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Gene Edelstein

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MessageSujet: ☑ not all who wander are lost   Mar 29 Aoû 2017 - 20:59

Elle aurait dû se douter, au moment où le moteur avait commencé à gémir, qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas du tout avec sa vieille grincheuse de voiture. La pauvre avait déjà parcouru des milliers de kilomètres depuis qu’elle l’avait acquise – et qui savait combien elle en avait déjà au compteur avant d’arriver entre les mains peu scrupuleuses de Gene Edelstein. La jeune femme n’était pas connue pour sa douceur avec les quelques rares engins qu’elle avait eu au cours des dernières années. Les entretiens, elle ne connaissait pas et se voyait plus souvent forcée d’abandonner son véhicule sur un bord de route ou garé devant un immeuble, sans espoir de le voir repartir un jour. Elle n’avait de toute façon pas l’argent pour garder bien longtemps ses moyens de locomotion et quelque chose lui disait que cette fois-ci ne dérogerait pas à la règle. En soi, ça n’avait pas l’air de la perturber outre mesure, comme elle était là, assise sur le capot de sa voiture, qu’elle avait miraculeusement réussi à faire dériver sur le bord de la route, occupée à se vernir les ongles de pieds avec un violet huileux qu’elle avait trouvé dans la boite à gants, elle n’avait plus vu un véhicule passer depuis au moins une demi-heure. En d’autres circonstances, elle aurait laissé le tacot là et aurait poursuivi sa route, un pouce levé, jusqu’à ce qu’un bon samaritain – ou un vieux dégueulasse – daigne la prendre avec lui. Sauf que cette fois, elle avait un sac dans le coffre et qu’elle ne se voyait pas le transporter pour un temps indéfini (les âmes charitables avaient tendance à se faire rares précisément quand on avait besoin d’elles) ni le laisser là. Elle avait beau ne rien posséder qui ait une quelconque valeur, elle ne tenait pas à ce qu’on lui pique ses maigres effets personnels. Les options étaient dès lors restreintes, surtout qu’elle refusait obstinément d’appeler sa mère. Celle-ci ne se trouvait qu’à une demi-heure ou trois-quarts d’heure de route, à Mount Oak. Elle lui aurait certainement bien fait sentir qu’elle n’avait aucune envie de faire le déplacement pour son ingrate de fille, et Gene n’aurait eu aucune patience pour l’écouter jacasser et critiquer sa manière de mener sa vie. Elles savaient toutes deux quelle opinion avait sa mère, il était inutile de bavasser à ce sujet. Aussi, Gene n’essaya même pas de composer le numéro maternel, plutôt crever que de s’abaisser à ça. Quant à appeler une dépanneuse, c’était également hors de question : elle n’aurait eu aucun moyen de régler la facture et, à nouveau, elle n’avait aucune intention d’emprunter de l’argent à sa mère, qui trouverait là une occasion en or pour lui sortir son laïus sur son mode de vie décousu et sur l’interminable flot de questions qui allaient suivre (combien de temps comptait-elle vivre ainsi ? elle allait bientôt avoir trente ans, quand même, blablabla). De ce fait, à part attendre qu’un conducteur veuille bien l’embarquer jusqu’à Mount Oak, Gene n’avait pas grand-chose à faire. Et à l’allure où ça allait, elle serait toujours là ce soir, à croire que personne ne prenait cette départementale. La ville de sa famille maternelle ne lui avait pourtant pas semblé être un bled perdu au point que personne ne s’y rendait, mais peut-être avait-elle mal évalué le risque à parcourir le chemin entre l’Illinois, son dernier lieu de résidence, et l’endroit où on enterrait celle dont elle avait hérité le prénom.
Enfin, au loin, il lui sembla percevoir le son caractéristique d’une voiture, mais plutôt que de sauter de son perchoir pour attirer l’attention du conducteur et lui donner une chance de ralentir, elle se contenta de lever un pouce sans regarder la route, son attention étant toujours absorbée par la pédicure improvisée. S’il ne voyait pas la carcasse au jaune poussiéreux qui était échouée sur le côté de la route, il avait sacrément besoin d’une paire de lunettes, estima Gene qui ne leva le nez de son ouvrage que lorsque le ronronnement du moteur se stabilisa à sa hauteur. Au volant, il y avait un garçon de son âge qui, de là où il se trouvait, devait avoir une vue imprenable sur sa culotte, sa jupe en jean ne recouvrant qu’une parcelle infime de ses cuisses, et elle offrit un sourire narquois à l’inconnu, haussant un sourcil avant de remettre le capuchon de son vernis sur la bouteille :
- Eh bien, j’ai cru que personne ne viendrait jamais, s’exclama-t-elle. Je vais à Mount Oak, est-ce que tu peux me rapprocher ? Cette vieille mémère n’en peut plus.
Elle tapota la carrosserie comme si elle parlait d’un bon chien qui risquait de grogner de vexation en l’entendant parler ainsi de lui. Elle jeta son tube de vernis usé dans son sac à main et agita les orteils pour admirer le résultat avant d’enfiler ses sandales et de sauter du capot pour s’approcher du jeune homme.
- Tu veux pas faire marcher tes muscles aussi ? J’ai quelques babioles  à récupérer dans le coffre, dit-elle en minaudant sans subtilité.
Ça avait toujours marché avec la plupart des hommes alors pourquoi pas celui-là ? Au moins n’avait-il pas l’air dangereux mais même si c’avait été le cas, il n’était pas certain que ça aurait dissuadé Gene de grimper côté passager. Après tout, ça ou sa mère…

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MessageSujet: Re: ☑ not all who wander are lost   Jeu 7 Sep 2017 - 19:25

Le bitume glissait sous les pneus caoutchouteux, et disparaissait à travers les collines, tel un serpent sombre et froid. Au loin, les toits de la ville brillaient à l’horizon, et la chaleur faisait miroiter l’asphalte qui tremblait légèrement lorsqu’on y prêtait une attention plus poussée. Il se perdit dans la contemplation du paysage, et ce bleu si clair et transparent qui lui rappelait celui l’eau. Immédiatement les derniers mots de l’ancien prononcé pas plus tard que ce matin lui revinrent en tête ‘va falloir bouger ton cul Hemmick si tu veux vraiment ramener une médaille.’ Ca lui avait fichu un coup au moral cette histoire. Il avait cru naïvement qu’il était prêt, que toutes ces heures d’effort avaient enfin payé, et que le plus dur était derrière lui. Foutaises, le plus difficile était à venir, et il s’était trop longtemps reposé sur ses lauriers. Boudeur, il s’était embourbé dans des excuses plates et inutiles qui n’avaient pas su convaincre (et comment, même lui n’y avait pas cru une seule seconde), et avait promis de redoubler ses séances d’entrainement. Il en souffrait d’avance, de voir sa vie personnelle sacrifiée sur l’autel de la réussite. Le dur prix à payer pour un type comme lui qui avait décidé de donner son corps à sa passion pour une poignée d’années qui lui vaudraient dans le meilleur des cas des récompenses, et dans le pire des cas des séquelles physiques importantes. Plusieurs fois il avait réfléchi à trouver un plan de secours, qui lui permettrait de rebondir si ça ne fonctionnait pas comme prévu, ou tout simplement pour cet après, qu’il redoutait tant. La natation c’était sa passion depuis toujours, et l’idée de devoir dire un jour adieu aux bassins l’effrayait grandement. Il ne connaissait que ça. On l’avait jeté dans une piscine lorsqu’il n’était qu’un gamin, et il ne l’avait plus jamais quitté, trop heureux de barboter comme un petit poisson. Il avait ça dans le sang, une sorte d’aptitude innée qu’on avait su magnifier pour en faire le champion en devenir que pas mal de monde commençait à reconnaitre dans le milieu. Et l’avenir il ne le voyait pas autrement pour l’instant. Il s’était toutefois engagé à valider un cursus en parallèle pour éventuellement devenir professeur de sport, mais sans forcément de grande motivation. Lui ce qu’il aimait c’était la pratique, pas la théorie, et puis il n’avait pas la patience nécessaire pour enseigner à un public plus jeune, lui même étant encore un grand gamin un peu foufou. Il en avait déjà parlé avec Finley par le passé, et tout deux étaient partis dans des élucubrations grotesques sur le futur, mais pas si stupides que ça en définitive. Son copain se voyait bien dans une ferme entouré de leurs compagnons à quatre pattes (ils en avaient trois actuellement, mais Theo militait pour l’adoption d’un coq), et cette perspective lui plaisait grandement. Il affectionnait la campagne et ses grands espaces, sa verdure, ses animaux (!) et ses bruits caractéristiques au réveil. Être à l’écart du monde, avec sa moitié était une retraite anticipée agréable qu’il était ravi d’accepter sans l’ombre d’une hésitation.

