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Rafael Areggui

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INSCRIT LE : 25/12/2017
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MessageSujet: life as we know it    Mer 27 Déc 2017 - 13:20

Quand le numéro de l’école s’était affiché sur son portable, le cœur de Rafael avait bondi et il avait fixé la suite de chiffres apprise par cœur pendant quelques secondes avant de répondre. Au bout du fil, une jeune femme très aimable lui avait expliqué qu’aujourd’hui, Dante s’était battu contre trois garçons plus âgés, Alfio avait proféré des insultes que « seul un marin confirmé aurait dû connaître » et que Cosima avait répondu aux brimades de ses camarades en découpant de jolies formes géométriques dans leurs vêtements. En écoutant chaque réclamation, Rafael s’était un peu plus recroquevillé sur sa chaise et ses doigts étaient tellement crispés qu’à la fin de l’appel, il n’avait pas pu lâcher son téléphone tout de suite. Le reflet de son visage soucieux était apparu sur l’écran et il avait poussé un profond soupir en balayant son bureau du regard. L’installation avait été faite à la va-vite et l’endroit ne semblait pas encore lui appartenir tout à fait. Des papiers, carnets, cartes et autres notes – témoignages de sa vie de journaliste – étaient éparpillés un peu partout mais ce n’était pas ce fouillis qui attira son regard. Une photo encadrée avait été posée sur un coin du bureau avec soin, contrairement à tout le barda ambiant. Une photo un peu vieillie, comme on n’en faisait plus aujourd’hui, où trois personnes souriaient face à l’objectif. Une jeune femme au sourire radieux, vêtue d’une robe blanche, entourée de deux garçons en costard. Là aussi, un témoignage d’une vie disparue, révolue. Rafael considéra son double passé, plus jeune, encore plus bouclé si c’était possible. Il passait le bras autour d’Evita mais c’était vers son mari Pablo qu’elle regardait, et il le regardait aussi, et ils étaient beaux comme le jour. C’était le jour de leur mariage mais elle avait déjà le ventre un peu rond, et ils riaient tous aux éclats, inconscients que ce bonheur n’allait même pas durer vingt ans. « Regardez ! Rafi a souri sur la photo ! » s’était écriée son amie en recevant les clichés sur papier glacé. Elle en avait fait une copie et l’avait donné à Rafael en se moquant gentiment de lui, et le journaliste avait plié et replié la photo pour qu’elle ne quitte plus jamais son portefeuille. Il n’aurait jamais pensé à ce qu’elle provoque chez lui une telle tristesse qu’il doive en détourner les yeux. Pablo et Evita avaient fait partie de ses meilleurs amis, et ils étaient partis. Partis en lui laissant trois gamins dévastés, plus un problème nommé Alvaro. A cette pensée, Rafael s’était redressé et composé à toute vitesse un message lapidaire – les enfants ont des soucis à l’école, il faut qu’on y aille – qu’il envoya au restaurateur avant de prendre ses affaires et de partir en direction de l’école. Pendant toute la durée du trajet, il avait eu le ventre noué, sensation qui ne s’était pas améliorée quand il avait demandé à voir les enfants et qu’on lui avait répondu qu’il valait mieux parler à la directrice de l’école avant. Lui qui n’avait jamais été reçu dans le bureau du directeur que pour être félicité de ses excellents résultats et de sa conduite modèle… C’était un comble, vraiment, et Rafi ne comprenait pas comment les choses avaient pu en arriver là. Dante, se battre ? Alfio, proférer des grossièretés ? Quand à Cosima, il n’osait même pas imaginer ce dont elle s’était rendue coupable… Comment allait-il pouvoir faire face aux parents à la prochaine réunion de l’association des parents d’élèves ? Dios ! Serait-il même invité, après que les enfants se soient couverts de déshonneur ? Des tas de scénarios traversèrent l’esprit de Rafi alors qu’on lui indiquait qu’il allait être reçu par la directrice et il pénétra dans le bureau avec l’entrain d’un condamné à mort. Une femme d’une quarantaine d’années, chignon serré et lunettes sévères, lui tendit une main qui n’avait pas vu une goutte de crème hydratante depuis de nombreuses années. « Bonjour, M. Areggui. Je suis Miss Norton, la directrice de l’école. Asseyez-vous, je vous prie. » Rafael hocha la tête, songeant qu’il avait quand même affronté des groupes terroristes et des situations bien plus dangereuses. Et pourtant, aucune ne semblait receler plus d’enjeux que cette rencontre. « Merci de me recevoir, Miss Norton. Je tiens à dire que… » La vieille demoiselle ne lui laissa pas le temps de terminer et trancha d’une voix sèche : « Votre compagnon. Il arrive ? » Si Rafael avait pu se liquéfier sur sa chaise, il l’aurait fait mais il composa un sourire crispé. Son compagnon ? Plutôt mourir. « Il va arriver bientôt, je vous l’assure. » Où était Alvaro, bon sang ? Mais au moment où il allait sortir son portable pour incendier son colocataire, des exclamations en espagnol retentirent dans le couloir et la porte s’ouvrit sur un Alvaro visiblement en pleine forme. Rafael retint le besoin de lever les yeux au ciel, se contenta d’un regard noir – llegas tarde – et se tourna vers la directrice, prêt à en découdre avec deux adversaires à la fois s’il le fallait. « Je tiens juste à préciser que M. Gaviera n’est pas mon… compagnon, à proprement parler. Nous sommes co-tuteurs. » Nouveau regard noir, au cas où Alvaro tenterait de démentir.
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Alvaro Gaviera

