Abel/Gene | Sa maison n'est pas ta maison.


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MessageSujet: Abel/Gene | Sa maison n'est pas ta maison.   Mar 29 Aoû 2017 - 1:25

Encore à moitié endormi, Abel tend la main vers l'autre côté du lit, à la recherche d'une présence qui a disparu depuis bien trop longtemps. Vide. Désespérément vide. Il ouvre un œil, l'autre, se relève légèrement à la recherche de celle qui l'a salement abandonné. Comme tous les matins, la réalité lui explose à la tronche. Elle n'est pas là. Elle n'est plus là. Un soupir s'échappe de ses lèvres alors qu'il attrape son téléphone avec l'espoir de tomber sur un message, un appel manqué. Quelque chose. Rien d'elle. Comme tous les matins. Comme tous les soirs. Comme toutes les fois où ils regardent son téléphone. Nouveau soupir.

Maman a écrit:
Bonsoir mon cœur. J'espère que tu vas bien. N'oublie pas de passer chez mamie demain. La clé se trouve au même endroit que d'habitude. Le début des enchères va commencer jeudi. Bisous. Je t'aime. Maman.

Il avait oublié. En ce moment, il oublie tout. Tout ce qui ne la concerne pas. Il vit dans un espèce d'état second, en pilote automatique. Il se lève parce qu'il ne parvient pas à dormir plus longtemps. Il mange quand il y pense. Il va au boulot par automatisme. Le reste. Quel reste ? Il n'y a plus rien qui compte en ce moment. Rien que la douleur liée à son absence.
Un autre soupir. Il regarde l'heure. Quatre heures et quelques. Il sait très bien qu'il ne parviendra pas à retrouver le sommeil. Il accumule la fatigue. Plutôt que de tourner en rond dans son lit, il se décide à se lever.
Café.
Douche.
Automatisme.
Il quitte la maison. Il ne peut pas rester enfermé dans cet endroit qui regorge de souvenirs. D'elle. D'eux. D'une époque heureuse. Ils étaient heureux. Du moins, lui l'était. Ça ne devait pas être son cas puisqu'elle est partie. Le soleil n'est pas encore levé. Ses voisins dorment probablement encore. Il décide de faire le chemin à pied. Marcher pour penser à autre chose. Idée stupide ! Elle hante la moindre de ses pensées et une balade n'y changera rien. Il se souvient qu'ils avaient l'habitude de se retrouver à cet angle après les cours. Là, au bout de cette rue se trouve la maison de ses parents. Tout le ramène à elle. Il n'a pourtant pas besoin de ça. Vraiment pas.

La clé n'est pas à sa place. Il vient de tout retourner, mais rien. Pas la moindre trace d'une quelconque clé. Génial. Il ne manquait que ça. Il tente d'ouvrir la porte. On ne sait jamais. Fermé. Évidemment. Il n'a pas envie de rentrer. Pas maintenant. Pas déjà. Alors il fait le tour de la maison sans trop d'espoir. Il vérifie toutes les fenêtres, la porte de derrière. Rien. Il s'apprête à faire demi-tour, résigné, quand il aperçoit la fenêtre de la chambre du bas entrouverte. Un imbécile a dû oublier de la fermer. Il ne va pas s'en plaindre. Pas aujourd'hui. Pas alors que ça l'arrange. Ni une, ni deux, il entre dans la maison comme un voleur, manquant de peu de s'étaler sur le sol.
Lumière.
Surprise. Mauvaise surprise. Sa mère a omis de lui préciser qu'il y aurait une indésirable.
- Je peux savoir ce que tu fous là ?
Sa voix monte. Il est beaucoup trop tôt pour se mettre à hurler sur des gens endormis. Beaucoup trop tôt pour se prendre la tête. Sauf que c'est peut-être exactement ce dont il a besoin. Se défouler sur quelqu'un. Elle n'a aucune raison d'être là. Ce n'est pas chez elle. Elle ne fait pas partie de la famille. Elle n'en a jamais fait partie. Le fait de se ramener pour l'enterrement ne change pas la donne. Alors oui, il n'a pas toujours été exemplaire. Ce n'est pas le modèle du petit fils parfait. Il ne venait pas souvent, pour ne pas dire jamais. Mais elle. Elle. Elle est bien pire. Profiteuse. Squatteuse.
Il la secoue sans la moindre délicatesse. Il se fiche de savoir qu'elle dormait paisiblement.
- Ho, je te parle. C'est pas chez toi. Casse-toi !
On ne choisit pas sa famille. Clairement, si on lui avait demandé, il ne l'aurait pas choisie. Pas elle.
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Gene Edelstein

