a goddamn bitch of an unsatisfactory situation.


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Brandon Rose

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MessageSujet: a goddamn bitch of an unsatisfactory situation.   Dim 15 Oct 2017 - 19:48

maika + bran

Bran était ivre, assez pour mener son idée jusqu'au bout, pas assez pour se faire prendre. En d'autres circonstances, c'était la combinaison parfaite : il traversait le champ de mines sans se faire effleurer une seule seconde par les balles et les coups, et s'en sortait invariablement victorieux. Mais aujourd'hui, ce n'était pas vers une victoire qu'il allait. Il ne savait vers quoi il allait. Il y allait, c'est tout. Il y allait parce qu'il n'avait pas le choix (faux, il l'avait, il avait juste décidé de l'ignorer) et que c'était tout ce à quoi il pouvait penser depuis sa dernière rencontre avec Jax. Putain de Jax Beauchamp, qui n'avait rien trouvé de mieux à faire que de se marier, qui lui avait brisé le coeur, putain de Jax Beauchamp qu'il aimait toujours et qu'il haïssait sans y croire vraiment. Bran regarda autour de lui et un rire aigre, un peu trop sonore, lui échappa. Le campus de Pairidaeza Valley, si épuré, si ordonné, c'était donc là que son ancien amant vivait ? Entre les grands tours élancées, la fontaine hologrammique et les employés aux contours si lisses, c'était donc là qu'il s'était finalement posé, dans la gueule de loup, dans l'ombre des grands prédateurs. Futé, concéda Bran, amer, alors qu'il traversait la place immense plus ou moins désertée de ses habituels passants. En plein après-midi, tout le monde était dans les bureaux ou en ville. Jax était sans doute là, quelque part, à veiller sur des circonvolutions nébuleuses qui les dépassaient et qu'ils auraient dû fuir quand ils en avaient encore le temps. C'était précisément pour cela que Bran avait choisi ce créneau horaire, et volé le pass d'accès d'une femme de ménage. Il n'avait pas la moindre envie de croiser son ancien amant. Il ne venait pas pour lui. Pas exactement. Pas totalement.
C'était ce mensonge qu'il se racontait alors qu'il sortait le pass d'accès volé quelques jours plus tôt à un cadre de Wakefield Industries – cela avait été si facile qu'il était tenté d'envoyer un courrier aux ressources humaines de l'entreprise pour leur signaler à quel point leurs employés étaient bavards une fois qu'on leur payait un, deux, quatre, dix verres. Mais ce succès ne tirait à Bran qu'un rictus désenchanté. Plusieurs fois, il avait été tenté de s'en séparer. Il l'avait tourné et retourné entre ses mains, observant la surface nacrée, le logo de Pairidaeza, celui de Wakefield Industries. Il aurait pu jeter la carte magnétique dans une poubelle, ne plus y penser et foutre le camp pour de bon. Il aurait pu noyer la flamme de son espoir dans le whisky et se laisser lentement mais sûrement engloutir par l'obscurité. Mais ce fut l'effet inverse qui se produisit. Ce matin, il avala la moitié d'une bouteille et bien malgré lui, le feu se remit à brûler en lui, trop fort, trop chaud pour qu'il l'ignore. Et juste comme ça, il s'était retrouvé dans la tour qui employait les appartements assignés aux employés de Wakefield Industries. Juste comme ça, il passait le pass d'accès dans la fente et la porte vitrée s'ouvrait devant lui. C'était presque trop facile, comme si son sacerdoce était tout tracé et qu'il le suivait malgré tout, grisé, paralysé par le sentiment de chute. Arrivé devant les ascenseurs, il n'eut qu'à entrer le nom « BEAUCHAMP » en lettres majuscules sur un écran pour qu'on lui indique un étage et un numéro d'appartement. C'était comme évoluer dans un rêve. Bran ne savait pas vraiment où il était, ce qu'il faisait, ni pourquoi. Son coeur battait lourdement et dans sa bouche, il y avait un goût de cendre. Le voyage en ascenseur aurait pu durer une minute comme une heure, il ne l'aurait pas su. L'alcool avait déjà agi sur lui et ses mouvements, d'habitude souples, lui échappaient. Un tintement le ramena brièvement à la réalité et les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur un couloir gris  dénué de tout élément décoratif. Toutes les portes se ressemblaient et seul le numéro gravé dans le bois permettait d'identifier leurs habitants. Bran avança d'un pas hésitant jusqu'au numéro 38 et resta quelques secondes plantés devant la porte, seule protectrice de sa santé mentale. S'il entrait, c'en était terminé. Il ne pourrait jamais revenir en arrière, il ne pourrait jamais se contenter de ses suppositions distordues. Il serait confronté à la vérité cruelle, nue, une vérité qu'on lui cracherait au visage. S'il entrait, peut-être comprendrait-il enfin, peut-être que son coeur casserait pour de bon et cesserait de demander quelque chose qu'il ne pouvait pas (plus) posséder. Sans réfléchir plus longtemps, Bran fractura la poignée d'un geste expert, neutralisa le système d'alerte comme s'il s'agissait d'un jeu enfant et pénétra dans l'appartement qu'occupaient Jax Beauchamp et sa femme.
