kiss me on the mouth and set me free


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Sebastian Bacigalupo

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MessageSujet: kiss me on the mouth and set me free   Ven 1 Sep 2017 - 16:47


(2009)

Était-ce l’euphorie de la victoire qui avait provoqué cet élan d’audace qui allait lui coûter son avenir ? Était-ce le fait de savoir que son père était parti chercher une commande de pièces importantes et qu’il n’était pas supposé rentrer avant tard le soir, voire le lendemain matin ? Était-ce le besoin irrépressible d’avoir un moment en tête-à-tête avec Wes ? Peut-être un peu des trois. Quoi qu’il en soit, ce jour-là, fin avril, Sebastian Bacigalupo prit une décision qui lui serait fatale, en un certain sens, même si elle ouvrirait de nouvelles portes d’ici quelques semaines. À ce moment-là, cependant, il n’en avait aucune idée.
Il pénétra dans le vestiaire dès que l’arbitre eut donné un dernier coup de sifflet pour signaler la fin du match et la victoire de leur équipe. C’était un match important, vital, même, pour leur assurer d’aller en finale, d’ici quelques semaines, juste avant les examens de fin d’années. Ce serait le dernier pour beaucoup d’entre eux. Après, dès qu’ils auraient réussi leur année, ils partiraient tous dans des directions opposées pour intégrer des universités plus ou moins lointaines. Sebastian avait postulé à plusieurs d’entre elles, son choix s’étant stratégiquement porté sur les campus les plus éloignés, même s’il avait aussi glissé NYU dans sa liste, juste parce que la ville le faisait rêver. Il espérait toutefois aller en Californie ou au Texas, un endroit qui lui permettrait de prétexter que rentrer régulièrement serait trop cher, même s’il doutait qu’il manque à son père au point que celui-ci le supplie de revenir passer un week-end à Mount Oak. Cet avenir lui semblait pratiquement acquis et s’il pouvait quitter son lycée avec un titre de championnat de lacrosse, Sebastian n’allait pas s’en plaindre. À la base, en plus, il n’aimait pas spécialement ce sport – ou n’importe quel sport, d’ailleurs – mais s’y était inscrit pour satisfaire les désirs paternels. Ça n’était pas cher payé, surtout que ça lui permettait d’avoir un semblant de complicité avec ce dernier. Mais au fil des entrainements, il avait appris à apprécier ces rassemblements, ces échauffements et, plus particulièrement, le lien qu’il avait créé avec ses coéquipiers. Et l’un en particulier.
Le jeune homme ouvrit son casier et enleva son maillot, les joues encore rosies par l’effort qu’il avait dû fournir, la peau moite de sueur. Il balança son uniforme humide dans un sac et alla se doucher. Il était souvent le premier, si pas toujours, préférant avoir la pièce pour lui avant que l’équipe bruyante et hilare ne vienne l’envahir. Il laissa l’eau brûlante lui couler sur la peau, masser ses muscles endoloris, aplatir ses boucles folles sur son crâne et il ferma les yeux, un sourire s’affichant impérieusement sur ses lèvres. Il n’avait aucune idée de ses chances de réussite, allait même peut-être rencontrer un refus poli ou une excuse valable, ce qui entrainerait forcément une pointe de déception mais s’il n’essayait pas, comment pourrait-il jamais savoir si ce qu’il pressentait était réel ou le fruit de son imagination ? Une serviette autour de la taille, Sebastian abandonna le carrelage glissant de la douche et retrouva les casiers et les bancs du vestiaire. Il entreprit de s’habiller, non sans guetter discrètement la présence de Wes Byrnes. Son regard balaya les silhouettes qui glissaient autour de lui dans un balai de sueur et de délicieuse odeur de gel douche. Il ne prêta pas attention aux muscles finement dessinés sur les ventres de ses camarades, ne laissa pas son regard trainer sur les jambes plus ou moins claires, plus ou moins poilues, il savait qu’un détail pouvait créer la confusion et n’avait aucune envie qu’on l’emmerde au sujet de son attrait pour les garçons – secret jusqu’à preuve du contraire. Du moins l’était-il pour la plupart. Et pour Wes ? Sebastian se rappelait avec une vivacité qui requinquait le rouge de ses joues la chaleur qui avait émané du corps de Wes lorsqu’ils s’étaient retrouvés assis côte-à-côte, torse nu, sur le banc à écouter les consignes de leur coach. Leurs bras se touchaient sur toute la longueur entre l’épaule et le coude et Wes ne s’était pas dérobé. Même lorsque Sebastian s’était osé à accentuer la pression, pour voir jusqu’à quand l’autre résisterait avant de s’écarter, ce qu’il n’avait pas fait. Et ce qui avait fait naitre un fol espoir chez le jeune Bacigalupo.
Oui, était-ce l’euphorie de la victoire ou le fol espoir qui poussa Sebastian à trainer dans le vestiaire, à s’habiller avec une lenteur d’escargot quand la plupart des autres étaient déjà sortis, très probablement partis célébrer leur triomphe ? Il suivit discrètement les mouvements de Wes, maudit l’un ou l’autre joueur qui ne se décidait pas à suivre les autres et quand ils ne furent plus qu’une poignée et qu’il lui sembla sans danger d’approcher le garçon qui lui donnait des palpitations, Sebastian ferma son casier, attrapa son sac au contenu nauséabond et approcha de son coéquipier.
- Hé, Wes. Je sais pas si tu veux aller avec les autres au Hairy Lemon mais, sinon, je voulais voir si ça te disait de venir jouer à des jeux vidéos chez moi ? Un pote m’en a refilés quelques-uns.
L’excuse était lamentable et il aurait été incapable de dire si sa tentative était évidente ou si Wes allait vraiment croire qu’il l’invitait à jouer à la console. Si tel était le cas, il serait bien embêté mais il ne pouvait décemment pas lui annoncer que son père étant parti pour la journée, ils avaient la maison pour eux seuls et qu’il mourait d’envie de l’embrasser et de le caresser. Il déglutit avec peine, le cœur battant lourdement, tandis qu’il contemplait Wes et essayait de deviner ce qu’il se passait dans sa tête, s’il allait se méfier ou accepter joyeusement. Ou préférer aller avec les autres. Après tout, c’était une possibilité comme une autre et, dans ce cas, Sebastian n’avait plus qu’à faire une croix sur leur tête-à-tête. Il avait le ventre en bouillie, conscient de jouer son destin, de risquer l’humiliation s’il se méprenait, de devenir la risée si Wes décidait de dévoiler à tous que Sebastian Bacigalupo le matait. Mais tant pis. Il n’avait plus envie de nager en eaux troubles, il avait besoin de savoir et s’il fallait qu’il essuie un rejet monumental, au moins n’aurait-il plus que deux mois à tenir avant de pouvoir s’exiler au Texas ou ailleurs. En attendant, il fixait de ses grands yeux chocolat les lagons bleus de Wes Byrnes, le cœur partant en vrille et une lueur effrontée naissant au coin de ses lèvres. Ah, avait-on idée de créer un si joli garçon et de le lui fourrer constamment sous le nez ?

