c’était sans doute mieux ainsi, la spontanéité ne faisait de mal à personne, et il serait probablement  mis au parfum rapidement. « Je ne suis pas photogénique ? C’est ça que tu veux dire ? T’inquiète. T’es franc, j’aime bien ça. Tu t’étonneras donc pas si je te rends la pareille, hein ? Et c’est mieux que l’inverse, non ? » Si il avait craint l’avoir vexé une seconde à cause de ses paroles idiotes trahissant mal sa pensée, il fut rassuré de constater que Felix n’en avait cure. Il envia aussitôt cette aisance à enchainer, et d’accueillir la vie avec désinvolture. Il aurait aimé avoir ne serait-ce qu’une once de ce côté je m’en fouiste, malheureusement son éducation et la volonté d’un père intransigeant en avaient décidé autrement. Cependant, Wes était lucide, si le vieux avait sa part de responsabilité dans tout ça, la seconde moitié lui incombait. Toute son adolescence, il n’avait fait que reculer et rester dans sa zone de confort à défaut d’avancer et de prendre des risques. Ce soir peut être ? « Non je voulais dire que tu… me plaisais. Oui ça me parait équitable. » Un fourmillement agréable se lova dans sa poitrine, et il décida de s’y accrocher pour éloigner la noirceur qu’il revêtait à la place de ses vêtements. « D’accord. On peut aller marcher. Et j’ai toujours ce qu’il faut sur moi dès qu’il s’agit de boire. » Ses mains difficiles à contrôler, et horribles traitresses de son impatience emprunte d’appréhension vinrent se cacher dans ses poches, tandis qu’ils se mettaient à marcher un peu au hasard dans les allées. Wes était étonné de voir du monde à cette heure tardive de la nuit, malgré les préconisations des autorités de ne pas s’attarder dehors, nombreux étaient ceux qui bravaient les interdits. Felix avait-il également un proche ou une connaissance victime de the departure ?Mais la question ne fit que l’effleurer avant de disparaitre comme elle était venue. Ce n’était pas un sujet qu’il désirait aborder, pas toute suite en tout cas.

Il l’observa sortir une flasque de sa veste, et y boire une gorgée, se demandant subitement quel gout avait ses lèvres maintenant qu’elles étaient imbibées d’alcool. Son cœur s’affola instantanément suite à ce fantasme soudain. « Tiens. Il me semble que t’en as plus besoin que moi. Je me trompe ? » Il récupéra l’objet et se laissa aller à la tentation, en avalant le liquide – non identifiable – digne de réveiller un cheval mort. Il toussota et le lui rendit, galvanisé par la boisson, aux effets quasi instantanés, on n’arrêtait pas le progrès. « Ouais, juste de passage. Je ne voulais même pas venir, à la base, mais qu’est-ce que tu veux ? Tu connais les pères, ce sont tous les mêmes, à vouloir te faire obéir au doigt et à l’œil sans te laisser le temps de respirer. » Il rigola à l’imitation, son camarde prêchait auprès d’un convaincu, visiblement c’était un critère qui rapprochait d’avoir un père compliqué. S’étaient-ils tous réunis un jour pour se mettre d’accord sur la marche à suivre ? Toi tu lui feras vivre un enfer parce qu’il n’a pas de bons résultats, quant à toi tu lui rappelleras quotidiennement à quel point être homosexuel c’est mal, et toi tu le frapperas car il n’obéit pas, etc. Ça aurait presque pu le faire rire, si l’affaire ne fut pas si personnelle. « Je vois ce que tu veux dire, le mien est – était flic. » Ajouta t-il en se rappelant qu’il n’avait pas remis les pieds chez eux depuis six mois, et que renverser la tendance serait compliqué. Tant mieux, cette absence bénéficiait à l’émancipation de son fils, qui, en des circonstances parallèles, ne se serait pas retrouvé ici en bonne compagnie. Le flottement des fantômes de leurs pères respectifs passa comme un courant d’air, et s’éloigna à l’exclamation de Felix. « Tu sais quoi ? J’ai changé d’avis. Un tour de manège, ça me botte bien. J’ai vu qu’il n’y avait pas de train fantôme ou quoi que ce soit d’effrayant ou vertigineux mais je me contenterai d’un tour de grand roue ou de petit train ridicule. C’est moi qui invite. » Il fut soulagé de voir le lieutenant Byrnes s’évaporer, et le rangea dans un coin où il ne serait pas susceptible de ternir sa nuit. « Donne-moi ça j’ai besoin de réfléchir, l’avenir de cette soirée en dépends. » Il lui arracha le récipient et s’en abreuva ; il comprenait pourquoi certains y étaient accroc, ce n’était pas tant la saveur, mais bel et bien les conséquences sur la chair. Grisant et annihilateur de toute nervosité. Il lui redonna sa propriété, et fit mine d’être plongé en plein dilemme. « Mmh. J’hésite, c’est un choix cornélien mais je vais dire… la grande roue pour la vue. » La vue bien sur… Il n’y avait rien à voir avec le caractère intimiste de la nacelle, qu’un petit wagon de train ne pouvait décemment offrir, absolument rien à voir. Il scruta les alentours afin de trouver l’entrée de l’attraction, et tira Felix par la main (sans assimiler qu’il venait de le toucher), pour qu’il le suive. « Viens, c’est par là. »

Le vent frais souffla sur ses boucles blondes, et ses joues, contrecarrant la fièvre grimpante du tord-boyaux qui animait ses mouvements. Les couleurs bombardaient ses rétines, et sa peau, remplaçant son sang, ses os, ses muscles, ses ligaments jusqu’à ce que tout devienne un enchevêtrement de noir, de rouge, d’orange, et de violet. Qu’y avait-il au juste dans cette flasque ? Peu importait, l’essentiel était visible y compris à des kilomètres à la ronde : il se sentait bien, en paix. Plus relaxé, et moins guidé par cette fâcheuse manie de vouloir garder le contrôle sur son existence. Ils bifurquèrent devant la guérite du vendeur de tickets, qui les toisa d’un œil circonspect tout en leur délivrant le précieux sésame. Wes oscilla d’un pied sur l’autre, en attendant que leur tour de monter ne vienne, et scruta Felix à la lueur du réverbère. Il était… Il dégageait un truc magnétique, un truc qui le poussait dans ses retranchements, et un truc qui faisait frémir sa pauvre carcasse. « Allez y, et attention si vous vomissez, vous nettoyez. » Le propriétaire maugréa d’une voix sévère, en leur faisant signe de grimper dans la cabine minuscule aux banquettes bleues. « Plus possible de se dégonfler maintenant. » Une phrase à double sens à l’intention de quiconque comprenait, et il se faufila à l’intérieur, sourire aux lèvres et cœur en émoi. Il se cala le mieux possible entre la vitre et le rebord – une chance qu’il fut petit -, et tressaillit quand l’engin bougea pour amorcer son ascension dans le ciel étoilé. Il se pencha vers la fenêtre,  de rares passants s’étaient arrêtés pour contempler la roue en terminant un verre de vin chaud. Wes s’arracha à sa contemplation et croisa le regard de Felix posé sur sa silhouette; il frotta ses paumes moites sur ses cuisses, et brisa la distance en glissant légèrement sur le côté. De là où il était, il apercevait désormais des détails supplémentaires : des boucles brunes timides derrière son oreille, un grain de beauté naissant dans son cou, et son abdomen qui se soulevait à chaque respiration. Lentement, il tendit le bas vers le garçon et s’empara d’un pan de sa veste, qu’il tritura du bout de son pouce. « Est-ce que… Est-ce que je peux t’embrasser ? » Chuchota-t-il finalement le souffle court, écarlate et suspendu à ses lèvres. Il se fichait pas mal que ce ne soit pas forcément la manière de procéder, ou qu’il fut trop poli là où certains de ses pairs auraient déjà franchi le cap depuis belle lurette. Mais il était Wes, et pas ces gens-là auxquels il devait cesser de se comparer, alors il prendrait son temps, étape par étape. Il devait décider, pas eux, et surtout pas sa peur.