Il laissa étouffer un soupire, et s’enfonça dans le siège de la vieille voiture, étouffant une grimace de douleur au passage. L’écran de son téléphone attira son attention, avec le rappel implacable de l’événement de la soirée : l’anniversaire de son père. Ca faisait des mois qu’ils ne s’étaient pas vus pour de vrai, se contentant de se croiser à la va vite lorsqu’il venait rendre visite à ses parents. Le comment du pourquoi il le savait pertinemment, et préférait ne pas mettre les pieds dans le plat en abordant le sujet. L’affaire lui pesait sur les épaules, mais il aimait croire sa mère lorsqu’elle lui disait que ça lui passerait. Il n’avait même pas osé demander si sa moitié pouvait se joindre aux festivités de la soirée, et ignorait encore ce qu’il ferait de l’information. Il lui restait quelques heures pour anticiper tout ça, et il comptait bien les mettre à profit. Il envoya un message à Finley pour lui dire qu’il passait faire les courses (fait assez rare pour être mentionné mais le frigo était archi vide et il avait terriblement faim) avant de rentrer, et reposa l’objet. Il augmenta le volume de la stéréo, et fredonna la mélodie entêtante du dernier tube à la mode, non sans un regard quasi automatique sur la place passager. La présence de Finn pour ronchonner en l’entendant chantonner, lui manquait. Il n’y avait rien de plus amusant que de le voir avec sa mine renfrognée, à se boucher les oreilles en roulant des yeux d’un air royalement agacé. Dehors, une tâche colorée à plusieurs kilomètres attira son regard, et il fronça automatiquement les sourcils abandonnant les notes finales de la mélodie. La route était peu fréquentée de côté là et menait surtout vers les complexes sportifs adjacents de Mount Oak et les champs verts de maïs qui s’étendaient sur plusieurs kilomètres. Il y avait donc fort à parier pour que quiconque se soit stationné sur le bord ait un accident, ou décidé de faire une pause pour soulager un besoin pressant. Sa curiosité piquée à vif, il freina aux abords, et aperçut une jeune fille qui levait le pouce avec une flegme qui lui arracha un sourire. Inévitablement, il s’arrêta.

Il descendit d’un bon et s’avança vers elle en clignant des yeux à cause du soleil et des moutons soulevés par le vent. Et un peu à cause de sa jupe en jean qui ne laissait guère de place à l’imagination. Il fut d’ailleurs étonné d’être le premier à stopper son véhicule pour la rejoindre. Heureusement pour l’inconnue, il n’était pas un pervers cinglé, juste un bon petit gars du coin, avec un coeur immense. « Eh bien, j’ai cru que personne ne viendrait jamais. Je vais à Mount Oak, est-ce que tu peux me rapprocher ? Cette vieille mémère n’en peut plus. » Le tutoiement ne le choqua pas plus que le reste, car la scène était digne d’un roman (ou du moins comme il les imaginait, il n’était pas porté sur la lecture) : une blonde en tenue légère paumée en pleine cambrousse, trop occupée à se remettre du vernis plutôt que de s’affoler sur son sort. Theo était amusé, tant par la situation que par le comportement de l’étrangère qui venait de jeter son flacon par terre sans ménagement pour le rejoindre. Était-ce une caméra cachée ? « Tu veux pas faire marcher tes muscles aussi ? J’ai quelques babioles à récupérer dans le coffre. » Il rigola un peu malgré lui face à sa vaine tentative de séduction (?) et croisa les bras sur sa poitrine. « C’est demandé si gentiment que je ne peux pas refuser. Et puis je voudrais pas que ce vernis s’abime avec la poussière. » Des fossettes se creusèrent dans son visage, et il lui ouvrit la portière pour qu’elle puisse s’installer, en feignant une fausse révérence. « Je reviens je vais chercher les babioles. » Il se dirigea vers le coffre, et à la vue des effets personnels, grommela intérieurement, il y avait un amoncellement de bricoles en tout genre, qui lui prirent plusieurs allers-retours pour charger dans sa propre voiture, elle même bien remplie. « Et voilà. On peut y aller. » Il tourna la clef, et enclencha le moteur, avant de les remettre sur la bonne voie, non sans lui jeter des coups d’oeil inquisiteurs. « Tu veux peut être prévenir quelqu’un, j’ai un téléphone si tu veux juste là. » Il ne lui semblait pas l’avoir déjà croisé dans les parages, et dans ce bled où tout le monde se connaissait, c’était assez rare. Elle était surement une touriste, ce qui amenait d’autres questions sur la table, que pouvait-elle bien venir faire ici à Mount Oak ? Ce n’était pas vraiment le genre d’endroits où on venait se dépayser, il n’y avait pratiquement rien à faire pour le néophyte venu, à part le musée du bois et de la myrtille. Un truc du genre qu’il avait dû effectuer lorsqu’il était gamin, et dont il avait un souvenir lointain. « Je m’appelle Theo au fait, et toi ? » Il cessa de la scruter avec insistance et se concentra sur sa conduite, en cherchant une station de radio digne de ce nom (il détestait le silence). « T’es du coin ? » Mince, c’était plus fort que lui, voilà qu’il se remettait à parler, mais ça allait de paire avec son tempérament extatique incapable de rester en place. Il n’était pas hyperactif pour rien.

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Gene Edelstein

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MessageSujet: Re: ☑ not all who wander are lost   Sam 9 Sep 2017 - 16:30

Sa mère aurait certainement eu honte de son comportement, Gene le savait. C’était immanquable. Déjà, elle aurait piqué une crise en la voyant exposer ses sous-vêtements à tous les regards et si elle avait eu le malheur d’émettre la moindre opinion à ce sujet, Gene se serait contenté d’un sourire éloquent qui laissait à sa matriarche le soin d’imaginer ce que la jeune femme pouvait bien faire d’autres. Parce que, honnêtement, le fait d’afficher la couleur de sa culotte était vraiment l’exploit le plus ridicule de la jeune nomade. Oh, oui, si sa mère avait ne serait-ce qu’un aperçu de ce que pouvait fabriquer sa fille, elle en deviendrait verte. Ou mourrait d’une crise cardiaque. L’un ou l’autre, de toute manière, importait peu à la voyageuse. Pas plus qu’elle n’aurait apprécié la voir aborder les gens avec tant de familiarité et, comble de l’horreur, de monter dans un véhicule avec un parfait inconnu. Mais Gene Edelstein le faisait depuis qu’elle avait quinze ans, des spécimens, elle en avait rencontrés à la pelle et, franchement, celui qui venait de s’arrêter à sa hauteur paraissait bien innocent comparé à certains vieux fantômes de la route. Étrangement, pourtant, il ne lui était arrivé que quelques bricoles. Elle avait un don pour amadouer son monde – à l’exception de sa propre famille, apparemment, qui devait être inoculée contre le phénomène Edelstein – et trouvait toujours un moyen de faire la conversation ou de désamorcer une situation inquiétante. Peut-être était-ce son assurance ou cette impression qu’elle donnait de ne rien craindre, ni personne (ce qui, en soit, n’était pas qu’une impression, peut-être juste de l’inconscience). En tous les cas, elle était plutôt contente de voir quelqu’un s’arrêter enfin. Les quelques véhicules qui étaient passés précédemment s’étaient contentés de ralentir légèrement en la dévisageant d’un air méfiant, comme si, avec son joli minois et sa tenue trop courte, elle avait tout l’air d’être un piège à cons et que, s’ils se garaient pour l’aider, une bande de types effrayants allait surgir d’un coin invisible pour jouer aux vandales et leur voler toutes leurs possessions. Ou bien sa mère les avait-elle tous mis en garde contre sa trainée de fille qui risquait de débarquer à Mount Oak pour tout mettre sens dessus dessous. Cette dernière hypothèse faisait sourire Gene qui n’aurait pas été étonnée de voir sa théorie vérifiée dès son arrivée. En attendant, elle oublia immédiatement ses mésaventures et accueillit le nouvel arrivant avec ce sourire un peu étrange qu’elle arborait régulièrement – un peu moqueur, un brin carnassier, de quoi, effectivement, faire froncer les sourcils d’étrangers qui pourraient se demander ce qui lui passait par la tête.
La réaction du jeune homme la fit sourire d’autant plus. De ce qu’elle put en juger, il ne prendrait pas la mouche à cause de sa franchise un peu trop évidente ou de sa désinvolture presque insultante. La réplique teintée d’humour de jeune homme lui extorqua un sourire narquois et elle haussa les épaules :
- Une fille s’occupe comme elle peut.
Elle n’avait pas non plus un téléphone dernier cri bourré d’applications inutiles mais qui, en ces circonstances, auraient pu s’avérer bienvenues pour l’aider à passer le temps. Gene adressa un clin d’œil à son nouveau chauffeur et lui passa sous le nez, ne se faisant pas prier pour s’installer sur la banquette côté passager. Elle fourra son sac à ses pieds puis se tourna légèrement, un coude en appui sur le dossier du siège, pour regarder l’inconnu faire bonne figure et galamment transporter ses affaires d’un coffre à l’autre. Loin d’elle l’idée de vérifier s’il jetait un coup d’œil curieux à ce que contenaient les trois sacs ni s’il n’y chapardait rien mais il y avait quelque chose d’agréable à voir ses bagages manipulées par un charmant jeune homme. La jeune femme se pinça les lèvres quand il revint et se rassit normalement avant de préférer une position plus confortable : les jambes relevées pour poser les pieds sur le tableau de bord. L’inconnu reprit la route et Gene adressa à peine un regard à sa vieille voiture abandonnée. Elle viendrait la chercher plus tard, si elle y pensait, avait le temps et l’argent. Elle n’avait jamais été très attachée aux choses, ayant pris rapidement conscience qu’elles étaient un frein à ses pérégrinations.
- Oh non, ça va. J’ai un téléphone, répondit-elle simplement avant de lui adresser un sourire un peu provocateur, le défiant de lui demander pourquoi, dans ce cas, elle n’avait pas appelé quelqu’un d’autre au secours.
Il n’avait pas envie d’entendre parler de sa famille dysfonctionnelle, Gene en était certaine. Et puis, elle-même n’en avait pas grand-chose à dire, puisqu’elle ne la connaissait pour ainsi dire pas. Quelques noms pouvaient lui traverser l’esprit mais ça n’allait pas plus loin.
- Gene, dit-elle, laconiquement, avant d’ajouter, cynique. Comme Eugenia, mais je te préviens, si tu m’appelles comme ça, ne t’attends pas à la moindre réponse de ma part.
Elle ne répondait jamais à ce prénom ancestral dont elle avait hérité bien malgré elle et que sa mère était à peu près la seule à utiliser – généralement pour marquer sa forte désapprobation. La jeune femme lui opposait alors un silence ferme et buté qui forçait son ainée à capituler ou à raccrocher. De toute façon, elles étaient pour ainsi dire des étrangères, désormais. Elles n’avaient pas passé plus de quelques jours ensemble depuis le temps lointain où elle avait essayé de l’envoyer mourir dans un coin paumé appelé Mount Oak. Entre temps, sa mère avait réussi à quelques reprises à retrouver sa trace pour tenter de la convaincre de revenir à la raison mais jamais Gene n’avait cédé et cette fois-ci ne dérogeait pas à la règle. D’ailleurs, sa mère ne l’avait avertie du décès de sa grand-mère que parce que c’était ce qu’il convenait de faire et Gene avait senti que, peut-être, derrière cette réserve, il y avait une crainte de la part de sa matriarche à la voir débarquer pour foutre la merde dans la famille ou, plus certainement, pour lui faire honte devant tous et toutes. Gene se fichait pas mal de ce qu’ils pensaient à son sujet et elle n’avait pas analysé la raison qui l’avait poussée à, pour une fois, prendre son volant pour rejoindre cette ville qu’elle avait fuie presque toute sa vie.
- Techniquement, oui. Pratiquement, non. C’est la première fois que je vais mettre les pieds à Mount Oak. Pour l’enterrement de ma grand-mère. Et toi ? Ça te dérange si je fume une clope ?
Gene ne s’en était pas rendu compte jusque-là mais plus elle approchait de Mount Oak, plus une appréhension insidieuse s’infiltrait dans ses veines. Elle avait beau feindre de n’en avoir rien à faire, il y avait quelque chose d’étrange à cette sensation qui l’envahissait. Elle n’avait pourtant pas peur d’affronter sa famille, elle ne comptait pas rester éternellement coincée avec eux, ne savait même pas pourquoi elle y allait vraiment, pourrait repartir quand elle le voudrait, pouvait même encore faire demi-tour avant d’arriver à destination, si elle le voulait, et pourtant, c’était bien là, sous-jacent, et cela se traduisait par une soudaine envie de s’encrasser les poumons pour se détendre les nerfs.

