you never know what happens behind closed doors


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Sterling

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CRÉDITS : merenwen

INSCRIT LE : 30/05/2016
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MessageSujet: you never know what happens behind closed doors   Ven 3 Nov 2017 - 23:23

Sterling prit le temps d’étudier la liste des livraisons pour en élaborer un ordre stratégique qui lui permettrait d’effectuer l’ensemble en un temps record et ainsi satisfaire les clients comme les Flaherty. Parce qu’un client heureux était un client qui commanderait à nouveau chez le petit traiteur. Le jeune clone connaissait la ville comme sa poche, l’ayant parcourue en long et en large au fil de ses tournées, découvrant des raccourcis et des passages secrets qui lui faisaient gagner un temps considérable. Il reconnut des noms familiers et, d’autres, qui lui étaient complètement étrangers. Non pas que ça change quoi que ce soit à sa façon d’effectuer son travail mais il aimait visualiser les visages de ces gens qu’il avait appris à connaitre, au fil des livraisons, même si, la plupart du temps, ça ne se bornait qu’à des échanges polis et plutôt distants. Sterling ne savait pas si ça avait avoir avec son statut de clone ou si c’était tout simplement la façon dont les gens interagissaient, mais il se voyait mal le demander. Tout ce qu’on lui demandait, après tout, c’était de faire son travail convenablement et il s’en acquittait avec le professionnalisme du parfait petit employé.
Lorsqu’il eut décidé de son itinéraire, Sterling enfila une casquette aux couleurs du traiteur (avec le nom ‘stathakis’ soigneusement cousu sur l’avant, en lettres blanches sur fond bleu clair) et enfourcha son vélo. Ses jambes prirent rapidement le rythme fluide et énergique des coups de pédale et Sterling dévala les rues pour remonter les suivantes, tourna à un carrefour avec un dérapage contrôlé (il fallait bien qu’il s’amuse, à sa façon) et commença sa tournée, livrant plats après plats, d’une maison à un appartement, chez des personnes seules ou des groupes bruyants réunis dans des salons à regarder quelque obscur programme auquel le clone ne s’intéressait jamais. Toujours, il tendait le paquet, récoltait l’argent et repartait sans s’éterniser et quand, enfin, il parvint au dernier domicile, il s’arrêta devant l’immeuble pour le contempler un instant. S’il s’arrêtait là en dernier lieu, ça n’était pas innocent (il aurait pu livrer la commande une vingtaine de minutes plus tôt mais il avait tenu à garder cette adresse pour la fin) et il sécurisa son vélo avant d’entamer l’ascension des étages pour atteindre le palier d'un client devenu un habitué. Le garçon approcha de la porte close, se frotta le front d’un geste machinal pour effacer les traces de sa course effrénée, et frappa deux petits coups secs. Il perçut distinctement un grincement, dans la pièce voisine, et des pas lourds approcher lentement du seuil. Comme à chaque fois, Sterling décela les grognements inintelligibles du bonhomme isolé qui ne trouvait jamais ses clés. Ensuite, un tintement caractéristique indiqua qu’il avait dû mettre la main dessus et la porte s’ouvrit enfin sur un type à la taille bien remplie et vêtu d’un peignoir qui n’avait pas été lavé depuis un moment.
- Votre commande, Monsieur Carter, lui annonça joyeusement Sterling en lui tendant le paquet d’où émanait une délicieuse odeur. Cela fera treize dollars cinquante.
À nouveau, le client mit quelques minutes à trouver son portefeuille et il compta méticuleusement l’argent avant de le remettre à Sterling, avec ce même air soupçonneux qui ne le quittait jamais, quand bien même cela faisait au moins six mois qu’il le voyait sur le pas de sa porte.
-  Bonne fin de journée, lâcha Sterling au moment où la porte lui claquait au nez et il resta un instant figé devant le battant fermé.
