bring me to life ○ wyatt.


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Rebecca Deckard

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MessageSujet: bring me to life ○ wyatt.   Dim 22 Oct 2017 - 21:18

wyatt & rebecca.
I've been sleeping a thousand years it seems, got to open my eyes to everything
without a thought, without a voice, without a soul
don't let me die here, there must be something more.




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Elle avait fait preuve d’une patience redoutable ce matin, à compter silencieusement chaque minute avant qu’il ne quitte les lieux. Et comme si il avait compris son petit manège, il avait fait exprès de trainer le plus longtemps possible. Une chemise dont les boutons luttaient avec le tissu, une main qui trainait un peu trop sur sa hanche, et un café qui n’en terminait pas. Combien de fois avait-elle prié pour qu’à chacun de ses gestes il ne s’étouffe ou s’écroule sur le sol dans une marre de sang ? Une fin parmi tant d’autres qu’elle avait imaginé et consigné dans un des carnets qu’il lui avait offert. Il n’y avait plus que ça là dedans, des fantasmes opiacés de cette vie qu’elle prenait, et des croquis de visages de tout ces inconnus qu’elle entendait dans l’immeuble sans pouvoir les voir. Il avait d’ailleurs faillit découvrir sa cachette un peu plus tôt dans la semaine quand, perdue dans ses pensées, elle ne l’avait pas entendu rentrer. C’était le froid qui s’était immiscé dans sa chambre succédant à son arrivée à pas de velours qui lui avait mis la puce à l’oreille. Elle avait immédiatement rangé sa traitrise dans le fond d’un tiroir et feint un sourire joyeux sur ses lèvres avant d’aller à son encontre pour éviter qu’il ne vienne fouiner dans ses effets personnels. Des affaires qui en réalité n’étaient pas vraiment les siennes comme il se plaisait à le rappeler régulièrement lorsqu’il s’énervait. Ici tout appartenait à Holland, et Rebecca ne pouvait en disposer que parce qu’il le lui autorisait; des vêtements aux meubles, il n’y avait pas un centimètre carré de cet appartement qui était à elle. Pas même son corps. Ses bleus et fractures diverses pouvaient en attester, et malgré le travail formidable des médecins ‘regarde ma chérie tu es toute neuve n’est ce pas fabuleux’, les séquelles demeuraient. Surtout celles de l’esprit plus graves et à vifs que le reste. Et suite à ces récents événements, une étincelle s’était allumée dans son âme, pour peu qu’elle en ait eu une. Ça aussi, c’était compliqué. Elle se savait différente pour tout un tas de choses, mais son cerveau refusait de mettre le terme exact dessus, comme si l’admettre fut synonyme de grossièreté ou de honte. Ne lui avait-il pas répété le visage déformé par la rage qu’elle était une erreur de la nature ? Jusqu’à quel point était-ce vrai? Lorsqu’elle s’observait dans le miroir, et qu’elle effleurait sa peau du bout des doigts pour en saisir les contours et détails, elle ne voyait pas où était le problème. En revanche, LUI, en était devenu un gros, et sa docilité naturelle s’était érodée pour faire apparaitre une entité sombre qui se nourrissait de sa rancœur. La clone étouffa un soupire satisfait en le voyant (enfin) disparaitre sur le pallier, suivi du cliquetis familier des serrures qu’il fermait une à une. Telle une statue, elle resta là, immobile à attendre qu’il fut bien parti vaquer à ses basses besognes. Au bout d’une éternité, elle daigna bouger pour aller enfiler des habits plus confortables, et retourna face à la porte qui la maintenait à l’abri du monde extérieur. Une précaution pour palier à sa santé fragile et une énième excuse à laquelle elle ne croyait plus. Elle commença ce qu’elle avait prévu des nuits auparavant : sa fuite.

