Green lights forever ◇ Ned


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Tess Henney
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MessageSujet: Green lights forever ◇ Ned   Dim 10 Sep 2017 - 0:12

Tess le connaissait. Elle en était persuadée même si elle n'arrivait pas à mettre un nom sur ce visage, ni même un contexte sur leur rencontre. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle le connaissait et qu'il lui avait fait bonne impression, d'où l'envie qui la titillait d'aller s'assoir en face de lui pour prendre son café.
En attendant qu'on la serve, elle garda un œil sur le jeune homme pour s'assurer que personne ne prendrait place à ses côtés, ou du moins personne qui ne l'empêcherait de tenter sa chance. Il avait le droit d'être là pour un rendez-vous, retrouver sa petite amie, sa mère ou sa sœur, mais Tess espérait qu'il n'en serait rien. Elle aimait bien avoir de la compagnie pour boire, en particulier lorsqu'il s'agissait d'une compagnie aussi charmante que celle de Ned Abernahy. Ned Abernathy, voilà qui il était, et Tess poussa un petit cri de triomphe et d'excitation qui sembla distraire le barrista en train de préparer sa commande. Elle lui offrit une moue désolée pour toute excuse puis reporta son attention sur Ned, qu'il lui semblait avoir invité sur le plateau de son émission quelques mois plus tôt. A moins qu'il ne soit venu s'occuper de sa mère lorsqu'elle avait eu son accident l'an dernier, elle ne savait plus. Dans un cas comme dans l'autre, elle le connaissait et avait donc une très bonne raison de l'aborder, lui évitant ainsi la perspective d'avoir à siroter son café sans autres interactions que celles des notifications sur son portable. Non pas que ça la dérange, d'autant plus qu'elle avait posté une photo de son OOTD en quittant Owen et savait par expérience qu'une avalanche de commentaire à lire et traiter l'attendait. Elle essayait de répondre à chacun d'entre eux, ou au moins de les gratifier d'un « j'aime » sans conséquence qui ferait le bonheur de l'un de ces admirateurs tapis dans l'ombre. Le terme officiel était « follower » mais Tess considérait qu'il manquait de passion, comme si l'expérience des réseaux sociaux était purement passive. Pour elle, en tout cas, il s'agissait d'une activité à plein temps. Elle consultait ses comptes à chaque moment de creux, que ce soit un blanc dans la conversation ou un manque d'intérêt pour ce qui se passait autour d'elle. Quoi qu'il arrive, elle avait toujours une bonne excuse pour y faire un tour et s'y perdre, que ce soit dans sa propre contemplation ou dans celle de personnes qui lui étaient plus ou moins proches.
Pour une fois, elle était néanmoins prête à faire une exception et à accorder un peu de temps au vrai contact physique. Depuis quand est-ce qu'elle n'avait pas parlé à un inconnu, ou au moins quelqu'un  avec qui elle n'avait pas un véritable historique d'échanges ? Des semaines, des mois probablement, une autre de ces choses que les disparitions avaient entrainées. D'un seul coup, les gens avaient ressenti le besoin de s'épancher et, en bonne animatrice de talk-show, elle était devenue l'auditrice privilégiée de beaucoup de petites oreilles influençables. Ce côté là ne la dérangeait pas trop d'habitude, Tess aimait savoir qu'elle avait ce pouvoir sur eux, mais elle avait nettement moins apprécié la longue litanie d'apitoiement à laquelle elle avait eu droit. D'un seul coup, on avait arrêté de lui demander un autographe ou un selfie pour privilégier une histoire larmoyante où un ami, un proche ou un frère avait disparu, une histoire sensiblement identique à toutes celles déjà racontées mais qu'elle se devait de trouver plus émouvante et plus tragique que toutes les autres. Elle y avait droit sur le plateau, et elle y avait droit en dehors du plateau. Si elle n'avait pas d'autre choix que de supporter cette corvée dans le cadre de son travail, elle avait vite changé de tactique à l'extérieur, instaurant une distance nouvelle avec ceux qui voulaient l'approcher, distance fort pénible pour celle qui aimait tant qu'on lui rappelle à quel point elle pouvait être formidable mais seul rempart pour la sauvegarde de sa santé mentale. C'était soit ça, soit elle se mettait à hurler un mémorable Mais je m'en fous de ton histoire ! à la prochaine âme en peine qui commettrait l'imprudence de la prendre pour confidente. Les psys devaient se frotter les mains depuis toutes ces disparitions, et Tess les comprenait. Elle, ça ne l'intéressait pas d'écouter des gens ressasser les mêmes problèmes semaine après semaine, mais elle comprenait que d'autres trouvent ça gratifiant d'aider à voir plus loin que le bout de son nez, surtout en étant payé plusieurs centaines de dollars la séance. Vu le travail, c'était plus que bien rémunéré, et elle ne voyait aucune idée de faire la même tâche bénévolement. Elle voulait bien compatir et verser une petite larme face caméra mais, en dehors des plateaux, c'était terminé. Pour Ned, elle était cependant prête à contourner cette petite règle qu'elle s'était imposée. Lui, il ne devait pas être du genre à vouloir pleurnicher sur son épaule, pas avec un physique pareil...
- Salut ! La place est libre ?
Elle s'assit avant d'obtenir une réponse, trop heureuse de voir que personne n'avait pris la place avant elle, comme si le destin la lui avait réservée.
Ce qu'il pouvait être sexy de près, c'était pas croyable... Elle savoura la vérité de cette remarque d'un battement de cils et apprécia le fait de ne l'avoir que pour elle pour les quelques minutes à venir. En présence d'Owen, elle n'aurait pas eu la même liberté pour profiter du spectacle et cela lui en aurait sûrement causé un regret éternel.
- Alors, toujours occupé à sauver des vies ?
Son café était glacé, à l'opposé de son interlocuteur, et Tess en était la plus heureuse.

