an old shooting star passing by the night of my day


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Wanda Faraday
EMILY COOPER

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INSCRIT LE : 29/05/2016
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MessageSujet: an old shooting star passing by the night of my day   Jeu 7 Déc 2017 - 22:43

Une fois n'est pas coutume, Wanda s'est endormie, enroulée dans sa couverture, sur ce toit. N'avait-elle pas treize ans la première fois que son père l'a trouvé dans les bras de Morphée sur le toit de leur maison ? Mais la jeune femme est loin de la demeure de son père aujourd'hui, elle n'est pas plus proche de la sienne d'ailleurs, lorsque cette nuit emplie d'étoiles elle l'a passé sur le toit d'étrangers. Cela n'arrête pas Wanda, non pas qu'elle s'affranchit volontairement de ce genre de scrupules-là, mais surtout qu'elle n'a jamais été en mesure d'appréhender le concept de la propriété privée. Elle ne voulait surtout pas manquer la meilleure vue qu'elle peut s'offrir pour admirer cette pluie d'étoiles filantes, ou plutôt cette pluie de météores familière de décembre nommée Géminides. C'est qu'elle a si souvent le nez rivé sur ce ciel, d'autant plus lorsqu'il est étoilé : depuis son plus jeune âge, elle a pris l'habitude de ne rien manquer des spectacles que lui offre ce ciel nocturne, là où l'éblouissement du Soleil ne lui cache plus rien. Bientôt allongée sur ce toit, avec son épaisse couverture pour lui tenir chaud, elle a fini par trouver le sommeil au bout de deux heures ou trois d'intense observation. C'est qu'elle peut s'endormir n'importe où Wanda, l'inconfort ne l'arrête pas.
Et lorsque son œil vient éclore ce matin-là et qu'il découvre la vue des ardoises de ce toit, elle ne s'étonne pas. Et loin d'être étourdie à s'extirper de sa courte nuit de sommeil, elle est rapidement très alerte et enthousiaste de cette nouvelle journée qui l'attend. Elle abandonne donc sans tarder ce lit qu'elle s'est trouvée malgré elle pour cette nuit, et elle amorce sa descente au détour d'une habileté travaillée avec les années. Une fois pied à terre, elle exécute un volte-face pour retrouver la rue passante et c'est ainsi, les cheveux en bataille et toujours étroitement enroulée dans sa couverture, qu'elle tombe nez-à-nez avec Peter Dawson – ou pas vraiment nez-à-nez, mais plutôt nez contre menton, car si elle se souvient d'une époque où elle n'avait pas à lever la tête pour regarder les traits de son visage, il a depuis pris une quinzaine de centimètres de plus que son corps n'a jamais semblé décidé à rattraper – et aussitôt, le pouvoir familier de ses traits familiers sous son regard s'empare de ses lèvres qui s'étirent d'un sourire sans équivoque.
Bientôt, un doigt facétieux vient se loger dans le creux de sa joue. Comme pour s'assurer que sa vue ne lui joue pas des tours, il faut qu'elle s'appuie sur son toucher pour le prouver. Et puis c'est sa façon à elle de dire bonjour, elle touche quelques cellules de sa peau pour qu'elles la reconnaissent et qu'elles propagent le message aux autres cellules. Ou alors c'est un code secret, connu seuls de Peter et elle, leur propre façon qu'ils ont inventé pour se saluer... elle ne sait plus trop Wanda. Tout ce dont elle a conscience, c'est qu'il est palpable sous le bout de son doigt et que par conséquent elle ne l'imagine pas comme elle peut dessiner les contours de Seth d'un seul regard. Peter est là, et son sourire prend toujours plus ses aises sur ses lèvres face à cette réalité. D'autres se demanderaient peut-être ce que le voyageur insatiable fait dans sa ville natale, mais elle non, il est là en face d'elle, et ça lui suffit. Elle n'est alors pas curieuse de savoir le pourquoi qui l'a mené jusqu'ici, tant qu'il l'est, ici – mais puisqu'elle curieuse de tout, qui saurait affirmer sans douter qu'elle ne va pas finir par s'emparer de cette curiosité-là malgré tout ?
Elle ne se demande pas non plus combien d'années les ont tenu éloignées, lorsqu'elle ne s'en réjouirait pas ni ne s'en indignerait : elle s'accommoderait bien de tout. Mais à le caresser de ses yeux et à l'avoir touché du bout de son doigt qui quitte à présent l'épiderme de sa joue, cela suffit néanmoins à la projeter des années en arrière. En même temps, Wanda se ferait bien marionnette de tout et n'importe quoi, c'est sans filtre aussi qu'elle vit ses émotions, et à cet instant le souvenir d'un Peter trempé l'assaille et demande à l'envahir toute entière. Alors puisqu'elle ne refuse jamais rien à personne, y compris à elle-même, elle quitte un instant la vue de Peter Dawson et clôt ses paupières pour faciliter la tâche de ce souvenir. C'est qu'elle en a tant, des souvenirs, avec cet homme. Wanda n'oublie jamais vraiment un instant de sa jeune existence, quand pourtant sa mémoire semble si sujette à des oublis massifs. Mais elle se souvient de la première fois qu'elle a vu Peter, appuyé contre un tronc d'arbre à l'époque adolescente, et si elle l'a intensément regardé, c'est parce qu'il avait une trace de chocolat au coin des lèvres. Ou alors est-ce venu bien plus tard ? Car il lui semble qu'il portait une veste qui lui avait été offerte au Noël précédant sa majorité. Elle ne sait plus vraiment, mais est-ce que cela compte seulement ? Elle se souvient avoir eu l'envie soudaine d'embrasser le coin de ses lèvres, pour goûter elle aussi au chocolat ou pour faire disparaître cette tâche, là aussi elle ne sait plus vraiment.
Il y a cette fois aussi, où ils ont tenté d'ériger un igloo par un hiver particulièrement rude. Mais le souvenir qui s'est présentement imposé à elle, c'est cette après-midi où ils ont eu l'envie de suivre le nid de ce cours d'eau jusqu'à escalader cette fine cascade, et s'ils ont fini chacun trempés jusqu'aux os, ce n'est pas parce que l'un a entrainé l'autre dans sa chute et qu'ils ont fini tous les deux couchés dans l'eau, mais parce qu'il s'est mis à pleuvoir et que cette pluie n'a pas cessé pour mieux redoubler de violence. Elle se souvient que ce n'était pas désagréable pour autant – mais quand trouve-t-elle quoi que ce soit désagréable ? Loin de l'avoir frigorifié, ces gouttes de pluie avaient été un soulagement par cette journée d'été, et elle se souvient en avoir été que plus exaltée. Perdue derrière ses paupières qui la projettent dix ans en arrière, sa main vient s'emparer présentement de celle de Peter pour s'assurer qu'il est toujours là avec elle.
- Je peux presque sentir l'odeur du pétrichor et les gouttes de pluie sur mon nez.

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