there's so much history in these streets


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Ace Wakefield

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MessageSujet: there's so much history in these streets   Lun 25 Déc 2017 - 21:29

CLAY + ACE
they all say that nothing ever changes
through the new lines that are on their faces
(suburbia @troyesivan)

Il avait l’esprit un peu embrumé par l’alcool lorsqu’il avait entraperçu le visage du garçon dans la foule. Il avait cligné des paupières, un ami avait réclamé son attention, il n’avait pas suffi de grand-chose pour que la figure disparaisse et qu’Ace la perde de vue. Le brouhaha qui l’environnait et les voix basses de ses anciens copains d’école avaient eu tôt fait de l’extirper de sa distraction pour le ramener à leur table, tandis qu’une nouvelle tournée venait arroser leurs verres déjà trop souvent remplis. Ace s’amusait comme il l’avait toujours fait : dans l’excès, dans le spectacle, dans la provocation. Il avait promis qu’il serait là au diner et ne s’était jamais montré. Il imaginait dès lors sans peine les regards déçu de sa mère et celui, courroucé, de son père, qui l’accueilleraient à la prochaine réunion familiale. Mais le jeune homme avait bien besoin de cela, ce soir. Pour pouvoir continuer à feindre d’être rentré dans les rangs, il lui fallait une légère incartade pour se donner du courage, pour se donner la force d’enfiler un masque ennuyeux qu’il arborait depuis son retour à Mount Oak. Son patriarche lui en voudrait à mort mais ça ne durerait qu’un temps et dès que son fils cadet baisserait à nouveau la tête pour lui obéir au doigt et à l’œil, il serait satisfait et oublierait momentanément les bêtises de ce dernier. C’était pour cela que le jeune homme profitait de sa liberté provisoire, c’était aussi parce qu’il avait rencontré un gars qui oeuvrait en souterrain, à qui il avait remis des documents délicats à propos de la compagnie des Wakefield et qu’ils n’avaient pas trouvé meilleur subterfuge que de prétendre à une rencontre fortuite dans un bar. Ace avait cependant dû attendre d’avoir remis son précieux chargement avant de se laisser aller à boire à outrance, fortement encouragé par ses anciens camarades, des types qu’il n’avait plus vus depuis vingt ans ou presque.
Les verres s’étaient donc enchainés sans le moindre répit lorsqu’il avait entrevu une silhouette étrangère mais un visage bizarrement familier. Ça n’avait duré qu’une seconde, un battement de cil, puis ça s’était dissipé. Du moins était-ce l’impression qu’il avait eue en se replongeant dans la discussion en cours, suivant les échanges qui fusaient d’un bout de table à l’autre, dans ce qui voulait avoir l’air d’être des traits d’esprits mais n’étaient finalement que des fanfaronnades de types comme lui : blasés par la vie, volontiers provocateurs, incapable de se situer dans la société actuelle et qui méprisaient tout ce qu’ils ne maitrisaient pas. Et pourtant, à travers le brouillard alcoolisé dans lequel il voguait, Ace se surprit à guetter la silhouette, à laisser son regard errer sur les visages voisins, à tendre le cou lorsqu’il pensait avoir localisé l’inconnu.
Jusqu’à ce qu’il le voie – enfin ! – se diriger vers la porte. Mû par une pulsion irrépressible, Ace se leva d’un bond, surprenant la tablée par la même occasion.
- Où tu vas comme ça, Wakefield ? Tu files avant que ça soit ton tour de payer la tournée, c’est ça ? s’exclama l’un de ses comparses, à moitié sérieux.
- Buvez à ma santé, déclara le jeune héritier turbulent en sortant son portefeuille pour déposer quelques billets au centre de la table, parmi les verres à moitié vides. Ça vous suffit ?
Les autres grimacèrent, lancèrent des vannes à propos d’une proie potentielle qu’il aurait repérée dans l’assemblée – quelle autre bonne excuse pouvaient-ils trouver à son comportement, vraiment ? – et le laissèrent filer, bien trop imbibés qu’ils étaient pour se soucier de cette désertion impromptue. Après tout, tant qu’ils avaient de quoi boire et qu’il avait payé sa part…
Ace ne demanda pas son reste et attrapa sa veste avant de filer aussi vite qu’il le put (ce qui était assez relatif vu son état d’ivresse) à la suite du garçon qui avait piqué sa curiosité. L’air frais de ce début de soirée lui fouetta le visage lorsqu’il émergea du bar surpeuplé et cela eut au moins l’avantage de le sortir un peu de la brume. Les yeux du jeune homme scannèrent les gens alentours et il repéra celui qu’il recherchait, bien décidé à le rattraper avant qu’il disparaisse dans la nuit. Après tout, plus vite il aurait sa réponse, plus vite il pourrait retourner auprès des autres et continuer à vernir (ou ternir) sa réputation et celle de la famille Wakefield.
- Hé, toi, là, attends ! s’exclama-t-il d’une voix forte qui fit tourner plusieurs têtes, mais pas celle de celui qu’il cherchait à apostropher. Oh, mec !
Sans succès. Ace émit un soupir et se mit à trottiner derrière l’inconnu, le rejoignant en quelques foulées pour le dépasser et arriver enfin à le dévisager. Il n’y avait pas à dire : ces traits-là lui disaient définitivement quelque chose mais il fut bien incapable de remettre un nom sur ce visage, ni un contexte où il aurait pu le rencontrer. Et pourtant, il était à peu près certain de le connaitre. Et pas seulement de vue.
- Faut que tu m’aides, dit-il en enfonçant les mains dans les poches de sa veste, plissant légèrement les paupières en détaillant son interlocuteur. Je sais que je te connais de quelque part mais je suis incapable de me rappeler ton nom. Tu m’éclaires ?
Et pour faire passer sa maladresse qui pouvait être vexante, Ace adressa un sourire faussement embarrassé au jeune homme.