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MessageSujet: Re: wanna be reckless, restless right until tomorrow - felix.   Sam 13 Jan 2018 - 13:05

Il avait beau avoir l’habitude de s’abreuver à sa flasque (confisquée un million de fois par son père et toujours récupérée d’une manière ou d’une autre), Felix était toujours rapidement enivré par ce qu’elle contenait. À croire qu’elle était magique, une gorgée suffisait à lui faire tourner la tête. Et il adorait ça. C’était l’unique remède qu’il avait trouvé pour affronter les réunions familiales, celles où il était chaque fois mis en défaut, où son père trouvait toujours quelque chose à redire à propos de son attitude ou de sa réputation. Le jeune homme se disait souvent que jamais son père n’avait dû laisser échapper le moindre compliment à l’égard de son unique rejeton (raison pour laquelle, peut-être, l’unique rejeton en question se gorgeait tellement de ceux qu’on pouvait lui offrir, même ceux pleins de maladresse, comme celui que Wes venait de lui lâcher) et que ça trahissait combien il avait honte du garçon qu’il avait engendré et qui n’était clairement pas à la hauteur de ses attentes. Un psychologue quelconque aurait peut-être souligné que le comportement de Felix était peut-être directement lié à ce manque d’estime que son père manifestait à son égard, que son besoin de choquer et de provoquer était peut-être directement proportionnel au mal que lui avait fait son père quand il était assez âgé pour comprendre ce qui se disait. Mais pour cela, il aurait fallu que Felix s’expose à un psychologue, ce qu’il n’avait jamais fait de son existence (quand bien même sa mère le croyait, elle en avait d’ailleurs payé un une fortune et Felix s’était arrangé pour doubler la prime s’il prétendait qu’il se rendait régulièrement aux rendez-vous fixés). Il n’était pas encore arrivé, le jour où Felix se soumettrait aux désirs parentaux et même s’il en donnait l’impression en ayant pris ce fameux train que son père avait réservé quelques semaines plus tôt, il était évident que Felix ne changerait pas sa politique à Mount Oak. Il serait toujours le même, l’éternel fauteur de trouble que rien ne pouvait sembler assagir.
Ce soir, toutefois, son père était loin de ses préoccupations. Il avait momentanément oublié New York et sa vie passée pour se concentrer sur le moment présent. À quoi bon, après tout, s’appesantir sur quelque chose qu’on ne pouvait plus changer ? Et à quoi bon s’étourdir d’inquiétude en songeant à ce qui n’était pas arrivé ? C’était bien là la philosophie de vie du jeune Ashford : vivre l’instant, le vivre pleinement. Et tant pis si ça ne durait qu’une seconde. Et tant pis si cela signifiait foncer vers la catastrophe. La vie n’était-elle pas faite pour ça ? Quel intérêt y avait-il à suivre un sentier bien dessiné ? Quelle vie serait-ce s’il n’y avait pas les imprévus pour rendre les choses plus intéressantes ? Comme maintenant, par exemple : une heure plus tôt, il n’avait aucune idée qu’il se retrouverait en la charmante compagnie de Wes Byrnes, le garçon avec lequel il avait simplement échangé quelques messages anodins jusque-là. Qui savait ce que l’heure suivante leur réservait (même s’il en avait une petite idée) ?
Un sourire glissa sur les lèvres du jeune homme quand Wes exprima plus clairement sa pensée : il lui plaisait. Voilà qui faciliterait les choses, se dit Felix, puisque Wes, en quelques secondes à peine, lui avait plu également. Il n’exprima toutefois pas cette réciprocité. Un peu pour punir Wes de sa maladresse mais surtout parce que cela aurait été trop simple. Il préférait jouer sur l’ambiguïté, elle révélerait davantage du garçon aux boucles dorées. Car, malgré tout, Felix aimait évaluer (ou devait-on dire tester ?) ses interlocuteurs et son rendez-vous inopiné avait sûrement encore bien des choses à faire découvrir. Felix le sentait : ce Mount Oakois rougissant avait plus d’un tour dans son sac. Et si Wes mettait du temps à se dégourdir, assurément, la potion magique de la flasque ne tarderait pas à le détendre suffisamment pour lui ôter ce balai qu’il avait dans le derrière.
Peu préparé sans doute à ce qu’il allait boire, Wes eut une petite toux étranglée qui extorqua un nouveau sourire à Felix. Au moins pourrait-il prétendre avoir un coup de chaleur à cause de la boisson, s’il recommençait à rougir comme une jouvencelle. Mais il pouvait toutefois rougir autant qu’il le voulait, Felix trouvait le tableau de ce garçon intimidé charmant – il pouvait difficilement dire attendrissant puisqu’il ne se laissait jamais attendrir par quoi que ce soit. Cela donnait envie de presser les doigts contre cette peau écarlate qui, à coup sûr, devait chauffer comme un feu de cheminée agréable. Mais la main de Felix resta logée dans sa veste tandis qu’ils cherchaient une activité, un apéritif avant de se mettre à table, pensa Felix avec une moue ironique.
Heureusement pour lui, l’évocation peu engageante de son paternel ne tua pas son humeur – ce qui aurait pu tout aussi bien arriver, tant le garçon nourrissait des émotions contradictoires à l’égard de ce dernier. Parce qu’il le savait, Felix, il n’avait pas besoin d’un psy pour lui apprendre que son attitude était peut-être une tentative maladroite d’attirer l’attention de son père sur lui. Et comme il n’avait aucune idée de la façon de faire pencher la balance à son avantage, il persistait à approfondir la honte paternelle à son égard. Le jeune Ashford avait abandonné depuis longtemps tout espoir d’entrer dans ses grâces et, dès lors, à l’inverse, il faisait tout pour mettre son patriarche en rogne. Il ne fallait parfois pas grand-chose pour faire basculer le jeune New Yorkais dans une déroute décadente. Mais son père était loin, désormais. S’il avait un jour vent de ses incartades, ce serait des jours, voire des semaines après qu’elles se soient produites et il n’avait donc pas à s’en soucier. Que pourrait-il faire de pire que de l’envoyer à Mount Oak, après tout ? Le déshériter ? Qu’il le fasse donc, Felix avait plus d’un tour dans son sac, il retomberait bien sur ses pattes. Et comme il ne tenait pas à parler de son père, il se borna à un hochement de tête plus ou moins compatissant quand Wes évoqua le sien.
Avec un haussement de sourcils amusé, Felix tendit sa flasque. Ah bon ? L’avenir de cette soirée dépendait de la décision à venir ? Si la potion magique pouvait aider, Felix n’allait certainement pas jouer les égoïstes et il plissa légèrement les yeux en observant Wes s’abreuver de courage, comme s’il s’apprêtait à sauter dans le vide. Était-ce la raison qui le poussa à porter son choix sur la grande roue et sa prétendue vue ? Felix s’en fichait pas mal, se contentant d’un hochement de la tête tandis que ses doigts cherchaient son portefeuille dans l’autre poche intérieure de sa veste.