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MessageSujet: Re: life as we know it    Mer 27 Déc 2017 - 19:43

Une porte qu’on claquait avec un peu trop d’audace l’avait tiré d’un sommeil encore emprunt des effluves d’alcool de la veille. Il s’était vu danser avec un chien bleu en tutu, sur un air fort célèbre espagnol, tandis que Rafi - pouvait il cesser de venir le harceler y compris dans ses rêves - jouait des percussions africaines. Drôle de songe, qu’il avait quitté là en sursaut, suite à ce bruit similaire à celui d’un boulet de canon. Alvaro passa une main sur son visage fatigué et dans ses cheveux en pagaille avant de s’étirer doucement sur son lit de fortune. Un vieux fauteuil dont les coussins épousaient parfaitement ses formes, hérité de sa mère, et qui avait longtemps vu les différents voisins de Medellìn se succéder dessus pour écouter les prédications funestes de la sorcière du quartier. Tout ça lui manquait plus qu’il ne le disait, mais malheureusement pour lui, son prochain voyage s’était vu annulé à cause de sa nouvelle situation familiale. Il était devenu papa plus vite qu’il n’avait été indépendant, le comble. Il caressa d’un air nostalgique les accoudoirs en paille tressée, et se redressa pour chercher des vêtements propres dans son bureau. Il n’était pas rentré hier soir après la fête organisée en l’honneur de l’anniversaire d’un de ses plus chers amis, et avait préféré s’épargner la route en créchant au restaurant. Ca lui avait permis de surcroit d’éviter les remontrances de Rafael, parce qu’il était trop bruyant, empestait le rhum blanc ou n’importe quel détail susceptible de s’attirer les foudres de l’homme aux boucles noires. Parce qu’en plus d’être désormais l’heureux tuteurs de trois enfants, il avait gagné en prime un compagnon grognon en la personne de Areggui. Adieu liberté, adieu célibat… Toutefois l’affaire n’était pas si catastrophique qu’il l’affirmait, déjà parce qu’il connaissait Rafi, et ensuite parce qu’il l’appréciait (un peu - bon beaucoup). « Patron ? » Il ignorait pourquoi son second qu’il fréquentait depuis des lustres persistait à s’adresser à lui en espagnol, mais il ne pu s’empêcher de sourire dans sa barbe mal rasée. « Deux secondes j’arrive. » Il enfila un tunisien en lin blanc, et se faufila dans le couloir où le personnel arrivait au compte goute. Quelle heure était-il ? Avait-il dormi si tard que ça ? « Sale nuit hein ? On a reçu les livraisons pour ce soir, on vous attends en cuisine pour voir ce qu’on fait avec tout ça. Oh et le gosse a appelé il sera pas là aujourd’hui.. Si je puis me permettre ce môme est pas fiable on peut pas le garder. » Il opina du menton : il avait effectivement fait une grasse matinée, une chance que le vacarme des alentours l’eut tiré de son sommeil sans fin. Quant au gamin qu’il mentionnait, il était hors de question pour l’instant de le ficher à la porte. Il n’était certes pas bosseur pour un sou - d’ailleurs il avait cassé des assiettes, renversé des plats sur des clients et bu dans les réserves - mais Alvaro s’était pris d’affection pour cette grande tige maigrichonne aux yeux rieurs. « Je suis papa de trois monstres je te rappelle… Je m’occupe du gamin, allons voir ce qu’on nous a livré. » Il le vit secouer la tête en signe de désapprobation mais il n’ajouta rien, les deux filant vers le cœur du bâtiment pour scruter les arrivées culinaires de la journée. Un partie de l’équipe était regroupée dans les locaux, prête à bosser, même si les premiers services ne débuteraient que dans quelques heures. « Bonjour. J’espère que tout le monde va bien, pas comme votre chef vénéré qui cumule trois heures de sommeil au compteur. Franchement Paven, je te tiens pour responsable, je t’avais dis de me retenir avec la tequila… Bon sinon rien de neuf, on sort la même chose qu’hier, sauf pour le dessert, j’ai changé la carte. Je pensais qu’on pourrait utiliser les fraises qu’on a reçu, il faut que je réflé— Deux secondes. » La mélodie du téléphone résonna, sous des commentaires amusés - je pensais que le portable était interdit chef -, qu’il ne releva pas. Au vu du destinataire du message, ça ne pouvait être que sérieux, et en effet son instinct avait eu raison de se méfier. Il était convoqué à l’école à cause des garnements qui avaient fait des leurs. Il s’en voulu subitement de ne pas être resté à la maison, ni même de les avoir emmené comme il le faisait d’ordinaire. Outre leur tenir compagnie, ça lui permettait de tâter le terrain pour s’enquérir de leur état d’esprit. Ce n’était pas tout les jours qu’on perdait ses parents et qu’on était confié à deux hommes inexpérimentés en guise de papa. « J’ai une urgence, Miguel tu peux gérer en mon absence s’il te plait ? Je vous tient au courant, mais les enfants ont besoin de moi. A tout à l’heure. » Il s’excusa d’une moue gênée et fila vers la voiture non sans avoir galéré pendant une vingtaine de minutes pour trouver les clefs du véhicule, planquées dans la poche arrière de son jean.

