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Brandon Rose

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MessageSujet: ☑ only fools do what i do   Sam 23 Juil 2016 - 17:25

jax + bran
So far from typical but take my advice
Before you play with fire do think twice
And if you get burned, well, baby, don't you be surprised

robin schulz ft. francesco yates - sugar


c. summer 2002.
Il marchait le long des maisons qui se ressemblaient toutes, sous le soleil brûlant qui lui éreintait la nuque.  Il savait où il allait, mais il ne se pressait pas. Le temps des vacances, comme chacun sait, est un temps qui s'allonge à foison, surtout dans ces heures vides de l'après-midi. Bran savourait ces moments longs et paresseux où il n'attendait rien. Son sac sur l'épaule, il zigzaguait sur le trottoir pour éviter les lignes entre les dalles de béton. Il ne regrettait pas d'avoir décliné la proposition de ses parents, celle de les suivre jusqu'en Floride chez ses grand-parents. J'aimerais me préparer pour la rentrée, avait-il prétexté et sa mère avait ri sous cape, s'imaginant certainement que son fils désormais grand lui cachait une petite amourette d'été. Mais ça n'était pas le cas. Il avait rompu avec Serena quelques semaines plus tôt, tout en sachant parfaitement qu'en septembre, ils se remettraient ensemble. Il avait envie d'être libre pour l'été. Il voulait profiter des longues heures ensoleillées sans compte à rendre, sans obligations envers qui que ce soit. Et bien sûr, bien sûr, il y avait une autre raison, mais il ne la nommerait pas. Il laissait l'idée faire son chemin comme tous les étés, pour qu'elle disparaisse d'elle-même. Il ne s'en souciait pas. Il avait seize ans et pas de temps pour les choses comme ça. Au lieu de s'inquiéter, il continua de zigzaguer encore quelques mètres avant de bifurquer vers la droite pour s'enfoncer dans des bois clairsemés, qui lui apportèrent immédiatement une fraîcheur bienvenue. Déjà, les rives du lac se dessinaient derrière les pins au tronc noueux et il accéléra le pas. Mais arrivé sur la petite plage où il avait prévu de retrouver Skylar, il n'y avait personne. Aurait-il, à force de se faire désirer, trop traîné ? Peu probable. Elle était habituée à ses   promenades dilettantes et l'aurait attendu. Il ouvrit son sac et reprit le mot qu'elle lui avait glissé sa porte le matin même. Honeoye Lake, petite plage, quinze heures trente. Il regarda sa montre Quinze heures quarante. Dix minutes de retard, et elle serait partie ? Non. Elle serait sans doute encore plus en retard que lui, et il décida donc de s'installer – serviette, baladeur cd, lunettes, il avait tout prévu. Il ôta son tee-shirt et ses chaussures, et il savoura le soleil qui heurta sa peau, avant de s'allonger sur sa serviette. Il pouvait y passer des heures, à contempler le ciel et les nuages effilochés, à écouter les Black Keys et Blink-182. Il lui semblait qu'il appartenait à la grande étendue bleue plus qu'à la terre, pour une raison intime qu'il ne s'expliquait pas tout à fait. Comme une mer inversée, il s'imaginait y nager et flotter en son centre. Combien de temps passa-t-il, allongé, à moitié endormi ? Rien du tout ou une éternité, quand il rouvrit les yeux, rien n'avait changé, ni le ciel, ni la chaleur sur sa peau, ni l'absence de Skylar. Il se redressa, un peu déçu de ne pas la trouver à ses côtés, le regard pétillant, la malice au coin des lèvres. Il imaginait sa boutade, alors, la belle au bois dormant, on se réveille ? Mais rien de tout ça. A la place, le soleil qui bourdonnait et la chaleur qui continuait de monter. Bran se leva avec souplesse et avança vers l'eau tranquille du lac. Un pied après l'autre, il laissa son corps brûlant s'habituer à la fraîcheur limpide. Il se demandait pourquoi Skylar n'était pas là. Se pourrait-il qu'il y ait eu un problème ? Elle lui avait raconté certaines choses, qu'il avait promis de ne jamais dévoiler, même si ta vie en dépend, Brandon ! Il lui avait dit de ne pas l'appeler Brandon, qu'il détestait ça, que pour ses amis, c'était Bran, ah, donc on est amis ? Il avait rougi, un peu, et avait détourné les yeux en promettant de ne rien dire. Et il avait tenu sa promesse. A qui serait-il allé raconter tout ça, de toutes façons ? Personne, voilà. Il continua d'avancer dans l'eau, petit pas par petit pas, frileux. Finalement, il parvint à se glisser dans l'eau jusqu'à la taille et s'arrêta là, le temps de passer le cap fatidique du ventre. Devant lui, le lac s'étendait comme à l'infini, se confondait avec le ciel. Il n'y avait plus qu'à plonger… Mais le sentiment aigu d'une présence derrière lui entrava sa bonne volonté, et il se retourna, prêt à recevoir Skylar avec un sourire goguenard. Mais ça n'était pas son amie aux yeux de feu. A la place, un garçon un peu plus âgé, la mine indéchiffrable, les yeux d'une couleur imperceptible, un garçon qui lui coupait un peu le souffle, qui rendait ses jambes moins fortes. C'était un garçon sur lequel couraient des rumeurs, des chuchotements. Plus une ombre qu'un garçon, vraiment, car il ne restait jamais bien longtemps dans l'orbite du petit groupe d'amis que Bran et Skylar fréquentaient tous les deux, tous les étés. Peut-être parce qu'il était plus âgé ? Ou qu'il avait d'autres choses à faire, leur nature restant un mystère pour tous, même pour sa sœur. Parfois, Bran doutait de cette filiation. On n'aurait pas pu trouver plus différents que Jax et Skylar Beauchamp. Son coeur se mit à cogner dans sa poitrine. Pour une fois, il était déstabilisé. Vulnérable, presque. Et la sensation ne lui plaisait pas. « Skylar n'est pas là ? » Il avait parlé trop vite, n'avait pas dit bonjour, dévoilant ainsi la crainte cachée derrière sa question nerveuse. Elle était là, la raison de ses vacances à Mount Oak plutôt qu'en Floride, en chair et en os. Plantée devant lui, comme un chasseur face au cerf. Un silence qui lui parut infini s'écoula entre eux. « Je… J'allais me baigner, en attendant. » Comme si ça n'était pas assez évident, alors qu'il était à moitié dans l'eau et que sa serviette était étendue sur le sol. Une déflagration de chaleur submergea son corps et il savait que ce n'était pas le soleil.

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You’re in a car with a beautiful boy, and he won’t tell you that he loves you, but he loves you. And you feel like you’ve done something terrible, like robbed a liquor store, or swallowed pills, or shoveled yourself a grave in the dirt, and you’re tired. You’re in a car with a beautiful boy, and you’re trying not to tell him that you love him.

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Jax Beauchamp

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MessageSujet: Re: ☑ only fools do what i do   Dim 24 Juil 2016 - 0:09

- Allez, Jax, je t’en prie, juste cette fois ! le supplia Skylar en venant s’asseoir au bord du lit où il feuilletait un magazine, feignant d’être plus absorbé par un article que par les doléances de sa cadette. Ça te prendra quoi, vingt minutes, juste le temps d’y aller ? Trente secondes de les prévenir ? Et puis, tu pourras retourner à peu importe ce que tu fabriques tout le temps de ton côté.
Jax ignora Skylar, haussant à peine un sourcil avant de faire mine de bailler ostensiblement. Skylar pencha la tête sur le côté, plissa les yeux d’un air légèrement menaçant puis bouscula ses jambes repliées.
- Jax ! Cesse de m’ignorer ! Qu’est-ce que ça te coûte, à part un peu de temps ?
Il pouvait sentir l’impatiente grimper avec les octaves de la voix de Skylar.
- S’ils ne te voient pas arriver, ils se douteront bien que tu ne viens pas, non ? dit-il simplement en poursuivant sa lecture aveugle, ses yeux parcourant les pages sans véritablement les voir.
- Ils pourraient s’inquiéter, argua-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine. D’accord. Qu’est-ce qu’il te faudra en retour pour que tu veuilles bien me rendre ce minuscule service ?
- Minuscule ? Je croyais que tu larguais tes potes pour pouvoir sortir avec un type.
La réplique fusa et un sourire vint arquer les lèvres de Skylar qui commençait à saisir que ce n’était peut-être pas tant le fait de devoir se rendre au lac pour avertir les autres qu’elle ne viendrait pas que celui de ce rendez-vous mystérieux auquel elle se rendait. Sous ses airs d’ours grognon, Jax s’inquiétait surtout pour elle ! Toutefois, elle n’était pas naïve, elle se doutait bien que jouer les pigeons voyageurs pour elle ne l’enchantait pas davantage.
- Je te couvrirai auprès de maman la prochaine fois que tu en as besoin, promit-elle en s’agitant, remuant comme une gamine surexcitée.
Leur différence d’âge n’était pas énorme mais, parfois, Jax se sentait terriblement vieux à côté de Skylar. Ses dix-neuf ans pesaient lourd sur ses épaules.
- Bon, ça va. Qu’est-ce que je dois dire, à qui et où ? finit-il par capituler en jetant son excuse en papier à l’autre bout du lit.
Skylar poussa une exclamation ravie et s’empressa de livrer à son frère l’information capitale.
Ce qui ne tarda pas à faire regretter au jeune homme d’avoir accepté la tâche.