- Excellent choix, dit-il avec un petit ronronnement avant de se laisser entrainer par Wes en direction de l’attraction.
Visiblement, les effets de l’alcool opéraient : quelques instants plus tôt, il n’aurait pas cru un instant que Wes puisse oser un geste vers lui et voilà qu’il le tirait par la main. Felix ne chercha évidemment pas à se soustraire à l’étreinte de leurs doigts et suivit son nouvel ami sans rechigner.
Felix se planta devant le guichetier, un sourire équivoque gondolant ses lèvres moqueuses, et il tendit un billet au bonhomme.
- Gardez la monnaie, dit-il d’un ton magnanime.
Mais il aurait aussi bien pu dire : tonight is my lucky night et l’homme aurait pu faire tout ce qu’il pouvait pour ignorer le sous-entendu, il n’y serait jamais parvenu. L’employé lui tendit deux billets et les deux garçons se dirigèrent vers la file. Felix rangea son portefeuille sans quitter Wes des yeux, comme s’il le défiait de reprendre la parole le premier. La gêne était revenue s’insinuer entre eux, à l’évidence, mais cela n’embarrassa pas Felix qui décréta que cela faisait partie du charme des rencontres avec des inconnus. Ne pas tout connaitre de l’autre, devoir deviner ce qui se tramait derrière les grands yeux clairs, les joues rosies, les lèvres pincées. Le jeune homme ne fut extirpé de sa contemplation que parce que le type qui gérait la montée et la descente de la grande roue les avertit des conséquences du moindre vomissement. Incapable de retenir un éclat de rire, Felix lança à l’homme :
- C’est d’un romantique, ça !
Il offrit son sourire le plus narquois au type qui grommelait et grimpa à la suite de Wes, s’installant avec un soupir à ses côtés.
À quand pouvait donc remonter la dernière fois qu’il était montée dans une grande roue ? Cela devait remonter à loin parce qu’en invoquant ses souvenirs, il ne put revenir que sur une image trouble de sa mère et lui au milieu de la foule. Sa mère qui détestait évoluer dans un espace trop restreint, qui ne supportait pas d’être bousculée. Elle avait dû lui offrir une barbe à papa (mauvaise idée quand on savait ce que le sucre pouvait faire à AJ quand il était petit), un tour de grande roue (où elle avait refusé de monter, prétextant un vertige insurmontable) et ils étaient rentrés au plus vite. Les Ashford se baladaient le moins possible parmi la plèbe, après tout.
Felix s’étala de tout son long, un bras sur le rebord, les jambes étendues devant lui, tandis que la roue commençait à tourner, ce qui provoqua un doux balancement de la nacelle. Son attention ne glissa sur les lumières avoisinantes que pour mieux se recentrer ensuite sur Wes : seul intérêt qu’il y avait réellement à ce tour de manège. Un sourire en coin lui arqua les lèvres en voyant que le jeune homme regardait du côté opposé, probablement mal à l’aise à cause de la proximité et du fait qu’ils étaient seuls maintenant (si on faisait abstraction des gens qui occupaient les nacelles précédentes et suivantes), et s’accentua quand le blondinet s’arma d’assez de courage pour revenir à lui. Le regard malicieux du New Yorkais glissa sur son compagnon puis sur les doigts qui s’étaient emparés de sa veste. Et, toujours, il retenait le moindre geste en direction de Wes, comme pour le tester, comme pour l’inciter à faire le premier pas lorsqu’il paraissait évident que tout aurait été plus simple s’il avait pris les devants.
Une boule de lave inattendue se déversa dans le ventre de Felix quand Wes lui demanda s’il pouvait l’embrasser et une lueur féline glissa dans les prunelles du garçon. Absorbé par sa contemplation amusée, Felix resta muet et tendit plutôt la main pour attraper la casquette de Wes, qu’il ôta lentement pour libérer la vague bouclée des cheveux du jeune homme. Il la posa ensuite à côté de lui et se redressa lentement, à la façon d’un prédateur, pour glisser les doigts dans la chevelure de Wes.
- Tu peux faire tout ce que tu veux, finit-il par ronronner quand son regard caressa les lèvres entrouvertes du Mount Oakois.
Et il combla le faible espace entre leurs bouches pour embrasser Wes avec une avidité évidente.
Le décor autour d’eux se dilua. Même les sons mécaniques de la grande roue parurent s’estomper tandis que l’attraction les emmenait vers les cieux. Elle s’arrêta, comme une providence, alors qu’ils étaient à l’apogée de l’attraction, au point le plus haut, isolés du monde, avec pour seul témoin le ciel étoilé qui semblait veiller sur eux. La nacelle se stabilisa tandis que la langue joueuse de Felix explorait la bouche de Wes avec un délice indéniable. Il pouvait goûter l’alcool sur celle de son nouvel ami et il les laissa danser un instant avant de caresser les dents et de mordiller les lèvres avec un léger grognement. Existait-il seulement une meilleure sensation que celle-là ? La communion des sens, des langues, des salives ? Oui, évidemment, ce qui devait suivre était encore plus enivrant mais c’était là un avant-goût exquis que même l’alcool ne pouvait surpasser.
Felix s’essouffla en baisers enfiévrés, la main logée dans la nuque de Wes, les doigts empêtrés dans les boucles, pour anticiper toute esquive. Et de sa main libre, il vint explorer un autre territoire, juste pour voir si Wes et lui étaient complètement sur la même longueur d’onde. Sa paume glissa sur le torse du jeune homme pendant qu’il guettait la moindre de ses réactions (une accélération subtile de la respiration, un muscle qui se bloquait instinctivement, un mouvement de recul qui trahirait un malaise) et il la laissa doucement descendre. Sur le ventre, d’abord, les hanches et la cuisse ensuite, pour finir par venir masser doucement l’entre-jambe de Wes. Un grognement impatient lui échappa et il sentit la lave qui s’était répandue en lui entrer en ébullition.
- D’accord, Wes, la grande roue était une excellente idée, murmura-t-il contre ses lèvres. La vue est parfaite.
Oh, si des caméras devaient capturer ce moment et être visionné par les deux types qui faisaient marcher l’attraction, il était certain qu’ils s’étoufferaient en cherchant le bouton pour faire redescendre au plus vite les deux garçons. Mais, après tout, le type avait parlé de vomissements, non ? Il n’avait rien dit à propos d’autres sécrétions, songea Felix avec cynisme.

