someone I used to know a long time ago


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Arthur Faraday

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MessageSujet: someone I used to know a long time ago   Jeu 16 Nov 2017 - 21:17

Arthur a une nouvelle idée qui l'obsède, et étonnamment ce n'est en rien lié à son suicide. Ou du moins, pas à son suicide, mais à celui de Connie. Cela fait bientôt une douzaine d'années qu'ils se sont perdus de vue, et pour cause, elle est morte neuf ans plus tôt. Douze ans qu'il ne lui accordait plus une pensée particulière, et voilà que la nouvelle tardive de son suicide lui suscite un intérêt nouveau – dommage qu'elle ne soit plus de ce monde pour y répondre.
Enfin, elle s'est offert ce à quoi elle aspirait depuis nombre d'années : elle s'est donnée la mort. Elle, elle n'a pas attendu que ses parents soient six pieds sous terre pour ne pas avoir à les faire souffrir de sa mort, et au lieu de l'en blâmer, il l'envie, lorsqu'il voudrait lui aussi pouvoir se détacher des scrupules qui l'empêchent d'imposer le suicide d'un enfant à une mère. Il se demande si Connie a eu ces mêmes réticences jusqu'à la fin, ou si elle était déterminée à en finir qu'importe les conséquences. De toute évidence, sa pendaison appuie l'hypothèse de la détermination, mais peut-être a-t-elle été brièvement foudroyée de regrets après avoir sauté dans le vide, alors que sa bouche s'étranglait lentement à la recherche d'un peu d'oxygène ?
C'est troublant, d'avoir de l'intérêt pour autre chose que cette absence d'envie de vivre. Il pourrait plutôt se soucier des parents éplorés qu'elle a laissé derrière elle, mais il n'a que trop conscience du fardeau que peut représenter des proches avec qui l'attachement ne donne pas une volonté suffisante de continuer à vivre, mais qui pour autant les empêche de leur infliger leur mort. Si cela relève de l'égoïsme d'imposer son suicide à son entourage, ça l'est tout autant que ceux-ci puissent obliger le suicidaire à s'accrocher à une existence de laquelle il ne tire qu'une interminable affliction. Dans les deux cas, cela revient à imposer la douleur de l'absence ou la souffrance de vivre. Il ne sait pas si les parents de Connie auront eu l'occasion d'apprendre les pensées suicidaires qu'avait leur fille avant qu'elle ne se donne la mort, s'ils ont essayé de l'en empêcher, ou s'ils sont restés ignorants jusqu'à la fin. Peut-être qu'ils en ont su davantage après sa mort, alors qu'il a appris qu'ils ont fait d'elle une clone. Mais on lui a dit que Connie n'est plus son nom, que c'est Poppy dorénavant. Peut-être qu'elle, cette machine créée pour servir les êtres humains (à l'instar de toutes les autres), a pu leur apporter un semblant de réponse – mais puisqu'ils l'ont créé à partir de ce qu'ils savaient de Connie, alors certainement que non. Leur connaissance de leur propre fille était limitée, tout comme chacun d'entre eux ne sait jamais vraiment ce qu'il peut se passer dans l'esprit d'un autre. Qu'importe les années de proximité et les secrets confiés, il y aura toujours cette part d'inconnu, de ce qui ne peut être avoué. Mais si cette machine a été créée pour agir et penser selon les données qui lui ont été implantées à propos de la défunte, il serait logique qu'elle en ait peut-être une idée non ? La révolution qu'est celle des clones l'a toujours dépassé, lorsqu'il n'y a jamais prêté une quelconque attention, il reste celui qui est indifférent à ce qui l'entoure, toute cette vie et cette outrance dont il est étranger. Son seul intérêt s'attache à la mort et c'est là ce à quoi il consacre son quotidien, jour après jour, en s'intéressant à ce qui a causé la mort des cadavres qui défilent sur sa table mortuaire, et en caressant de ses pensées le jour prochain où sa mère le libérerait de sa promesse intérieure par sa mort. Alors pourquoi tant d'interrogations sont nées à l'entente de son suicide passé ?
Arthur décortique le cas de Connie comme si la réponse à des années, des décennies, de patience pour la mort, est là, quelque part, dans l'histoire d'une défunte qui a été la seule à avoir connaissance de ce que le médecin légiste prévoyait pour son avenir. Et comme sa mère n'a toujours pas eu l'idée de passer l'arme à gauche depuis le 17 septembre dernier, jour où il a eu ouïe de la disparition de son amie – si c'est ce qu'elle a un jour été – , il s'est mis à la recherche de cette clone : puisqu'il a la tâche de s'imposer cette vie pour quelques temps encore, autant satisfaire davantage son intérêt pour la mort. Et cela aurait été trop facile de la savoir chez ses parents, il a fallu à la place de ça qu'il écume les connaissances de la suicidée pour s'enquérir du lieu où il pourrait la trouver, et bon nombre d'entre eux n'en ont pas eu la moindre idée, tant et si bien que bientôt deux mois ont passé lorsque son ignorance est enfin éclairée, et le soir même de l'après-midi où il l'apprend, il se rend sur les lieux qui se trouvent être un restaurant vegan.
Arrivé devant l'établissement où il devrait s'attendre à la voir assise à l'une des tables, il ne pénètre pas aussitôt à l'intérieur pour préférer s'assurer de sa présence grâce à la complicité de la vitrine. Il lui a été dit que Poppy n'est pas physiquement parfaitement semblable à Connie, qu'il lui faut regarder au-delà de la ressemblance qui aurait pu le frapper, et Arthur a un avantage dans sa recherche : le roux de ses cheveux. Bientôt, il finit par apercevoir ce feu, là, tout au fond du restaurant. C'est là ce qu'il attendait pour entrer, et pas à pas il parvient à la table autour de laquelle elle siège, et il n'a pas d'hésitation à s'introduire sans plus de cérémonie.
- Vous êtes Poppy ? Je vous dérange, mais on m'a beaucoup parlé de vous et il fallait que je vous vois.

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Poppy

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MessageSujet: Re: someone I used to know a long time ago   Dim 10 Déc 2017 - 0:25