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MessageSujet: Re: ☑ not all who wander are lost   Mer 13 Sep 2017 - 20:04

Il adorait parler, peut-être un peu trop. C’était le genre de truc qui avait figuré sur ses bulletins scolaires d’année en année, marqué au feutre rouge en gras sur la marge, ‘élève agréable mais trop prompt au bavardage.’ Une sorte de prologue vivant qui le suivait partout, et dont il n’arrivait pas vraiment à se débarrasser. La triste vérité, c’est qu’il était incapable de se taire, il rebondissait sur des phrases, faisait des blagues, rigolait, absolument tout pour éviter un silence qu’il redoutait. De fait, sa bouche était devenue aussi incontrôlable que son corps constamment en proie au moindre mouvement, même le plus petit fut-il, car Theo était un hyperactif. Toujours surexcité, avec des troubles de l’attention qui avaient perturbé son efficience scolaire, au point qu’on avait préféré le retirer du système au lycée afin de lui dispenser des cours à domicile. Avec l’âge, l’affaire s’était un peu tassée, sans doute grâce à toute l’activité physique à laquelle il s’adonnait, mais ses penchants pour la discussion étaient restés, tout comme sa concentration défectible et ces heures passées à essayer de s’endormir en vain malgré la fatigue. Il avait d’ailleurs longtemps redouté que sa colocation avec Finley en soit perturbée, ou que le garçon le rejette pour ces soucis qui semblaient minimes mais pouvaient se révéler usant au quotidien. Mais il l’avait accepté tel quel, sans rien dire et sans se formaliser de ses défauts. Pour ça il ne l’en aimait que davantage, et était le plus heureux qui soit, surtout si il repensait aux difficultés que cette relation avaient engendré dans sa vie. D’abord à cause du milieu dans lequel il évoluait, et puis au sein de sa famille. Essayer de conjuguer tout ça n’avait pas été évident, et d’ailleurs son père faisait toujours la sourde oreille sur le sujet, mais le plus dur avait été accompli. De toute façon ce n’était pas comme si il se formalisait de ce que les autres pouvaient penser, toutefois, devoir se justifier pour calmer le jeu avait été particulièrement compliqué pour lui qui détestait rendre des comptes à autrui. Bientôt tout ça serait derrière lui, une fois qu’il aurait sa médaille, et que ses muscles le trahiraient il se réserverait un nouveau départ. Peut-être ici à Mount Oak, ou plus loin, pour marquer le coup, à l’image de sa passagère qui avait cet air rafraichissant des gens qui voyagent et n’ont peur de rien. Il fallait au moins ça pour grimper dans la voiture d’un inconnu en lui offrant toute sa confiance, sans regarder une seule fois derrière soi. Quelque chose lui disait qu’elle était forte d’apparence mais cachait une blessure profonde, un gouffre qu’elle masquait avec une répartie poignante et une familiarité hors norme.