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Clare Conroy
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MessageSujet: Re: there's so much history in these streets   Lun 29 Jan 2018 - 21:35

Clay n’avait rien à faire, et lorsqu’il n’avait rien à faire, il occupait constructivement son temps à le déconstruire, justement. Depuis qu’il avait perdu son job d’aide-soignant/jardinier/homme à tout faire, il errait plus ou moins à Mount Oak sans vraiment mettre du cœur à l’ouvrage dans ses recherches d’emploi. Il subsistait sur son petit pécule, vendait quelques photographies et finalement, faisait ce qu’il savait le mieux : vivoter au jour le jour en attendant que les jours soient meilleurs. Oh, il ne s’inquiétait pas, il ne s’inquiétait jamais. Il chassait les problèmes d’un revers de la main et se laissait plutôt entraîner par ses potes, qui avaient toujours les mots pour le convaincre de dilapider ses maigres possessions en boisson. Ce soir-là ne faisait pas exception à la règle : la fête avait commencé chez l’un d’entre eux et puis de fil en aiguille, l’idée d’aller dans un bar s’était propagée dans le petit groupe. Et Clay avait suivi, quand bien même il était plus penché sur son portable qu’autre chose. Depuis quelques jours, c’était tout ce qu’il faisait, s’attirant même les foudres de ses amis.  Mais comment aurait-il pu expliquer ? Il y avait les messages qu’il échangeait avec Gene, qui le remplissaient de sensations jusque-là encore peu explorées. Il avait beau se convaincre qu’il n’était pas de ces mecs-là, il revenait sans cesse à la photo un poil provocante de la jeune femme et la contemplait pendant des heures, conscient qu’avec une fille comme elle, il n’aurait qu’une seule chance pour faire ses preuves. Elle lui avait dit oui pour qu’ils se revoient, mais était-il seulement prêt à assumer cette proposition ? A assumer tout court, en fait ? Alors que ses amis – qui étaient au courant, eux – riaient et se resservaient de verres, Clay restait étonnamment silencieux et passait à l’autre conversation qui occupait toutes ses pensées, celle qui s’affichait en toutes lettres sur son écran de portable. Un numéro de téléphone inconnu, avec au bout du fil, quelqu’un qui s’amusait à remuer le couteau dans la plaie. Qui ? Qui pouvait faire un truc pareil ? Se faire passer pour son frère mort, dénicher des photos dont lui-même n’avait pas connaissance, insister pour qu’ils se voient ? Etait-ce un jeu dégénéré où le but était de le faire sortir de sa tanière pour lui tendre un piège ? Clay relisait ses propres messages, presque honteux de la rage qui s’en dégageait. Il n’avait mâché ni ses mots ni ses insultes, et pourtant, il avait accepté l’étrange proposition. Il regrettait sans pouvoir se résigner à annuler. Ses doigts virevoltaient sur l’écran tactile, traçant des arabesques invisibles, faisant bouger la conversation mais pas la situation. Et autour de lui, le monde tournait et bougeait et dansait et il n’y prenait pas part. Il n’en avait pas envie, pas ce soir. Avachi sur la banquette entre ses amis, son verre à peine entamé devant lui, il prit conscience de sa poitrine creuse qui vibrait au rythme des basses, comme si le son remplissait la cavité où aurait dû se trouver un cœur battant. Une ombre lui passa sur le visage : il détestait être ce type hanté et rabat-joie. Non, il était supposé être Clay le wonderboy, toujours un sourire aux lèvres, toujours