sometimes love is enough when the road gets tough


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Wanda Faraday
EMILY COOPER

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MessageSujet: sometimes love is enough when the road gets tough   Sam 23 Déc 2017 - 20:34

Wanda la distraite, elle est en train d'égarer son attention sur les rides du visage de sa grand-mère quand cette sonnerie la tire de sa contemplation. Ce n'est pas qu'elle s'impatientait du moindre prétexte pour échapper à la conversation de celle qu'elle a rapidement nommé Mamé, lorsqu'elle voit la compagnie de cette dernière comme un précieux trésor, tout comme l'est la compagnie de celui qui lui a envoyé ce sms. Il fait appel à elle, alors forcément, nécessairement, elle n'est que trop prompte à le rejoindre, et elle aurait su où le retrouver sans même qu'il n'ait précisé où il était : Wes Byrnes est son ami depuis aussi longtemps qu'elle sait qu'un et un font deux – bien qu'elle n'en a toujours eu que pour l'infini – et c'est avec lui qu'elle a appris à connaître par cœur les recoins et les alentours de ce skatepark à l'abandon. Combien de fois s'est-elle aventurée dans leur repère fétiche dans l'espoir de retrouver la familiarité de leur complicité au détour de sa personne ? Si bien qu'elle s'engage aussitôt sur un chemin qu'elle pourrait prendre les yeux fermés, non sans se laisser distraire une ou deux fois par un chat sauvage ou les branches d'un arbre dépouillées par l'hiver.
Wanda l'espiègle, lorsqu'elle sait qu'elle s'apprête à retrouver Wes qui l'attend déjà, elle peut parfois s'amuser à le contourner à pas de loup pour le prendre par surprise en surgissant derrière son dos. Quand ils étaient plus jeunes encore, elle pouvait s'évanouir en un instant dans le bois avoisinant et se cacher sur les hauteurs d'une branche complice. C'est souvent aussi, qu'elle grimpait avec une agilité toujours plus travaillée par les années à l'arbre voisin de la maison de son ami, et qu'elle trouvait une place familière sur cette branche à la hauteur de la fenêtre de sa chambre. Combien de fois l'a-t-elle observé à son insu avant qu'il ne s'aperçoive de sa présence ? Combien de discussions complices ont-ils eu, lui les coudes appuyés sur le rebord de sa fenêtre, et elle les jambes dans le vide ? Mais cela fait à présent des semaines qu'ils n'ont pas connu la légèreté d'un tel échange – ce qu'elle ne regrette pas particulièrement lorsqu'elle s'accommode si aisément des circonstances qui l'entourent, comme si cela n'avait pas seulement été sa souplesse physique qui avait été travaillée toutes les fois où elle a pu grimper aux arbres. Wanda, elle a un corps et un esprit qui s'adaptent à toutes les réalités que peuvent être celles de son quotidien, il faut seulement pour ça qu'elle en ait conscience quand elle peut si souvent passer à côté des évidences.
Pourtant, Wes est bien souvent une exception à cette attention réputée pour être des plus distraites, alors que le jeune homme occupe une place prépondérante dans ce cœur qui n'est, lui, pas connu pour s'attacher plus que de raison. Mais Wes, c'est plus qu'un ami, c'est son acolyte de toujours, son complice, son plus fidèle allié. La force de cette amitié n'est pas pour autant seulement consolidée par le vécu d'une existence passée majoritairement non loin l'un de l'autre, lorsque dès les premiers instants le jeune garçon a attiré son œil. Elle n'a jamais eu la curiosité de savoir pourquoi exactement, mais elle a très tôt eu un intérêt particulier pour ce que son voisin avait à dire, et elle a toujours l'espoir encore aujourd'hui de pouvoir un jour chatouiller son esprit de son intrusion pour découvrir quelles autres merveilles s'y cachent. Peut-être que son attention s'est emparée de lui, mais que cela aurait pu être un autre, tant que cela revenait à s'enticher de l'esprit de quelqu'un pour espérer le décortiquer et le comprendre. Ou peut-être que cela a été lui, parce que cela n'aurait pas pu être un autre.
Il y a cette douce sensibilité qui a toujours émané de Wes Byrnes, comme s'il était incapable en tout temps de vouloir du mal à quiconque, et puis ce n'est pas moins qu'un compagnon de jeu à l'esprit imaginatif et taquin qu'elle a pu trouver à ses côtés, alors comment aurait-elle pu un jour vouloir se dérober à un tel trésor ? Wanda, elle regarde parfois Wes comme d'autres admireraient un bijou de plusieurs carats, sauf qu'elle, elle est bien incapable de porter un jugement de valeur sur son ami lorsqu'il lui est inestimable. C'était inespéré pour elle, si distraite et insouciante, de vraiment s'attacher à qui que ce soit, alors qu'elle n'est pas même dévouée avec déraison à sa famille que beaucoup peuvent envier pourtant. Alors elle aime son père et ses sœurs, sa mère aussi, elle a des amis pour qui elle aura toujours du temps, un ex qu'elle aura toujours plaisir à retrouver, mais elle n'a pas à l'égard de ceux-ci l'attention viscérale qu'elle peut porter à son ami de toujours. Être en compagnie de Wes, c'est retrouver la familiarité d'un repas de fête en famille, mais aussi l'émerveillement inlassable d'un ciel étoilé. Et Dieu sait qu'elle peut l'aimer, ce ciel obscur perlé d'étoiles scintillantes.
Bientôt, Wanda foule le sol familier de ce bois, puis celui goudronneux du skatepark, et son avancée ne connaît ni accélération ni ralentissement pour parvenir à la hauteur de cet ami esseulé qui est à présent à la portée de ses yeux. Elle met toujours un pas après l'autre lorsqu'il n'est pourtant plus qu'à deux mètres d'elle, et c'est sans dire un mot qu'elle s'assit perpendiculairement à gauche de lui, qu'elle fait reposer ses pieds à droite de ses jambes, et qu'elle vient s'enrouler autour de son ami au détour d'une tendresse filiale. La tête à présent sur son épaule gauche et les bras autour de son cou, il faut croire qu'elle n'a toujours pas su se formaliser de sa retenu malgré toutes les années d'amitié qui les lient, quand Wes n'est pas connu pour être aussi tactile qu'elle peut l'être. Mais lorsqu'elle a conscience de son chagrin, elle ne peut que vouloir offrir son corps contre le sien en guise de carapace contre tout autre aléa que la vie voudrait encore lui infliger, car Wanda est élastique : ce n'est que trop aisément qu'elle s'étire malgré elle pour accuser un quelconque choc, et elle voudrait pouvoir amortir le poids du fardeau de son ami rien qu'un instant.