Lorsqu'elle lève enfin les yeux de son assiette, Poppy sent un frisson courir le long de sa peau, de ceux que rien ne peut expliquer si ce n'est le mauvais pressentiment qu'ils annoncent. Elle repose ses couverts et prend la peine de s'essuyer les lèvres avant de répondre quoi que ce soit, marque de politesse élémentaire et occasion bienvenue de lui accorder quelques secondes de réflexion dont elle ne se prive pas. L'homme ne lui dit rien, ni son visage ni sa voix, mais sa familiarité ne la choque pas. Elle a l'habitude qu'on l'interpelle sans prendre le temps de se présenter ou de respecter certaines formes auxquelles les humains semblent pourtant si attachés, la renvoyant à son statut d'être inférieur dès les premières secondes d'un échange. Elle en a l'habitude et ne s'en étonne plus, même si elle relève à chaque fois et retient l'outrage dont ils ne semblent pas avoir conscience. A la place, elle l'écoute sans manifester autre chose que la curiosité que son arrivée à provoqué en elle. Ce n'est pas tous les jours que Poppy est ainsi réclamée et elle n'a pas besoin qu'il aille plus loin pour se douter de ce qu'il est venu lui demander.
- Et vous m'avez trouvée. Asseyez-vous, je vous en prie.
Elle sait qu'ils attireront moins l'attention s'ils prétendent partager un repas et attirer l'attention est la dernière chose que Poppy veut faire maintenant qu'elle cache une fugitive chez elle. Rebecca et elle savent qu'ils ne s'agit que d'une solution temporaire mais, faute d'alternative valables, elles savent aussi que le temporaire peut être appeler à durer. Un rapide coup d'œil lui confirme cependant que personne n'a relevé l'arrivée de son interlocuteur et elle en profite pour l'observer plus attentivement. Plus âgé que la plupart de ses autres clients, une allure neutre et passe-partout qui n'est pas pour lui déplaire, mais surtout une lueur dans le regard qui la pousse à se montrer méfiante.
- Si on vous a parlé de mois j'imagine que vous connaissez les tarifs ? Je ne fais rien qui n'ait été convenu et payé d'avance, pour le reste je ne suis pas difficile.
Elle lui sourit pour lui rappeler que c'est elle qui est en position de force dans leur échange, quoi que les clients en pensent. Elle a besoin d'argent, c'est vrai, mais ce ne serait pas la première transaction qu'elle refuserait et probablement pas la dernière non plus. Si elle a un jour décidé de se prostituer, ce n'est pas pour risquer davantage sa peau, juste pour explorer les possibilités d'un corps dont elle réapprenait le fonctionnement et dont elle avait vite découvert l'attrait dans le regard des humains. Entre clones, il était de toute façon difficile de se lier, cela faisait partie des bonnes idées de leurs concepteurs, et elle les avait aussi maudits pour ça. Les hommes la dégoûtaient, tous autant qu'ils étaient, mais elle n'avait pas beaucoup d'autres choix que de se tourner vers eux pour épancher certains besoins qui la tiraillaient à leur contact. Il y avait bien des exceptions, quelques uns dont elle aurait pu égrainer les noms, mais pas au point de la faire changer d'avis. Ils venaient la voir, ils se tournaient vers elle, mais il n'y avait rien de flatteur à ça. Elle l'avait d'abord cru, naïvement, et puis avait surpris leur doigts chercher l'endroit où sa peau témoignait de son statut de clone et s'y attarder. Lorsqu'ils le découvraient, enfin, quelque chose changeait en eux. Sans avoir besoin d'échanger le moindre mot, Poppy le sentait et avait appris à détester cet instant, comme elle avait appris à détester les hommes qui le déclenchaient.
L'homme en face d'elle l'écoute en silence et, profitant de cette accalmie, Poppy reprend son repas. Elle n'a pas forcément très faim mais se dépêche de terminer son assiette pour pouvoir passer à la suite et se focalise sur les quelques boulettes de tofu restantes tout en fixant son interlocuteur. Elle les mâche les unes après les autres, à la chaîne, puis s'occupe du sort de leur accompagnement.
- Pour quelqu'un qui était si impatient de me voir, vous n'êtes pas très bavard.
Ce n'est pas la première fois qu'un potentiel client fléchit avant d'aller jusqu'au bout, et elle préfère que ça arrive maintenant plutôt qu'au moment fatidique où elle a réussi à se convaincre que ce ne sera pas aussi désagréable que ça peut en avoir l'air, la laissant avec une frustration dont elle aura du mal à se défaire par la suite. Si l'homme veut faire marche arrière, tant pis pour lui. Elle n'est pas à quelques dollars près et, de toute façon, quelque chose en lui la met mal à l'aise. Poppy n'arrive toujours pas à déterminer ce qui justifie ce malaise qu'il lui inspire mais elle a appris à se fier à son instinct et celui-ci la pousse à se montrer prudente et à ne pas trop insister. S'il lui tourne le dos en bredouillant de vagues excuses, elle sait qu'elle ne le poursuivra pas. Elle n'insistera pas, pas cette fois, comme elle peut le faire avec d'autres qui ont seulement besoin qu'on leur prenne la main pour leur expliquer comment certaines mécaniques fonctionnent.

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Arthur Faraday

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MessageSujet: Re: someone I used to know a long time ago   Mer 20 Déc 2017 - 21:34

Qu'est-ce que cela peut bien changer pour Arthur que Connie se soit suicidée avant et sans lui ? Lui aussi serait passé à l'acte avec ou, en l'occurrence, sans elle, et sa mort n'a alors aucune conséquence sur ses intentions : elle ne les décourage pas, ni ne les encourage. Cela fait bien longtemps que le médecin légiste a une idée arrêtée sur ce qu'il souhaite se donner, la mort, et Connie n'était encore qu'une enfant lorsqu'il a pour la première fois réalisé ce à quoi il aspirait. Il n'est alors pas question d'un appel au secours, ou d'un désespoir de l'instant, mais d'une prise de conscience mûrement réfléchie alors qu'il se sait maître de sa vie, mais aussi de sa mort. Être vivant n'est pas un cadeau, c'est un fait, tout comme le chagrin qu'il causerait à sa mère en lui imposant le suicide d'un fils est une réalité, et Arthur sait que sans ça il serait définitivement le capitaine de sa propre existence, libre de tout port d'attaches.
Alors pourquoi s'être lié d'un pacte avec Connie, si l'action de mettre fin à ses jours est seulement conditionnée à la disparition de sa mère, et non au soutien qu'il pourrait trouver en un autre camarade suicidaire ? Il n'avait pas planifié de se trouver une confidente, il ne cherchait pas à se confronter à une affliction partagée, mais c'est arrivé, Connie et lui se sont rencontrés et n'ont pas tardé à se confier sur leur aspiration commune. Et puis, si le quarantenaire veut seulement mourir et qu'il ne fait pas partie de ceux qui fantasment la mise en scène de leur suicide, il ne voyait aucun inconvénient (ni avantage) à synchroniser l'acte fatal avec la jeune femme. Ce pacte, il ne l'a pas romancé, il ne s'est pas imaginé qu'ils quitteraient ainsi ce monde main dans la main, lorsqu'Arthur ne croit en rien, il ne s'attend pas à ce que la mort ouvre la porte à une existence libérée de toute enveloppe corporelle, et c'est justement parce qu'il ne croit en rien, qu'il espère pouvoir étreindre le néant après s'être donné la mort : ce à quoi il aspire, c'est tout simplement de ne plus exister.
Aujourd'hui encore, il n'existe que pour le bien de sa mère, et cette existence n'est rien de moins qu'un fardeau. Connie le savait, tout ça, il le lui avait confié, mais ce qu'il trouve d'entrée de jeu auprès de son clone est l'ignorance. Cette ignorance est criante dès les premiers instants, elle enveloppe Poppy et le sépare de lui sans qu'elle ne le soupçonne, et Arthur n'en tire aucun regret. Elle l'invite déjà à s'asseoir à sa table, et il prend place en face d'elle, là aussi sans plus de cérémonie. C'est qu'il ne s'est pas présenté quelques instants plus tôt, il a seulement fait part de sa quête pour sa personne, et il s'est alors affranchi des politesses d'usage sans avoir cette intention délibérée. Cela fait bien longtemps qu'il ne vit plus pour faire des ronds de jambe, qu'il va droit au but et ne s'attache plus aux subtilités futiles, mais le plus souvent il est surtout désintéressé de tout. Seulement pas aujourd'hui, pas face à Poppy. Il la regarde, cette copie non conforme à Connie, et il ne comprend pas ce à quoi il fait face. La technologie dont son existence a résulté le dépasse de loin, et il ne saurait dire si le fil de ses pensées est différent du sien, si elle a une véritable connaissance de la vie passée de la défunte dont sa création a découlé, et si, en définitif, elle pourrait lui apporter quoi que ce soit.
La machine (la femme ?) évoque bientôt l'existence de tarifs, et Arthur ne se formalise pas de sa méprise : cela fait bien longtemps qu'il n'est plus capable de porter ce soucis-là, il ne s'embarrasse pas un seul instant qu'elle envisage ainsi le pourquoi de sa présence à cette table, et il n'a pas davantage le réflexe spontané de la rectifier. Elle lui adresse un sourire ensuite, et celui-ci lui rappelle qu'il n'a pas vu sourire ainsi Connie une seule fois durant leur peu de temps passé ensemble. Il mesure alors davantage, à quel point il fait face à une étrangère.