Jax ne se pressa évidemment pas. Il espérait un peu qu’en arrivant à proximité du lac, il verrait la joyeuse bande s’amuser sans sembler avoir remarqué l’absence de Skylar, ce qui lui permettrait de faire demi-tour sans délivrer la commission. L’heure du rendez-vous fut dépassée d’une minute, puis de dix, puis presque trente quand il arriva enfin à proximité de Honeoye Lake, qu’il ne connaissait que trop bien pour y avoir rejoint quelques types, quand les lieux étaient désertés et que plus personne ne pouvait les déranger. À cette heure, cependant, le lac devait être pris d’assaut par les habitants et vacanciers et il avait hâte de trouver les amis de sa sœur pour pouvoir retourner au plus vite à ses propres occupations. En arrivant sur les lieux, cependant, force lui fut de constater que les éventuels promeneurs avaient trouvé mieux à faire ailleurs. Seule une serviette abandonnée gisait non loin de la rive. De groupe bruyant et rieur, il n’y avait aucune trace. S’il ne voyait personne, il ferait marche arrière, sans remords, n’ayant qu’à déclarer qu’il n’y avait eu personne à qui délivrer le message, un point c’est tout. L’excuse lui paraissait parfaite et Jax s’apprêtait à tourner les talons, ayant décrété que le groupe avait dû aller ailleurs, lorsqu’il avisa la silhouette élancée qui s’avançait dans les eaux calmes du lac. L’instant d’hésitation qui le poussa à essayer d’identifier l’individu lui fut fatal. Dès qu’il reconnut Brandon Rose et son corps de jeune éphèbe envoyé des dieux, il perçut l’onde qui lui vrilla les entrailles. Il fallait qu’il s’en aille et il était déterminé à le faire, aussi discrètement que possible, lorsque Bran se retourna et l’aperçut, comme s’il avait senti sa présence. Jax serra inconsciemment les mâchoires en fixant son regard implacable sur l’adolescent avec qui Skylar passait le plus clair de son temps. À la question stupide du jeune homme – voyait-il Skylar quelque part ? – Jax n’eut aucune réaction. Ni haussement d’épaule, ni hochement de la tête. Il se contenta de rester là, immobile, comme une statue de marbre, insolite, au milieu de cette nature luxuriante aux couleurs estivales. La voix de Bran semblait mal assurée. Était-ce cela qui donna envie à Jax de rester ? De le narguer ? De le mettre si visiblement mal à l’aise ? Le silence pesant qu’il leur imposait était aussi pénible pour lui que pour l’autre, à la différence qu’il en était l’origine. Au bout d’une longue minute, il sortit un bout de papier de sa poche – celui où Skylar s’était appliquée à écrire les mots d’excuse pour ses amis – et le laissa tomber sur la serviette puis il s’éloigna de quelques pas et alla s’asseoir sur une souche penchée. D’un geste sûr, presque lent, comme s’il voulait asseoir son calme mensonger, il sortit un paquet de cigarettes et en alluma une sans quitter sa victime des yeux. Allait-il oser sortir ? Allait-il attendre que Jax daigne disparaitre avant de prendre le risque de revenir à ses affaires ? Il y avait presque un côté menaçant à la pose que prenait Jax, comme s’il était un voyou qui attendait le loser du coin qui serait forcé, tôt ou tard, de quitter son terrier. Comme un félin patient qui attendait son heure.
Mais au fond, Jax ne savait même pas ce qu’il attendait, exactement.

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Brandon Rose

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MessageSujet: Re: ☑ only fools do what i do   Dim 24 Juil 2016 - 9:50

Planté comme ça dans l'eau, ses pieds s'enfonçant lentement dans la vase, ses jambes engourdies peu à peu par la fraîcheur du lac, Bran se sentait complètement pris au piège. Entre lui et sa fuite vers la dignité se dressait de toute sa hauteur un obstacle qu'il ne se sentait pas de taille à combattre de front. Qui aurait pu ? Jax le dominait en âge, en muscle et en tout un tas d'autres choses, des choses diffuses qui ne faisaient que s'esquisser et qu'il devinait confusément, incapable de saisir qui  était vraiment cet étrange bonhomme. Il avait essayé, plus ou moins, de questionner Skylar avec une nonchalance qu'il avait espéré convaincante. A chaque fois, le sourire sibyllin de son amie l'avait poussé dans ses retranchements, lui faisant craindre que ses véritables intentions n'aient été dévoilées. Etait-ce si évident que l'intérêt qu'il nourrissait pour Jax différait légèrement de celui des autres, qui s'amusaient surtout à colporter les plus folles rumeurs, aisément corroborées par son physique imposant et sa mine patibulaire ? Un intérêt qui, il tenait à se le rappeler, était hautement fluctuant, déterminé par la présence des Beauchamp en ville. Donc ce n'était pas si grave, au final, et il relativisait aisément cet intérêt particulier. Seulement, il n'avait jamais prévu de se retrouver seul, en face-à-face. Toute cette histoire restait acceptable tant qu'elle demeurait intangible, du domaine de l'idée. Du fantasme, un mot qu'il avait lu récemment et dont il essayait encore de définir le sens complet. Lorsqu'elle se réalisait, c'était une autre histoire et Bran, qui d'habitude, ne manquait jamais d'un mot acéré ou d'un haussement de sourcils plus dévastateur que n'importe quelle tirade, se retrouva muet, tendu, dans l'attente d'une réaction de son compagnon. Réaction qui ne tarda pas à venir, aussi étrange que salvatrice. Etrange, car aucun mot ne fut prononcé, rendant la situation plus surréaliste encore. Et salvatrice, car Bran identifia immédiatement dans la lenteur calculée de ces gestes, dans ce regard implacable qui creusait dans son ventre un trou sans fin, dans la cigarette allumée, quelque chose qu'il connaissait bien : de la défiance. Et à cela, Bran savait parfaitement comment répondre : par le mépris le plus souverain. Il voulait la jouer comme ça ? Bran ne se sentait plus impressionné. Il n'avait même pas envie de savoir ce qui avait été griffonné sur le papier. Il était offusqué. Outré, même, d'un tel manque de réaction, alors que lui avait au moins fait l'effort de parler. Et à qui ? A un rustre de Louisiane, qui de toute sa vie, n'avait dû voir que marais, marécages et autres dérivés du trou puant d'où il était issu. Il haussa un sourcil arrogant en opposition au regard pénétrant de Jax, et sans prévenir, lui tourna le dos sans un mot. Ce acte de défi lui avait libéré la poitrine et il plongea aussitôt dans l'eau claire, souple et agile comme un félin. La tête sous l'eau, les algues lui caressant le corps, il se sentit investi d'une force nouvelle et s'enfonça plus profondément dans le lac. Il irait jusqu'au plongeoir, tiens ! A court d'air, il remonta vers la surface et aspira une grande goulée de chaleur moite qui contrastait avec la fraîcheur du lac. Le plongeoir flottant, situé à une vingtaine de mètres de la rive, semblait l'attendre avec ses planches baignées de soleil, et il n'était qu'à mi-chemin. Il jeta un bref regard à Jax, qui fumait toujours, mais se détourna rapidement et franchit la courte distance qui le séparait du plongeoir. Enfant, il avait passé des après-midi entières à sauter, remonter, sauter, remonter, jusqu'à ce que la nuit tombe et sa mère vienne le houspiller, allons, il est tard, tu as d'autres choses à faire, tu n'es pas un poisson, que je sache ? A chaque fois, il s'était arraché à regrets. Remonter l'échelle glissante et humide le ramena quelques secondes en enfance. Il se revoyait, encore plus blond si c'était possible, les mains écorchées, capitaine d'un bateau imaginaire qui voguait vers des horizons magiques où il était tour à tour acrobate, danseur, magicien… Aujourd'hui, ce pays merveilleux avait un nom : New York. L'année à venir était sa dernière année de lycée, et même s'il postulerait à quelques universités pour faire plaisir à ses parents, il avait une toute autre idée en tête et il comptait bien la mettre à exécution. Il se l'était juré, c'était le dernier été qu'il passait à Mount Oak. Le dernier été, certainement, qu'il voyait Jax. Assis sur le plongeoir, les pieds dans l'eau, Bran prit conscience de ce fait et ne sut pas vraiment quoi en faire. Le jeune homme était toujours assis sur sa souche, une chose qu'il trouva étrange. Il n'avait rien à faire ici, pourtant. Ils ne s'étaient jamais parlés plus de quelques secondes, et il avait ostensiblement montré qu'il se fichait bien de Bran. Alors, pourquoi rester ? Bran l'observa encore un petit moment. Si sa crainte avait disparu, pour le moment du moins, un autre sentiment chatouillait son ventre. L'anticipation. Un sourire se dessina au coin de ses lèvres et il se passa la main dans les cheveux avant de lancer, un peu à la cantonade : « Tu devrais venir ! Elle est bonne. » Sa voix était trop mélodieuse et ses yeux trop pétillants pour qu'il soit tout à fait honnête, mais ça, Jax n'avait pas à le savoir. « Enfin, si tu n'as pas trop peur. Skylar m'a dit que l'eau et toi, c'était pas trop ça. » ajouta-t-il, comme sur le ton de la confidence. Totalement mensonger, et il se dédouana en se disant que Skylar lui devait bien ça, à le planter et à envoyer son mufle de frère à sa place alors qu'ils avaient prévu de passer l'après-midi ensemble. Il continua de sourire, et s'allongea tranquillement sur le bord du plongeoir, une jambe relevée, l'autre dans l'eau, afin de profiter du soleil, et de sa petite victoire.