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MessageSujet: Re: sometimes love is enough when the road gets tough   Ven 29 Déc 2017 - 12:51

Il ne savait pas depuis combien de temps il était là, une heure, deux heures, peut être plus. A quoi bon de toute façon… Le temps en tant que tel n’avait plus de valeur, il s’écoulait implacable à la vie et ses souffrances, comme hermétique à ce que les hommes pouvaient bien ressentir; il était au dessus d’eux, et les dominait en silence. Parfois il intervenait cependant pour distribuer des bons et des mauvais points, avant de filer rapidement pour ne pas être mêlé aux déboires des hommes. Insaisissable était le mot… Pourtant Wes aurait aimé s’en emparer, pour le tordre et le défaire, afin de soigner les maux de sa mère, et ramener sa sœur. Malheureusement, la vie n’était pas une fiction ou un roman qu’il pouvait écrire à sa guise, et la mort faute du contraire était inévitable, n’en déplaisait à son chagrin grandissant. Alors à défaut de supporter ce dernier, il tâchait de se changer les idées en se perdant dans les rues de Mount Oak, guidé par ses pas et son esprit embué. Tout pour reculer l’instant où il devrait mettre les pieds chez lui, un endroit devenu aussi triste qu’un funérarium et où la présence de Justine était encore trop présente. Partout où son regard se posait, il la revoyait, entendait sa voix, et était persuadé que tout ça n’était que le fruit de son imagination. Pas plus tard que la veille, il s’était réveillé en sursaut, les sens en alerte, en attendant la porte de sa chambre se refermer brusquement. Surpris par le bruit, il s’était aussitôt précipité dans la pièce à côté pour constater que la fenêtre était ouverte, et que le vent s’amusait juste à faire jouer les gonds. Et puis il était resté là sur le bord de son lit, un de ses vieux cardigans serrés contre son torse tandis que les larmes déferlaient sur son visage pâle. Il n’avait plus la force de vivre, mais pour elle, il était obligé, elle n’aurait pas voulu qu’il suive son funeste destin. C’était ce qu’il tâchait de se de dire en tout cas… Et puis, des gens comptaient sur lui, il ne pouvait pas les abandonner si ? A commencer par Wanda à qui il venait d’envoyer un message par automatisme, en la priant de bien vouloir le rejoindre à leur repère préféré. Il avait été un ami négligeant, en disparaissant sans donner de signe ou de nouvelles, mais il avait préféré ça plutôt que d’affronter la pitié de ses proches. La solitude était la solution la plus confortable en période de crise, mais aujourd’hui il avait cruellement besoin d’elle. De voir ses prunelles rassurantes, son sourire communicatif, et ses étreintes salvatrices quand elle le tirait contre son cœur pour l’embêter. Sa partenaire de longue date… Comment l’oublier ? Elle, qui représentait tout un pan de son existence, et dont l’amitié était une des rares choses qu’il n’avait pas raté. Précieuse et inégalable, tel un véritable trésor qu’il chérissait jalousement : Wanda était son étoile dans un ciel lugubre, trop sombre. Il essuya les goutes d’eau qui perlaient au coin de ses cils, et souffla bruyamment en accélérant sa cadence à l’orée des bois.