prêt à faire la fête, à s’enfiler des shots au kilomètre, à danser sur le bar et à entraîner les autres jusqu’au bout de la nuit. D’ailleurs, lorsqu’il se leva et signala son départ à ses amis, ces derniers le regardèrent sans comprendre. Mais Clay ignora les protestations qui s’élevèrent et il s’échappa en une pirouette, lassé de l’atmosphère surchauffée du bar et embrassant l’air frais avec bonheur. Il était encore tôt et il n’avait pas envie de rentrer chez lui, simplement d’errer dans les rues de son enfance, regarder les gens et les clones passer, se laisser aveugler par les panneaux publicitaires omniprésents et se faire engloutir, engloutir par la nuit. Il fourra ses mains dans ses poches et commença à avancer un pied devant l’autre, fixant ses chaussures, ruminant ses conversations intangibles, tentant de les démêler mot par mot mais ne parvenant qu’à les emmêler encore plus. Complètement perdu dans ses pensées, il faillit même se prendre un lampadaire et ne s’arrêta à temps que parce qu’il se vit dépasser par une haute silhouette qui l’interpellait. Oh, mec ! Bizarrement, une vague de fierté gonfla la poitrine de Clay. Si seulement on avait su ce qu’il avait dû endurer et faire pour pouvoir être appelé tout simplement mec… Etonné, il releva les yeux vers l’intrus et cligna légèrement des yeux lorsqu’il le reconnut. Augustus – Ace – Wakefield, golden boy et vaine tentative de se convaincre qu’il avait été une fille comme les autres, il y a des années de ça. Il n’aurait pas pu l’oublier, ça, non, jamais. Peut-être le seul garçon qui avait jamais réussi à capter son attention – et comment en aurait-il pu être autrement ? Même aujourd’hui, Ace restait sublime et Clay sentit sa poitrine se serrer légèrement. Ace Wakefield était le genre de type qu’il aurait voulu être. Le genre de type qui pourrait séduire Gene, songea-t-il avec une pointe d’amertume avant de réaliser que c’était pourtant après lui qu’Ace en avait. Clay haussa un sourcil et se sentit rougir, mal à l’aise d’être soudain la cible d’une attention aussi ciblée. Il ne criait pas sur tous les toits qu’il était trans. Il n’en avait pas honte, mais il connaissait les dangers d’un monde qui semblait mieux accepter les clones que les innombrables variétés d’êtres humains qui le peuplaient. « Euh… » Mentir ? Se cacher ? Continuer sa route ? Il connaissait Ace – enfin, un peu – et il savait qu’il n’était pas du genre à abandonner. Sans doute son côté fils à papa, qui lui donnait peut-être l’impression que tout lui était dû. Clay songea à la conversation, à celui qui se faisait pour son frère. Dorian n’aurait jamais toléré un truc pareil. S’il avait été là, il se serait sûrement interposé. Ou pas. Peut-être qu’il l’aurait poussé d’un bon coup, le forçant à affronter ses peurs. Oui, à bien y réfléchir, c’était certainement ce qu’aurait fait Dorian et Clay put presque sentir l’épaule de son frère lui donner un coup, lui adjoignant de se remuer un peu. Alors il esquissa un sourire un peu ironique et se redressa, les mains toujours enfoncées dans ses poches. « Alors là, Augustus, tu me vexes. » Il pencha la tête sur le côté, comme s’il prenait son temps pour observer l’héritier Wakefield. « Toi et moi, quand même ça remonte à loin. On avait quoi… quinze ans ? J’avais les cheveux plus longs, à l’époque, je te le concède. » Que c’était bon, de ne pas se cacher. De ne pas mentir. D’être normal, d’être lui.