A les observer de plus près, ils ressemblaient à des amis de longue date, séparés par le temps, et qui se baladaient ensemble. Il suffisait de voir sa posture, et cette aisance avec laquelle elle s’était approprié l’habitacle pour s’y étaler complètement. Il jaugea ces grandes jambes et ses pieds calés sur le tableau de bord, non sans esquisser un sourire amusé. Une chance qu’il ne fut pas maniaque avec le véhicule qu’il avait hérité de son paternel, refusant de céder aux mêmes caprices que ses comparses nageurs qui avaient opté pour des engins sportifs aux courbes harmonieuses. Lui, préférait largement la vieille citadine pleine de souvenirs, à l’odeur rassurante de popcorn et de sucre, avec la fenêtre conducteur qui ne fermait plus très bien. « Oh non, ça va. J’ai un téléphone. » Il jeta un coup d’œil vers elle, encore plus intrigué qu’il ne l’était auparavant, et subjugué par ses traits froncés qui faisaient ressortir ses jolies iris. Étrange réponse de sa part, car si elle en avait vraiment un, elle n’avait pas jugé bon d’appeler qui que ce soit au secours, préférant visiblement qu’un tiers s’arrête pour la tirer de ce faux pas. Soit elle ne connaissait personne, soit elle fuyait quelque chose, l’un comme l’autre il n’avait pas à s’en mêler. « Ha oui ? Je vois… J’imagine que forcer le destin et faire du stop pour rencontrer de nouvelles têtes est plus amusant. » Plus jeune, il aurait pu se lancer là-dedans également, faire le tour du monde en stop, s’échapper de cette ville et aller à l’encontre de cultures différentes mais la rigueur de son métier et des entrainements l’en avait empêché. Pour autant, il était toujours excité et intenable à l’idée de prendre l’avion tel un gosse de dix ans devant le sapin de noël. Sa dernière visite en date était Paris, il n’avait pas pu explorer la capitale comme il le souhaitait, étant confiné à l’hôtel et le gymnase où avait eu lieu la compétition mais le peu qu’il avait aperçu lui donnait encore plus l’envie de visiter l’Europe avec Finley. « Gene. » Drôle de prénom, original comme elle en définitive, ça lui collait bien à la peau. « Comme Eugenia, mais je te préviens, si tu m’appelles comme ça, ne t’attends pas à la moindre réponse de ma part. » Ca changeait un peu la donne, et malgré ce qu’elle pensait, lui trouvait que c’était un patronyme ancien certes mais chanteur à l’oreille. Il aimait bien ces attributs d’une époque antérieure à la sienne, précisément ceux qui donnaient loisir à un diminutif, un peu comme Theodore qui devenait Theo. A l’exception faite que son surnom ne faisait pas très artistique contrairement au sien, qui ressemblait à ce qu’on pouvait entendre dans les chansons de rock. L’histoire du type guitariste qui tombait amoureux d’une fille qu’il ne pouvait pas avoir et décidait de lui dédicacer une poignée de notes qui témoignerait de ses sentiments. Un classique. « Noté. » Il trifouilla légèrement les stations pour en trouver une qui lui plaisait – trop de publicité nuisait à sa satisfaction – et se fixa sur une radio qui diffusait un vieux titre de Bowie. « Techniquement, oui. Pratiquement, non. C’est la première fois que je vais mettre les pieds à Mount Oak. Pour l’enterrement de ma grand-mère. Et toi ? Ça te dérange si je fume une clope ? » Pas une touriste donc, enfin pas tout à fait du moins, le contraire l’eut étonné, lui qui connaissait pratiquement toute la bourgade à de rares exceptions. « Non vasy tu peux y aller, juste pas de fumée vers moi. » Au passage, il en profita pour descendre sa vitre, peu acclimaté aux odeurs froides de tabac. Il ne voulait pas que ses vêtements en soit imbibé, ni que ses poumons s’en imprègnent. En tant que sportif ça la fichait mal, il en avait suffisamment pris pour son grade ce matin. « Je suis désolé pour ta grand-mère. » Une moue désolée se peignit sur son visage, tandis qu’il fixait un point à l’horizon. Cette conversation était tellement singulière, tout comme leur façon de s’adresser à l’un et à l’autre. Deux vieilles connaissances perdues. Il se tortilla sur son siège, la mort qu’il avait côtoyé lui aussi, était un peu tabou chez lui, car elle lui faisait peur. Il ne l’avait pas encore accepté, et se comportait comme un gamin dès qu’on effleurait le concept. Une partie de lui avait refusé de grandir. « Moi ? Je suis né ici, et j’ai vécu toute ma vie ici. C’est un trou paumé mais quand on baigne dedans depuis le début, on apprend à l’aimer. Y’a des trucs sympas à faire, je te ferais visiter à l’occasion si tu veux. » Il éternua à cause de la poussière de la route qui remontait, et poursuivi. « Tu viens d’où alors ? Enfin depuis quand tu es en vadrouille ? » Il se félicita intérieurement de s’être arrêté, car sa voisine présentait toutes les caractéristiques typiques des héroïnes de roman à l’existence incroyable. Il la toisa subrepticement, laissant ses yeux détailler son corps légèrement halés, et sa chevelure qui scintillait presque au soleil. Il avait toujours apprécié le blond mais c’était un homme aux cheveux bruns foncés qui faisait battre son cœur. « J’ai toujours voulu partir moi aussi, voir le monde, changer d’air, peut-être plus tard, quand j’aurais du temps libre. » Il repensa à Finley, à leurs projets, et toutes ces choses qui les attendaient à mi-chemin entre la réalité et le rêve.

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MessageSujet: Re: ☑ not all who wander are lost   Sam 30 Sep 2017 - 16:06

Peut-être que c’était le destin qui lui adressait un signe. Peut-être qu’il tentait de lui faire saisir que se rendre à Mount Oak était une très mauvaise idée. Non seulement parce qu’elle n’y était pas chaleureusement attendue mais aussi parce qu’elle risquait d’y rester prisonnière. Après tout, n’avait-elle pas fui cette ville toute sa vie ? N’avait-elle pas été aussi chanceuse que l’insecte qui frôle la toile d’araignée mais ne s’y retrouve jamais piégé ? Pourquoi faisait-elle tout à coup l’exact contraire de ce qui avait guidé ses pérégrinations depuis plus d’une décennie ? Elle n’avait jamais fonctionné à la boussole, uniquement comme un aimant qui repousse ce petit bout de carte où tout ce qui risquait de la hanter était happé. Comme une sorte de trou noir qui engloutissait tout. Gene savait que c’était ridicule, que cette ville n’avait rien de spécial, qu’elle se fondait dans la masse des milliers de petites villes de la région. Mais ça ne l’empêchait pas d’y voir une ombre funeste, une aura singulière qu’elle n’avait jamais voulu approcher et vers laquelle elle fonçait tout droit, maintenant. Comme si, le danger principal – alias Eugenia Blythe, sa grand-mère – en avait été écarté. Or, que pouvait donc lui faire cette vieille mémé ? À elle, Eugenia Edelstein, qui n’avait peur de rien ? C’était ridicule et c’était peut-être pour exorciser ce point nébuleux qu’elle faisait cette route. Mais peut-être qu’elle aurait dû y voir un signe, peut-être que tomber en panne à quelques kilomètres de Mount Oak à peine, était un message pour l’enjoindre de ne pas aller au bout de son voyage. Mais alors, qui était ce garçon qui s’arrêtait enfin pour la prendre ? Un ange ou un démon ? Il avait plutôt une gueule d’ange, songea Gene en laissant glisser un regard félin sur la silhouette du conducteur. Mais elle n’aurait rien eu contre un petit démon non plus. De toute façon, lorsque Gene avait quelque chose en tête, elle ne l’avait pas ailleurs et puisqu’elle avait décidé qu’elle viendrait troubler la quiétude de l’enterrement de son aïeule, elle atteindrait Mount Oak par tous les moyens.
La réaction du jeune homme ne lui échappa pas et elle esquissa un sourire. L’absurdité de sa situation, il l’avait d’emblée remarquée. N’était-ce pas le bon sens commun que d’appeler quelqu’un, même une dépanneuse, plutôt que d’attendre un temps indéfini sur le bord d’une route presque déserte ? Oh, si personne n’avait daigné s’arrêter et si la nuit avait commencé à tomber, peut-être que Gene aurait cédé, peut-être qu’elle aurait sorti son vieil appareil pour qu’on la tire de ce mauvais pas mais la jeune femme savait que, d’une façon ou d’une autre, une solution se présenterait. L’inconnu serviable n’en était-il pas la preuve la plus évidente ? Elle n’avait même pas eu à jouer de ses charmes, il s’était arrêté sans se faire prier et s’il avait passé sa route, c’aurait été tant pis pour lui – et pour elle aussi, mais elle s’en fichait.
- Evidemment. On ne sait jamais ce que réserve la prochaine rencontre, acquiesça-t-elle d’un air faussement philosophe, bien que sa bouche exprime un cynisme démesuré.
À vrai dire, c’était plutôt le côté éphémère de la chose, qu’elle appréciait. Aucune attache, aucune obligation. Elle ne revoyait généralement pas les conducteurs qui la prenaient en stop et cela lui convenait parfaitement. Elle emportait parfois des bouts de leurs vies avec elle – elle n’échappait pas aux bavards occasionnels qui n’avaient rien besoin d’autres qu’une oreille attentive – mais eux, rarement, gardaient quoi que ce soit d’elle. Le plus souvent, elle mentait sans vergogne, leur servant la première chose qui lui passait par la tête. Cette fois-ci, étonnamment, elle choisit la sincérité. Elle ne sut pas vraiment pourquoi, si c’étaient les bonnes ondes que Theo dégageait ou l’approche décisive d’un point qu’elle avait soigneusement évité durant bien trop longtemps.
Gene ouvrit la fenêtre avant d’allumer la cigarette et tira une longue bouffée qui eut un effet immédiat et bienfaiteur : le nœud qui s’était formé au creux de son ventre se desserra légèrement mais pas suffisamment à son goût. Elle souffla l’air vicié de ses poumons vers l’extérieur et laissa pendre son bras dehors en regardant défiler le paysage, plutôt commun et pourtant étranger à son regard vif. On était loin de la Californie ou de Miami. Elle n’eut cependant pas le loisir d’y songer longtemps, la voix de Theo la tira de ses pensées et elle tourna vers lui un regard étonné. La remarque était pourtant usuelle mais elle ne s’était pas attendue à ce qu’on la lui serve. Pas à cause de sa grand-mère, en tout cas, qu’elle n’avait jamais vue de sa vie.
- Elle était vieille, dit-elle simplement, au lieu de le remercier.
La mort de son aïeule ne l’émouvait en rien. Elle passerait sûrement pour un monstre, à cause de cela, mais Gene ne feignait jamais des sentiments qui lui étaient parfaitement inutiles. Elle n’allait certainement pas prendre un air accablé pour un jour qui, finalement, à ses yeux, ne changeait pas grand-chose. À l’exception qu’elle savait parfaitement qu’elle serait criblée de jugements dès qu’elle entrerait dans le champ de vision de sa famille mais ça, elle s’y était préparée toute sa vie, la mort d’Eugenia n’y changeait rien. Dévier le sujet sur le jeune conducteur fut donc bienvenu et Gene l’observa tandis qu’il évoquait sa propre existence. Il était en partie étrange de se dire que si elle était venue ici, comme c’était prévu quand elle avait quinze ans, elle aurait peut-être côtoyé ce même jeune homme qui était un parfait inconnu pour elle à cet instant. La vie avait une drôle de façon de rappeler qu’un tournant dans la vie pouvait en modifier le cours à jamais.
- Ouais, pourquoi pas. Si je ne me tire pas dès que l’enterrement sera terminé.
Sa réponse pouvait sembler un peu froide, distante, mais elle n’avait pas vraiment l’intention de s’éterniser et ne voyait pas ce que Mount Oak pouvait offrir qu’il n’y avait pas ailleurs. Elle était sûrement peuplée des mêmes éternels bars et restaurants. Il n’y avait guère que la renommée des entreprises de clones qui donnait un petit cachet au coin mais comme Gene ne s’intéressait pas plus à ça qu’au reste, cela n’apportait rien non plus.
- Depuis toujours. Cliché, je sais. Mais j’ai toujours déménagé quand j’étais gosse. Je n’ai fait que reproduire le modèle.
Ballotée entre ses parents divorcés, Gene n’avait pas le sentiment d’avoir un jour où un endroit ‘à elle’, un point d’origine où elle pourrait retourner si l’envie lui prenait. Peut-être était-ce la raison de son incapacité à s’établir où que ce soit. Elle n’avait jamais pris la peine d’y réfléchir vraiment. Elle considéra Theo d’un œil amusé puis déclara :
- Foutaises ! Si tu voulais vraiment le faire, tu le ferais. Les gens ont tendance à se trouver des excuses pour reporter à demain et finissent par ne jamais faire quoi que ce soit. Qu’est-ce qui t’occupe tant ? Pourquoi plus tard ? Si tu as toujours voulu partir, fais-le.
Gene était-elle la plus adaptée pour conseiller les gens sur la manière dont ils devaient mener leur existence ? Clairement non mais ça ne l’empêchait pas de prêcher pour sa paroisse : la liberté avant tout. Rien n’égalait le sentiment de pouvoir faire ce qu’on voulait, quand on le voulait.