Le chemin qui menait au skatepark était retors, plein de ronces et de longues tiges qui pliaient sous sa trajectoire en des courbes informes. Ça lui rappela des souvenirs de gamin, lorsqu’ils venaient ici ensemble en courant comme des dératés, les poumons en feu, leurs doigts mêlés, et leurs bouches pleines de sucreries. Ici, rien que tout les deux, ils avaient refait le monde à l’abri des regards indiscrets des adultes et de leurs camarades. Ce hameau désaffecté était rapidement devenu leur havre de paix, où ils étaient libres de faire ce qu’ils désiraient, à commencer par graver leurs initiales - WW - sur le bitume usé par les rayons du soleil et les roux des planches de skate. Il repéra immédiatement la tôle froissée du vieux hangar, et les agrès gris vétustes de la municipalité. Les alentours étaient déserts - ça n’avait guère changé - mais quelque part là dessous, il se sentait fébrile et gagné d’une nostalgie grandissante. Une fois de plus, il pesta intérieurement contre l’incapacité humaine à pouvoir revenir en arrière ou faire un saut en avant. Wes gagna les rebords de la plateforme principale, et s’installa dessus, ses jambes dans le vide, et ses yeux rivés sur un horizon où la nature avait repris ses droits. La bise joua avec ses boucles blondes, et il se laissa porter par le son des courants d’air mêlé aux cliquetis métalliques des infrastructures qui ployaient sous le poids des saisons consécutives. Puis une mélodie différente le tira de sa méditation passagère, et il su qu’elle était là avant même de la visualiser. Dans le silence le plus total, il la perçut s’asseoir, et enrouler ses bras sur sa silhouette fluette qui, contrairement à d’habitude, n’eut pas un soupçon de tremblement. Et si d’ordinaire, il n’aimait pas qu’on le toucha, à cet instant il aurait voulu se noyer dans cette étreinte d’une infinie tendresse. Ses lèvres sèches restèrent closes, et ses mains remontèrent légèrement pour toucher les siennes et profiter d’un peu de sa chaleur. Il ferma les paupières en s’imprégnant de son odeur, soulagé qu’elle fut enfin là avec lui. « Merci.… » Murmura t-il tout bas, avant de la scruter avec bienveillance, sans la relâcher, ivre de ce rapprochement au combien nécessaire à sa survie. « Tu.. as … Justine elle est… partie. Accident de voiture, même si je pense qu’elle a… C’est.. je… D’abord mon père, maintenant ma soeur, j’ai l’impression que ça ne va jamais s’arrêter. » Il avala difficilement sa salive, et se détourna, car la douleur faisait briller ses iris d’un voile aqueux. « Je suis désolé, j’aurais voulu te voir avant mais je n’avais pas le courage d’affronter tout ça. Une partie de moi refuse d’admettre ce qui s’est passé… J’espérais… » Il s’étrangla avec sa phrase et cette évidence qu’il refusait ardemment d’admettre : c’était fini, Justine ne reviendrait pas. « C’est arrivé si vite… Tellement de choses en quelques mois, ma vie est sans dessous dessous. Il n’y a plus que toi Wanda. Je suis.. je l’aimait tellement. » Son corps céda finalement à la peine, et sursauta sous ses sanglots, tandis qu’il se lovait contre elle, ses joues baignées de sillons humides. « Je suis désolé. » Répéta t-il à nouveau, en s’abandonnant complètement à cette tristesse trop longtemps refoulée auprès de sa meilleure amie. Un truc se dénoua dans ses entrailles, c’était la première fois qu’il en parlait à quelqu’un suite à l’accident, et le prononcer de vive voix avait un effet cathartique

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- 'caught up in my dreams and forgettin' I've been actin' like armageddon 'cause you held me in your arms just a little too tight, that's what I thought; summer's meant for lovin' and leavin' I was such a fool for believin' that you could change all the ways you've been livin' but you just couldn't stop | @ lana del rey.
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MessageSujet: Re: sometimes love is enough when the road gets tough   Mer 10 Jan 2018 - 22:43