Arthur n'a toujours rien dévoilé du cours de ses pensées ou de ses intentions, et elle le remarque. Il n'a pas cessé de la regarder, mais il ne tarde que trop à rompre à son tour ce silence qui lui a permis de terminer son assiette.
- Vous ne vous souvenez pas de moi, qu'il constate simplement. Ce n'est ni un reproche, ni une source de vexation, il met seulement des mots sur la réalité qui lui fait face. Il s'égare un instant, puis constate une autre réalité. Vous êtes si différente, c'est troublant. La différence est physique, mais pas seulement, lorsque ses mots et ses attitudes témoignent d'une nature d'être autre que celle qu'il connaissait de Connie, tant et si bien qu'il s'est ainsi longtemps attardé à la regarder plutôt qu'à exprimer le fond de sa pensée. Je n'ai pas dit chercher vous voir pour vos services de charmes, qu'il finit par préciser et lever ainsi en partie son ignorance – ou plutôt sa méprise. Et il démontre ainsi qu'il s'est renseigné sur elle, puisqu'il l'a longtemps cherché, durant des mois, et les proches qu'il a pu retrouver à cette fin lui ont parlé des activités du clone de Connie. Alors il hasarde bientôt ses mains dans ses poches pour s'emparer de leur contenu et le déverser sur la table qui les sépare : elle peut ainsi voir qu'en dehors de ses clés et de son pass, il n'a pas plus de six dollars sur lui et qu'il n'a donc pas l'intention de la payer pour quoi que ce soit.
Son attention retrouve ensuite l'étrangère familière, et il se demande si ce qu'il est pour elle est effectivement un parfait étranger.
- Vous ne vous souvenez vraiment pas de moi ?

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Dernière édition par Arthur Faraday le Mar 2 Jan 2018 - 13:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: someone I used to know a long time ago   Jeu 28 Déc 2017 - 0:25

Poppy a tout son temps et ne voit aucune raison de brusquer l'inconnu, même si son comportement est porteur de davantage de questions que de réponses. Elle sait pourquoi les hommes ont tendance à l'aborder, elle a arrêter de s'en étonner lorsque la chose se produit, mais ne peut s'empêcher de le trouver différent. Elle connait trop les regards coupables de ceux qui n'osent mettre en mots ce qu'ils sont venus chercher et ceux faussement assurés de ceux qui prétendent savoir s'y prendre dans ce genre de transaction pour soupçonner une autre cause et rester sur ses gardes. Elle n'a pas peur, mais elle se méfie. Avoir peur ne lui serait d'aucune utilité, si ce n'est risquer de commettre une erreur. Elle a le souvenir de peurs anciennes enfouies en elle, celles qu'avait Connie, mais elle a appris à les faire taire. Lorsqu'elle rentre seule tard dans la nuit, elle sait qu'elle est apte à maîtriser le premier salopard qui aurait l'idée de lui sauter dessus pour la tirer dans un coin sombre et essayer d'abuser d'elle. Elle sait qu'elle n'a pas à craindre de tomber amoureuse pour ensuite être quittée, comme elle n'a pas à craindre de décevoir ses supérieurs hiérarchiques ou ses parents, ni même de souffrir. Il n'y a rien en ce monde qui ne lui fasse réellement peur, un exploit quand elle connait la terreur constante dans laquelle vivent certains de ses semblables. Parce qu'elle est un clone, les humains voudraient qu'elle ait honte. Ils voudraient qu'elle se cache et se soumette, qu'elle redoute leur courroux alors que Poppy a fait le choix de dépasser tout ça. Il lui arrive de se réveiller en sursaut, le coeur aussi affolé que ses sens, mais elle sait que ça passe. Ces rêves, bien qu'elle n'en garde aucun souvenir, ne sont rien d'autre que des rêves et n'ont ainsi aucune réalité.
A la remarque de l'inconnu, elle sent son corps se raidir et toute trace de sourire disparait de ses lèvres. Poppy se ferme, mais écoute. Toute son attention est tournée vers l'homme en face d'elle et qu'elle s'en veut de ne pas reconnaître. Quelque chose lui manque, quelque chose de crucial pour mettre un nom ou un souvenir sur ce visage mais rien ne lui vient. Comme il le dit si bien, elle ne se souvient pas de lui. C'est comme si elle ne l'avait jamais vu auparavant et elle serait tenté de prétendre à une méprise de sa part s'il ne l'avait pas appelée par son nom quelques instants plus tôt. Tout son corps se tend tandis qu'elle le fixe et attend qu'il lui offre enfin une première clé de compréhension. Poppy n'aime pas ne pas savoir, encore moins face à un humain, mais se retient de lui réclamer quoi que ce soit. S'il a fait le déplacement jusqu'ici, ce n'est sûrement pas pour repartir sans lui dire ce qu'il a prévu et, d'ici là, elle attend.
- Différente de quoi ? De ce qu'on a vous a dit sur moi ? Vous êtes déçu peut être... Je ne vous plais pas ?
Elle conserve le vouvoiement qu'il avait utilisé pour l'interpeller et essaie de rapprocher leur échange de ce qu'elle connait, quitte à comprendre qu'elle fait fausse route en le voyant vider ses poches sur la table. Elle compte rapidement les pièces et billets, arrive évidemment à la conclusion que ce ne serait pas assez pour ses "services de charme" comme il dit. Elle affiche un rictus en découvrant l'expression et en déduit qu'il désapprouve, comme tous ceux qui usent d'euphémismes pour contourner la vérité.
- Vous n'êtes pas là pour le sexe, d'accord. Pourquoi est-ce que vous êtes là alors ?
Elle pourrait jouer aux devinettes avec lui jusqu'à la fin de la soirée mais voilà que Poppy commence à manquer de patience.
- Je crois que vous allez devoir m'aider parce que non, je ne me souviens vraiment pas de vous. Je ne vous ai jamais vu.
Le ton se fait plus sec, plus agacé, alors qu'elle manque d'ajouter peut être dans une autre vie. Sauf qu'une autre vie, elle en a bien eu une, et que l'occasion de rencontrer quelqu'un qui en aurait été effacé ne s'est jamais présentée.