L'endroit était vide. Il avait vu juste : Jax devait travailler et sa femme, pareil. Plongé dans le silence, le petit appartement était une nature morte : immobile, enchevêtrement d'éléments attendant d'être dérangés par la main d'un peintre plus ambitieux. Mais Bran n'était pas un peintre. Il était condamné à rester spectateur. Il ne pouvait pas toucher.
Il fit le tour de la cuisine – deux tasses de café déposés à la va-vite dans l'évier, une vaisselle un peu ébréchée mais colorée. Dans le salon, il y avait quelques photos – mais aucune du couple qui habitait la maison. Il savait d'expérience que Jax détestait qu'on le prenne en photo, surtout par surprise – Bran et son appareil en avaient fait les frais – mais pourquoi ne trouvait-il aucune photo de l'inconnue ? Devait-il être déçu ? De toute façon, ce qui tuait Bran à petit feu, ce n'était pas les photos ou leur absence. C'était l'impression d'intimité, même fugace, qui se dégageait de l'endroit. C'était les efforts qu'on avait mis à décorer ce petit appartement et à le rendre plus confortable, plus doux. Ce qui le tuait, c'était que tout ça aurait dû être à lui et qu'il en était exclu, quoiqu'il fasse. Et ce sentiment d'injustice le submergea lorsqu'il découvrit la chambre à coucher, la pièce qu'il avait évité jusqu'au bout.  Son coeur éclata quand il entra. Il n'y avait qu'un lit dans la chambre à coucher, un grand lit un peu défait dans lequel deux personnes dormaient, visiblement. Qu'avait-il espéré, au juste ? Qu'ils fassent chambre à part ? Que la peau de Jax n'effleure même pas celle de celle avec qui il vivait ? Qu'il se contentait de passes sordides et dénués de chaleur dans des endroits comme celui où ils s'étaient vus, la dernière fois ? Bran se mordit violemment la lèvre et contourna le lit pour aller ouvrir un placard. Il n'aurait pas dû toucher, il le savait, mais c'était plus fort que lui. Une garde-robe de femme lui fit soudainement face, des vêtements simples et confortables. Sur la table de chevet, il y avait quelques bijoux, des bracelets, des boucles d'oreille. Il ferma le placard d'un geste brusque et alla explorer la commode. Il savait ce qu'il allait y trouver, il savait qu'il ne pourrait pas faire face, mais son corps ne répondait plus : il était contrôlé par sa jalousie, son désespoir, son amour. Il ouvrit un tiroir et il sut qu'il avait visé juste. Des t-shirts d'homme, quelques chemises. Sans réfléchir, Bran déplia un t-shirt et l'amena contre son visage, inspirant l'odeur masculine qui s'en dégageait. Il ferma les yeux, recula de quelques pas et se laisser tomber sur le lit – du côté de la table de chevet qui était vide, le côté de Jax. Il ne voulait pas approcher l'autre place, celle qui aurait dû être la sienne et il tourna sur le côté,  se laissant tomber sur le matelas, le t-shirt toujours collé contre son visage. Les rares fois où Jax et lui avaient pu passer plus de quelques heures dans le même lit, Bran se pressait contre son dos et respirait dans son cou, et il s'endormait invariablement dans cette position, bercé par la respiration lente et régulière de son amant, protégé par la certitude qu'ils n'y avaient qu'eux, et qu'ils étaient éternels. Et maintenant ? Où était-elle, leur éternité ? Le corps de Bran fut parcouru d'un sanglot qu'il réprima avec une tentative de dignité. Là, elle était là, fauchée, brisée. C'est sur cette constatation tragique que le sommeil le gagna – l'alcool et le manque de sommeil, l'odeur de Jax partout autour de lui, la tiédeur du lit, rien de tout ça ne lui laissa une chance et ses mains se resserrèrent autour du t-shirt. Et ainsi plongé dans un repos sans songes, il n'entendit pas qu'on ouvrait la porte de l'appartement, puis celle de la chambre à coucher.

