it's not what you look at that matters, it's what you see


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Sterling

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MessageSujet: it's not what you look at that matters, it's what you see    Lun 20 Nov 2017 - 10:11

Sterling n’était jamais aussi heureux que lorsqu’il retrouvait le château d’eau et ses alentours désertés. Il ne savait jamais, quand il enfourchait son vélo pour quelques heures de liberté, s’il allait trouver l’endroit silencieux ou visité par des jeunes gens désœuvrés qui ne manquaient pas de le lorgner d’un œil apathique, quand il n’était pas teinté de méfiance. Dans ces moments-là, Sterling préférait ne pas s’attarder et faisait demi-tour, légèrement déçu, mais ne tenant pas spécialement à jouer de malchance s’il s’avérait que ces adolescents en mal de distraction décidaient tout à coup de lui faire passer un mauvais quart d’heure. Aujourd’hui, les lieux ne semblaient pas avoir été profanés plus que d’habitude : quelques canettes jonchaient le sol autour de ce qui avait dû être un feu de camp artisanal, un nouveau graffiti ornait le mur ouest de la grange et le tour d’horizon du jeune clone s’arrêta là. Il n’avait pas spécialement envie de tomber sur les capotes usagées et mégots de joints qui parsemaient la parcelle. À la place, il dissimula son vélo derrière un tas de planches  couvertes de toiles d’araignées épaisses et poussiéreuses et emprunta l’escalier branlant aux marches grinçantes pour atteindre le sommet du château d’eau.
Il avait trouvé l’endroit par hasard, voilà deux ans, lorsque ses pérégrinations l’avaient mené jusque-là. Il ne s’était jamais autant éloigné de chez les Stathakis, encore intimidé par la liberté qu’ils lui avaient lentement offerte. Peu à peu, son exploration s’était élargie et chaque fois qu’il franchissait une limite jusque-là jamais atteinte, il sentait invariablement son cœur tambouriner dans sa cage thoracique, comme s’il pressentait l’interdit que cela représentait. Après cette découverte, il avait encore été un peu plus loin, jusqu’au Colombus Seafront mais, comme si l’eau avait un pouvoir magique, il avait limité le périmètre de Sterling à cette frontière. Depuis, Sterling ne cherchait plus vraiment à visiter les alentours de Mount Oak. De toute façon, plus il s’éloignait, moins il avait de temps pour profiter de sa liberté puisqu’il devait faire le chemin inverse pour rentrer à temps. Alors le garçon avait élu son quartier général ici, à une distance correcte de chez ses propriétaires mais assez loin de la ville pour se sentir ailleurs, avec l’illusion d’être un garçon comme un autre, même si ça n’était que pour une poignée d’heures.
Arrivé en haut de son perchoir, Sterling fit glisser la lanière de son sac à dos et ouvrit celui-ci pour sortir un carnet à dessins et un crayon usé, puis posa son sac à un endroit bien précis, en guise d’oreiller. Il finit par s’allonger sur le plancher usé, une jambe repliée, l’autre pendant négligemment dans le vide, et entreprit de dessiner de mémoire les images que son esprit avait enregistrées au cours des dernières heures. C’était là le seul moyen qu’il avait trouvé pour décharger ses pensées de tout ce qu’il voyait ou entendait. Aujourd’hui, il esquissa le portrait d’un vieil homme penché sur son journal, le dos voûté, le chapeau troué. Il illustra Ian qui arborait fièrement une robe à sa sœur, le sourire édenté, une couronne sur la tête. Il donna forme à ce trio de clones, aux visages identiques, au sourire forcé, qu’il avait entraperçu derrière une vitrine. Lorsqu’il eut terminé cette ébauche-là, il la regarda d’un œil vide, quelques secondes à peine, avant d’arracher la page d’un coup sec pour en faire une boule et la jeter par-dessus bord.
Et il aurait poursuivi son activité solitaire si un cri légèrement surpris n’avait pas fendu l’air. Sterling écarquilla les yeux, son rythme cardiaque partant en vrille et il se redressa sur un coude pour jeter un œil en contrebas, là où son projectile avait ricoché sur la tête d’un visiteur inopiné :
- Oh, excusez-moi, je pensais être tout seul, dit-il d’un air embarrassé avant de réaliser que ça n’étant en aucun cas une excuse valable pour balancer des feuilles de papier dans la nature. Je l’aurais ramassée en partant, ajouta-t-il, loin de s’imaginer que la personne le croirait.
Ça n’était pas le moment de s’attirer des ennuis. Il avait beau ne pas être clairement un clone – on ne s’imaginait pas ça en premier lieu en le voyant, puisqu’il se baladait comme n’importe quel adolescent de Mount Oak – mais si l’autre commençait à l’interroger, il n’aurait d’autres choix que de répondre aux questions et obéir. Il n’avait plus qu’à espérer que sa victime passe son chemin parce qu’il se voyait mal expliquer aux Stathakis pourquoi il était en retard et il n’avait aucune envie qu’ils lui ôtent ces instants de liberté bienvenus.