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Ace Wakefield

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MessageSujet: Re: there's so much history in these streets   Lun 19 Fév 2018 - 20:15

Ça n’était malheureusement pas la première fois que cette sensation le prenait – et ça ne serait probablement pas la dernière non plus. Voilà ce qui arrivait quand on était évincé de sa propre famille à un âge prépubère, quand son père ne savait plus quoi faire pour le discipliner. Les visages finissaient par fondre et se confondre, des gens autrefois familiers devenaient subitement de parfaits étrangers et il n’y avait plus rien à quoi se raccrocher. Ace ne détestait rien tant que cette impression d’être un intrus dans sa ville natale, d’avoir vu le monde continuer à rouler sans lui et ne pas chercher à le réintégrer, maintenant qu’il était de retour. Pour autant, rien ne lui disait qu’il avait partagé quoi que ce soit avec le garçon qui lui faisait face. Peut-être avaient-ils simplement été camarades de classe, peut-être avait-il été un voisin ou le fils d’amis à ses parents. Ace n’avait d’abord jamais été très doué pour retenir les noms et les visages mais la tâche avait été rendue encore plus compliquée avec le temps et son exil. Peut-être qu’ils se connaissaient, du coup, dans une autre vie, à moins qu’Ace ne projette sur l’inconnu un souvenir confus et erroné. Peut-être que lorsque l’autre déclinerait son identité, il ne dirait strictement rien au jeune héritier et, dans ce cas, Ace se sentirait forcément stupide. Mais si le ridicule tuait, ça se saurait, et Augustus Wakefield n’avait jamais eu peur de celui-ci. Il n’était pas épargné par la gêne, évidemment, mais il s’en accommodait sans problème et chassait tout malentendu ou embarras d’un haussement d’épaules désinvolte. La sensation ne passait jamais aussi vite que lorsqu’on jouait avec et qu’on l’acceptait, Ace l’avait appris très tôt et c’avait été une leçon de vie essentielle dans son existence, le genre qui lui avait permis de ne pas se sentir complètement écrasé par son père et ses frères. Mais si le cadet de la fratrie n’avait pas été écrasé, il avait tout de même été banni de Mount Oak et les conséquences de ce renvoi intraitable se faisaient ressentir ce soir, alors que le jeune homme dévisageait son interlocuteur avec curiosité, sa langue le chatouillant comme si le mot – ou le prénom, dans ce cas-ci – le taquinait et refusait de se laisser attraper.
Rapidement, le malaise de l’inconnu se manifesta et, invariablement, un sourire canaille s’invita sur les lèvres d’Ace. Habitué à troubler – que ça soit positivement ou, plus souvent, négativement – il n’était pas étranger à ce genre de manifestation, quand bien même il fut incapable d’en déceler l’origine. Avait-il devant lui un garçon qu’il avait malmené, quand il était gosse ? Cela n’aurait pas été surprenant. Comme tous les gamins trop sûrs d’eux à qui on offrait tout sur un plateau, Ace avait toujours eu ce qu’il voulait quand il le voulait et n’avait pas manqué, à une occasion ou l’autre, de s’en prendre à plus faible que lui. Il se souvenait par exemple d’un garçon aux hanches un peu empâtées qu’il n’avait eu de cesse de provoquer pendant deux mois entiers, jusqu’à ce que la lassitude l’oblige à chercher une autre victime. Bon, le gars qu’il avait devant lui ne pouvait assurément pas être ce petit gros… si ? On n’était jamais à l’abri du karma, songea le jeune Wakefield avec un sourire désabusé. Pour ça, il avait pris une bonne leçon depuis qu’on lui avait annoncé qu’il irait