a taste of heaven when you come home


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Oscar Kidd

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MessageSujet: a taste of heaven when you come home   Mar 14 Nov 2017 - 21:55

Oscar a une obsession pour Harlow Walsingham, est-ce vraiment nouveau ? Ce n'est guère surprenant lorsqu'il passe tant de temps à s'octroyer sa compagnie, ou même à l'avoir à l'œil à son insu – ça, pour lui avoir tapé dans l'œil... Mais aujourd'hui est le jour où il profite de son absence pour entrer par effraction dans son appartement et préparer un rendez-vous galant. Leur rendez-vous galant. C'est une étrange conception d'un rendez-vous, lorsque l'un des deux concernés n'a pas donné son accord pour le tête-à-tête à venir (d'où le pourquoi de l'infraction). Mais qui n'a pas déjà surpris sa petite-amie d'un dîner romantique après une journée interminable à servir des cafés et satisfaire toutes autres demandes de ses clients ? Excepté qu'Harlow n'a rien de sa petite-amie, pas encore, et qu'elle prétend ne pas supporter sa compagnie. Elle est bonne actrice, il lui reconnaît au moins ça, et elle peut se ravir de faire exactement ce qu'il faut pour qu'il ne la lâche pas d'une semelle.
Mais bien avant ça, il dépose les quelques affaires qu'il a amené avec lui au pas de la porte (dont la serrure vient d'être sérieusement endommagée), pour s'octroyer aussitôt un petit tour du propriétaire... et il ne se contente pas que de regarder, mais aussi de profaner ses biens de son toucher, comme les armoires et les tiroirs dont il retourne le contenu, et ces courriers que l'absence de scrupules lui fait lire sans hésitation. Pour autant, il n'a pas de gants sur ses mains pour ne pas laisser d'empreintes digitales sur la moindre poignée en passant par les albums photos. D'ailleurs, il ne manque pas de sélectionner quelques photos au passage pour mieux les dérober – après tout, il doit aussi commettre une infraction criminelle pour que le terme d'entrée par effraction soit approprié. L'instant d'après, il jette son dévolu sur la bouteille de lait entamée dans la porte du frigo et il laisse quelques traces de salive sur son goulot après avoir allégé son contenu de quelques gorgées. Mais à présent il n'a plus de temps à perdre, Oscar, après tout cela ferait une grande différence qu'elle le trouve penché au-dessus de ce dîner aux chandelles plutôt qu'affalé au pied de son frigo après en avoir dévalisé le contenu. Non, plutôt que de lui piquer ses réserves, il allait lui préparer à manger pour ce soir, si bien qu'il retourne récupérer les quelques affaires qu'il a amené pour aussitôt se mettre à la tâche dans sa cuisine. Au menu, ce soir : un cake au gingembre pour l'apéritif, une langouste épicée en entrée, un filet mignon au miel et aux épices pour le plat principal, et une tarte tatin à la banane flambée en dessert. Et heureusement pour Harlow, il est excellent cuisinier !
Mais croit-il seulement qu'il aura l'occasion de lui faire découvrir ses talents culinaires ? Car pour ça, il faudrait que la demoiselle accepte de s'asseoir à la table de ce rendez-vous imp(r)o(vi)sé, et elle est plutôt connue pour lui donner du fil à retordre, surtout qu'elle risque peut-être d'avoir son mot à dire sur son infraction... Qu'espère-t-il, qu'elle tomberait sous le charme de cette petite attention préparée avec soin parce qu'elle fait partie de celles avec une paire d'ovaires désespérément à la recherche du Prince Charmant ? Oscar ne nourrit jamais d'espoir aussi naïf, et il est plutôt du genre à vouloir se jouer d'autrui lorsqu'il se fourre dans un plan aussi saugrenu que celui d'entrer par effraction chez quelqu'un pour lui préparer un dîner romantique. Pourtant ne devrait-il pas chercher à lui plaire plutôt, s'il a l'envie de croquer la demoiselle sous sa dent ? N'aurait-il pas dû lui cacher sa véritable nature d'être et lui réserver la façade du psychologue bienveillant pour ça ? Mais la préférence du trentenaire ne va pas à ce qui est facile, son intérêt est davantage piqué lorsqu'on lui donne des difficultés, et c'est bien pour ça qu'Harlow a fini par avoir toutes ses faveurs. Et puis, au lieu de s'obnubiler de la loi qu'il vient d'enfreindre en s'introduisant chez elle, elle devrait plutôt s'attarder sur les mille-et-un scénarios autres sur lesquels Oscar aurait pu jeter son dévolu, comme l'attendre entièrement nu dans son lit et non à cette table, ou s'adonner à ses talents pour le photomontage pour mieux les mettre en scène et faire d'eux un couple aux mœurs légères... Alors oui, d'une certaine façon, s'en tenir à ce diner prouve l'existence d'un certain romantisme chez sa personne. D'une certaine façon.

Lorsque tous ces délicieux mets sont enfin prêts, il abandonne alors la cuisine (dans un sale état, du sachet de farine percé qui a laissé quelques traces au sol, à l'évier qui regorge de vaisselles sales, en passant par le plan de travail recouvert de divers tâches et ustensiles), pour rejoindre ce qui lui sert d'entrée-salon et dresser la table qui serait le théâtre d'une attirance attisée. Bien sûr, il place deux bougies au centre de celle-ci, mais aussi aux quatre coins de la pièce pour lui offrir une lueur tamisée, et afin de compléter le tableau romantique, une musique d'ambiance envahit bientôt l'espace avec douceur. Il ne lui reste alors plus qu'à se préparer lui-même si bien qu'il se jette dans sa cabine de douche et prend ensuite la première serviette qui lui vient pour se sécher. Il s'attarde un instant sur son reflet dans le miroir et aperçoit un ou deux poils de sa narine droite qui pointent le bout de leur nez si bien qu'il est heureux de mettre la main sur une pince à épiler pour les arracher, et il ne lui reste plus qu'à profiter momentanément de la brosse à dents de la maitresse des lieux pour s'assurer que ce ne serait pas son haleine qui la repousserait ce soir.
Oscar vient tout juste d'enfiler la dernière pièce de son costume, lorsque du bruit lui parvient de la porte d'entrée, et il se cache volontiers derrière celle-ci pour laisser le soin à la belle de découvrir l'ambiance de la pièce répondant au maitre mot de romantique, car autrement il se doute que la vue de sa personne lui gâcherait son plaisir.