Elle se jeta contre le bois de toutes ses forces, pour le faire céder grâce à son poids. La douleur irradia dans tout ses muscles, mais elle ne l’écoutait pas, concentrée sur sa tâche. Là bas quelque part, la liberté l’appelait comme les sirènes qui charmaient les marins trop téméraires. Des éclats se nichèrent dans son épaule, et déchirèrent sa chemise, mais elle persista. Encore et encore, jusqu’à s’en briser les os. Mais les gonds bougèrent à peine, et lui arrachèrent des larmes de fatigue. Elle s’arrêta plusieurs secondes pour reprendre son souffle, ce n’était pas suffisant, elle allait devoir passer au plan B. Rebecca alla dans la cuisine, et farfouilla dans les placards à la recherche de n’importe quel ustensile susceptible de l’aider. Seulement voilà depuis qu’il l’avait trouvé un couteau fermement encré dans sa paume, il avait jugé bon de supprimer tout objet assimilable à une arme. A juste titre. Elle donna un coup de pied d’agacement dans une chaise, et entreprit de se débrouiller avec une fourchette pour triturer la poignée. L’acharnement paya quand une partie se décrocha, et que, d’un coup de coude elle parvint à passer les barreaux de sa prison. Elle hésita le cœur battant à tout rompre dans sa cage thoracique, puis s’élança vers l’interdit, où elle tomba nez à nez avec un de ses voisins qui la toisait avec méfiance. « Vous saignez… » Se contenta t-il de lui faire remarquer en désignant la plaie ouverte sur le haut de son bras, comme si ce fut le plus étrange dans cette apparition théâtrale - elle au milieu de décombres, les cheveux en pagaille, transpirante -. « Merci. » Elle tira la manche pour masquer la plaie, avant de poursuivre. « J’ai besoin d’aller quelque part. » Elle perçu un chuintement inaudible qui mentionnait l’asile, et le vieil homme l’invita à faire la même requête à la gardienne qui pourrait surement lui commander un taxi. Elle réitéra donc sa requête en bas des escaliers où son interlocutrice la bombarda de questions indiscrètes - plus portée sur les commérages que par la détresse de la locataire -. 'Était-elle avec Holland Wakefield ? Était-il aussi beau qu'à la télévision ? Pouvait-elle lui obtenir un autographe ? Faites attention ma pauvre enfant vous êtes blessée, vous feriez bien d'aller chez un médecin' Des futilités en comparaison à ce qui se passait juste au dessus de sa tête quasiment tout les soirs. La voiture interrompit le flot de ses babillages intempestifs, et elle monta dedans, pas sûre de savoir comment allait se passer la suite. Pour commencer : où aller ? Elle n'était jamais sortie de sa vie seule et sans lui. Elle ne connaissait qu'un seul endroit hormis son domicile : l’hôpital. Elle donna donc cette direction au chauffeur, et s'accorda un peu de répit en s'enfonçant dans les sièges moelleux. De combien de temps disposait-elle avant qu'il n'apprenne son absence ? Pas beaucoup. Son bourreau avait redoublé de moyens pour la garder en sécurité, et son raffut allait nécessairement l’alarmer tôt ou tard. Elle avait besoin d'aide, il fallait qu'elle se cache, qu'on lui fournisse des papiers, ce genre de trucs qu'elle l'avait déjà vu faire sous ses yeux faussement éteints. Et elle ne connaissait qu'une personne vers qui se tourner.... L'unique qui avait témoigné ne serait-ce qu'un peu d'humanité; le garçon qui s'était occupé d'elle, et avait eu des paroles rassurantes à son attention. Voilà qui elle allait voir. « Voilà ma petite dame. Ça vous fera 20 dollars. » Elle lui tendit un des colliers qu'il lui avait offert pour leur anniversaire, et s'excusa gauchement en descendant du véhicule à une poignée de mètres de l'édifice à l'odeur aseptisée. Les murs blancs la firent frisonner - elle avait appris à les aimer cependant, car ils lui avaient offert un échappatoire à Holland. Toutes ces salles où il n'avait pas eu le droit de la suivre avaient été son refuge, même provisoire. « Bonjour. Excusez moi je cherche quelqu'un. Un infirmier, blond, aux yeux bleus, très jeune... Il m'a soigné plusieurs fois je ne sais pas son nom... Pouvez vous m'aider ? » La secrétaire la scruta avec circonspection, haussant un sourcil inquisiteur à sa demande peu conventionnelle. « Nous ne sommes pas dans une auberge de jeunesse Mademoiselle... Est ce que vous êtes blessée ? » Ses poings se fermèrent le long de sa cuisse, et elle se détacha de son emprise pour tâcher de le trouver par elle même. En vain. « Mademoiselle ? » Elle secoua la tête, et montra du menton sa blessure à la chair retroussée. « Oui. Là. Maintenant est ce que vous pouvez l'appeler ? » La vieille dame esquissa une moue écœurée, et pianota sur son téléphone d'un air agacé. « Allez attendre là bas, vous n'êtes pas toute seule. » Rebecca s'éloigna dans un coin comme indiqué, les yeux rivés vers la sortie à guetter l'apparition subite de Holland qui viendrait écourter sa cavale.