La vagabonde a retrouvé sa place, là, la tête réfugiée contre sa clavicule et le nez tout près de ses effluves familières. Elle ne saurait même plus discerner son corps du sien tant cette étreinte fait d'eux la même entité, alors peut-être que c'est bientôt elle qui touche ses mains ou lui qui presse les siennes, quelle importance ? Tant qu'ils sont ensemble. La tête de l'oisillon abandonne alors le nid de son épaule que lorsqu'un murmure vient rompre le silence, et Wanda redresse ainsi son regard et son menton pour espérer trouver la clé de compréhension dans son regard. Merci ? La grande enfant n'a jamais dit merci elle, jamais. Pourtant, elle est loin d'estimer que tout lui est dû ou de s'affranchir sciemment d'une quelconque reconnaissance – elle a même l'habitude récurrente de s'émerveiller d'autrui et de ce qu'il peut faire (pour elle ou non), seulement il n'y a que ces étoiles dans ses yeux pour tout remerciement quand sa bouche n'a jamais matérialisé ce mot, merci. Mais Wanda, elle n'est pas certaine que son ami aura un jour une véritable raison de la remercier de quoi que ce soit, parce que cela n'implique-t-il pas qu'il lui soit reconnaissant de quelques faveurs qu'elle lui ferait ? Car ce n'est jamais, ô grand jamais, une faveur d'être aux côtés de Wes, de parler de tout mais surtout de rien avec lui, ou de faire quoi que ce soit à son égard. Pour autant, elle ne veut l'empêcher en aucune façon d'être ce qu'il est, d'exprimer ce qu'il ressent, et si à cet instant il a voulu la remercier, ainsi soit-il. Seulement que vient-elle de faire au juste, qu'est-ce qui a bien pu donner à ce merci sa raison d'être dans l'esprit de son compagnon ? La femme enfant ne saurait le dire, lorsque tant de mystères s'échappe encore de son ami d'enfance. C'est qu'elle n'a jamais eu la prétention de le connaître par cœur, et elle n'aurait surtout pas cette ambition quand elle trouverait triste la perspective où elle aurait tant emmagasiné l'essence de son être qu'elle pourrait anticiper ses moindres faits et gestes, et où il ne pourrait par conséquent plus la surprendre comme il le fait si souvent en étant simplement (et tellement) ce qu'il est. Wanda, elle est trop curieuse, elle a beaucoup trop le goût de l'émerveillement, pour regarder avec envie une quelconque omniscience. Et puis est-ce seulement possible ? De connaître sur le bout des doigts une autre personne que soi-même ? Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle ne se connaît même pas par cœur elle-même. Parce qu'elle aussi, elle se prend parfois au dépourvu : elle n'a de cesse de découvrir de nouvelles choses à son sujet, et elle ne croit pas que c'est à imputer à son jeune âge, et que, au contraire, même un grand-père peut encore se découvrir soi-même à son âge avancé. N'est-ce pas la redécouverte perpétuelle la plus munificente de toutes, que celle de ne jamais tout savoir de soi, d'être si immense qu'une vie entière est trop juste pour apprendre parfaitement à se connaître, surtout quand la nature d'être humaine est en renouvellement constant face à ce qu'elle rencontre ? Wanda a conscience qu'elle n'est encore qu'au tout début de son voyage, tout comme Wes, et elle s'attarde à penser que bientôt, trop vite, ces jours difficiles ne seront plus qu'un point minuscule derrière lui lorsqu'il parviendra à se relever et se tourner vers l'horizon de son avenir et ses possibilités infinies.
D'ici-là, la jeune femme ne manque pas de se perdre dans la douceur de son regard, qui trahit aussi bientôt une douleur qu'elle voudrait pouvoir cajoler. La distraite pourrait si aisément continuer de s'y égarer sans avoir la présence d'esprit de reconcentrer son attention sur ses confidences verbales, mais son œil est justement attiré par ces lèvres qui n'ont de cesse de se mouvoir et son oreille ne demande qu'à s'éprendre et s'abreuver de ses mots. Elle ne l'interrompt pas Wanda, elle serait bien incapable de préférer la parole à l'écoute un seul instant, surtout quand c'est Wes qui lui adresse ces trésors verbaux. Elle croit bien qu'elle pourrait presque les voir ces mots d'ailleurs, s'entremêler autour d'eux avant d'être emporté par le vent, comme elle peut si souvent voir des notes de musique danser autour d'elle – car la voix de son ami le plus précieux n'est rien de moins qu'une mélodie, elle aussi.
- Je ferais tout s'arrêter si c'est ce que tu veux, je te le promets. Il n'a qu'à le lui demander, et elle ferait aussitôt tout s'interrompre, le pire comme le meilleur, et elle l'enveloppera dans une bulle, le loverait dans le confort d'une parenthèse, là entre ses bras, assis sur les rebords de la plateforme principale de leur repère fétiche. Elle ferait s'arrêter le temps, pour lui permettre de reprendre son souffle, et elle laisserait la vie reprendre son cours que lorsqu'il lui en ferait à nouveau la demande. Wanda ne doute pas un seul instant de sa capacité à se jouer ainsi du temps, alors qu'elle serait bien capable de tout, même de maîtriser cette force intangible, pour lui. Mais bientôt son ami détourne les yeux des siens, et cela ne suffit pas pour que la jeune enfant cesse de river son attention sur ce qu'il laisse voir de sa nuque désormais. Et quand le malheureux finit par rendre les armes et laisser les sanglots malmener son corps en même temps que les larmes envahissent ses joues, c'est spontanément que ses bras viennent encercler ce chagrin qui vient se loger contre sa poitrine. Le nez à présent réfugié contre son oreille droite alors que son visage est tourné vers l'horizon opposé au sien, elle presse un peu plus sa seconde moitié contre elle pour qu'il se réchauffe et trouve un abri tout contre elle au déluge qui s'abat sur lui. Wanda n'a pas le cœur qui se crève de son évidente détresse, lorsque celui-ci voudrait surtout étendre son élasticité pour envelopper en son sein le corps éprouvé de Wes et le protéger de ses membranes impénétrables. Bientôt, il exprime à nouveau trois mots qu'elle est incapable de comprendre, et c'est toute en retenue qu'elle exprime son incompréhension.
- Pourquoi ? Ce mot, toujours, qui revient sans cesse. Pourquoi ? Pourquoi ci, pourquoi ça ? Ce point d'interrogation qu'elle peut si aisément démultiplier résume à lui seul l'essence même de son être. Mais pourquoi est-il désolé ? Ne sait-il pas, qu'en tout temps, il n'a jamais à ressentir de tels regrets à son égard ? Qu'il n'a jamais à s'excuser d'être lui lorsqu'elle le chérit comme la plus brillante des étoiles dans un ciel obscur et perlé d'astres innombrables ? Ne sois pas désolé. C'est le ton d'une voix qui ne peut être que douceur qui répond elle-même à sa question, quand celle-ci ne demandait pourtant pas vraiment de réponse. Et alors qu'elle l'étreint toujours aussi étroitement, c'est son regard qui s'échappe, et qui est bientôt attrapé au vol par la cime d'un arbre... mais sa voix est toujours là, elle, qui se glisse paisiblement au creux de son oreille.
- Il y a toi aussi, tu es encore là. Il n'y a pas qu'elle à ses côtés, il y a lui aussi, la personne avec qui il a toujours vécu et avec qui il passera le reste de sa vie. C'est important, non ? Je te souhaite de la retrouver un jour. Justine. Car ce n'est pas impossible, ne retrouve-t-elle pas elle-même son jumeau disparu grâce à cet esprit qui lui donne vie ? Mon père dit souvent qu'un jour on peut peut-être retrouver les disparus dans les plissures d'un sourire ou dans la résonnance de mots familiers, et que quoiqu'il en soit ils se trouveront toujours dans tes souvenirs et que c'est à travers toi qu'ils seront toujours présents. Mais tout ce que je sais vraiment, c'est que tu peux toujours chérir ceux qui restent. Et toi, tu es encore là. Oui, il est toujours là, lui, il est resté. Et se chérir soi-même, c'est un début, peut-être même le commencement de tout. Wanda, elle s'est toujours demandée pourquoi la plupart peut si souvent se montrer cruelle envers celui qui leur est le plus proche et se malmener ainsi sans cesse eux-mêmes. Peut-être alors que prendre soi comme un être à part, à choyer et protéger, leur permettrait de panser plus aisément leurs plaies. Je crois que tu en aurais toujours besoin, de te trouver un second allié, un qui te soutiendra toujours quoiqu'il arrive. Second, parce qu'elle est là, elle aussi, et qu'elle serait toujours son appui le plus solide s'il le veut. Et crois-moi, Wes est le plus précieux des amis. La femme enfant le sait mieux que personne, lorsqu'il est son plus vieux complice, et elle espère qu'un jour il saura le voir et se montrer la même clémence, si ce n'est pas déjà le cas.

