“ I NEED TO BE SAVED. ” (Nash)


Partagez | 
 

  “ I NEED TO BE SAVED. ” (Nash)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Dave Chetwynde
DAVID CHETWYNDE

avatar

CRÉDITS : ELOW ;

INSCRIT LE : 10/07/2016
MESSAGES POSTÉS : 190


LOOK IN THE MIRROR
RELATIONS:
DISPONIBILITÉ RP: (wes, libre) ∴ (nash, libre)

MessageSujet: “ I NEED TO BE SAVED. ” (Nash)   Mer 18 Oct 2017 - 19:06



I need to be saved

Le silence. Effrayant, enivrant, surplombait l'ensemble de l'étage vidé depuis des heures. David était assis derrière son bureau, lui-même en accord parfait avec ce silence. Il ne faisait plus rien depuis de longues minutes. Il fixait simplement son écran, vidé de toute émotion. Était-ce de l'ennui ? Un manque de motivation ? Il n'aurait pu choisir le terme exact pour exprimer ce qu'il ressentait à ce moment-là. Rares étaient ceux qui restaient si tardivement dans les locaux. Lui le premier. La plupart du temps, il sortait, s'affichant aux bras de sa fiancée, prouvant qu'il avait le monde sous les pieds. Que le contrôle de cet empire serait entre ses mains dans peu de temps. Pas ce soir. Ce soir il n'avait la tête à rien. Vraiment. Alors comme souvent, il trainait. Il vérifiait quelques paperasses sans valeur, comme s'il allait trouver une faille dans des choses parfaitement entretenues. C'était idiot, mais c'était plus fort que lui. David voulait se sentir utile, important. Il vouait être capable de découvrir ce qui n'allait pas, prendre de l'avance sur des possibles erreurs. Gérer la situation comme il devrait être capable de la gérer. Il décida pourtant de laisser tomber, observant son écran qui n'affichait que des statistiques de ventes. Les chiffres étaient corrects. Même assez bon. Il n'y avait rien à redire, il n'y avait rien à détecter. Alors David se laissa pousser par son fauteuil à roue et s'étira la nuque qui craqua sous ses mouvements.

D'un geste de la main, il éteignit son écran et se leva. La vue de son bureau était incroyable. Son regard s'y attarda un instant. Une fraction de seconde. Puis il quitta les lieux, veste sur l'épaule. Il était incapable de dire l'heure qu'il était et la descente de l'ascenseur ne l'aida pas tant son rythme semblait être complètement ralentie. Par automatisme, il décida d'aller à l'étage le plus bas, là où se trouvaient les clones encore en construction. Ceux qu'on teste. Ceux qu'on oublie. Il ne se rendit compte de son erreur que lorsque les portes s'ouvrirent. Et non, il n'était pas dans le parking. Il voulut faire marche arrière, mais décida à la dernière minute de traverser le couloir et de se rendre dans une pièce en particulier. Les lieux étaient encore plus silencieux qu'au sommet de l'immeuble. Il y avait un parfum de film d'horreur, mais David ne s'en inquiétait pas du tout. Il voulait juste voir le clone de sa mère, toujours assis au même endroit, à côté des mêmes prototypes. C'était son truc à lui. Venir l'observer, parfois même lui parler. Il n'attendait jamais de réponses, mais la sentir à ses côtés… quelque part, c'était rassurant.

Que… Il laissa tomber sa veste, accélérant le pas. Sa mère n'était pas là. Il n'y avait rien, plus aucun clone assis sur ce banc. La panique se réveilla en lui et il se mit à chercher dans chaque pièce jusqu'à les trouver tous debout, au centre d'une salle. Il est vrai que certains ingénieurs vérifiaient leur capacité à tenir au fil des années pour savoir quels matériaux conserver ou non. Mais ce qui perturba David, ce sont ces clones qui se tournèrent vers lui lorsqu'il ouvrit la porte. Ils ne faisaient rien, ils étaient justes debout. En silence. Aller savoir depuis combien de temps… Et puis ses yeux s'écarquillèrent à la vue du clone de sa mère, à terre. Elle essayait de se relever, sans y arriver. Ses jambes ne semblaient pas répondre. Elle essayait encore et encore, impuissante, sans parvenir à se lever, sans s'arrêter. Il traversa la pièce pour l'aider à s'asseoir, surpris de la voire éveillée. Il ne ponça aucun mot alors qu'il pouvait voir son visage. C'était comme un plongeon dans le passé. Son visage était roué de coups et maintenant qu'il était plus près, il pouvait clairement voir des marques de coups sur ses jambes.