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Wyatt Ansley

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MessageSujet: Re: bring me to life ○ wyatt.   Sam 25 Nov 2017 - 14:43

La vie de Wyatt, elle tournait comme une roue bien huilée sur une route sans aspérités. Elle filait sans heurts, mécanique. Ennuyeuse. Ses rituels se succédaient tout au long de la journée, de la semaine, du mois, de l’année. À quand remontait donc le dernier instant d’inattendu (à défaut de folie) ? À pas si longtemps, en réalité, mais ça n’avait été qu’une petite bosse, une interférence qui ne se répéterait pas. Qui n’avait pas lieu de se répéter, en tout cas, raison pour laquelle Wyatt avait rangé la rencontre avec le clone dans un coin de sa mémoire, avec la ferme intention de ne plus y revenir. À quoi bon essayer d’analyser la situation ? À quoi bon se poser des questions ? Elle était un clone, elle était la propriété de quelqu’un et il n’y avait rien qu’il puisse faire à ce sujet et ce quand bien même elle lui avait explicitement demandé de l’aide, le suppliant du regard. Cette petite bosse, en attendant, elle avait perturbé le jeune chercheur tout le restant de la journée, et même celles qui avaient suivi. Il n’avait pu ôter de son esprit l’image de cette détresse qui continuait à le hanter s’il se laissait submerger par la culpabilité. Alors, en réponse, le jeune homme s’était abruti de travail, pour ne plus avoir à penser à rien et surtout pas à quoi que ce soit qui ne touche pas à sa thèse et ses recherches, passant toujours plus de temps à l’hôpital et devant son écran, à paraitre le plus concentré possible, histoire de dissuader quiconque de venir l’importuner. Il était hors de question qu’il aille à nouveau fourrer son nez dans des affaires qui ne le regardaient pas.
Il était donc arrivé tôt ce matin-là, de son pas hâtif mais distrait, après s’être contenté d’un petit-déjeuner frugal. Il avait croisé les infirmières de nuit qui s’apprêtaient à être relevées par celles du matin et les avait brièvement saluées d’un petit coup de menton, conscient de leurs regards un peu moqueur. Elles devaient sûrement le considérer comme un geek puissance 1000, dépourvu de vie sociale, évidemment, et elles n’avaient probablement pas tort sur ce point. Il avait pourtant une famille : des parents aimants, des frères un peu bruyants qui ne comprenaient pas son intérêt exacerbé pour la science et son avancée. Les quelques fois où il avait essayé de leur expliquer ce qu’il ‘fabriquait’ (leur mot, pas le sien) exactement, ils s’étaient mis à bailler exagérément et il avait fini par se taire, leur opposant un silence boudeur quand ils prétendaient plaisanter, qu’ils l’écoutaient vraiment, cette fois. Jamais Wyatt ne reprenait la parole. À côté de cela, il n’avait pas de petite amie, certes, mais la dernière en date remontait à plusieurs années, quand il était à l’université et, elle aussi, malgré son attachement, avait fini par abandonner tout espoir qu’il lui trouve plus d’intérêt qu’à ses études. Wyatt n’avait pas cherché à la retenir. Pour le reste, il ne sortait pas, n’avait jamais eu beaucoup d’amis et n’avait pas arrangé son cas avec le temps. Désormais, le garçon ne vivait que pour son travail et en oubliait que la vie poursuivait son cours, sans lui, d’une certaine façon. Cela ne l’empêcha pas de reprendre son rituel quotidien : accrocher sa veste au portemanteau, allumer son ordinateur, relire ses notes de la veille pendant que celui-ci se mettait en route, élaborer un plan de recherches pour le jour même, raturer certains passages, surligner d’autres, attraper un biscuit puis porter un regard vitreux sur l’écran pour analyser en détail les produits de ses recherches de la veille. Quant à savoir pourquoi la génétique n’intéressait visiblement que les propriétaires de Pairidaeza, Wyatt l’ignorait mais c’était précisément la raison pour laquelle il avait toujours axé ses efforts dans l’unique but de rejoindre ces spécialistes qu’il admirait depuis son adolescence et parmi lesquels il évoluait désormais, même s’il ne se sentait pas leur égal pour autant. Loin de là, même.