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Jax Beauchamp

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MessageSujet: Re: ☑ only fools do what i do   Jeu 28 Juil 2016 - 10:34

Si Jax avait su ce qui l’attendait une poignée d’années plus tard, peut-être aurait-il mieux apprécié ces moments estivaux dans la douceur de Mount Oak, loin de la pression paternelle. Mais il était à peine sorti de l’adolescence, à l’époque, il avait découvert les pouvoirs de son corps et s’amusait à en jouer plutôt que de réfléchir davantage. Et il s’agissait bien d’un jeu, celui auquel il s’adonnait à l’instant, celui qui le poussait à provoquer les autres, conscient de sa force, de sa silhouette imposante. Le freluquet qui stagnait dans l’eau était la proie idéale, sans ses amis, Brandon Rose devait se sentir bien moins à l’aise que lorsque les yeux étaient centrés sur lui. Or, des yeux étaient bel et bien concentrés sur sa personne, à ce moment, mais il n’y avait nulle émotion, nulle complicité qui en émanait. Irait-il se plaindre auprès de Skylar, plus tard, lorsqu’il aurait retrouvé la sécurité de son petit groupe ? Jax l’espérait, en un sens, ça apprendrait à Skylar à se servir de lui comme pigeon voyageur pour aller à un rencard. Pour le moment, la phase du jeu en était encore à celle où les deux adversaires se jaugeaient, silencieux, immobiles, comme s’ils se défiaient d’oser faire le premier mouvement. Or, où il était installé, Jax était plutôt bien placé. Si quelqu’un était forcé de bouger, ce serait la fleur épineuse qui pataugeait à quelques mètres de là. Un léger sourire arqua les lèvres de Jax qui s’amusa de la situation, fumant tout à son aise, loin d’être pressé de retourner à ses propres occupations, tout à coup. Mount Oak, si elle revêtait le doux vêtement de l’insouciance et des vacances, représentait un certain ennui pour le jeune Beauchamp qui devait à chaque fois s’acclimater au calme qui enrobait les lieux. En Louisiane, il avait ses habitudes, ses rituels, ici, il devait retrouver le moyen de s’occuper et s’avancer avec précaution, même si cela faisait deux étés qu’il avait découvert le paradis des caresses interdites et des rencontres secrètes et anonymes. Il avait beau connaitre les endroits qui ravissaient ses sens en alerte, il lui fallait toujours une bonne semaine avant de s’abandonner à ses besoins naturels et primitifs. Et son instinct le plus primitif était à ce moment précis parfaitement éveillé, chatouillé par le jeune ami de sa sœur. Si Skylar découvrait l’once d’intérêt que Brandon Rose faisait naitre chez lui, Jax se maudirait à jamais. Et d’un autre côté, c’était comme si l’adolescent appartenait à un autre univers, celui de Skylar, pas le sien, et qu’il n’avait dès lors pas le droit de nourrir des pensées telles que celles qui dansaient devant ses yeux en fixant le garçon qui ne savait visiblement comment réagir face à son silence. Convaincu d’y voir le côté déstabilisé du petit coq poussé en bas de son piédestal, Jax laissa le sourire faire frémir ses lèvres moqueuses. Finalement, le premier à bouger, ce fut bien l’autochtone qui tourna subitement le dos à Jax, offrant à sa vue des omoplates délicates et un coup de gamin qu’il aurait bien fait pencher en avant, juste pour pouvoir observer l’ondulation de l’épine dorsale sous la peau. Le corps de Bran disparut sous la surface de l’eau et Jax se laissa aller à émettre un ricanement qui tenait plus du grondement qu’autre chose. Il haussa le sourcil, amusé par l’attitude du jeune homme et il secoua la tête tout en continuant à fumer. Il vit le garçon se diriger vers le plongeoir qui flottait et y grimper avec l’agilité d’un petit singe.  
- Tu devrais venir ! Elle est bonne, déclara-t-il une fois installé.
Jax ne bougea pas d’un cil, persistant dans sa contemplation de prédateur patient. Il n’avait aucune intention de l’approcher, encore moins de le rejoindre. Il ne s’aventurait dans les eaux troubles du lac que lorsque la lumière s’effaçait pour faire place à la nuit et que seules les étoiles pouvaient découvrir son corps déjà trop abimé. Ça n’était rien avec ce qu’il arborerait comme dessin cicatriciel d’ici une quinzaine d’années mais c’était là les prémisses de la fin de l’innocence. Au loin, le drame s’esquissait lentement. Skylar abordait-elle les secrets familiaux avec ses amis ? Connaissaient-ils les travers du père Beauchamp ? Qu’importe. Jax se fichait pas mal de ce que l’on pouvait penser. Il se fichait moins, par contre, d’afficher ces fois où il avait plié sous l’autorité paternelle.
- Enfin, si tu n'as pas trop peur. Skylar m'a dit que l'eau et toi, c'était pas trop ça.
Pour seule réponse, Jax leva un doigt éloquent. Il connaissait suffisamment sa sœur pour savoir que l’argument de Bran était fumeux. Mais visiblement, l’impudent désirait jouer, sinon pourquoi le provoquerait-il de la sorte ? Jax ne savait pas d’où venait cette tendance à chercher à mettre les autres sur le qui-vive mais il devait bien admettre que ce besoin était exacerbé par le jeune homme qui suivait Skylar partout – ou l’inverse.
Il l’observa alors qu’il semblait content de sa réplique et s’allongeait sur le ponton flottant. Qu’il savoure tant qu’il le pouvait, Jax tira une dernière fois sur sa cigarette puis l’écrasa contre le tronc avant de se relever avec une lenteur exagérée. Il revint vers la serviette délaissée, l’attrapa par le coin et la secoua pour en faire tomber le bout de papier froissé. Il attrapa les quelques autres effets abandonnés puis tourna les talons pour s’enfoncer dans le bosquet qui cernait le lac, disparaissant ainsi du champ de vision de l’impudent. Il n’avait aucune intention de s’exposer au regard curieux de Bran mais il espérait bien que celui-ci comprendrait qu’il n’avait pas le choix de venir chercher ses affaires… ou de rentrer en maillot chez lui. Et pour garantir son ascendant, Jax lança les quelques vêtements en l’air de façon à ce qu’ils s’accrochent aux branches basses de l’arbre le plus proche.
Puéril ? Jax était peut-être sorti de l’adolescence mais ça ne signifiait pas qu’il était adulte pour autant.
Et puis Bran l’avait cherché.