A toutes turbines, il débarqua dans l’école, en se garant n’importe comment sur le parking déjà bien rempli. Il détestait ce genre d’endroit, qu’il n’avait que trop fuit plus jeune, incapable de tenir en place et d’obéir aux ordres. Sa scolarité avait d’abord été dispensée par son père en Colombie, et suite à leur émigration aux Etats Unis le choix avait été fait de l’inscrire dans un établissement privé, où il avait passé la majeure partie de son temps en retenue. Lui et l’éducation ne s’étaient donc pas quittés en de bons termes. Il remonta le couloir principal, pour s’arrêter au secrétariat où une jeune femme au pull jaune éclatant tapait à l’ordinateur. « Hola. J’ai rendez vous avec la directrice au sujet de mes enfants. Mais oh - c’est une boite d’alfajores que je vois là ? » Elle releva le bout de son nez, soutenu par une myriades de taches de rousseurs, et le toisa avec curiosité. « Oh ! Vous connaissez ? C’est une amie qui m’en a ramené d’Espagne. » Il lui offrit son plus beau sourire, tout en s’appuyant sur le comptoir, ayant momentanément occulté la raison de sa présence en ces lieux. « Muy bien, muy bien ! Je connais ça très bien même, je suis colombien, là bas ça se consomme autant que la cocaine. Vous y êtes déjà allés ? » Il vit ses épaules se relâcher, tandis qu’elle lui tendait le paquet. « Non, mais j’ai vu la série Narcos… Ca a l’air magnifique en tout cas, tenez… » Il ne se priva pour se servir, un sourire ravi sur le bord des lèvres, ah Narcos… Ou comment démocratiser les activités de Pablo Escobar. Netflix avait réussi à rendre populaire son pays en un tour de bras. « Es magnifico. Ca me fait penser… Je donne des cours de salsa plusieurs fois par semaine en centre ville. Je vous invite à passer si ça vous dit. » Elle se mit à rougir subitement et ses lunettes s’embuèrent, ce qui le fit doucement rigoler. « Avec plaisir mais.. oh - votre rendez vous !! Vous allez être en retard. C’est là bas au fond. » Ah oui.. le rendez vous. « Gracias. Ou ai-je la tête !! Hasta Luego Guapa. » Clama t-il en s’éloignant dans un vacarme de chaussures comme si il faisait une démonstration de danse, puis il ouvrit la porte, relativement indifférent au ton inébranlable des deux interlocuteurs qui le toisaient avec consternation et sérieux voir les deux à la fois. « Je tiens juste à préciser que M. Gaviera n’est pas mon… compagnon, à proprement parler. Nous sommes co-tuteurs. » Il porta une main à son cœur en secouant sa tignasse hirsute. « Cariño tu me brises le cœur. Madame, je vous prie d'excuser mon retard, je me suis perdu en chemin. » Sans tenir compte de Rafael qui le fusillait du regard, il s'installa sur la chaise libre, en fourrant la papier des gâteaux dans une poche de son pantalon sur lequel il venait d’apercevoir une énorme tâche au niveau des genoux. Et dire qu'aucun de ses gars n'avait jugé bon de le prévenir avant qu'il ne déguerpisse. « Pourquoi sommes nous ici exactement ? Quelqu'un peut il m'expliquer ? Qui est en cause ? » Il misait sur Dante, d'après son instinct, le garçon était le plus turbulent de la bande, même si Alvaro mettait ça sur le compte d'une hyperactivité latente. Alfio était trop calme pour avoir commis une faute, quant à Cosima, impossible que cette bouille adorable soit l'instigatrice de quoi que ce soit; l'ainé était forcément coupable. Encore que... Il n'avait probablement fait que s'amuser. « D'ailleurs où sont les enfants ? » Il se redressa sur sa chaise pour scruter par dessus le bureau mais la mine revêche de la bonne femme aux cheveux tirés en arrière le dissuada de poursuivre son investigation. « Monsieur, heum Monsieur Gaviera, tout ceci n'est pas une plaisanterie si je puis me permettre. C'est une conversation sérieuse. » Elle croisa ses mains devant elle, sur un dossier aussi épais que les factures qui attendaient une réponse de sa part. « Ai je dis que c'était une plaisanterie ? Je suis tout à fait sérieux. Mon co tuteur Rafael peut en témoigner. » Leur interlocutrice se racla la gorge, avant de poursuivre sans tenir compte de ses propos. « Voyez vous il y a eu des petits soucis avec vos enfants. Je sais que la situation est particulière mais leur comportement est inadmissible. Peut être n'êtes vous pas à la hauteur de la tâche qui vous a été confié... » Alvaro éclata de rire plus par nervosité que par moquerie, pour qui se prenait-elle ? « Rafi ? » Il se tourna vers son acolyte en guise de soutien bien qu'il ne fut pas sur que ce soit la bonne personne chez qui s'adresser.