Imperméable au brouhaha familier de l’hôpital (les conversations étouffées, les roues mal huilées des chariots, les sons émis par les machines, les mouvements de précipitation inévitables), Wyatt resta cloitré dans son bureau pendant plusieurs heures sans qu’on ne vienne l’interrompre (à l’exception d’une fois, quand une infirmière était venue lui apporter un café qu’il n’avait pas demandé mais qu’il avait accepté poliment, d’un sourire embarrassé). D’ici la fin du mois, il faudrait qu’il présente à son supérieur le fruit de ses recherches jusqu’à présent. Il faudrait qu’il passe plusieurs jours à affiner les explications, à référencer les éléments qui en étaient ressortis, à ébaucher la suite et exprimer ce qu’il entrevoyait comme résultat final. Il était toujours angoissé à l’approche de ces entretiens mais c’était inévitable pour espérer continuer à progresser et, jusqu’à présent, cela lui avait plutôt réussi. Alors si ne pas avoir de vie en dehors du boulot était le prix à payer pour faire ce qu’il aimait, Wyatt ne s’en plaignait pas. Il n’avait d’yeux que pour son écran et ne perçut donc pas l’agitation dans le couloir. Ou plutôt, il n’y prêta pas la moindre attention, puisque cela arrivait souvent. On était dans un hôpital, après tout, même s’il était singulier, il avait lui aussi son lot de stress, ses pics d’angoisse. Il persista à ignorer les pas rapides jusqu’à ce que la porte s’ouvre et qu’une infirmière déclare :
- Wyatt ? Je pense que quelqu’un te cherche.
- Qui ça ? demanda-t-il distraitement.
Il ne voyait pas trop qui pouvait le demander. Son promoteur était en réunion dans l’une des tours – peut-être même avec monsieur Delenikas – il l’avait averti le jour avant.
- Une jeune femme te réclame.
Le jeune chercheur se figea, fronça les sourcils en quête d’une femme qui pourrait le réclamer mais il doutait que son ex petite amie cherche à le joindre. Depuis le temps qu’ils avaient rompu, elle aurait eu tout le temps de le faire. Et il ne voyait personne d’autres, sa mère n’étant pas ce qu’on pouvait qualifier de ‘jeune’.
- Elle me réclame, moi ? Tu en es sûre ? osa-t-il ajouter, sans cacher son scepticisme et en se tournant sur sa chaise, parce que ça ne se faisait pas de tourner le dos à un interlocuteur.
- Un infirmier blond, aux yeux bleus, très jeune, répliqua-t-elle comme si elle récitait une liste de courses. Je pense connaitre tout le personnel de cet hôpital, depuis que j’y travaille, et tu es à peu près le seul qui réponde à cette description.
Wyatt faillit rétorquer qu’il n’était pas infirmier mais la réalisation de l’identité de celle qui pouvait demander après lui le coupa dans son élan et il resta muet.
- Wyatt ? insista l’infirmière, trahissant une certaine impatience.
Le jeune homme déglutit avec peine, réfléchit quelques secondes supplémentaires, puis opta pour la lâcheté, s’armant toutefois d’un ton ferme pour faire partir sa collègue :
- Il doit y avoir erreur. Je ne connais aucune jeune femme et je ne vois pas pourquoi on me réclamerait.
Et il se tourna vers son écran, pour bien montrer qu’il n’avait aucune intention de se lever de sa chaise. Il perçut clairement la réponse de l’infirmière (‘je sais pas pourquoi, ça m’étonne pas, tiens’) mais feignit de n’avoir rien entendu. Il avait de toute façon l’esprit trop encombré par les images qui lui explosaient à la figure et son cœur qui battait comme un fou trahissait son émoi. Il espérait qu’elle accepterait le message, ou qu’on la conduirait ailleurs. Il ne pouvait rien faire pour elle. Il n’était ni infirmier, ni médecin. Il ne voyait pas ce qu’elle attendait de lui. Et il se trouva une bonne centaine d’excuses pour justifier sa conduite mais aucune qui n’abatte le souvenir du regard implorant du clone. Wyatt ferma les yeux et, se maudissant d’avance, se leva précipitamment. Il courut dans le couloir, cherchant l’infirmière du regard et finit par tomber sur elle au moment où elle annonçait à la patiente qu’on ne l’avait pas trouvé.
Le regard de Wyatt accrocha la silhouette de la jeune femme et il constata avec horreur qu’elle était dans un état épouvantable. Qu’avait-il pu arriver, cette fois ?
- C’est—c’est bon, je m’en occupe, dit-il en regrettant son balbutiement qui démontrait qu’il n’en menait pas large. Le professeur m’a parlé de son dossier, ajouta-t-il, sans savoir d’où venait ce mensonge.
Il fit signe à l’inconnue de le suivre, s’efforça d’ignorer le regard étrange de l’infirmière, et tourna les talons, son cerveau fonctionnant à tout allure pour trouver un moyen de se dépêtrer de cette situation.
- Par ici, dit-il en désignant une porte qui donnait sur une petite salle d’auscultation.
Et dès qu’elle fut entrée, il se glissa à sa suite et ferma la porte pour s’y adosser avec un soupir. Il n’était pas sûr que ses jambes le soutiennent bien longtemps et il tira donc un tabouret vers lui et s’y assit avec le sentiment terrible d’avoir fait une erreur. Mais peut-être qu’elle l’avait juste trouvé gentil, qu’elle cherchait un visage rassurant, rien qui ne mette en péril son équilibre bien rôdé.
Alors pourquoi avait-il le pressentiment qu’il venait de prendre une décision, bien malgré lui, qui allait changer le cours de son existence ?