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Dernière édition par Jax Beauchamp le Lun 17 Oct 2016 - 19:15, édité 1 fois
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Brandon Rose

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MessageSujet: Re: ☑ only fools do what i do   Jeu 28 Juil 2016 - 20:31

Au fond, il se fichait bien que Jax prenne sa provocation au premier degré ou pas. Il se sentait si bien, là, allongé sur le bois humide mais chaud, caressé par les rayons cléments du soleil, bercé par le clapotis de l'eau, qu'il n'y pensait presque plus. La présence de Jax sur la rive était comme une parenthèse dans cette bulle de sérénité parfaite. Une bulle où il pouvait être parfaitement lui-même, tout en défauts, en imperfections, en doutes, sans que la pression du regard des autres ne le force à être autre chose. Une image, un masque, une ombre chinoise, voilà tout ce qu'il était et tout ce qu'il voulait bien laisser paraître était toujours parfaitement calculé. Skylar mise à part, personne ne le connaissait vraiment et il craignait, plus que tout, de laisser échapper un indice sur ce qui passait à l'intérieur de lui. Le regarderait-on différemment, s'il expliquait à quel point il se sentait brûler de l'intérieur ? S'il parlait de cette envie d'avaler le monde tout entier, de ne pas perdre une seule seconde ? S'il avouait qu'il voulait tout voir, tout essayer, qu'il voulait trébucher et se relever et tomber encore et se perdre et briller, s'élancer, éclater en plein vol ? Il était consumé par une faim  ardente et son impatience grimpait en flèche. Il n'en pouvait plus d'être coincé à Mount Oak. Ce serait son dernier été ici, et il ne reviendrait jamais. Il avait besoin d'espace pour faire ses erreurs, loin des visages familiers qui le jugeraient, qui se détourneraient de lui. Mais en attendant, il n'avait pas le choix. Il n'avait pas le courage d'être relégué au banc des exclus du microcosme lycéen, alors il jouait les dieux intouchables en attendant de redevenir mortel. Les dieux ne sentaient rien ; ils se contentaient d'observer et lui voulait tout toucher. Toutefois, ses inquiétudes dérivèrent lentement, jusqu'à se fondre toutes entières avec le bruit de la nature environnante. Apaisé par le clapotis régulier et le chant lointain d'un oiseau, Bran rouvrit les yeux et se redressa avec lenteur. Mais quand, naturellement, il porta son regard sur la rive, la plénitude qu'il avait éprouvé quelques instants plus tôt se dissipa et laissa place à une colère noire. De ses affaires, plus une trace. Et Jax semblait s'être volatilisé comme par magie. « Mais quel... » Bran n'avait pas besoin qu'on lui souffle la réponse de l'équation, et il se jeta à l'eau avec la hargne du perdant qui ne s'avoue pas vaincu. Une fois sur la petite plage, il ne lui fut pas difficile de suivre les traces de Jax, après avoir récupéré le petit papier de Skylar qu'il lirait plus tard. Ses pas avaient laissé des empreintes dans le sable puis sur le sol dans la forêt, et au bout de quelques minutes, Bran, trempé, essoufflé, mais digne, fit face au criminel. Son calme olympien donnait à Bran l'envie peu conventionnelle mais certainement efficace de lui arracher les yeux avec les dents, mais il réussit à se contenir et balaya ses affaires dispersées d'un regard prodigieux agacement. « Et tout ceci est censé prouver quoi, exactement, Jax ? » Il accentua la dernière syllabe avec un mépris souverain, pour que le coupable comprenne bien qu'il ne comptait pas se laisser impressionner. « Que tu partages plus de cellules avec une buse qu'avec les humains ? » Ce que Bran manquait en taille, il le compensait assurément en une fierté proche de l'inconscience. « Dans ce cas, je te félicite, tu l'as amplement démontré. » conclut-il avec un haussement de sourcils significatif. Comment avait-il pu trouver de l'intérêt dans un type pareil ? Le concept de civilisation lui était visiblement inconnu. Une pointe de culpabilité lui piqua le ventre, alors qu'il se rappelait des révélations à demi-mot de Skylar, mais la vue de ses vêtements  coûteux pendus aux branches d'un arbre eut tôt fait de lui rappeler qui il avait en face de lui. Cet espèce d'énergumène n'était rien d'autre que salement siphonné, et il n'avait pas le temps de lui consacrer sa précieuse attention. Manifestant son agacement par un soupir bruyant, Bran se dirigea vers l'arbre et tâcha de rassembler ses affaires. Son pantalon et ses chaussures furent aisées à rattraper, ainsi que la serviette, mais son tee-shirt, accroché à une branche qui s'élevait, restait impossible à atteindre, même avec un bâton. Fantastique. Il n'avait donc pas d'autre choix que de grimper à l'arbre. Car il était exclu de faire à Jax le plaisir de devoir repartir à moitié habillé. Bran aurait préféré creuser sa propre tombe dans les bois plutôt que d'admettre sa défaite. Il enfila rapidement ses chaussures et s'approcha du tronc pour commencer à grimper. La danse et un goût prononcé pour l'acrobatie facilitaient la chose, mais il manquait de prises et il jeta un regard furieux à Jax. « Je suppose que tu vas admirer le spectacle ? Ne te gêne surtout pas. J'adore avoir un public. » Les prunelles bleues de Bran flamboyaient. Si ça n'avait tenu qu'à lui… Mais ce n'était pas le cas et il s'écorcha – en silence - donc les mains et les genoux contre le tronc pour se hisser jusqu'à la branche. Elle était solide et peu haute – juste assez pour qu'il ait le coeur un peu battant -, mais étroite. A nouveau, Bran foudroya Jax d'un regard meurtrier. A cause de cet imbécile, il allait se rompre le cou… Mais récupérer ce t-shirt était une question d'honneur. Lentement, il se redressa et se mit à avancer, en équilibriste, les bras en balancier. C'était autre chose que de s'entraîner à le faire sur une poutre, dans une salle prévue à cet effet, avec des coussins pour amortir sa chute au cas où il tombait. Malgré son coeur qui cognait, il avança pas à pas, tentant d'ignorer les grincements de la branche. « Je te jure que si je ne me tue pas avant, c'est toi que j'assassine. » siffla-t-il entre ses dents, à l'intention du petit rigolo qui l'avait mis dans cette situation. Avec une prudence extrême, arrivé près de son t-shirt, il s'accroupit sur la branche, avança la main et se saisit du Graal en tissu. Le sentiment de triomphe qu'il éprouva le rendit téméraire, et il se laissa tomber de la branche avec souplesse, comme un chat agile qui aurait bondi sur une souris. Mais du chat et de la souris, dans les faits, qui était-il ? Les jambes encore un peu tremblantes, les tempes battantes, il se retourna vers Jax et le toisa avec toute la morgue dont il était capable. « Qu'est-ce qu'il y a ? T'es jamais allé au cirque ? Pourtant, t'as une bonne tête de clown. » En vérité, il n'en menait pas large. Il n'avait toujours pas récupéré son sac, posé aux pieds du garçon et si Jax l'ouvrait, il y trouverait des accessoires qui n'avaient rien à faire dans le sac à dos d'un ado de seize ans. Comme des chaussons de danse, par exemple. De nouveau, le pouvoir de Jax se rappela à lui et il se sentit intimidé, impuissant. Pourtant, il ordonna d'un ton péremptoire : « Rends-moi mon sac maintenant. Il y a des choses importantes dedans. » Plus qu'importants. Vitales. Essentielles. Et comme s'il n'était pas assez fébrile, il se mordit la lèvre, le regard fixé sur la précieuse sacoche.