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and our love is a ghost that the others can't see, it's a danger, every shade of us you fade down to keep them in the dark on who we are. we took a walk to the summit at night, you and I to burn a hole in the old grip of the familiar, you and I and the dark was opening wide, do or die, under a mask of vermillion ruling eyes | @ agnes obel.
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Rafael Areggui

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MessageSujet: Re: life as we know it    Mar 9 Jan 2018 - 10:15

Rafi n'osait même pas imaginer le tableau qu'ils projetaient, lui et ce grand échalas colombien pas foutu d'arriver à l'heure une fois dans sa vie. Parfois, il se demandait si Alvaro avait toute sa tête, s'il n'avait pas été bercé trop près du mur quand il était petit, ce aurait pu expliquer la raison de son étourderie absolument phénoménale, de son absence d'horloge interne ou tout simplement de son manque évident de cerveau. Rafi se posait ces questions au moins trois fois par jour, lorsqu'il découvrait Alvaro couvert de peinture au beau milieu du salon (« projet artistique, carino ! »), nu derrière un tablier alors que les enfants approchaient à grands pas (« ils apprendront tôt ou tard ! ») ou tout simplement lorsqu'il le découvrait, avachi dans son lit à lui, ronflant comme une voiture des années trente (généralement, il n'obtenait pas d'autre explication qu'un œil torve et un grognement fatigué). C'était avec cet homme qu'il était censé élever trois enfants, c'était avec cet homme qu'il était supposé offrir un cadre stable à trois gamins paumés dont l'univers venait de basculer, et parfois, Rafi trouvait la tâche impossible. Désormais, il comprenait pourquoi certaines épouses se rendaient dans le garage, allaient chercher une hache bien affûtée et la faisaient tomber « sans faire exprès » sur la gorge de leurs maris irresponsables. Y avait-il une hache à la maison ? Il laissa ses pensées dériver quelques secondes, avant que les voix discordantes d'Alvaro et Miss Norton ne le fassent revenir à la triste réalité. Encore une fois, il allait devoir tout porter à bout de bras. « Les enfants sont tous en cause, Alvaro. Apparemment, ils sont intenables. » Parler ainsi de Dante, Alfio et Cosima lui brisait le coeur mais il n'avait pas d'autre choix que d'apparaître du côté de la directrice. Rafi ne se voilait pas la face : ils étaient deux hommes, aux noms à consonance étrangère et ils venaient de débarquer. Cette femme les avait déjà jugés avant même de les avoir vus ou de leur avoir parlé, et Rafi savait parfaitement qu'il leur fallait ravaler leur fierté et baisser la nuque. Lui était capable de le faire, mais Alvaro ? Qui ne voyait pas plus loin que le bout de son nez (pour ça, et pour un millier d'autres choses) ? Rafi en doutait fortement et c'est le ventre noué, mais avec la ferme intention de gagner cette bataille, qu'il prit la parole. « Et nous sommes tout à fait conscients du sérieux de cette conversation, Miss Norton, soyez-en certaine. N'est-ce pas, Alvaro ? » Comme il aurait aimé pouvoir lui donner un petit coup dans l'épaule ou même sur le mollet pour lui faire comprendre