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yeah, sure. whatever.
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MessageSujet: Re: wanna be reckless, restless right until tomorrow - felix.   Dim 14 Jan 2018 - 12:14

Le passage du temps lui faisait l’effet d’un poids qui ne cessait d’augmenter au fond de ses entrailles. Trop tard pour reculer, trop tard pour s’échapper, se rappela t-il tout bas. Pourtant malgré ce fourmillement agréable sur sa peau, ses prunelles fuyaient l’inévitable pour scruter le paysage en contrebas où des illuminations de noël formaient des coulées de lave scintillante dans les allées. Au dessus il y avait le ciel anthracite, où quelques étoiles commençaient à percer, brillantes comme si on les avait astiquées. Il s’arracha à ce spectacle, et se focalisa sur la nacelle baignant dans une lueur orangée dispensée par les projecteurs avoisinants qui soulignaient la promiscuité de l’espace. Sous cet angle, Felix avait une aura différente dans ses vêtements froissés par le vent, ou peut être volontairement négligés. Il n’aurait su dire, et ça n’importait pas des masses, car cela ne changeait rien à l’attirance qu’il éprouvait à son égard. Derrière le garçon, la lumière était concentrée sur la banquette, où un bras pendait mollement. Son inspection se poursuivit jusqu’à ce corps si proche du sien, et il se surprit à contempler la grâce naturelle de sa posture, son poignet en équilibre sur un genou, ses membres longs et ses articulations délicates. Wes éprouva une tension diffuse mais grandissante, la sensation d’attendre…. d’attendre quelque chose qui tardait à arriver. Il avait l’impression de se trouver seul dans une fosse avec un lion : le lion pouvait se détendre, mais lui non. La volonté de briser la distance se fit plus intense, venait-il réellement de lui demander bêtement son autorisation ? Visiblement oui. En une seconde, ils se retrouvèrent côte à côte : leurs regards s’accrochèrent ; ses yeux étaient vivant, vivant, vivant. Les secondes tombèrent doucement, et ses lèvres s’entrouvrirent légèrement, il respirait désormais par la bouche dans un drôle de feulement presque suppliant. La flasque avait remplit son office et terminait de faire son bout de chemin à l’intérieur, s’engouffrant dans son sang et ses organes, tout en calmant les pulsations nerveuses envoyées par son esprit. Il vit la main de Felix s’approcher, et lui ôter sa casquette, qui acheva sa course sur le cuir usé où bon nombre de personnes s’étaient assises auparavant pour admirer cette vue grandiose sur Mount Oak. Il se demanda si, par le passé, d’autres effrontés comme eux avaient bravé les… oh. Il fut interrompu en pleine réflexion par les doigts de l’espiègle qui s’étaient faufilés à travers ses boucles blondes délivrées de leur prison. La peur s’immisça entre eux, et il la fit disparaitre d’un battement de cil. « Tu peux faire tout ce que tu veux. » ’Ce que je veux c’est toi’ pensa t-il silencieusement tandis que leurs lèvres se rencontraient enfin dans un geste initié par son acolyte. Son coeur fit une embardée - pire que ça - une chute de plusieurs mètres sans parachute. Il explosa, son être tout entier secoué par des feux d’artifices. Wes en oublia tout le reste : la mort de Justine, son père disparu, (Sebastian), sa trouille bleue des hauteurs, et surtout son inexpérience. Aux oubliettes cet adolescent maladroit, incapable d’assumer ses pulsions à l’égard de la gente masculine. Ce soir il refusait de se laisser guider par cette pseudo morale qui l’avait bousillé pendant plus de dix ans; ce soir il était Wes Byrnes, le vrai, pas l’autre, le lâche.  

Il ferma les paupières, concentré sur leur échange imprégné d’alcool. Le bruit de leurs souffles entremêlés emplissait ses oreilles, alors que leurs langues se retiraient, et se retrouvaient pour mieux se découvrir. A chaque glissement humide, il défaillait un peu plus que le précédent, et ses dents sur sa chair n’arrangeaient en rien l’appétit bouillonnant dans son bas ventre. Il brûlait si fort que tout son être se consumait sous l’habileté des mouvements de Felix dont il percevait le battement du palpitant accélérer d’un commun concert avec le sien. Il s’amusa à son tour à titiller le garçon en s’enfonçant progressivement dans sa bouche et ne put se retenir de gémir en sentant cette main qui s’acheminait partout où elle pouvait. Ce contact inquisiteur fut accepté là où il ne l’avait jamais été - juste une fois -, et ses muscles se raidirent en guise de réponse, son pouls rapide appelant à la fuite. La pression impossible à cacher maintenant, se faisait insistante au niveau de son entrejambe, et il étouffa un grognement. Leur étreinte se rompit dans le calme de l’habitacle tremblotant. « D’accord, Wes, la grande roue était une excellente idée. La vue est parfaite. » Essoufflé, un peu sonné par tout ça, il happa une bouffée d’air salvatrice en posant ses paumes sur le visage de Felix. En entendant son prénom, il ne put se retenir de sourire; un sourire plein de douceur, de joie et d’une pointe de timidité. Il survola sa joue, son pouce courant sur sa pommette, tendre. Le corps de son amant, que celui ci avait l’air de maitriser si soigneusement était durci par la tension. « Je sais. La mienne aussi. » Murmura t-il, en glissant ses doigts sur sa nuque tiède, jouant avec des mèches noires autour de son index. Il s’attarda sur ces dernières, et revint vers cette bouche offerte, un cadeau des dieux qu’il n’assimilait pas vraiment. Lentement, très lentement, il l’embrassa avec ardeur, enivré par le désir, délicieux pic d’adrénaline dans ses veines. Emporté par l’élan, il bascula au dessus de lui - en se cognant contre la porte -, son corps calé contre le sien. La friction de leurs atomes changea leur étreinte en activité plus physique, et il partit explorer ce torse de ses mains imprudentes, en soulevant ses vêtements avec hâte. Le ventre maigre de Felix brilla dans la pénombre, sous la chaleur de ses caresses et il se redressa pour mieux l’observer (le contempler ?). Le souffle de l’effronté identique au sien, chatouillait son menton : chacun respirait l’air de l’autre. Sans le quitter du regard, il descendit vers des monts inconnus, pour effleurer la surface gonflée, en s’évertuant à ne pas commettre de maladresse. Avait-il compris ses propos plus tôt dans la soirée, lorsqu’il avait avoué au détour d’une phrase que c’était littéralement sa première fois ? Son premier rendez vous, son premier garçon (officiel), et la première fois qu’il couchait avec quelqu’un. Un garçon du moins, puisqu’il y avait eu des expériences ratées avec des filles, une ou deux par ci par là, et puis il y avait eu Sebastian. Sebastian…. Nul ne savait ce qui aurait pu se passer si son père ne les avait pas interrompu. Il le chassa de ses pensées. Toujours était-il que Wes avait attendu d’avoir vingt quatre ans pour passer à l’acte… Felix se déroberait-il si il l’apprenait ? Il hésita, partagé entre l’idée de tout balancer, ou celle de feindre qu’il était juste un peu inexpérimenté. « Est ce que -. » Commença t-il d’un voix raque, interrompu au milieu par le bruit métalliques de la roue qui amorçait la fin de son tour. « Merde ça redescends. » Déjà, fut-il tenté d’ajouter. Wes se recula, chamboulé par ce retour brutal à la réalité qui contrecarrait ses plans. Pour autant ses mains n’avaient pas abandonné Felix, coincées dans les plis de ses fringues, où il dessinait de petits cercles avec son pouce.