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Wes Byrnes

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MessageSujet: Re: kiss me on the mouth and set me free   Mar 12 Sep 2017 - 19:45

Cette journée avait très mal commencé, et allait mal terminer. Si il avait su aurait-il fait autrement ? Peut être, peut être pas. C’était impossible de revenir en arrière toute façon, à quoi bon l’envisager.

Son père avait recommencé cette nuit, c’était la troisième fois ce mois ci. Il l’avait entendu rentrer à une heure tardive, en titubant dans le salon à la recherche de l’interrupteur, buttant contre les meubles en insultant la terre entière. Et elle était aussitôt descendue, probablement avec son vieux pull noué sur ses épaules. Wes s’était retourné dans son lit, le cœur battant à tout rompre, ses mains crispées sur sa couette. Puis les cris avaient mis un terme à tout espoir de retrouver le sommeil. Heureusement que Justine n’était pas là, et qu’elle était partie faire la fête chez des amis. La veinarde. Il s’était tourné de l’autre côté, en cachant sa tête sous l’oreiller. Il y avait eu un blanc interminable et soudain le tintement reconnaissable d’un verre qui s’écrasait sur le sol, suivi d’un corps qui tombait. C’était trop. Il s’était redressé et avait dévalé les marches à toute vitesse pour le trouver une bouteille à la main, et l’autre autour de son poignet gracile, rougi par les marques. Il avait tenté de s’interposer, mais il n’était pas assez fort. IL avait toujours le dessus sur lui, il n’était qu’un poids plume après tout. Un déchet à chasser du bout de sa chaussure. Il en faisait suffisamment les frais au quotidien à travers ses remarques acerbes, « Regarde toi comme t’es maigre putain, même pas de muscles. On dirait une fille avec tes cheveux longs qui tombent sur ton front. J’ai pas un fils, j’ai deux filles. Me regarde pas comme ça, casse toi. ». Le quotidien, son quotidien. Il était beau le grand lieutenant Byrnes que tous admiraient, si ils avaient su qu’il fracassait son fils pour passer ses nerfs… A nouveau il s’était pris une dérouillée monumentale, et avait du abdiquer, en fuyant par la porte. Seul complètement désespéré à errer dans le noir, les larmes débordants de ses yeux océans, les poumons en feu. Il avait couru sans destination précise, avant de débarquer chez Alec, complètement hébété, en proie à la panique, ses pommettes écarlates qui vireraient au violet par la suite. Il n’avait pas posé de questions, il savait, et avait préparé le canapé en silence, avant de le laisser face à ses cauchemars pour regagner sa chambre. Évidemment il n’avait pas pu rejoindre Morphée et avait ruminé jusqu’au lever du soleil. Bientôt tout ça ne serait plus qu’un souvenir flou à classer, il allait quitter cette ville maudite et son emprise fétide sur sa vie. Les examens finaux approchaient et avec eux l’expectative de repartir à zéro, ailleurs, le plus loin possible. Ignorant ce qu’il désirait faire il s’était contenté de donner les universités dans les états les plus excentrés, histoire de mettre une barrière définitive entre ses parents et lui. Restait le problème de sa sœur, mais il était persuadé qu’elle pourrait comprendre. Quelle naïveté de sa part.