passer le reste de sa scolarité dans un internat pour garçon, loin des siens. Au final, Ace était ravi de pouvoir déclarer que ça n’avait pas été l’enfer qu’on lui avait fait miroiter mais, en attendant, cela lui avait sûrement fait rater pas mal d’opportunités. Opportunités de quoi, même lui l’ignorait mais il n’était pas du genre à s’apitoyer sur son sort, de toutes façons et, à ce moment précis, il avait son attention bien trop focalisée sur le jeune homme pour se soucier d’autre chose. Et quand il vit ce dernier esquisser un sourire indéchiffrable, Ace sentit son intérêt décupler. Mais qui était donc ce type ? Pourquoi lui disait-il tant quelque chose ?
- Alors là, Augustus, tu me vexes.
Ace ne chercha pas à dissimuler sa stupéfaction à l’entente de son prénom (personne, à part sa mère, ne l’appelait ainsi, après tout) puis songea que, tout le monde, en ville, devait savoir qui il était et comment il s’appelait. Les Wakefield étaient connus pour être une famille influente. Son père gérait un important département de l’une des entreprises de clonage et tous ses fils, sans exceptions, suivaient dignement ses traces. Ils avaient toujours eu la cote et Ace savait que son sourire charmeur n’était pas seul responsable de l’intérêt qu’il suscitait : la fortune familiale aidait également beaucoup, comme si, par sa seule existence, elle auréolait les garçons d’un halo lumineux – doré, évidemment – qui attirait toutes les pies du coin. Ace s’en était toujours amusé et n’avait jamais boudé son plaisir, ni manqué de profiter des avantages que son nom lui apportait. Alors, oui, à n’en pas douter, le gars qui le détaillait à présent effrontément savait qui il était mais ce que Ace voulait savoir c’était qui il était lui. Les indices que l’autre daigna lui lâcher ne l’aidèrent pas vraiment mais réduisirent la fenêtre de recherche à sa phase adolescente.
Perplexe, Ace fronça les sourcils en tâchant d’imaginer son interlocuteur avec des cheveux plus longs. Sans succès. S’il avait su qu’il devait fouiller sa mémoire à la recherche d’une fille, peut-être aurait-il fait le lien avec Clare Conroy, garçon manqué qu’il n’avait eu de cesse de taquiner. La seule fille, en réalité, avec laquelle Ace avait eu une véritable connexion, quand bien même cela signifiait précisément qu’il ne s’était rien passé entre eux. Parce qu’à l’époque, les nanas qui intéressaient le fauteur de trouble étaient maquillées à outrance et offraient leur décolleté à tous les regards. Parce qu’à l’époque peut-être, aussi, Clare lui faisait un peu peur, indépendante comme elle l’était, qui n’avait pas besoin d’être cernée par les garçons pour se savoir digne d’intérêt. Mais Ace avait beau se lancer dans des fouilles archéologiques, rien ne remonta à la surface et il fit une légère grimace en guise de défaite, secouant la tête d’un air incrédule :
- Désolé. J’ai passé une grande partie de mon adolescence en internat. Tu m’excuseras si les quelques semaines où je revenais à Mount Oak ne me sont pas vraiment restées en tête. Alors ? Tu vas me dire qui tu es ? Je peux te payer un verre pour me faire pardonner mon trou de mémoire, si tu veux ? Dis-moi au moins que je n’ai pas été un connard fini avec toi ?
Quelles étaient les chances pour que ça soit le cas ? Elevées ? Probablement, oui, et s’il était loin de chercher à faire amende honorable, Ace voulait en tout cas croire qu’il avait changé et mûri. Après tout, l’ancien lui n’aurait-il pas chassé cette sensation pour préférer se saouler avec ses potes ?

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