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MessageSujet: Re: Green lights forever ◇ Ned   Sam 16 Sep 2017 - 21:29

Ned aimait ces instants simples, calmes. Lui-même était quelqu’un de simple. Et calme. Et soucieux des autres. Et timide. Et rêveur. Et distrait. Il se perdait facilement dans des instants comme ceux-là, où le monde continuait à tourner autour de lui et lui donnait l’impression d’assister à ce spectacle depuis une bulle de verre qui l’isolait de la réalité. Il était pourtant bien là, assis dans ce café, une tasse fumant doucement entre ses grandes mains douces et précautionneuses. Une chaise vide en face de lui, comme souvent. Enveloppé par les sons caractéristiques de la vie qui suit son court – la machine à café qui émet un sifflement excédé, une cuiller qui tourne nerveusement dans une tasse, un brouhaha de conversations inintelligibles qui se télescopent et fusionnent, les chaises qu’on manipule avec plus ou moins de délicatesse pour s’asseoir – il pouvait passer des heures à regarder les gens glisser comme des ombres sur le trottoir, seuls, en couple ou en groupes. Il y avait une certaine beauté dans leurs mouvements, dans leurs traits soucieux ou rieurs. Il songeait souvent que s’il avait été peintre, il aurait retenu tous ces détails pour les retranscrire sur une toile. Il se fichait complètement que ça soit un tableau banal, sans extravagance, c’était ce qu’il aimait tant : la beauté de l’ordinaire, il ne voyait pas ce qu’avaient les gens à toujours vouloir être vus, connus, enviés. Lui, il aimait la simplicité de son existence, la douceur des relations qu’il nouait, le calme de son quotidien. Il avait assez d’émotions avec son travail sans vouloir en expérimenter d’autres ailleurs. Empathique, il mettait tout son cœur dans ce qu’il entreprenait, même si ça ne semblait jamais très passionnant aux yeux de ceux qui le questionnaient. Et Ned ne cherchait pas à changer leur opinion, se contentant d’un sourire serein. Alors peut-être que c’était vrai, peut-être qu’il avait muri trop vite, pour une raison qu’il ignorait lui-même, peut-être qu’il avait une vieille âme, comme disaient ses amis, peut-être qu’il était juste d’une nature discrète, sans trouble, sans éclat. Le genre dont on ne s’attend pas à ce qu’il puisse attirer l’œil d’une jeune femme comme Tess Henney, en tout cas. Il n’était pas spécialement étonnant qu’il ait pu lui faire bonne impression – il était dur de trouver quiconque qui ait quoi que ce soit à redire à propos de Ned, après tout – mais l’intérêt qu’il suscitait chez l’animatrice était, lui, singulier. Après tout, ils auraient pu être d’exacts opposés : elle qui adorait être le centre de l’attention, lui qui se complaisait dans l’anonymat ; elle qui était férue de réseaux sociaux, lui qui n’en avait pas un seul ; elle qui resplendissait de charisme lorsqu’il pouvait paraitre bien terne et effacé. Que pouvait-elle bien lui trouver ? Il ne tenait pas à voir sa cote de popularité augmenter sous prétexte qu’une star des médias avait fait de lui son sujet d’attraction principal. Et si l’idée saugrenue qu’il puisse être un invité de marque pour l’une de ses émissions était passée par la tête