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MessageSujet: Re: a goddamn bitch of an unsatisfactory situation.   Ven 20 Oct 2017 - 3:55

Les portes se referment devant moi et je m'appuie un moment contre le mur du fond de l'ascenseur, contente d'être arrivée, je suis éreintée. J'ai commencé plus tôt ce matin parce qu'il y avait eu une urgence et qu'on m'avait appelé pour que j'aille aider. J'ai donc eu l'autorisation de pouvoir partir plus tôt si je le souhaitais. Ce que j'ai fait, pour une rare fois. J'ai toujours tendance à ne pas compter mes heures, le bien-être des animaux avant tout, mais je me sentais fatiguée, plus qu'à l'habitude, à cause de l'heure à laquelle j'ai dû me réveiller, alors j'en ai profité.
Quittant mon travail tout en prenant quelques cachets contre le mal de tête, je me rends à l'arrêt de bus. Je reste surprise le temps d'un clignement de yeux lorsque j'embarque dedans. Il y a moins de personnes dans l'autobus, l'heure de pointe n'étant pas encore arrivée. C'est donc plus d'une heure à l'avance que je suis de retour après un trajet qui n'a pas duré aussi longtemps que la plupart de ceux que je fais; ce matin il a été assez court aussi avec l'heure bien (trop) matinale à laquelle je l'ai pris. Je m'attendais donc à être seule avec l'heure qu'il était.
Ce qui ne doit pas être le cas puisque la porte s'ouvre sans aide, je n'ai pas besoin de la déverrouiller. Ce qui est assez étrange, j'aurais dû être la première arrivée ce soir. Jax ne devait pas rentrer avant quelques heures, son horaire a pu changer, il est vrai, comme le mien. – Jax ? T'es rentré plus tôt ? fis-je, tout en déposant mon sac à main sur la petite table près de la porte. Aucune réponse ne parvient à mes oreilles, il n'y a que le silence normal de l'appartement. Il ne doit pas être là, car notre logement n'est pas si grand (c'est le contraire en fait), alors je l'aurais entendu répondre. Ce qui arrive quelques secondes plus tard, entendant une respiration provenant de la chambre. Il aurait décidé de prendre une sieste ?
Je me dirige donc vers notre chambre pour en avoir le cœur net et aussi pour m'installer dans le lit voulant profiter de cette heure pour rattraper celle perdue de ce matin, même si elle était pour une bonne cause. Malheureusement, mon corps ne le comprend pas et il a tout de même besoin de repos. Je ne vais pas plus loin que le bord de la porte, regardant la personne sur le lit.
Personne qui ne ressemble pas à Jax. Ce n'est pas lui, il n'a pas de barbe, pas la moindre trace de poils sur son visage (à part les sourcils, et les cils, naturellement). Il y a toujours la possibilité qu'il se soit rasé, mais même là et ce n'est pas non plus son visage. Je remarque le tee-shirt, mais je me dis qu'il a dû le voler (sauf que je me dis pas encore que c'est étrange qu'il soit en train de dormir après être entré ici sans être invité).
Je prends la première chose qui me tombe sur la main, soit un livre, et je le jette sur l'inconnu. – Va-t-en ! crié-je. Puis, sans regarder si mon arme improvisée a touché son but ou non, quoique selon le son que l'étranger fit j'ai dû le toucher quelque part, je retourne rapidement près de la porte d'entrée, afin de prendre mon sa. Je me mets à fouiller dans ce dernier pour y prendre mon téléphone. Enfin, j'essaie : c'est toujours dans les moments où il sonne qu'on ne le trouve pas, ou encore quand on en a vraiment de besoin. Je n'en ai pas eu autant de besoin ainsi depuis bien longtemps. Quelques secondes plus tard, le contenu se renverse, va rejoindre le sol et je vois ce dont j'ai besoin glisser loin de moi. Vers la chambre. Aux pieds de l'inconnu. J'ai l'impression d'être dans un mauvais film.
Je ne sais pas du tout quelle sorte de criminels peut s'endormir comme ça dans un lit, mais il ne semble pas du tout efficace. Rien ne manque à première vue, sauf que je ne préfère ne pas prendre de risque. Peut-être qu'il prenait seulement une pause, ce qui serait assez étrange. Une autre possibilité me vient en tête. Possibilité qui va redonner l'impression du mauvais film. Je secoue la tête. Cela serait beaucoup trop gros. Qu'il se soit trompé de porte et qu'il n'ait pas ensuite reconnu la décoration... je préfère garder mon idée de voleur. Un peu plus et Laurel & Hardy ferait leur petit tour.

