getting harder to breathe.


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Peter Dawson

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MessageSujet: getting harder to breathe.   Ven 18 Aoû 2017 - 22:15

Getting harder to breathe
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21 June 2017
Le regard perdu dans le vide, Peter attendait que Filip veuille bien serrer sa ceinture pour démarrer. Ces derniers jours, rien ne semblait avoir de sens. Il y a quelques jours de cela, Peter était à l'autre bout du monde. Aujourd'hui, il était à Mount Oak. Dans cet endroit qu'il devrait appeler « chez lui » mais qui ne l'a jamais vraiment été. C'est que le jeune homme n'a de toute façon pas réellement de chez lui. Véritable nomade, il n'avait jamais ressenti le besoin d’amarrer à un port ou un port. Il étouffait déjà à Mount Oak s'il devait être honnête. Et cela ne faisait que quelques jours, mais le problème n'était pas là. La difficulté venait plus du fait qu'il ne savait pas quand il aurait l'occasion de repartir. Pas avant au moins onze ans... Maintenant qu'il avait la garde Filip, il fallait au moins qu'ils attendent ses dix-huit ans pour pouvoir se consacrer de nouveau à sa petite existence. Peter était touché qu'Elsa ait pensé à lui, et l'idée de refuser cette infini honneur ne lui avait pas traversé l'esprit, pas même un centième de seconde. Il était monté dans l'avion, triste de quitter tout ce qui le rendait heureux, mais sans regret aucun. Il faisait exactement ce qu'il fallait faire, et mieux que cela, il le faisait pour la personne qui avait le plus compté dans sa vie. Un sourire triste se dessina sur ses lèvres, et il jeta un coup d'oeil dans le miroir pour vérifier que le bambin était attaché. Du haut de sept ans, Peter se demandait comment il vivait la chose. Il n'était pas aussi joyeux que dans ses souvenirs, mais sa souffrance était-elle décuplée ? Après tout, il n'avait pas encore eu le temps de s'endurcir, la vie ne l'avait pas encore blessé, il n'avait pas de carapace pour se protéger. « On y va ? » demanda-t-il de sa petite voix, et Peter fut encore plus malheureux qu'il ne l'était déjà, et qu'il ne le pensait possible. Il aurait voulu le ramener chez Elsa, après une journée à avoir parcouru Mount Oak à la recherche de nouvelles aventures. Mais au lieu de ça, il irait simplement le déposer chez ses grands-parents, pour prendre une soirée de repos. En réalité, Peter avait besoin de se retrouver seul. Il avait besoin de prendre le temps de penser à autre chose qu'à ce dont Filip avait besoin. C'était égoïste, et s'il avait essayé de tenir le coup, Peter se connaissait assez pour savoir qu'il avait simplement besoin de respirer. Mais comment faisait-on sans son oxygène ? Il acquiesça d'un signe de tête et tourna la clé afin de mettre le moteur en route. Par chance, les parents d'Elsa n'habitaient pas très loin. Par chance aussi, ils se montraient particulièrement compréhensifs. Pas une seule seconde, ils n'avaient pensé à contester la volonté de leur fille. Ils avaient simplement supplié Peter de les laisser le voir souvent, tout en connaissant déjà la réponse. Concentré sur la route, le reporter alluma le lecteur mp3 pour que Filip ait ses chansons enfantines qu'il aimait tant. Mais était-ce seulement de son âge ? Comment élevait-on un enfant de sept ans ?
Les adieux furent déchirants et ce n'était que pour une soirée. Serrant sans cesse l'enfant dans ses bras, Peter n'arrivait à partir, craignant de faillir déjà à son rôle de père adoptif. Il était pourtant entre de bonnes mains, mais un père aurait-il pris une soirée pour lui ? Quand enfin il parvint à sortir de la maison, Peter se précipita à l'intérieur de sa voiture et se rendit dans l'un des bars de la ville qui organisait une petite soirée, suite au discours qu'avait tenu le maire. Peter ne s'y était pas intéressé, et ne comptait pas s'y intéresser. Il n'avait pas envie d'être baratiné, et encore moins qu'on lui répète ce qu'il savait déjà : personne ne comprenait rien, tout le monde était triste mais la vie continuait. Sauf que sa vie à lui ne continuait pas. C'était comme si un tsunami avait tout renversé sur son passage, emportant Peter dans des contrées inconnues... et peut-être bien infranchissables. « Dawson, viens par là. » l'appela directement Esteban, le barman. « Tu tiens le coup ? » Peter lui lança un regard peu convaincu et haussa les épaules. Tapotant légèrement sur le bar en bois, il observa les bouteilles se trouvant au-dessus de la tête de son ami. « Ton Mezcal là, il n'attendait que moi, non ?» Esteban acquiesça et se tourna pour attraper la bouteille. Il aperçut une jeune femme l'air désemparé de l'autre coté du bar, et soupira. Il n'en pouvait plus de voir toutes ses têtes malheureuses – et ne savait que trop qu'il ne valait guère mieux. « Tiens, offre lui du courage aussi. » dit-il en la désignant du doigt, avant de sentir l'alcool d'agave. Il ferma les yeux quelques secondes, rejetant l'envie soudaine de s'envoler pour le Mexique, et prit une douce gorgée dans sa bouche. Ce genre d'alcool se dégustait. Il fallait le garder dans la bouche quelques secondes pour en apprécier vraiment la saveur, qui vous ferait presque oublier le pire de vos malheurs... Presque.