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MessageSujet: Re: ☑ not all who wander are lost   Dim 3 Déc 2017 - 20:07

Les yeux rivés sur l’asphalte noir, il réfléchissait à tout un tas de choses qui se bousculaient dans sa tête et que l’étrangère avait ramené avec elle. Outre ses valises qui s’agitaient dans le coffre à l’arrière, elle tirait sur des ficelles de son esprit qui s’étaient égarées dans un coin poussiéreux avec toutes ces années sur ses épaules. Quelque part elle lui semblait libre, là où lui se cantonnait à suivre des règles, pensant à tort être maitre de ses mouvements. Mais c’était une situation qu’il avait choisi, et qu’on ne lui avait pas imposé. Il pouvait donc s’en défaire à tout moment. Néanmoins être enfermé dans un tel carcan avait son charme également et permettait de ne pas s’égarer en chemin. L’ancien Theo aurait sans doute était plus prompt à l’incertitude, mais le nouveau lui, était obligé de suivre une certaine routine, devenue confortable avec le temps. Plus tard peut être, s’autoriserait-il à tordre le cou à ces vieux préceptes, mais en l’état, il n’allait pas gagner sa médaille d’or sans efforts, et en menant une vie de débauche. De toute façon ce n’était pas cet aspect-là qui l’intéressait réellement, et plutôt l’idée de voyager sans aucune contrainte. Un projet à murir très certainement, et dont il parlerait avec Finley à l’occasion si il ne l’oubliait pas, car en plus d’être hyperactif, le garçon était amnésique sur beaucoup de points qui passaient dans une oreille et ressortaient de l’autre côté. Mais en tout cas Gene venait de réveiller ses rêves d’explorateur de gamin, en titillant une corde sensible de cet apprenti Indiana Jones. « Évidemment. On ne sait jamais ce que réserve la prochaine rencontre. » Et elle avait eu de la chance que ce soit lui, parce qu’il y avait de sacrés types louches qui trainaient dans le secteur. Il en croisait souvent des énergumènes peu recommandables qui faisaient office de pilier de bar dans des endroits assez glauques. Lui-même s’était déjà battu avec un routier raciste, qui s’égosillait sur sa voiture mal garée. Une bien sordide affaire où il avait fini par s’enfuir en levant son majeur fièrement avant de démarrer en trombe. « T’aurais pu tomber sur pire ouais. » Il se tourna vers elle en souriant tandis qu’elle ouvrait la fenêtre pour laisser s’échapper la fumée blanche qui émanait de sa cigarette. Encore un truc auquel il n’avait plus le droit, bien qu’il ne fut pas un grand consommateur de nicotine. Ce qui lui manquait le plus c’était la nourriture, il devait bien admettre, que les hamburgers, frites et pâtisseries en tout genre faisaient grogner son estomac. Hormis les pâtes et de rares gâteaux sans sucre, il se devait d’être à la diet pour conserver son endurance et son corps musclé. Tout ça était actuellement caché sous son teeshirt, mais il avait des abdominaux en béton, et des bras du même acabit. Il lâcha sa contemplation légèrement troublé par l’aura qui émanait de sa voisine, et dont les cheveux blonds comme les blés brillaient au soleil. Il avait toujours eu un faible pour cette couleur, il se souvenait d’ailleurs avoir fréquenté un garçon au teint hâlé et boucles voluptueuses quasi transparentes. Ça n’avait pas duré longtemps, mais il gardait le souvenir des nuances lumineuses comme si c’était hier. Désormais il ne jurait évidemment plus que par le châtain foncé, et était incapable de tenir ses mains en place quand il embrassait sa moitié tout en jouant avec des mèches rebelles sur son front. Il avait d’ailleurs hâte de le rejoindre, et son entrain fut légèrement ombragé par l’objet de la visite de la jeune femme. La mort à nouveau. Il ne l’avait pas expérimenté malgré son âge ‘avancé’ et redoutait devoir le faire prochainement. Le décès de son chien quelques années en arrière avait été une expérience suffisamment traumatisante pour lui. « Elle était vieille. » Theo se contenta d’acquiescer du menton sans rien ajouter d’autre, il pourrait toujours écouter ses dires si elle désirait s’étendre là-dessus, mais d’après sa gestuelle, le sujet était clos. Ça devait être étrange de débarquer dans une ville pour un tel motif suite à une absence prolongée. Lui connaissait les lieux sur le bout des doigts, plus rien n’avait de secret pour lui, mais elle, qu’y verrait-elle ? Un coin paumé sur la pente ascendante ? Une bassine pleine de regrets et de non-dits ? Ou tout simplement un moyen de recommencer à zéro ? Voir tout ça à la fois. « Ouais, pourquoi pas. Si je ne me tire pas dès que l’enterrement sera terminé. » Il avait proposé ça par politesse et parce qu’en dépit de son flegme apparent, elle lui plaisait. Pas dans le sens auquel on pouvait penser, mais un différent. Elle avait cette fraicheur attractive des gens qui gens qui se foutent de tout et les revendiquent haut et fort. Ça lui faisait du bien, de ne pas être pris avec des pincettes, et d’entendre quelqu’un dire le fond de sa pensée sans barrage. Tally était un peu de ce genre là aussi, mais il était si habitué à elle, qu’il pouvait prédire la moindre de ses actions. Gene était encore une toile vierge sur qui il n’avait rien. « Comme tu veux. » Il lui donnerait son numéro et adviendrait ce qui adviendrait. Dans tous les cas il ne serait pas déçu, il était content que le destin l’ait mise sur son chemin, offrant à sa journée une parenthèse pour souffler. « Depuis toujours. Cliché, je sais. Mais j’ai toujours déménagé quand j’étais gosse. Je n’ai fait que reproduire le modèle. » Ca donnait envie autant que ça paraissait fatiguant, de changer en permanence d’endroit pour tout rebâtir. Des visages inconnus, des magasins étrangers, une maison qui n’était pas réellement la vôtre. Lui par exemple n’avait bougé que deux fois dans sa maigre existence. Et ce n’était pas tant l’action qui le dérangeait, mais perdre toutes ses attaches. Il réalisa subitement qu’il était déjà vieux avant l’heure. « Oh ! Et t’es pas crevée ? C’est pas usant comme mode de vie ? Devoir défaire puis refaire ses bagages... Tient, quel est l’endroit que tu as préféré ? » Il pouvait à minima se targuer d’être allé en Europe pour une poignée de sélections sportives, sans avoir eu tout à fait le loisir de visiter les capitales à sa guise. Malgré tout aça devait compter un peu, sa grand-mère paternelle par exemple n’avait pas mis un pied à l’extérieur de Mount Oak. « Foutaises ! Si tu voulais vraiment le faire, tu le ferais. Les gens ont tendance à se trouver des excuses pour reporter à demain et finissent par ne jamais faire quoi que ce soit. Qu’est-ce qui t’occupe tant ? Pourquoi plus tard ? Si tu as toujours voulu partir, fais-le. » Il rigola doucement, tout entrainé par son enthousiasme communicatif qu’il ne lui aurait pas donné de prime abord. « Tu as raison !! Partons même ensemble après ton enterrement. Las Vegas tient !! » Il donna un petit coup sur le volant en guise de roulement de tambour, avant de se calmer et reprendre son souffle. Elle n’avait pas tort en soit, mais il avait des obligations qu’il ne pouvait pas mettre de côté aussi aisément que ça. « Même si je voulais je ne pourrais pas. J’ai un rêve, un rêve que je poursuis depuis trop longtemps pour l’abandonner. Je suis nageur professionnel, me suis entrainé dur pour ça, je veux participer aux prochains jeux olympiques Et puis il n’y a pas que ça. » Il y a surtout ça à vrai dire, l’homme qu’il aime plus que tout le reste. Le seul qui pourrait lui faire tout arrêter s’il le lui demandait. « Je suis avec quelqu’un, je ne peux plus penser qu’à moi. Alors plus tard quand on sera trop ‘âgé’ pour la compétition. Je suis encore jeune après tout. » Il venait à peine de fêter ses vingt et un an, alors même si partir faire le tour du monde l’obsédait, il ne le ferait jamais sans Finley, et à eux deux, ils avaient largement le temps.