Un frisson le parcourut alors qu'elle lui fit un sourire. Elle ne parlait pas. Mais elle semblait le reconnaitre et glissa une main froide sur sa joue. David se mit alors à trembler. À la fois de colère, de tristesse et puis il y avait autre chose d'inexplicable. Il contacta ensuite deux de ses hommes de main qui ne tardèrent pas. Des gorilles. David désactiva vocalement les clones debout et camoufla ses yeux blessés devant ces gardes du corps. Ils se chargèrent de soulever sa mère et ensemble, ils se rendirent au centre médical. Toujours dans le silence le plus extrême.

Il n'avait toujours aucune idée de l'heure, du temps, du moment. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il voulait quelqu'un qui répare sa mère. Qui l'arrange un peu. Il ne voulait pas appeler l'un de ces ingénieurs – ils sont encore tous trop fidèles à son père. Il n'avait donc pas le choix. Il entra dans une rage et une rapidité effrayante, cherchant des yeux quelqu'un qui pourrait l'aider. L'un de ces gorilles poussait sa mère sur un fauteuil roulant. L'autre vérifiait la discrétion de l'endroit.

Vous ! Il repéra une jeune femme et se mit à courir pour l'attraper par le bras et la forcer à se retourner. J'ai besoin de vous ! Oublié les convenances, la politesse, les stratégies du business. David n'avait plus la carrure de l'héritier si propre sur lui. Sa chemise était tâchée du sang artificiel. Son visage clairement blessé par la vision du clone de sa mère brisée. Il n'était plus que ce gamin d'autrefois, qui regardait les choses impuissantes. Cette fois, pourtant, il pouvait faire quelque chose. La jeune femme se pressa sans attendre, faisant signe à une infirmière plus loin. Ils soulevèrent le clone et sans attendre l'emmenèrent. Quelques minutes plus tard, David était là, au même endroit, debout. Le regard fixant les portes qu'il ne pouvait franchir. Clone, peut-être, mais les règles étaient les mêmes que pour les hommes. Il devait attendre...


________________

hurting like hell

it's never enough,
it will never be.

Revenir en haut Aller en bas

Nash Mendelsohn

avatar

CRÉDITS : perséphone

INSCRIT LE : 02/06/2016
MESSAGES POSTÉS : 56


LOOK IN THE MIRROR
RELATIONS:
DISPONIBILITÉ RP: ✗✗ / ✗✗ (moira, sarah, dave, skylar, bran)