de la jeune femme, elle se trompait sur toute la ligne : Ned n’aurait rien de bien intéressant à dévoiler. Mais à ce moment-là, alors qu’il contemplait rêveusement la rue, il n’avait pas encore conscience d’être la cible d’un intérêt tout particulier. Il n’avait pas vu Tess entrer, n’avait pas remarqué les coups d’œil insistants dans sa direction, ni entendu le petit cri triomphant qu’elle avait poussé en se remémorant son nom. Lui, il n’aurait aucun mal à l’identifier puisqu’il suivait parfois son émission, les fois où il tombait dessus et, qu’on l’adule ou qu’on la déteste, il fallait bien avouer que la jeune femme marquait les esprits. Et puis, accessoirement, il avait été l’aide-soignant de sa mère. À l’époque, il avait trouvé amusant de voir la célébrité dans la vie de tous les jours mais ses soins avaient été éphémères et il était retourné à sa vie de tous les jours. De toute façon, Ned n’oubliait jamais un visage, ni un nom. Il arrivait à tous les caler dans un coin de sa mémoire, un atout certain lorsqu’on devait se souvenir des prénoms des proches de ses patients et qu’il fallait entamer la conversation, plus par politesse qu’autre chose. Mais, forcément, lorsque ce furent les traits étrangement familiers et étrangers à la fois de Tess Henney qui lui apparurent, Ned n’eut aucun mal à faire le lien. Il ne chercha toutefois pas à cacher sa stupéfaction lorsqu’il la vit s’installer face à lui et il lui adressa un sourire légèrement embarrassé, persuadé qu’elle devait se méprendre et s’imaginer qu’elle parlait à quelqu’un d’autre. Car, après tout, pourquoi la fabuleuse Tess Henney s’adresserait-elle au timide Ned Abernathy ?
- Salut, répondit-il tout de même. Oui, je t’en prie, elle est libre.
C’était bien la première fois qu’on le perturbait alors qu’il buvait son café. Généralement, il avait largement le temps de le boire et de s’éclipser sans que personne ne soit venu lui parler (à part pour lui proposer un refill). Aussi observa-t-il l’intruse d’un œil un peu amusé et confus, se demandant ce qu’il se passait. Il ne put réprimer un coup d’œil aux tables voisines, se disant que c’était peut-être la seule chaise libre qui avait poussé l’animatrice à s’inviter à sa table mais les quelques tables et chaises vides voisines lui prouvèrent le contraire et il revint donc poser les yeux sur la jeune femme au moment où elle l’interrogeait. Finalement, elle était peut-être plus au fait de son identité qu’il ne l’avait initialement imaginé.
- Je ne sauve pas vraiment des vies, répondit-il avec son humilité coutumière avant de la regarder longuement, le but de son approche demeurant toujours un mystère. Et toi, toujours aussi occupée ? Comment va ta mère ?
Il n’était pas du genre familier, d’habitude, mais la jeune femme avait ce don particulier de donner l’impression à tous qu’ils la connaissaient quand il était évident que personne ne devait véritablement la connaitre. Loin d’être dupe, il se laissa pourtant porter par le courant, intrigué par l’approche de la jeune femme. Que pouvait bien lui vouloir Tess Henney ?
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MessageSujet: Re: Green lights forever ◇ Ned   Ven 27 Oct 2017 - 15:37