Aujourd’hui cependant, c’était une échéance différente qui l’attendait, et saurait au moins le tirer de ses tracas momentanément. Il avait un match important de lacrosse - inscris de force par le paternel évidemment - mais qu’il avait hâte de disputer. Il s’était surpris à apprécier le jeu, pour tout un tas de raison : l’adrénaline, la cohésion d’équipe, les coups, et un peu lui. Beaucoup lui. Lui qui l’observait souvent en coin, qui se débrouillait toujours pour qu’ils soient en binôme et qui laissait volontairement son bras effleurer le sien un peu plus longtemps qu’il ne le fallait. Ce lui c’était Sebastian Bacigalupo. Un de ses coéquipiers, qui suscitait chez lui des envies aussi violentes que contradictoires. Il ne connaissait pas grand chose aux sentiments, c’était un domaine relativement vaste et inexploré qu’il préférait abandonner à ses amis, là où lui était plus maladroit et gauche. Il avait eu des histoires à droite et à gauche plus pour suivre le groupe que par réelle conviction car il n’y trouvait pas son compte. Normal, ce n’était pas les filles qui faisaient battre son cœur mais les garçons, bien qu’il n’en fut pas totalement conscient. Il mettait sa curiosité naissante à l’égard du corps de son partenaire sur le compte d’émois passagers qui passeraient avec le temps. Par soucis de quiétude et pour taire ses angoisses, il avait fait un test sur internet (c’était incroyable le nombre de bêtises qu’on pouvait y trouver), et ce dernier avait déclaré qu’il était hétéro à 53%. Une moyenne correcte, à laquelle il s’attachait tel un naufragé à sa bouée. Et c’était comme ça que son orientation sexuelle s’était vue attribuer un pourcentage stupide. Malgré tout il ne pouvait pas nier qu’il était fébrile (excité ?) quand il croisait son ami. Les fourmillements sur sa peau, et la chaleur naissante en bas de son ventre étaient de bons indicateurs sur ce qu’il muselait avec plus ou moins de réussite. Ses rêves étaient tout autant révélateurs, il avait fantasmé un nombre incalculable de fois sur la forme de ses hanches, le creux de son dos, et le gout de sa bouche qu’il voulait mordre. Un supplice ardent. Et juste avant que l’équipe ne parte sur le terrain, il s’était encore retrouvé jambe contre jambe, et coude à coude avec Sebastian. Un délice enivrant qu’il aurait voulu prolonger à l’infini, mais que les consignes avaient coupé en plein élan. Ça l’avait gonflé d’énergie pour se battre et obtenir des points. Et ils avaient gagné, une victoire presque trop facile mais qui faisait du bien au moral pour conclure la saison.  