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MessageSujet: Re: sometimes love is enough when the road gets tough   Ven 2 Mar 2018 - 19:20

Les larmes s’échappaient de ce corps recroquevillé comme une boule de papier froissé, jeté sur un trottoir par un passant trop pressé. Intarissables, elles n’en finissaient pas de couler, et de glisser sur sa peau refroidie, et sur celle de Wanda, à qui Wes s’agrippait de toutes ses forces. Il était un marin perdu en pleine mer par une tempête faisant rage, où le vent et l’eau se démenaient pour le faire chavirer vers un futur incertain ; tel était son état d’esprit. Trop longtemps sourd à son chagrin, et ce deuil inopiné, il avait feint l’indifférence et avait fini par boire la tasse. Ses doigts s’entremêlèrent à ceux de sa moitié afin de ne pas couler davantage vers les profondeurs abyssales. Les pièces du puzzle étaient désormais rassemblées : ils formaient un tout. Ce tout qui existait depuis des temps immémoriaux et dont il soupçonnait les racines être noueuses et indissociables. À croire que W & W étaient la réincarnation de deux êtres destinés à se retrouver coute que coute dès l’instant où leurs pieds frôlaient la terre. Mais à cet instant, Wes n’était plus enraciné, il s’écoulait comme de l’or. « Je ferais tout s'arrêter si c'est ce que tu veux, je te le promets. » Wanda, sa chère Wanda constituée d’oxygène, de carbone, d’hydrogène, de calcium et de phosphore. Les mêmes éléments chimiques que chaque être humain, cependant il ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle était plus que ça, qu’il y avait en elle, d’autres composants que personne ne connaissait, et qui la rendait si spéciale. À travers le flou de ses paupières, il distingua sa silhouette et ses bras qui le maintenaient fermement encré à cette réalité insipide. Et derrière elle un paysage indistinct aux contours lumineux. Des arbres au ciel, en passant par la faune et les brins d’herbe, tout ça n’était que du remplissage avant de mourir. La mort… Tantôt amie, tantôt ennemie, elle ne laissait pas indifférent. Il s’interrogea subitement à quoi Justine avait-elle pu penser en sentant la vie quitter son enveloppe charnelle ? Peut-être n’en avait-elle pas eu le loisir après tout… L’incident avait été rapide, une voiture lancée au maximum de sa vitesse sur une route de campagne… ‘Elle n’a pas souffert ne vous inquiétez pas’, qu’ils lui avaient affirmé au commissariat d’un ton faussement compatissant. Qu’en savaient-ils ? Absolument rien. Une belle bande d’idiots eux-là… Comme si seule la douleur physique eut importée, alors qu’il y avait un terrain meuble qui ne demandait qu’à recevoir des graines, puis être cultivé ; un terrain nommé conscience. Or sa cadette avait… Elle avait eu beaucoup de soucis précédent sa chute finale en bas de la falaise, auxquels il n’avait pas su trouver remède. Pour ça, la culpabilité continuait de bosser et de creuser son bonhomme de chemin dans sa cage thoracique, et partout ailleurs dans son être. Des milliards et des milliards d’aiguilles minuscules picotèrent son épiderme, légèrement effacées par l’étreinte de sa comparse.