MessageSujet: Re: “ I NEED TO BE SAVED. ” (Nash)   Lun 20 Nov 2017 - 11:20

Nash détestait cet endroit. Plus que tout, il détestait y rester plus que nécessaire. Chaque fois que son coéquipier et lui intervenaient sur une scène qui incluait un clone, le jeune policier sentait le malaise germer et enfoncer ses racines dans son cœur. Il ne pouvait pourtant pas faire autrement et chaque fois qu’ils embarquaient un clone – qu’il soit en tort ou non – Nash avait l’impression de ne plus savoir différencier le bien du mal. Il détestait par-dessus tout l’injustice de certaines situations pour lesquelles il n’y avait pourtant qu’une ligne de conduite et à laquelle il devait invariablement se plier. Dans ce cas-ci, cependant, il ne s’agissait pas d’un cas de conscience (malheureusement pour le clone). Nash et son partenaire avaient été appelés suite à une bagarre et en arrivant sur place, ils avaient découvert le clone ensanglanté, sévèrement battu par une bande de gosses mal lunés qui n’avaient rien trouvé de mieux à faire que de s’en prendre à un être sans défense. Ils avaient été embarqués par une patrouille arrivée plus vite sur les lieux et l’équipe de Nash en avait été réduite à accompagner l’ambulance qui emmenait le clone à la New Horizons Medical Clinic. Il devait maintenant attendre de pouvoir interroger le clone pour pouvoir faire une déposition – une aberration, songea le jeune homme, quand on savait que la plupart des dépositions des clones étaient larguées dans une caisse puis aux archives, sans même avoir été réellement prises en considération.
Chaque fois qu’une infirmière passait en trombe près de lui, Nash essayait d’attirer son attention pour en savoir plus sur l’état de la victime. Il aurait aimé qu’on lui dise que ça ne serait pas avant quelques heures, histoire qu’il ait une bonne excuse pour fuir ces lieux aseptisés et impersonnels mais les gens s’activaient autour de lui sans sembler éprouver le moindre intérêt pour son uniforme et sa haute taille. Un autre aurait peut-être exigé qu’on lui accorde cinq minutes pour ne pas avoir à faire le pied de grue devant le bureau des infirmières mais Nash Mendelsohn n’avait ni le charisme ni l’autorité nécessaires. Quant à son partenaire, il en avait profité pour partir en quête de la cafétéria de la clinique, plus intéressé par les grondements de son estomac que par l’état du clone.
- S’il vous plait, mademoiselle, tenta-t-il une nouvelle fois lorsqu’une jeune femme apparut au détour d’un couloir. Puis-je vous parler un instant… ?
- Je suis à vous dans une minute, lâcha-t-elle avec ce calme et cette assurance qui manquaient tant à Nash.
Un mensonge éhonté, il le savait. Elle disparaitrait à nouveau, sans se retourner, et il serait toujours là, à faire les cent pas, attendant que quelqu’un daigne lui prêter la moindre attention.
Soupirant, Nash s’accouda au comptoir et posa le front sur ses  mains croisées. Cet endroit avait l’art de mettre ses nerfs à vif et il cherchait le courage de quitter ce couloir abandonné pour rejoindre son partenaire (même si manger ou boire n’améliorerait en aucun cas son état d’anxiété) quand une agitation lui fit redresser la tête : à l’autre bout du couloir, il vit des silhouettes s’activer. Si une certaine nervosité était palpable, elle ne venait pas des infirmiers et médecins (comment parvenaient-ils à garder leur sang froid en toutes circonstances ?) Piqué par une certaine curiosité – ou son côté professionnel – Nash observa le mouvement, essaya d’évaluer l’origine du problème puis, par instinct, approcha lentement de la scène. L’ambiance s’était sensiblement calmée, les employés de l’hôpital ayant embarqué la personne – il savait qu’il s’agissait d’un clone mais ne pouvait s’empêcher de penser en terme de ‘personne’ – dans une autre salle dont un léger brouhaha de voix continuait à émaner. Il ne restait, dehors, qu’un jeune homme au visage vaguement familier mais que Nash ne parvint pas forcément à identifier.
- Est-ce que tout va bien ? s’enquit-il maladroitement avant de réaliser que son uniforme pourrait créer plus de malaise que de réconfort.
Après tout, les gens qui parcouraient ce couloir n’étaient-ils pas tous liés à un jeu de pouvoir ? Ce jeune homme au visage hanté par l’inquiétude n’était-il pas un rouage de cette mécanique qui faisait des clones, des objets sans volontés et sans droits ? Pourtant c’était bien la première personne qui démontrait un tant soit peu d’humanité en ces lieux et, rien que pour ça, Nash ne se sentit pas la force d’ignorer sa détresse - non pas qu'il aurait pu ignorer celle-ci en d'autres circonstances.
- Qui était-ce ? demanda-t-il faiblement, ne sachant pas s’il outrepassait les limites de la décence.
Avait-il seulement le droit de demander une telle chose et, d’un autre côté, que pouvait-il demander d’autre ?