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Harlow Walsingham

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MessageSujet: Re: a taste of heaven when you come home   Mar 26 Déc 2017 - 14:02

Pour le coup, Harlow était bien contente que son shift se termine en début de soirée. Elle n’aurait pas pu se voir assurer le service jusqu’au bout de la nuit, ce qu’elle faisait pourtant d’habitude sans difficultés. Mais pas ce soir. Ce soir, elle avait la tête dans le coton, le nez rougi d’avoir dû se moucher sans arrêt et la gorge irritée. Elle couvait quelque chose depuis le début de la journée mais avait ignoré les symptômes en se disant qu’ils passeraient. Après tout, elle tombait si rarement malade qu’elle en avait presque oublié les signes avant-coureurs. Ses collègues lui avaient dit de rentrer mais elle avait refusé : non pas par  professionnalisme, elle n’avait pas assez d’ambition pour cela, mais parce que l’argent était le bienvenu sur son compte en banque. Des frissons avaient commencé à lui parcourir le dos et les bras en fin de journée et on l’avait reléguée à l’inventaire quand on avait décrété qu’il était hors de questions qu’elle contamine toute la clientèle. Dès que l’heure de la fin de son service avait sonné, elle avait été fichue à la porte par ses camarades qui lui avaient ordonné de ne plus revenir tant qu’elle ne serait pas remise complètement. Harlow s’était contentée d’un hochement de la tête et d’un signe de la main avant de prendre la direction du petit appartement qu’elle louait sur Apostle Lane, dans un petit immeuble de quatre étages aux logements décrépis mais au loyer abordable, au moins.
Elle avait les jambes en coton lorsqu’elle atteignit enfin son domicile. Elle salua distraitement la concierge lorsqu’elle la croisa et grimpa péniblement les marches qui menaient au troisième étage. Elle avait l’impression d’être un zombie et regretta presque de ne pas s’être plutôt rendue à l’Elysium District pour retrouver les bons soins réconfortants de sa mère. Il suffisait qu’elle ferme les yeux pour imaginer les draps chauds de son lit et la main douce de sa mère sur son front. Mais elle avait vingt-trois ans, elle avait aspiré à son indépendance, ça n’était pas pour courir dans les jupes maternelles dès qu’elle avait un peu mal à la tête et le nez encombré ! Découvrir sa porte fracturée allait cependant la faire rapidement changer d’avis.
Le regard d’Harlow se figea lorsqu’elle découvrit le rai de lumière qui filtrait à travers l’interstice de sa porte d’entrée et, pendant une fraction de seconde, elle se demanda si elle n’avait tout simplement pas oublié de fermer la porte en partant, le matin même. Après tout, la fatigue qui l’avait gagnée au cours de la journée avait commencé tôt et elle avait déjà peiné à sortir de son lit et à s’habiller pour aller travailler alors il se pouvait aussi bien qu’elle avait mal fermé et que la porte s’était rouverte. Mais avait-elle pu également oublier d’éteindre la lumière en partant ? Cela lui semblait aussi improbable que d’être partie en laissant le champ libre à quiconque de s’inviter chez elle mais, après tout, à ce stade de la soirée, avec son esprit embrumé, elle n’avait plus la force de penser clairement, ni d’être certaine de quoi que ce soit. Harlow s’approcha cependant du seuil d’un pas méfiant, son regard cherchant toute trace d’effraction – ce qu’elle ne tarda pas à trouver, d’ailleurs.
- Merde ! gronda-t-elle en sentant son cœur faire un bond dans sa poitrine.
Ses mains tremblantes de faiblesse et de panique cherchèrent frénétiquement son téléphone et au moment d’appuyer sur la touche d’appel pour prévenir son frère ainé – après tout, pourquoi passer par la police quand elle avait une personne de contact précise ? – elle hésita et se ravisa. Avant de crier au loup, elle pouvait tout aussi bien vérifier qu’elle ne se trompait pas. Quel vandale laisserait la lumière allumée ? Et puis, il était peut-être parti depuis belle lurette s’il avait retourné l’appartement et volé tout ce qui était susceptible d’être intéressant. Qui, en effet, se serait attardé sur les lieux d’un crime ? Une seule personne, en vérité, mais elle ne songea pas une seconde à lui. Même lui ne pouvait lui évoquer une idée aussi tordue que ce que la réalité allait laisser apparaitre. C’est forte de ces déductions hâtives qu’elle s’approcha de la porte entrouverte et jeta un œil à l’intérieur de son appartement en veillant à ne pas marcher sur les lattes grinçantes du parquet usé qui ornait le couloir. Elle préférait se sentir ridicule à être trop prudente que de dévoiler sa présence à un éventuel intrus qui serait toujours dans les parages. C’est à ce moment-là qu’elle perçut la musique qui planait dans la pièce principale, à cet endroit-là qu’elle entrevit la table dressée et les bougies allumées.
- Qu’est-ce que c’est que ce bordel, murmura-t-elle, ses symptômes momentanément oubliés, tandis qu’elle poussait la porte, prise d’un doute.
S’était-elle trompée d’étage, dans sa léthargie ? Était-elle montée trop haut ou avait-elle encore une volée d’escaliers à grimper ? Il s’agissait pourtant bien de son appartement, comme elle s’en assura en poussant la porte, hébétée, en oubliant de rester sur ses gardes. Était-ce la fièvre qui la faisait délirer ? Elle n’aurait pas été prête à jurer le contraire, en tout cas, alors qu’elle laissait tomber son sac près du meuble de l’entrée et qu’elle déboutonnait sa veste en s’avançant dans la pièce principale à l’allure enchantée – une allure qu’elle n’aurait jamais pu imaginer dans un appartement comme le sien. Elle était si dubitative qu’elle resta plantée près de la table sans chercher à localiser l’intrus qui avait pris possession des lieux sans son accord.
Finalement, quelque chose (l’instinct, espérait-elle) la poussa à se tourner vers l’entrée et quand elle découvrit le fraudeur caché derrière, Harlow poussas un cri de surprise et eut l’impression de faire un bond de deux mètres.
- OSCAR PUTAIN ! s’écria-t-elle quand l’information atteignit son cerveau à moitié endormi.
La main sur le cœur, le souffle court, Harlow recula de quelques mètres (pas encore assez à son goût) et fusilla le jeune homme du regard.
- Mais t’es malade, espèce de con ! De quel droit tu t’infiltres chez les gens de cette manière ? Tu veux que j’appelle la police, c’est ça ?
Les yeux chocolat de la demoiselle se posèrent sur son sac abandonné près de l’entrée, à l’opposé d’où elle se trouvait, en somme, et donc bien trop près de l’importun. Appeler ses frères n’était pas une option dans l’immédiat et elle se maudit de s’être laissée hypnotiser par les bougies et la musique quand elle aurait dû savoir que ça ne présageait rien de bon.
- Dégage de chez moi, Oscar, je ne suis pas en état de supporter tes idioties ! dit-elle alors sur un ton qu’elle aurait voulu menaçant mais qui devait être plus pathétique qu’autre chose, avec son nez à moitié bouché et ses yeux fatigués.