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MessageSujet: Re: ☑ not all who wander are lost   Jeu 28 Déc 2017 - 16:34

Peut-être qu’il connaissait sa grand-mère, ou l’un de ses innombrables cousins. Cela ne changeait rien à sa vie mais elle se disait que la vie lui avait démontré, à de nombreuses reprises, que le monde était plus petit que ce que l’on croyait et elle n’aurait dès lors pas été étonnée qu’il ait joué dans la même équipe sportive que l’un d’eux ou qu’il soit sorti avec une cousine à elle. Elle ne poserait pas ces questions, toutefois. Elle n’aurait même pas su comment identifier un quelconque lien entre ce garçon et les membres de sa famille. C’était tout juste si elle connaissait les prénoms des uns ou la filiation des autres. Elle avait plusieurs tantes et oncles, de ça elle était certaine. Chacun d’eux avait sûrement eu un (ou plusieurs) enfant(s), ce qui multipliait les chances pour qu’un natif de Mount Oak en ait croisé au moins un au cours de son existence. Mais quelle importance ? se dit Gene, quand elle était certaine de s’évanouir dans la nature dès qu’elle se serait lassée de foutre le boxon chez les Blythe et consorts. Pendant une seconde, l’idée saugrenue qu’il puisse être l’un de ses cousins lui traversa même l’esprit mais il aurait certainement accueilli sa présentation d’une autre manière si c’avait été le cas.
- Ou sur mieux, le taquina-t-elle avec un sourire de félin qui se lèche les moustaches de délectation.
Elle lui adressa cependant un clin d’œil pour bien signifier qu’il s’agissait là d’une plaisanterie et qu’elle ne pensait pas un mot de ce qu’elle disait. Gene ne manquait jamais une occasion de flirter avec de jolis garçons et Theo était clairement un spécimen agréable à regarder – bien qu’un peu jeune à son goût mais même ça, ça ne l’aurait sûrement pas arrêtée. Qu’y avait-il de mal à se faire plaisir alors qu’elle roulait droit sur le cauchemar d’une vie, aussi ? C’était peut-être le dernier instant de tranquillité qu’elle avait alors autant qu’elle en profite, décréta-t-elle. Mais la raison principale de sa venue ne restait jamais bien loin et son rictus devint plus aigre en songeant à ce qui l’attendait. Il fallait décidément qu’elle soit bien maso pour faire la route dans l’unique but de se faire haïr des siens. Peut-être était-ce l’ennui qui lui avait mis cette idée folle en tête mais elle considérait cela davantage comme un exorcisme nécessaire que comme un quelconque acte déséquilibré, même si au final, cela revenait sûrement au même.
Du coup, elle aurait aussi pu demander à Theo de lui parler de la ville vers laquelle elle fonçait à corps perdu. Elle doutait qu’il puisse dépeindre un paysage idyllique qui ne lui fasse pas regretter sa décision mais au moins elle aurait su dans quoi elle mettait les pieds. À ce jour, ses recherches s’étaient bornées à un nom tapé dans une barre de Google et à un passage en revue des illustrations qui apparaissaient. En détaillant les différentes photographies, Gene avait presque été déçue, comme si elle s’attendait à ce que Mount Oak sorte du lot d’une quelconque manière. Mais en dehors des trois grandes tours qui s’élevaient à Pairidaeza Valley, la ville n’avait rien d’extraordinaire. Elle était même plutôt ennuyeuse. Elle avait vaguement parcouru les pages du site Internet de sa ville d’origine, essayant de se mettre dans la peau de n’importe quel touriste qui, pour une raison x ou y qui échappait à Gene, aurait pu choisir cet endroit comme destination de vacances. Là non plus, elle n’avait rien découvert de bien particulier et elle avait éteint l’ordinateur emprunté avec un soupir agacé, en maugréant que même ça, sa famille n’était pas capable de lui offrir.
Gene décocha une œillade mutine à son voisin lorsqu’il se contenta d’un comme tu veux en guise de réponse. Elle doutait qu’il boude à propos de sa plaisanterie. Peut-être était-ce simplement de la politesse, une volonté de ne pas s’imposer. Elle imaginait bien cela comme un trait caractéristique des habitants de Mount Oak : de s’excuser presque de vivre, de ne jamais vouloir s’incruster. À moins que ça soit réservé à ce garçon bien bâti qui ne lui faisait pas du rentre-dedans comme elle pouvait avoir droit lors des premiers échanges. Souvent, toutefois, elle se chargeait de mettre les choses au clair si l’intérêt était unilatéral et qu’elle n’avait aucune envie de débattre sur le sujet. Visiblement, elle n’avait pas d’inquiétudes à se faire à propos de Theo et elle en conclut qu’il était soit gay soit épris d’une fille du coin et qu’il voulait se montrer d’une fidélité à tout épreuve, même en embarquant une nana dont il avait déjà eu le loisir de voir les sous-vêtements avant même d’avoir échangé la moindre parole.
- Pas quand on n’a pas grand-chose à emballer, lui assura-t-elle sur un ton railleur. Et bouger sans arrêt t’invite à faire rapidement du tri dans ta vie. C’est cathartique, en fait, quand on y pense.
Elle tira une nouvelle bouffée de nicotine et tapota la cigarette du bout de l’index pour se débarrasser des cendres accumulés.
- Je préfère la chaleur, donc je dirais le sud. Peut-être l’Arizona ou le Nouveau Mexique. Phoenix est probablement loin d’être la plus belle ville que j’aie visitée mais c’est là que j’ai passé le plus de temps. J’y suis restée un an et demi, je crois. Si j’avais l’argent, je crois que je ferais le tour du monde.
Tentée de faire une plaisanterie quant au fait qu’elle aurait peut-être hérité d’un petit quelque chose qui lui permettrait de s’envoler pour l’Europe, Gene retint les mots à temps. L’idée était risible. Si sa grand-mère avait fait quoi que ce soit à propos de son testament, c’était sûrement le préserver de sa petite-fille égoïste et délurée.
- Quoi, tu veux m’épouser ? lui rétorqua-t-elle, narquoise, en lui jetant un coup d’œil en coin.
Ses doigts glissèrent la cigarette entre ses lèvres et elle tira une dernière longue bouffée avant de jeter le mégot par la fenêtre. Sa gorge irritée la fit légèrement tousser et elle se frotta machinalement les paumes l’une contre l’autre, comme si elle se débarrassait de miettes imaginaires. Elle reporta ensuite son attention sur lui lorsqu’il évoqua son rêve, un rêve qu’il poursuivait depuis trop longtemps pour l’abandonner et elle songea qu’elle n’avait jamais eu le moindre rêve, encore moins le genre qu’on poursuit n’importe où. Sa profession incita Gene à glisser un regard sur son corps. Elle n’avait pas imaginé que sous ce t-shirt se cachait un corps d’athlète, même si ses bras étaient musclés et parfaitement dessinés. Et quand il en vint à avouer qu’il était avec quelqu’un, Gene eut un petit rire cynique. La pensée lui avait pourtant effleuré l’esprit, quelques minutes plus tôt, mais elle l’avait presque immédiatement zappée.
- Bien sûr, c’était trop beau pour être vrai. Un joli minet comme toi ne pouvait pas être célibataire, déclara-t-elle sur un ton faussement désappointé. Tu as raison. Tu as toute la vie devant toi. Jusqu’à ce qu’un événement imprévu fasse basculer ton existence. Un accident. Un enlèvement extraterrestre. Ou le temps qui passe trop vite.
Elle ne savait pas pourquoi elle se montrait si négative quand ça n’était pas dans sa nature de faire la leçon aux autres, encore moins de faire preuve du moindre pessimisme. Ce qu’elle était, c’était quelqu’un de réaliste, qui s’accommodait de ce que cette foutue existence daignait mettre sur son chemin. Un point, c’est tout.
- Allez, console-moi et montre-moi donc ces abdominaux en béton que tu dois avoir si tu es un nageur professionnel. Et puis tu me vanteras les mérites de ce quelqu’un qui nous empêche de nous marier à Las Vegas.
Gene lui asséna un petit coup de poing pour le bousculer, constatant à quel point l’entente avait été aisée et combien, en effet, elle aurait pu tomber sur pire comme chauffeur.