________________


Revenir en haut Aller en bas

Dave Chetwynde
DAVID CHETWYNDE

avatar

CRÉDITS : ELOW ;

INSCRIT LE : 10/07/2016
MESSAGES POSTÉS : 190


LOOK IN THE MIRROR
RELATIONS:
DISPONIBILITÉ RP: (wes, libre) ∴ (nash, libre)

MessageSujet: Re: “ I NEED TO BE SAVED. ” (Nash)   Mar 19 Déc 2017 - 19:39



I need to be saved


Il y avait en lui une colère qui ne s’éteignait pas. Une rage qui ne voulait pas disparaître. Debout à l’hôpital, il observa le clone de sa mère s’envoler derrière des portes qu’il ne pouvait franchir, ses deux gardes du corps sortirent dehors pour une pause cigarette. Après tout, ils étaient dans un hôpital et la sécurité ici était éfficace. David lui, était debout et immobile. Rien en lui ne bougeait comme si le temps s’était arrêté. Figé durant la seconde la plus frustrante de sa journée. C’était un clone oui, un clone comme bien d’autres dans l’usine créée par son père. Un clone qui a été monté de toutes pièces, avec ses mécanismes et ses secrets. David en voyait défiler tout les jours, avec un regard perfectionniste dès qu’il voyait le moindre défaut. Malgré toutes ses années, ses habitudes et ses propres crises de colère, il était tout de même anéanti par la situation qui était la sienne à ce moment précis. Debout, seul, à attendre dans l’urgence que des médecins se penchent sur un clone du siècle dernier. Il serrait les poings, impuissant. Il ne devrait pas se mettre dans un tel état, mais comme par magie, David n’était plus adulte, mais seulement un enfant. Un enfant qui voyait encore sa mère se faire battre comme si elle n’était rien de plus qu’un jouet. Il n’avait jamais compris. Ni les sentiments qui animaient son paternel, ni les raisons pour laquelle sa mère ne se battait pas. Années après années, elle avait encaissé comme si elle validait sans le moindre doute ce rôle qu’il lui avait donné. L’incompréhension était toujours là, mais aussi la peur.

David aurait aimé hérité de certaines choses de sa mère, comme sa patience. Mais non. Il avait l’impulsivité de son père et là tout de suite, il était comme une bombe. Calme, mais au bord de l’explosion la plus total. Il tremblait presque, furieux, prêt à frapper tout ce qui bouge… à cogner pour évacuer ces émotions qu’il ne parvenait pas à comprendre.

C’est alors qu’une voix le sort de ses pensées les plus brutales. Un regard et la seule chose qu’il capte, c’est l’uniforme. Peut-être qu’à un autre instant, David aurait réagi différemment. Il aurait offert son sourire prétentieux. Il aurait balancé des phrases toutes faites pour éviter tout ennuie comme un magicien qui savait gérer toutes situations.

Ca va ! Envoie-t-il sévèrement. Son regard ne s'éternise pas plus que ça et il commence à faire les cents pas. C’est le geste d’un désespéré qui croit qu’avancer physiquement peut lui permettre de faire bouger le temps plus vite.

Qu’est-ce que ça peut vous faire ? Il fait désormais face à Nash, le regard de haut en bas, prêt à lui sauter dessus malgré les problèmes que cela peut lui causer. Il est au bord des nerfs, il en peut plus. Surtout de lui, d’ailleurs. Se mettre dans un tel état pour un clone, c’est tellement pathétique venant du fils de celui qui faisait partie des précurseurs des clones. J’ai pas à répondre à vos questions. Et il s’éloigne, comme pour éviter d’en abuser. De trop en faire. Il faut qu’il se calme, il faut qu’il accepte qu’il est dégouté. Triste et épuisé. Même en étant un clone, il était incapable de la protéger de quoi que ce soit et c’était ça, le pire.

Putain de sang artificiel. Il rogne en regardant ses vêtements. Il en profite pour retirer la veste de son costume ruiné et le balancer en boule sur l’une des chaises de la salle d’attente. Bon sang, il donnerait n’importe quoi pour une douche. Pour un diner avec Sura et son lit. Oui, son lit si grand, si réconfortant, si sécurisant. David était pourtant incapable de partir d’ici sans qu’ils la sauve…



________________

hurting like hell

it's never enough,
it will never be.