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MessageSujet: Re: a goddamn bitch of an unsatisfactory situation.   Jeu 16 Nov 2017 - 15:33

C'était un rêve sans être un rêve, un souvenir pas tout à fait réel. C'était un souvenir qu'il aurait voulu pouvoir modifier. Il était dans la petite chambre d'hôtel minable, celle où Jax l'avait plus ou moins rafistolé. La chambre où ils s'étaient quittés. Sauf que là, ils ne se quittaient pas. Jax se penchait vers lui et l'enlaçait, et tout autour de lui, il y avait son odeur. Bran le sentait plus qu'il ne le voyait. Ils ne se disaient rien. Ils étaient juste là, perdus dans la chaleur de l'autre. Et Bran y serait resté éternellement, dans ce cocon protecteur, s'il n'avait pas été brutalement tiré de ce songe idéal par une violente douleur. L'image floue de Jax s'effaça, l'odeur aussi et la souffrance envahit son crâne, l'extirpant de la sieste improvisée. « Bordel de... » Désorienté, les yeux encore endormis, il se redressa pour se découvrir victime d'un mal de crâne carabiné et observé du coin de l'oeil par une jeune femme, non, un petit bout de femme, tout frêle, une silhouette musclée couronnée de longues tresses et surtout, bardée de deux yeux sombres qui brillaient d'une colère contenue. Bran cligna des yeux, pas certain de ce qui était en train de se passer. Rêvait-il ? Il tâcha d'identifier la raison de la vive douleur qui le lançait au niveau de l'arcade sourcilière, qu'il tâta avec prudence avant de découvrir que sa blessure récente s'était ouverte et qu'il saignait légèrement. Toujours dans le brouillard, il ramena ses doigts devant lui et en les fixant, découvrit un livre à ses pieds. Sur la couverture sombre s'étalaient en lettres plus claires un titre qu'il ne parvint pas à identifier mais qui lui rappelait vaguement quelque chose : sans doute qu'il avait dû l'étudier, dans une autre vie, quand il était encore à l'internat et que son quotidien se découpait en longues tranches ennuyeuses de matières qui ne lui servaient aujourd'hui à rien du tout. Il se pencha pour ramasser l'ouvrage, le jaugea pendant quelques secondes – ça y est, ça lui revenait, vaguement, parce que pendant que le prof était occupé à expliquer les tenants et aboutissants de l'histoire, il était trop occupé à observer avec grand intérêt la mâchoire parfaite de l'un de ses camarades – et le posa sur la table de chevet, comme s'il était chez lui, comme s'il n'était pas entré par effraction chez son ancien amant et sa femme, comme s'il ne s'était pas endormi, le coeur en vrac, l'esprit embrumé, à moitié ivre, dans le lit qui aurait dû être le sien et qui pourtant dégageait une odeur bien différente. « Vous auriez pas pu choisir un autre bouquin ? Je sais pas, quelque chose avec moins de pages ? » marmonna-t-il en reposant son regard – désormais plus alerte – vers la jeune femme. Il n'attendait pas de réponse, bien entendu ; il voulait gagner du temps, n'importe quoi, avant qu'elle ne reprenne ses esprits et n'appelle les flics. A moins que ce ne soit déjà fait ? Une pierre tomba dans l'estomac de Bran : et si elle avait appelé Jax, pendant qu'il était encore endormi ? Il jeta un bref regard au tee-shirt qui lui avait servi de compagnon et sa gorge se serra, malgré lui, malgré la l'espèce de honte qu'il ressentait à s'être laissé aller ainsi. La gueule de bois lui retombait sur le coin de la gueule comme une enclume et il réalisait à présent à quel point il avait été idiot de s'aventurer jusqu'ici. N'avait-il pas demandé à Jax