De retour aux vestiaires, il avait trainé des pieds pour figurer dans les derniers, car il détestait prendre sa douche devant tout ses camarades. D’abord pour éviter de potentielles questions sur les rares hématomes qui tardaient à s’effacer, et également par peur d’avoir des regards involontaire trop appuyés sur certains. On ne se représentait pas la difficulté que c’était de se retrouver face à tout ces torses nues et parties intimes dévoilées. Enfin… Lui n’était pas tout à fait concerné, il ne fallait pas oublier les 53% qui clignotaient devant ses paupières. L’odeur de transpiration effacée, il enfila ses vêtements à la va vite, et fourra sa tenue en boule à la va vite dans son sac. Il n’avait pas manqué de surprendre Sebastian dans son champs de vision, l’observer durant toutes ces étapes, et si il avait senti son rythme cardiaque s’accélérer, il s’était contenté de baisser les yeux, en poursuivant mécaniquement. Un drôle de combat mental se livrait dans sa tête entre ce qu’il pensait être bon, et ce qu’il désirait ardemment. Il n’y avait plus qu’eux dans les parages, tous, s’étaient déjà enfuis pour fêter ça ailleurs autour d’un verre amplement mérité. Il n’avait pas spécialement envie de les rejoindre, mais rentrer chez lui n’était guère une option, alors autant se mêler à la bande pour retarder l’inévitable. A l’instant où il s’apprêtait à repartir il se retrouva nez à nez avec Sebastian. « Hé, Wes. Je sais pas si tu veux aller avec les autres au Hairy Lemon mais, sinon, je voulais voir si ça te disait de venir jouer à des jeux vidéos chez moi ? Un pote m’en a refilés quelques-uns. » Il s’enflamma, un brasier tout entier ravageait son être pantelant suspendu à ces prunelles noisettes qui le fixaient intensément. Merde. Merde merde merde merde et re merde. Il fallait qu’il reste impassible, mais l’air lui manquait déjà. « Hhfhghgm. » Un drôle de son franchit ses lèvres, tandis qu’il sautillait d’un pied sur l’autre, en passant ses doigts dans ses cheveux blonds humides et indisciplinés. Était ce vraiment ce qu’il n’osait pas formuler de vive voix ? Voulait-il jouer pour de bon, ou y avait-il un sens caché derrière tout ça ? Si oui, que faire de l’information ? Il avait si peur, un frisson glacé tendit ses muscles endoloris. Il ne souhaitait pas écouter la raison, il décida d’opter pour ce truc qui lui serrait l’estomac. « Hmm. Ouais pourquoi pas. Ça peut être sympa. » S’empressa t-il d’ajouter comme un idiot, ignorant ce qu’il fallait dire dans ces cas là. Il esquissa un sourire timide - il avait l’impression d’avoir douze ans -, et tourna son sac sur l’épaule pour le suivre dehors. L’air frais lui fit du bien, calmant ses ardeurs naissantes et incomprises. Le silence dérangeant s’installa, bercé par le crépitement du gravier sous leurs chaussures. « C’était un bon match hein ? J’ai cru qu’ils allaient remonter et en fait non. On les a vraiment écrasé, le coach était dingue ! » Était-ce idiot d’invoquer ce sujet ? Y avait-il seulement un bon sujet ? Il n’arrivait pas à se décider, étant incertain sur ce qu’il avait interprété à tort ou à juste titre quant aux intentions de Sebastian. Il voulait mourir là toute suite. Non pas toute suite, il voulait l’embrasser et ensuite mourir, voilà dans cet ordre. « Est ce que tu habites loin ? » Au fond il ne savait pas grand chose de celui qui marchait à ses côtés, à part des détails quelconques. Wes était assez distant d’une manière générale quant à ses relations sociales, et se contentait de fréquenter le même cercle sans essayer d’aller vers des visages nouveaux. Il était confortable dans sa routine, mais il réalisa qu’il voulait tout savoir de Sebastian, ça l’intéressait réellement. Mais ils avaient tout le temps qu’il faut devant eux. Si seulement.

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Sebastian Bacigalupo

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MessageSujet: Re: kiss me on the mouth and set me free   Sam 30 Sep 2017 - 12:49