Revenir en haut Aller en bas

Nash Mendelsohn

avatar

CRÉDITS : perséphone

INSCRIT LE : 02/06/2016
MESSAGES POSTÉS : 56


LOOK IN THE MIRROR
RELATIONS:
DISPONIBILITÉ RP: ✗✗ / ✗✗ (moira, sarah, dave, skylar, bran)

MessageSujet: Re: “ I NEED TO BE SAVED. ” (Nash)   Ven 29 Déc 2017 - 16:38

Parfois, Nash se demandait s’il avait choisi la bonne voie. Il s’était tourné vers la police parce que c’avait été son rêve d’enfant. À présent, cela lui semblait un peu bête d’avouer cela mais, à l’époque, il avait encore la naïveté de sa jeunesse et qu’il voulait faire le bien, quoi que cela puisse vouloir dire. Les années de métier lui avaient ensuite démontré qu’il n’avait pas forcément l’étoffe d’un homme censé faire régner l’ordre. Il se consolait simplement en se disant qu’il fallait bien tous les profils, que tous ne pouvaient pas avoir l’air de justiciers et représenter l’autorité même. Et puis, vers quoi aurait-il pu se tourner ? Il n’avait aucune idée de reconversion et ne se voyait pas opérer un changement radical sur un coup de tête. Ça n’avait jamais été dans sa nature, de toute façon.
Sa nature, par contre, le poussait à approcher quelqu’un qui exprimait une détresse palpable, comme le faisait le jeune homme actuellement. L’instinct lui dicta de ne pas ignorer le désarroi de son interlocuteur. L’habitude, aussi, lui imposa de ne pas se formaliser si la réaction qu’il récoltait n’était pas celle qu’il attendait. Après, y avait-il seulement une réaction adéquate ? Y en avait-il seulement une inadéquate ? Nash avait rencontré suffisamment de gens pour savoir qu’on pouvait s’attendre à tout et qu’il n’y avait pas à valider ou invalider les émotions de quelqu’un. Dans ce cas précis, il était évident que le jeune homme était touché par ce qui arrivait au clone et Nash se demanda ce qui pouvait le lier ainsi à l’être préfabriqué qui était traité par les médecins et les infirmières, dans le secret d’une pièce d’hôpital à laquelle ils n’avaient pas accès.
L’opinion de Nash à propos des clones n’était pas tranchée. En réalité, il se sentait surtout incompétent en la matière. Il ne voyait généralement pas la différence entre un clone et un être humain, là où l’œil expert de ses coéquipiers semblait repérer aisément les éléments conçus à Pairidaeza Valley de ceux qui étaient nés dans un hôpital. Existait-il un radar à clones comme certaines prétendaient qu’il en existait un chez les gays ? C’était absurde et Nash aurait été le premier à se moquer de lui-même s’il avait exposé le fil de ses pensées à voix haute. Mais, comme c’était le cas la plupart de temps, Nash pensait dans son coin et n’émettait que rarement son avis. Il n’était ni pro ni anti-clone. Mais avait-il seulement jamais démontré une opinion sur quelque sujet que ce soit ?
La façon dont le jeune homme – que Nash aurait bien voulu identifier, ne pas savoir et avoir la sensation d’avoir déjà vu ce visage l’agaçait un peu – lui répondit l’incita à revenir sur ses pas pour ne pas envahir la sphère privée de celui-ci. Il savait par expérience que la proximité pouvait accentuer la colère et il n’avait aucune intention d’aggraver celle du proche du clone. Le jeune policier constata une fois de plus à quel point l’inquiétude pouvait changer un homme et l’agressivité qui était dirigée à son encontre le fit légèrement ciller. Puis il songea que si c’avait été sa grand-mère qu’on avait emmenée dans une chambre à laquelle il n’avait pas accès, il aurait sûrement été dans un état d’anxiété poussé aussi.
- Je sais. Il ne s’agissait pas d’un interrogatoire, dit Nash sur un ton d’excuse, avançant légèrement une main dans un geste qui se voulait apaisant, même s’il doutait que ça soit d’une quelconque efficacité. Je voulais juste m’assurer que vous alliez bien.
En fonction de la réponse de son interlocuteur, Nash essaierait de lui tenir compagnie, le temps que quelqu’un d’autre vienne soulager la peine du jeune homme. Ou il retournerait immédiatement au comptoir dans l’espoir de croiser une infirmière un peu plus patiente.
- Voulez-vous un café ? J’ai vu une machine à l’autre bout du couloir. Je peux vous en ramener un, si vous voulez.
Une offre qui sortait un peu du cadre de ses fonctions mais comme il se voyait mal demander quel était le lien entre le clone et le jeune homme, il se trouva à court d’idées pour maintenir un semblant de dialogue.