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MessageSujet: Re: someone I used to know a long time ago   Dim 7 Jan 2018 - 20:24

L'étrangère qui a des airs de ressemblance avec sa défunte amie ne comprend pas, et Arthur n'a rien fait jusqu'à présent pour l'aider à se rafraichir la mémoire. Mais qui y'a-t-il à rafraichir, s'il ne se trouve pas même dans sa mémoire traficotée et créée de toutes pièces ? Comment aurait-il pu en être autrement en même temps ? Ce n'est pas avec magie qu'un clone prend la place d'un défunt être humain, c'est cette puce à laquelle sont implantées les données nécessaires pour que la machine agisse en fonction de celles-ci et prétende être quelqu'un qu'elle n'est pas. Et de quelle façon les parents de Connie auraient pu être au courant de la relation qui les a un temps lié ? Et s'ils l'avaient su, auraient-ils seulement voulu implanter à son clone le souvenir dangereux du pacte qui les a uni ?
Ce n'est, en tout cas, pas sciemment qu'Arthur laisse présentement Poppy dans l'obscurité, lorsqu'il n'a aucune intention de se jouer de son ignorance : il veut seulement savoir lui aussi, et jusqu'à présent cela ne nécessite pas qu'il se montre plus bavard avec elle. Il ne veut pas lui tenir la main et l'aider à retrouver son chemin dans la rue des souvenirs, le médecin légiste n'a aucun intérêt à ça et n'a jamais éprouvé la moindre nostalgie de sa vie. Non pas que, parce qu'elle est une clone, elle lui est inférieure et ne mérite pas en conséquence qu'il se montre plus précis, mais ce n'est pas non plus parce qu'elle est une clone qu'elle échappe au même désintérêt que lui inspire tout être vivant. Quoique, il se trouve aujourd'hui à cette table de sa propre initiative non ? Il a donc eu un intérêt à la retrouver finalement, et cet intérêt se nomme Connie, et plus largement la mort.
- Différente de Connie Pierce, vous êtes bien son clone ? Il n'attend pas vraiment de réponse, lorsqu'il peut bien constater que la ressemblance physique reste troublante sans être conforme en tous points à "l'original". On m'a effectivement dit que vous étiez différente, mais c'est toujours troublant de le constater de ses propres yeux. Et vous n'avez pas à me plaire, c'est un constat : vous êtes différente de celle que j'ai connu. Arthur remarque ensuite le rictus de Poppy, mais il est incapable de se soucier de sa signification et se contente de répondre à ses questions, puisqu'elle aussi veut des réponses. Je suis là pour trouver des réponses, sur son suicide. Ton suicide ? Comment être certain du bon déterminant à employer ?
Loin donc d'être vexé qu'elle ne sache pas l'identifier, le bout de ses doigts se pose bientôt sur son pass qui logeait encore dans sa poche quelques instants plus tôt et qui se trouve à présent au milieu de la table, et de cette pression exercée par ses doigts il fait glisser son pass contre celle-ci pour le placer à l'autre bout de la table, sous l'attention d'une Poppy qui a demandé son aide pour qu'elle y découvre ainsi les quelques informations de son état civil. Arthur Faraday, né le 17/11/69 à Mount Oak. Peut-être que son identité suffirait à déclencher quelques pistes ou brides de souvenirs qui lui auraient été implantées contre toute attente ? Ou est-ce que le médecin légiste se fourvoie là encore ? Pauvre homme, qui se laisse dépasser par ce qu'il ne saurait appréhender, et qui a pourtant été créé par l'Homme.
- Je ne crois pas que Connie m'aurait oublié, mais vous n'êtes pas vraiment Connie n'est-ce-pas ? Peut-être n'est-il pas le premier à s'y méprendre, et Arthur ne trouve aucun réconfort à cette idée car il n'a jamais eu besoin d'être consolé de quoi que ce soit depuis des décennies. D'ailleurs il n'est pas ici, face à Poppy, pour se consoler du suicide de Connie, lorsqu'il envie son sort qu'il sait être son avenir tôt ou tard. Et je doute que vous ayez entendu parler de moi depuis votre création. Car il ne peut pas parler de naissance n'est-ce-pas ? Doit-il plutôt dire fabrication ? Pourtant, le quarantenaire est loin de se soucier d'une telle subtilité verbale pour désigner une chose compréhensible : depuis qu'elle existe. Face à son évidente ignorance, l'homme ne s'apprête pas pour autant à rebrousser chemin aussitôt, lorsqu'il est de ceux qui vont au bout des choses – quand pourtant il n'a pas l'intention d'aller au bout de sa vie.
- Je suis navré, mais je vous avoue ne pas comprendre. Pourquoi avoir modifié ainsi son physique, sa personnalité ? Vous savez certainement que Connie n'était pas aussi frêle et légère. Alors quel but vous a été donné si ce n'est pas celui de "remplacer la défunte" ? Est-ce pour cela que vous ne répondez pas au nom de Connie ? Arthur n'a certainement jamais posé autant de questions de sa vie, et il a le sentiment que celles-ci ne trouveront pas autant de réponses qu'il le souhaiterait si l'ignorance du clone s'étend bien au-delà de sa seule identité. Mais que peut-il avoir en tête de retirer de cet échange à défaut de réponses ? Cela fait pourtant bien longtemps qu'Arthur n'espère plus retirer quoi que ce soit de son existence, alors qu'il est depuis si longtemps indifférent à ce qui l'entoure. Indifférent de tout, sauf de la mort, quand c'est ce qu'il souhaite se donner, lorsqu'il en a fait sa vocation d'ici-là, et que c'est la mort de Connie qui l'amène à faire face à Poppy ce soir.

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MessageSujet: Re: someone I used to know a long time ago   Dim 4 Fév 2018 - 17:25

Si elle a l'habitude d'être pris pour objet de curiosité, c'est davantage pour sa nature que son identité, aussi Poppy hésite avant de déterminer si elle doit entrer dans le jeu de l'inconnu qui lui fait face ou prétexter la première chose qui lui vient en tête pour fuir. Même en le fixant et en se concentrant sur les plus infimes details de son être, rien ne lui revient. Elle sait que certains des souvenirs de Connie ont été effacés, ceux entourant son suicide plus que tous les autres, mais elle ignore toujours la portée de ce nettoyage. Cela fait des années qu'elle cherche et interroge, fouille en elle et dans les quelques documents qu'elle a conservé de ses concepteurs, mais est obligée de reconnaître qu'elle n'est pas plus avancée qu'elle ne l'était au départ. Cette frustration qui en découle la pousse à ne pas s'interrompre avant d'atteindre son but, quitte à y vouer une large partie de son temps. Elle sait qu'elle ferait mieux de consacrer le consacrer à des projets de plus grande envergure, la cause de sa race plus que le simple cas de sa petite personne, mais elle n'y parvient pas. A chaque fois qu'elle coupe, Connie se rappelle à elle. Connie, celle qui n'existe plus, qui lui a cédé sa place et tous les lambeaux de mémoire qui servent de base à son existence. Elle acquiesce d'ailleurs lorsqu'il lui demande si elle est bien elle, un signe de tête pour aussi le pousser à continuer.