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Rebecca Deckard

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MessageSujet: Re: bring me to life ○ wyatt.   Sam 6 Jan 2018 - 13:34

Ses yeux pales sans vie fixaient le sol blanc avec un intérêt démesuré, tandis que le temps s’écoulait lentement. Immanquablement, ses pensées étaient toutes pour Holland… Qu’allait-il faire en voyant qu’elle s’était enfuie ? Était-il déjà au courant ? Elle l’imagina derrière son bureau, un téléphone à la main en train de hurler sur son personnel pour qu’ils s’empressent de la retrouver. À moins que pour cette occasion particulière, il décida de prendre les choses en main tout seul. Rebecca ignorait ce qui était pire ; elle frissonna… L’hôpital n’était pas réellement la destination idéale pour se cacher. Mais elle ne connaissait que ça hormis l’appartement… Et puis elle était blessée, il fallait au moins qu’on la soigne pour qu’elle puisse reprendre sa route. Ses mains se nouèrent sur ses genoux tremblants, et elle scruta les alentours avec paranoïa, la crainte au ventre de le voir débarquer à n’importe quelle seconde. Sa vie serait-elle comme ça désormais, à osciller entre la peur et la survie ? Peut-être ; peut-être pas. Mais c’était sans doute mieux que ce qu’elle avait eu là-bas, prisonnière de quatre murs, sans utilité aucune hormis contenter cet homme qu’elle aimait – avait aimé – avant de le détester. D’ailleurs, qu’allait-elle faire maintenant qu’elle était libre ? Ca paraissait tellement irréel et pourtant de nombreux rêves lui parurent soudainement accessibles… La mer… Voilà où elle irait pour commencer. Ensuite… Ensuite elle chercherait un emploi, car n’était-ce pas comme ça qu’il fallait s’occuper ? Mettre au service de la société ses maigres facultés pour espérer recevoir une rémunération (sommaire) en échange ? Toutefois, en quoi était-elle douée ? Le dessin ? La cuisine ? Comment le savoir ? Trop de questions, beaucoup trop de questions. Et pas l’ombre d’une réponse. Il lui semblait qu’il fallait d’abord qu’elle découvre son origine afin de parvenir au reste. Étape par étape avait-elle lu une fois dans un ouvrage, alors elle ferait comme ça, en demandant de l’aide à ce garçon au visage sincère, croisé par inadvertance des mois plus tôt. Le pas léger de la secrétaire – au combien différent de son geôlier – la fit cependant sursauter quand elle arriva à sa hauteur. Ses traits se plissèrent de dégout quant à la blessure hideuse qui ornait son bras, et qu’elle n’arrivait pas à quitter du regard. Le propre de l’humain : être fasciné par le morbide. De son côté, Rebecca, elle, ne sentait rien, insensible à cette douleur-là, et davantage blessée à l’âme qu’à la chair. « Je suis désolée mais la personne que vous cherchez n’est pas là. Peut-être que je peux vous trouver quelqu’un qui – » Elle n’eut pas le loisir de poursuivre, puisque la raison de sa venue ici arrivait sur ses talons, l’air complètement à l’ouest, et probablement pas prêt à un tel spectacle. « C’est—c’est bon, je m’en occupe » Malgré elle, ses épaules se relâchèrent doucement ; l’idée de quitter ce hall trop fréquenté n’était pas pour lui déplaire. Dans le dédale de couloirs et de salles, elle serait plus difficile à dénicher… en théorie. Holland avait tellement de moyens que rien n’était impossible. Jamais. Elle l’avait vu à l’œuvre à maintes reprises par le passé : plier à sa guise son entourage et ses interlocuteurs était un exercice dans lequel il excellait. Or, elle le voyait assez facilement prendre le dessus sur celui qu’elle considérait actuellement comme un potentiel sauveur, une sorte de brindille élancée que le vent aurait plié en deux. « Le professeur m’a parlé de son dossier. » La voix était plus claire, moins hésitante, ça la rassura légèrement. La clone se leva pour le suivre, sans prononcer un traitre mot, ses prunelles grises fixées sur le dos de l’infirmier, dont les omoplates bougeaient sous la tunique blanche.  Presque comme les ailes d’un ange songea-t-elle, un sentiment renforcé par ces cheveux blonds qui lui rappelaient les peintures italiennes de la renaissance. « Par ici » Ils pénétrèrent dans une pièce microscopique, qu’elle scruta un instant par réflexe en cherchant les issues, ainsi que n’importe quel objet susceptible de devenir arme en cas de besoin… Étrange… C’était nouveau comme sensation, vouloir se défendre contre une présence, voire tuer cette dernière… Des concepts vagues autrefois qui prenaient un sens différent aujourd’hui. Ses doigts effleurèrent la surface froide et glacée d’une planche métallique qui trainaient sur le rebord d’un meuble, et elle se retourna pour lui faire face. Il avait peur… D’elle ? De Holland ? D’autre chose ? Impassible, elle l’observa s’asseoir sur le tabouret, en capturant chacun des détails qui le constituaient. Une tâche sur le bout de ses phalanges, un grain de beauté sur la joue, le revers d’une manche froissée, et des traces de fatigue sous ses paupières. Elle s’avança prudemment vers lui, à la manière d’un félin, mais s’arrêta à quelques mètres devant une barrière invisible. « J’ai besoin d’aide. » Finit-elle par prononcer d’un ton aguerri, plus sur que lors de leur dernier tête à tête. « Pour ça.. » Elle montra sa plaie tâchée de sang écarlate tout juste sec et poursuivit. « … Et pour le reste. Je me suis enfuie de chez l’homme que vous avez rencontré l’autre fois. C’est lui qui m’a fait ça – me faisait ça – il me frappait. Il m’a dit que j’étais spéciale, il appelait ça de l’amour... mais... J’étais je crois, sa prisonnière. Je voudrais savoir qui j’étais avant ça. Où j’étais... Ma famille ? » Ses paroles restèrent en suspend un instant, et ses sourcils se froncèrent par automatisme, comme si une pièce du puzzle lui échappait. Ses souvenirs lui faisaient défauts, lointains et inaccessibles : il y avait Holland, et avant ça, le néant. « Est-ce que vous pouvez faire quelque chose ? » L’ombre fugace de l’enfant qu’elle aurait pu être dans une vie parallèle glissa sur elle telle une cape invisible floutant son  âge véritable. Elle se sentit subitement gauche maladroite et certainement pas à sa place. Mais en avait-elle une justement, de place ? Y avait-il un seul endroit sur cette planète où elle pourrait se fondre sans faire tâche ? La réflexion fit naitre des ridules sur son front si lisse, où une rare cicatrice subsistait en forme de y à l’envers. « Rebecca. Je m’appelle Rebecca. » Un murmure qui lui brula la gorge et les poumons. Elle n’avait jamais apprécié ce prénom, qu’elle trouvait banal, insipide, y compris dangereux lorsqu'IL le prononçait. Mais guidée par un élan primitif, il lui avait paru normal de se présenter auprès du garçon, c’était parait-il d’usage, et un moyen de briser cette relation d’inconnu à inconnu.

