I'm sorry, I know that I let you down.


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Arielle Adler
BILLIE ADLER

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INSCRIT LE : 11/09/2017
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MessageSujet: I'm sorry, I know that I let you down.   Dim 12 Nov 2017 - 17:13

Sortir de chez elle sans avoir à en justifier à quiconque était quelque chose d'encore étrange pour Arielle. D'étrange, mais qui commençait à devenir exaltant. Elle ressentait cette petite pointe de vitesse, dans les battements de son palpitant, comme si elle franchissait un interdit. Et d'une certaine manière, c'était le cas. Elle se sentait comme une prisonnière qu'on avait enfin laissé sortir de prison, un animal en cage qu'on laissait enfin tester au plaisir de l'herbe fraîche sous ses pattes. Timide, voire même peureuse, Arielle n'osait pas encore prendre ses aises. Hormis les sorties qu'elle était capable de justifier à Xavier sans avoir à s'en inquiéter, la jeune femme évitait de trop en profiter. C'est qu'il ne fallait pas qu'elle y prenne goût : elle ne voulait pas avoir à lui demander pardon, s'il revenait mais surtout, elle ne voulait pas le blesser et elle ne savait que trop, comme il serait contrarié. Elle ne sortait que quelques minutes à la fois, faisant un détour en rentrant des courses, ou de sa journée de travail. Ca, elle pourrait toujours le justifier, et puis, elle ne se sentirait pas coupable à chaque pas qu'elle ferait. Ainsi, elle n'aurait pas à justifier de devoir s'éclipser rapidement d'une conversation, ni même à sentir son estomac se tordre, ses remontées gastrique lui brûler l'oesophage. Elle n'était pas à la hauteur, Arielle. Ces choses-là, elle ne savait pas comment les gérer. Bien trop peureuse, pour ça. Bien trop gauche. Elle soupire, alors qu'elle met les pieds dans cette boutique de vêtements. Elle ne l'a pas fait depuis des lustres – pas seule, en tout cas. Xavier a toujours eu le choix de ce qu'elle portait ou ne portait pas, à dire vrai. Mais ce n'était pas plus mal – Arielle était certaine de ne pas renvoyer une image qu'elle ne voulait pas renvoyer, mais aussi d'être à la hauteur de son époux. Maintenant qu'il n'était plus là, Arielle s'en voulait encore plus. Elle aurait dû à la hauteur, elle aurait pu faire mieux. Elle aurait dû pouvoir le rendre heureux. Et c'est peut être pour ça qu'elle a à peine le temps de faire demi-tour, qu'elle ait déjà sorti du magasin. Elle n'a pas pris le temps d'admirer les tissus devant elle, ni d'avoir un coup de cœur pour une étole ni même une chemise. Elle soupire de mécontentement mais la réalité est qu'elle est surtout soulagée. Arielle ne ressent plus cette étau autour de son cou, ses côtes semblent être un peu plus espacées et non plus sur le point de perforer l'un de ses poumons. Son estomac se détend, mais s'il continue de la brûler, comme pour lui rappeler les conséquences de ces transgressions. Elle se plaque contre le mur, pour se forcer à respirer normalement et reprendre ses esprits. Elle s'accorde encore quelques secondes, et puis, elle rentrera chez elle, là où Xavier ira la retrouver, s'il revient. Ou plutôt, quand il revient. Parce que malgré ses défauts, il ne l'aurait jamais laissé comme ça sans excellente raison, et n'aurait jamais osé ne pas revenir. N'est-ce pas ? Quand elle reprit enfin des forces, elle se redressa et la tête baissée, elle tourna à droite pour retrouver sa voiture. Malheureusement, elle n'avait pas remarqué qu'une personne était droit devant elle, et lorsqu'elle percuta cette personne, Arielle ne s'attendait certainement pas à tomber sur son ancien ami, Manfred. Tout rouge, tant de gêne d'avoir percuté quelqu'un que de retrouver Manfred dans ces circonstances, elle l'observa quelques secondes sans rien oser dire. Elle souffla doucement, et hésita à faire demi-tour avant de se résoudre à se comporter comme une adulte : « Je suis désolée, Manfred. » Mais elle avait tellement de raisons d'être désolée... Elle soupira de gêne, et continua, comme si de rien n'était : « Comment tu vas ? » C'était le plus simple. Parce qu'elle ne savait pas par où commencer, et parce qu'ils ne pouvaient de toute façon pas recommencer comme avant... Quand Xavier reviendrait, il n'apprécierait pas plus son ami qu'il ne l'avait apprécié auparavant...
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Manfred Fisher

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CRÉDITS : lux

INSCRIT LE : 04/06/2017
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MessageSujet: Re: I'm sorry, I know that I let you down.   Mar 28 Nov 2017 - 21:02