Le silence s’invita un court instant, et la nacelle s'immobilisa sur la tête du gérant à la moustache proéminente. On aurait dit qu’il allait les tuer, savait-il ? Peu importe, aujourd’hui il était invincible. « Dehors vous deux c’est terminé, ou alors il faut payer. » Il attrapa sa casquette, puis les doigts de son acolyte qu’il entraina à sa suite, déçu par cette interruption soudaine mais néanmoins ravi d’être sur la terre ferme. Ils s’éloignèrent de plusieurs mètres, avant qu’il ne se stoppe à nouveau près d’un réverbère pour le tirer contre lui. C’était comme si il était incapable d’arrêter de le toucher, irrémédiablement attiré par Felix, et ce corps qu’il avait à peine pu discerner sous la lueur des vieux stroboscopes. Il combla le vide pour l’embrasser; une sorte de majeur levé à l’attention de son ancien lui, et de tout ceux qui se permettaient de juger, ceux comme eux : des gens libres. « Je connais un endroit… » Il avait du mal à respirer, sa bouche était endolorie par ses baisers répétés; il continua. « …. Pas très loin d’ici si on prends mon vélo (il le désigna d’un coup d’œil), c’est une vieille cabane près d’un lac. » Sa sœur l’avait mentionné à mainte reprises lorsqu’elle lui avait raconté que plusieurs de ses amies s’étaient targuées de perdre leur virginité là bas. Il était notoire cependant à Mount Oak, que la bicoque du vieux garde forestier, ouverte à tous (chacun était dans la confidence de la clef), servait aux adolescents pré pubères, cherchant un refuge pour ce genre de pratiques. Et tant que l’endroit restait propre, personne ne trouvait (à priori) rien à redire. Wes n’y était jamais allé (pas pour ça en tout cas), mais il connaissait parfaitement le chemin, ayant passé tout ses étés plus jeune à nager dans les eaux troubles de l’étendue sombre. « Tu m’as dis tout à l’heure que je pouvais faire tout ce que je voulais… Je te veux toi. » Il se fendit d'un sourire sincère, et le lâcha pour décrocher son vélo de ses attaches, avant de revenir d'un pas décidé. Il s'installa sur son modeste moyen de locomotion, et l'invita à venir derrière. « Si monsieur veut bien se donner la peine. » Un rire léger s'échappa de sa gorge, et ses cheveux blonds glissèrent dans sa nuque. Il était bercé par une quiétude exquise, peut être la boisson, ou un truc différent. Plutôt le second; non, sur et certain le second.

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Felix Birdsey

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MessageSujet: Re: wanna be reckless, restless right until tomorrow - felix.   Lun 29 Jan 2018 - 20:18