Il aurait été incapable de dire si cette attente était un délice ou une torture. Un peu des deux, sans doute. Isolées, les sensations qui le traversaient pouvaient aussi bien représenter des symptômes alarmants qu’enivrants. Comme son ventre en bouillie, là, qui semblait tourbillonner, qu’il aurait pu associer à l’envie de vomir mais qui le réchauffait en même temps. Comme son cœur qui battait comme un forcené, trop proche de l’angoisse que représentait l’idée de faire un exposé mais également de l’excitation qui précédait l’entrée sur le terrain. Comme ses poumons oppressés qui lui rappelaient que l’air était essentiel et qu’il s’en privait. Mais en prévision de quoi ? Qu’est-ce qui l’effrayait le plus ? Que Wes refuse ou qu’il accepte ? Qu’il se méprenne sur les attentions de son coéquipier ou, qu’au contraire, il voie clair dans son jeu ? Quelle que soit l’issue de la tentative, Sebastian savait qu’il jouait gros, même si ça n’était qu’à son échelle, même si le monde continuait à tourner, aveugle à ses tourments. Lui, en tout cas, avait l’impression que tout son univers était confiné dans ces quelques secondes d’attente insupportable. À cet instant précis, il n’envisageait pas l’avenir, la bêtise de son entreprise, les risques qu’il prenait. Pourquoi avait-il suggéré qu’ils rentrent quand il aurait pu trouver n’importe quel endroit où se retrouver en tête-à-tête avec Wes Byrnes ? N’importe quel endroit qui aurait évité une rencontre tragique avec son père ? Leurs vies n’auraient pas basculé de la sorte. Mais il fallait se rendre à l’évidence : pour l’adolescent aux hormones en ébullition, la maison désertée représentait la meilleure cachette pour céder à des pulsions trop longtemps réfrénées, des gestes qu’il n’aurait pas osé esquisser lors d’une balade au parc ou le long de l’eau. Et, bien sûr, il lui vint à l’esprit que Wes puisse, s’il n’y voyait que du feu, se demander pourquoi Sebastian n’avait pas proposé à d’autres de venir – plus on était de fous, plus on riait, non ? Mais le jeune Bacigalupo ne voulait pas se poser trop de questions, il ne voulait pas trop réfléchir. C’était peut-être son premier et plus grand tort. Tout ce qu’il voyait, c’était l’opportunité qui lui était offerte et la voie qui s’ouvrait devant lui, illuminée, éblouissante, hypnotisante. Était-ce la naïveté de la jeunesse, qu’il fallait blâmer ? Ou l’aveuglement provoqué par des sentiments à peine effleurés ? Sebastian aurait tout le loisir de se pencher sur la question par la suite, dans les moments de solitude intenses qui allaient l’écraser les semaines qui suivraient, puis au cours des années, alors qu’il tâchait de reconstruire une vie qui avait volé en éclats et dont les morceaux l’écorchaient vif. Jamais il n’oublierait ce jour où son cœur était entré en ébullition avant d’exploser. Douloureusement. Irrémédiablement.
Chaque fois que Sebastian posait les yeux sur Wes, c’était la même rengaine. Son muscle cardiaque avait un soubresaut incontrôlé et le regard sombre du garçon restait vissé quelques secondes de trop sur son coéquipier. Invariablement, instinctivement, l’adolescent cherchait Wes dans la masse, dès qu’il passait le portail du lycée. Et comme s’il était doté d’un radar inconscient, il parvenait toujours à le repérer en une poignée de secondes. Était-ce un don ou avait-il tout simplement intégré les habitudes de son compagnon de classe ? Sebastian préférait associer cela à un lien invisible qui les aurait connectés et qu’ils étaient les seuls à deviner, à sentir. Car Wes les remarquait, non ? Ces petits à-coups sur la corde irréelle, dès que l’autre entrait dans le champ de vision du premier ? À moins qu’il n’invente tout et, dans ce cas, son élan irréfléchi allait bien vite le ramener sur la terre ferme, songea Sebastian qui dévisageait Wes, toujours tiraillé entre deux extrêmes. Le trouble qu’il crut voir chez Wes était-il réel ou issu de son imagination trop fertile dès qu’il était question de déceler des signes – qui allaient à son avantage, évidemment – chez son camarade ? Wes était-il simplement pris au dépourvu ? Gêné et ignorant comment se dépatouiller de cette proposition qui ne l’intéressait que moyennement ? Conscient de la proposition sous-jacente ? Sebastian aurait été incapable de le dire, quand bien même son regard – qu’il espérait ne pas trop paraitre désespéré – était dardé sur les traits de Wes. Il s’efforça de rester objectif, de ne pas laisser ses désirs intimes fausser les signaux émis par l’autre, mais ne put réprimer l’onde d’espoir qui le traversa quand une réponse inintelligible franchit les lèvres du jeune Byrnes. La main que Wes se passa dans les cheveux eut l’effet infortuné de liquéfier encore davantage ce qu’il restait des entrailles de Sebastian et ce dernier retint son souffle, prêt à tout entendre tout en sachant qu’il ne le serait jamais vraiment. Les mots que Wes lâcha manquaient un peu d’enthousiasme au goût de Sebastian mais il décida de ne pas y accorder d’importance. Après tout, l’appât des jeux vidéo n’était qu’un leurre, il n’avait aucune envie d’allumer la console. C’était la finalité de la manœuvre qui l’intéressait et un sourire un peu étrange lui arqua le coin des lèvres.
- Cool, dit-il simplement en rehaussant son sac sur son épaule.
Il opta pour la même désinvolture que son coéquipier et prit la direction de la sortie alors que son cœur menaçait de s’envoler à la moindre brise. Maintenant que son plan prenait une certaine réalité et que la perspective du tête-à-tête pointait à l’horizon, il sentait toute la maitrise de son corps lui échapper et se força dont à adopter une démarche décontractée, comme si ça ne pressait pas, comme si sa seule aspiration n'était pas fermer la porte et à approcher Wes, à l’abri des regards indésirables. Ils quittèrent le périmètre du lycée et Wes évoqua le match – Sebastian l’avait presque oublié, tout obnubilé qu’il était à sa stratégie :
- Ils n’avaient aucune chance, on était en feu ! Je parie que le coach va saouler sa femme toute la soirée avec ça. T’as vu comme elle a toujours l’air blasée quand elle doit assister aux matches ? gloussa Sebastian en repensant au regard vide de l’épouse de leur entraineur.
Bientôt, tout ceci serait du passé et, pour la première fois depuis qu’il avait intégré l’équipe, Sebastian réalisa que toute cette effervescence allait peut-être plus lui manquer qu’il ne l’imaginait. À moins que le tout soit faussé par l’idée qu’il ne pourrait plus voir Wes aussi souvent ? Tout à coup, la perspective de partir loin lui semblait bien moins attrayante mais il chassa cette pensée. Il voulait se concentrer sur le moment présent et ce qui allait suivre. Lorsque Wes lui demanda s’il habitait loin, Sebastian sentit son cœur accélérer sa cadence, une fois de plus.
- Non. J’habite à trois rues du lycée, répondit Sebastian. Près du garage, je ne sais pas si tu le connais ? C’est celui de mon père.
Tony B. Mecanics était un garage on ne peut plus commun, avec son large rideau de fer que son père descendait chaque soir dans un grincement agaçant. Il y avait toujours une voiture ou deux parquées devant et des effluves caractéristiques émanaient constamment de la large ouverture où apparaissaient d’innombrables étagères qui s’arquaient sous le poids des outils paternels.
- Il ne sera pas là, on pourra faire tout le boucan qu’on veut, crut-il bon d’ajouter avec une œillade en direction de son coéquipier.
Il ne jugea pas utile de préciser que sa mère avait fichu le camp depuis une éternité et qu’il vivait seul avec son paternel. À quoi bon ? Il n’évoquait d’ailleurs pratiquement jamais sa mère, comme si elle était morte alors qu’elle vivait juste sa vie, loin de Mount Oak.
Dès lors, il ne leur fallut que quelques minutes supplémentaires pour approcher Tony B. Mecanics dont le rideau de ferraille était baissé. Sebastian le dépassa et guida Wes vers une petite maison semblable aux autres, quoique un peu moins bien entretenue. Il pénétra le premier dans la demeure silencieuse – si son père avait été là, il y aurait forcément eu en fond sonore une radio ou une télévision branchée sur une chaine sportive – et poussa son sac dans un coin du hall avant de se tourner vers Wes.
- Bienvenue chez les Bacigalupos, lança-t-il d’un air un peu narquois. Tu veux quelque chose à boire ?
Il adressa un signe à Wes, l’invitant à le suivre à la cuisine et ouvrit le frigo. Celui-ci contenait, sans grande surprise, une quantité impressionnante de bières. S’il en subtilisait une ou deux, son père ne le remarquerait peut-être pas. Ou bien il s’attendait à ce que son fils profite de son absence pour en prendre une. Mais Sebastian songea avec une légère amertume qu’il serait bien capable de trouver un moyen pour remplacer ce qu’il avait pris. Pour le moment, toutefois, il se contenta de suivre son inspiration et attrapa deux bières :
- T’en veux une ? Mon père ne se rendra compte de rien. Et puis, y a à peu près que ça, en fait, déclara Sebastian avec un sourire cynique.
Et comme pour montrer l’exemple, le jeune homme décapsula sa bière et en but de longues gorgées. Il émit un soupir un peu exagéré et se perdit à nouveau dans la contemplation des traits de Wes. Peut-être qu’il avait précisément besoin de cette bière pour se donner du courage. Attirer Wes jusque-là n’avait pas été le plus compliqué, en fin de compte. C’était la suite qui pouvait se révéler plus épineuse. Il pourrait encore jouer la carte de la lâcheté et faire comme si les jeux vidéo étaient la véritable raison de son invitation. Mais il en serait incapable, il le savait. Plus maintenant qu’ils étaient là, face à face. Sans personne pour s’immiscer entre eux.

