and i will try to fix you.


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Charlie Walker
THEA WALKER

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INSCRIT LE : 02/01/2017
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MessageSujet: and i will try to fix you.   Mer 13 Sep 2017 - 13:39

and I will try to fix you.

Charlie n'était absolument pas sûre de son coup. Camille était dans un sale état, et s'il tentait de donner le change, sa sœur le voyait perdre pied un peu plus chaque jour. Comment lui en vouloir, quand la personne qui comptait le plus pour lui avait disparu du jour au lendemain ? Comment pouvait-il en être autrement quand même elle, avait un trou béant dans sa poitrine depuis que son neveu s'était évaporé, comme des dizaines de millions de personnes ? Mais cela faisait trois mois et aucune réponse ne leur avait été apporté. La jeune femme se trompait peut-être mais quelque chose lui soufflait que c'était justement ça le plus compliqué : ne pas savoir ce qu'il advenait de Heath. Etait-il mort ? Dans un monde parallèle ? Dans un lieu du monde que personne n'avait pensé à fouiller ? Charlie était perdue et ne savait honnêtement pas quoi penser. Elle, d'ordinaire si cartésienne, se retrouvait à envisager toutes les possibilités des plus sordides au moins plausibles. Alors Camille... elle n'osait imaginer ce qu'il traversait réellement. Elle le voyait bien, forcer des sourires à ses petites attentions, faire mine que tout allait bien dans le meilleur des mondes. Poussant un soupir, elle repoussa les couvertures qui lui tenaient trop chauds, et tenta de dormir. Son dilemme ne se résoudrait pas cette nuit ; et elle aurait besoin d'énergie pour affronter la journée du lendemain. Quoiqu'elle décide d'ailleurs. Si la présence de Camille à l'hôpital n'était pas encore assuré, Charlotte, elle, avait ses engagements là-bas et refusait de s'y soustraire pour des problèmes personnels aussi graves soient-ils. Elle ne servait à rien pour retrouver son neveu de toute façon, alors autant profiter de son temps pour offrir du réconfort à tous ces malades, et surtout aux enfants... C'était peut-être une forme de masochisme, mais Charlotte se sentait mieux en compagnie d'enfants, comme si elle retrouvait un peu de son neveu dans chacun d'entre eux. Ou peut-être plus simplement parce qu'elle pouvait être là pour eux comme elle ne l'avait pas été pour lui...
Au bout de plusieurs heures, la demoiselle finit par s'endormir du sommeil du juste, et si les quelques heures qui constituèrent sa nuit, furent agitées, Charlie fut rassurée que pour une fois, cela ne soit pas de Heath qu'elle rêve, mais plutôt de cette individu qui s'était introduit chez elle en plein milieu de la nuit. Revivre cette scène n'était pas particulièrement heureuse, mais puisque Kayden n'était pas décédé dans son salon, cela restait un cauchemar plus agréable à faire que d'essayer d'attraper, en vain, la main de son neveu alors qu'il disparaissait. Et puis... la fin du cauchemar n'était pas toujours aussi heureuse, alors qui était-elle pour se plaindre du répit que son cerveau lui accordait ? Pourtant, c'est bel et bien en sursaut qu'elle se réveilla, une fois de plus, lorsque le fracas d'une tasse s'écrasant sur le sol parvint jusqu'à sa chambre. D'un bond, la demoiselle jaillit hors de son lit, et descendit les escaliers quatre à quatre. « Camille, ça va ? » Rassurée de voir qu'il ne s'était pas coupé, elle le serra dans ses bras et déposa un baiser sur sa joue. « Assieds-toi, je te prépare une autre café, et je ramasse ça. » Etait-ce la meilleure chose à faire ? Non pas ramasser sa tasse pour lui, mais l'emmener avec lui à l'hôpital. Elle n'en était sincèrement pas convaincue, mais à court d'idée, elle n'avait pas vraiment le choix... « Il faut que tu sois prêt d'ici trois-quatre d'heures, je t'emmène avec moi aujourd'hui. » précisa-t-elle, alors qu'elle servait deux tasses de café. Pour éviter toute protestation, elle lui demanda simplement de lui faire confiance, et nettoya le sol de sa cuisine avant d'aller rapidement se préparer. Sincèrement nerveuse, elle espérait que Camille ne protesterait pas trop à l'idée de l'accompagner. Mais si c'était la seule chance de maintenir sa tête hors de l'eau, comment pouvait-il le refuser ?
Elle ne dit pas un mot le long du trajet, nerveuse et elle n'en dit pas plus une fois qu'ils se garèrent. Se contentant d'attraper sa main, elle le mena jusqu'à la salle où elle se préparait, et commença alors  à le briefer sur les malades qu'ils allaient rencontrer, et l'attitude à adopter. « Ils vont t'adorer, je sais le clown que tu peux être. » précisa-t-elle, avant d'agiter une perruque rouge devant lui, un air malicieux dans le regard. Elle n'était pas certaine qu'il accepte, mais... cela se tentait. Il n'y avait pas qu'Heath qu'elle aimerait retrouver ; son frère lui manquait aussi. Elle comprenait bien évidemment sa souffrance, mais rêvait simplement de voir un sourire sincère sur le visage de Camille...