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Oscar Kidd

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MessageSujet: Re: a taste of heaven when you come home   Dim 7 Jan 2018 - 15:24

A cet instant précis, Oscar est l'enfant exalté par la vue des innombrables cadeaux de Noël au pied du sapin, excepté qu'en l'occurrence c'est lui qui a concocté la surprise et non celui qui la reçoit, mais la réaction de sa bien-aimée face à celle-ci serait le plus beau des cadeaux il n'en doute pas ! Allait-elle aussitôt lui sauter au cou (soit a. pour l'embrasser, soir b. pour l'étrangler) ? Ou plutôt fondre en larmes face à l'intention si attentionnée ? Non, il ne doute pas qu'il en faudrait beaucoup plus pour stimuler les glandes lacrymales de cette force de la nature, mais il en reste qu'il ne doit pas moins museler son impatience pour ne pas trahir d'entrée de jeu sa présence alors que la maitresse des lieux foule prudemment le sol de son appartement. Oscar parviendra-t-il à dissimuler sa présence jusqu'à ce qu'elle se tourne vers lui, ou serait-il le spectre qui dévoilerait sa présence par un grincement sur les lattes du parquet ? Le trentenaire veut pourtant préserver le cœur de sa douce, et il ne serait certainement pas de ceux à vouloir lui faire de telles frayeurs ! Et pourtant c'est ce qu'il finit par lui occasionner, bien malgré lui, lorsque son regard finit par le débusquer près de la porte : c'est sa surprise qui s'exprime alors aussi bien vocalement que physiquement, et aussitôt l'intrus se redresse et lui offre son plus beau sourire en retour ! La bouche de la belle exclame ensuite son prénom puis jure, et grrr ce qu'il peut aimer ce regard revolver qu'elle pose sur lui... C'est ensuite une nouvelle salve d'injures qu'Harlow fait pleuvoir sur lui, mais Oscar ne peut que les accueillir comme nombre de mots doux et lui adresser un nouveau sourire mièvre en retour. Ne sont-ils pas le cliché même d'une comédie romantique ces deux-là ? Il ne doute pas un seul instant qu'ils feraient nombre de jaloux si seulement ils cessaient de se courir après pour enfin admettre la vérité criante et se mettre en couple !
- Non, c'est toi qui est malade ! Et il se garde bien d'un espèce de conne pour que la réplique soit identique en tout point. Bien sûr, il ne donne pas le même sens qu'elle au mot malade, lorsqu'il ne sous-entend pas qu'elle est détraquée, mais qu'elle a plutôt attrapé un bon coup de froid : l'évidence saute aux yeux et aux oreilles, le professionnel de la santé qu'il est n'aurait pas pu le manquer plus longtemps ! Certes, il a peut-être plus l'habitude des dépressions, mais le psychologue peut jouer au docteur ce soir rien que pour elle si l'envie lui prend... Mais avant qu'il ne fasse un aller-retour express pour aller chercher sa blouse blanche et un stéthoscope, il lui accorde surtout un instant de compassion au détour d'une moue attendrie alors qu'il amoindrit de quelques pas la distance qu'elle avait instauré entre eux. Ma pauvre, et tu es quand même aller travailler... Allez détends-toi, c'est moi qui ferait le service ce soir ! Ça pour sûr, le timing de ce dîner aux chandelles est d'autant plus parfait que sa moitié s'est faite belle pour l'occasion, avec son nez rougi et ses cernes ! Et au moins s'il finit la soirée à lui tenir les cheveux alors qu'elle vide le contenu de son estomac dans les toilettes, il pourrait mettre ça sur le compte de sa maladie et non de son repas préparé avec amour !
D'ici-là qu'elle se rassure, il ne s'apprête pas à lui faire un sermon sur les bienfaits de s'éviter des sueurs froides lorsque la maladie se charge déjà d'éprouver son corps et son esprit, mais c'est bien parce qu'il est attentionné et prévenant qu'il ne veut pas lui apporter une quelconque contrariété supplémentaire ! C'est vrai que la demoiselle semble d'ores et déjà dans tous ses états, et il se demande bien pourquoi : il est juste entré par effraction dans son appartement, mais c'est pour la bonne cause, puisqu'il lui a mijoté un dîner en tête-à-tête, et il ne doute pas que la belle finirait par voir son intrusion comme un geste désespérément romantique... ou pas, car d'aussi loin qu'il s'en souvienne, il n'a jamais vu Harlow se laisser apprivoiser, surtout s'il est celui qui tente de s'attirer ses faveurs – mais n'est-ce pas justement ce à quoi il a tant pris goût ? Et probablement aussi ce pourquoi elle s'entête à lui donner tant de fil à retordre, pour que surtout il ne se lasse pas d'elle et qu'il continue à savourer qu'elle lui résiste tant ? Oscar a bien compris qu'ils sont tous les deux de grands fans de ce petit jeu du chat et de la souris, et il ne serait certainement pas celui qui y mettrait fin un jour, ça il ne faut pas s'y méprendre ! D'ici-là, il se contente de regarder passivement sa compréhension le survoler tel un biplan au-dessus de sa tête, dont le tachymètre ne s'affolerait très certainement pas de sa vitesse,  et qui finit de toute façon par s'écraser inexorablement à ses pieds.
- Mais de quoi tu parles ? On a parlé de ce dîner hier matin au bar, tu ne te souviens pas ? Ma pauvre, tu dois être plus malade que je ne le pensais, ta mémoire te joue des tours à présent ! Tu as peut-être bien de la fièvre aussi... Et à nouveau, son jeu de prétendus le pousse à se rapprocher d'un pas. Et puis que veux-tu que la police vienne faire ici... quel cambrioleur préparerait un dîner aux chandelles à la maitresse des lieux ? Pourquoi penseraient-ils à une effraction quand j'ai des affaires dans tes tiroirs et ma tête dans tes albums photos ? Sans compter qu'Haley dort sagement dans la chambre dans son lit parapluie... Tu ne te rappelles pas de ça non plus ? Tu m'as dit de ne pas m'embêter d'une babysitter, que ça ne te dérangeait pas que j'amène ma fille bien au contraire ! Je dois dire que j'ai trouvé ça très touchant d'ailleurs, que tu sois si avenante avec Haley, en tant que père je ne me permettrais pas de fréquenter quelqu'un qui serait un désastre auprès de ma fille... que le bavard finit par confier et s'égarer au passage... Où en était-il ? Ah oui ! Enfin non je ne veux pas que tu appelles la police, je n'ai fait un repas que pour deux, on serait bien embêté si tu as d'autres invités qui arrivent. Mais il n'est pas contre qu'elle invite les forces de l'ordre, si vraiment c'est l'idée qu'elle se fait d'un dîner romantique – seulement si ce n'est que ça, Oscar doit bien avoir un uniforme et des menottes qui trainent quelque part, il lui suffisait de demander et il serait son serviteur le plus dévoué.
- Allez installe-toi, détend-toi, et savoure ! Je t'assure que je ne t'ai pas préparé de simples betteraves et que j'ai mis les petits plats dans les grands pour te faire plaisir ! Le galant homme se penche ensuite à son encontre et imite les manières les plus élégantes d'un serveur, jusqu'au bout de ses doigts avec cette main tendue en guise d'offrande. Puis-je prendre votre manteau mademoiselle ?

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MessageSujet: Re: a taste of heaven when you come home   Sam 13 Jan 2018 - 21:57