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Wes Byrnes

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MessageSujet: Re: kiss me on the mouth and set me free   Sam 4 Nov 2017 - 18:29

Pas plus tard que la semaine dernière Justine était rentrée en trombe dans sa chambre, une copine sur ses talons, aux cheveux noir de jais (ça l’avait marqué, on aurait dit du pétrole), un sourire énigmatique pendu sur les lèvres. Wes la connaissait très bien, elle s’appelait Lila, et avait pour habitude de trainer dans les basques de sa sœur qu’elle voyait comme un modèle. Pourtant les deux gamines étaient assez différentes, Ju était grande et fine aux traits épurés, là où son double, était menue, d’une beauté moins égale mais néanmoins curieuse. En soit leur venue n’avait pas de quoi fouette un chat, ni deux, – sa cadette adorait débarquer à l’improviste – mais cette fois ci, le moment avait été tout sauf opportun. De ceux où il se perdait sur le net pour des recherches on ne peut plus personnelles. Écarlate, il s’était empressé de refermer le clapet de l’ordinateur, et avait cru l’incident clos, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent en famille pour diner. ‘Comment tu la trouves ?’ Avait-elle demandé de sa voix naïve en l’observant de ses yeux inquisiteurs. Il avait d’abord buté sur ses mots, n’en comprenant pas la portée exacte, avant de réaliser qu’elle parlait de sa comparse au teint albâtre. Wes s’était contenté de hausser mollement les épaules en lâchant un vague ‘jolie’. Il n’avait pas spécialement prêté plus d’attention que ça à la demoiselle, la mettant par définition dans la case intouchable, car proche de Justine. C’était la version officielle pour quiconque l’interrogeait là dessus, quant à la version officieuse, elle était … compliquée. Suite à ça, son père avait renchérit par-dessus, en affirmant haut et fort, que la petite avait raison, et qu’on ne l’avait jamais vu rapporter une seule fille à la maison. Et pour cause, elles ne l’intéressaient pas. Il avait donc ramené sur le tapis Kelly avec qui il était sorti en primaire, et qui, à l’époque avait cassé plusieurs de ses jouets sous son regard malheureux. La fameuse voisine en question avait par la suite déménagé à San Fransisco et avait déposé un baiser collant à l’odeur de cerise sur ses joues creuses en guise d’adieu. La discussion avait embrayé sur ce sujet dans un mélange de sons à peine audible, tandis qu’il s’était retranché dans un coin de son esprit, à l’abri. Là où l’obsession Sebastian avait germé, et ne faisait que grandir jour après jour. Il ignorait comment la chose était arrivée et comment son inclinaison avait muri, mais elle était désormais présente et bien encrée. Des serres acérées s’étaient emparées de son palpitant et n’avaient pas l’air de vouloir le lâcher de sitôt. Même son corps semblait s’être transformé, et avait développé un radar, susceptible de le repérer au loin quand son œil lui faisait défaut en la matière puisque très vite il s’était mis à le chercher partout et nulle part quand il sortait de chez lui. C’était parfois sur le campus, tantôt dans la rue, et à chaque instant précédents leurs entrainements, où il était sur de le retrouver. Pour autant, il ne faisait jamais rien, se contentant de vivre ses fantasmes d’adolescent au travers de ses rêves, et de ses pensées qui ricochaient sur des bribes de souvenirs qu’il n’était plus vraiment sur d’avoir vécu. Une œillade à droite, des épaules qui se frôlaient, le sentiment d’un cœur en pagaille, et des mains moites qu’il camouflait maladroitement dans ses poches. Tant de détails qui lui avaient fait prendre conscience qu’il était sinon subjugué, attiré par le garçon. Ainsi avait alors commencé la drôle de danse entre la curiosité, le désir et le malaise grandissant d’être gay qui durait depuis une poignée de mois voire plus. Il n’avait pas compté, de toute façon il était nul en calcul mais il tâchait de museler ce sac de nœuds inextricable comme il pouvait. Et voilà qu’aujourd’hui le destin lui décochait un uppercut en pleine figure, avec cette proposition inespérée de la part de son camarade. Combien de fois avait-il déjà imaginé ça ? Quinze fois ? Vingt fois ? Peut-être plus. Toutefois la situation le remplissait de joie autant qu’elle l’effrayait, car la perspective de se retrouver à deux ailleurs qu’au lycée était nouvelle. Or l’inconnu était un trou noir dans l’univers, assez flippant. Il ignorait – ou plutôt feignait ignorer – ce que cette invitation impliquait derrière, et essayait d’aborder tout ça posément, sans grande réussite. Il suffisait de voir ses gestes désordonnés, et sa respiration en dents de scie pour saisir son malaise.