de l'envoyer au loin ? De lui dire de partir pour ne plus jamais revenir ? Si seulement son ancien amant avait eu le courage ce que lui n'aurait jamais pu envisager de son plein gré, il n'en serait pas là, face à celle qui devait être la plus perdue de tous. Bran se passa les mains sur le visage et se leva lentement, tâchant de paraître le moins menaçant possible. Quoique, dans sa position – visage encore plein de sommeil et égratigné de partout – il ne devait pas franchement avoir fière allure, de quoi se maudire encore plus. « Avant que vous n'appeliez la sécurité pour qu'ils me fassent valser par la fenêtre, sachez que j'ai rien pris. Je suis pas là pour voler. Ou pour vous faire du mal. Surtout quand c'est vous qui avez l'air de pouvoir m'en faire. » Il tâchait de mettre de l'ordre, d'établir un plan structuré pour s'expliquer mais il n'y parvenait qu'avec un succès modéré. La présence imprévue de l'épouse de Jax mettait des bâtons dans les roues de son plan déjà bien trop bancal. « Alors, c'est vous. Sa femme. » Il ne prononça pas le nom de Jax. Il était déjà suffisamment présent entre eux, sur les murs, dans les draps, dans le tee-shirt qui traînait encore sur le lit, dans le reste de l'appartement. Bran fit un pas vers celle qui lui avait volé son existence et l'observa d'un œil affûté. Il comprenait pourquoi Jax avait pu se tourner vers elle pour se plonger dans un mariage de façade. Elle avait l'air forte, maligne. Pas commode, à en juger par l'oeil furieux qu'elle dardait sur lui. Il vit entraperçut des tatouages – Jax en avait plein, lui aussi, il les connaissait par coeur, pouvait les dessiner les yeux fermés – et dut reconnaître qu'elle possédait une certaine beauté, un certain charme presque intimidant. Comme Jax, en vérité, et cette constatation lui déchira un peu plus le coeur. Finalement, c'était ceux qui se ressemblaient qui s'assemblaient et les opposés devaient se contenter de rester dans l'ombre. Lui, il n'avait rien d'intimidant, rien de fort. Il n'était qu'un imprudent – Jax le lui avait suffisamment répété pour que ce mot se soit imprimé à sa chair – sans envergure, sans réflexion et il le prouvait une fois de plus en se retrouvant devant cette inconnue qui lui avait tant pris. Il se racla la gorge et tenta un sourire particulièrement contrit. « Je… Je suis Bran. J'ai travaillé avec Jax pendant… longtemps. » Etait-elle au courant du passé particulièrement sombre de celui qui se partageait sa vie, ou vivait-elle un mensonge confortable, se voilant la face sur la provenance des cicatrices, des tatouages, des regards méfiants jetés derrière l'épaule ? En présentant les choses ainsi, Bran était conscient qu'il jouait sur un terrain miné mais il ne savait pas vraiment quoi faire d'autre. Lui d'habitude si doué avec les mots perdait complètement le fil. Une autre question surgit à l'arrière de son crâne : Jax lui avait-il parlé d'eux ? De leur histoire en dents de scie, de leurs longs moments de silence, de leurs disputes brûlantes ? Ou n'était-il qu'un secret de plus, rangé quelque part dans la mémoire poussiéreuse du garde du corps ? Il se passa nerveusement la langue sur les lèvres et déglutit péniblement. « Je voulais juste… voir ce qu'il devenait. » avoua-t-il piteusement. Voir ce qu'il(s) avai(en)t perdu, Jax et lui. Et il était conscient que ça n'expliquait pas pourquoi la jeune femme l'avait retrouvée endormie sur son lit, un tee-shirt de son mari serré contre lui, mais c'était tout ce qu'il avait à offrir pour le moment.