Elle venait sûrement d’épuiser ses dernières réserves d’énergie en criant sur Oscar parce qu’Harlow se sentit tout à coup abattue. Un poids mort atterrit sur ses épaules et elle eut l’impression qu’elle était tellement fatiguée qu’elle allait se mettre à pleurer comme un bébé. Peut-être que ça ferait fuir l’énergumène, songea un instant Harlow avant de se reprendre. Elle n’avait aucune envie d’offrir un portrait aussi pitoyable au fauteur de trouble qui ne manquerait pas, à chaque prochaine occasion qui lui serait donnée, d’évoquer ce souvenir pathétique pour se payer sa tête. Pourtant, de tableau effroyable, elle en était déjà un, avec son nez gonflé, son regard vague et sa mine défaite. À cet instant, elle aurait juste voulu se débarrasser de ses chaussures et aller se laisser tomber dans son lit pour ne plus en bouger jusqu’à ce que le rhume l’ait délaissée pour aller voir ailleurs. Elle ne pourrait pas s’abandonner au sommeil avant de s’être débarrassée d’Oscar, toutefois et, en conséquence, elle émit un grognement de frustration qui se transforma en toux grasse quand l’air s’échappa de ses lèvres sèches. À qui avait-elle donc fait du mal pour que le karma s’abatte sur elle avec tant de haine ? Pourquoi, d’entre tous les types lourdingues qui peuplaient cette terre, il avait fallu qu’on l'affuble d'Oscar Kidd ? Elle n’avait pourtant rien fait pour s’attirer ses faveurs, ne lui avait jamais adressé le moindre sourire, s’était bien gardée d’afficher la moindre tenue qui aurait pu affoler les sens du prédateur. Alors quoi ? Vraiment ? Qu’avait-elle fait pour mériter cette plaie humaine ? Mais si, jusque-là, Harlow avait dû subir l’attention exacerbée que lui portait le jeune homme, cela avait été réservé à son lieu de travail et elle s’en était accommodée en se disant que c’étaient les risques du métier, que chacune de ses collègues avait sa propre version d’Oscar à ses basques et qu’il fallait bien composer avec. Là où cela devenait inquiétant, c’était quand l’énergumène s’invitait chez elle. D’ailleurs, comment avait-il découvert son adresse ? L’interrogation traversa bien l’esprit de la jeune Walsingham mais elle n’était pas en état de s’inquiéter de ce détail quand elle avait un être de chair et d’os qui envahissait son espace privé, souillant chaque particule de l’air de sa présence. Harlow songea avec désespoir que même rentrer chez elle n’évoquerait plus le moindre soulagement, pas quand elle risquait d’y trouver Oscar qui prenait ses aises comme s’il était chez lui.
Harlow lui jeta un regard noir, tout ce qu’elle était désormais capable de lancer à l’intrus, quand il s’exclama que c’était elle qui était malade. Ah ah ! Elle n’avait aucune envie de plaisanter et elle ferma les yeux en soupirant. Comment allait-elle se dépêtrer de cette situation grotesque, maintenant ? Elle ne pouvait clairement pas le foutre à la porte à renfort de coups de pieds au cul et il fallait qu’elle atteigne son sac pour récupérer son téléphone et appeler la police. Une tactique qu’elle évinça de sa liste, persuadée qu’il anticiperait le geste en s’emparant du téléphone avant elle pour la garder prisonnière de son intrusion. Alors quelle option lui restait-il ? Capituler ? Feindre d’accepter le diner avec plaisir ? Elle ne s’en sentait pas la force et doutait de toute façon le duper : Oscar connaissait parfaitement son opinion à son propos. Et le pire, dans tout cela, c’était qu’il semblait s’amuser du dégoût qu’il lui inspirait et se délecter des horreurs qu’elle lui balançait.
Harlow le considéra avec une moue méfiante, loin d’être charmée par les faux airs de compassion qu’il cherchait à démontrer. Elle n’avait aucune envie qu’il s’occupe du service, elle n’avait aucune envie qu’il soit chez elle, tout simplement. Blasée et éreintée, la jeune femme jeta un œil circulaire à la pièce, observa un instant la table puis reporta un regard courroucé sur Oscar. Consciente que ses espoirs de voir le jeune homme déguerpir s’amenuisaient avec les minutes qui s’écoulaient, elle porta les mains à son visage et pressa ses paumes fraiches contre ses joues et son front. Avait-elle de la fièvre, en plus du reste ? Quelqu’un voulait-il donc sa mort ? Elle aurait vraiment dû écouter son besoin puéril d’aller se réfugier dans le giron maternel. Elle aurait au moins échappé à cette embuscade et Oscar l’aurait attendue indéfiniment, comme un con, et aurait été forcé de partir, tôt ou tard. Ou au moins aurait-elle était dans un meilleur état et elle aurait alors pu mieux gérer sa présence intrusive dans l’intimité de son appartement.