qu'il fallait fermer sa grande gueule de Latino sanguin…. Cet homme possédait-il une seule once de compétences sociales ? Réfléchissait-il à quoi que ce soit ? Lorsqu'Alvaro assura comprendre la teneur de la discussion en le prenant à parti, Rafi se recroquevilla sur sa chaise et sentit ses paumes commencer à devenir moites. Il n'avait pas l'habitude d'être dans la position du mauvais élève et il ne comptait certainement pas commencer alors qu'il approchait (mais allait-il l'atteindre un jour, quand il devait supporter Alvaro tous les jours?) de la quarantaine. « Voyez vous il y a eu des petits soucis avec vos enfants. Je sais que la situation est particulière mais leur comportement est inadmissible. Peut être n'êtes vous pas à la hauteur de la tâche qui vous a été confié... » Si Alvaro éclata de rire – et Rafi connaissait ses rires par coeur, il en avait plein, un pour chaque situation, lui semblait-il – le journaliste, lui, se redressa sur sa chaise comme s'il était un clown mécanique sorti d'une boîte. Avec les années, il avait appris à dompter ses coups de sang et à voiler son regard pour ne pas donner l'impression qu'il fusillait son interlocuteur. Mais aujourd'hui, juste aujourd'hui, Rafi aurait voulu pouvoir se lever, taper du poing sur la table et lui expliquer à cette vieille rombière, à quel point c'était difficile d'être le tuteur de trois gamins quand on venait de perdre leurs parents – des amis chers, partis trop tôt. A quel point c'était insupportable de se faire réveiller par la plus petite qui pleurait et qui réclamait sa mère. A quel point le silence buté du plus âgé était frustrant. A quel point les bêtises de celui du milieu rappelait les pitreries de son père, et à quel point c'était difficile de retenir la comparaison. Et à quel point tout ça lui donnait envie de se lever et de lui expliquer par A + B qu'elle n'était qu'une vieille rombière rassie sans le moindre attrait. Oh oui, Rafi était particulièrement tenté, mais il ignora son instinct pour travailler avec sa tête et se contenta d'opiner faiblement du chef. « Miss Norton, nous faisons tout ce que nous pouvons. Nous n'avions pas prévu une seule seconde que nous devrions nous occuper de trois enfants que nous n'avions pas vu depuis des années. » Il se passa la main dans les cheveux et jeta un bref coup d'oeil à Alvaro. Tais-toi. Ne dis rien. Laisse-moi faire. Là était la prière silencieuse qu'il adressait à son co-tuteur, mais le restaurateur l'entendrait-il ? « Comme vous l'avez dit, la tâche nous a été confiée. Nous manquons de temps et de préparation, nous sommes un peu démunis. » Un peu ? Il avait fallu tout revoir, tout penser, tout réorganiser. Ces temps-ci, Rafi avait plus l'impression d'être un père au foyer débordé qu'un reporter de guerre renommé. « Si vous avez des conseils, nous sommes toute ouïe. » finit-il par dire, se maudissant de se montrer dans une telle position de faiblesse. Mais il avait bien cerné la sorcière en face et la mettre elle dans une position de force, voilà ce qui les tirerait vite et bien de ce mauvais pas. « Tu es d'accord avec moi, pas vrai, Alvaro ? » demanda-t-il enfin, se tournant vers celui qui partageait – bon gré, mal gré – sa vie.