Depuis l'avènement de ces fameuses disparitions, Manfred avait l'impression de régresser. Pas à titre personnel, lui s'en sortait plutôt bien, mais dans l'accompagnement de ceux qui en avaient tellement besoin. En l'espace d'un instant, les demandes étaient devenues trop nombreuses pour que les équipes habituelles puisse toutes les gérer. Manfred avait toujours considéré qu'il n'était pas essentiel, juste un parmi tant d'autres dans la fourmilière, mais il se sentait complètement dépassé. Il comprenait les doutes et la souffrance que ces disparitions avaient engendré, mais il n'était pas en son pouvoir de les effacer. Il l'aurait volontiers fait, si seulement il l'avait pu, mais il n'était pas plus malin que les autres et se retrouvait à devoir gérer au plus urgent alors que tout l'était. D'un seul coup, toutes les causes s'étaient mêlées pour ne faire qu'une. Il ne fallait plus venir en aide aux femmes, à la jeunesse LGBT ou à la communauté afro-américaine de la ville, mais au genre humain dans toute sa globalité. La somme de travail en était évidemment devenue monstrueuse et Manfred en avait fait d'autant plus d'exceptions. Il se sentait toujours obligé de prendre un dernier appel, d'accepter un dernier rendez-vous, de répondre à un dernier mail, encore et encore. Ses réponses lui semblaient vides mais elles arrivaient à panser une partie du mal, et il lui fallait s'en contenter. Comme tous les autres, il ne savait pas quoi dire. Ni mentir en prétendant que tout allait s'arranger et que tous les disparus allaient finir par revenir, ni remuer le couteau dans la plaie en affirmant qu'aucun retour n'était à espérer. Il ne savait pas quoi dire, comme il ne savait pas quoi en penser. Il ne croyait pas à l'intervention d'un corps céleste, pas plus qu'il ne croyait au hasard ou à une manifestation de masse d'une vie extraterrestre. Etre à ce point dans le doute avait au moins le mérite de laisser une chance à tous les possibles, ce qu'il ne manquait pas de rappeler dès qu'il manquait d'arguments. Tant que l'on n'était sûr de rien, tout pouvait arriver, et tous les espoirs pouvaient devenir réalité, laissant à chacun le soin d'y ranger ce qu'il préférait. Il avait d'ailleurs passé une bonne heure à essayer d'en convaincre une vieille dame dont on lui avait un jour basculé l'appel et qui, depuis, le rencontrait chaque semaine autour d'un café et d'une part de tarte. C'était notamment avec elle que Manfred avait le plus l'impression de régresser tant il se retrouvait à devoir rabâcher les mêmes arguments. Elle le quittait à chaque fois en lui laissant l'illusion qu'elle était prête à aller de l'avant et puis le rappelait quelques jours plus tard, toujours aussi perdue et perturbée par cette histoire dont elle ne comprenait rien... Manfred savait que ce n'était pas de la mauvaise volonté de sa part et n'avait pas le coeur à la repousser lorsqu'elle revenait vers lui, pour la énième fois. Et, lorsqu'elle le prenait dans ses bras au moment de le quitter, il lui arrivait de penser qu'il finirait probablement par y laisser sa santé mentale mais qu'il ne changerait d'activité pour rien au monde. Il était constamment fatigué et n'avait pas eu de journée off depuis une éternité, mais il préférait plutôt que se ranger et laisser le chaos ronger ceux qui n'avaient pas la force de s'en sortir par eux mêmes. Il avait besoin de croire que le monde pouvait être changé et qu'il avait une place dans ce grand bouleversement. Il ne savait pas encore laquelle mais il voulait agir en ce sens, qu'importe les sacrifices que cela pourrait impliquer. Il avait déjà cédé sur tant de domaines que le reste n'importait que peu. Du moment qu'il restait intègre, ça allait. Il savait qu'il ne l'avait pas toujours été, comme la silhouette si familière d'Arielle le lui rappela, fantôme de ses erreurs passées que, pour une fois, il n'eut pas le temps d'éviter. Il aurait probablement changé de route en la voyant de plus loin, comme il le faisait généralement, mais il se contenta de se redresser et de la regarder. Elle avait l'air d'aller bien, mieux que la dernière fois où ils s'étaient parlés en tout cas, et il vérifia machinalement si Xavier ne se trouvait par à proximité. Bien et - et toi ? Cela faisait bien longtemps qu'il ne savait plus comment se comporter naturellement avec Arielle, le moindre geste pouvait être mal interprété par son mari avec diverses conséquences auxquelles il préférait ne pas penser. C'était lâche, et c'était justement parce qu'il en avait conscience qu'il l'avait essayé de l'éviter ces dernières années, mais il sentit quelque chose de différent chez son amie et s'enhardit. Tu as l'air en forme. Ca fait plaisir à voir. Bien plus qu'il ne le laissait entendre mais il avait appris à rester prudent, sachant à quel point Xavier pouvait se montrer inventif lorsqu'il s'agissait de briser ceux qui lui étaient chers. Pour autant, il n'avait pas l'air d'être là, comme cet air apeuré que Manfred avait fini par considérer comme familier chez Arielle. Tu es seule ? Je ne vois pas ton mari... Mieux valait pourtant s'assurer tout de suite de sa position, ne serait-ce que pour ne pas commettre d'impairs par la suite.

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