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Spencer Weber

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MessageSujet: Re: it's not what you look at that matters, it's what you see    Dim 3 Déc 2017 - 15:56


help the fool



Pieds nus, il avançait à un rythme lent, observant chaque chose de ce monde qu’il ne connaissait pas. Il n’avait pas réfléchi lorsqu’il était sortie, s’en allant comme un oiseau qui découvre la liberté. Il avait laissé derrière la cage pour s’engouffrer dans des espaces méconnus et en tout point différent. Au fond, il résistait. Il se battait intérieurement face à des choses qu’il ne comprenait pas. Lorsqu’il était arrivée dans cet univers parallèle, la sécurité l’avait embarqué et ramené chez lui. Sa maison, apparemment. Rien à voir avec le petit appartement humide et sans lumière de sa réalité. C’était grand, c’était somptueux, c’était agaçant de tromperie. Spencer était Spencer, mais cette vie n’était pas la sienne. Le terme du monde parallèle lui est apparue quelques jours après ses premières heures dans cette nouvelle dimension. Le temps que ceux qui l’entourent décident de son sort et le temps pour son esprit de récupérer un semblant de paix. Il se souvient encore du choc lorsqu’il aperçut Céleste dans une sublime tenue, préparé comme si le monde devait admirait sa beauté. Il se souvient du choc dans ses yeux aussi, alors que son mari (c’était à dire lui) était traité comme un malade en cavale. Il ne saurait traduire l’expression de son regard tant cela jonglait entre la pitié et… et quelque chose comme la délivrance.

D’ailleurs, c’était ce qu’il était là, tout de suite. Un malade en cavale. En robe de chambre, les bras croisaient, les pieds blessés et ternis par l’environnement. Spencer s’était enfui, malgré la dose assez forte de calmant qui se baladait dans son sang. Avec les heures, il a un peu retrouvé de lui-même, réussissant ainsi à mieux comprendre où il se trouvait.

C’est à dire nulle part. Pour lui, du moins. Il avait perdu tous ses repères et c’était d’une tristesse. Il avait une fille. Une belle petite fille qu’il aimait profondément, mais à chaque fois qu’il pensait à elle son coeur explosait face à la vérité qu’il avait à peine découverte : ce n’était pas son enfant à lui. Aujourd’hui, il avait un fils. Presque le même âge. Un petit Devon, caché derrière sa mère et terrifiée à l’idée de l’approcher lui. Tout ce que faisait Spencer depuis des mois, c’est resté dans une chambre, le silence pour seul ami.

Plus maintenant.

Il avait besoin d’aide et ce n’est pas dans cet état qu’il allait y parvenir. Mais que pouvait-il y faire ? Ici, c’était comme si son histoire avait été ré-écrite sans pour autant lui épargner les cicatrices du passé. Comme celle qu’il a sur le crâne… Maintenant, elle était plus visible qu’autrefois. Par précaution, il lui avait rasé la barbe et coupé les cheveux. Il était neuf, propre, mais pourtant plus blessé et perdu que jamais. Il marchait les avant-bras repliés, les mains presque fermées, ses doigts gigotant comme s’il écrivait quelque chose dans l’air. Spencer réfléchissait. Il n’avait plus son psy pour le guider, plus les médicaments adéquats pour le contenir. Comment calmer les illusions, les choses qu’il ne pouvait pas être là, sans ces médications ? Ce que les médecins lui donnaient, c’était surtout pour l'assommer. Pour le faire taire. Pour le tuer peut-être, à petit feu, lui, seul devant des murs trop blancs et parfaits pour lui appartenir. Spencer avait donc senti qu’il devait s’échapper, fuir la routine qu’on lui avait imposée. Fuir, avant qu’on ne le retrouve…

Ce n’était pas la première fois qu’il faisait ça. Qu’il s’en allait et qu’on le retrouvait. Mais cette fois, un papier lui tomba à la tête, le prenant par surprise. Il cria d’étonnement plus que de douleur et leva les yeux vers le ciel. Puis un visage apparut. Un garçon. Un jeune garçon qui faisait sans doute son petit truc tranquillement dans son coin.

Je… Je… Je suis perdu. Dit-il alors, tout en continuant de fixer l’inconnu qui était plus haut. Vous p-pouvez m'aid… m'aid… Il grogna, le mot ne voulant pas sortir correcte. M’aider. Puis baisser les yeux, regardant la boule de papier par terre. Il se pencha alors, pour le ramasser comme si c’était là une chose précieuse à conserver. Il le déplia lentement et contempla les traits.