« Pourquoi ? » Pourquoi en effet. Pourquoi cette voie et pas la seconde ? Pourquoi ce vendredi-là et pas le suivant ? Il était aisé de redémontrer l’histoire, d’en changer les éléments, et d’interrompre la ligne directrice. Néanmoins le garçon n’avait pas ce pouvoir, et n’était pas sur de vouloir le posséder, sauf pour la sauver, avant de s’en débarrasser à quiconque le désirait. Mais tout avait une date limite pas vrai ? De l’ampoule de cent watts au soleil, en passant par un animal, jusqu’à l’américain moyen supposé vivre environ six mille trois cent quarante-quatre semaines après sa naissance. Théoriquement il y avait donc un jour et une heure précise où l’on expiait son dernier souffle… Pour sa cadette, c’était à dix neufs ans. « Ne sois pas désolé. » Pourtant, il l’était désolé : pour tout un tas de raisons ; une pile immense de torts à réparer. Il y avait d’abord son père qu’il avait préféré fuir à défaut de l’affronter,  sa mère à qui il n’arrivait plus à parler, et tous les autres qu’il oubliait. « Il y a toi aussi, tu es encore là. » Oui mais justement, il aurait aimé ne plus l’être, et échanger sa place avec elle, Justine. Il soupira, expiant des idées noires tenaces, comme du pétrole sur l’asphalte. « Je te souhaite de la retrouver un jour. » Il approuva du menton, et essuya ses joues humides, tandis que son index jouait avec le bout de la manche de son pull. « Mon père dit souvent qu'un jour on peut peut-être retrouver les disparus dans les plissures d'un sourire ou dans la résonance de mots familiers, et que quoiqu'il en soit ils se trouveront toujours dans tes souvenirs et que c'est à travers toi qu'ils seront toujours présents. Mais tout ce que je sais vraiment, c'est que tu peux toujours chérir ceux qui restent. Et toi, tu es encore là. » Sa voix le calmait ; elle était reposante. Elle l’enrobait et il se sentait en sécurité, contenu, il ne pouvait pas s’échapper. Tout ralentissait, tout s’apaisait, le bruit, le flot de ses réflexions, il était accroché au ton doucereux qui sortait de ses lèvres roses, mignons bourgeons en fleur. « Je crois que tu en aurais toujours besoin, de te trouver un second allié, un qui te soutiendra toujours quoiqu'il arrive. » Machinalement, il laissa ses doigts courir sur sa peau tout en s’imprégnant de ses phrases censées. Wes allait à l’encontre de ses habitudes, mué par l’envie irrépressible d’avoir un contact humain, un peu de chaleur vers qui se fondre et disparaitre. Au terme d’un long silence, il reprit la parole, dans un drôle de gargouillis remontant du fond de sa gorge. « Ton père a raison. Il a toujours été là quand le mien ne l’était pas tu sais... » Il voyait un geste de la providence là-dedans, un coup de pouce du destin qui avait permis à Wes de fréquenter les Faraday, dont il était plus proche que de sa propre famille. Qu’aurait-il fait sans Wanda ? Et sans la partie complémentaire de son âme accolée à la sienne ? Il l’aimait si fort… « C’est juste…. J’aurais aimé faire quelque chose, remonter le temps pour empêcher que ça arrive. Ils ont dit que c’était un accident, mais je n’en suis pas si sûr. Je pense qu’elle en avait marre, et qu’elle s’est suicidée. » Il s’étrangla avec le mot tant redouté, qui jusqu’ici n’était resté qu’au stade embryonnaire de son imagination, mais qui, désormais prononcé, prenait une dimension réelle. Suicide… À quoi bon remuer le couteau dans la plaie ? Qu’elle l’ait souhaité ou non, cela ne modifierait pas la conclusion, à part assombrir son jugement et ternir cette image qu’il avait d’elle. « Il s’est passé tant de choses dernièrement. J’ai l’impression que quelqu’un a une poupée vaudou de moi, dans laquelle il plante des aiguilles. Je sais pas ce que j’ai fait dans une vie antérieure mais je le paye très cher ici. » Il relâcha légèrement la pression qu’il exerçait sur sa compère, et se focalisa sur son visage et ses traits délicats ; elle brillait avec la force des étoiles dans la nuit, et la noirceur à ses côtés, se dissipait. « Mon père qui disparait, Justine qui meurt, et puis… Y’a un autre truc que je t’ai jamais dit. » Elle avait sans doute pu le deviner au fil des années qui passaient inlassablement, insensibles à ce qu’elles emportaient dans leur trainée. Ce fameux truc qu’il avait secrètement (honteusement ?) gardé pour lui, et qui devait sortir au même titre que le reste. « Mais là toute suite maintenant, je voudrais que tu me parles de toi, que tu me dises tout ce que j’ai raté. J’ai besoin de penser (passer ?) à autre chose. » Un mince sourire – quasiment imperceptible presque incroyable – fit apparaitre ses fossettes de gamin en deçà de ses cernes violets. Puis il étendit ses jambes, et se pencha vers elle pour écarter des mèches blondes coincée sur son front. Wanda, sa jolie Wanda annonciatrice d’espoir et de renouveau.