Tout à coup, l’idée qu’il puisse ne pas s’en être tenu à un prétendu dîner aux chandelles traversa l’esprit embrumé de la demoiselle et elle jeta un nouveau regard à son appartement, y guettant le moindre indice des infractions d’Oscar. Sans se douter que c’était sa salle de bain qui en contenait le plus.
Lorsqu’Oscar reprit la parole, Harlow le dévisagea d’un œil vide, n’écoutant qu’à moitié les inepties qu’il déblatérait. Aussi malade qu’elle soit, elle savait pertinemment que jamais elle n’aurait accepté un rendez-vous avec lui, encore moins chez elle. S’il y avait bien un lieu qu’elle tenait à préserver, c’était son petit appartement, aussi misérable soit-il. Et voilà que même ça, elle ne pouvait plus le considérer comme refuge. Oscar avait l’air de tout gâcher, de tout salir de son sourire goguenard et de sa répartie qu’il pensait fine et qu’elle trouvait usée et irritante au possible. Ses sourcils se froncèrent légèrement quand il fit allusion aux affaires dans ses tiroirs et à sa tête dans les albums photos mais préféra ne pas relever. Assurément, elle préférait ne pas savoir ce que cela impliquait et elle aurait tout le loisir de faire ces désagréables découvertes lorsqu’il aurait débarrassé le plancher. Quant à l’évocation de la fille de l’intrus (et là, une nouvelle fois, Harlow se demanda quelle nana avait été assez folle pour faire un gosse avec un type comme Oscar, à moins qu’il ait usé de subterfuges dont elle ne voulait surtout pas entendre parler), elle laissa Harlow dubitative et méfiante. Instinctivement, elle jeta un regard en direction de la chambre, bien qu’elle s’efforce de ne pas y croire une seule seconde. Le doute subsistait. Non pas qu’il puisse y avoir une once de vérité dans ce qu’Oscar avançait à propos du rendez-vous qui aurait été pris la veille, mais se pouvait-il qu’il ait vraiment amené son gosse pour piéger une femme qui n’était pas la mère ? Quel esprit tordu fallait-il être pour avoir des idées pareilles ? se demanda Harlow en croisant les bras sur sa poitrine.
- Est-ce que tu t’en iras si j’accepte de manger avec toi ce soir ? demanda-t-elle d’une voix enrouée par le rhume. Ou crois-tu t’inviter à dormir tant que tu es ? Parce que dans ce cas, je me casse. Tu peux avoir l’appartement et t’amuser tout seul.
Elle ne savait même pas pourquoi elle posait la question, consciente qu’elle était qu’elle ne pourrait jamais accorder la moindre confiance à sa parole tordue. Même s’il lui promettait de s’en aller gentiment dès que le repas était terminé, rien ne lui assurait qu’il s’exécuterait. Aurait-elle dès lors dû s’inquiéter davantage ? Craindre qu’il finisse par la séquestrer et la violer s’il n’obtenait pas ce qu’il voulait ? Etrangement, et peut-être justement parce que le comportement d’Oscar était aussi irrationnel, la jeune femme se dit qu’il ne pouvait pas en arriver à de pareilles extrémités. Mais que pourrait-elle dire pour sa défense s’il lui arrivait malheur ce soir ? Qu’elle était rentrée et avait découvert l’invasion et que, plutôt que d’appeler aussitôt les secours, elle avait finalement accepté de se mettre à table avec lui ? Qu’elle l’avait cherché ? Mais Harlow sentait les microbes entamer ses dernières résistances et après avoir dévisagé l’intrus pendant de longues secondes, elle laissa échapper un soupir et elle se délesta de sa veste, qu’elle remit à Oscar avant de se laisser choir sur la chaise la plus proche et d’enfouir son visage entre ses bras croisés. Oh, comme elle aurait pu s’endormir, là, tout de suite, s’il n’y avait pas eu la présence de son tourmenteur pour l’empêcher de céder au besoin de se reposer.