Contrairement à ce que l’on aurait pu s’attendre avec Felix, il n’avait pas besoin de folles équipées pour apprécier une soirée, même si, évidemment, il les aimait aussi. Un tour de grand roue, en soi, ça n’avait pas non plus quelque chose d’extraordinaire mais ça avait tout de même l’avantage de ne pas être parfaitement commun, de sortir juste assez du lot pour que d’ici quelques jours, le souvenir ressurgisse et fasse naitre sur ses lèvres moqueuses un sourire appréciateur. Et puis, il devait bien l’avouer, ce n’était pas tant l’attraction en elle-même qui marquait ses sens mais la compagnie que lui apportait la nacelle et la découverte de ce garçon qui, derrière son malaise, s’avérait moins farouche qu’il en avait l’air. Tant mieux. Si Felix avait bien pressenti que ça n’était pas dans les habitudes de Wes de se lancer dans pareille rencontre, il était au moins assuré que l’autre ne se débinerait pas à la première approche des mains baladeuses du New Yorkais. Et ses doigts, Felix aimait bien les glisser un peu partout, tout comme ses lèvres. Et autre chose. Ils auraient pu jouer longtemps au chat et à la souris (il était le chat, Wes la souris, bien évidemment, même s’il lui était parfois arrivé d’être la proie, Felix avait plutôt l’habitude d’être le chasseur, à moins que ses compagnons d’une nuit soient aussi précis que lui dans leurs désirs, alors il n’y avait nul besoin de tergiverser, juste d’agir) mais Wes eut la bonne idée de lâcher des miettes et Felix ne se fit pas prier pour les ramasser, pour saisir la perche, pour s’emparer des lèvres du jeune homme, puis laisser libre cours aux envies spontanées qui le traversaient. Felix ne calculait jamais ses actes, c’était peut-être l’un de ses torts mais il aimait se dire qu’il n’y avait pas à préméditer le sexe : il venait à point ou il ne venait pas du tout. Il suffisait juste de trouver le partenaire idéal, le soir idéal, l’endroit idéal et de laisser la nature faire son travail ensuite. Il n’y avait, après tout, rien de plus magique qu’un corps qui s’éveille sous les caresses d’un autre, des sensations qui irradiaient de chacun de leurs pores lorsqu’ils s’abandonnaient à leurs plus bas instincts, de l’apothéose d’une union synchronisée. Chaque corps était une découverte et c’était avec ce leitmotiv que Felix avait entrepris d’en découvrir un maximum, parce qu’il voulait voir ce que le monde fabriquait de plus beau et de plus varié. Ce soir, c’était Wes qui retenait toute son attention, pas les étoiles qui picoraient le ciel par milliers, seules spectatrices des premiers émois provoqués par un inconnu, des prémices d’une complicité inattendue entre deux garçons qui, si l’un n’avait pas été évincé de New York et si l’autre n’était pas revenu parce que son père avait disparu, ne se seraient probablement jamais rencontrés.
Un sourire espiègle arqua les lèvres de Felix quand les mains brûlantes de Wes vinrent se plaquer sur ses joues. Il esquissa un mouvement, mordillant légèrement la chair tendre à la base du pouce de Wes, une morsure indolore qui n’était pas sans rappeler celle d’un chat joueur. Il émit d’ailleurs un rire qui tenait plus du ronronnement à la réponse de Wes et laissa ses yeux glisser sur le visage du garçon, si proche qu’il était si tentant d’en embrasser chaque parcelle. Il avait beau s’adonner à ce genre de découverte un peu trop régulièrement, Felix ne se lassait jamais de ces premiers instants, de ce mystère qui auréolait l’autre et plus particulièrement Wes. Le côté presque ingénu du jeune Mount Oakois chatouillait l’intérêt de Felix et il trouva un charme particulier à ne pas retrouver un type qui lui ressemblait trop, qui faisait de ce genre de tête-à-tête une activité presque banale, parce que ça n’avait jamais rien de banal de se donner à un autre ou qu’un autre se donne à lui. Même s’il aimait jouer la carte du gars blasé qui avait déjà presque tout vécu, tout vu, Felix cherchait surtout la nouveauté, quelque chose qui puisse l’extraire de l’ennui profond qu’était devenue son existence de gosse de riche à qui on ne refusait rien. Son père pensait lui apprendre la vie en l’envoyant à Mount Oak, Felix n’y voyait qu’une punition pathétique dont il finirait par s’accommoder, comme tout ce qui avait fait sa vie jusqu’à présent. Pour l’instant, en tout cas, il se laissait bercer par le balancement de la nacelle et par le regard enflammé qui lui faisait face et quand Wes l’embrassa à nouveau, plus fort, plus fiévreusement, Felix se laissa porter par le courant, serrant plus étroitement le jeune homme contre lui. Il le laissa même prendre le dessus, se calant comme il put contre la banquette inconfortable – décidément, la grand roue n’était pas faite pour ce genre d’élan, elle était plus adaptée aux baisers innocents, aux bras passés sur les épaules du voisin, rien de ce dont Wes et lui voulaient se contenter, visiblement. Le jeune homme ignora la douleur dans son dos, préférant se concentrer sur les mains de Wes qui s’aventuraient sous ses vêtements et un sourire indéchiffrable se dessina sur les lèvres du New Yorkais. Wes allait-il être déçu ? S’il s’attendait à un corps de mâle bien soigné, aux abdominaux dessinés, aux pectoraux saillants, il allait être déçu. Pour autant, Felix n’était pas le moins du monde complexé par sa silhouette dégingandée et par sa peau pâle qui lui donnait presque un air maladif. Il n’avait qu’à penser à toutes ses conquêtes, jeunes et moins jeunes, pour se rappeler combien les découvertes avaient été variées et comme aucun n’avait jamais eu quoi que ce soit à redire de ses performances… Felix observa néanmoins les traits de Wes avec une attention acérée, guettant la moindre de ses réactions, ses doigts caressant toujours les boucles blondes tandis que son souffle court trahissait son émoi. Et quand son nouvel ami se laissa légèrement glisser vers d’autres latitudes, Felix émit un soupir de reddition en laissant retomber sa tête en arrière contre le plastique glacé de la nacelle. Il avait le ventre dans un étau, aussi prisonnier que son sexe enflé et il devait faire appel à toute son énergie et son expérience pour ne pas éclater comme un novice et souiller son pantalon avant même d’avoir vu la moindre action. Malheureusement – ou heureusement pour lui, au contraire – la nacelle leur rappela que leur voyage dans les airs n’était qu’un interlude et qu’il faudrait de toute façon retrouver la terre ferme. Ça n’était pas plus mal, songea Felix en se rasseyant convenablement, les mains négligemment posées sur son ventre, dans l’unique but de masquer un minimum les tourments de son corps tandis que le visage peu avenant de l’employé leur apparaissait de nouveau.
- Toujours aussi aimable, à ce que je vois, rétorqua Felix en dépliant son grand squelette, emporté par Wes qui, à nouveau, n’avait pas hésité à lui saisir la main.
Le regard du bonhomme glissa sur leurs doigts entremêlés d’un air désapprobateur et Felix claqua des doigts de sa main libre sous le nez du gérant pour récupérer son attention.
- Passez une excellente soirée, m’sieur. Moi, en tout cas, je sais que je vais m’amuser, déclara-t-il en concluant sa tirade d’une grimace obscène, sa langue ne laissant que trop peu d’imagination à ce qu’il entendait par-là.
Felix se laissa entrainer sans chercher à savoir ce que Wes envisageait maintenant – a priori, ils devaient avoir la même idée en tête, ne restait qu’à trouver l’endroit. Ce à quoi le joli blond avait finalement mûrement réfléchi, apparemment, probablement inspiré par les préliminaires qui venaient d’être si sauvagement interrompus. Les bras de Felix vinrent naturellement s’enrouler autour de Wes et il glissa ses mains fraiches sous la veste pour les coller aux hanches brûlantes de son acolyte. Le jeune Ashford ne l’écouta qu’à moitié, grignotant ses lèvres alors qu’il tentait de lui expliquer où ils pouvaient se réfugier pour être enfin seuls. Il ne s’arrêta que lorsque Wes lui remémora ses paroles, comme s’il était nécessaire de le faire, comme s’il avait oublié l’offre qu’il lui avait faite ou qu’il risquait de la retirer. Mais pourquoi aurait-il fait ça ? Felix le regarda détacher son vélo d’un air un peu railleur et rajusta sa veste en approchant du garçon et de sa bicyclette.
- Attends, une seconde. Une vieille cabane ? T’es sûr qu’on n’va pas se peler le cul, là-bas ? C’est pittoresque, tu vas me dire, mais j’ai de quoi nous payer une chouette chambre d’hôtel, si tu préfères. Avec Champagne et toutes les conneries qui vont avec.
Bon, Felix n’irait sûrement pas se targuer que, pour lui, tout ça, ce n’était que des broutilles. Mais il avait toujours habitué à un certain luxe et il se figurait mal l’attrait que pouvait avoir une cabane, surtout vieille, près d’un lac. Il imaginait un vieux cabanon plein de poussières et de toiles d’araignées, une lampe à huile suspendue au plafond, et s’il avait parfaitement conscience de l’absurdité du tableau, il ne pouvait pas se l’ôter de l’esprit. Mais la vie n’était-elle pas une aventure ? pensa-t-il en même temps. Et n’y avait-il pas plus aventureux que d’aller se taper un joli minet dans une cabane abandonnée ?
- Enfin, on fait comme tu veux, Romeo, dit-il pour ne pas casser l’ambiance, grimpant derrière Wes, les pieds solidement posés sur les cales.
Il glissa les mains dans le creux des épaules de Wes et se laissa aller contre son dos, se dressant de toute sa hauteur pour observer les alentours avant de se pencher à l’oreille de son cavalier :
- J’espère que ce n’est pas trop loin parce que je meurs d’envie de te désaper et si tu tardes trop, tu vas te retrouver à moitié à poil au milieu des bois !
Et, satisfait de sa petite boutade, il se releva, pinçant légèrement les épaules du garçon avant de donner un coup de sifflet retentissant au moment où ils passaient à côté de la grand roue, en guise de dernier adieu aux employés revêches.