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Wyatt Ansley

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MessageSujet: Re: bring me to life ○ wyatt.   Sam 13 Jan 2018 - 16:51

Wyatt n’avait jamais menti de son existence. Jamais. Peut-être était-ce la raison pour laquelle il avait l’impression que son cœur allait exploser, comme si, en énonçant un fait qui n’était pas une vérité, il avait maudit son muscle cardiaque qui en était réduit à devenir une bombe à retardement qui allait s’autodétruire d’une minute à l’autre. Ce qui était parfaitement ridicule, il le savait. Au pire, il faudrait qu’il use de son imagination (qui était loin d’être débridée) pour trouver une parade et expliquer son geste improbable. Pourquoi, en effet, avait-il prétendu connaitre le dossier du clone ? Qu’espérait-il accomplir, au juste ? Même lui l’ignorait à cet instant précis. Il avait simplement été mû par un instinct (visiblement pas de conservation, sinon il serait resté bien sagement dans son bureau) et avait lâché le premier truc qui lui traversait l’esprit. Il savait, pourtant, qu’il ne pouvait pas aider le clone : de par sa condition, elle était vouée à obéir, à être la propriété d’Holland Wakefield, et ce peu importe les sentiments de Wyatt à ce propos. Sentiments qu’il s’était bien gardé d’analyser ces derniers jours, d’ailleurs. À la place, il avait repoussé les images de la jeune femme à chaque fois qu’elles essayaient de s’insinuer dans son esprit. Cette histoire ne mènerait à rien, il devrait tôt ou tard la ramener à  Wakefield ou à une quelconque autorité. Mais dans ce cas, qu’adviendrait-il d’elle ? Serait-elle désactivée ? Serait-elle formatée pour oublier sa détresse ? Wyatt, s’il avait pu, se serait bien effacé de la mémoire du clone, juste pour qu’elle n’ait plus le réflexe de le chercher dans la foule, comme s’il était son seul espoir. Il n’y avait pas d’espoir pour elle, ne s’en rendait-elle pas compte ? Si Wyatt prit conscience de la tristesse de cette constatation, il ne lui laissa toutefois pas l’opportunité de s’insinuer dans ses veines. Il était bien trop perturbé par le mensonge qu’il avait énoncé pour songer aux répercussions éventuelles de celui-ci.
Pourquoi avait-il fallu que cela lui tombe dessus ? Il ne demandait rien d’autre qu’un peu de tranquillité pour travailler à sa thèse, il n’avait jamais demandé à s’approcher des clones qui traversaient l’hôpital. Pour l’instant, ils restaient des sujets assez théoriques, sur lesquels il travaillait, certes, mais il n’avait jamais été confronté à un tête-à-tête avec l’un d’eux et il s’en était très bien contenté jusqu’à présent. Et voilà qu’il avait sur le dos une clone errant qui semblait avoir enregistré son visage – et pas encore son nom, fort heureusement.
Il dut toutefois bien se résoudre à se tourner vers la jeune femme  - Rebecca, le prénom lui revint en mémoire – pour se concentrer sur elle. Il ne pouvait clairement pas la laisser sans surveillance, ni dans cet état, comme il le réalisa lorsque son regard glissa sur les plaies ouvertes. La voix du clone le tira de sa contemplation horrifiée et il leva vers elle un regard perdu. L’aider ? Comment pourrait-il l’aider ? Il n’était pas en mesure de la soigner, il n’avait que quelques vagues notions de secourisme et encore, il ne les avait jamais vraiment pratiquées. Elle serait entre de meilleures mains si elle laissait une infirmière s’occuper d’elle. Mais, instinctivement, Wyatt se douta qu’elle n’en avait pas après ses blessures – qu’elle semblait à peine remarquer, d’ailleurs, comme si ça n’était qu’un détail ou un léger inconvénient. Elle en avait après la liberté, ce qui démontrait un défaut, puisque les clones n’étaient pas supposés quémander de l’aide, à moins que ça soit programmé dans leur système et, dans ce cas-là, cela