“ I need to be saved. ” (Nancy)


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Dave Chetwynde
DAVID CHETWYNDE

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MessageSujet: “ I need to be saved. ” (Nancy)   Dim 10 Sep 2017 - 13:39



I need to be saved

Le silence. Effrayant, enivrant, surplombait l'ensemble de l'étage vidé depuis des heures. David était assis derrière son bureau, lui-même en accord parfait avec ce silence. Il ne faisait plus rien depuis de longues minutes. Il fixait simplement son écran, vidé de toute émotion. Était-ce de l'ennui ? Un manque de motivation ? Il n'aurait pu choisir le terme exact pour exprimer ce qu'il ressentait à ce moment-là. Rares étaient ceux qui restaient si tardivement dans les locaux. Lui le premier. La plupart du temps, il sortait, s'affichant aux bras de sa fiancée, prouvant qu'il avait le monde sous les pieds. Que le contrôle de cet empire serait entre ses mains dans peu de temps. Pas ce soir. Ce soir il n'avait la tête à rien. Vraiment. Alors comme souvent, il trainait. Il vérifiait quelques paperasses sans valeur, comme s'il allait trouver une faille dans des choses parfaitement entretenues. C'était idiot, mais c'était plus fort que lui. David voulait se sentir utile, important. Il vouait être capable de découvrir ce qui n'allait pas, prendre de l'avance sur des possibles erreurs. Gérer la situation comme il devrait être capable de la gérer. Il décida pourtant de laisser tomber, observant son écran qui n'affichait que des statistiques de ventes. Les chiffres étaient corrects. Même assez bon. Il n'y avait rien à redire, il n'y avait rien à détecter. Alors David se laissa pousser par son fauteuil à roue et s'étira la nuque qui craqua sous ses mouvements.

D'un geste de la main, il éteignit son écran et se leva. La vue de son bureau était incroyable. Son regard s'y attarda un instant. Une fraction de seconde. Puis il quitta les lieux, veste sur l'épaule. Il était incapable de dire l'heure qu'il était et la descente de l'ascenseur ne l'aida pas tant son rythme semblait être complètement ralentie. Par automatisme, il décida d'aller à l'étage le plus bas, là où se trouvaient les clones encore en construction. Ceux qu'on teste. Ceux qu'on oublie. Il ne se rendit compte de son erreur que lorsque les portes s'ouvrirent. Et non, il n'était pas dans le parking. Il voulut faire marche arrière, mais décida à la dernière minute de traverser le couloir et de se rendre dans une pièce en particulier. Les lieux étaient encore plus silencieux qu'au sommet de l'immeuble. Il y avait un parfum de film d'horreur, mais David ne s'en inquiétait pas du tout. Il voulait juste voir le clone de sa mère, toujours assis au même endroit, à côté des mêmes prototypes. C'était son truc à lui. Venir l'observer, parfois même lui parler. Il n'attendait jamais de réponses, mais la sentir à ses côtés… quelque part, c'était rassurant.

Que… Il laissa tomber sa veste, accélérant le pas. Sa mère n'était pas là. Il n'y avait rien, plus aucun clone assis sur ce banc. La panique se réveilla en lui et il se mit à chercher dans chaque pièce jusqu'à les trouver tous debout, au centre d'une salle. Il est vrai que certains ingénieurs vérifiaient leur capacité à tenir au fil des années pour savoir quels matériaux conserver ou non. Mais ce qui perturba David, ce sont ces clones qui se tournèrent vers lui lorsqu'il ouvrit la porte. Ils ne faisaient rien, ils étaient justes debout. En silence. Aller savoir depuis combien de temps… Et puis ses yeux s'écarquillèrent à la vue du clone de sa mère, à terre. Elle essayait de se relever, sans y arriver. Ses jambes ne semblaient pas répondre. Elle essayait encore et encore, impuissante, sans parvenir à se lever, sans s'arrêter. Il traversa la pièce pour l'aider à s'asseoir, surpris de la voire éveillée. Il ne ponça aucun mot alors qu'il pouvait voir son visage. C'était comme un plongeon dans le passé. Son visage était roué de coups et maintenant qu'il était plus près, il pouvait clairement voir des marques de coups sur ses jambes.