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Alvaro Gaviera

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MessageSujet: Re: life as we know it    Mar 9 Jan 2018 - 17:59

Indifférent à la gravité de ce rendez-vous inopportun dans son agenda – il en tenait vaguement un mais la plupart des pages étaient blanches -, il terminait de déguster le gâteau offert par la charmante secrétaire. L’odeur et le gout du chocolat mêlé au caramel avaient su raviver des souvenirs d’enfance, et son esprit rêvassa un instant à contempler le décor impersonnel de la pièce. Décidément, les écoles persistaient à être aussi austères qu’à son époque (quoi qu’avec plus de moyens, forcément en Colombie, l’argent finissait en général dans les poches de la mauvaise personne), il y avait toujours ce sempiternel couloir blanc qui terminait dans l’antichambre de l’enfer : le bureau du directeur, ou en l’occurrence de la directrice. Un lieu qu’il avait moult fois fréquenté adolescent, avant d’être définitivement déscolarisé pour enchainement irrémédiable de bévues. Il ne savait plus trop ce qui avait précipité sa chute dans le tas (pétards, sécher les cours, organiser une révolution entre autres), mais grâce ou plutôt à cause de son comportement, il avait eu la chance de terminer ses études à la maison, coincé entre sa grand-mère et sa tante, toutes deux  aussi râleuses que sa maitresse d’histoire. À tel point qu’il en avait presque regretté le bonnet d’âne remplacé par des coups de règle sur les doigts quand il quémandait des bonbons pour chaque bonne réponse… Alors se retrouver ici, n’avait rien d’extraordinaire en soit, et il laissait à Rafi le soin de paniquer à sa place. Il jeta un coup d’œil dans sa direction qui confirma très vite ce qu’il pensait : ce dernier était recroquevillé sur sa chaise, au bord du malaise ou de la nausée, difficile à définir. C’était précisement toute la différence entre eux… L’un désirait tout contrôler, là où le second affublé d’un flegme légendaire préférait prendre les choses comme elles venaient. Et à cet ensemble chaotique instable, leurs amis communs avaient décidé de confier non pas un, ni deux mais trois enfants. Un exercice compliqué, car quand Rafi disait non – c’est-à-dire tout le temps – Alvaro arrivait derrière pour réfuter le contraire. Il y avait de quoi être perturbé en plus de la perte des parents… Mais on ne pouvait pas nier que le pseudo couple faisait de son mieux pour être disponible malgré une cohabitation hasardeuse. Le colombien n’avait pas l’habitude de vivre à cinq, ou de se faire gronder tel un môme par un homme de son âge. Rafael était trop… adulte, il fallait qu’il apprenne à lâcher prise, combien de fois lui avait-il dit lorsque ce dernier l’observait sourcils froncés en demandant ce qu’il fichait à trois heures du matin debout sur le canapé à chanter en espagnol. La vie était éphémère, il fallait en savourer chaque seconde comme si c’était la dernière. « Les enfants sont tous en cause Alvaro. Apparemment ils sont intenables. » Oh…Ses épaules se relâchèrent, et une moue confuse glissa sur sa barbe mal rasée. Ce n’était donc pas Dante le fauteur de trouble, mais les trois qui étaient en cause. Comment était-ce possible ? Évidemment la situation n’était pas parfaite, il fallait un temps d’adaptation, merde ces pauvres gosses avaient perdu leurs parents ! Ce n’était pas un truc qu’on pouvait oublier du jour au lendemain. En rentrant, il appellerait les gars pour leur dire qu’il prendrait des congés, ça les ferait surement râler mais sa nouvelle famille avait besoin de lui. « Intenables comment ? Ce ne sont que des enfants… Qu’est ce qu’ils ont fait de grave ? On a tous fait des bêtises étant plus jeunes… »  Pourquoi diablo, Rafi ainsi que cette femme au physique de vautour s’évertuaient-il à tourner autour du pot ? Il imaginait mal l’ainé et les cadets faire quoi que ce soit de si répréhensible que ça, ce n’était pas de cette façon qu’on les avait élevés. « Et nous sommes tout à fait conscient du sérieux de cette conversation, Miss Norton, soyez en certaine. N’est-ce pas Alvaro ? » Précédemment insouciant, Alvaro était désormais agacé par la tournure que prenait cet entretien, qui avait des allures dignes de règlements de compte. Il se contenta d’appuyer les propos d’un ton boudeur, pressé de connaitre la suite, et surtout qu’on le mette au parfum.      