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MessageSujet: Re: ☑ only fools do what i do   Lun 17 Oct 2016 - 20:21

Jax n’avait jamais été quelqu’un de patient. Plus tard, il apprendrait à le devenir, quand tourner en rond dans sa cellule deviendrait une habitude forcée. Mais à l’âge où l’indépendance est un trésor tout neuf que l’on chérit ardemment, le jeune homme n’était pas encore muselé, il n’avait pas encore dû apprendre que les choses pouvaient attendre, qu’elles devaient même être savourées, souvent, car leur goût s’effaçait bien trop vite, pour ne devenir qu’un souvenir amer logé dans un coin de la mémoire. Il était d’autant moins calme qu’il avait particulièrement hâte de découvrir la mine déconfite et méfiante que lui offrirait Bran lorsqu’il découvrirait la situation dans laquelle il se trouvait. Jax avait l’impression d’être un crocodile, tapi dans le marais, dont seuls les yeux émergeaient, guettant sa pauvre proie qui approchait, inconsciente, des eaux troubles et secrètes. Le silence de mort qui faisait grimper la tension artérielle, la sensation de danger qui se frayait un chemin le long de la colonne vertébrale, la conscience qu’un moment d’inattention pouvait suffire à faire basculer la vie en enfer. Quel plaisir pouvait-il trouver à endosser le rôle du prédateur ? C’était bien simple : il n’y avait que la provocation qui pouvait le pousser à devenir ainsi, trompeur, moqueur. Il n’aimait pas les airs que se donnait Brandon Rose et il avait bien l’intention de lui faire ravaler sa petite langue trop pendue. Si Jax n’avait jamais eu le sentiment de devoir imposer sa présence, d’asseoir son autorité, c’est parce qu’on le laissait généralement tranquille, vaquant à ses occupations, sans chercher le contact. On ne le taquinait pas, on ne l’asticotait pas et malheur à celui qui n’avait pas compris ce détail essentiel. Les gens décelaient généralement cet élément dès le départ et Jax n’avait dès lors aucun besoin de le faire sentir. Mais pour une raison qui échappait à Jax – était-ce dans la nature du freluquet d’affronter les colosses ou s’imaginait-il avoir un droit supplémentaire sous prétexte qu’il fréquentait Skylar ? – Bran se baladait hors de ce temps, hors de cette réalité, glissant dans son propre monde, effleurant la carapace solide du Louisianais. Heureusement qu’il n’était coincé à Mount Oak que deux mois par an, songea Jax, sinon il ignorait ce qu’il adviendrait de l’imprudent jeune homme. Le son sauvage de l’eau remuée annonça l’approche du moment fatidique, celui qu’il attendait avec difficulté depuis plusieurs minutes. Il décela le frisson qui lui glissa sur la peau, en anticipation de l’affrontement qui s’approchait délicieusement. Comme le chasseur prêt à presser la gâchette, il s’immobilisa instinctivement, une épaule calée contre l’arbre qui retenait prisonniers les effets personnels de l’ami de Skylar. Un air faussement désinvolte, une tranquillité doucereuse qui ne demandait qu’à être ébranlée.
Il ne parvint pas à dissimuler le sourire moqueur qui trahissait son contentement. L’irritation de Bran était palpable et il se délecta d’avoir repris l’ascendant sur l’énergumène, même s’il savait que cela pouvait lui être retiré en un tournemain – c’était le drame de sa vie, de ne pas savoir garder son sang-froid devant toutes les épreuves qui jonchaient son parcours, c’était cela qui le mènerait plus tard en prison. Il haussa une épaule, comme pour dire qu’il n’avait aucune intention de donner la moindre explication. Qu’il en tire les conclusions qu’il voulait, tiens, ce présomptueux petit coq, n’était-ce pas sa tare à lui, de se croire supérieur au reste du monde ? Il n’y avait qu’à voir sa façon de se tenir, droit comme un i, digne et fier comme un paon, comme s’il n’appartenait pas à cette race qu’il était forcé de côtoyer quotidiennement. Était-ce là la punition réservée aux anges orgueilleux ? Rien n’y ressemblait davantage, en tout cas.
- Aie un peu de respect pour tes ainés, le mioche. Tu peux t’estimer heureux que je m’ennuie trop pour te faire boire la tasse. Une chose est certaine, en tout cas, tu causes beaucoup trop pour ton propre bien, rétorqua Jax en ne bougeant pas d’un cil, les bras croisés sur son torse, n’attendant qu’un geste maladroit de la part de son interlocuteur pour lui montrer qu’il était un être versatile qui pouvait, d’une seconde à l’autre, décider de l’envoyer valser dans la flotte comme un jouet devenu inutile.
Son rictus persista au coin de ses lèvres tandis que ses yeux clairs suivaient les mouvements agacés de sa victime. Il l’observa sans la moindre gêne, comme l’autre était trop concentré sur sa tâche pour deviner ou sentir le regard qui le détaillait avec une attention acérée. Si le masque moqueur dissimulait parfaitement l’envie folle qu’avait Jax d’immobiliser l’impudent, il devait se concentrer sur son souffle pour ne pas le perdre, tandis qu’il imaginait sans mal les sensations qu’il aurait éprouvées à caresser la peau luisante qui dansait sous ses yeux. Il enregistra chaque parcelle du corps dénudé, emmagasina les images pour plus tard, lorsque Bran ne serait plus là pour exacerber son mépris, lorsqu’il ne garderait que le visuel pour nourrir ses fantasmes nocturnes. La peau claire, les muscles finement calqués sous celle-ci, le dessin trop parfait de ce corps hors d’atteinte. Il se gorgea de tout, avec un délice presque injuste, à peine contenu. Il ne bougea pas davantage lorsque Bran entama l’ascension de l’arbre et il le suivit des yeux, résistant à l’envie de lui attraper la cheville pour le faire basculer et mordre la poussière.
- Je te dirai quand tu m’apprendras quelque chose que je ne sais pas, ricana Jax.
Il était pleinement conscient de l’étrangeté de l’échange. D’un côté, Bran et lui n’avaient rien en commun, ils se côtoyaient à peine, par l’intermédiaire de Skylar. D’un autre, il avait rarement eu une telle facilité à converser, même de façon cynique, avec quelqu’un. Jax se bornait au strict minimum lorsqu’il était question de communiquer et même s’il avait essayé d’imposer son silence au jeune homme, il se rendait bien compte qu’il peinait de plus en plus à rester mutique face aux estocades de Bran.
- J’aimerais bien voir ça.
S’il devait craindre des mains vengeresses s’il devait arriver quelque chose à l’équilibriste improvisé, ce serait plutôt celles de Skylar, qui ne le craignait nullement. Il voulait bien voir Bran essayer de s’en prendre à lui, par contre, il n’était pas certain de pouvoir résister à l’envie de lui faire émettre quelques gémissements  douloureux sous la pression d’un bras tordu ou d’une gorge étranglée.
Avec la grâce féline qui le caractérisait, Brandon finit par descendre de son perchoir, et comme le chaton mécontent qu’il était, il fit volte-face pour souffler en direction de son tortionnaire. Autant dire que Jax souriait de plus belle.
- Viens le chercher, l’invita Jax, sans faire mine de se baisser.
Mais comme le jeune homme semblait retenir son souffle, pour la première fois bien moins prompt à jouer les fanfarons, Jax pencha la tête, intrigué.
- Qu’est-ce que tu peux avoir de si important là-dedans ? s’enquit-il, un sourcil arqué, défiant l’autre de se précipiter sur son trésor.
Et comme pour inciter le mouvement de panique, il s’accroupit avec nonchalance, attrapant une extrémité du sac d’une main et la fermeture Eclair de l’autre. Il leva le nez, pour la première fois surplombé par la fragile silhouette de l’adolescent, et guetta sa réaction en tirant doucement pour ouvrir le sac.