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- 'caught up in my dreams and forgettin' I've been actin' like armageddon 'cause you held me in your arms just a little too tight, that's what I thought; summer's meant for lovin' and leavin' I was such a fool for believin' that you could change all the ways you've been livin' but you just couldn't stop | @ lana del rey.
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Wanda Faraday
EMILY COOPER

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MessageSujet: Re: sometimes love is enough when the road gets tough   Jeu 29 Mar 2018 - 0:01

Il y a ces perles, qui continuent leur sillon implacable sur sa peau, et la jeune femme n'éprouve pas un seul instant la nécessité de les essuyer et de, ainsi, les faire disparaître. Qu'elles coulent et s'écoulent, et allègent la pauvre carcasse de son compagnon de quelque poids. Dans un même temps, elle ne délaisse pas un seul instant la force de son étreinte, lorsqu'elle ne voudrait surtout pas que Wes se fissure en mille morceaux sans un quelconque soutien pour faire pression sur les brèches de son corps malmené. Le peut-elle seulement ? Et déjà, c'est le silence qui se joint amicalement à leurs efforts pour lui laisser le temps de reprendre le souffle de ses pensées, et c'est avec un sourire que Wanda accueille cet ami qui ne saurait se rendre palpable. Mais lorsque son ami qui l'est lui, palpable, là entre ses bras – tout autant qu'elle l'est sous ses doigts quand ils n'ont de cesse de trouver leur chemin contre sa peau – reprend la parole, elle a l'ouïe attentive pour entendre tout le fardeau de son cœur, si seulement cela pouvait lui permettre d'alléger celui-ci au passage et de transmettre tout ce poids à ces mots. C'est que les mots sont si souvent magiques, alors pourquoi n'auraient-ils pas ce pouvoir-là aussi ? Les êtres humains également peuvent avoir ce pouvoir pour leurs semblables, et si son père en l'occurrence a pu répondre présent pour lui, elle ne peut que l'en remercier silencieusement.
- Tu sais, si la famille c'est plus qu'une histoire de lien de parenté, et que ça tient davantage à la volonté d'être toujours présent pour l'autre, alors on est ta famille, nous aussi. Il n'a pas le choix, que de les avoir pour entourage, en guise de roc inébranlable, dès l'instant où ils le portent irrémédiablement dans leurs cœurs et se soucient de lui. Si bien qu'elle l'écoute toujours, elle le ferait bien jusqu'au petit matin de leurs vieux jours tant elle ne pourrait se lasser un seul instant de lui. Elle l'écoute avec bon cœur, lorsque les mots sont durs pourtant – seulement n'est-ce pas davantage la vie, qui implique notamment la mort, qui est dure ? Mais pourquoi elle, plus que les autres, est étrangère à ce sentiment d'impuissance qui pourrait effleurer jusqu'à écraser tant d'autres face au chagrin incommensurable d'un proche ? Ce n'est pas qu'elle s'en affranchit sciemment, pour son bien ou par indifférence, mais qu'elle accepte trop aisément ce qui est pour ce qu'il est. La conception de bien et de mal, elle n'a jamais trouvé sa place dans son esprit, lorsqu'elle n'a jamais pu porter un seul jugement de valeur sur la vérité quelle qu'elle soit. C'est le lot de la vie, la mort, le deuil, la perte. Et quelque part, Wanda pourrait presque y voir une certaine beauté, dans ce cycle, cruel peut-être, de la vie. Tout change, constamment. Rien n'est jamais acquis. Pour autant, cela ne signifie pas qu'elle se réjouit de ce que ressent son ami et de cette détresse qui secoue son corps entier, tout contre elle. Alors si elle pouvait faire quoi que ce soit pour apaiser sa douleur, elle y mettrait évidemment tout son cœur pour s'exécuter. Mais que faire face à une telle perte ? Il avait une sœur et il n'en aura pas d'autre, elle est morte, ou s'est suicidée, et il ne pourra plus faire quoi que ce soit pour changer cette issue fatale. L'aurait-il seulement pu, si la chance lui avait été donnée ? Il ne le saura jamais, et se retrouve certainement à devoir subir la perspective de ce et si en même temps que son deuil.
- Tu ne le sauras jamais vraiment, et elle ne lui adresse pas ces mots en guise de source de réconfort factice, mais comme une vérité pour ce qu'elle est : ils ne le sauront jamais maintenant, cela restera connu de Justine seule. C'était peut-être un accident, tout comme cela a pu être un choix, Wanda n'a pas l'audace de le nier. Mais le suicide est-il vraiment un choix, ou est-ce que le désespoir empêche nécessairement la clarté de l'esprit pour choisir en toute conscience cette extrémité irréversible ? Il en reste que la souffrance de sa sœur s'est à jamais tue dans la carcasse de cette voiture – ou là aussi a-t-elle vraiment disparu ? Justine ne s'est-elle pas affranchie de sa détresse, tout en la transmettant au passage à un frère endeuillé par cette perte et morcelé par les regrets ? La jeune Faraday ne songe pas un seul instant que c'est là ce que la défunte a pu souhaiter, mais il en reste que c'est Wes qu'elle a laissé derrière elle avec le poids des conséquences de son imprudence ou de son acte délibéré. Mais comment l'en blâmer pour autant ? C'était sa vie, et si cette dernière est liée à tant d'autres que la sienne, celles-ci n'ont pas nécessairement à la priver implacablement de son libre-arbitre. Et sans que cela fasse forcément sens pour son ami, Wanda finit par revenir sur ce qu'il a pu dire quelques instants plus tôt, comme si elle considérait ses mots à rebours, ou ne les abandonnait jamais vraiment de son attention. En tout cas, il en reste qu'à la réflexion, elle a quelque chose d'autre à en dire, quitte même à se contredire (comme si souvent). Ou se contredit-elle seulement ? Lorsque tout ne tient qu'à leur façon de considérer ce qui les entoure, et qu'un sentiment peut si aisément être muable.