avait été fait sur requête spécifique. Il doutait que ça soit le cas de Rebecca. Pourquoi Holland Wakefield aurait-il demandé à ce que son clone puisse chercher de l’aide ? A moins qu’il ne s’agisse d’une sorte de perversion, une traque qui se répétait sans cesse, le clone qui cherchait la compassion et Holland qui surgissait de nulle part pour réclamer son bien. Ça n’aurait pas été surprenant, songea Wyatt, il avait déjà entendu ce genre d’histoire et les gens au pouvoir avaient toujours un besoin viscéral de tout contrôler, d’asseoir leur puissance sur le reste du monde. Était-ce un jeu malsain ? se demanda le jeune chercheur en contemplant Rebecca.
Celle-ci lui mit son bras en avant et Wyatt posa son regard sur la plaie avant de remonter vers le visage du clone. Bien sûr qu’elle n’était pas là juste pour son corps abimé. Il l’avait senti, d’une certaine façon, la première fois qu’elle avait tenté de l’appeler au secours et où il était resté stupidement à regarder les choses se passer devant lui. Mais il ne pouvait pas intervenir. Ça n’était pas son rôle mais, surtout, il n’en avait pas le droit. Elle était la propriété du fils d’un homme influent, elle était encore plus désespérée que n’importe quel clone lambda. Aussi Wyatt la regarda avec impuissance. Il absorba sa détresse, les mots qu’elle lâchait en toute innocence, dénonçant les sévices qu’elle avait subis et qu’elle était destinée à subir encore et encore, tant que son maitre le déciderait. Il aurait voulu fermer les yeux et se boucher les oreilles, compter jusqu’à trois et rouvrit les paupières pour voir que tout ça n’avait été que le fruit de son imagination et qu’il était en réalité toujours dans son bureau, devant son écran d’ordinateur. Mais il se contenta de baisser la tête et se massa les yeux du pouce et de l’index en réfléchissant.
- Ecoutez, Rebecca, finit-il par soupirer d’un ton las et désolé en reportant son regard sur elle. Savez-vous où vous êtes ? Ce qu’est cet endroit ?
Il eut un geste ample du bras pour désigner non seulement la pièce où ils s’étaient isolés mais également le bâtiment. Il se croyait momentanément à l’abri mais les infirmières avaient peut-être déjà appelé Wakefield pour l’avertir de la présence de son clone à la New Horizons Medical Clinic. Peut-être était-il déjà en route pour récupérer son bien. Et lui, que pouvait-il faire en attendant ? Il se trouvait démuni face à tant de détresse, sachant l’issue défavorable à Rebecca, quoi qu’il arrive.
- C’est une clinique spécialisée dans la réparation des clones, dit-il sans lui laisser le temps de répondre, pour évaluer son degré de lucidité par rapport à son statut.
Savait-elle seulement qu’elle était un clone ? C’était plutôt rare, mais il existait des clones qui n’avaient aucune idée de ce qu’ils étaient réellement. Il ne voulait pas être celui qui abattait ses illusions à coups de hache mais il se sentait acculé, il n’était pas formé à la psychologie des clones.
- Les… les clones n’ont pas de famille, souffla-t-il, la voix étranglée. Ils n’ont pas d’identité propre.
Les yeux clairs du jeune homme passèrent de Rebecca à la porte, comme s’il s’attendait à ce qu’elle s’ouvre d’une seconde à l’autre.
- Je ne peux pas vous aider, vous comprenez ? Je travaille pour ces gens. Vous n’auriez pas dû venir ici, c’est le dernier endroit où vous devriez être.
Était-ce une mise en garde ? Que lui prenait-il d’intervenir de la sorte ? Mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Il prenait un risque, surtout si la salle était sous surveillance. Comme à chaque fois, il peinait à croire que tout ceci soit réel. Rebecca était si humaine, si réelle. Il n’arrivait pas à la considérer comme un clone et c’était sûrement là son premier tort.
Mais assurément pas le dernier.

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