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MessageSujet: Re: ☑ only fools do what i do   Sam 22 Oct 2016 - 12:03

Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que leur seule rencontre prenne une tournure aussi désastreuse ? Ce n'était pas ce que Bran s'était imaginé, si tant est-il qu'il s'était imaginé quoi que ce soit. Il était incapable de décrire ce qui l'intéressait chez Jax, ou pourquoi il semblait rechercher sa compagnie pour fuir aussitôt que le frère de Skylar apparaissait dans son champ de vision. Ce tête-à-tête accidentel était le pire des scénarios possibles et voir Jax refermer ses griffes autour de son sac lui paraissait être l'aboutissement d'un cauchemar éveillé. S'il avait gardé sa passion secrète, ce n'était ni par honte, ni par crainte du rejet ; oh non, depuis toujours, Bran était persuadé que le moindre de ses actes, aussi trivial soit-il, valait bien plus que les agitations vaines et insensées du reste de ses congénères. Mais il n'avait tout simplement pas envie de partager son secret avec qui que ce soit. S'il dansait, c'était pour lui, et pour ceux qui pourraient comprendre. Il tenait trop à ce rêve pour que des rustres qui n'y comprenaient rien choisissent d'en rire. Mais aujourd'hui, le vent avait tourné et il lui semblait qu'il n'avait pas le choix. Les provocations de Jax lui hérissaient la peau. Pendant l'espace d'une seconde, une seconde stupide et folle, il avait pensé à profiter du fait que Jax soit accroupi pour lui foncer dessus et lui reprendre son sac, et s'enfuir en priant que le géant ne le rattrape pas, mais il savait que ce plan n'avait aucune chance d'aboutir. Il avait les jambes en coton et la colère l'aveuglait presque – de Jax, il ne voyait plus que le rictus qu'il avait envie d'effacer à coup de poings. Mais avec le géant, il aurait été idiot de vouloir user de violence. Il ne faisait pas le poids – tout en Jax était plus impressionnant, plus lourd, plus fort, il le ressentait sans le toucher ni même le voir. La seule arme qu'il possédait face à son bourreau, c'était sa langue et l'espoir que Jax soit sensible à la psychologie inversée. « Puisque ça t'intéresse tellement, je te montre. » répliqua-t-il avec toute la morgue dont il était capable, espérant que Jax veuille lui prouver qu'il avait tort en le laissant tranquille. La rage qui brûlait sous ses mots éclatait en petites étincelles dans ses yeux. L'aîné Beauchamp mieux que personne, savait le pousser dans ses retranchements, sans même essayer. Il suffisait qu'il soit là, avec son rictus idiot et son air particulièrement satisfait de lui-même, pour que Bran veuille lui faire passer l'envie de jouer les petits malins. « Mais tu dois promettre de n'en parler à personne. Même pas ta sœur. » reprit-il, péremptoire, presque boudeur. Skylar savait à demi-mots, mais il n'avait pas particulièrement envie de s'imaginer les Beauchamp en train de s'échanger des confidences sur son compte. Crainte idiote et irraisonnée, car il connaissait assez la cadette Beauchamp pour savoir que son frère n'était pas celui à qui elle irait se confier naturellement, mais en cette situation inattendue, toutes ses peurs semblaient avoir le pouvoir de se matérialiser devant lui. Mais ça, il ne pouvait pas se permettre de le laisser paraître devant son bourreau. Alors, il peigna sur ses lèvres le sourire énigmatique qui l'avait sauvé tant de fois, et il pencha légèrement la tête sur le côté, comme si ça ne voulait rien dire, comme s'il s'en fichait, parce qu'au fond, s'il essayait assez fort, rien n'avait d'importance, même pas le fait que Jax soit sur le point de découvrir son secret. Rien n'était important, rien ne comptait, et bientôt, il partirait d'ici et Jax et son sourire goguenard ne serait plus qu'un lointain souvenir. Tout ça, la plage, le sac, leur rencontre ratée, disparaîtrait dans le tourbillon de nouveautés que New York lui apporterait et le poids qu'il sentait tomber au fond de sa poitrine disparaîtrait, soulevé par d'autres coïncidences et d'autres sourires. Il ignorait le sentiment inné et violent qui bourdonnait à ses tempes. « Tu viens, ou tu prends racine, Jax ? » Il trouvait un certain plaisir à prononcer le prénom de son tourmenteur. C'était comme goûter le miel à la patte de l'abeille même, sucré et risqué, et il y avait dans ces trois lettres interdites quelque chose qui résonnait autant comme une invitation qu'un défi. Si seulement il avait su ce qui les attendrait, aurait-il pris le risque ? Mais Bran ne savait rien. Il n'avait aucun moyen de deviner que la vie de Jax allait inextricablement se mêler à la sienne, que la pièce qui se jouait là était la dernière de l'innocence, et qu'ils étaient les acteurs d'une tragédie bien réelle dont les fils ne se dénoueraient que des années plus tard. Il ne discernait pas encore ce qu'il attendait de ces trois lettres, et il n'avait pas encore conscience qu'une vie entière semblait encore trop courte pour décortiquer le mystère de ce triptyque hypnotique. Pour le moment, il n'était qu'un gamin de seize ans – dix-sept, quasiment - qui voulait des choses qu'il n'était pas capable de comprendre ni d'assumer vraiment, et il jouait, et il tournait, et il s'échappait encore et toujours, d'une pirouette agile. Sans attendre la réponse, son sourire sibyllin accroché à ses lèvres comme un bouclier, il s'éloigna un peu plus et rejoignit la petite plage, toujours déserte. Il lâcha ses affaires et retira ses chaussures pour retrouver la sensation rassurante et moelleuse du sable chaud sous pieds, mais sa tête bourdonnait encore. Car il n'était pas certain que Jax veuille vraiment lâcher sa proie aussi vite, et dans ce cas-là, il serait bien forcé de se dévoiler, plus vulnérable que jamais.

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MessageSujet: Re: ☑ only fools do what i do   Mar 13 Déc 2016 - 21:04

Il n’essaya même pas de deviner ce que contenait le sac. Tout ce qu’il voyait, c’était la réaction de Brandon Rose. L’adolescent se sentait-il tout à coup menacé ? Lui qui faisait le fanfaron quelques instants plus tôt se trouvait maintenant à la merci du Louisianais et ça n’avait pas l’air de lui plaire. Tant mieux. Jax se sentait généralement irrité en présence du garçon. Avec ses grands airs et sa folle assurance. Jax avait tendance à vouloir lui faire ravaler son sourire qu’à le faire naitre – chose qui s’avérerait mission impossible s’il voulait s’en donner la peine. C’était l’une des raisons pour lesquels il restait à distance de sa sœur et des amis de celle-ci. Skylar avait toujours eu un don pour se lier aux autres, comme si elle avait volé cette capacité à Jax. Il ne se rappelait pas un moment où il lui avait été aisé de nouer des contacts avec des étrangers alors que Skylar attirait la sympathie, où qu’elle aille. Son sourire ravageur, son rire cristallin et sa personnalité pétillante lui permettaient de se mettre tout le monde dans la poche. Jax, lui, n’arrivait qu’à attirer les regards méfiants… ou les gamins insupportables. Alors que pouvait donc cacher l’agaçant puceau qui lui faisait face et qui tentait vaille que vaille d’arborer un air désinvolte ? L’effort fit sourire Jax d’autant plus et il arqua un sourcil, peu impressionné par la tactique ridicule.
- T’emballes pas, ça m’intéresse pas tant que ça, lui rétorqua Jax qui n’avait aucune envie qu’il aille se faire des idées à ce sujet.
Non, ce qu’il y avait derrière cette fermeture Eclair ne l’intéressait que vaguement, c’était la réaction provoquée par le piège qui se fermait doucement sur Bran qui l’amusait. Et la vaine promesse que Bran essaya de lui extorquer ne fit qu’aviver son plaisir à le voir se débattre comme un insecte pris dans une toile d’araignée.
- Tu caches des choses à Skylar ? Je croyais que vous vous racontiez tous les détails ennuyeux de vos petites vies…
Il était surtout étonnant que Bran puisse dissimuler quoi que ce soit à Skylar mais là n’était pas le débat.
Que pouvait-il garder pour lui au point que même sa sœur ne soit pas dans le secret ? Un peu plus intrigué qu’il ne voulait bien l’admettre, Jax baissa les yeux sur le sac qu’il tenait toujours entre les mains. Il ne releva la tête qu’à l’entente de son prénom, à la saveur si singulière sur la langue de l’imprudent personnage. Le regard clair du Louisianais suivit la silhouette svelte de son interlocuteur mais il ne bougea pas.
À quoi jouait-il donc ? Espérait-il s’en tirer si facilement ? Jax ne lui laisserait pas cette opportunité, en tout cas.
Sans réfléchir plus avant, il ouvrit le sac et jeta un coup d’œil à l’intérieur. Il fixa l’objet saugrenu pendant une poignée de secondes puis il referma aussi sec. Une boule se forma dans le creux de son ventre et il mit un instant à l’identifier : un gloussement. Un rire moqueur, incrédule. Il se fichait de sa propre gueule, pourtant. Pendant trois secondes et demie, il s’était attendu à trouver un sachet de poudre blanche ou quelque chose d’illicite qui puisse expliquer le secret qui auréolait le jeune homme. Mais il n’y avait rien de tout cela. À la place, une paire de chaussons gisait au fond du sac de toile. Décidément, Brandon Rose ne cesserait vraiment pas de le surprendre.
Jax finit par émerger du couvert des arbres pour retrouver la petite plage où Bran s’était assis, inconscient que son secret avait été trahi. Il s’approcha de lui et laissa tomber son fardeau aux pieds du jeune homme sans dire un mot. Il ne savait pas trop quoi faire, en réalité. Il aurait préféré. Il fixa Brandon un instant, même si son air ailleurs donnait le sentiment qu’il n’était pas réellement présent.
Il lui fallut un moment pour reprendre ses esprits et il sortit une cigarette de son paquet déjà bien entamé et l’alluma avec un calme olympien. L’envie de jouer avec sa proie lui était passée aussi vite qu’elle était venue. Il ne savait même pas pourquoi. Ça aurait été un prétexte idéal pour se foutre de Bran, l’humilier avec un poids supplémentaire, insinuer qu’il avait hâte de tout lâcher devant Skylar. Mais il n’avait même pas envie de mettre sa sœur dans la confidence. Elle lui demanderait comment il l’avait découvert et, surtout, elle l’interrogerait sur sa réaction. Qu’est-ce que ça pouvait faire, au final, que son ami aime danser ? Cela ne regardait que lui.
En attendant, Jax ne savait comment réagir. Aussi opta-t-il pour la dureté (et la facilité) en déclarant, l’air fermé, soufflant la fumée par ses narines, tout en dardant sur Bran un regard impénétrable :
- T’inquiètes pas, je sais tenir ma gueule, mais j’aurais dû me douter que t’étais juste une petite tantouze à la langue trop pendue…
Il avait parfaitement conscience d’être le dernier à pouvoir lui jeter la pierre lorsqu’il rencontrait des mecs n’importe où, pourvu que ça soit dans l’anonymat. N’avait-il pas décelé ses propres fantasmes en voyant la peau luisante de Brandon, quelques minutes plus tôt ? Mais s’il se délectait de son imaginaire, il n’avait aucune envie que l’autre puisse deviner qu’ils avaient un point commun.
Jax arbora une moue dégoûtée et tourna les talons pour rejoindre son véhicule.
Tout à coup, ça ne l’amusait plus de s’en prendre à l’adolescent.