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MessageSujet: Re: a taste of heaven when you come home   Lun 29 Jan 2018 - 23:27

Le fou (à lier ? amoureux ?) ne prétend pas un seul instant être persuadé que son petit numéro allait la tromper et la convaincre à obtempérer aussi facilement à une soirée en sa compagnie autour de ce diner aux chandelles, mais il ne doute pas que cela va porter ses fruits – et qu'importe quoi en l'occurrence, tant qu'elle réagit, qu'il peut rebondir et improviser quelques malices en retour. Car Oscar est un animal d'interactions, pour se jouer des autres il a besoin de leur complicité, et Harlow a habituellement la force de caractère pour ne pas le lasser d'une quelconque docilité. Et puis à présent qu'il l'a dans l'œil, c'est dorénavant trop tard pour faire machine arrière et ne pas se faire remarquer du loup : il aura toujours un intérêt pour la belle, qu'importe ce qu'elle fait ou dit, ou ne dit pas ou ne fait pas. C'est qu'il n'est guère difficile la canaille, il ne demande rien à quiconque si ce n'est qu'ils soient eux-mêmes, et lui en tout cas s'octroie en tout temps le droit de faire ce dont il a envie. Il peut tout aussi bien taire ses mauvaises intentions et prétendre un sourire bienveillant aux yeux de tous pour mieux les tromper, tout comme il peut se montrer instantanément sous son vrai jour si l'idée lui vient. En l'occurrence, il apprend ce soir à sa serveuse favorite qu'il n'a pas les scrupules de commettre une effraction et qu'il peut ainsi se balader chez elle comme s'il était chez lui. Soupçonne-t-elle que s'il n'a pas manqué de s'inviter dans son salon et sa cuisine, il n'a pas hésité non plus à s'inviter dans des recoins plus intimes que même des invités non pas forcément l'occasion de voir ? Oh oui, certainement qu'elle s'en doute ou s'en doutera bientôt, puisqu'il est bien loin de la penser bête.
Cette dernière ne manque pas, en tout cas, de multiplier les œillades amoureuses à son adresse et conforte les traits de son visage dans l'adoration criante qu'elle lui voue. Elle l'aime, son petit Kidd, ça il n'en doute pas, et il va bien le lui rendre ce soir ! Cette nuit ? Oscar a bien conscience qu'il passerait la nuit chez elle dans le seul cas de figure où elle l'aurait poignardé et définitivement fait taire avant la fin du repas – ne pas oublier de garder les couteaux ou tous objets tranchants à distance de la poigne de la jeune femme surtout. C'est qu'à force de contrarier pour un rien ou pour beaucoup, il commence à avoir une sacrée collection de cicatrices qu'il aime à appeler les risques du métier. Harlow s'apprête-t-elle à ajouter à son tour sa trace sur son corps ni immaculé ni innocent ? Dans l'immédiat, ses bras se rangent plutôt sagement contre sa poitrine, et même sa voix diminuée ne semble aucunement promettre un nouveau coup d'éclat, quand elle paraît même encline à obtempérer à l'initiative folle du cambrioleur à une condition – qui ne manque pas aussitôt de (prétendument) outrer l'énergumène.
- Mais pour qui tu me prends ?!! Sa bouche est aussi arrondie qu'il voudrait le choc prononcé, mais tous deux savent très bien que rien de sa réaction n'est vrai, si bien qu'il abandonne bien vite le soin de prolonger son jeu d'acteur grossier pour en venir plutôt à une vérité. Je ne sais pas si tu te rends compte, mais tu viens d'aligner des dizaines de mots sans une quelconque injure ! Comme quoi, la demoiselle est capable de ce miracle, ou plutôt... C'est que vraiment ça ne doit pas aller fort ma pauvre... Qu'elle se rassure, le docteur a bien choisi son soir pour entrer par effraction chez elle, et il allait forcément avoir à cœur de s'occuper du bien-être de sa bien-aimée ! Ou, en tout cas, il ne manquerait pas de la distraire, c'est là la seule promesse qu'il peut raisonnablement tenir lorsqu'il a toujours des idées en réserve pour terrasser toute perspective d'ennui – de loin, le pire ennemi d'Oscar Kidd.