Tout n'était pas rose dans le petit monde de Tess Henney, mais un joli garçon avait toujours su lui redonner le sourire. Elle avait conscience que son comportement pouvait prêter à confusion, comme elle savait qu'Owen aurait désapprouvé, mais c'était plus fort qu'elle. Très innocemment, ou parfois un peu moins, il lui fallait flirter, montrer qu'elle avait remarqué celui en face d'elle et qui, dans un autre contexte, l'aurait laissée encore moins indifférente. Pour l'heure, ce n'était qu'un petit jeu sans conséquence, et la perspective de tromper Owen lui était des plus étrangères. Elle profitait du spectacle qui s'offrait à ses yeux et le savourait, puis passait à autre chose. Il y avait d'autres gens, d'autres visages, d'autres fessier et tant d'autres opportunités, chacune se contentant de s'ajouter à la longue liste des fantasmes qui occupaient l'esprit de Tess. Comme elle se plaisait à le répéter dans son émission, il était grand temps que les femmes prennent en main leur sexualité et découvrent ce qui les faisait vibrer. Dans son cas, ce n'était pas bien compliqué et n'importe quel appolon pouvait faire l'affaire au moment de se rincer l'oeil. Elle attendait plus de la part des hommes qui partageaient sa vie, de la part d'Owen comme des précédents, mais il n'avait jamais été question d'epouser et passer le restant de ses jours avec le premier type avec qui elle avait envie de coucher, bien au contraire. Si certains arrivaient à être plus qu'un corps bien taillé, alors tant mieux, mais elle savait par expérience que c'était loin d'être toujours le cas. Parmi tous ceux avec qui elle était sortie au lycée et à la fac, certains avaient heureusement un minimum de conversation, mais elle aurait été bien en peine pour citer ceux qui lui avaient apporté quelque chose. A l'époque, elle ne se posait pas la question, ce n'était qu'avec le recul qu'elle en avait pris conscience, notamment en rencontrant sur son plateau certaines célébrités locales, clones tout droit sortis de son passé et dont elle n'arrivait pas à tirer grand chose en interview. Ils étaient mignons et faisaient grimper l'audimat aux rideaux touten mettant Tess extrêmement mal à l'aise à l'idée qu'elle ait pu être comme eux à un moment donné, un potiche incapable d'aligner deux phrases à qui l'on passerait tout pour son joli minois. Bien sûr qu'elle avait joué de son physique, comme elle continuait à le faire, mais elle détestait qu'on la prenne pour une idiote. Elle en jouait le rôle lorsqu'il le fallait, mais elle n'était pas plus bête que la moyenne. Tout au plus si elle n'avait pas mieux appris que d'autres à se servir des atouts à sa disposition.

Elle s'assit en face de Ned et sourit lorsqu'il lui confirma qu'elle était la bienvenue. Tess n'avait aucune idée de ce qu'elle aurait fait dans le cas contraire et préféra balayer l'hypothèse avant même de réellement la considérer. La modestie du jeune homme l'impressionnait et elle eut un petit haussement d'épaules pour lui signifier qu'elle n'était pas dupe lorsqu'il affirmait ne pas sauver des vies. Il n'était peut être pas chirurgien ou pompier, ça elle voulait bien le lui accordait, mais il soignait et aidait à guérir, ce qui revenait un peu au même. A qui le dis-tu, ça devient un vrai calvaire de trouver cinq minutes pour boire un café tranquillement. Et ma mère est toujours la même : pénible, jamais contente, hyper envahissante... Je sais qu'elle te faisait son petit numéro de grande blessée mais c'était du cinéma, comme d'habitude avec elle. Si Tess appréciait sa mère, leurs relations étaient néanmoins suffisamment compliquées pour mettre l'ensemble du voisinage dans la confidence, surtout depuis l'épisode avec Alexis. Qu'est ce que tu fais tout seul sinon ? C'est triste de boire seul... Enfin peut être un peu moins quand il s'agit d'un café, mais quand même. Derrière cette curiosité mal placée, il n'y avait aucune méchanceté. Par principe, Tess considérait que ce qui était valable pour elle devait également l'être pour les autres, et Ned ne faisait pas exception à la règle.

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MessageSujet: Re: Green lights forever ◇ Ned   Dim 3 Déc 2017 - 10:27