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yeah, sure. whatever.
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MessageSujet: Re: wanna be reckless, restless right until tomorrow - felix.   Mar 30 Jan 2018 - 19:56

En un sens tout se combinait ce soir : une sorte de providence bienveillante et rusée se dévoilait par degré, et Wes se sentait frémir à l’idée de ces découvertes fabuleuses qui se succédaient à une vitesse vertigineuse. D’abord cet élan improbable, ensuite, ce rendez-vous, et maintenant cette étreinte à la vue de tous avec un garçon. Des mois auparavant, il n’aurait jamais cru un tel exploit possible. Lui l’enfant boudeur pudique, acculé par le poids d’un secret immense qu’il était incapable de confier à qui que ce soit; un secret néanmoins visible à des kilomètres à la ronde. Il l’ignorait, mais il n’était pas l’illusionniste qu’il pensait être, au contraire, il suffisait de le voir évoluer dans une soirée pour comprendre que derrière ce sourire feint, il y avait tout un tas de batailles inachevées. Mais pas aujourd’hui; aujourd’hui ses yeux bleus affichaient un calme - tout relatif - teinté d’une étincelle toute particulière. Il était serein, sans tout à fait l’être en de pareilles circonstances, car il savait ce qui était à venir après ce prélude fort agréable dans la grande roue. Cet acte tant repoussé depuis cet incident douloureux de son adolescence allait revenir sur le tapis d’ici peu, et si il en mourrait d’envie (son corps trahissait ses intentions), il n’était pas certain d’être suffisamment prêt. Du moins une partie de son cerveau bottait en touche face à l’inévitable. Qu’allait faire Felix en découvrant la supercherie ? Allait-il se moquer ? Partir ? L’accepter ? Le doute se distilla goute par goute dans son cerveau, embrumé par les relents d’alcool de la flasque gentiment prêtée. Son acolyte à en juger par ses gestes habiles, et cette aisance innée, n’en était probablement pas à son coup de d’essai, tandis que lui… Lui il n’avait fait que caresser l’idée du bout de sa conscience, sans réellement y donner suite. Le sexe était un vaste sujet qui l’intriguait et qu’il désirait connaitre à son tour, tout en étant habité par une appréhension fébrile. Peut-être était-ce à cause de son passif, ou de toutes ces choses qu’il avait pu lire ou entendre, néanmoins elle était présente dans son esprit. Il la poussa dans un coin, et s’accrocha aux pans de la veste de Felix pour ne pas sombrer dans ses angoisses inutiles. Était-ce réellement avec ce quasi étranger qu’il allait perdre sa virginité ? Il frissonna. Il n’accordait pas une importance spécifique à la personne avec qui il le réaliserait (du genre attendre le grand amour), mais le geste n’était pas anodin pour autant. Or le faire avec Felix n’était pas pour lui déplaire, hormis l’attraction – évidente -  qui les unissait, il ne pouvait pas nier se sentir relativement à l’aise en sa compagnie. Et pour Wes qui tâtonnait en la matière, c’était déjà énorme.

Il considéra ses traits juvéniles mis en valeur par l’éclat orange des stroboscopes, il avait le sentiment de pouvoir se perdre à jamais dans cet étrange petit visage et dans l’espièglerie de cette bouche dessinée. Un sourire se nicha sur ses joues, et ses doigts jouèrent dans ses boucles brunes, en parfaite opposition à sa chevelure dorée. Autour d’eux, l’effervescence de la fête foraine s’était dissipée un instant pour accorder une minute de répit à ces deux garçons dont les mondes entraient en collision. Sa respiration se fit plus lente, et sa prise sur ses vêtements plus forte, mais il ne broncha pas en percevant ces mains intrusives sur sa peau brulante. Le contact frais était plaisant, et il répondit d’un hochement du menton avant de se détacher à contrecœur pour récupérer son vélo, les jambes pantelantes. Il avait mal partout, partout, partout. Ses paupières le brulaient, ses muscles étaient endoloris, ses lèvres asséchées, quant au reste… Il ne contrôlait plus rien. Il tâcha (en vain) de se reprendre, en récupérant la vieille bécane, et revint vers l’effronté. « Attends, une seconde. Une vieille cabane ? T’es sûr qu’on n’va pas se peler le cul, là-bas ? C’est pittoresque, tu vas me dire, mais j’ai de quoi nous payer une chouette chambre d’hôtel, si tu préfères. Avec Champagne et toutes les conneries qui vont avec. » Un rire franc secoua ses épaules, et il s’appuya sur le guidon. En effet, ils auraient pu aller dans n’importe quel hôtel de la ville, et se perdre dans les dédales d’un bâtiment  trop éclairé, mais où était le soupçon de magie là-dedans ? Qui plus est, il refusait de le laisser payer quoi que ce soit. « Oublie les gouts de luxe, tu verras, ce n’est pas ce que tu crois, fais-moi confiance. L’hôtel ce sera pour la prochaine fois. » Réalisant soudainement ses propos, il se mit à rougir aussitôt ; était-il allé trop loin en parlant de prochaine fois ? Heureusement pour lui, Felix ne lui en tint pas rigueur, et abdiqua finalement pour grimper derrière lui. « Enfin, on fait comme tu veux, Romeo. » ‘Mon cœur jusqu’à présent a-t-il aimé ? Jurez que non mes yeux, car jamais avant cette nuit je n’avais vu la vraie beauté.’ Songea-t-il en son for intérieur en se remémorant la prose du dramaturge quant à la vraie beauté. L’analogie avait fait pétiller son œil d’amusement, mais il espérait ne pas subir le même destin funeste que le dit protagoniste de la célèbre pièce de Shakespeare. Il avait eu son lot de soucis pour les dix prochaines années, et n’était pas volontaire pour endosser davantage de problèmes. « Allons-y alors. » Il poussa d’un coup sur les pédale pour les tirer loin des quais, acceptant avec bonheur (et supplice ?) la silhouette de Felix pressée contre la sienne. Ils n’avaient même pas fait quinze mètres, quand le souffle tiède de son passager chatouilla ses oreilles. « J’espère que ce n’est pas trop loin parce que je meurs d’envie de te désaper et si tu tardes trop, tu vas te retrouver à moitié à poil au milieu des bois ! » Le vélo manqua de peu le fossé, alors que les images sous entendues se confondaient dans le paysage environnant. « Ça ira plus vite si le chauffeur n’est pas injustement perturbé. » Répondit-il d’un ton faussement réprobateur, obnubilé par ses doigts agrippés à ses épaules, et son ventre conte son dos tout juste séparés par le tissus de leurs manteaux. Et malgré toute sa bonne volonté, sa concentration faiblissait  doucement à cause de ce point central qui occupait toute son attention. Il imagina ses doigts défaire les dernières barrières emprisonnant ce corps aux promesses délicieuses, et sa bouche courir sur la peau lisse et blanche de son camarade pour descendre plus bas afin de gouter à ……. De nouveau, il dû se reprendre en effectuant un virage serré sur le bitume gris. ‘Reprends toi Wes, où tu vas vraiment finir comme Roméo’ se fustigea-t-il en se focalisant sur un point à l’horizon.  Au fur et à mesure que les kilomètres s’allongeaient, la chaleur qui s’était invitée par cette promiscuité soudaine s’estompa avec le vent frais de l’hiver. Il n’y avait pas un chat aux alentours, parfois une rare voiture les dépassaient, mais ils étaient seuls, l’un comme l’autre perdu dans des pensées secrètes. De temps à autre, Wes venait chercher les mains de Felix pour s’assurer qu’il ne rêvait pas, où glissait un commentaire idiot sur un truc qu’il apercevait sur le bas-côté juste pour entendre le son de sa voix. Mais en définitive, ils n’avaient pas besoin de parler pour se faire comprendre, comme si tout ça n’était que la somme d’éléments évidents qui se répétaient régulièrement. Au terme d’une quinzaine de minutes, il abandonna la route principale pour bifurquer vers un sentier étroit, qui les plongea immédiatement dans l’obscurité de la forêt. Il pria intérieurement ne pas s’être trompé, car il basait tout son itinéraire sur de vagues souvenirs et les dires de sa cadette. En voyant la fameuse cime coupée à l’allure fantomatique se dessiner sur sa droite, il fut rassuré : normalement leur escapade touchait à sa fin. « On arrive. » Murmura t-il presque religieusement pour ne pas briser la quiétude environnante. Il observa les branches des arbres les plus hauts osciller au-dessus d’eux, emportant avec elles, une odeur de pin rassurante. Puis de fil en aiguilles, ils arrivèrent enfin vers un endroit plus dégagé, où un lac sombre – dans lequel les étoiles se reflétaient - s’étendait au pied de rares sapins téméraires. Il devina la cabane en contrebas, et se dirigea vers cette dernière, emporté par la descente sinueuse à travers des cailloux pointus.