Ainsi donc, elle abdique bien vite sa chère et tendre... mais est-ce que seulement cela lui déplaît ? Est-ce qu'il y a quoi que ce soit qu'elle puisse faire pour le contrarier et ainsi se débarrasser du gredin qui a jeté son dévolu sur elle ? Malheureusement, comme avec toute vermine, il faudrait qu'elle sorte les grands moyens pour s'en débarrasser, et le phénomène Kidd lui-même ne saurait dire ce qui serait efficace pour éradiquer le parasite qu'il a plaisir à être.
Est-ce que le malicieux lui accorde seulement un instant de compassion face au mal qui semble être avec tant d'évidence le sien ? Mais il ne doute pas que, justement, il pourrait lui être de quelque secours, non pas simplement en la prenant en pitié et en déguerpissant de chez elle pour la laisser tranquille, mais plutôt en ravissant toujours plus l'opportunité de s'octroyer sa compagnie pour mieux se plier en quatre et être aux petits soins avec elle. Prendre soin d'elle oui, certes à sa façon, lorsqu'Harlow peut connaître le privilège d'un énergumène Kidd qui ne prétend pas sous ses yeux et qui ne réprime pas sa véritable nature d'être à ses côtés. Comment pourrait-il oser ne pas être tel qu'il est face à une perle comme Walsingham ? Avec elle, il ne veut pas mentir, pour elle, il ne veut pas prétendre : comment aurait-il l'audace de la tromper ainsi ? La demoiselle a-t-elle dès lors seulement conscience qu'elle peut se targuer d'être l'une des seules qui connaît le véritable Oscar Kidd ? Elle n'en a jamais rien laissé paraître en tout cas, et ce n'est pas pour déplaire au loustic comme d'habitude. Ne serait-ce même pas romantique à d'autres yeux que les siens, qu'elle lui permette seulement par ce qu'elle est de le pousser à son tour d'oser être ce qu'il est au grand jour ? Si seulement elle ne se laissait pas aveugler par sa mauvaise foi... Et la cécité qu'elle s'impose malgré elle devient même plus visible alors qu'elle préfère l'obscurité entre ses bras contre lesquels elle réfugie son visage après s'être abandonné au soutien d'une chaise, et puisqu'elle choisit de le soustraire de sa vue, il ne manque pas de balancer la veste qu'elle lui a confié dans un recoin de la pièce et de tirer profit de sa passivité pour lentement se rapprocher.
- Ok, tu acceptes le tête-à-tête, et je me retire à la fin de celui-ci comme un gentleman – et je fais même la vaisselle en prime avant de partir ! Le trouble-fête s'est à présent tant rapproché de sa belle au bois dormant, qu'il peut ensuite souffler à son oreille en toute confidence. Mais qu'est-ce que tu aurais à négocier pour que je ne dise à rien à tes parents de tes absences répétées aux cours ? Déjà, il se redresse et recule son buste, juste au cas où la belle, à bout de patience, aurait l'idée de mordre. Par simple curiosité, qu'il ajoute ensuite de justesse (et en toute innocence bien sûr). Mais aussitôt, le trublion enchaine et l'empêche de dire un mot en collant son doigt sur sa bouche si seulement elle redresse la tête entre temps, et ses traits prétendent à présent s'exclamer de surprise quand il extirpe, de sous la table, quelques fleurs destinées à sa bien-aimée. Il lui tend alors ce maigre présent pendant qu'il déclame, la main sur le cœur et une solennité trop grossière pour être sincère collée au visage, son transport.
- Trois roses blanches, en offrande pour toi mon amour.
Une première pour te témoigner mon émoi admirateur,
Pour toi ma douce, une seconde, pour te faire la cour,
Et une dernière pour te prier de m'ouvrir ton cœur.