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American beauty / American psycho

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Camille Walker
ADAM WALKER

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CRÉDITS : EXORDIUM.

INSCRIT LE : 08/08/2017
MESSAGES POSTÉS : 27


MessageSujet: Re: and i will try to fix you.   Jeu 21 Sep 2017 - 20:57

Les traits tirés, parfaitement immobile dans le silence pesant, ses yeux rouges restaient désespérément accrochés au 06:59 que formaient les petites diodes du four. Le temps semblait avoir suspendu son vol dans la pièce ; seule la vapeur qui s’échappait de son café rendait la scène réelle. Lui ressemblait à une statue de cire – une statue émaciée et mal rasée.
Et puis, les chiffres lumineux basculèrent sur 07:00, Camille s’anima soudainement. Attrapant le téléphone, il tapa un numéro qu’il ne connaissait que trop, son cœur se tordant avec angoisse dans sa poitrine. Sept heures du matin, une heure raisonnable pour appeler sur le téléphone personnel de l’inspecteur travaillant sur la disparition de Heath, selon lui. Il n’y aurait probablement rien de nouveau depuis la veille au soir, il en avait conscience. Mais une part de lui ne pouvait pas s’empêcher d’espérer. Une nouvelle piste, une réponse – n’importe laquelle. Il était prêt à tout entendre, maintenant. Rien ne pouvait être pire que ce qu'il vivait déjà. Rien ne pouvait être pire que ce qu'il s'imaginait déjà.
La sonnerie s’éternisa, et pendant une seconde, il crut qu’il ne décrocherait pas. Mais soudainement, la voix sèche de l’inspecteur résonna dans le combiné. « Monsieur Walker, pour la millième fois, je vous préviendrai à la seconde où nous aurons du nouveau. En attendant, merci d’arrêter de m’appeler pour rien. » L’homme raccrocha avant même que ses mots ne pénètrent le cerveau de Camille - un uppercut en pleine gueule. Serrant les dents, il repoussa le téléphone, se prenant nerveusement la tête entre les mains. Il sentit à peine la tasse que son bras poussait - avant de l’entendre se fracasser sur le carrelage. Il se leva aussitôt, regardant les bouts de céramique brisée, cherchant au fond de lui une moindre trace de courage pour ramasser ses erreurs, essayant de mettre assez d'ordre dans son esprit pour voir par où commencer. Mais il resta planté là, incapable de faire autre chose que d’observer en silence le café qui se répandait doucement sur le sol. Les pas de sa sœur résonnèrent dans l’escalier, et elle le serrait bientôt dans ses bras. « Charlotte j’ai cassé ta tasse… » Il avait énoncé l’évidence d’une voix rauque, presque inaudible, avant de s’asseoir docilement pour la laisser nettoyer. Il se sentait mal. Mal d'être un tel poids pour elle. Mal de se montrer aussi inutile ; une plante verte aurait fait mieux.
Et puis, l’annonce de sa petite sœur lui fit froncer les sourcils. « Où, à l’hôpital ? » Elle faisait maintenant du bénévolat au service pédiatrie – ça, il avait pigé. Mais pourquoi voulait-elle l’emmener là-bas, lui ? Le faire voir par un psy ? L’interner ? Il faisait de son mieux pour donner le change, pour essayer de ne pas l’inquiéter, mais elle le connaissait assez pour savoir à quel point il était dévasté. Et si elle venait de décider qu’elle n’avait pas à jouer les assistantes sociales et qu’il avait besoin d’une aide professionnelle ? L’idée le paniqua ; pourtant, il ne protesta pas. Il n’en avait ni la force, ni l’envie. Pourrir la vie de Charlie était la dernière chose qu’il voulait, alors il se plierait à toutes les décisions qu’elle prendrait pour lui. Ce n’était de toute façon pas comme s’il avait l’esprit assez clair pour les prendre lui-même. Et puis, s’il n’avait le choix qu’entre la suivre ou passer une autre journée sur internet à chercher des théories toutes plus fumeuses les unes que les autres pour expliquer la disparition de son fils, autant la suivre. La faille spatio-temporelle, les aliens, le complot gouvernemental, la téléportation, les légendes anciennes – il avait tout lu, même les histoires les plus invraisemblables. C’était à en avoir la nausée. La théorie la pire était peut-être celle de l’invisibilité. Oui, l'idée était ridicule. Mais si jamais? Si Heath était bien là, s’il essayait en vain d’attirer son attention, et qu’il ne pouvait pas le voir ? Et si lui aussi, se sentait abandonné, impuissant et sur le point de perdre l’esprit ? Oui, sortir ne l’enchantait pas, la perspective d’aller à l’hôpital encore moins. Mais c’était toujours mieux que de s’enfermer un jour de plus dans le même schéma stérile et angoissant.
Après avoir bu la moitié de son café, il fit l’effort de prendre une douche et de se raser – s’il fallait convaincre un psy qu’il n’avait pas encore totalement perdu l’esprit, autant ne pas avoir une apparence qui crie j’ai sombré dans la folie et dans l’alcool. D’autant que ce n’était pas le cas : Charlotte avait mystérieusement cessé d’acheter des bouteilles depuis qu’il avait fini ses réserves, la semaine où il était arrivé chez elle. Un simple moment de faiblesse. Promis.