Un frisson le parcourut alors qu'elle lui fit un sourire. Elle ne parlait pas. Mais elle semblait le reconnaitre et glissa une main froide sur sa joue. David se mit alors à trembler. À la fois de colère, de tristesse et puis il y avait autre chose d'inexplicable. Il contacta ensuite deux de ses hommes de main qui ne tardèrent pas. Des gorilles. David désactiva vocalement les clones debout et camoufla ses yeux blessés devant ces gardes du corps. Ils se chargèrent de soulever sa mère et ensemble, ils se rendirent au centre médical. Toujours dans le silence le plus extrême.

Il n'avait toujours aucune idée de l'heure, du temps, du moment. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il voulait quelqu'un qui répare sa mère. Qui l'arrange un peu. Il ne voulait pas appeler l'un de ces ingénieurs – ils sont encore tous trop fidèles à son père. Il n'avait donc pas le choix. Il entra dans une rage et une rapidité effrayante, cherchant des yeux quelqu'un qui pourrait l'aider. L'un de ces gorilles poussait sa mère sur un fauteuil roulant. L'autre vérifiait la discrétion de l'endroit.

Vous ! Il repéra une jeune femme et se mit à courir pour l'attraper par le bras et la forcer à se retourner. J'ai besoin de vous ! Oublié les convenances, la politesse, les stratégies du business. David n'avait plus la carrure de l'héritier si propre sur lui. Sa chemise était tâchée du sang artificiel. Son visage clairement blessé par la vision du clone de sa mère brisée. Il n'était plus que ce gamin d'autrefois, qui regardait les choses impuissantes. Cette fois, pourtant, il pouvait faire quelque chose.


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hurting like hell

it's never enough,
it will never be.

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MessageSujet: Re: “ I need to be saved. ” (Nancy)   Sam 16 Sep 2017 - 22:19