- Je vois, un temps d'adaptation est souvent nécessaire dans ce genre de situation. Je suis seulement son clone, je ne suis pas "elle",

Poppy ressent le besoin de le préciser, de le rappeler à tous ceux qui veulent jouer à les comparer. Elle ne sait pas qui est la préférée de ceux qui ont également connu Connie, s'ils les englobent toutes les deux dans un tout indissociable ou s'ils les considèrent comme deux êtres à part entière, un trouble parmi tant d'autres que son statut de clone lui impose et dont elle sait ne pouvoir se défaire. Si elle avait été une réplique à l'identique, la question ne se poserait pas, mais ses concepteurs ont choisi de jouer aux apprentis sorcier, la laissant ensuite seule face aux dilemmes qu'ils avaient causés.

- Non, pas le mien. Moi je suis vivante, ce suicide c'était uniquement celui de Connie. Et vous en savez probablement autant que moi sur le sujet, peut être même plus.

Elle se mord l'intérieur de la joue pour se retenir de lui montrer à quel point il a réussi à susciter son intérêt de par cette seule phrase. Si elle avait hésité à mettre fin à l'échange, il n'en est désormais plus question et elle attraper le badge qu'il lui tend pour se plonger dans les secrets qu'il ne manque pas de contenir. Délicatement, elle suit les contours de son visage sur une photo datée, y passant les doigts comme à la recherche d'un message dissimulé sous la pellicule de platique.

- Au risque de me répéter, non, je ne suis pas vraiment elle. Je l'ai été à un moment donné, il y a bien longtemps, mais ce n'est plus le cas.

Elle repose le badge sur la table et le fait glisser en direction d'Arthur d'une pichenette. Elle note son emploi du terme "création", et note également l'usage clinique qu'il en a fait. Depuis le début de leur échange, il n'a quasiment manifesté aucune émotion forte, de quelque nature que ce soit, si ce n'est cet air distant qu'elle imagine être son expression usuelle. Il n'est pas froid à son égard comme le sont certains opposants à sa race' juste suffisamment distant pour pour susciter sa curiosité. Elle comprend mieux sa réserve lorsqu'il l'avait abordée, probablement peu habitué à aborder des individus auxquels il n'avait pas encore été présenté, et se détend face au peu de menace qu'il représente. Peut être qu'il cache son jeu mais elle le sent plus perdu qu'autre chose et étire ses jambes sous la table tandis qu'il laisse échapper un flot de questions inattendu, mais au contenu des plus salutaires.

- Mais je "remplace la défunte" comme vous dites, j'en suis seulement une version améliorée. Ses parents voulaient la retrouver, ils ont fait les modifications qui leur semblaient nécessaires pour que je ne recommette pas la même erreur qu'elle. Connie était suicidaire, ils m'ont greffée un instinct de survie à toute épreuve. Connie était grosse et mal dans sa peau, ils se sont dits qu'en étant mince je serais plus heureuse. Je pourrais vous faire la liste complète mais je pense que vous avez saisi. Je ne partage qu'une partie de son patrimoine génétique, comme une soeur, sauf que j'ai aussi hérité de son histoire et de ses souvenirs. Plus ou moins.

Une soeur qui ne figure cependant sur aucun arbre généalogique et qui enterre la lignée des Pierce, comme Connie avait pu l'initier avant elle.

- D'autres questions ? Parce que j'en ai quelques unes en stock pour vous aussi.

Elle s'étire à l'approche d'une serveuse et lui fait comprendre qu'ils n'ont besoin decrien d'autre qu'un peu d'intimité, chose que le personnel ne voit aucun inconvénient à lui accorder.

- Vous connaissiez Connie, d'accord, mais qui êtes vous vraiment Arthur Faraday ? Et si Connie ne vous aurait pas oublié, pourquoi est-ce que moi je n'ai aucun souvenir de vous ? Vous avez un lien avec son suicide ?

Elle sent son corps se tendre de nouveau à l'énoncé de cette dernière question, consciente qu'elle touche un point sensible pour elle et potentiellement aussi sensible pour Arthur. Si ce n'était pas le cas, il n'aurait pas abordé le sujet de lui même, n'est ce pas ?

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MessageSujet: Re: someone I used to know a long time ago   Jeu 15 Fév 2018 - 23:16