La vieille pie les informa enfin sans donner de détails (Rafi les avait surement, c’était toujours à lui qu’on confiait les éléments graves en permanence) que leurs progénitures avaient un comportement inadmissible, indigne de l’établissement. Bon, soit, il pouvait passer là-dessus, néanmoins sa sensibilité fut heurtée, en entendant qu’il n’était pas à la hauteur de son boulot de père. Pour qui se prenait-elle ? Avait-elle seulement des enfants ? Alvaro tout comme Rafael avaient été pris de court, et bien qu’étonnés par les stipulations testamentaires, ils s’en étaient acclimatés en veillant à ne pas bousculer les rescapés de cette tragédie. Combien de fois avait-il eu le cœur serré en croisant leurs yeux abimés ? Il ne serait jamais leur père – il n’en avait pas la prétention – mais il essayait d’être présent pour panser leurs maux, aider à la cicatrisation, donner de son affection et leur changer les idées. « Miss Norton, nous faisons tout ce que nous pouvons. Nous n’avions pas prévu une seule seconde que nous devrions nous occuper de trois enfants que nous n’avions pas vu depuis des années. » Miss Norton avait touché un point sensible en les attaquant frontalement sur le sujet… Elle n’allait leur faire aucun cadeau, alors qu’il était aisé pour n’importe qui de saisir que ces déboires étaient les répercussions directes d’un deuil caractérisé. Il surprit l’œillade appuyée de Rafi, mais fit mine de ne pas la comprendre, il était peut être prêt à s’asseoir là-dessus mais pas Alvaro. « Comme vous l’avez dit, la tâche nous a été confiée. Nous manquons de temps et de préparation nous somme un peu démunis. » L’argentin tirait sur la corde en se pliant de la sorte devant la directrice, qui, il en était persuadé, était déterminée à les enfoncer coute que coute. Elle avait clairement une dent contre eux pour un motif qu’il préférait ne pas connaitre. « Si vous avez des conseils, nous sommes toute ouie. » Des conseils de quoi ? Il se racla la gorge avec insistance pour signifier son mécontentement face à cet apitoiement. « Tu es d’accord avec moi, pas vrai Alvaro ? » Ah ! On lui donnait enfin la parole, non pas qu’il se serait gêné pour la prendre d’ordinaire, mais il tâchait de mettre les formes afin que Rafi ne passe pas l’arme à gauche. Pourtant en dépit des avertissements répétés, le naturel revint rapidement au galop. « Non pas du tout cariño mais alors je ne suis pas du tout d’accord avec ce que j’entends, Miss Norton, je me désolidarise complètement de ce que dit mon conjoint. » Sa langue avait fourché, et déjà il se penchait en avant, mains sur les genoux, dans une prestation digne d’un de ses spectacles pour Cosima. « Miss Norton, vous êtes peut être très gentille mais je ne vous permets pas de juger la façon dont nous élevons ces enfants. Ma grand-mère, Hermilda Tata Gaviera m’a élevé moi et mes cousins, on était plus de dix, je sais parfaitement ce que c’est d’élever des enfants. » Il eut une pensée pour sa défunte  abuela qui aurait été fière des propos de son petit-fils adoré, et poursuivit. « Ces gamins ont perdu leurs parents, et nous ont été confié pour une bonne raison. Je ne dis pas que je suis parfait, ni même que Rafi- Rafael l’est. Surtout lui en vérité si vous voulez mon avis, et je m’excuse s’ils ont pu faire des bêtises, ils ont besoin de temps, mais est-ce que cela justifie un tel acharnement ? » En face de lui la directrice – blanche comme un linge - avaient les lèvres cousus en une mine circonspecte, lunettes au bout de son nez, et mitraillettes à la place des yeux. « Ce que vous appelez acharnement Monsieur Gavora… » Il l’interrompit brutalement pour la reprendre sur l’orthographe de son nom. « Gaviera. » Il commençait sérieusement à croire qu’elle était pour les juger du haut de ses principes puritains. Dieu sait à quoi elle pouvait penser en voyant ces deux émigrés en ‘couple’ papas ?  « Gaviera veuillez m’excuser. Je disais que ce que vous appelez acharnement, c’est un garçon qui se bat, un autre qui profère des obscénités, et une petite fille qui abime les vêtements de ses camarades. » Il étouffa un soupire soulagé, si ce n’était que ça…. Il avait fait pire feu sa jeunesse. « Ce n’est rien ça, quand j’étais jeune, nous faisions bien pire en Colombie. » Elle manqua de s’étouffer en toussant. « Mmh. Étrangement je ne suis pas étonnée, mais ici ce n’est pas la Colombie vous savez, c’est les USA et mon école. » Son poing se referma sur sa cuisse et il se tourna vers Rafael. « Bueno. Me estoy aburriendo. » Il était volontairement passé de l’anglais à l’espagnol pour se défausser auprès de leur bourreau. « Està Claro que ella no nos quiere. Donde estan los niños ? » Si cet endroit ne voulait pas de Dante, Alfio et Cosima, ils iraient voir ailleurs, c’était aussi simple que ça. Clairement Alvaro était à même de résoudre n’importe quel conflit en un claquement de doigt…

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and our love is a ghost that the others can't see, it's a danger, every shade of us you fade down to keep them in the dark on who we are. we took a walk to the summit at night, you and I to burn a hole in the old grip of the familiar, you and I and the dark was opening wide, do or die, under a mask of vermillion ruling eyes | @ agnes obel.
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Rafael Areggui

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INSCRIT LE : 25/12/2017
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MessageSujet: Re: life as we know it    Jeu 8 Fév 2018 - 19:52