________________


Revenir en haut Aller en bas

Dave Chetwynde
DAVID CHETWYNDE

avatar

CRÉDITS : ELOW ;

INSCRIT LE : 10/07/2016
MESSAGES POSTÉS : 190


LOOK IN THE MIRROR
RELATIONS:
DISPONIBILITÉ RP: (wes, libre) ∴ (nash, libre)

MessageSujet: Re: “ I NEED TO BE SAVED. ” (Nash)   Sam 20 Jan 2018 - 12:54



I need to be saved

David était coincé. Depuis toujours. Il était dévoué à ce qu’il devait être, sans savoir si cela lui convenait ou pas. Il avait suivi le chemin qui lui avait été indiqué, sous les coups de son père, sous les règles de la société, sous les applaudissements des plus hypocrites, et désormais, il était là. Adulte, sans enfance, sans identité propre, plus vide que jamais, noyé sous une colère incontrôlable qu’il ne parvenait pas toujours à saisir. Et si tout ça, ce sang qui bouillonne, ces mots qu’il balance, ces gestes qu’il n’arrête pas, c’est dû à ce manque de place pour ses propres rêves ? Ses propres désirs ? David était conditionné, comme les clones que l’usine de son père fabriqué. Il le ressentait et il cherchait à se rebeller de tout ça. Parce qu’il était humain avant tout. Parce qu’il avait soif d’ambition, d’aventure et de pouvoir. Parce qu’il voulait sa place, tout en ayant rien de son cœur. Mais c’était son fils, et l’héritage qu’il avait reçu de lui pouvait se sentir à cet instant même. Là, debout, dans cet hôpital, David était un désastre. Son corps entier tremblait pour un clone. Une machine. C’était presque ironique. Il n’avait aucun sentiment pour son père outre la colère, et il ressentait bien plus pour un tas de ferraille sur pattes qui représentaient sa mère. C’était ridicule, mais ses émotions le trahissaient. Il ne pouvait pas se contrôler et il détestait l’idée qui lui traversait actuellement l’esprit.

Il se demandait si ce n’était pas son père, justement, qui était à l’origine d’un tel acharnement. Le clone de sa mère était parmi les premiers modèles. Il était encore là, malgré le fait que son paternel a apparemment changé de vie. Un homme plus épanoui, plus healthy. Il avait délaissé le clone qui lui servait de pushing-ball… du moins, c’est ce qu’il aurait fait croire. Ce n’est pas la première fois que David a trouvé le clone de sa mère dans des états catastrophiques, souvent dû à des tests effectués par les ingénieurs. Il la foutait dans une bagnole qui se dirigeait trop sur un mur. Et ont évalué les dégâts, ont réparé de nouveau, ont vérifié qu’il n’y avait pas de bug… Il essayait de rendre immortel quelque chose qui ne devait pas l’être. Mais désormais… C’était autre chose. C’était des coups, des frappes venant d’une main. Et David avait l’impression que son père avait retrouvée ses vieux démons et qu’il s’éclatait…

Il ne pouvait pas comprendre une telle haine, à moi que ce qu’ils ressentent pour son père puisse un jour le conduire à agir avec la même violence. Voilà qui l’effrayait. Complètement.