Des semaines à la rechercher, qu'il en a omis que sa véritable amie s'est suicidée, et qu'il ne pourrait pas vraiment la retrouver au travers de son clone. Le médecin légiste avait conscience qu'il ne renouerait pas avec Connie en retrouvant Poppy, ce n'est pas là ce qu'il cherchait en venant ici d'ailleurs, seulement il ne s'était pas attendu à ce que la différence soit tout ce qu'il trouve par le biais de cette rencontre dès lors qu'aucun sentiment de familiarité ne saurait l'étreindre face à ses réactions, ses mots, ses gestes. L'inconnue acquiesce ensuite et lui confirme pourtant ce que son esprit n'a pu réfuter face à la ressemblance physique : elle est bien ce clone, son clone. Une copie voulue de la défunte, et pourtant elle s'écarte tellement de ce qu'il a pu connaître de l'être humain.
- Vous n'êtes pas seulement "pas elle", vous êtes même foncièrement différente de ce qu'elle était. Cela ne fait pourtant que quelques minutes qu'il lui fait face, et malgré tout ça lui saute aux yeux, à chaque réponse, à chaque réaction, qu'il n'aurait jamais imaginé être celles de Connie. Ce n'est pas un reproche pour autant, seulement une constatation qu'il énonce, quand il ne saurait ne serait-ce qu'avoir l'idée de rappeler à l'ordre ce clone sur celle qu'elle est censée incarner. Mais là aussi, les mots sont-ils appropriés ? Est-ce qu'être un clone revient à incarner un rôle ? Jouer la comédie ? Ou est-ce qu'il est ce qui est fait de lui avant tout ? Se contente-t-il d'être comme tout être humain, ou est-ce que chaque mot, chaque mimique et réaction sont sciemment pensés pour coller aux données qui lui ont été implantées avant même qu'il ne les fasse siens ? Pour observer méthodiquement Poppy, ce n'est pas ce qu'il lui semble trouver auprès d'elle, au point même où s'il avait fait sa rencontre en d'autres circonstances, l'idée qu'elle puisse être son clone ne lui serait peut-être même jamais venu à l'esprit – d'autant qu'Arthur ne prête aucune attention à de nouvelles rencontres comme il peut le faire à cet instant. Le présent reste une exception, alors qu'il nourrit une conversation comme jamais il ne peut le faire si ce n'est avec sa mère, et qu'il prête un intérêt véritable plutôt que seulement formel à ses dires. Il ne manque pas d'ailleurs de noter l'emploi du passé et du présent pour ce qu'elle a été et ce qu'elle est, et il la relance aussitôt à ce sujet. Vous avez donc vraiment eu, à une époque, la... fonction, le but, d'incarner au plus près ce qui était connu de Connie ? Vous avez bien été... créé pour ça ? Car il y a de quoi avoir des doutes sur les motivations de ses concepteurs, lorsqu'au-delà de sa personnalité actuelle, son physique diffère également de celui de la disparue. Vous saviez, approximativement, supposer et prétendre quelles auraient été ses réactions en fonction des données qui vous ont été implantées ?
La clone lui rend ensuite son pass, mais il ne s'embarrasse pas aussitôt de le remettre dans sa poche, pas quand des réponses sont apportées à ses questions. Il demeure immobile donc, et seul son regard fait un va-et-vient entre l'objet et la personne – machine ?
Et alors qu'elle lui répond, Arthur ne manque pas de tiquer dès la première phrase à l'emploi du terme améliorée. Pour autant, il n'est pas de ceux (sans surprise) qui s'indignent instantanément et s'embarquent avec fougue dans un débat du juste emploi des mots. Pour ça, il faudrait qu'il y nourrisse un soucis véritable, et cela fait bien longtemps que l'homme usé y est étranger. Par contre, son attention est davantage encore interpellée par l'emploi du mot erreur pour désigner le suicide de la disparue, mais là aussi il ne dit pas un mot de ce qu'il pense et de ce que Connie et lui ont pu un jour avoir pour point commun. Il n'en dit pas davantage, de ce qu'il peut penser de l'initiative des parents Pierce, d'avoir ainsi sciemment altéré ce qui faisait de leur fille ce qu'elle était vraiment, lorsque de toute façon rien que la décision elle-même d'avoir fait d'elle un clone a suffit à nier ce qu'elle était vraiment et sa dernière volonté : la mort. Ne plus s'imposer la vie. Ne plus exister.
- Vous n'avez pas vraiment hérité de ses souvenirs, mais de ceux qu'avaient ses parents d'elle ? Vous n'avez pas été créé dans le but d'être ce qu'elle était, mais d'être ce que ses parents voulaient qu'elle soit. Ce ne sont ainsi plus au fur et à mesure des questions qu'il lui pose, mais des évidences. Des évidences, comme le silence qui est le sien dès lors qu'elle lui demande s'il a d'autres questions pour elle et qu'elle lui avoue en avoir pour lui aussi quand une serveuse les interrompt et que la clone se charge de lui faire comprendre une autre évidence. Arthur en profite alors pour ranger son badge et ses autres affaires dans ses poches, et enfin, c'est à son tour d'apporter de nouvelles réponses.
- Qui je suis, c'est-à-dire ? Il y a un tas de réponses possibles à cette question, vous allez devoir vous montrer plus précise. Ce que j'étais pour Connie ? Un confident, durant une bref période de sa vie. Et si vous n'avez pas de souvenirs de moi, je suppose que c'est parce que justement ces derniers sont surtout ceux des parents de Connie, et qu'ils ne m'ont jamais connu. Quant à son suicide, je ne l'ai appris que très récemment, alors non je n'y suis pas lié. Pourtant, ce lien aurait bel et bien dû exister, si seulement ils s'en étaient tenus à ce pacte jusqu'au bout. Je vous ai cherché depuis, justement pour en savoir davantage à ce sujet. Mais de toute évidence, sa quête perd toujours plus sa motivation, si les parents endeuillés ont entièrement omis ce qu'ils partageaient et qui a pu un jour les rapprocher, Connie et lui.

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MessageSujet: Re: someone I used to know a long time ago   Mer 7 Mar 2018 - 22:44

Poppy sait qu'elle met mal à l'aise la plupart des humains qui ont connu Connie avant elle. Il n'y a qu'à les observer plus de quelques secondes pour sentir qu'ils sont dépassés par ce visage qui leur parait à la fois si familier et si familier de cette amie qu'ils ont autrefois eue, un trouble dont certains ne se remettent jamais et qui les pousse à préférer refaire leur deuil de celle qu'elle était plutôt que se confronter à cette étrangère qui prétend les connaître. Au début, Poppy en était touchée, attristée même. Elle avait essayé de renouer avec eux, les convaincre qu'elle n'était pas aussi différente qu'ils pouvaient le croire, et puis avait laissé tombé. Les humains n'étaient pas prêts à fréquenter des clones de la même façon qu'ils pouvaient le faire d'autres races qui leur semblaient plus naturelles, et Poppy en avait eu suffisamment de preuves pour préférer consacrer son temps à autre chose qu'à les convaincre de qui elle pouvait réellement être.
- Et à quoi est-ce que vous vous attendiez exactement ? A retrouver une copie conforme de la Connie que vous aviez connue ? Après tout ce temps ? Elle lui sourit et penche la tête sur le côté, comme pour lui demander d'être sérieux. S'il connaissait Connie avant son suicide, alors leur dernière rencontre date d'au moins dix ans et qui sait ce qui a pu se passer pendant ce laps de temps. Les humains sont les premiers à accepter que leur corps puissent changer, qu'ils puissent se teindre les cheveux ou se faire pousser une barbe, prendre du poids ou en perdre, mais semblent ne pas comprendre que la chose puisse également se produire chez les clones. Et si Poppy est effectivement différente de celle dont elle partage tant au niveau génétique, elle sait que, physiquement au moins, il n'y a rien d'aussi abérant que ce qu'Arthur veut bien croire. J'ai été créée pour la remplacer, si c'est bien ce que vous voulez savoir. J'ai été créée pour ramener Connie d'entre les morts et lui offrir un sursis de vie. Elle le voit hésiter quant à la formulation de ses questions et le fixe jusqu'à le voir se décider. Elle a conscience de pouvoir le mettre mal à l'aise en agissant de la sorte mais n'y voit pas une raison suffisante pour changer quoi que ce soit. Les Hommes se permettent bien pire avec ceux de son espèce, autant profiter lorsque l'occasion se présente. Non, je savais exactement. Quand je me suis réveillée, la première fois, j'étais comme elle. C'était un peu flou, comme si j'avais un peu trop bu la veille, mais j'étais elle. Je savais qui j'étais et qui étaient les personnes qui m'entouraient. Je savais quel jour on était, qui était le président et quelle était la dernière chanson que j'avais écoutée. La seule chose que je ne savais pas, c'était que j'étais morte. Elle s'arrête et le laisse digérer l'information, pure politesse qu'elle n'octroie généralement pas au premier venu. Quelque chose, pourtant, la pousse à se confier de la sorte avec Arthur. Elle sent que cet échange a un but précis qu'elle se doit d'atteindre et se livre à lui comme elle ne l'a encore jamais fait, encore moins avec les quelques humains dont elle a pu être proche. Elle a conscience de courir un risque mais cela ne l'empêche pas de poursuivre et elle secoue la tête à la méprise d'Arthur. Non, c'est plus subtil que ça. Si j'avais seulement hérité des souvenirs de ses parents, il m'aurait manqué énormément d'informations que j'ai en moi. Je ne suis pas sûre qu'elle leur aurait raconté en détails sa vie sexuelle par exemple, alors que ce que j'en savais s'est à chaque fois avéré véridique. Croyez-moi, j'ai vérifié. Je partage tous ses souvenirs, à l'exception de ceux qui entourent son suicide ou tout ce qui à trait à la mort de manière plus générale. Je n'en ai aucun de l'enterrement de ses grands-parents par exemple, alors que je sais qu'elle y a assisté. Ils ont coupé là dedans, coupé dans le tas comme on dit. A force, Poppy en est venue à se convaincre qu'ils ont préféré lui dissimuler les raisons qui l'ont poussée à se suicider et l'ont fait de la manière qui leur semblait la plus définitive, à moins bien sûr qu'ils n'aient pas eu d'autre chose que de ratisser large. Manque de chance pour eux, c'est cependant ce vide qui a fini par l'obséder et elle ne peut cacher son impatience en voyant Arthur jouer avec les mots lorsqu'elle lui demande enfin de montrer son jeu. Son visage se referme et se fait plus froid tandis qu'elle essaie de deviner pourquoi il se fait soudain plus distant. Elle, elle a été honnête et lui a raconté bien plus de choses qu'il ne l'aurait mérité, et voilà pourtant qu'il rechigne à faire de même. Vous étiez son confident et vous ignoriez qu'elle s'était suicidée ? Vous n'avez pas l'impression d'avoir failli à votre mission ? Elle le prend de haut mais se retient de plus, consciente que ce n'est ni le lieu ni le moment d'attirer l'attention. Qu'est-ce que vous voulez savoir exactement ? Vous voulez en savoir davantage sur la mort de Connie, d'accord, mais j'estime que pour discuter il faut être deux et, jusqu'à présent, je n'ai pas l'impression que vous soyez très coopératif. Je n'ai aucun souvenir de vous et je m'en portais très bien jusqu'à présent, je ne vois aucun inconvénient à continuer. Elle se méfie, tout dans son attitude la trahit sur le sujet, mais ça lui est égal tant la menace lui semble mineure. Au pire Arthur lui fera perdre son temps, et du temps elle en a bien plus qu'elle ne veut le faire croire.