Au moment où Alvaro ouvrit la bouche, Rafael sut que c'était perdu. Il aurait dû se douter que son ancien camarade d'université n'allait pas se laisser faire. Pacho n'était certainement pas du genre à faire comme lui, à la jouer diplomatique et à courber la nuque quand bien même l'orgueil venait à en être égratigné. Alors que sa chère et tendre moitié s'excitait contre la directrice de l'école, Rafi ne pouvait s'empêcher de poser des yeux nostalgiques sur cet énergumène. Un visage de jeune homme se superposait à la peau burinée du Colombien et Rafi fut projeté dans une période où tout était plus facile, où le monde était encore à leur portée et où Alvaro et lui avaient les cheveux longs. Il se rappelait parfaitement de Gaviera sur le campus, vêtu d'un grand sarouel coloré et d'un poncho en lin bio et équitable qu'il faisait venir d'on ne sait où, occupé à distribuer des tracts en papier recyclé qui vantait les mérites d'une pièce de théâtre moldave non sous-titrée, tentant de persuader tous les malheureux qui croisaient son regard du caractère « absolutamente revolucionario » de ce dramaturge obscur et grapillant au passage quelques numéros de garçons plus vraiment certains de leur sexualité après seulement quelques minutes d'échanges avec cet étudiant espiègle et charmant. Comment lui résister, après tout ? Rafi était tombé dans le même panneau que tous les autres. Il se rappelait avoir choisi, une année, son cours du matin en fonction de la présence d'Alvaro sur son chemin : se rendre en cours de droit pénal à dix heures et demie le mardi et le jeudi matin le faisait passer par l'une des allées sur lesquelles Alvaro prospectait. Leurs regards se croisaient toujours furtivement, et Rafi sentait alors ses joues s'enflammer et son pas s'accélérer. Sans surprise, il avait complètement échoué à ce cours mais les regrets n'étaient venus que plus tard, lorsqu'il avait compris qu'il n'était rien d'autre pour Pacho qu'une aventure comme les autres. Mais pendant un petit moment, ça n'avait pas eu d'importance qu'ils soient deux opposés parfaits – d'ailleurs, c'était comme si leurs différences les avaient irrésistiblement aimantés l'un vers l'autre et que leur histoire avortée avait été écrite avant même qu'ils ne la commencent. Cependant, jamais ils n'auraient pu prévoir qu'ils se retrouveraient un jour tous les deux à batailler dans le bureau de la directrice d'école de leurs enfants. Leurs enfant sur le papier, certes, mais leurs enfants quand même et plus la vieille harpie s'en prenait à eux, plus Rafi comprenait le sens de l'expression mama bear. Chaque mot était un coup de poignard dans le ventre et il lui fallait tout son calme et sa diplomatie pour rester aimable et faire acte de contrition. Une stratégie qu'Alvaro n'avait visiblement absolument pas compris alors qu'il se déchaînait contre Miss Norton et Rafi le considérait désormais d'un œil affolé. Ce crétin allait tout faire foirer et tout ce qu'ils allaient gagner, c'était l'exclusion des enfants. Autant mettre Cosima au strip-club tout de suite et orienter Dante et Alfio vers une carrière de dealers ! Du moins était-ce ainsi que le cerveau de Rafi dramatisait la situation. Et voilà qu'Alvaro enchaînait sur sa grand-mère – Rafael avait entendu l'histoire un bon millier de fois et il leva les yeux au ciel, ne cherchant même pas à cacher son agacement. Pincé, tendu, recroquevillé sur sa chaise, il croisa les bras et darda un œil noir sur son compagnon, cillant cependant lors de l'évocation d'une certaine perfection qu'il ne méritait ni d'Eve ni d'Adam. Les bras déjà croisés de Rafi se tendirent encore plus et il détourna les yeux, préférant se concentrer avec un intérêt tout particulier sur le pot de crayons posé presque en équilibre sur le bureau de Miss Norton. Il ne méritait pas ce qualificatif. Il était un tuteur lamentable ; si le contraire avait été vrai, il ne serait pas là à batailler pour ses enfants qui ne l'étaient pas vraiment… Personne ne lui avait dit que ce serait si difficile. Personne ne l'avait prévenu pour ce genre de situations, personne ne lui avait dit à quel point son coeur serait déchiré entre l'amour paternel et le sens du devoir et des priorités. Qu'est-ce que croyait Alvaro, exactement ? Qu'il était totalement insensible à la détresse des gamins ? Que son premier réflexe n'avait pas été de se tordre d'inquiétude pour Alfio, Dante et Cosima ? Et l'inquiétude se mua en angoisse lorsqu'Alvaro finit par se tourner vers lui. Pris à la gorge, Rafi ouvrit la bouche, ses yeux allant rapidement d'Alvaro à Miss Norton pour revenir au Colombien, et il réagit sous le coup de la panique. Il aurait mille fois préféré se trouver sous les bombes d'un pays en guerre, comme ça avait été le cas par le passé, de devoir affronter ainsi son échec éclatant. « Por favor, Pacho... » Sans même qu'il n'y pense, sa main vint se poser sur le genou d'Alvaro, un geste inconscient esquissé de nombreuses fois auparavant. Il n'y avait même pas pensé, sachant au plus profond de lui qu'Alvaro ne répondait qu'à ce genre de questions silencieuses. « Puede hacernos perder la custodia de niños. » murmura-t-il d'un ton implorant, sa main resserrant légèrement sa prise. « Ya sabes cómo son las personas, Pacho. ¿Dos hombres sudamericanos crían tres hijos? ¡Ella preferiría ver que los clones se ocupen de ellos! » Il se perdait dans les yeux d'Alvaro et voulait désespérément y lire de la compréhension. Pitié, qu'il comprenne qu'ils ne pouvaient pas se permettre de monter sur leurs grands chevaux… « Je vous dérange, peut-être ? » croassa finalement une voix de crécelle, pleine d'un poison sirupeux. Miss Norton se délectait visiblement du spectacle de leur détresse et cette fois, Rafi ne put s'empêcher de lui lancer un regard incrédule devant tant de fiel, sans pour autant enlever sa main, comme si la maligne possédait sa propre vie.

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