L’air frais s’engouffra dans ses poumons à l’instant où ils franchirent la porte côte à côte. C’était étrange mais un poids invisible le quitta immédiatement pour s’évanouir dans la bise légère. Là-bas, entre ces quatre murs, il avait souvent l’impression de survivre et de tenir le rôle de quelqu’un qu’il n’aimait pas particulièrement. Néanmoins en retrait par rapport à la bande qu’il fréquentait, il se voyait régulièrement obligé de tenir des propos auxquels il ne croyait pas, et qui lui brulaient la langue rien qu’en les prononçant. Toutefois, se cacher derrière eux était malhonnête de sa part, il était tout autant fautif qu’eux. Ce n’était ni plus ni moins qu’une technique pour noyer cette culpabilité qui l’étouffait. Il jeta un coup d’œil à Sebastian, et à nouveau, la bête tapie dans son estomac se mit à grogner, diffusant une chaleur familière en lui. Il désirait ardemment le toucher. Sentir la douceur de sa peau, glisser ses doigts dans ses cheveux bruns, et découvrir tout ce qui n’était pas visible à l’œil nu. Des promesses incertaines qui ne demandaient qu’à être défaites. Ça aussi, il l’avait décliné sous toutes ses formes en fermant les paupières mais aucune ne l’avait pleinement satisfait. Quoi de plus normal, il fallait le vivre, pas l’envisager. « Ils n’avaient aucune chance, on était en feu ! Je parie que le coach va saouler sa femme toute la soirée avec ça. T’as vu comme elle a toujours l’air blasée quand elle doit assister aux matches ? » Retour à la réalité brutal, qui eut le mérite de calmer ses ardeurs. Le sport était ce qui les liait au départ, et permettait de nourrir leur attirance mutuelle à travers des accolades de cohésion d’équipe. Car c’était de ça qu’il retournait, non ? « Grave. On dirait que chaque minute est un supplice pour elle. N’empêche qu’on aura eu une bonne saison, on partira avec un bon souvenir. » Il avait détesté ces six dernières années à Mount Oak, les plus difficiles de toute sa scolarité sans aucun doute. D’abord à cause de la puberté qui l’avait changé, et ensuite pour des problématiques familiales de plus en plus récurrentes. On l’avait sans cesse comparé à Justine sur tous les tableaux, et son unique satisfaction était de se dire qu’il allait enfin pouvoir partir loin de tout ça une fois son diplôme en poche. Maintenant que l’échéance approchait, il avait peur mais c’était de la bonne peur, pas de celle qui vous fait reculer. Et c’était sans regrets qu’il tirait un trait sur cette période de sa vie, à l’exception faite de Sebastian. De ce point de vue-là, il éprouvait un pincement léger comme une piqure de moustique. Mais on y était pas encore, il avait quelques mois devant lui pour en profiter. « Non. J’habite à trois rues du lycée. Près du garage, je ne sais pas si tu le connais ? C’est celui de mon père. » Il avait dû passer devant un nombre incalculable de fois sans faire gaffe, mais connaissait les lieux de renommée. En revanche, de son ami, il ne savait pas grand-chose, hormis ce qu’on avait pu lui murmurer au coin de l’oreille. Des ragots pas forcément flatteurs qu’il avait volontairement occultés pour se fier à ses tripes et uniquement à ça. « Je vois. » Se contenta-t-il de répondre d’un ton blafard. Wes était largué, et chaque pas qui le rapprochait de l’échéance fatidique, donnait du grain à moudre à sa panique mal contenue. « Il ne sera pas là, on pourra faire tout le boucan qu’on veut. » Qu’entendait-il par-là ? Y avait-il un message subliminal ou se méprenait-il ? Son rythme cardiaque accéléra, il pouvait toujours faire demi-tour, il n’était pas trop tard…. Mais ses pieds ne répondaient plus, guidés par une force supérieure. « Bienvenue au club des pères compliqués. » D’après ses propos il en avait déduit que leurs géniteurs respectifs n’étaient pas des personnes commodes. Lui aussi avait peut-être droit à des remontrances ou remarques acerbes en guise d’amour parental… L’affection qu’il éprouvait pour Sebastian n’en fut que décuplée  tandis qu’ils arrivaient  à destination.