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MessageSujet: Re: someone I used to know a long time ago   Jeu 29 Mar 2018 - 23:12

A quoi s'attendait-il exactement en venant jusqu'ici, en effet ? Il croit pouvoir dire qu'il ne s'est pas attardé à spécifier une quelconque attente à ce sujet justement, et qu'il a préféré s'y confronter de ses yeux avant de s'en faire une idée. Si seulement il finit par s'en faire une idée, lorsque le médecin légiste prend toujours moins le temps de considérer ce qui l'entoure, et au final c'est plutôt reposant, de ne plus porter d'attente ou d'espoir, de ne plus prendre le temps de se réjouir de ce que fait l'un ou de se décevoir de ce que dit l'autre. Et c'est là justement toute la réalité de son existence : il n'attend plus rien, vraiment, de nouvelles rencontres, de possibles retrouvailles, de la vie. Il n'attend plus rien, si ce n'est que sa chère mère repose en paix pour être libre à son tour de disposer de sa vie – et de sa mort, en l'occurrence. Alors l'étrangère à bien des égards qui lui fait face peut bien juger et présumer de ce qu'il pensait trouver en la confrontant, elle peut même prendre le temps d'appuyer sa dérision moqueuse par une expression faciale et un geste de la tête, Arthur s'en tient à son indifférence. Et puisque son intervention transpire la rhétorique, il n'y donne pas de réponse superflue et la regarde toujours sans même s'égarer à laisser transparaitre la fatigue que lui inspire de telles réactions, si humaines quelque part. Mais en même temps, pourquoi ces agissements seraient seuls une caractéristique de l'être humain ? Les clones également peuvent y prétendre autant qu'eux, et il ne manque pas de constater que c'est le cas.
Il la regarde toujours, ce clone, cet être. C'est étrange, de se dire que de la mort de Connie a résulté la vie, alors que sans son suicide Poppy n'aurait jamais été créée. Lui se doute que de son suicide résultera si peu, lorsqu'il aspire à laisser aucun endeuillé derrière lui et qu'il prend en tout cas le temps de s'assurer que sa mère n'en fera pas partie. Connie a choisi, elle, de mettre fin à sa vie en abandonnant tous ses proches derrière elle, et malgré tout elle n'aurait pas pu trouver quelqu'un d'autre qu'Arthur de plus à même de respecter son choix. De le comprendre aussi en l'occurrence, mais faut-il en tout temps comprendre pour respecter ? Cela serait certainement trop facile, si cette compréhension facilitait en tout temps une telle tolérance. Non, le plus ardu est d'offrir ce respect quand bien même le cheminement d'autrui n'est pas appréhendable, et d'ainsi s'en remettre à une forme de confiance pour supposer que même si cela ne fait pas sens pour d'autres, cela fait sens pour la personne concernée. Le quarantenaire a pour autant plutôt le sentiment que c'est rarement le cas, surtout pour un sujet aussi sensible que le suicide, et c'est bien pourquoi Connie fut sa seule confidente à ce sujet, puisqu'elle pouvait comprendre et s'identifier, et que ce n'était pas d'avance une impasse que d'en parler avec elle. Il fait face à son clone ce soir, et malgré le peu de leur échange, quelques détails et indices lui donnent le sentiment qu'elle semble plutôt être sûre d'elle, avoir des convictions bien ancrées, et surtout s'y tenir. Et puis tant d'hostilité, de colère, qui transpirent malgré elle. Cela ne la rend pas cependant antipathique à son sentiment, quand il ne s'embarrasse jamais de refuser quiconque pour ce qu'il est.
- Cela a dû être violent, comme éveil. D'apprendre que vous n'étiez pas elle, que celle que vous pensiez être était morte et que la fonction qui vous était prêté était celle de la remplacer. Devrait-il s'abstenir, de ce genre de supposition ? Peut-être est-ce du surplus verbal, peut-être est-ce une reconnaissance de sa souffrance – seul l'effet que cela aurait pour elle de l'entendre pourrait le dire. Mais il ne s'attend pas nécessairement à ce qu'elle lui réponde, et s'attarde déjà sur une autre conclusion suite à ce qu'elle évoque sur l'ascendance que se sont octroyés les Pierce sur ses souvenirs. Et vous leur en voulez pour ça ? Non pas qu'il remette en question l'existence d'un tel sentiment en l'occurrence, quand il n'aurait pas la détermination de remettre en question le bien fondé de n'importe quelle émotion d'autrui.
Par la suite, il ne saurait savoir si c'est ce qu'il a pu dire, mais c'est l'hostilité qu'il retrouve à son égard, alors qu'elle lui adresse à nouveau des pics verbaux dissimulés en interrogations. Quel peut être l'intérêt de celles-ci, si ce n'est de blesser ? Lorsqu'elle ne sait pas de quoi elle parle de toute évidence, et qu'elle ne lui laisse pas le temps d'appréhender et comprendre pour pouvoir peut-être être plus apte à apporter des réponses plus précises à ses questions, et le silence est dès lors tout ce qu'elle trouve. Arthur note ainsi qu'elle est de ces personnes-là, celles qui n'ont pas les scrupules d'épargner des mots qui sont sans intérêt autre que celui d'être blessants. Mais il n'est pas blessé, et son intervention gratuite a juste l'effet d'interrompre le cheminement de ses pensées, nourri par ses précédentes confidences, qu'il s'apprêtait à partager avec elle, alors qu'il pense enfin comprendre et avoir une autre réponse à donner à une de ses précédentes questions où il s'était auparavant mépris. Pourquoi n'a-t-elle pas de souvenirs de lui ?
Seulement de ce qu'elle lui dit, cela doit être instantanément donnant-donnant, et non pas que le médecin légiste avait l'intention de sciemment le lui refuser, il s'attache surtout à toujours s'en tenir à des questions qui lui sont posées dès l'instant où il n'a pas la spontanéité de s'épancher en confidences, et qu'elle ne lui laisse pas davantage le temps d'être à même d'avoir des réponses précises à ses interrogations avant de perdre patience. Mais que veut-elle savoir exactement, quand elle n'a pas posé d'autres questions que ce qu'il veut savoir, lui ?
- Rien dont vous avez le souvenir, de ce que vous venez de me dire. Et puisqu'elle lui semble si hostile, peut-être doit-il ne pas poursuivre et s'imposer davantage à sa table ? Et c'est ce qu'il lui demande, avec la même retenue qu'il ne saurait délaisser depuis le tout début. Vous voulez que je m'en aille ?