Nancy chantonnait rêveusement en réassortissant son charriot. Elle avait soigneusement fait l’inventaire de ce qui pouvait manquer et avait été chercher le nécessaire dans la réserve avant de regarnir son outil de travail le plus précieux. Elle irait ensuite de chambre en chambre, chez chaque patient (puisque c’était comme cela qu’elle les considérait et pas autrement), pour s’assurer que tout était en ordre. La jeune femme évoluait dans cet univers en s’efforçant d’adopter le comportement habituel, celui qu’elle aurait eu dans n’importe quelle clinique. S’il lui était arrivé d’envisager de donner sa démission pour aller travailler dans un centre hospitalier ‘normal’ (où on soignait les gens nés naturellement, en somme, pas ceux qui avaient été créés et manufacturés pour dieu sait quel but), Nancy ne s’y était jamais résolue. Elle ne pouvait imaginer abandonner ces clones qu’elle avait appris à connaitre, peu à peu, et qui faisaient naitre en elle un sentiment qui mêlait affection et pitié. Elle ne leur enviait en rien leur existence, se disait souvent qu’il aurait mieux valu pour eux qu’ils ne soient jamais ‘nés’, même ceux qui étaient destinés à remplacer un défunt. Comment pouvait-on valider qu’un être humain puisse être prisonnier d’une existence qu’il n’avait pas choisie ? Malheureusement, et Nancy en avait parfaitement conscience, c’était le lot de bien des gens, clones ou pas. Combien de gens, en effet, ne vivaient pas dans des pays où les libertés étaient limitées ? Combien ne vivaient pas sous le joug d’une conception de la vie qui n’était pas la leur ? La différence, c’est qu’ils étaient plus ou moins libres, là où les clones étaient des esclaves de la volonté de leur propriétaire. À croire qu’on répétait les travers au fil des siècles et que celui-ci n’échappait pas à la règle. Tout ce que Nancy pouvait dès lors leur offrir, c’était de la compassion et une sorte de tendresse. Cela faisait maintenant plus de trois ans qu’elle travaillait entre les services des soins intensifs et des urgences et le silence du premier était largement contrebalancé par l’activité de second. Ce soir, pourtant, tout était assez calme. Assez, en tout cas, pour qu’elle ait eu tout le temps de s’occuper de son charriot et pour chantonner en rêvant d’Arthur. À sa simple pensée, elle sentit son cœur se mettre à battre plus vite et un sourire conquit ses lèvres, un sourire qui ne l’avait plus quitté depuis qu’elle avait rencontré son petit ami. C’était peut-être aussi cela qui la poussait à affronter ses réticences : le médecin lui avait sauvé la vie en opérant son cœur dysfonctionnel et lui avait fait découvrir les passions de l’amour. Alors elle pouvait bien offrir son temps et sa patience à de pauvres gens qui n’avaient même pas demandé à vivre, non ?
Elle avait encore quelques minutes avant d’entamer sa ronde, cependant, et elle les passa à se remémorer son dernier rendez-vous avec Arthur. Elle n’eut qu’à fermer les yeux pour retrouver le confort de se savoir en sécurité et aimée. Elle n’eut qu’à inspirer longuement pour avoir l’impression de sentir le parfum masculin l’envelopper et elle aurait tant donné pour pouvoir glisser sa main dans la sienne et se blottir contre son épaule. Il lui manquait atrocement et elle regrettait qu’ils ne puissent pas se voir plus souvent. Si ça n’avait tenu qu’à elle, ils se seraient vus tous les jours. Mais l’emploi du temps de son médecin favori était extrêmement rempli et comment pouvait-elle être égoïste et souhaiter qu’il passe du temps avec elle plutôt qu’à sauver des vies ? Que serait-elle devenue s’il avait eu quelqu’un et qu’il avait délaissé son dossier ? Elle ne serait peut-être plus de ce monde, aujourd’hui. Alors elle se contentait de ce qu’elle pouvait grappiller et chérissait chaque minute passée avec son amant. Ça ne rendait leurs retrouvailles que plus intenses et elle les savourait comme jamais, consciente qu’elle n’avait aucune idée du moment où elle pourrait à nouveau se lover entre les bras d’Arthur.  
Subitement, elle fut tirée de ses songes éveillés par une voix impérieuse  et elle rouvrit les yeux, une compresse toujours à la main. Nancy tourna instinctivement la tête en direction de celui qui l’interpelait et fut surprise de le voir déjà sur elle, les traits trahissant un désarroi mêlé de panique et de fureur. Habituée aux humeurs changeantes des proches des patients – comment les blâmer lorsque c’était souvent l’inquiétude qui contrôlait leurs gestes et leurs mots – elle ne recula pas sous l’assaut, ni à la vue de la chemise tachée et se contenta de poser une main apaisante sur les doigts qui enserraient son bras. Elle reconnut sans mal l’héritier des Chetwynde (quiconque travaillait sur le campus connaissait par cœur les visages de ses dirigeants) mais cela n’aurait rien changé s’il avait s’agit d’un propriétaire de clone lambda. Elle traitait tout le monde avec la même courtoisie et c’est donc avec un sourire patient et assuré qu’elle s’adressa au jeune homme, non sans détacher ses doigts avec une certaine fermeté.
- Je vous écoute, M. Chetwynde. Que se passe-t-il ? Puis-je vous apporter la moindre assistance ?
Nancy jeta un coup d’œil vers les hommes qui approchaient en poussant une dame dans un fauteuil roulant. La jeune femme mesura plus ou moins la situation et reporta son attention sur son interlocuteur :
- C’est votre mère ? Pouvez-vous me dire ce qu’il lui est arrivé ?
Et, sans attendre, elle s’approcha de la dame et se pencha légèrement pour étudier brièvement l’ampleur des blessures. Il était évident qu’elle avait passé un sale moment : son visage comme ses jambes étaient vilainement marqués. S’accroupissant à hauteur du clone, Nancy prit les mains de celui-ci entre les siennes et lui adressa un sourire rassurant :
- Ne vous inquiétez pas. Je vais vous examiner et nous allons vous remettre sur pieds en un rien de temps.
L’infirmière se redressa souplement et tendit la main vers une porte, à quelques mètres de là :
- Venez, nous pouvons l’installer dans la chambre 312.
Elle invita les hommes à y conduire la mère du jeune héritier et elle se tourna vers ce dernier pour déclarer :
- Ne vous inquiétez pas, nous allons bien nous occuper d’elle.
Mais tout en disant cela, elle se demanda si l’affaire n’était pas plus grave qu’il n’y paraissait. Ferait-elle partie de ces clones dont les visites à la clinique devenaient une habitude ? Et dont on devait observer le départ, impuissant, en sachant qu’il aurait été plus juste de les soustraire à leurs propriétaires ? Mais c’était la loi du marché et les clones étaient, quoi qu’on en dise, une propriété, le genre que rien ne protégeait.
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