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MessageSujet: Re: ☑ not all who wander are lost   Dim 21 Jan 2018 - 18:01

Les kilomètres glissaient sur le tableau de bord, les rapprochant à toute allure de Mount Oak dont le toit des chaumières se faisait plus distinct à l’horizon. Il n’y avait d’ailleurs rien à voir avec les paysages de ces capitales qu’il avait eu la chance de visiter lors de ses pérégrinations sportives. A côté, sa ville natale faisait pâle figure, trop sombre, trop brute, elle ne donnait pas envie d’y habiter. Lui, pourtant avait appris à l’aimer - faute d’avoir le choix -, mais parler de voyages avec Gene, réveillait brutalement ce désir de changer d’air. Un sentiment renforcé par la couleur des vieilles pierres grises pointues qui défilaient dans son pare brise. Il étouffa un soupire, il n’était pas prêt d’exaucer ses souhaits, il lui faudrait bien une poignée d’années avant qu’il ne déménage dans des contrées lointaines. En l’espèce, il y avait plus urgent à régler, comme son appartement qui devenait trop restreint pour accueillir - outre son petit ami - toute sa ménagerie, aux rangs assez impressionnant. Il y avait d’abord eu sa chienne, puis un cabot trouvé dans une ruelle qu’il avait pris en pitié, ainsi qu’un chat sauvage et un oiseau d’une espèce inconnue appréciant se lover au soleil sur la fenêtre du salon. Et tout ça commençait sérieusement à prendre beaucoup de place. Il avait promis à sa moitié de s’en occuper, mais comme à son habitude une chose en entrainant une seconde, il s’était laissé dépasser par les événements. Sans compter qu’il devait aussi gérer ses entrainements de plus en plus nombreux, ce qui en soit n’était pas vraiment une excuse, car Finley avait également son lot d’exercices… Qu’est ce qu’il pouvait se sentir inutile et dépassé parfois… Il se promit intérieurement de se mettre un coup de pied aux fesses. Au moins aujourd’hui, il ne rentrerait pas les mains vides, et remplirait le frigo en souffrance, ce n’était rien d’extraordinaire en pratique mais pour ce gamin au sens des responsabilités inexistant, c’était là un miracle. Il ne se rappelait plus avec exactitude de la liste épinglée sur le tableau dans l’entrée, toutefois il lui suffirait certainement de piocher dans tout les rayons pour satisfaire les estomacs du foyer. De toute façon, c’était le geste qui comptait non ? Il chassa ses corvées imminentes de son esprit - perturbé par la nicotine et reporta son attention sur sa passagère mystérieuse, qui distillait des anecdotes au compte goute. Elle était visiblement moins bavarde que prompte à dévoiler ses atouts sous des vêtements quasi inexistant, ce qui le faisait sourire bêtement. Sans envier cette assurance (il n’avait pas de soucis de ce côté là), il l’admirait : cette femme n’avait peur de rien ni personne. Une force inestimable qu’elle tenait là entre ses doigts, et il ne pouvait que l’en apprécier davantage. Il avait vu trop de monde de son sexe souffrir de préjugés et d’insultes déplacées. Il était prêt à mettre sa main au feu que Gene, elle, ne se laissait pas atteindre par ce genre de bassesses, au contraire, elle paraissait du genre à tabasser à coup de batte quiconque viendrait l’emmerder. Typiquement l’acolyte à avoir de son côté en cas de pépins. Dommage que leur embardée digne d’une comédie romantique toucha quasiment à sa fin… Il espérait sincèrement la recroiser un de ces quatre, si possible pour elle, ailleurs que sur un bord de route. « Ou sur mieux. » Il secoua la tête en rigolant, tout en feignant être touché par ces propos et répliqua d’un ton guilleret. « J’en étais sur que tu préférais les camionneurs moustachus… Malheureusement je n’ai pas la pilosité nécessaire, et l’embonpoint qu’on leur attribue. » Auquel cas son entraineur l’aurait sans doute étripé sans forme de procès… Chaque gramme ou calorie non désirait lui valait des séances supplémentaires de musculation. Un choix de vie éreintant, et néanmoins nécessaire pour prétendre participer aux jeux olympiques - son but ultime. L’échéance approchant, il était hors de question de se laisser abattre en cédant aux caprices de son estomac qui se multipliaient dernièrement. Faute d’y pourvoir, il comblait le manque autrement, et principalement grâce à Finley; le sexe était un bon moyen d'annihiler le reste, en joignant l’utile à l’agréable. Son corps fourmilla à cette pensée, et il ouvrit la vitre pour faire rentrer un peu d’air dans l’habitacle étouffant.

Ils passèrent devant la dernière station essence qui annonçait la fin de ce trajet au combien surprenant. Si on lui avait dit ce matin en se levant qu’il ferait une rencontre aussi agréable… Il avait presque envie de faire un détour, pour profiter encore un peu de sa compagnie. Hélas, ses obligations triviales l’attendaient… « Pas quand on n’a pas grand-chose à emballer. Et bouger sans arrêt t’invite à faire rapidement du tri dans ta vie. C’est cathartique, en fait, quand on y pense. Je préfère la chaleur, donc je dirais le sud. Peut-être l’Arizona ou le Nouveau Mexique. Phoenix est probablement loin d’être la plus belle ville que j’aie visitée mais c’est là que j’ai passé le plus de temps. J’y suis restée un an et demi, je crois. Si j’avais l’argent, je crois que je ferais le tour du monde. » Grâce à elle et ses mots il voyagea l’espace d’un moment; il se vit à Phoenix à son tour, le soleil sur sa peau tendre, le ronron des climatiseurs et les palmiers tout les cinquante mètres. Il l’ajouta mentalement aux destinations phares qu’il voulait visiter avant de passer l’arme à gauche, parmi lesquelles on trouvait notamment Berlin, Sao Polo, et Venise. L’Italie et l’Europe d’une manière générale avaient cet attrait inexplicable qui le faisaient rêver, tout semblait si… poétique. « Phoenix…. » Répéta t-il en échos à ses dires et poursuivit, galvanisé par ces échanges. « Tu dois avoir tellement de souvenirs, d’anecdotes, tellement de rencontres aussi…. Et l’Europe ? Parait que c’est génial.. Ils ont des châteaux… » Ses yeux s’écarquillèrent tel un gosse de dix ans, il revoyait ses livres d’école, et tout ces romans dans la bibliothèque de sa grand mère, où on mentionnait ces bâtisses hors normes protégées par des chevaliers. Ca l’avait toujours interpellé… Les Etats Unis ne pouvant pas se targuer de pareil constructions, leur histoire étant trop contemporaine. Rien que pour ça, il trépignait d’avance de se rendre là bas pour plus qu’une simple compétition et un tour expéditif confiné dans un bus. « Quoi, tu veux m’épouser ? » Une chance que Finley ne fut pas là pour l’entendre, il l’aurait foudroyé sur place. « Pourquoi pas ? » Répliqua t-il, taquin, les traits amusés; une drôle d’affaire que de s’imaginer tout les deux sur le perron d’une église bras dessus bras dessous, à saluer la foule - parce qu’il y en avait nécessairement une. « Bien sûr, c’était trop beau pour être vrai. Un joli minet comme toi ne pouvait pas être célibataire. Tu as raison. Tu as toute la vie devant toi. Jusqu’à ce qu’un événement imprévu fasse basculer ton existence. Un accident. Un enlèvement extraterrestre. Ou le temps qui passe trop vite. » Il fut soudainement surprit par ce sursaut de défaitisme qui émanait de ces lèvres empruntes de tabac, il avait cru la comprendre, saisir ne serait-ce qu’un fragment de sa personnalité, à tort visiblement. Gene avait également ses démons, et des bagages certainement plus lourds que ceux qui gisaient dans son coffre. « Pourvu que ça n'arrive pas de sitôt alors.. Quoi que les extraterrestres…. Voyager dans l’espace tout ça… Ce serait un moindre mal. » Par réflexe ses prunelles abandonnèrent l’asphalte pour fixer un point invisible dans le ciel; si vaste et inaccessible… Peut être plus pour longtemps, ne proposait-on pas déjà des voyages vers cet infiniment grand ? Il frissonna… Il était trop terre à terre pour ça, et pas suffisamment de tripes pour s’embarquer dans une telle aventure. Et puis il y avait tout un monde qui ne demandait qu’à être exploré ; les astres et les planètes pouvaient patienter. « Allez, console-moi et montre-moi donc ces abdominaux en béton que tu dois avoir si tu es un nageur professionnel. Et puis tu me vanteras les mérites de ce quelqu’un qui nous empêche de nous marier à Las Vegas. » Il prétendit chanceler sous son coup de poing   - quel superbe acteur - et se mit à rire avec bon coeur. « J’ai peur que tu tombes dans les pommes si tu vois ce que cache cette chemise. » Il désigna du signe d’une moue désolé son ventre, en haussant les épaules. « … Mais je peux faire un petit effort. Juste… Voilà… » Il souleva le tissus d’un geste malhabile de son coude - il ne devait pas lâcher le volant -, et fit apparaitre une ligne d’abdominaux aux contours joliment dessinés. « Ca prends forme, j’y travaille. Mon copain apprécie en tout cas, c’est à lui que tu devras te frotter pour qu’on puisse se marier à Vegas. » Il lui fit un clin d’oeil et rabaissa la chemise. « Il s’appelle Finley, il est… fantastique. Parfois je me dis que j’ai trop de chance, de l’avoir trouvé, qu’il soit avec moi… C’était pas facile… Y’a une photo là sur mon téléphone, tu peux regarder. » Il désigna l’appareil qui trônait dans un des rangements de l’habitacle, et tourna dans une rue à gauche; où les commerces apparaissaient les uns après les autres. « Et je vais caser l’ambiance, mais nous sommes arrivés à Mount Oak. Tu veux que je te dépose où ? Un endroit particulier ? » Il manqua d’écraser un piéton qui traversait n’importe commun et lança un juron, tout en s’arrêtant à un feu rouge au croisement principal du centre.