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MessageSujet: Re: a goddamn bitch of an unsatisfactory situation.   Sam 2 Déc 2017 - 2:29

L'inconnu marmonne, mais les sens en éveil, Maika ne peut qu'entendre ce qu'il a dit de cette manière. Elle le regrette presque de l'avoir entendu. Il... quoi ? Elle le regarde d'un air éberlué, ne parvenant pas à croire ce que ses oreilles ont entendues. – J'ai un dictionnaire si tu veux. réplique-t-elle. Il se prend pour qui ? Venir ici, alors qu'il n'a pas été invité, qu'il est elle ne sait trop qui et demander un livre plus petit. Il mérite un dictionnaire et une encyclopédie. Et peut-être l'intégral des Seigneur des Anneaux aussi. Bref, avoir su, elle lui aurait lancé un livre beaucoup plus lourd.
Dans tous les cas, cela ne l'a pas découragé. Il ne bouge pas vraiment, ne prenant pas la peine de se diriger vers la porte. En fait, il prend même la peine de dire qu'il n'a rien volé et qu'il ne veut pas lui faire de mal. Elle prend son trousseau de clés, installant ses dernières entre ses doigts, juste au cas. Au pire, elle va avoir l'air encore plus menaçante et il va peut-être se décider à sortir. Elle a bien le droit de rêver, d'espérer, peu importe comment on peut appeler cette pensée. Personne ne sait qu'elle le fait, alors elle peut faire ce qu'elle veut au niveau de ses pensées. – Pars avant que je t'en fasse vraiment. le menace-t-elle. Il doit faire une tête de plus qu'elle, comme à peu près tout le monde, mais elle sait se faire imposante en cas de besoin. Comme en ce moment, si elle se fie aux réactions qu'il a.
Elle le regarde ensuite, fronçant des sourcils. Oui, elle est la femme de Jax. Ça le dérange ? Il la juge ? C'est quoi cette question ? Elle ne sait pas comment prendre ce qu'il vient de dire. Ni même s'il parle de Jax, bien que le vêtement qu'il tenait lui appartienne. – Jaloux ? Elle vient de dire la seule chose, sans le savoir, qui peut vraiment l'atteindre.
C'est de Jax dont il est question, elle a bien déduit. Cela n'explique pas pourquoi il est là. Elle reste silencieuse, ne trouvant pas que son « explication » est suffisante. Elle ne se comporterait pas comme ça si elle voulait prendre des nouvelles de quelqu'un avec qui elle a travaillé il y a longtemps. – Prends rendez-vous. réplique-t-elle, encore une fois. Quelque chose lui dit qu'il a dû consommer quelque chose, cela expliquerait tout. Ou presque. Elle s'avance, lentement, toujours en direction de son téléphone, par terre, juste en bas de lui, tenant toujours ses clés entre ses doigts.
– T'es lui. lâche-t-elle, son esprit venant de percuter. De faire un lien elle ne sait trop comment avec le peu qu'elle sait et le comportement plus qu'étrange de cet inconnu qui se sent comme chez lui. – Le petit con. rajoute-t-elle, pour complètement faire le lien. Elle ne connaît pas toute l'histoire, son mari commence à peine à vraiment s'ouvrir, alors elle ne va pas trop vite, elle le laisse aller à son rythme.
Elle pourrait même se tromper complètement au sujet de qui est le jeune homme. Elle a juste essayé d'assembler les morceau de casse-tête qu'elle a et voir s'ils fonctionnent. Si elle ne tente pas, elle ne pourra pas savoir si elle se trompe. Peu importe qui il est. Il n'avait pas le droit de rentrer ici sans avoir été invité. Alors, elle compte bien continuer d'être fâchée contre lui. Elle risque même de l'être encore plus s'il ne part pas ou s'il continue de se comporter de cette façon. Elle est chez elle, pas lui. Il n'a rien à faire ici.

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MessageSujet: Re: a goddamn bitch of an unsatisfactory situation.   Dim 31 Déc 2017 - 16:49

