the only real battle in life is between hanging on and letting go


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 the only real battle in life is between hanging on and letting go

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Wyatt Ansley

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MessageSujet: the only real battle in life is between hanging on and letting go   Dim 10 Sep 2017 - 10:23

Lorsqu’on lui avait présenté l’uniforme, Wyatt n’avait pas pu réprimer une grimace. Le type l’avait remarqué, lui avait demandé si ça lui posait un problème et Wyatt, comme à son habitude, avait baissé les yeux et secoué imperceptiblement la tête. Cet homme se doutait-il seulement de ce que ça lui évoquait, ou s’imaginait-il qu’il était face à l’un de ces jeunes que tout travail rebute ? Avait-on mentionné le fait que le nouveau qui allait nettoyer les salles sortait de prison pour avoir attaqué une jeune femme et l’avoir violée ? Qu’importe qu’il soit innocent, en fin de compte, sa peine, il l’avait purgée et, par conséquent, cela vérifiait les accusations, non ? Un véritable innocent n’aurait pas accepté son sort si facilement, non ? Il se serait époumoné et épuisé à clamer qu’il n’y était pour rien, qu’il y avait erreur. Non ? Mais Wyatt l’avait répété. Sans cesse. Pour lui-même, pour se donner du courage. Il le soufflait dans le silence de sa solitude, alors qu’il nettoyait les toilettes ou était affecté à la plonge. Il murmurait qu’il n’avait rien fait, qu’il n’aurait jamais pu, qu’il était bien trop amoureux de Sarah pour lui faire le moindre mal. Une ou deux fois, il avait été surpris durant sa litanie désespérée et, une ou deux fois, il avait été passé à tabac. Après, il avait continué à faire ses prières mais dans sa tête, là où personne ne pouvait les surprendre. Là où on ne pourrait pas lui rire au nez et lui cracher à la figure qu’il n’était qu’un sale pervers, qu’avec sa gueule, fallait pas s’étonner que les nanas ne veuillent pas le toucher. Le type de la cellule 118, par contre, il avait repéré son visage d’ange et… Wyatt fermait alors les yeux, dans ces moments-là, comme si cela le rendait sourd également. Cet uniforme une pièce, d’un gris délavé et usé, c’était cela qu’il lui rappelait. Mais le bonhomme s’en doutait-il seulement ?
Wyatt avait enfilé l’uniforme. Ça n’avait pas été fait de gaieté de cœur mais il y était parvenu et, à présent, il se regardait dans le large miroir du vestiaire, chose qu’il n’avait jamais pu faire en prison. Il ne s’était jamais vu en entier, comme ça, et il contempla longuement ce spectacle qu’il offrait en se disant que ça n’était pas étonnant qu’il ait été pris pour cible. Plutôt grand et dégingandé, il avait l’air encore plus malingre dans cette étoffe rugueuse et trop large qui lui donnait l’air de flotter dedans. Une proie facile, un jouet désarticulé qu’on pouvait bousculer à volonté, qui ne se rebellait pas, qui ne resquillait pas. Qui encaissait. Wyatt n’avait pas tant l’impression d’encaisser que de subir son sort et cela persistait, même aujourd’hui, alors qu’il était sorti de prison. Combien de temps, encore, allait-il se laisser porter par ce courant trop fort ? Eternellement, il lui semblait, parce qu’il était déjà éreinté par la vie. Toutefois, ici, au moins, il n’y avait pas ces mecs qui faisaient trois fois sa carrure et qui le lorgnaient d’un air terrifiant. Il était seul et si, en un sens, cela ne changeait rien à sa solitude habituelle, cela avait quelque chose d’apaisant de savoir qu’il n’avait pas à regarder par-dessus son épaule, qu’il n’avait pas à craindre une attention désagréable – un regard louche, une main aventureuse, un corps trop présent, une odeur trop envahissante. Attrapant son matériel (un seau rempli d’une eau trouble et savonneuse et une serpillère), Wyatt sortit du vestiaire et poussa le seau à travers les couloirs avec l’impression d’être l’un de ces concierges qu’il croisait, adolescent, dans le labyrinthe de son lycée. Une chance qu’il n’avait pas été envoyé là-bas. Il ne savait pas s’il aurait supporté de traverser ce royaume où sa vie avait basculé, où il était devenu un paria, un sale obsédé, où il risquait de croiser des visages familiers. Ce bâtiment-ci était en réalité une petite école de danse aux vastes salles de parquet ciré, où la musique résonnait, plus ou moins lointaine, plus ou moins évocatrice. Et le jeune homme se demanda s’ils savaient vraiment qu’il sortait de prison ou si on avait soigneusement omis de le leur préciser. Autrement, aurait-on laissé un homme accusé de viol se promener au milieu de petites filles et jeunes filles, sans surveillance de surcroit ?
Il parvint devant la salle indiquée sur son emploi du temps et chercha la clé qui l’ouvrait parmi le large trousseau qui était attaché à sa ceinture et qui tintait à chacun de ses pas. Il mit une bonne minute à la trouver et se dit qu’il devrait rapidement apprendre à les distinguer, sous peine de ne pas faire le boulot assez vite et d’être renvoyé. Il ne pouvait pas imaginer revenir à la maison et avouer à sa mère qu’il avait été congédié. La porte s’ouvrit avec un léger grincement et il alluma les lumières pour découvrir un palais de miroirs et de barres. Il fut hypnotisé quelques secondes par les reflets des rayons qui traversaient les grandes fenêtres puis se ressaisit et entreprit de passer la serpillère sur le parquet en un geste mécanique.

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I know I'm not the only one who regrets the things they've done. Sometimes I just feel it's only me who can't stand the reflection that they see. I wish I could live a little more, look up to the sky not just the floor. I feel like my life is flashing by and all I can do is watch and cry.
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