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Harlow Walsingham

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MessageSujet: Re: a taste of heaven when you come home   Mer 21 Fév 2018 - 20:43

Quel plaisir Oscar pouvait-il trouver à la torturer ainsi ? se demandait souvent Harlow. Quel plaisir pouvait-il trouver à être constamment repoussé, rejeté ? Était-il l’un de ces malades mentaux qui savourait le masochisme ? Cela l’excitait-il de provoquer aussi ostensiblement le dégoût ? Ou y voyait-il une sorte de challenge ? Son but était-il de prouver qu’il pouvait avoir n’importe qui, même la nana qui retroussait le nez en le voyant et faisait tout pour fuir sa présence ? Harlow se le demandait sincèrement. Enfin, pas là, tout de suite, car son esprit était englué dans un monde qui tournait au ralenti, comme si son cerveau flottait dans du formole et n’était plus véritablement rattaché à rien. Elle assistait à sa lente chute avec impuissance et n’arrivait pas à réfléchir. Faisait-elle une erreur monumentale en cédant du terrain, en abandonnant la partie ? N’aurait-elle pas dû claquer la porte et partir, quitte à le laisser sans supervision chez elle, à faire ce que bon lui semblait (et surtout ce que lui dictait son esprit tordu) ? Après tout, elle ignorait combien de temps il avait passé dans son intimité avant qu’elle ne rentre du boulot. Il ne pouvait pas faire pire et s’il le faisait, elle ne voulait juste pas le savoir. Mais pour pouvoir partir, il aurait fallu que ses muscles la portent et elle doutait fort que ses jambes la mènent bien loin. Et si elle s’effondrait dans le couloir ? Oscar allait-il se précipiter pour jouer les chevaliers servants et la porter à son lit ? Rien que l’idée lui donna un frisson d’horreur – à moins que ça ne soit une manifestation da la fièvre. Quoi qu’elle décide, elle se sentait piégée et son seul espoir fut celui, bien mince, que le repas concocté par Oscar puisse la requinquer assez pour qu’elle le chasse de chez elle. Mais, presque aussitôt, la suspicion qu’il puisse avoir drogué la nourriture lui traversa l’esprit et lui coupa l’appétit. À moins que, là aussi, ça ne soit qu’une manifestation de son mal-être.
Tout chez Oscar respirait la fausseté. Chaque geste, chaque expression, semblait être le résultat d’un calcul ou d’une prestation grandiloquente. Où s’imaginait-il ? Sur les planches d’un théâtre en trois dimensions ? Avait-il caché des caméras pour immortaliser sa vaste mascarade ? Harlow ne voulait même plus lever la tête pour scruter son appartement si familier et si hostile à la fois. Si ça se trouvait, rien n’était susceptible de troubler sa quiétude en dehors de l’énergumène qui feignait un air ébahi qui ne leurrait aucunement la locataire des lieux. Heureusement, Oscar sembla aussi conscient qu’elle du ridicule de la situation et il laissa vite tomber la plaisanterie pour préférer une ironie éloquente. Oh oui, elle s’en rendait parfaitement compte et se désolait d’être aussi aisément manipulée mais elle se consolait en se disant qu’il fallait blâmer sa migraine et son nez bouché qu’en d’autres circonstances, jamais elle n’aurait capitulé aussi facilement. Aussi, faute d’avoir les mots adéquats pour l’envoyer balader, elle leva un majeur à l’aveugle, sans même essayer de relever la tête.
- Pas la peine, lui assura-t-elle, la voix étouffée par la caverne que forme son bras autour de son visage, en agitant la main comme pour chasser cette idée grotesque. Je le ferai demain.
Elle préférait encore devoir se lever une heure plus tôt pour ranger le bordel qu’il avait assurément laissé dans la cuisine plutôt que de lui donner une chance de s’éterniser.
Quand elle sentit son souffle dans le creux de son oreille, toutefois, Harlow sursauta et releva la tête. Elle lui jeta un regard effaré, plus parce qu’il avait osé profiter de sa faiblesse pour s’approcher qu’à cause des mots qu’il avait proférés et qui mirent quelques longues secondes à faire sens pour la jeune femme.
- Quoi ? répondit-elle, d’abord sur la défensive, chassant son doigt importun d’un geste irrité. De quoi tu parles ?
Car, évidemment, d’instinct, Harlow sentit la méfiance l’envahir. Oscar, avec son sourire de Satan, ne disait sûrement pas cela innocemment et la jeune femme sentit ses gardes se hérisser alors qu’elle le dévisageait, cherchant la faille, ou la traduction de son chantage éloquent. Et même le bouquet qu’il sortit de sous la table – à défaut d’un chapeau de magicien qu’elle n’aurait pourtant pas été étonnée de voir surgir, tant toute cette situation était absurde – ne parvint pas à la distraire et à détourner son attention du visage du fauteur de trouble. Elle lui adressa un regard menaçant, comme si elle pressentait déjà l’origine d’une telle remarque. Interloquée, ne sachant si elle devait pleurer ou rire devant cette scène, Harlow fixa Oscar comme s’il avait perdu la tête. Et voilà qu’il prenait un air solennel complètement idiot, la main sur le cœur, pour lui déclamer quelques vers qui sonnaient comme un sort qu’il aurait cherché à lui jeter.
- Mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? gémit-elle en détournant ses yeux effarés pour contempler la table dressée. Je dois divaguer, ça n’est pas possible autrement. Ce doit être la fièvre.
Et comme pour s’en assurer, Harlow pressa sa paume contre son front brûlant. Oui, ce devait être la fièvre qui la faisait délirer. Mais quel esprit malade devait-elle avoir pour qu’il fasse se matérialiser un Oscar poète et cuisinier ? Ignorant le bouquet offert et le sourire faussement mièvre, Harlow se releva péniblement et repoussa Oscar pour l’écarter de son chemin.
- J’ai dit que je voulais bien diner avec toi si tu me laissais tranquille après. Je n’ai pas dit que j’avais envie de subir tes conneries. Si c’est pour jouer les jolis-cœurs – ce qui ne te va pas du tout, au passage – tu peux directement prendre congé et aller voir ailleurs si j’y suis.
Abandonnant la table et son hôte imposé, Harlow se dirigea vers la cuisine et s’arrêta sur le seuil pour contempler le capharnaüm qui y régnait d’un œil hagard. Elle jura entre ses dents mais ne se sentit pas la force de lancer une nouvelle couche d’insultes à l’intention d’Oscar. À la place, elle poursuivit son chemin jusqu’à la chambre plongée dans la pénombre, dont elle referma la porte avant de se diriger en tâtonnant vers le lit. Elle laissa ses chaussures au pied du lit et grimpa à quatre pattes sur les couvertures qui lançaient un chant bien plus mélodieux que le poème médiocre d’Oscar. Il ne lui fallut que quelques gestes mais ceux-ci lui demandèrent une énergie folle et quand elle parvint enfin à rabattre la couverture sur son corps frissonnant, Harlow eut presque l’impression que c’étaient les bras maternels qui l’enlaçaient et la berçaient. Mais l’illusion ne dura qu’un temps et quand un rai de lumière filtra dans l’interstice de la porte, annonçant l’approche d’Oscar, Harlow se tourna vers l’entrée et plissa les yeux en observant la silhouette à contre-jour.
- Qu’est-ce que tu espères, au juste, Oscar ? Tu crois vraiment que c’est comme ça que tu vas arriver à m’amadouer ? Flash news : tu te trompes sur toute la ligne.
Il y avait une sorte d’abattement dans sa voix et elle en avait parfaitement conscience. Elle ne savait pas plus pourquoi elle posait une question dont elle savait que la réponse serait au mieux moqueuse, au pire nébuleuse.

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