Jaloux. La pique lui alla droit au cœur, se ficha comme une flèche dans son cœur déjà fracturé. Jaloux, oui. Il l’était, elle n’en avait pas idée. Jaloux de ce qu’il voyait et de ce qui était invisible. Jaloux de cet appartement propret et confortable malgré l’apparente aseptisation des logements de Pairidaeza. Jaloux de ce lit deux-places qui accueillaient Jax tous les soirs et de cette place qu’elle occupait, elle, à côté de lui. Jaloux de la cuisine où ils devaient sans doute prendre leurs repas ensemble, peut-être pas toujours mais au moins deux ou trois fois par semaine. Jaloux du salon, des placards, de tout ce qu’il y avait ici et dont il était complètement exclu. Il était jaloux de ce qu’il imaginait, de la vie à deux, du quotidien tranquille et routinier, des petits gestes tendres et presque inconscients qu’ils devaient avoir l’un pour l’autre, jaloux des conversations, jaloux d’une intimité que Jax et lui n’avaient jamais eu l’occasion d’avoir. Leur histoire s’était écrite dans des chambres miteuses de motel pourri, dans des lobbies d’hôtels déserts à quatre heures du matin, sur des sièges inconfortables de voiture. Toujours dans le secret, la précipitation, le qui-vive. Et il était fatigué, Bran, de cette existence où jamais ils n’avaient le temps de se poser, jamais le temps de parler, de parler vraiment. Si seulement Jax y avait mis un peu de bonne volonté, ils n’en seraient pas là aujourd’hui, songea Bran avec l’aigreur des amoureux rejetés. T’es lui. Le petit con. Son cœur s’arrêta pendant une seconde, et il ne parvint pas à s’empêcher de sourire, un sourire triste teinté d’une désillusion résignée. Petit con, ouais, Jax avait saisi l’esprit en deux mots. Petit con. Combien de fois Bran avait-il entendu l’insulte qui n’en était pas vraiment une ? Il pouvait encore entendre la voix de Jax résonner dans son esprit, revoir des centaines de scène différentes qui se terminaient invariablement par cette conclusion agacée. « Ca me ressemble, ouais. » Alors il lui avait parlé. Face à cette révélation un peu incertaine, Bran ne savait pas vraiment comment réagir. Il essaye d’imaginer la conversation entre Jax et sa femme. Au fait, je ne t’ai pas dit, mais avant de te passer la bague au doigt, je me tapais mon petit con de coéquipier ? Connaissant Jax, ce devait sans doute être quelque chose d’approchant. Mais au moins, songeait la part de Bran la plus naïve, il lui avait parlé de lui. Malgré le mariage, malgré l’appartement, il n’avait pas été totalement oublié. Jax ne l’avait pas totalement oublié. Et ça le rendait heureux, Bran, stupidement heureux, quand bien même il savait parfaitement que c’était ridicule. « Il t’a parlée de moi, alors. De ce qu’on faisait, aussi. » Elle le tutoyait, il faisait de même, sentant bien qu’elle avait l’air de se foutre complètement de ce genre de convenances. Et puis, à partir du moment où il était entré par effraction chez elle, à quoi bon se draper de mondanités ? Bran restait cependant à distance respectueuse. Il ne lui voulait aucun mal et il ne voulait surtout pas qu’elle prenne un mouvement brusque ou une tentative d’approche pour une attaque. Il était rapide, certes, mais pas assez pour échapper aux clones de sécurité qu’on devait sans doute pouvoir appeler en appuyant sur un bouton. Alors il tâchait d’apparaître le moins menaçant possible, quand bien même il avait la sensation qu’il n’était pas le plus dangereux des deux dans cette pièce. « Tu sais que… » Il peinait à aligner les mots l’un après l’autre, en partie parce qu’elle l’intimidait drôlement, la petite dame, mais surtout parce qu’il n’avait aucune idée d’où il voulait aller avec son raisonnement. Il ne savait absolument pas pourquoi il était là, ce qui ne changeait pas de la plupart du temps. « J’étais pas juste son coéquipier. » lâcha-t-il du bout des lèvres, sans en ajouter plus, incapable de trouver une qualification qui convienne. Qui était-il, pour Jax ? Y avait-il seulement un mot qui puisse les qualifier, ou bien était-il condamné à être l’amant de l’obscur, celui qui avait réchauffé son lit quand le garde du corps en avait eu besoin, celui qui avait été assez naïf pour croire que si les sentiments étaient réciproques. Il se demanda si pour parler à sa femme, Jax avait utilisé un mot plus spécifique. Mais Bran en doutait. Il restait le petit con, voilà, c’était sans doute plus simple pour Beauchamp de parler de lui ainsi plutôt que de chercher un qualificatif qui collerait vraiment à ce qu’ils avaient été l’un pour l’autre. Cette réalisation porta un nouveau coup au cœur de Bran et il se passa la main dans les cheveux pour se donner contenance. Il jeta un regard autour de lui, de nouveau désemparé et releva les yeux vers la jeune femme. « C’est un bon mari ? » Dans sa bouche, la question avait le son du désespoir. Il ignorait pourquoi il s’infligeait ça, pourquoi il persistait dans cette folie. Elle devait le prendre pour un déséquilibré, et elle avait certainement raison.