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MessageSujet: Re: Abel/Gene | Sa maison n'est pas ta maison.   Jeu 31 Aoû 2017 - 16:54

Il était tard (ou tôt, selon le point de vue) lorsque Gene retrouva la maison de son aïeule et l’odeur qu’elle associait à la vieillesse qui y régnait. Ce qui avait pu persister des fragrances de plats laissés après l’enterrement s’était depuis longtemps dissout dans l’air – comme les plats dans son estomac, ceux dans lesquels elle avait picoré, du moins, le reste avait volé à la poubelle. Depuis, le frigo ne s’était jamais rempli à nouveau, Gene avait même fini par le débrancher car il faisait un boucan d’enfer qui l’agaçait au possible. Elle prenait ses repas à l’extérieur, de toute façon, et comme elle n’avait pas un rythme très régulier dès qu’il s’agissait de se nourrir… Elle n’avait pas davantage fait les poussières, en vérité, n’ayant jamais été une fée du logis. Elle se contentait de laver ce dont elle avait besoin dans l’immédiat, c’était bien plus simple et ça allait bien plus vite. Non pas qu’elle soit pressée ou écroulée sous le travail, loin de là, puisque ses journées, elle les passait à flâner en ville, quand elle ne s’amusait pas à mettre la baraque sens dessus dessous. La penderie d’Eugenia avait été vidée (les vêtements probablement offerts à une œuvre de charité quelconque, même si Gene ne voyait pas ce qu’ils pourraient faire de ces vieilles frusques sinon des déguisements pour une pièce de théâtre amateur) mais la jeune femme avait fini par tomber sur un coffre plein de ce qu’elle avait d’abord cru être un amas de tissus avant de réaliser qu’il s’agissait de robes de soirées. Sincèrement impressionnée par ce que cela pouvait suggérer, Gene s’était empressée de déballer le contenu et avait même eu l’audace d’aller découper l’un ou l’autre des modèles pour en faire quelque chose qui lui ressemblait davantage. Si elle avait pensé à la tête que sa mère ferait en découvrant le sort réservé à son héritage ? Evidemment, ça n’avait pas empêché Gene d’attraper une paire de ciseaux. Au contraire.
C’était d’ailleurs la tenue qu’elle avait retouchée la veille qu’elle avait porté toute la soirée – et une bonne partie de la nuit – lorsqu’elle était allée se perdre dans Achaeron, suivant un type un peu imbibé qui lui avait fait découvrir l’antre du Dreams Ex Machina. Ce qu’elle y avait fichu, Gene n’en aurait aucun souvenir au réveil. Seul un tatouage en forme de code barre dessiné sur son poignet trahirait sa visite dans le célèbre bar ou club. Il avait peut-être été question d’embrasser l’un des clones qui s’effeuillait sur l’estrade, sous les sifflements railleurs et appréciateurs d’un public masculin déchainé. Elle avait peut-être abandonné les lieux aux petites heures, accompagnée de l’un de ces types mais elle l’avait perdu quelque part en chemin et, fauchée comme elle l’était, Gene avait dû rentrer en  titubant et en essayant de retrouver son chemin – ce qui n’avait pas été une mince affaire. Heureusement, elle n’avait pas perdu la clé durant sa folle épopée et elle se glissa dans la maison silencieuse sans trop d’encombres, même si elle pesta une minute sur la serrure qui ne voulait pas avaler son sésame. Le parquet grinça sous ses pieds dénudés et elle ôta la robe écorchée qu’elle laissa tomber dans son sillage avant d’aller s’effondrer dans le lit de la chambre du rez-de-chaussée – celui qu’elle évitait généralement soigneusement, persuadée que c’était là que la vieille avait dû pousser son dernier souffle, à défaut de pouvoir grimper le faire à l’étage. Tant pis, malgré la couverture un peu rêche et le matelas trop dur, le lit sembla à Gene le nid le plus douillet de la galaxie.
Combien de temps put-elle dormir avant que l’intrus s’infiltre dans la maison ? Une heure ? Deux heures ? La jeune femme était cependant si profondément endormie qu’elle ne fut pas le moins du monde perturbée par l’entrée de son cousin. Le visage enfoui dans l’oreiller, le corps entortillé dans les draps, elle dormait d’un sommeil profond, sans rêves. La voix d’Abel ne parvint qu’à lui extorquer un grognement lointain alors qu’elle resserrait son étreinte autour du bout de couverture qu’elle tenait. Ça aurait aussi bien pu être sa mère qui, même absente, s’infiltrait parfois dans sa conscience, ancien vestige de l’époque où elles vivaient encore sous le même toit. Autant dire qu’elle ne fit même pas mine d’ouvrir une paupière et se laissa bercer par la fatigue qui la tirait à nouveau vers le néant. C’était sans compter sur la persévérance de la voix mais surtout des mains qui entreprirent de la secouer, la forçant à faire un mouvement pour se débarrasser de l’encombrant.
- Lâche-moi, putain ! ronchonna-t-elle en agitant le bras pour le chasser.
Toutefois, la démarche d’Abel avait fonctionné, Gene se redressa, les cheveux en bataille, l’œil noir et cerné, tandis qu’elle peinait à se focaliser sur le visage qui lui faisait face. Un visage qu’elle s’était largement contentée de croiser de loin, sans l’étudier de près.
- Qu’est-ce qui te prend, crétin ? T’as pas fini de m’emmerder ?
Elle jeta un œil circulaire, jugea l’heure à la dose de luminosité qui s’infiltrait par la fenêtre qu’elle avait eu le malheur de ne pas fermer.
- Il est quelle heure ? C’est une manie de péquenaud de se lever à l’aube, ou quoi ?
Toujours ensommeillée mais bien consciente qu’il n’allait certainement pas la lâcher de sitôt, Gene se frotta les yeux et repoussa les draps. Sa peau à moitié dénudée frissonna au contact d’une brise et lui rappela qu’en dehors de ses sous-vêtements, elle ne portait pas grand-chose. Toutefois, elle serait la dernière à être gênée par sa tenue minimaliste et elle s’extirpa de la chaleur délicieuse du lit pour aller fermer le battant de la fenêtre.
- Tu m’expliques ce que tu fous là ? demanda-t-elle ensuite en se tournant vers lui, les bras croisés sur la poitrine.
Elle n’était peut-être pas chez elle mais lui non plus et elle ne voyait pas du tout pourquoi elle aurait dû obéir aux ordres d’un cousin mal luné qu’elle ne connaissait pour ainsi dire pas du tout.

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MessageSujet: Re: Abel/Gene | Sa maison n'est pas ta maison.   Mar 12 Sep 2017 - 23:39

- Lâche-moi, putain !
Il s'éloigne. Légèrement. Pas pour la laisser tranquille, mais simplement pour éviter de s'en prendre une. Elle semble mal lunée. C'est réciproque. Ça promet. Elle n'a pas la moindre raison de se trouver dans cette maison. Ce n'est pas chez elle. Ça ne l'était pas avant et ça ne le deviendra certainement pas maintenant. Elle a une sale tête. Tant pis. Tant mieux.
- Qu’est-ce qui te prend, crétin ? T’as pas fini de m’emmerder ?
Qu'est-ce qu'il lui prend ? Ce serait plutôt à lui de lui poser la question. Qu'est-ce qui lui prend, à elle, de squatter dans une maison qui ne lui appartient pas ? De s'incruster dans une famille où elle n'a pas sa place. Où elle ne l'aura d'ailleurs jamais.
- Ce qui me prend ? Il me prend que t'as aucune raison d'être ici. Au cas où ce serait pas assez clair pour toi, on recueille pas les squatteurs !
Aussi agréable l'un que l'autre. À croire qu'en dehors des gênes qu'ils partagent, ils ont également ce point commun. Génial. Pas la meilleure entrée en matière. Mais Abel s'en fiche. Elle est là, devant lui. Elle ne devrait pas, mais au fond, ce n'est pas plus mal. Il ne la connaît pas. Il n'a d'ailleurs aucune envie de changer cela. Bien sûr, il a déjà entendu parler d'elle. Sa tante ne s'est jamais gênée pour cracher sur sa très chère fille, pour dresser un tableau très peu flatteur. Il sait ce qu'il a besoin de savoir. Si elle est là, ce n'est certainement pas pour pleurer sur une aïeule qu'elle n'a jamais connu, mais par intérêt. Comme par hasard, elle décide de revenir au moment de l'enterrement. La coïncidence est plus que douteuse.
- Il est quelle heure ? C’est une manie de péquenaud de se lever à l’aube, ou quoi ?
Blablabla. Il ne l'écoute que d'une oreille.
- L'heure pour toi de prendre la porte et de dégager.
Elle se relève. Quitte la chaleur du lit qui ne lui appartient pas dans une tenue plus que légère. Le jeune homme détourne les yeux par réflexe. Elle ferme la fenêtre. Elle agit comme si elle était chez elle. Comme si c'était vraiment lui, l'intrus. Le monde à l'envers. Elle se poste devant lui. Il se retient de la tirer dehors, dans le froid. À croire qu'il a quand même quelques scrupules.
- Tu m’expliques ce que tu fous là ?
Elle se fout de lui. Un rire lui échappe. Un rire nerveux. Ça fait longtemps qu'il n'a pas vraiment ri. Trop longtemps.
- Je suis venu te foutre à la rue.
Pas vraiment. Ce n'était pas le but premier de sa visite, mais il ne va pas s'en empêcher pour autant. La maison doit être en ordre pour jeudi, pour les enchères. Elle doit donc dégager. Maintenant. Elle n'a aucun droit sur cette propriété, ni sur aucun des biens de leur grand-mère.
- Prend tes affaires et barre toi.
Il se fiche de savoir qu'il est beaucoup trop tôt. Qu'elle n'a probablement pas assez dormi. Qu'elle n'a peut-être aucun autre endroit où aller. Il s'en fout royalement. Il veut juste qu'elle se casse, qu'elle déguerpisse. Ils n'ont pas besoin d'elle. Il n'a pas besoin d'elle.
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MessageSujet: Re: Abel/Gene | Sa maison n'est pas ta maison.   Sam 30 Sep 2017 - 14:46

Tirer Gene de sa léthargie était peut-être la plus mauvaise idée qu’avait pu avoir Abel ce jour-là. La jeune femme, habituée à vivre comme bon lui semblait, n’avait que rarement à subir une intervention extérieure et lorsque cela arrivait, c’était généralement mal accueilli. Libre comme l’air, Gene refusait d’obéir aux contraintes. Ou aux ordres, dans ce cas-ci. Peu importe qu’Abel soit furieux contre le monde entier ou contre lui-même, peu importe la raison de sa colère, d’ailleurs, Gene ne songea pas une seule seconde qu’elle puisse être l’origine de la mauvaise humeur du jeune homme. Et puis, même si c’était le cas, c’était bien le cadet de ses soucis. Ça n’était en tout cas pas un lointain cousin qui allait faire sa loi et, endormie ou pas, à moitié nue ou pas, elle ne comptait pas exécuter la moindre doléance du jeune homme. Déjà qu’elle l’aurait envoyé sur les roses s’il l’avait demandé gentiment mais si, en plus, c’était pour lui gueuler dessus, il perdait carrément son temps.
Gene fixa son cousin un instant. Si elle se demanda ce que ça pouvait bien lui foutre qu’elle squatte les lieux, elle ne le fit pas à voix haute. Il lui semblait clair que ça n’était pas le fond du problème mais que ça n’aidait sûrement pas. Quant à la véhémence de l’approche, elle jugea qu’elle était initiée par ce qu’on avait bien pu raconter sur son compte. Vrais ou faux, les propos avaient dû tourner, sa mère avait dû y ajouter son grain de sel, elle qui aurait dû être la dernière à émettre la moindre opinion puisqu’elle avait été la première à fuir Mount Oak. Comment pouvaient-ils lui en vouloir de n’avoir jamais mis les pieds dans une bourgade dont sa génitrice avait cru bon de s’évader ? Qu’elle puisse avoir une vision aussi erronée de la ville dont elle était issue autant que sa famille pouvait en avoir une d’elle, Gene n’y songea même pas. Elle associa cela à de la jalousie. Ou à du mépris. Après tout, n’était-ce pas le propre de l’humain de dénigrer tout ce qu’il ne connaissait pas ? Et n’était-elle pas une proie idéale – si tant est qu’on puisse dire d’elle qu’elle était une proie – des commérages, surtout s’ils étaient alimentés par les sifflements rageurs de sa chère mère ? Ça n’était même pas que Gene détestait son cousin, c’était juste qu’ils étaient de parfaits étrangers. Mais l’attitude bougonne du jeune homme n’allait certainement pas aider l’intruse à s’en faire une bonne image.
- Recueillir ? répliqua-t-elle avec un rire sec et moqueur. Je n’ai pas besoin d’être recueillie.
Et ils n’obtiendraient pas la médaille des hôtes idéaux, quoi qu’ils aient l’air de penser. Ils s’imaginaient peut-être être au-dessus de tout reproche. De toute façon, Gene s’en contrebalançait. Elle ne comptait pas déguerpir. Au contraire, elle qui était partie du principe qu’elle ne ferait qu’un saut à Mount Oak – elle-même ignorait pourquoi elle en avait ressenti le besoin, surtout que sa grand-mère était morte, à présent, ou peut-être justement pour cette raison – avait de plus en plus envie d’y rester. Par esprit de contradiction, sûrement. Ou pour une autre raison, qu’elle-même ignorait. Quelque chose la retenait à Mount Oak, alors qu’elle aurait pu reprendre sa voiture dès que celle-ci avait été réparée (Tony B. Mecanics avait fait des miracles sur sa vieille auto). Ça, toutefois, elle ne pouvait pas le dire à son interlocuteur.
- Ton disque est rayé, mon joli. Et au cas où tu ne l’aurais pas encore saisi, je n’ai aucune intention de partir.
Elle aurait pu lui demander ce qu’elle lui avait fait pour qu’il la traite comme ça. Car, après tout, techniquement, elle ne lui avait rien fait. Elle ne leur avait rien fait, à eux tous. Seule sa mère était en droit de se plaindre mais elle l’avait cherché. Quant à leur aïeule, Gene doutait fort que son absence, tout au long de ces années, l’ait chagrinée. Mais elle ne s’abaisserait pas à tenter la carte de la culpabilité ou du raisonnement. Elle n’en avait ni la patience, ni l’énergie. Elle avait suffisamment retrouvé ses esprits pour laisser glisser un sourire reptilien sur ses lèvres, cependant, et elle haussa les sourcils, l’air légèrement défiant, quand elle lui rétorqua :
- Non, Griffin. Si tu veux que je dégage, faudra que tu me jettes dehors. Et autant que tu le saches directement : je mords et je griffe.
Avec le charmant tableau qu’avait dû dresser sa mère, Abel – elle savait pertinemment qu’il ne s’appelait pas Griffin mais n’avait pas pu résister à l’envie de lui faire sentir qu’à ses yeux, tous ses cousins étaient les mêmes et qu’elle ne prenait même pas la peine de retenir leurs prénoms – n’aurait aucun mal à croire sa déclaration. D’ailleurs, ça n’était pas un mensonge. Gene n’avait peur de rien, mordre et griffer, et se battre comme une tigresse non plus. Son regard se chargea de le faire saisir au cousin et elle conclut :
- Ma mère aurait très bien pu venir elle-même me dire tout ça. Elle n’avait pas besoin d’envoyer Super Grincheux faire le sale boulot.
Serait-il perçu ainsi, en super héros, s’il était celui qui éconduisait l’intruse, la profiteuse ? Peut-être. Peut-être pas. Gene s’en foutait et pour bien le lui montrer, elle lui passa sous le nez et se dirigea vers la cuisine. Après tout, quitte à être éveillée, autant s’enfiler une large tasse de café. Parce que quelque chose lui disait qu’elle n’allait pas se débarrasser d’Abel aussi facilement.

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