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MessageSujet: Re: someone I used to know a long time ago   Sam 14 Avr 2018 - 23:59

Parce qu'elle était jusque là persuadée qu'elle avait fait le tour de l'existence passée de Connie, Poppy ne peut cacher la curiosité que suscite en elle cet Arthur Faraday. Elle se méfie de lui et de ce qu'il peut prétendre avoir à lui apporter, tout comme elle sent qu'elle se doit de ne pas couper ce lien trop rapidement. Elle n'a aucune raison de lui faire confiance, aucune à laquelle elle peut penser et accorder un semblant de logique, mais elle fait le choix de se fier à son instinct et de lui accorder une chance avant de se fixer. Alors oui, elle lui en dit beaucoup et déduit de ses questions qu'il ne doit pas fréquenter des clones tous les jours. Même après tout ce temps, ça la surprend toujours de voir comme le genre humain peut être capable de ne rien savoir sur cette race qu'il a pourtant crée et qu'il côtoie si intimement. Elle veut bien admettre qu'ils n'ont pas besoin de savoir en détails les étapes de leur conception ou de maîtriser tous les concepts philosophiques en lien avec leur existence, mais quand même. Comme à chaque fois, elle prend pourtant le temps de tout expliquer. Si les humains ne sont pas foutus d'avoir quelques notions sur la question, alors elle se fait un plaisir de les renseigner et combler ces lacunes qui se cumulent des uns aux autres. Cela ne présente pas beaucoup d'intérêt pour elle, pas plus que de nettoyer derrière leur passage, mais lui permet de se rappeler les raisons qui l'ont poussée à tant les mépriser. Ils s'estiment si supérieurs alors qu'ils ne valent rien, pas plus cet Arthur Faraday que les autres.
- Vous savez, on ne nous laisse pas le temps de nous poser la question. On n'est pas là pour faire des sentiments ou être bichonnés, seulement pour remplacer ceux qui ne sont plus là. C'est violent mais ça a le mérite d'être clair.
Elle se rappelait ce goût de bile qui l'avait comme étranglée face à la réaction de celle qu'elle croyait être sa mère, cette répulsion dans son regard, cette haine qui n'avait eu de cesse de grandir. Ils avaient prétendu l'aimer, vouloir la considérer comme leur fille à part entière, alors qu'ils avaient souligné la démarcation qui existait entre elles dès le début. Comme sa conceptrice l'avait si bien dit, elle n'était pas réelle, du moins tant qu'elle se devait d'être Connie.
- Je leur en ai voulu, oui. Mais plus maintenant.
Car il est plus difficile d'en vouloir à quelqu'un qui n'est plus de ce monde, une issue dont Poppy s'est saisie dès qu'elle en a eu la possibilité. Elle les a pleuré bien sûr, en bonne fille dévouée qu'elle est et était, des larmes qui avaient trompé les rares personnes qui les avaient regardé couler le long de ses joues. Face à Arthur, elle ne voit cependant pas l'intérêt de simuler quoi que ce soit sur le sujet et lui annonce ne plus leur en vouloir comme si elle avait trouvé la paix en elle de la plus naturelle et banale des raisons. Pour elle, d'ailleurs, c'est bel et bien le cas. Rien de ce qu'elle a énoncé depuis le début de leur entrevue n'est faux, pas même recalibré, ce qui l'amène à désapprouver la conduite si mystérieuse de son interlocuteur. Elle veut bien comprendre une part de réserve, il n'est pas obligé de se livrer comme elle le fait, mais un petit effort serait le bienvenu.
- Sans blague ? Je ne m'en étais pas rendue compte...
Il est possible qu'il la prenne pour déficiente, tant certains humains peuvent être persuadés que les clones ne disposent que d'un QI limité pour éviter les problèmes et s'assurer de leur docilité. Ce ne serait pas la première fois que quelqu'un se méprend avec elle mais Poppy pencherait plutôt pour une autre raison, une raison qu'elle voit déjà lui échapper lorsqu'il lui propose de s'en aller. Elle tend alors la main en sa direction et la pose sur la table, le plus loin possible, comme pour essayer de le retenir.
- Non.
Si c'est ce qu'il veut, elle ne le retiendra pas. Elle ne se sent pas de taille à lutter, pas ce soir, mais a la conviction qu'elle ne doit pas le laisser partir, pas avant d'avoir eu quelques réponses supplémentaires.
- Vous me cherchiez, n'est-ce pas ? Vous aviez perdue de vue Connie mais vous aviez été suffisamment proches pour ne pas arriver à l'oublier. Je ne suis plus elle, je sais à quel point ça peut être déstabilisant, mais je suis sûre que vous ne m'avez pas tout dit vous concernant. Je veux dire, vous concernant tous les deux. J'ai été honnête avec vous, je mérite que vous le soyez avec moi.
Elle le fixe et le met au défi de nier ce dernier point. Son visage, pourtant, s'est adouci et trahi le trouble que l'arrivée d'Arthur est sur le point d'introduire dans sa vie.

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