S'il était plutôt timide et souvent seul, perdu dans ses pensées, Ned n'en était pas moins du genre à regarder les gens. Les regarder vraiment, imprimant de menus détails dans sa mémoire, des petites choses que d'autres ignoreraient, par manque d'attention, mais qui faisaient toute la différence pour lui. C'était la façon dont la lèvre s'arquait, le haussement d'un sourcil, un tic qui traversait le visage, en cas de nervosité ou d'excitation. C'était la main qui s'agitait, caressait distraitement une table; c'étaient les doigts qui jouaient avec les mèches ou les remettaient derrière l'oreille. C'était la façon de pencher la tête sur le côté, de laisser son regard dériver vers un vide pensif et absent. C'était le choix de porter une couleur ou un tissu particulier. C'étaient les accessoires discrets qui faisaient d'une personne ce qu'elle était.
Alors, même s'il était plutôt intimidé par l'aura de Tess Henney, Ned la regarda droit dans les yeux, un léger sourire aux lèvres, une lueur dans le regard trahissant sa curiosité. Aurait-il été gêné s'il avait pressenti l'origine de son approche, s'il avait pu s'imaginer une seule seconde plaire à cette ravissante et lumineuse demoiselle? Probablement, mais ça n'était pas vraiment le genre de Ned, de projeter un intérêt dans l'attitude de l'autre, non pas parce qu'il se croyait incapable de plaire mais parce qu'il était plutôt discret, on le remarquait peu et ça ne le dérangeait pas du tout. Il aimait bien sa liberté de mouvement. Et puis, ces derniers mois, son attirance était plutôt portée vers les hommes et, du coup, envisager un flirt avec une femme lui passait tout simplement au-dessus de la tête, comme s'il oubliait que le jeu pouvait démarrer d'un côté comme de l'autre.
Il oublia momentanément sa tasse, tout à son observation. Il nota bien le haussement d'épaules, peu convaincu par sa modestie, et se contenta de l'imiter, comme pour dire c'est pourtant vrai. Il n'avait rien d'un infirmier urgentiste ou d'un chirurgien cardiaque. Lui, il était celui qui arrivait après la bataille, l'aide-soignant plein de douceur qui apportait ses soins pour soulager les maux qui persistaient, pour rendre la douleur moins présente, pour apaiser les esprits en souffrance. Il prenait soin mais il ne soignait pas réellement. Pas dans le sens où il l'entendait, en tout cas. Il accompagnait, plutôt. C'était le mot qu'il préférait: accompagner. Il suivait pas à pas ses patients tout au long de leur rémission et avait toujours un pincement au cœur au moment de les quitter, bien conscient, pourtant, que ça n'était que pour un mieux, que les laisser continuer leur vie sans lui signifiait qu'ils allaient mieux, qu'ils n'avaient plus besoin de lui. Et comme pour beaucoup, Ned songeait, il retombait dans l'oubli d'où il avait émergé en venant sonner pour la première fois à leur porte.
La familiarité avec laquelle Tess s'adressa à lui le fit sourire et il haussa les sourcils en l'écoutant, amusé par sa franchise, charmé par sa fraicheur. Il émit un petit rire en l'entendait critiquer sa mère et secoua la tête:
- Je pense que c'est un de leur droit, d'en faire un peu plus que nécessaire. Ce n'est jamais amusant de souffrir, déclara-t-il en se rappelant parfaitement la façon d'être de la mère de Tess.
Et, presque automatiquement, il se demanda quel comportement elle adopterait, elle, si elle devait se trouver dans la même situation, et si ça lui permettait d'avoir quelqu'un à disposition pour répondre à tous ses désirs. Il gageait que, comme sa mère, elle ferait son petit numéro et que, contrairement à sa mère, il y aurait peut-être quelque chose d'agréable à la regarder faire. Toutefois, il ne lui souhaitait pas de tomber malade, de devoir dépendre d'un inconnu pour aller mieux.
Le sourire de Ned s'accentua lorsqu'elle lui demanda ce qu'il faisait seul et afficha clairement une moue sceptique lorsqu'elle affirma que c'était triste de boire en solitaire.
- Je ne sais pas. J'aime bien boire mon café tranquillement. Etre seul ne me dérange pas, c'est même reposant. Tu devrais peut-être essayer.
Ces derniers mots, il réalisa trop tard qu'ils pouvaient être mal interprétés. Comme s'il jugeait son train de vie, comme s'il sous-entendait qu'elle ne pouvait pas passer une minute sans être seule (ou être le centre de l'attention), ce qui, pourtant, était loin d'être la signification de sa remarque. Tout ce que Ned voulait dire, c'était que cela lui faisait du bien d'être seul avec ses pensées, de pouvoir rêver à ce qu'il voulait, de ne pas avoir à chercher un sujet de conversation pour alimenter un échange. Mais c'était probablement quelque chose qui échappait à l'entendement de Tess Henney. Avait-elle seulement besoin de chercher un sujet de conversation? Tout semblait lui venir tellement naturellement que Ned était persuadé qu'elle n'était jamais à cours d'idées pour maintenir un flot continu de paroles.
- Et puis, si toutes les personnes seules devaient rester chez elles parce qu'elles n'ont personne avec qui discuter, ce serait encore plus triste, non? C'est peut-être pour cela qu'elles s'assoient dans un café, à une table pour deux, avec une chaise libre en face d'elles: pour inviter à les approcher. Peut-être qu'elles n'oseraient jamais faire un pas dans l'autre sens.
Ned ne savait pas s'il lui donnait matière à réfléchir ni pourquoi il ressentait la nécessité de défendre les personnes isolées, puisqu'il ne se sentait personnellement pas amoindri par sa solitude. Peut-être qu'il voulait donner à Tess une autre perspective de la chose. Peut-être qu'il voulait qu'elle voie le monde différemment.

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