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MessageSujet: Re: ☑ only fools do what i do   Jeu 29 Déc 2016 - 18:26

Jax se faisait attendre, et Bran jouait nerveusement avec le sable devant lui. Il traçait dans la matière chaude et soyeuse des figures qui ne voulaient rien dire, et les effaçait d'une main fébrile. Son coeur battait à tout rompre. Qu'est-ce qui avait bien pu lui prendre, de proposer une chose pareille ? Les paroles de Jax résonnaient dans son esprit, comme pour remplacer son absence de plus en plus inquiétante. Il n'y avait que très peu de personnes au courant de son secret et Skylar en faisait à moitié partie. Il lui dirait la vérité complète quand il se sentirait prêt. Quand il aurait reçu sa lettre pour New York ! Il lui promettrait alors de l'emmener avec lui et de mettre derrière eux des vies qui ne leur avaient jamais appartenu. Elle ferait ce qu'elle aurait toujours eu envie de faire, qu'importe ce que c'était et lui la surveillerait du coin de l'oeil. Et le passé ne serait que des cendres emportées par le vent. Du moins, c'était ainsi qu'il avait toujours imaginé son plan. Maintenant que Jax était dans l'équation, il n'était plus sûr de rien et il passait nerveusement sa langue sur ses lèvres toujours sèches. Que pourrait-il bien montrer à Jax sans se couvrir de ridicule ? Ce n'est pas qu'il avait peur du public – au contraire, il vivait pour être vu – mais le regard transperçant de l'aîné des Beauchamp était bien plus puissant que n'importe quel projecteur. Et l'effet ne manqua pas de lui comprimer la poitrine alors que Jax se rapprochait sur la petite plage. Bran se leva d'un bond agile et ouvrit la bouche pour entamer les hostilités, mais Jax le coupa net. Comme frappé par l'éclair, Bran resta absolument immobile. Puis il sentit ses joues s'échauffer et il prit conscience de son corps exposé, du message qu'il avait pu faire passer sans le vouloir. « Ca… Ca n'a strictement rien à voir. » répliqua-t-il, pris de court, la gorge soudainement sèche. Voilà une question qui ne lui avait jamais traversé l'esprit, malgré tous les doutes qu'il avait bien pu éprouver au cours de sa jeune vie. Ses préférences avaient toujours été claires. Il n'avait que dix-sept ans mais il savait bien ce qu'il aimait ou pas. Du moins, il croyait. Et puis, ça n'avait aucune importance de toute façon. Ca n'avait jamais été sa priorité, quand bien même il mettait un point d'honneur à être vu au bras de la plus jolie fille du lycée. Choqué, incrédule, il resta immobile alors que Jax lui tournait brusquement le dos. C'était tout ce qu'il en tirait ? Jax découvrait son plus grand secret, et c'était là sa seule réaction ? Bran ne comprenait pas. Il avait mis en péril sa réputation, ses subreptices, sa passion, sa vie ! Le choc le céda à une colère aiguë et explosive. Un sale con inculte et rétrograde, voilà ce qu'était Jax Beauchamp. Comment avait-il pu en espérer plus ? Comment avait-il pu espérer quoi que ce soit, en vérité, quand la réponse avait toujours été là, sous son nez ? Les airs mystérieux et fascinants de l'aîné des Beauchamp apparaissaient désormais à Bran comme complètement dénués de sens. Il était vide et idiot, et il le resterait. « C'est ça, va-t-en ! Retourne au fin fond de ta cambrousse, et profite bien de la vie complètement insignifiante qui t'attend. » cria-t-il, se heurtant au mur de briques qu'était le dos de son aîné. La réaction de Jax l'avait hérissé bien plus qu'il ne voulait l'admettre, peut-être parce qu'il soulevait des choses auxquelles Bran n'avait jamais pensé. Et d'ailleurs, pourquoi réagissait-il lui-même avec temps de violence ? Il aurait dû savoir faire la part des choses. Avec quelqu'un d'autre, il se serait contenté de hausser les épaules et de tordre sa bouche en une moue méprisante. Etait-ce le mot employé, cette salissure verbale, poisseuse, qui l'avait atteinte plus que de raison ? Ou était-ce parce que Jax osait lui tourner le dos, à lui ? Ou bien encore parce qu'il s'était moqué de ce à quoi il tenait le plus au monde ? Bran ne pouvait retenir le goût amer qui lui donnait presque envie de vomir. Qu'avait-il espéré ? Qu'un bouseux comme Jax pourrait y comprendre quoi que ce soit ? Qu'il pourrait apprécier à ce qu'il avait à montrer et à donner au monde ? Une colère plus insidieuse se diffusait en lui, une colère retournée contre lui-même, contre ses espoirs idiots, mais elle était plus silencieuse que la déferlante qui menaçait contre Jax et c'était cette dernière qu'il choisit d'écouter. Qu'il subissait, plutôt. Ses mains tremblaient légèrement et sa vue se troublait. « Tu rigoleras moins quand je serai en haut de l'affiche et que tu seras coincé dans ta caravane, à te regarder dans le fond de ta bouteille. » continua-t-il alors que Jax lui tournait toujours le dos. Il le haïssait soudain, avec une passion brûlante qui n'avait d'égale que la confusion qu'il avait pu ressentir auparavant. Au moins, la haine avait le mérite d'être parfaitement limpide, aussi cristalline qu'une cascade qui se déversait en lui sans qu'il ne puisse la contrôler. Il haïssait tout de Jax : ses yeux clairs, son mystère, son air indéfinissable, le rare sourire en coin qu'il fallait capturer en secret, et par-dessus tout, tout ce qu'il avait pu faire naître en lui, un tout confus et enivrant désormais réduit en cendres par un incendie furieux, attisé par l'orgueil. « Comme ton père ! » L'ultime insulte était venue comme un crachat venimeux, celui du serpent qui se lovait entre les côtes de Bran, celui qui l'avait toujours déchu du rang auquel il aspirait. Ni ange, ni dieu : la douleur qu'il ressentait dans la poitrine et les larmes brûlantes qui brouillaient sa vue lui rappelaient sa condition d'humain assujetti à ses émotions. La prochaine fois… Non. Le chemin de sa pensée s'arrêta net, confronté à une falaise sans fond. Il n'y aurait pas de prochaine fois. Il avait appris sa leçon. Aucun garçon, aucune fille ne valait pas la peine qu'il se laisse submerger ainsi par ce torrent inconnu et effrayant. Il avait pris sa décision. Il saisit son sac à dos d'un geste rageur, ravala les larmes indignes qui menaçaient de couleur sur ses joues de marbre et détala de la scène du crime avant que Jax ne puisse lui faire payer son insolence. Il prit la direction opposée et disparut rapidement à la faveur des fourrés et des bois qu'il connaissait mieux et qui pour un temps cacherait sa colère aux yeux du monde. Que Jax Beauchamp aille au diable. Pour toujours.

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You’re in a car with a beautiful boy, and he won’t tell you that he loves you, but he loves you. And you feel like you’ve done something terrible, like robbed a liquor store, or swallowed pills, or shoveled yourself a grave in the dirt, and you’re tired. You’re in a car with a beautiful boy, and you’re trying not to tell him that you love him.

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Jax Beauchamp

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MessageSujet: Re: ☑ only fools do what i do   Ven 30 Déc 2016 - 12:00

Quel était son but, au juste, en insultant Brandon ? Quel bien cela pouvait-il lui faire de le rabaisser de la sorte, d’insinuer que son attrait pour les hommes puisse être quelque chose dont il devait avoir honte ? Au bout du compte, même si Bran l’irritait profondément, il ne lui avait jamais vraiment fait quoi que ce soit. Mais peut-être qu’il aurait préféré, finalement. Peut-être qu’il aurait été plus simple que Bran lui donne une raison valable de lui déformer le portrait. Le souci, c’est que le jeune homme était extrêmement proche de Skylar et qu’il résidait donc dans une zone de protection que même lui, Jax Beauchamp, ne pouvait atteindre. S’il en venait à abimer le visage du beau jeune homme, Skylar le lui ferait payer au centuple (et elle savait y faire, quand il s’agissait de faire vivre un enfer à son ainé). Elle était la seule à pouvoir appuyer sur les points qui faisaient mal, du moins le croyait-il. Elle connaissait parfaitement ses faiblesses, les choses qui le mettaient sens dessus dessous car, oui, malgré les apparences, Jax pouvait être ébranlé. Il suffisait de savoir où frapper. Alors, peut-être que parce Bran était l’un de ces sujets intouchables, Jax ressentait-il un besoin supplémentaire de le faire se sentir minuscule, minable, sans valeur. À moins que ça soit le pouvoir qu’il pouvait exercer sur lui, sans le savoir ? En s’attaquant à l’homosexualité éventuelle de Bran, Jax comptait  bien ôter la moindre chance qu’il avait de le percer à jour. C’était nul de sa part, et derrière ses airs de brute épaisse, Jax en avait parfaitement conscience. Mais du moment que Bran n’y voyait que du feu…
Et sa manœuvre avait plutôt bien réussi, vu la réaction instantanée de l’impudent. Jax n’avait pu manquer la teinte subite de ses joues qui trahissait une indignation mal gérée. Dans le mille, songea le géant, incapable d’identifier l’émotion que cela lui procura. Triomphe ? Satisfaction ? Soulagement ? Il avait visiblement touché un point délicat et l’affront se lisait parfaitement sur le visage de son opposant. Sa remarque était peut-être mesquine mais dans ce jeu qu’ils animaient invariablement à chacune de leurs rencontres, ce n’était que partie remise, il le savait. Brandon trouverait un moyen de la lui faire payer et les poings de Jax fourmilleraient encore de cette envie brûlante de frapper le jeune homme.
Les raisons de cette violence mal contenue étaient multiples : désir de lui faire ravaler sa langue trop pendue et acérée, dissimuler la pulsion initiale qui forçait Jax à détourner le regard du corps à demi-nu, refouler les images interdites aux moins de dix-huit ans qui se faufilaient insidieusement dans son esprit à chaque fois qu’il ressentait l’envie de faire éclater le sourire qu’arborait Bran. Et puis il y avait la raison finale : cet agacement impromptu qui s’invitait à chaque fois parce que Bran semblait être le seul à ne pas le craindre, à oser le défier et le provoquer. Était-il stupide ? Ne se rendait-il pas compte du danger qu’il courait ?
Alors cela lui fit un bien fou de clouer le bec à ce gamin incroyablement prétentieux. Si venir jusque-là l’avait emmerdé au plus haut point, il avait au moins l’occasion de partir satisfait. La prochaine fois, Brandon Rose y réfléchirait à deux fois avant de lui adresser la parole, tiens !
Il ne s’attendait cependant pas à ce que la réplique vienne si rapidement – ou si ? après tout, même rabaissé, il s’agissait toujours de Bran – et quand elle éclata, pleine de colère et de rancœur, Jax se mordit l’intérieur de la joue pour réprimer le sourire que lui inspirait le ton bravache du garçon. Il n’avait donc décidément rien compris ? Que croyait-il savoir des aspirations du Louisianais ? Rien et Jax était bien déterminé à lui prouver le peu d’impact qu’avait son attaque en l’ignorant simplement et royalement. Il ne cilla même pas, comme si les mots s’étaient noyés dans l’air avant de l’atteindre et poursuivit sa route vers la voiture. Mais l’invective persévéra et, cette fois, les mots se glissèrent dans l’oreille du jeune homme qui sentit la satisfaction perdre de sa splendeur. La conviction de Bran à propos de son prochain succès lui importait bien moins que la référence à la caravane puis, surtout, à la bouteille. Mais qu’importe ? Bien sûr que ce petit frimeur de deuxième classe imaginait les gens comme lui dans une caravane, voué à un destin minable. C’était le propre des gens comme Brandon Rose, qui se prenaient pour les rois de l’univers tandis que le reste du monde n’était qu’un ramassis de dégénérés. Pourtant, c’était comme s’il pressentait la conclusion, comme s’il anticipait déjà les mots percutants qui anéantiraient les dernières miettes de son triomphe. Parce qu’il n’y avait pas de victoire quand il s’agissait de Bran, il n’y avait de place que pour des petites réussites éphémères, aisément balayées par le talent inné de la fleur épineuse.
Aussi, bien qu’il continue sur sa lancée, le dos toujours tourné à sa victime, Jax attendit la suite et fin du monologue… ainsi que l’arrêt de mort du jeune homme.
- Comme ton père !
Jax s’arrêta enfin mais il ne se retourna pas immédiatement. Ses yeux clairs se fixèrent sur un point au loin et prirent la teinte de l’absence, comme si son âme s’était soudainement envolée, ne laissant qu’une enveloppe vide, avant de devenir deux glaciers pointus et mortels. Les doigts du Louisianais se refermèrent et formèrent des poings d’acier.
Lorsqu’il se tourna finalement, avec une lenteur effrayante, Jax constata que Bran avait eu la bonne idée de prendre la poudre d’escampette. Il observa la silhouette svelte disparaitre sous le couvert des arbres mais ne fit pas un geste pour le suivre, quand bien même l’envie de lui faire payer physiquement son insolence était forte. Même s’il avait mérité ce revers, même s’il était celui qui avait lancé les hostilités. Son esprit se focalisa ensuite sur Skylar, la fautive, celle qui l’avait envoyé ici, celle qui avait osé parler de leur famille à ce petit coq prétentieux. Il avait deux mots à dire à sa sœur.
Reprenant rageusement la direction de son véhicule, il ouvrit la portière et s’installa au volant et démarra en trombe, le moteur trahissant l’onde sournoise qui lui vrillait le corps et l’âme.
Quant à sa portière, c’est elle qui prit le coup destiné à Brandon Rose et les phalanges gonflées du Louisianais lui rappelleraient pour un moment la rencontre sur la rive du lac.

TOPIC TERMINE.

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Like the waves roll with the moon, did we rise and fall too soon? It’s been so long, I can't remember if I could walk between the stars or be given one more chance. I know which I'd surrender just to build a bridge back to your heart.

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