- Je ne crois pas que ça s'arrête vraiment un jour, avoue-t-elle alors que son pouce caresse (ou joue ?) avec le grain de beauté de sa nuque, si ça s'arrête ça doit vouloir dire que tu es mort ? C'est le cours de la vie, et de la mort, qui ne cesse de les entrainer dans ses tourbillons et ses remous. Dernièrement le corps de son ami n'a cessé d'être balloté par le courant tumultueux, mais peut-être que bientôt le fleuve se ferait plus tranquille. Oui, peut-être que bientôt il pourrait alléger ses poumons de nombre de bouffées salvatrices d'oxygène et se laisserait porter au rivage, pour retrouver la terre ferme. Mais tout change, constamment, comme un perpétuel renouvellement. Et là où certains le redoutent, Wanda, elle, y voit de la beauté, dans ces inévitables changements et évolutions, aussi infimes que massives, contre lesquels il peuvent si peu. Alors je ne peux pas croire que tout sera toujours comme ça pour toi, aussi dur, cela ne ferait pas sens. Ce n'est pas du vent que Wanda lui offre, elle en est bel et bien certaine : aussi certain qu'est le lever et le coucher du soleil, Wes pourrait s'apaiser de jours meilleurs, ne serait-ce que parce que l'esprit humain apprend à endurer, et ce qui paraissait insurmontable hier, ne sera qu'une colline de plus à grimper le lendemain. Et elle sait, combien son ami est fort, qu'il pourrait se relever de tout. Peut-être que certains rattachent ça à de l'espoir, qui reposerait sur un désir et aucune certitude, mais je crois au contraire que s'il y a une chose dont on peut être à peu près certain, c'est la promesse que rien ne dure éternellement, et cela vaut aussi pour les temps difficiles et ces maux au cœur. Peut-être que dans cette promesse, Wes pourrait y trouver refuge. Et à mesure que le fil de ses pensées poursuivent leur chemin à ce sujet, elle ne manque pas d'être toujours présente pour recueillir à son tour ses mots et leur offrir plus que volontiers son tympan en guise d'abri. Bientôt, son être se fend quelque peu pour que son autre moitié s'écarte suffisamment d'elle pour permettre à leurs yeux de se retrouver et la femme enfant ne ressent pas aussitôt l'envie pressante de savoir ce qu'il ne lui a jamais dit. Elle ne doute pas qu'il y a tant de choses qu'ils ne se sont pas encore dites, et tant d'autres qu'ils n'auront pas le temps de se dire, mais ce dont elle doute encore moins c'est qu'elle sera toujours prête à entendre ce qu'il veut lui dire, lorsqu'elle ne voudrait surtout pas se jouer un seul instant de cette volonté pour lui soutirer ce qu'il n'a pas (encore) le cœur à lui dire. Alors elle attendrait, même pour un jour qui ne viendra jamais, tant que cela revient à ne pas piétiner par mégarde sa liberté. Et si présentement il a l'envie qu'elle parle d'elle et qu'elle essaye de lui changer les idées, elle ne peut qu'obtempérer – quand bien même elle a toujours mieux su écouter que parler.
- L'autre jour j'ai vu une vidéo, une simulation de la collision entre Andromède et notre galaxie dans quelques milliards d'années, et on aurait dit une danse ! Et forcément, son regard se porte dans un même temps avec affection sur ce ciel qui lui est si cher, même s'il est encore trop aveuglé de la lumière de l'astre solaire pour laisser voir toutes ses autres étoiles. Elles se rapprochent lentement, se rencontrent finalement et exécutent un volte-face presque lascif suite à la collision, comme un début de tango, et elles déploient leurs bras avant de se rapprocher à nouveau et de recommencer tout en dégageant un nuage de poussières d'étoiles à chaque rencontre, tournoyant l'une autour de l'autre tout en dansant sur elles-mêmes, jusqu'à ne faire plus qu'une. Une danse des astres, tu imagines ? J'aurais aimé que tu vois ça ! Et peut-être que ce n'est pas là le genre d'anecdote qu'il espérait, mais quelque part parler d'elle, cela revient inexorablement à parler des étoiles, lorsque c'est là sa plus grande passion depuis toujours. Et puis cela lui distrait toujours le cœur, de penser à l'infiniment grand à hauteur de l'Univers si bien que tout devient infiniment petit à leur échelle planétaire et humaine, même les chagrins, et elle espère que cela pourra être le cas pour son ami aussi. Et ce ciel que l'on connaît aujourd'hui, qu'importe l'hémisphère, qui ne ressemblera à plus rien de ce qu'il est aujourd'hui et qui aura toutes les étoiles d'une autre galaxie pour davantage l'illuminer... dommage qu'aucun de nous ne pourra plus le voir, ce ciel. Car là aussi tout change, inexorablement.

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you have me, until every last star in the galaxy dies, you have me
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sometimes love is enough when the road gets tough
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