Je vais bien. Articula-t-il, sans y perdre la moindre agressivité. Oh, il ne pouvait pas se calmer. Il n’y arrivait pas. Il sentait son corps s’activer sans qu’il ne puisse rien y faire. C’était dingue, comme sensation. Et c’était aussi une première fois pour lui. Une première fois qu’il débarquait ainsi, ici. Une première fois qu’il s’inquiétait. Les clones sont tout un tas de choses, mais ce sont avant tout des copies. Surtout, ceux de Chetwynde Inc. Les datas utilisés étaient impressionnants. Son regard se releva vers le policier qui lui proposait alors du café. Putain, ça c’était inattendu. Il hésita. Une seconde et cette seconde lui suffi pour que son souffle se calme légèrement.

Pourquoi pas… Et il l’observa. Il était grand, comparé à lui. Peut-être plus jeune ? Il n’était jamais sûr de lui, ce genre de chose pouvait être trompeur. Il avait l’air sincère, finalement, quand il disait qu’il n’était pas là pour l’interroger. Ou alors c’est une combine pour que David baisse sa garde. Fuck. Se dit-il. Il alla s’asseoir sur l’une des chaises où il avait précédemment jeté sa veste. Parfois, il ne comprenait vraiment pas les autres. Aurait-il agi de cette façon, lui ? Jamais. Même pas en rêve. David était un hypocrite. Il ne souriait qu’à ceux qui pouvaient lui offrir un petit plus, c’était même ainsi qu’il avait saisi Sura de son univers à paillette. Sans avoir aucune notion du temps, il fut surpris de voir le flic revenir, un café à la main pour lui. Il s’en saisit calmement, même si con cœur ne s’arrêtait pas de bondir dans tous les sens.

Merci. La politesse, naturellement incrustée dans son sang et dans sa conduite. Pour plaire et manipuler, pour être ce qu’on attendait toujours de lui. Pourquoi vous êtes là, vous ? Il n’avait pas envie de faire la conversation, mais peut-être entendre autre chose et se changer les idées l’aiderait à faire passer le temps.


________________

hurting like hell

it's never enough,
it will never be.

Revenir en haut Aller en bas

Nash Mendelsohn

avatar

CRÉDITS : perséphone

INSCRIT LE : 02/06/2016
MESSAGES POSTÉS : 56


LOOK IN THE MIRROR
RELATIONS:
DISPONIBILITÉ RP: ✗✗ / ✗✗ (moira, sarah, dave, skylar, bran)