Il déposa son vélo sur la berge, et contempla l’œuvre de la nature qui lui paraissait plus belle que dans ses souvenirs. Il se rappela son père et les séances de pêche improvisées, Wanda et leurs promenades insolites, les courses poursuites avec ses amis et désormais, lui et Felix. « Vient, c’est par là. » Il remonta les traces sur le sol faites par des amoureux de passage ou des promeneurs curieux qui les mena devant la bâtisse en bois. En dépit des intempéries, celle-ci tenait toujours debout, et avait fière allure. Il dénicha la clef sur le rebord de la fenêtre, et ouvrit la porte qui grinça sur ses gonds dans un bruit plaintif. Aussitôt dedans, Wes alluma la lumière, et se dirigea vers la pièce principale – il n’y en avait que deux de toute façon. A l’inverse de l’aspect terne et lugubre que la carcasse en rondins offrait à l’œil du passant, l’intérieur était plus lumineux et aéré. Il n’y avait que peu de décoration, à l’exception d’une cheminée en pierre – surmontée d’un tableau kitsch -, deux fauteuils en velours usés, un canapé-lit, et une petite table. Le garde forestier veillait à son état et passait fréquemment faire le ménage ; ce n’était pas un hôtel, mais ce n’était pas déplaisant pour autant. Un lieu connu de tous pour être un havre de paix et où la tranquillité était de mise. « Je vais faire un peu de feu. » Les mots se muèrent en une fine buée blanchâtre, alors qu’il s’empressait de dénicher des buches dans un meuble. Il les jeta dans le trou, et froissa des papiers par-dessus, qu’il alluma d’un briquet. Il y eu des étincelles suivies de crépitements, et les flammes vinrent lécher avec appétit l’offrande du garçon. Instantanément le ‘salon’ retrouva un soupçon de vie, et une atmosphère plus chaleureuse. Satisfait, Wes se redressa et se tourna vers Felix, aux aguets, le cœur en branle, avant de briser la distance  ténue entre eux. Incapable de résister, il effleura avec délicatesse ses pommettes et sa mâchoire de son pouce sans le quitter du regard. Sans un mot, il passa une main autour de son cou, pour attirer son visage, et l’embrassa avec ferveur, sans retenue. Ses doigts glissèrent sous sa veste, il perçut le souffle du garçon s’accélérer, tandis qu’il  explorait maladroitement ses formes en descendant vers son ventre. Il se sentait émerveillé, enivré. Soudain il recula, reprenant sa respiration, ses iris brûlants de désir. Il ne pouvait pas continuer, et faire semblant… Son honnêteté innée l’en empêchait et il préférait mettre cartes sur table avant de céder à ses pulsions, pour offrir la possibilité à Felix de s’échapper, de trouver un meilleur candidat. Il imaginait non sans mal, qu’il n’était surement pas le genre de mec qu’il fréquentait d’ordinaire, et que sa maladresse s’avérait être  un handicap. Il était donc préférable de ne pas mentir, à quoi bon ? Si ce n’était maintenant, il le verrait sans doute après. « Felix … Avant de… Quand je t’ai dit que je n’avais pas habitude, je ne parlais pas uniquement du rendez-vous. Je n’ai jamais eu de rapport avec un garçon. » Sa bouche se pinça en une mimique confuse, et il se mit à fixer le sol. Il se demanda quelle image ça donnait de lui ? Il ne voulait pas que son comparse se sente investi d’un quelconque devoir, ou qu’il le prenne comme une invitation officielle à se mettre en couple… S’il le lui avait confessé, c’était par soucis de faire la paix avec lui-même, mais cela ne changeait rien à l’envie qu’il éprouvait à l’égard de Felix. Au contraire, il était prêt si ce dernier l’acceptait tel quel.

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- 'caught up in my dreams and forgettin' I've been actin' like armageddon 'cause you held me in your arms just a little too tight, that's what I thought; summer's meant for lovin' and leavin' I was such a fool for believin' that you could change all the ways you've been livin' but you just couldn't stop | @ lana del rey.
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