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Gene Edelstein

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MessageSujet: Re: ☑ not all who wander are lost   Mar 6 Fév 2018 - 14:03

Quand elle y réfléchissait, elle avait toujours été persuadée que jamais – plutôt mourir ! – elle ne mettrait les pieds à Mount Oak. Que rien (ni personne) ne pourrait la forcer à franchir le périmètre de cette ville qui était maudite pour le simple fait de contenir un trop grand nombre de membres de sa famille au mètre carré. Il était donc encore plus absurde qu’elle cède à l’impulsion, surtout vu les circonstances qui l’avaient poussée à fourrer ses quelques affaires dans le coffre de sa vieille auto et à se mettre en route, abandonnant dans son sillage une existence qu’elle menait comme bon lui semblait. Elle ne regrettait toutefois pas de laisser son dernier logement derrière elle, comme souvent, car Gene ne s’attachait à rien, ni objet ni être humain, et cela ne lui faisait donc ni  chaud ni froid de partir un matin en sachant qu’elle ne reviendrait jamais. D’ailleurs, quand elle y réfléchissait, la jeune femme constata qu’elle n’était jamais retournée dans un endroit qu’elle avait déjà foulé, comme si, par le simple fait qu’elle y avait vécu, plus ou moins longtemps, l’endroit n’avait plus de raison d’être une fois qu’elle l’avait quitté. C’était comme s’il disparaissait subitement de la carte, la jeune femme n’y accordant plus le moindre intérêt. Alors peut-être était-ce cela, aussi, qu’elle espérait obtenir en pointant enfin le bout de son nez à Mount Oak : visiter la ville, y apposer son odeur un peu partout, marquer quelques esprits et repartir, rayant ainsi définitivement la ville de ses ancêtres de son existence. Ça, au moins, c’était un tableau qui lui convenait parfaitement et qui rendait le voyage moins pénible. Il suffisait qu’elle pense à l’après, ne se soucie pas du présent et relègue rapidement l’ensemble au passé. Un passé révolu, enterré, cadenassé.
Mais avant de pouvoir mettre tout cela derrière elle, il lui faudrait subir les regards désapprobateurs, les moues méprisantes, les remarques acerbes. Gene ne se figurait pas être la victime, le bouc-émissaire, loin de là, mais elle ne doutait pas une seule seconde que sa mère avait dû les mettre tous en garde contre sa garce et délurée de fille qui, assurément, ne venait qu’avec une idée en tête : les plumer pour mieux dilapider l’argent dans des voyages inconsidérés. Ou elle s’était contentée de la dépeindre comme Satan en mini jupe, juste pour qu’ils se fassent une image atroce d’elle et ne soient pas complètement éberlués par son arrivée. Il était de notoriété publique que sa mère éprouvait une honte brûlante devant les dérives de sa fille unique. Elle avait sûrement essayé de noircir encore les traits histoire que ses frères et sœurs s’imaginent qu’un monstre allait débarquer, c’était toujours mieux qu’ils se disent que Gene n’était pas aussi horrible que prévu que l’inverse. La jeune femme avait beau avoir finalement passé assez peu de temps avec sa mère (à vingt-neuf ans, elle avait presque passé autant de temps seule et en liberté que sous le joug maternel), elle la connaissait par cœur et savait combien elle se souciait du qu’en-dira-t-on, ce dont Gene avait voulu se détacher, par esprit de contradiction et clairement parce qu’elle ne voulait pas se retrouver prisonnière des pensées des autres comme celle qui l’avait mise au monde. Alors, Gene appréhendait-elle la collision avec les Blythe ? Pas consciemment, en tout cas, mais quelque chose, au fond, devait bien lui donner une légère angoisse. Désillusionner des gens qui n’attendaient rien de vous, c’était une chose ; débarquer dans une ville où les yeux risquaient de se braquer sur vous et d’attendre le premier faux pas, c’en était une autre (même si, la jeune nomade le savait : elle ferait exprès d’en remettre une couche, juste pour ne pas décevoir leurs attentes).
- Des châteaux ? répéta Gene avec un petit air narquois.
Si elle devait voyager en Europe, ce ne serait certainement pas son premier choix. Elle trouvait ces amas de pierre froids et sombres. Elle n’y trouvait aucune poésie – même si, il était vrai qu’elle trouvait rarement de la poésie dans quoi que ce soit – et ne voyait pas l’intérêt de se plonger dans une époque où les tortures et la saleté primaient sur tout le reste. Non, elle, elle rêvait des paysages infinis, des villes magnifiques comme Paris ou Rome. Le vieux continent avait tant de choses à offrir qui ne nécessitent pas de remonter jusqu’à l’âge des armures et des épées. Mais bon, Theo était un garçon et les garçons aimaient certainement ce genre de décor brutal et solide. Tout comme les voyages dans l’espace et elle l’imagina avec un attirail de fan de Star Wars, ce qui lui extorqua un sourire en coin. Ah, les hommes ! Si prévisibles, si adorables, quand ils le voulaient bien. Gene se garda bien de se lancer dans cette conversation, toutefois, les châteaux et les vaisseaux spatiaux n’étant pas sa tasse de thé. Les muscles cachés sous sa chemise, par contre…
- Je vais prendre le risque, minauda-t-elle avec lueur féline dans le regard tandis qu’elle se calait contre la portière pour mieux apprécier le spectacle.
Haussant les sourcils en signe d’impatience feinte, Gene croisa les bras sur sa poitrine et lui adressa un petit coup de tête pour l’inviter à s’exécuter (et plus vite que ça !). La peau dénudée du jeune homme apparut brièvement et, à n’en pas douter, Gene pouvait en attester pour avoir vu un grand nombre d’hommes à moitié nus, le jeune Theo cachait bien son jeu. Elle fut presque déçue qu’il soit déjà (é)pris et lorsqu’il évoqua son copain, Gene leva sur lui un regard faussement blasé.
- Ben voyons. Non seulement t’es pris mais t’es gay. C’est bien ma veine, répliqua-t-elle, railleuse. Non merci. Je ne me lance pas dans la compétition avec des mecs. Il doit bien y avoir une raison si tu préfères les queues aux chattes et je ne joue pas pour perdre. Mais ouais, je veux bien regarder, juste pour voir sa tronche.
Gene s’empara du téléphone et fit défiler les photos jusqu’à tomber sur un beau brun ténébreux qui lui étira un rictus narquois. Non seulement il avait fallu qu’un joli chaton comme Theo soit hors du marché mais en plus son copain au regard troublant l’était aussi. Mount Oak serait décidément encore plus déprimante qu’elle ne l’imaginait !
- Tiens, tu n’auras qu’à lui dire ce que tu as manqué, à cause de lui, déclara-t-elle en tirant sur son haut pour prendre une photo en plongée sur son décolleté.
Finley aurait ainsi tout le loisir de voir le joli galbe de ses seins ronds et le mamelon brun que l’on devinait à la frontière du col. Si Theo ne s’empressait pas d’effacer la photo, évidemment. Elle laissa retomber l’appareil sur les cuisses de Theo, de sorte qu’il heurte la zone qui lui était à jamais refusée, et tourna la tête vers le décor. Avec tout cela, elle en avait presque oublié où ils allaient.
- Laisse, je vais me débrouiller. Je te revaudrai la chandelle. Bouge pas. Juste le temps d’attraper mes sacs et je te laisse rejoindre ton Finley.
Gene ouvrit la portière et sortit d’un mouvement fluide. Elle tira légèrement sur sa jupe et agita les hanches avant de se pencher pour lancer un regard provocateur à son conducteur :
- T’imagines pas ce que tu rates, mon lapin ! Ciao !
Elle claqua la portière et alla extirper ses sacs du coffre. On aurait pu croire qu’elle allait ployer sous leur nombre et leur poids mais une certaine habitude dénotait dans la façon dont elle hissa son barda sur son épaule avant de claquer le coffre et de rejoindre le trottoir. Elle adressa un signe au jeune homme et tourna les talons, prenant une direction au hasard. Mount Oak n’était pas New York, elle finirait bien par tomber sur un endroit ou un panneau qui lui indiquerait le centre ville.

THE END.

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Let it be known: I did not fall from grace.
I leapt to freedom.
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