Il attendit d’entendre les ressorts grincer sous le poids du propriétaire des lieux avant de tourner les talons pour retourner à son vélo. Il pressa quelques boutons sur sa montre digitale et sourit en constatant qu’il avait battu un nouveau record de rapidité et songea qu’il ne devrait pas oublier de le noter dans son carnet, quand bien même l’exploit ne lui rapportait rien sinon la satisfaction de s’être dépassé.  Perdu dans ses pensées, il faillit passer devant la porte close sans s’arrêter. Ce n’est qu’en levant la tête qu’il revint sur terre et oublia l’absurdité de ses occupations.
Parce que cette porte était différente, bien qu’en apparence, rien ne la distingue d’une autre. Elle était peinte de la même couleur que les autres – une obligation, certainement, d’uniformiser les lieux, n’avait rien d’extraordinaire ni d’extravagant si ce n’est les verrous qui l’ornaient et qui semblèrent s’être dédoublés, comme le constata Sterling en se figeant. D’un regard interloqué, le jeune homme analysa les différents loquets et il effleura ceux-ci du bout des doigts. Ça n’était pas la première fois qu’il faisait une escale sur ce palier. En réalité, il avait pris le pli de s’y arrêter quelques minutes depuis qu’il avait aperçu, un jour, une ombre glisser sous la porte, silencieuse comme un fantôme. Aussi baissa-t-il les yeux vers le sol et le fin rai de lumière qui filtrait, guettant un mouvement, n’importe quoi qui trahisse qu’il y avait un être vivant qui se trouvait de l’autre côté de la surface de bois peint.
Mais rien ne bougea et une lueur de déception voila les traits du garçon qui soupira, sans même savoir pourquoi il ressentait une telle émotion. Il fit un pas en arrière, puis deux et s’apprêtait à abandonner la partie lorsqu’un déplacement, si furtif qu’il crut l’avoir imaginé, attira son attention. Retenant son souffle, Sterling revint à son poste et approcha son oreille, comme pour guetter une respiration ou un murmure.
- Est-ce que tout va bien ?
Les mots lui avaient échappé avant même qu’il ne s’en rende compte et il fut saisi d’effroi. Et s’il venait de franchir une limite indésirable ? Jusqu’alors, il s’était contenté de glisser un feuillet publicitaire sous la porte, piètre excuse pour briser la bulle invisible qui auréolait de mystère cet appartement plein de solitude. Parfois, il avait été jusqu’à oser inclure un dessin de son cru, mais jamais il n’avait risqué de parler. Pourtant quelque chose clochait, il le sentait, sans pouvoir déterminer l’origine du malaise. S’écartant d’un pas, il jeta un coup d’œil de chaque côté du couloir, se demanda si quelqu’un l’épiait et n’hésiterait pas à rapporter qu’un clone importunait les voisins mais il ne pouvait résister au besoin de percer le silence.
- J’ai une commande pour vous, ajouta-t-il, libérant le mensonge sans réfléchir, en cherchant un nom qui identifierait les propriétaires des lieux, sans succès. Un essai gratuit du plat qui vous fait envie. Pour la maison.
Sterling grimaça. Mais à quoi jouait-il, bon sang ? Comment irait-il expliquer aux Flaherty qu’il avait promis un plat préparé à une porte close ? Faute d’inspiration, il extirpa un calepin de sa poche, en arracha une feuille et dessina rapidement une silhouette qui avait une très nette ressemblance avec lui, accroupi devant la porte, dans une position qui n’inspirait pas la méfiance, comme un gamin curieux, laissant le pendant intérieur vide. Il glissa ensuite la feuille sous la porte et se redressa. Était-ce une femme ? Un homme ? Un enfant ? Qui se cachait donc derrière la porte ? Et pourquoi avait-il la désagréable impression qu’il ou elle n’y restait pas de son plein gré ? Mais les voisins auraient dû le remarquer si quelque chose se tramait, non ? Ou étaient-ils tous aussi absorbés par leur téléviseur que Monsieur Carter ?

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