Le trajet se passa dans le silence, Camille se bornant à regarder le paysage défiler par la fenêtre. Il la suivit ensuite dans une salle, où il comprit confusément qu’elle voulait simplement qu’elle l’accompagne voir les enfants. Il ressentit un mélange de soulagement et d’inquiétude : c’était toujours mieux que de se faire interner de force, ouais. Mais il n’était pas sûr d’être prêt à voir des enfants. Il ne pourrait pas s’empêcher de voir Heath dans chacun de leurs rires, dans chacune de leurs larmes, il le savait déjà.
Charlie agita une perruque rouge devant lui, un air malicieux illuminant ses traits fins. Il la dévisagea une seconde, interdit, avant de la prendre doucement, obligeant un sourire à se glisser sur ses lèvres. Il savait bien pourquoi elle faisait tout cela, au fond. Et même s'il n’était pas sûr de réussir à donner le change, il voulait essayer. Au moins pour elle. C'était lui le plus âgé ; c'était lui, qui était censé être un pilier. Tout l'inverse de ce qu'il était depuis trois mois. Elle avait probablement besoin de lui aussi ; la disparition de son neveu l'avait grandement affectée et il le savait. Alors, si tout ce qu'elle demandait était de se changer un peu les idées, il pouvait bien prendre sur lui quelques heures. « Fallait le dire si ma coupe de cheveux est si affreuse que ça, on peut toujours envisager le coiffeur avant d’en arriver à de telles extrémités. » Sur ces mots, il enfonça la perruque sur sa tête, attendant la réaction de la jeune femme. Il n’avait pas besoin de miroir pour savoir qu’il avait l’air parfaitement ridicule – mais ça lui importait peu, tant que ça lui faisait plaisir.
Il regarda autour d'eux, attrapa le nez rouge qui traînait sur un meuble, avant de l'enfiler de lui-même. Putain, ce truc puait et pinçait à la fois - pas étonnant que les clowns finissent tous aussi mal. « Ok, alors je la joue plutôt à la Pennywise, ou à la John Gacy ? » Il dévisagea sa petite sœur quelques secondes, l'air sérieux, avant de s'arracher un sourire. « C'est bon, j'ai compris, va pour Bozo... » Il la laissa finir de se préparer, puis se laissa guider dans le dédale de couloirs, son anxiété grandissant à chaque pas. Et puis, quand elle s'apprêta à pousser la dernière porte qui les séparait des enfants, il lui attrapa le bras pour la retenir. « Charlotte, attends... » Ses yeux bleus sondèrent les siens, l'angoisse se lisant sur ses traits. Cette fois, il ne jouait pas la comédie ; il était terrifié. « Aucun ne me connait, hein ? » Il se doutait que les chances d'être reconnu étaient minces : la plupart des films dans lesquels il avait joué étaient trop sombres pour être montré à un jeune public, et puis... Eh bien, il était affublé en clown. Mais il voulait en être sûr. L'idée qu'un jeune fan ayant une bonne image de lui le voie dans cet état lui paraissait insurmontable.
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