La maison des Bacigalupo lui rappelait la sienne, et il le suivit à l’intérieur non sans frissonner. La chaleur et l’euphorie du match qui l’avaient gagné un peu plus tôt s’était dissipés. « Bienvenue chez les Bacigalupos. Tu veux quelque chose à boire ? » Il déposa son sac sur le sol, et enfila son sweatshirt, avant de scruter les alentours avec curiosité sans trop réellement savoir ce qu’il cherchait exactement. Des photos, des dessins, n’importe quoi qui lui donnerait des indices sur son compagnon de fortune. Rien ne le fit tiquer cependant, la pièce était assez hermétique. « Oui je veux bien merci. » Il avait la gorge sèche suite à toutes ces péripéties, et avança vers la cuisine dans son sillon. « T’en veux une ? Mon père ne se rendra compte de rien. Et puis, y a à peu près que ça, en fait. » Wes dodelina de la tête pour acquiescer, il avait pensé à de l’eau, mais l’idée de boire de l’alcool n’était pas déplaisante. Sans ça il n’était pas sûr d’avoir le courage suffisant pour peu importe ce qui allait se passer ici. Il attrapa la bouteille que lui tendait le garçon, ses doigts effleurant les siens non pas par maladresse cette fois ci, mais par réelle envie. Un aimant attiré par sa moitié. Puis il bu une gorgée, avant d’étouffer un long soupire pour expier ses craintes. « C’est calme ici… Chez moi il y a toujours de la musique… Justine aime bien réviser en écoutant ses trucs, impossible de se concentrer. Justine c’est ma petite sœur. » S’empressa-t-il d’ajouter pour information, pas certain qu’il sache de qui il parlait. Mais à Mount Oak tout le monde la connaissait, et leur filiation avait beaucoup fait jaser, chacun y allant de son petit commentaire pour trouver qui était la mère biologique de la cadette. Lui-même n’était pas dans la confidence mais s’en contrefichait pas mal ce n’était pas le plus important. Elle était là et c’était tout ce qui importait. Le spectre de leur conversation le hanta une seconde, et il leva les yeux sur la silhouette de Sebastian. D’ordinaire il se contentait de regards en coin qui se voulaient discrets si quiconque s’amusait à guetter ses faits et gestes, mais cet après-midi, c’était frontal. Naturel, sans cachotterie ni rien, juste un échange silencieux mais au combien lourd de sens. Le besoin de se rapprocher se fit plus vif, et il pinça ses lèvres pour taire ce tumulte intérieur qui ravageait son âme. Il se passa un truc sur son visage, un truc lumineux qui essayait de s’échapper… Était-ce à cause de lui ? Il secoua ses boucles blondes, et esquissa l’ébauche d’un pas, sous le vacarme infernal des battements  de son cœur. Attendre était un supplice… Mais que voulait-il précisément ? Il rougit de honte et sera son poing dans sa paume, dessinant des croissants de lune entre ses veines bleues. « Peut-être que tu... Enfin tu pourrais me faire visiter ? » Il avait bafouillé indépendamment de sa volonté, gauche qu’il était. Son cerveau indiquait un message mais ses membres refusaient de coopérer. Il avait perdu tout contrôle. Wes se renfrogna et masqua un sourire timide, avant de se détacher de cette emprise invisible, le corps complètement défait.

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-when kids are walking 'round the hallway plagued by pain in their heart a world so hateful some would rather die than be who they are, no law is gonna change us strip away the fear underneath it's all the same love about time that we raised up, and I can't change even if I tried even if I wanted to; love is patient love is kind. | @ macklemore.
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