MessageSujet: Re: “ I NEED TO BE SAVED. ” (Nash)   Lun 5 Fév 2018 - 16:17

En fait, sans se l’avouer, Nash était un peu soulagé d’être détourné de la raison de sa présence dans l’établissement aseptisé. Il se sentait tellement peu à sa place qu’il n’avait qu’une hâte : quitter les lieux. Or, il ne pourrait le faire qu’une fois qu’il aurait parlé au clone et son coéquipier n’était pas le plus passionné dès qu’il s’agissait d’affaires qui incluaient des clones (surtout si ceux-ci étaient les victimes). Nash doutait que ça soit une vocation qui ait poussé son collègue à intégrer les rangs de la police mais il pouvait difficilement lui reprocher son manque d’enthousiasme. Lui-même se sentait particulièrement mal à l’aise face à ces situations embarrassantes où il savait que son rapport n’apportait rien à la situation, surtout pas en faveur du clone. Cela lui donnait l’impression de travailler inutilement ou d’œuvrer pour l’injustice et il ne savait pas ce qui était pire. Alors, oui, c’était peut-être triste à dire mais il préférait gérer la colère d’un jeune homme que de devoir écouter le récit d’un passage à tabac qui resterait forcément impuni. Le seul qui pourrait demander compensation, c’était le propriétaire du clone si celui-ci était endommagé au point qu’il ne puisse être réparé ou soigné, sans prendre en considération la vie de la propriété. Mais, après, que pouvait-il faire pour changer quoi que ce soit à un rouage qui tournait depuis si longtemps qu’il était ancré dans la société ? Parfois, il comprenait la frustration des membres de ces mouvements terroristes qui visaient à détruire les clones ou à les libérer, et puis il se disait que recourir à la violence n’était pas une solution non plus. Mais quelle était-elle quand même les autorités jouaient le jeu de l’oppression ? Nash n’aimait cependant pas s’appesantir sur ce genre débat intérieur et, à ce moment précis, ce n’était de toute façon pas celui qui lui occupait l’esprit.
Tout ce qu’il voyait c’était le mal-être du pauvre jeune homme sans en comprendre l’intensité ni la portée, encore moins l’origine et le vide qu’il ressentait. Il aurait pourtant pu saisir une partie de celui-ci. N’était-il pas lui-même assez solitaire, le produit de sa jeunesse où il avait été élevé par sa grand-mère ? Le fait que son éducation lui avait évité d’être un salopard de première mais qu’il n’était pas armé comme il fallait face au monde qui le cernait ? Le jeune inconnu (qui ne l’était pas tant que cela, si Nash finissait par l’identifier comme étant l’un des héritiers de ces grandes corporations qui produisaient les clones à la chaine) et lui avaient finalement plus en commun qu’il n’y paraissait.  
Lorsque le jeune homme finit par décréter qu’il allait bien, Nash n’y crut pas une seule seconde mais ne fit rien pour le détromper. À quoi cela aurait servi qu’il lui dise qu’il voyait que ça n’était pas le cas ? A part enflammer la colère déjà grondante de la victime ? Nash acquiesça donc simplement, jetant un autre regard à la porte close avant de revenir à son interlocuteur. Un certain soulagement vint étirer les lèvres de Nash quand le jeune homme accepta son offre et le policier s’empressa de s’éloigner pour aller chercher la boisson destinée à apaiser les tourments du garçon. Il traversa le couloir à grandes enjambées et retrouva la machine qu’il avait repérée tout à l’heure puis fouilla ses poches en quête de monnaie. Il avait tout juste de quoi prendre deux gobelets et il regarda le liquide être versé dans le pot en carton avec la sensation de voir l’appareil pisser un jet furieux. Une légère fumée émana du breuvage et Nash attrapa des petits pots de crème et des sachets de sucre, ne sachant pas ce que préférait le jeune homme. Puis il retraversa le couloir dans l’autre sens en marchant plus lentement pour ne pas renverser le liquide brûlant sur les dalles immaculées de l’hôpital.
Son interlocuteur s’était entre-temps assis sur un des bancs qui longeaient le mur et Nash lui tendit l’un des gobelets avant de s’asseoir à ses côtés :
- Je ne savais pas comment vous vouliez votre café alors j’ai pris un peu de tout, dit-il en laissant tomber les pots et les sachets entre eux.
Il s’empara lui-même d’un pot qu’il versa machinalement dans le café avant d’y ajouter l’équivalent de deux sachets de sucre. Puis il porta le liquide à ses lèvres et constata qu’il était assez infâme (comme n’importe quel produit issu d’une machine à café). À ce moment-là, son interlocuteur lui demanda la raison de sa présence et Nash ne put réprimer une petite grimace ennuyée :
- Je dois interroger un clone qui s’est fait agresser…
Pas celui de l’inconnu, à l’évidence, mais Nash constata que faire du mal à ces créatures fabriquées en usine était devenu endémique. Ceux qui perpétraient ces méfaits restaient si souvent impunis que plus personne ne craignait les conséquences de ses actes. Et tant pis pour les policiers qui devaient se coltiner ce genre d’affaires, et tant pis pour les infirmiers et médecins qui devaient avoir l’impression de travailler en vain. La cruauté était pourtant le propre de l’humain, Nash le savait et cette idée le déprima plus qu’autre chose.

________________


Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: “ I NEED TO BE SAVED. ” (Nash)   

Revenir en haut Aller en bas
 
“ I NEED TO BE SAVED. ” (Nash)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
BROKEN MIRROR :: REALITY #2 (REFLEXION) :: PAIRIDAËZA VALLEY :: New Horizons Medical Clinic-
Sauter vers: