I pray for the ground to swallow me whole ○ lewis.


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Lizzie Abernathy

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MessageSujet: I pray for the ground to swallow me whole ○ lewis.   Lun 28 Aoû 2017 - 22:55

lewis & lizzie.
'cause it's easier to bury
my head in the sand sometimes.




- - - - - - - - - - - - - -

Accolée contre la vitre la plus proche de la sortie - une sorte de vieux réflexe -, elle observait les passants pressés qui courraient sur le trottoir pour échapper à la pluie. C’était la première fois qu’elle osait rester aussi longtemps à l’extérieur. D’ordinaire, elle se dépêchait de rentrer chez elle pour s’enfermer bien à l’abris derrière la lourde porte en bois. Être dehors était un exercice difficile, elle craignait en permanence de rencontrer quelqu’un qui ne la reconnaitrait pas et de paraitre ridicule. Pourtant aujourd’hui elle s’était décidée à trainasser un peu dans son café préféré qui faisait l’angle de la rue juste en bas de son immeuble. L’odeur des brioches au beurre mêlée à celle du cacao était un argument suffisant pour qu’elle s’attarde un peu. Elle trempa ses lèvres dans sa boisson, et effleura de son pouce les goutes qui s’échappaient du carton. Il n’y avait pas grand monde encore, à l’exception d’un couple de touristes, et du vieil homme qui lisait le quotidien. A cette heure ci, les gens travaillaient normalement, comme le témoignaient tout ceux qui courraient à droite et à gauche devant ses yeux. Elle même aurait dû être à son poste d’ailleurs, à l’école élémentaire quelques blocs plus loin, entourée d’une ribambelle de gamins. Mais elle avait réussi à obtenir un congé de plusieurs mois, et n’y remettrait pas les pieds de si tôt.  Elle se revit là bas, prise de panique face à ces visages innocents qui l’observaient dans l’expectative d’un geste de sa part. Elle était restée de marbre, incapable de bouger, avant qu’un cri ne perce le silence pesant. Et elle s’était enfuie, en descendant l’estrade à toute allure.  Des appels et des messages courroucés s’en étaient suivis, et elle s’était confondue d’excuses, en inventant un mensonge de toute pièces. Elle s’en voulait encore, ce n’était pas du tout son genre de faire ça. Mentir et tourner le dos à ses obligations. Sauf quand… Elle ne voulait pas y penser, et refoula immédiatement ce souvenir dans un coin de sa tête, où il ne serait pas susceptible de venir perturber sa quiétude matinale. Elle sorti son téléphone de la poche de son pull en laine, et scruta l’écran, sourcils froncés. Elle s’était empressée de changer le fond écran lorsqu’elle l’avait récupéré, ne supportant plus de voir cette photo d’elle avec un étranger dont elle ignorait tout. Il fallait admettre que les cactus multicolores empilés les uns sur les autres qui l’avaient remplacée avaient le mérite de faire apparaitre les fossettes dans le creux de ses joues quand elle les voyait. Une petite enveloppe clignotait de façon insistante, et son coeur tambourina à vive allure lorsqu’elle cliqua dessus. L’adrénaline redescendit immédiatement, ce n’était qu’une publicité. Elle paniquait pour tout et rien dès que le maudit objet se mettait à biper d’un son insistant, elle avait beau s’être fait une raison à sa potentielle folie, il n’en demeurait pas moins compliqué de communiquer avec son cercle proche. Enfin ce n’était pas réellement le sien mais plutôt celui de son double. Et voilà que ça la reprenait à nouveau. Concentre toi Lizzie se répéta t-elle tout doucement, en reportant son attention sur ce qui l’entourait. Elle détailla les étagères, le pli d’un tissu froissé, le badge mal placé d’un employé, et le grincement en plastique d’une chaussure contre le pied d’une table. S’attacher à ces futilités lui permettait de calmer son anxiété, et surtout d’oublier le reste.

Elle avala une seconde gorgée de son breuvage brulant, et posa instinctivement une main sur son estomac qui ronchonnait bruyamment. Ce n’était pas ce qu’elle avait prévu, mais elle se leva pour aller vers le comptoir afin de récupérer une friandise qui calmerait provisoirement les ardeurs de son ventre. Elle prit son muffin aux myrtilles aussi grosses que ses doigts, et rendit la monnaie à son interlocuteur, quand une voix familière vint chatouiller son oreille. Qui était-ce déjà ? Elle était persuadée de l’avoir déjà entendue avant, mais n’osait pas se retourner par crainte de croiser un regard interloqué. Elle avait suffisamment donné avec Zephyr et était vaccinée pour les années à venir. Toutefois, sa maudite curiosité étant tenace, elle décida de repartir vers la fenêtre en passant exprès vers la queue (inexistante) de clients proches de la caisse. Tâchant de se montrer discrète, elle jeta un coup d’oeil vers le garçon et la jeune fille qui attendaient leur tour. Lui. Elle savait qui il était, il était venu à mainte reprises la voir jouer du violoncelle avant que le drame ne lui retire tout de pour la musique. Il l’avait attendu à la sortie de les artistes à la fin de la prestation, et ils avaient discuté, échangeant sur leurs compositeurs préférés, comme deux amis de longue date. Il lui avait ensuite confié qu’il était aveugle, et que les notes qu’elle faisait naitre grâce à l’archer frottant sur les cordes avaient un impact tout particulier pour lui. Elle avait failli pleurer ce jour là, gonflée d’une affection sincère à son égard. C’est pourquoi elle ne pouvait pas passer son chemin et prétendre qu’il était un mirage parmi tant d’autres. « Excusez moi.. Lewis ? Est ce que c’est toi ? » Elle se faufila devant lui, et éspéra que son élan d’énergie ne lui vaudrait pas un retour de boomerang. « C’est Lizzie. Heum… Lizzie du conservatoire. » Se sentit-elle obligée d’ajouter au cas où, même si elle n’y travaillait plus officiellement. Et avec la malchance qui ne la quittait pas d’une semelle, il y avait fort à parier qu’il l’avait zappé de sa mémoire, ça faisait tellement longtemps,qu’elle n’aurait su donner de date précise à leur dernière rencontre. Mais voir des traits familiers était si réconfortant qu’elle n'avait pu résister.

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Lewis Chlapowski

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MessageSujet: Re: I pray for the ground to swallow me whole ○ lewis.   Mer 30 Aoû 2017 - 22:06

Par il ne savait quel miracle, il avait réussi à se soustraire à l’attention exacerbée de ses parents. Il peinait à croire qu’il était libre, même si ça n’était que pour une poignée d’heures et qu’il avait promis d’être rentré pour midi, au plus tard. Quelques heures qui lui avaient paru une vie de liberté jusqu’à ce qu’il doive trouver son chemin en ville, où tout n’était pas exactement à sa place. Une fois la frontière invisible de son quartier franchie, Lewis avait été déstabilisé. Certaines choses ne paraissaient pas avoir bougé mais d’autres s’étaient déplacées ou n’existaient tout simplement plus. Il avait dû faire appel aux passants pour se diriger vers le centre ville – d’ailleurs, il n’était pas certain d’avoir saisi le nom que le dernier homme interrogé lui avait lâché, quelque chose d’exotique qu’il avait répété dubitativement et dont il ne se souvenait déjà plus. Le type avait eu l’air de s’impatienter et Lewis l’avait poliment remercié, n’ayant aucune envie de lui voler plus de temps que nécessaire. Il avait ensuite repris son errance, l’extrémité de sa canne frôlant le sol en un tic-tac régulier, un balancement de droite à gauche pour prévenir tout obstacle inopiné.
Sa mère le suivait-elle en voiture, à quelques mètres de là, pour s’assurer qu’il traversait sans danger ? Ou avait-elle chargé l’un de ces gars supposé être l’un de ses amis et dont il n’avait aucune souvenir ? Il doutait fort pouvoir se balader sans être épié mais même ça, il s’en contrefichait presque, tant l’illusion d’être à nouveau lui-même était suffisante à le laisser respirer un peu. Peut-être qu’il aurait pu demander à ce que l’on appelle Thea pour éviter à sa mère tout tracas mais quelque chose, il ne savait pas trop quoi, l’en avait dissuadé. Il n’était pas certain que sa mère apprécie une demoiselle qui s’immisçait dans sa chambre par la fenêtre du balcon au lieu de faire comme tout le monde et de passer par la porte d’entrée. Et puis, en un sens, il savourait ces minutes de solitude, même s’il devait pour cela écouter avec perplexité les instructions qu’on lui donnait pour le diriger.
Finalement, il était parvenu, plus par hasard qu’autre chose, sur le seuil d’un café d’où émanaient des odeurs variées et délicieuses. Le jeune homme les laissa l’imprégner un moment et quand il sentit la pluie commencer à battre plus fermement, se décida à pousser la porte du petit établissement. Une douce chaleur lui sauta au visage et il resta un instant immobile, absorbant les sons, les triant soigneusement (raclements des pieds d’une chaise, cliquetis d’une cuiller qu’on fait tourner dans une tasse, le souffle bref de la vapeur qui s’échappe d’une machine et, évidemment, les voix qui s’entremêlaient dans un doux brouhaha). Prudemment, Lewis explora l’environnement immédiat du bout de sa canne lorsqu’une voix féminine s’adressa à lui :
- Voulez-vous un peu d’aide ?
Lewis tourna la tête dans la direction d’où provenait le timbre agréable et sourit.
- Je veux bien, merci.
Il tendit la main et la demoiselle lui saisit le poignet pour qu’il lui attrape le coude. Étrange comme elle semblait quoi faire quand la plupart des gens rencontrés ignoraient comment se comporter, comment le toucher – même ses parents semblaient éviter tout contact inutile. La jeune femme le guida à travers les tables, jusqu’à la file d’attente et le quitta après s’être assurée qu’il n’avait plus besoin de son aide. Elle lui apprit tout de même qu’elle s’appelait Lucy et qu’elle était assise non loin, il n’aurait qu’à l’appeler s’il voulait qu’elle revienne. Lewis la remercia de sa sollicitude et la laissa partir avant de se concentrer sur les pièces qui tintaient dans sa poche. D’un geste expert, il les fit glisser entre ses doigts et compta la somme qu’il avait. Assez pour un café, en tout cas. Peut-être même un deuxième, s’il ne trainait pas trop. La tête légèrement penchée, il semblait perdu dans ses pensées pour quiconque n’aurait pas remarqué la canne. Il la redressa immédiatement lorsqu’une voix s’éleva. Une voix familière mais aussi une voix qui lui parlait. Son regard aveugle balaya la pièce, frôla la jeune femme qui l’avait approché plus tôt, puis celle qui le rejoignit :
- Oui ?
Il déglutit. Il reconnaissait la voix, évidemment, mais il ne s’avança pas trop. Il avait compris, depuis le temps, que les gens n’étaient pas toujours ce qu’ils étaient. Comme Shiloh qui le méprisait. Comme cette Odette qui lui rendait régulièrement visite. Comme Stella et son ton joyeux, au timbre si semblable à celui de Shiloh. Lorsque la jeune femme mentionna le conservatoire, Lewis laissa un sourire charmé glisser sur ses lèvres. Ça, au moins, n’avait pas changé, visiblement.
- La déesse du violoncelle, dit-il simplement, prouvant qu’il se souvenait parfaitement d’elle.
Et comment aurait-il pu l’oublier quand sa musique l’avait transpercé ? Il n’avait pas eu besoin de voir la scène, l’éclairage. Seules les notes lui étaient parvenues, l’avaient envahi. Il n’avait pas pu résister à l’envie de l’attendre pour lui avouer à quel point elle l’avait touché au plus profond de son âme. Il avait toujours été comme ça, à livrer ses émotions sans filtre, parce qu’il ne voyait pas l’intérêt de garder ça pour lui.
La personne de la caisse demanda ce qu’il voulait et il se décala d’un pas, posa les doigts sur le bord du comptoir et demanda un café noir avant de se tourner légèrement vers Lizzie.
- Est-ce que je peux t’offrir quelque chose ? demanda-t-il, sans savoir qu’elle avait déjà commandé.
Ses doigts manipulèrent discrètement les pièces qu’il posa ensuite sur le comptoir.
C’était bête mais ces gestes simples lui faisaient un bien fou. Tout comme rencontrer quelqu’un qui ne lui donnait pas la sensation d’être complètement à côté de la plaque.

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Lizzie Abernathy

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MessageSujet: Re: I pray for the ground to swallow me whole ○ lewis.   Lun 11 Sep 2017 - 19:26

Son cœur battait à vive allure, plus vite qu’il ne l’avait déjà fait auparavant. Autrefois il partait dans une valse incertaine lorsqu’elle passait des examens, lorsqu’elle sentait les prémices d’un amour naissant, ou lorsqu’elle se lançait dans quelque chose qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir faire, et parfois par peur. Désormais ce dernier s’emballait à la simple perspective d’adresser la parole à quelqu’un. C’était curieux de voir comment ce corps qu’elle croyait pourtant connaitre sur le bout des doigts était capable de la surprendre malgré tout. Pour peu qu’il fusse vraiment le sien toutefois, mais les sensations qu’elle percevait sous sa peau ne pouvaient pas mentir. Tout comme sa respiration saccadée, et ses yeux hésitants qui papillonnaient dans tout les sens à la recherche d’un exécutoire dans le cas où elle se serait trompée de personne. Sa vie était devenue une compilation de moments similaires, où elle oscillait entre l’excitation et la crainte. Un calvaire permanent qui lui serrait les entrailles, et nouait sa gorge. Peut être que le garçon qui se tenait devant elle n’était pas Lewis. Peut être que ça aussi c’était le fruit de son imagination, ce serait ni le premier ni le dernier. Un énième ami invisible qu’elle avait inventé de toute pièce dans ses rêves pour se tenir compagnie, et l’aider dans les moments difficiles qu’elle avait traversé toute seule suite à sa mort. La sienne, toujours lui. Encore lui. Partout. Elle secoua la tête, et envisagea de faire demi tour pour repartir chez elle, où au moins elle était sure de ne causer aucun tort, sa place était là bas. Sur le canapé proche de la fenêtre juste assez pour sentir les rayons du soleil et suffisamment loin pour ne pas entendre le tumulte extérieur. Sa prison éphémère avant qu’elle obtienne des solutions à ses questions et un possible traitement. Lizzie avait déjà tourné les talons quand la voix de son interlocuteur percuta ses oreilles. « Oui ? » A nouveau l’affolement et l’hésitation. S’était-elle trompée ? Elle pouvait encore partir avant de se ridiculiser davantage mais ses jambes restèrent clouées au sol. Si jusque là elle s’était obligée à fixer le bout de ses chaussures, elle leva les yeux vers lui et s’aperçut qu’il souriait. Et ce geste futile lui arracha une bouffée d’espoir, une douce chaleur réconfortante qui gagna ses membres. C’était si peu et beaucoup à la fois. « La déesse du violoncelle. » Il se souvenait : elle respira. Lizzie se mordit les lèvres, émue, et les émotions à fleur de peau. Difficile de se retenir après tout ce temps, il était comme une bulle d’espoir dans toute cette grisaille environnante. Il savait, il savait qui elle était, il la reconnaissait. Impossible de le nier, elle voyait enfin un peu de lumière. Des larmes perlèrent au coin de ses paupières, et elle les essuya toute suite, avant d’acquiescer du menton. « Oui. Oui c’est moi. » D’ordinaire elle lui aurait surement fait une remarque sur le fait qu’il la qualifia de déesse (elle était d’un perfectionnisme redoutable quand on en venait à la musique, et se trouvait en dessous de ses capacités en permanence), mais à cet instant elle n’en avait pas la force. Elle désirait juste lui piquer un peu de de ses précieuses minutes et lui parler. Juste une poignées mots, histoire de se rassurer, de confirmer qu’elle n’était pas folle. « Est-ce que je peux t’offrir quelque chose ? » Elle renifla gauchement et se poussa sur le côté pour laisser passer les autres clients. « Non j’ai déjà ce qu’il me faut c’est gentil. » Le serveur les observa tour à tour, incrédule face à cette discussion qui lui passait au dessus de la tête, et surtout pressé de donner satisfaction à la seule personne coincée dans leur dos. « Est ce que tu peux t’asseoir un petit peu ou tu dois repartir toute suite ? Je suis juste là. » S’empressa t-elle d’ajouter précipitamment, et sans attendre qu’il réponde, elle prit délicatement son bras sous le sien. Elle était trop excitée par l’affaire, à tel point que son visage se parait déjà de jolies couleurs. Une fleur qui reprenait vie. Elle le guida à travers les tables, et lui posa les doigts sur le dossier de la chaise pour qu’il s’installe, en priant intérieurement qu’il ne s’enfuie pas. Ils n’étaient pas spécialement proches, ni même amis, tout juste de simples connaissances qui se rencontraient régulièrement. Ou avaient l’habitude de se croiser. Suite à la mort d’Abel, Lizzie avait abandonné tout ça, la musique, le conservatoire et le violoncelle. Elle n’en avait plus joué et redoutait de devoir tenir l’instrument contre elle. Avant c’était néanmoins tout ce pour quoi elle vivait, une passion innée qui s’était décuplée avec les années pour qu’elle arrive à en maitriser les accords les plus basiques faisant d’elle une violoncelliste appréciée. Elle était simple quand elle faisait glisser l’archer sur les cordes, ses yeux fermés, bercée par les notes qui s’enchainaient en une parfaite harmonie. C’était comme si la mélodie sortait de son enveloppe charnelle, et qu’elle était en symbiose parfaite avec celle ci. Elle ne s’expliquait pas vraiment le rapport privilégié qu’elle avait avec l’objet, mais ils étaient - avaient été - indissociables pendant longtemps. Un réel partenaire à qui elle pouvait se confier sans qu’il la juge, et dont le simple contact suffisait à la rassurer quand tout allait mal. Ça lui manquait régulièrement, mais elle n’y arrivait pas, c’était trop compliqué. Ça appartenait à ce passé qu’elle avait abandonné derrière elle. Et Lewis en faisait parti malgré lui. Il était venu la voir après une représentation pour la remercier - ce qui l’avait touché, c’était un immense compliment - et les visites s’étaient intensifiées. Ils échangeaient principalement sur leurs compositeurs fétiches, certains opéras, etc, rien de personnel, mais un lien s’était crée sans qu’ils n’y prennent garde. Puis elle était partie, et il s’était rompu, elle n’avait pas donné de nouvelles. Elle n’en avait donné à personne de toute façon sauf à Ned, et Zephyr au début. Aussi, ignorait-elle par où commencer avec le jeune homme qui se tenait devant elle. « Voir quelqu’un qui se souvient est appréciable. » Finit-elle par dire, incertaine, ses prunelles rivées sur le café qu’elle serrait fort entre ses paumes. Elle était consciente qu’il était aveugle et ne pouvait saisir des détails physiques sur elle comme le faisaient les autres, mais son regard étrangement lui donnait la sensation d’être d’autant plus perçant. Susceptible de voir derrière ses barrières. « J’ai parfois l’impression que le monde ne tourne plus vraiment rond. » Une technique comme une autre pour aborder ce qui la tracassait, et tâter légèrement le terrain avant de plonger dedans. « Comment vas tu depuis tout ce temps ? Je suis désolée si je suis partie du jour au lendemain, j’ai eu des soucis personnels, je ne pouvais pas rester ici à Mount Oak. » Une part d’elle se sentait redevable à son égard, alors elle s’excusa du mieux qu’elle pouvait. C’était le minimum, même si elle mourrait d’envie de le questionner sur tellement de sujets, à commencer par celui de savoir comment il pouvait être atteint du même syndrome qu’elle. Car à ses paroles elle était persuadée qu’ils partageaient un secret commun, celui d’une réalité dont seuls eux semblaient être conscients.

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Lewis Chlapowski

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MessageSujet: Re: I pray for the ground to swallow me whole ○ lewis.   Sam 16 Sep 2017 - 23:19

Comment aurait-il pu se douter une seule seconde du désarroi de Lizzie ? Ils vivaient la même situation, tous deux extraits de force d’une vie pour être poussés dans une autre, familière et étrangère à la fois. Mais là où la vie de Lizzie semblait être une succession de drames et de désillusions, Lewis vivait la sienne dans une sorte de perplexité constante. Il ne cherchait pas à contredire, absorbait les révélations d’un air dubitatif et se laissait plus ou moins porter par le courant. Quelle alternative avait-il, après tout ? Ce qui le rendait le plus malheureux, en fin de compte, c’était l’attitude de Shiloh, le reste, il s’en accommodait plus ou moins, même lorsqu’on lui avait assuré qu’il n’y avait pas de centre pour la jeunesse en difficulté, celui où il avait travaillé durant plus d’un an avant de disparaitre. Ce qui le contrariait davantage, c’était le vide qu’était son existence depuis : prisonnier des inquiétudes parentales, dépourvu d’emploi (il avait, selon les dires de tous, travaillé dans un magasin de jeux vidéos mais son manager n’avait pas tardé à le remplacer en apprenant son ‘accident’), sans lien avec le monde extérieur, il avait le sentiment d’être un pantin désarticulé qu’on agitait sans se soucier de ce qu’il aurait souhaité faire. Mais il n’avait jamais été contraire, il n’avait jamais eu à se rebeller et il affrontait cette situation avec un flegme blasé, n’ayant aucune envie de se perdre dans des discussions insensées et en dialogues de sourds. Il avait bien compris que ses déclarations inquiétaient ses proches et devoir subir les interrogatoires d’un médecin à propos de sa cécité l’ennuyait déjà assez sans qu’on l’envoie, en plus, voir un psychologue qui lui trouverait des troubles inexistants et lui prescrirait des médicaments qui ne lui feraient aucun bien. Comme tant d’autres missings, Lewis s’imaginait être le seul à dérailler et gardait donc désormais son ancienne vie pour lui. La différence avec Lizzie, c’était que sa relation avec elle se résumait à quelques discussions lointaines. Du moins dans cette autre vie : ici, il n’en avait aucune idée. Mais s’il devait passer pour un toqué quelques secondes, il n’allait pas en mourir, c’était son lot quotidien depuis plus de deux mois. L’avantage, c’était que les gens associaient ces folies passagères au coup qu’il avait reçu sur la tête le dix-huit juin, lorsqu’il avait été violemment percuté par un joueur de football américain.
Au moins, la partie violoncelle ne semblait pas avoir changé et Lewis fut légèrement rassuré de ne pas sembler ridicule devant la demoiselle. Il y avait, de plus, quelque chose de rassurant à se dire que, dans son environnement immédiat, quelqu’un le connaissait. La dénommée Lucy avait été un ange de venir spontanément l’aider mais Lewis n’aimait pas spécialement dépendre des autres et, dans sa fierté égratignée, il préférait encore demander de l’aide à quelqu’un qu’il connaissait, même vaguement, plutôt qu’à une parfaite inconnue.
- Non, non, je n’ai rien de prévu, je peux m’asseoir, dit-il avec un sourire avant de remercier l’employé et d’attraper précautionneusement sa tasse de café.
Il fut surpris par le contact léger mais déterminé de la main de Lizzie lorsqu’elle le guida vers sa table mais n’émit aucune remarque. Il tâtonna le dossier de la chaise et posa sa canne contre la table avant de s’asseoir prudemment sur la chaise. Il posa délicatement la main sur le bord de sa tasse et apprécia l’humidité brûlante qui émanait de celle-ci, déposant un filtre translucide sur sa paume. Il n’avait aucune idée de ce que Lizzie avait traversé. Ni ici, depuis son arrivée, ni avant, quand elle était partie après l’accident qui avait coûté la vie à Abel Anderson. Il avait entendu parler de son décès, évidemment, mais il n’y avait jamais eu le moindre élément pour le connecter à la demoiselle qui jouait au violoncelle comme si elle était née pour cet instrument. Elle était partie et Lewis l’avait presque oubliée, la reléguant à un coin de sa mémoire, le reste étant occupé par ses aventures aux côtés de Shiloh.
Lorsque Lizzie reprit la parole, elle capta immédiatement l’attention du jeune homme qui posa son regard aveugle sur elle comme s’il la voyait aussi bien que n’importe qui. D’elle, il ne connaissait que la voix et son don pour la musique. Il n’avait aucune idée de sa taille, de la couleur de ses cheveux ou même de sa peau. Il ne pouvait se fier qu’à la douceur de son timbre et, à cet instant précis, au léger tremblement de ses mots. Il n’était pas certain de comprendre ou, plus exactement, avait trop peur d’en venir à des conclusions hâtives en imaginant qu’elle puisse avoir expérimenté le même traumatisme que lui.
- Comment pourrais-je t’oublier ? Tu m’avais ensorcelé, avec ta musique, répondit-il, sincère mais prudent. Shiloh trouvait culotté que je veuille t’attendre à la sortie pour te remercier mais je n’en ai fait qu’à ma tête. Je ne pouvais pas laisser passer cette occasion.
Il s’avançait peut-être un peu en évoquant ce souvenir mais plus les minutes se succédaient, plus il avait envie de pouvoir parler de ce passé qu’il ne pouvait même plus aborder, même furtivement, avec la plupart des siens.
- Moi aussi. Ma mère s’imagine tout à coup que je suis incapable de me débrouiller seul et ma meilleure amie me traite avec un mépris que je connais bien mais qu’elle réservait généralement aux autres, pas à moi, dit-il avec un sourire triste, la moue un peu plus sombre.
Il porta la tasse à ses lèvres et absorba une gorgée avec une grimace, le liquide était encore extrêmement chaud. Il haussa les épaules lorsque Lizzie voulut prendre de ses nouvelles et répliqua :
- Ça va. J’ai un peu du mal à m’acclimater mais pour le reste, je n’ai pas vraiment à me plaindre. J’espère que tes soucis n’étaient pas trop graves mais je peux comprendre qu’on puisse avoir besoin de fuir Mount Oak. Ta musique m’a manqué, en tout cas. J’ai parfois demandé à mes amis de voir si tu ne donnais plus des concerts ailleurs mais ils m’ont dit que tu étais partie et je me suis fait une raison. Parfois, j’avais l’impression que je n’avais qu’à fermer les yeux pour pouvoir te réécouter, mais ça n’était jamais aussi enivrant qu’en live.
S’il songea une seconde à ce qui avait pu la pousser à fuir leur ville natale, Lewis ne s’y attarda pas. Cela ne le regardait pas et il n’avait jamais été du genre intrusif. Ce que les gens voulaient lui confier, ils le faisaient spontanément. Il était une oreille attentive mais une bouche hermétiquement close. Toutefois, Lizzie et lui n’étaient clairement pas assez proches pour qu’ils abordent des sujets personnels, quels qu’ils soient, et d’autant plus s’ils étaient douloureux pour la demoiselle.
- Mais tu es revenue. Est-ce que ça veut dire que j’aurai le plaisir de t’entendre jouer, un de ces quatre ? s’enquit-il, plein d’espoir.
Oh, revivre ces instants passés, ne serait-ce que quelques minutes, ne serait-ce pas un bonheur inégalable ?

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Lizzie Abernathy

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MessageSujet: Re: I pray for the ground to swallow me whole ○ lewis.   Mar 10 Oct 2017 - 20:20

Face à Lewis, elle se sentait étrangement apaisée, plus calme également. Sans doute parce qu’elle ne le connaissait pas suffisamment, et qu’au moins lui ne pourrait pas la juger pour toutes ces choses qui lui passaient à l’esprit. La déconfiture, la folie, des souvenirs tronqués, et un mal être permanent encré dans ses os dont elle n’arrivait pas à se défaire. Une sorte de nouveau manteau qui recouvrait ses épaules frêles, et qu’elle n’arrivait pas à retirer, trop habituée désormais à sa présence. Une présence sombre qui la vidait de son énergie, aspirant toute pensée heureuse de son existence. Pourtant à cet instant elle voyait une lueur infime se profiler à l’horizon. Toute faible qu’elle fut, elle méritait qu’on souffle dessus pour attiser les braises. Que risquait-elle de toute façon ? Rien, strictement rien. Au pire il partirait, au mieux ils discuteraient une poignée de secondes, en prétendant que tout était normal, alors qu’ils étaient coincés dans une réalité différente de celle qui les avait vu naitre. Comment exprimer un truc pareil toutefois sans paraitre à coté de ses pompes ? Ça avait tout l’air d’une intrigue de roman bien ficelé, de celles qu’elle avait apprécié par le passé les jours d’hiver où il faisait trop froid pour sortir. Du genre qui vous envoyait directement à l’hôpital psychiatrique pour trouble mental, une expérience qu’elle redoutait subir dans les prochaines semaines si elle continuait de sauter sur tout ces visages familiers, qui, eux ne la connaissaient pas. C’était particulier d’affronter un regard vide quand on appelait un proche par son prénom et qu’il n’arrivait pas à vous re-situer. Pire que particulier, c’était blessant. A croire qu’elle était seule contre tous, si elle occultait Ned bien sur, qui à défaut de comprendre ce qui se tramait chez sa sœur, avait promis de l’épauler. Dans quelle case allait-elle ranger le jeune garçon devant elle ? Ceux qui la prenaient pour une folle ou bien un ami potentiel dans ce désastre ? Elle n’allait pas tarder à le savoir. Pour sa propre santé, elle priait pour que la deuxième alternative fut la bonne, elle avait réellement besoin d’un allier. De quelqu’un à qui parler sans prendre de pincettes. Et si c’était lui : tant mieux. Il lui avait toujours fait l’effet d’être sincère. Elle regretta ne pas lui avoir donné de nouvelles, mais elle s’était laisser entrainer par la dépression et les remords, oubliant tout ceux qui avaient compté par le passé. La mort changeait les gens, ce n’était pas une surprise. « Comment pourrais-je t’oublier ? Tu m’avais ensorcelé, avec ta musique. Shiloh trouvait culotté que je veuille t’attendre à la sortie pour te remercier mais je n’en ai fait qu’à ma tête. Je ne pouvais pas laisser passer cette occasion. » Un mince sourire fila sur son visage à la pensée de cet événement qu’il mentionnait, et qui confirmait qu’elle n’avait pas tout inventé de nulle part. Il était impossible qu’il eut été au courant de ça à moins de l’avoir vécu. Il savait donc. Un poids immense quitta sa poitrine au fur et à mesure qu’il s’exprimait en la fixant de ses grands yeux bleus. Elle n’avait jamais été perturbée par l’emprise qu’il pouvait exercer sur ses interlocuteurs quand il s’adressait à eux. Tout comme elle n’avait pas osé lui demander ce qu’il voyait en elle. Mieux valait s’abstenir, surtout en ce moment, car elle avait piètre allure. Elle songea à Zephyr, son Zephyr pas celui qu’elle avait croisé il y a une semaine. Le garçon un peu maladroit et gauche à qui elle s’était attachée. Il lui ressemblait à sa façon. « Je me souviens aussi, c’était la première fois que quelqu’un m’attendait à la fin. En général c’est assez rare… J’étais… Tu as failli me faire pleurer ce jour là tu sais. » De joie naturellement, recevoir des compliments tels qu’il les avait formulé était un cadeau inestimable. Lorsqu’elle glissait l’archer sur les cordes, elle était tout sauf égoïste, elle donnait une partie d’elle au public. C’était ce qui rendait si spécial sa façon de jouer, son enseignant lui avait dit une fois que les gens comme elle étaient rares. Beaucoup de monde était capable de retranscrire des notes en une mélodie, mais peu savaient en tirer la substance même. Elle avait un don, ce n’était pas ses mots (elle était trop modeste pour ça), mais ceux qu’on lui avait murmuré à la volée. Lizzie réalisa soudainement à quel point ça lui manquait. « Moi aussi. Ma mère s’imagine tout à coup que je suis incapable de me débrouiller seul et ma meilleure amie me traite avec un mépris que je connais bien mais qu’elle réservait généralement aux autres, pas à moi. » Il n’avait aucune idée à quel point ses paroles étaient réconfortantes et au combien significatives pour elle qui partageait une situation identique. Deux personnes pouvaient-elles être atteinte de la même maladie et partager une folie commune sans s’être concertées avant ? Qu’avaient-ils de semblable qui justifia pareil traumas ? « Je suis désolée… Moi c’est pareil, je suis - j’étais en couple - avec un homme que je ne connais pas, et mes amis les plus proches ne savent pas qui je suis. Je ne comprends comment… tout ça est possible. » Elle avait cherché une explication plausible mais rien de pertinent ne tenait la route à l’exception de la piste médicale qu’elle avait volontairement occulté. Et elle avait visiblement eu raison; grâce à Lewis, elle sortait enfin du gouffre. « Ça va. J’ai un peu du mal à m’acclimater mais pour le reste, je n’ai pas vraiment à me plaindre. J’espère que tes soucis n’étaient pas trop graves mais je peux comprendre qu’on puisse avoir besoin de fuir Mount Oak. Ta musique m’a manqué, en tout cas. J’ai parfois demandé à mes amis de voir si tu ne donnais plus des concerts ailleurs mais ils m’ont dit que tu étais partie et je me suis fait une raison. Parfois, j’avais l’impression que je n’avais qu’à fermer les yeux pour pouvoir te réécouter, mais ça n’était jamais aussi enivrant qu’en live. » Elle était soulagée qu’il aille bien, qu’il soit plus rationnel qu’elle ne l’avait été. Il n’y avait pas énormément d’alternative quant à ce qui se leur arrivait : l’accepter et se fondre dans le moule ou le rejeter radicalement. Lizzie avait opté pour un mélange des deux à défaut de trancher nettement. « C’est gentil… Je.. Merci. J’ai eu un accident, un gros accident, j’ai renversé quelqu’un. C’était trop dur de rester après ça… » S’entendit-elle dire d’une voix tremblante, alors que ses mains se tordaient sur ses genoux. D’une manière générale elle n’abordait pas ce sujet, car elle avait horriblement honte de ses actes et des séquelles qui en résultaient. Mais c’était sorti seul, sans doute parce qu’elle voulait croire que lui saurait à qui elle faisait allusion contrairement aux autres qui l’avaient scruté avec incompréhension. Et pour cause Abel Anderson respirait ici. « Mais tu es revenue. Est-ce que ça veut dire que j’aurai le plaisir de t’entendre jouer, un de ces quatre ? » Elle étouffa le début d’une larme dans la manche de son sweater et renifla. « Je n’ai pas touché à mon violoncelle depuis que.. Abel est mort. Je n’y arrive plus, je suis bloquée. Ce n’est pas pour demain je suis désolée. En plus ici enfin.. Je suis professeur de musique pour les enfants il parait. » Elle était triste de l’éconduire là dessus, et de le décevoir mais elle craignait ne même plus retrouver ses réflexes, comment tenir l’instrument, etc. « Lewis… Est ce que tu me croirais si je te disais que je pense qu’on ne vient pas d’ici ? Enfin que nos vies actuelles ne sont pas les nôtres mais celles de personnes différentes ? Je ne sais pas si ça a du sens mais j’ai l’impression de m’être réveillée sur une planète différente. C’est stupide je sais mais… C’est ça ou bien je deviens folle, et pourtant te voilà toi, qui te souviens. Pas comme les autres, tu sais des choses d’avant. J’aimerais comprendre ce qu’il se passe. » Y avait-il un moyen de retourner en arrière, de retrouver la bonne dimension ? Si oui oserait-elle le faire ? N’était-elle pas mieux ici dans cette vie désordonnée où tout semblait lui réussir pas comme là bas, où elle se morfondait ?

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Lewis Chlapowski

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MessageSujet: Re: I pray for the ground to swallow me whole ○ lewis.   Dim 12 Nov 2017 - 15:01

‘À quoi bon ?’ auraient été les mots fétiches de Lewis. Il ne voyait pas l’utilité de se fatiguer, de s’énerver, de se rebeller contre quelque chose sur lequel il n’avait aucune emprise. Il pouvait hurler sa frustration tant qu’il le voulait, qu’est-ce que cela lui apporterait ? Il avait vite saisi l’ampleur du problème et, tout aussi rapidement, il s’était fait caméléon, écoutant chaque vibration dans la voix de ceux qui l’entouraient, pour mieux se calquer sur l’ambiance générale. Il n’avait suffi que de quelques phrases irréfléchies pour lui démontrer à quel point sa vie avait été bouleversée et, lui qui n’avait jamais considéré sa cécité comme un handicap, découvrait toutes les limitations liées à celle-ci. Si on ne lui laissait aucune liberté, comment était-il supposé la prendre ? Il avait été habitué à évoluer comme bon lui semblait et se retrouvait dès lors complètement démuni face aux barrières qu’on avait érigées autour de lui dans l’unique but, selon ses parents, de le protéger. De quoi, ça, Lewis l’ignorait mais il savait désormais qu’il valait mieux hocher la tête plutôt que de poser des questions. De ce qu’aurait dû être sa vie, il ne savait pas grand-chose si ce n’est les quelques éléments glanés ici et là, au détour de conversation dont il était systématiquement évincé. Il avait perçu l’inquiétude de ceux qui étaient censés être des camarades de classe, il avait décelé le malaise chez celle qui se prétendait être sa petite amie et s’évertuait à lui rendre régulièrement visite. Il avait feint de ne pas entendre tandis qu’il absorbait tout ce qu’il pouvait pour se créer une issue. Chose qu’il était enfin parvenue à faire, à force de prouver à ses parents qu’ils n’avaient pas se faire un sang d’encre à son propos, qu’il pouvait s’en sortir seul ou, en tout cas, ne craignait pas d’essayer de le faire. Ça n’avait pas été une mince affaire mais il y était parvenu. Enfin. Après, certes, la liberté se résumait peut-être à sortir boire un café, du moins pour l’instant, mais cela soulageait déjà Lewis. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’à force de persuasion, il persuade ses parents de le laisser évoluer à sa guise. S’il se demanda qui ils avaient pu élever jusque-là, pour le considérer avec une telle angoisse, il ne l’évoqua jamais à haute voix. Et s’il se demandait si leurs places avaient tout simplement été échangées, il n’arrivait pas à voir ce garçon sans ambition et apparemment assez dédaigneux, se faire une place dans son quotidien. Mais ça, c’était si on admettait qu’une telle aberration puisse se produire. Ce qui, jusqu’à cet instant, restait un mirage auquel Lewis ne pouvait – ou ne voulait – croire. Il n’avait pas songé à ce qu’il ferait dans un avenir plus ou moins proche. En un sens, il espérait toujours se réveiller dans son lit – son vrai lit – et réaliser que tout ceci n’avait été qu’un rêve bien étrange qu’il espérait ne plus jamais refaire. Mais un rêve ne s’étendait pas si loin dans le temps. Cela faisait des jours, puis des semaines, qu’il errait, hanté par un quotidien qu’il ne maitrisait pas et qui avait l’art de bousculer à chaque fois qu’il croyait recouvrer son équilibre. Heureusement, Lewis pouvait compter sur ses facultés d’adaptation, celles qu’il avait développées, enfant, pour pouvoir aller à l’école comme n’importe quel gamin, celles qui l’avaient aidé à suivre ses amis dans leurs péripéties, même lorsque cela était plutôt déconseillé. Lewis n’aurait jamais manqué une opportunité de pouvoir accompagner Shiloh à une soirée. Ça n’était dès lors pas quelques écueils comme ceux-ci qui allaient l’empêcher de s’avancer dans ce labyrinthe qu’était s’inscrire dans la vie d’un autre.
- Une vraie groupie, je sais, plaisanta-t-il, en se souvenant que c’étaient là précisément les mots de Shiloh pour le taquiner.
Il lui avait pourtant dit qu’elle pouvait déjà y aller, qu’il la rejoindrait après mais, fidèle à elle-même, Shiloh avait remis ses plans à plus tard pour l’accompagner, non sans lui faire quelques petites remarques bien senties dont elle avait le secret et qu’il laissait couler sur sa peau avec un sourire en coin. Généralement, ça se concluait sur un coup de coude de la demoiselle, seul moment où elle profitait de ses yeux aveugles pour lui faire un coup en douce.
Lewis but une longue gorgée de son café, l’oreille à l’écoute, le regard perdu dans le vague, tandis que Lizzie évoquait son propre trouble par rapport à son existence. Ce ne fut qu’à cet instant-là que Lewis comprit ce qu’impliquaient ces mots. Perdu dans sa perplexité, il répondit sans vraiment réfléchir aux questions de Lizzie, laissant à son esprit le soin d’analyser la nouvelle et de l’ingérer. Il pouvait encore avoir mal compris, après tout. Il pouvait se méprendre sur les affirmations de la jeune femme et n’entendre que ce qu’il souhaitait entendre : qu’il n’était pas seul, qu’une autre personne traversait le même chaos que lui.
- Je suis désolé, souffla-t-il, lorsqu’elle lui apprit qu’elle avait renversé quelqu’un.
Il pouvait dès lors comprendre qu’elle ait ressenti le besoin de s’éloigner, de fuir les souvenirs. Là non plus, il ne fit pas forcément le lien avec Abel Anderson. C’était un accident et, malheureusement, les accidents arrivaient plus souvent qu’on ne le voulait. Et puis, rien ne disait que la personne renversée était décédée. Peut-être qu’il ou elle vivait toujours, avec les séquelles de l’accident. Son retour à Mount Oak signifiait-il cependant qu’elle allait mieux ? Qu’elle avait surmonté le traumatisme d’avoir blessé quelqu’un avec son véhicule ? Ou y avait-il une autre raison qui l’avait poussée à surmonter les souvenirs ?  Il regretta cependant presque aussitôt d’avoir évoqué l’idée qu’elle puisse à nouveau jouer de son bel instrument. S’il n’avait pas ses yeux pour voir la détresse de Lizzie, il avait l’ouïe assez fine pour déceler le hoquet qu’elle chercha à ravaler. Se sentant coupable, il baissa les yeux et caressa le bord de sa tasse. Il ne les releva que lorsque la jeune femme reprit la parole et, par la même occasion, ôta tout voile de doute qui pouvait encore auréoler sa déclaration. La personne qu’elle avait renversée était donc bel et bien morte et cette personne n’était autre qu’Abel. Lewis se rappela l’ambiance qui avait suivi son décès, il se souvenait avoir accompagné Shiloh à la cérémonie commémorative et s’il ne connaissait pas particulièrement le garçon, il se souvenait suffisamment de sa voix pour qu’il lui évoque quelque chose de douloureux. Ç’avait été la première fois qu’il fréquentait la notion de mort, jusque-là, il n’avait jamais pu vraiment concevoir qu’on puisse mourir à son âge, alors qu’il y avait toute une vie qui attendait encore. Le jeune Chlapowski écouta donc silencieusement les aveux de Lizzie et il sentit son cœur se serrer, non pas pour le garçon que la mort avait emporté, mais pour la jeune femme qui devait vivre avec ce poids sur les épaules.
- Je comprends…
Comme il aurait voulu pouvoir esquisser un geste de réconfort dans sa direction mais il était prostré sur sa chaise, les paumes scellées à la tasse, à essayer de démêler le sens de ces révélations et l’importance de celles-ci. Et comme si Lizzie lisait dans ses pensées, elle mit des mots sur ce qu’il se tramait, portant à voix haute des choses qu’il s’était contenté de penser tout bas, dans l’intimité de sa chambre, à l’abri des regards inquisiteurs des siens. Il sentit un frisson glacé lui parcourir la peau, qu’aucun café ne parviendrait à réchauffer et il déglutit avec peine.
- Je te crois, finit-il par dire. J’ai l’impression d’avoir été catapulté dans une dimension parallèle. En apparence elle n’est pas si différente de celle que j’avais, pour ce que j’en sais, mais je ne m’y retrouve pas. Je ne sais pas qui je suis censé être pour ces gens. Et ce qui me taraude depuis quelques jours c’est : si nous avons pris la place de quelqu’un d’autre, où sont-ils partis ? Nos places ont-elles été échangées ? Pourquoi nous ? Faisais-tu quelque chose en particulier au moment où tout a été chamboulé ? Te rappelles-tu quel jour c’était ?
Voilà des questions qu’il n’avait même pas songé se poser jusqu’à ce que Lizzie énonce cette troublante mise en perspective. Mais maintenant que le problème était sur la table, c’était un millier d’interrogations qui surgissaient et qui l’étourdissaient. Car aucune n’avait de sens et il n’avait aucune idée de la façon dont ils pourraient obtenir des réponses. À moins de trouver d’autres personnes dans leur situation.

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I pray for the ground to swallow me whole ○ lewis.
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