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MessageSujet: Re: a goddamn bitch of an unsatisfactory situation.   Sam 13 Jan 2018 - 3:41

Sans trop savoir comment, Maika a l'impression d'avoir touché l'autre avec son simple mot, jaloux, lancé comme une question. Elle va bien vite savoir pourquoi elle a cette impression lorsque son cerveau connecte et qu'il réussit à lui faire penser à qui il peut bien être. Alors, c'est facile à deviner avec ce qu'elle sait de la relation qu'il a eue avec Jax (pas grand-chose, mais assez pour qu'elle parvienne à en tirer une conclusion assez juste au final), après tout, ils ne sont plus ensemble. Ils n'ont pas continué leur relation, l'autre n'est pas marié, ici. Il peut juste entrer par effraction et sentir l'odeur d'un vêtement pour se rappeler de lui. Ce qui est triste, mais elle ne va pas pleurer. Bien loin de là. Pour une fois, sa sensibilité reste muette, alors que la colère l'emporte. Il n'a rien à faire ici justement. Il confirme en lui qu'il est le petit con, et il a l'air content de cela, ce qu'elle trouve étonnant. Qui aimerait se faire appeler comme ça ? Pas elle. Elle se trompe peut-être, ce qu'elle a pris pour du contentement est peut-être une sorte de mépris. Elle ne le connaît pas, elle ne peut donc pas connaître ses expressions.
Il se remet ensuite à parler et elle hoche la tête. Elle se doute bien qu'elle ne sait pas tout, mais elle en sait juste assez pour savoir qu'il n'est pas le bienvenu ici, même si elle sait qui elle est et le pourquoi il est entré de cette manière. Il ne finit pas une phrase, hésite et elle continue de s'approcher vers une aide qu'elle pourrait avoir, venant d'y penser, pas habituée d'y avoir recours. Un petit pas à la fois pour éviter qu'il ne se jette sur elle ou elle ne sait pas quoi. Il est peut-être armé, elle ne sait pas de quoi il est capable, alors elle fait attention. – Vous étiez amants. qu'elle complète tout simplement, sans en faire tout un plat, alors qu'il termine ce qu'il a commencé à dire.
Son mariage avec Jax le montre très bien, elle n'a rien contre les homosexuels et elle ne va pas faire semblant d'en être outrée juste pour lui taper sur les nerfs. Sur ce sujet aussi elle est loin de connaître tous les détails, mais elle se dit qu'on ne se fait pas tatouer un cœur pour rien. Sans parler de comment son mari a pu parler de ce type. Enfin, du ton qu'il a pris surtout. Ça se remarque. Ils ne sont peut-être pas intimes comme eux l'ont été, mais ça ne veut pas dire qu'elle n'est pas attachée à Jax. Elle a appris à le connaître, à plus au moins le décoder et s'habituer à lui, dont à sa manière de parler. Certains détails ne trompent pas.
Une nouvelle question franchie les lèvres du jeune homme, une question qui la surprend, pourquoi il s'en inquiète ? Sûrement pour savoir si elle compte demander le divorce bientôt pour qu'il se retrouve libre. Ce qui ne va pas arriver, pas tout de suite dans tous les cas. – Il me satisfait. lui répond-elle. Qu'il comprenne le sens qu'il veut de cela, elle ne compte pas lui dire pourquoi ils sont vraiment mariés. C'est le but de leur mariage après tout. Mais il la satisfait en ne la touchant pas, comme convenu.
Il y a un peu plus important à penser, il est toujours là, alors qu'il ne devrait pas y être. – Tu pars maintenant. ordonne-t-elle. Elle n'a pas oublié qu'il est entrée dans cet endroit elle ne sait trop comment, mais avec le peu de son passé qu'elle sait cela a dû être facile pour lui en fait. Ce qui fait un peu peur, elle pensait cet immeuble plutôt bien protégé. Elle essaie de prendre son air le plus menaçant possible, regrette une nouvelle fois son mètre cinquante-sept, sans réaliser qu'en fait, elle l'impressionne déjà. – T'as rien à faire ici. rajoute-t-elle, quelques secondes plus tard. C'est ici qu'elle habite, c'est son mari, elle le protège. Elle ne sait pas trop s'il veut quelque chose de lui, s'il est là que pour sentir son odeur ou encore parce qu'il veut le ravoir comme coéquipier. Alors, il doit partir.

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a goddamn bitch of an unsatisfactory situation.
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