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Sterling

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MessageSujet: Re: it's not what you look at that matters, it's what you see    Jeu 28 Déc 2017 - 12:26

Il n’avait pas à s’inquiéter de son statut de clone, pensa-t-il après quelques secondes à embrasser du regard la silhouette isolée qui se tenait quelques mètres plus bas. L’état mental de l’inconnu était plus sujet à controverse que sa manie de semer des feuilles roulées en boule partout où il se rendait. Un léger froncement de sourcils vint trahir la perplexité de Sterling en constatant que son interlocuteur était pieds nus et semblait désorienté. Le jeune clone n’avait jamais rencontré de déséquilibré mental et il se demanda si cet homme en était un. Après tout, que faisait-il à une telle distance de Mount Oak, à marcher sans chaussures ? Mais il allait peut-être vite en besogne : peut-être que le jeune homme campait pas loin, peut-être qu’il l’avait aperçu sur son vélo et avait décidé de venir voir qui était l’intrus qui s’aventurait sur ses terres – bien que, à la connaissance de Sterling, l’endroit n’appartienne à personne ne particulier. Mais il connaissait la propension qu’avaient les humains à déclarer leur propriété tout et n’importe quoi, comme s’il fallait qu’ils possèdent absolument tout ce qui les entourait. Puis la perplexité du jeune dessinateur s’accentua lorsqu’il nota la tenue singulière du vagabond.
À quelle distance se trouvait l’hôpital le plus proche ? se demanda Sterling. Le Grand Oak General Hospital se trouvait au centre ville. La clinique réservée aux clones était quant à elle située à Pairidaeza Valley et Sterling doutait que quiconque puisse s’en échapper, tant la surveillance devait être étroite. À moins que l’inconnu ne se soit évadé d’un hôpital psychiatrique. Peu importe l’endroit d’où il venait, toutefois, puisqu’il semblait évident qu’il avait un sérieux problème. Ce qui aurait dû, songea Sterling : a. l’effrayer et l’inciter à filer au plus vite pour échapper à un détraqué ou, b. le pousser à ranger son matériel et à venir en aide à cette âme déboussolée, comme il avait été prévu qu’il le fasse. Il était un clone au service des humains, après tout, et si sa priorité allait aux petits Stathakis, il n’était indiqué nulle part que cela se résumait à cette famille. D’instinct, Sterling sut donc qu’il devait apporter son aide à cet homme étrange qui devait mourir de froid dans cette tenue, par ce temps inégal. Mais il n’avait aucune idée de la façon d’aborder le jeune homme et il évalua la situation un instant, sortant discrètement son téléphone de son sac à dos. Peut-être valait-il mieux qu’il appelle les secours et tâche de tranquilliser l’homme en attendant que des professionnels viennent le chercher. Que pouvait-il faire d’autre, en effet ? Il n’allait quand même pas l’embarquer sur son porte-bagage dans cette tenue pour le ramener à un endroit où il ne voulait certainement pas retourner, sinon pourquoi se serait-il échappé ? A moins qu’à aucun moment il n’ait s’agit d’une fuite mais qu’il s’était tout simplement perdu. Cette dernière option paraissait toutefois improbable à Sterling, vu la distance qui les séparait de Mount Oak ou de la moindre ville la plus proche. Mais si l’autre soupçonnait qu’il cherchait à appeler les secours, ne risquait-il pas de s’effrayer et d'essayer de fuir à nouveau ? Pris entre deux feux, Sterling n’arriva dès lors pas à se décider.
- Ne bougez pas, j’arrive, lança-t-il d’une voix qu’il voulait rassurante, lorsque l’inconnu quémanda son aide.
Son matériel disparut rapidement dans son sac et il jeta un nouveau coup d’œil en contrebas, pour s’assurer que l’autre était toujours là, avant de se relever et de descendre les marches rapidement – il ne voulait pas avoir l’air de se précipiter ni de trainer. Le temps qu’il arrive au sol, l’étranger avait eu le temps de ramasser sa boule de papier et contemplait le dessin d’un air absent, comme si, jugea Sterling, il peinait à faire sens de ce qui était tracé.
- Je jette ceux qui ne me plaisent pas. La plupart du temps, je crois qu'ils servent de combustible aux gens qui squattent les environs, dit-il pour signaler son arrivée, s’avançant prudemment vers le jeune homme en robe d’hôpital. Tenez, vous devez avoir froid.
Il se délesta lentement de sa veste et la tendit à l’inconnu pour qu’il se couvre. Il regretta de n’avoir rien à lui offrir pour se chausser.
- Quel—quel est votre nom ? Savez-vous d’où vous venez ?
Sterling considéra que cette approche valait bien une autre et qu’il serait plus facile de communiquer avec son interlocuteur s’il avait au moins un prénom. Le reste, supposait-il viendrait plus ou moins naturellement selon le tour que prenait l’échange.

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