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Gardens in the desert.
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Reilly Sadler

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MessageSujet: Re: getting harder to breathe.   Lun 4 Sep 2017 - 22:53

La journée censée apporter des réponses n'avait fait que soulever davantage encore de questions. Personne ne possédait aucune information sur les disparitions soudaines, personne ne semblait comprendre comment on pouvait ainsi perdre autant de gens d'un coup et si elle n'avait pas eu un esprit aussi rationnel et scientifique, Reilly aurait juré qu'il s'agissait là d'un mauvais tour de magie. Malheureusement pour elle, son cerveau d'ingénieur ne se satisfaisait pas de cette explication-là, encore moins alors qu'elle n'avait jamais eu la moindre imagination ni envie de croire au surnaturel. Au contraire, les rouages tournaient encore et encore, tentant de démêler le possible du probable du certain. Elle n'y comprenait rien, et ce n'était pas chose courante. Il y avait également le sentiment de culpabilité qu'elle avait éprouvé en se rendant au Town Hall plus tôt dans la journée : quand elle avait perdu un ex qui ne méritait, il fallait bien l'admettre, pas beaucoup mieux, certains avaient perdu père, mère, femme, mari, enfants, des gens qui faisaient leur quotidien et se trouvaient soudainement accablés de solitude et d'incompréhension. En comparaison, Reilly s'en tirait sacrément bien – ce qui n'aidait pas particulièrement à la réconforter. C'était sans doute l'avantage de ne pas être vraiment du coin, de ne connaître Mount Oak que sous le prisme de son couple, et surtout de son échec retentissant. Force était de reconnaître qu'elle n'avait pas fait beaucoup d'efforts pour rencontrer de nouvelles personnes, tant elle se satisfaisait de Roman malgré les faiblesses évidentes de leur relation. Voilà au moins un avantage qu'elle avait eu à se fermer du monde pour se consacrer entièrement à un type égoïste et égocentrique. Elle n'en restait pas moins épuisée par la journée qu'elle venait de vivre, émotionnellement plus que physiquement, et jamais le besoin de boire un verre, de préférence d'alcool fort, ne s'était fait aussi pressant. Reilly n'était pas le genre de personnes à en abuser, sans doute parce qu'elle avait étudiée très jeune l'impact de l'alcool sur le corps humain au point de la dégoûter d'infliger ça à son propre corps. Sans doute également parce qu'elle ne supportait pas de perdre le contrôle de ses actions et qu'être désinhibée ne présentait à ses yeux pas le moindre intérêt si 1- on ne cherchait pas à se rendre intéressante, 2- on ne cherchait pas de coup d'un soir potentiel dans une soirée un peu trop alcoolisée. Pourtant, elle savait qu'un verre de whisky l'aiderait à rincer les souvenirs de ce meeting au Town Hall, que la brûlure qu'elle sentirait tout le long de l'oesophage apaiserait temporairement l'interminable liste de questions qui hantait son esprit, ainsi que la vision d'un Roman dans un état proche de la mort. Elle s'arrêta dans le premier bar qu'elle trouva, dans la vieille ville de Mount Oak. Elle n'avait jamais pris le temps d'apprécier le décor – pourtant splendide – de ce côté de la ville. Les vestiges du village de pêcheurs se devinaient encore, offrant aux rues un charme pittoresque d'une petite ville du bord de mer – et un contraste certain avec la modernité des quartiers les plus récents. Elle leur préférait sans aucun doute Old Town, et ses bars à l'atmosphère moins policée, plus authentique. Le bar dans lequel elle entra sentait un mélange de bois et d'alcool, comme ces pubs anglais qu'elle rêvait de visiter étant gamine. Elle s'installa au comptoir du bar, refusant obstinément de s'afficher seule à une table et que l'on puisse s'apitoyer sur son sort. Elle n'était pas malheureuse, pas vraiment, elle était surtout sous le choc et ne voulait pas inspirer de la pitié à des gens se trouvant dans une situation bien plus dramatique. Il y avait du monde, dans ce bar, probablement une partie de la population désireuse de noyer ses propres démons dans de l'alcool bon marché, probablement des habitants venus comme elle essayer de se changer les idées et de partager leur chagrin. Reilly ne se sentait pas d'humeur à parler, encore moins à partager son chagrin à elle et la perspective de rester seule quelques heures ne lui posait pas le moindre problème – si, à l'inverse de Roman, elle était une créature sociable et ouverte aux gens, elle possédait comme lui une formidable capacité à faire abstraction de l'autre lorsqu'elle le souhaitait. Et cela fonctionna. Quelques minutes du moins, avant qu'un verre d'alcool non-identifié fasse son apparition sous ses yeux. Elle leva la tête, interrogeant d'un signe de tête poli le barman qui lui désigna du doigt un homme accoudé au comptoir. Elle hésita un moment. Elle n'était pas vraiment d'humeur à se sociabiliser, et encore moins à se faire draguer, or tout le monde savait qu'un homme payant un verre à une femme dans un bar n'augurait généralement pas grand-chose de plus. Mais elle songea que dans un tel moment de détresse, il aurait été malpoli de ne pas au moins le remercier. Dans un soupir épuisé, Reilly se leva de son siège pour rejoindre l'inconnu et s'installer à côté de lui. « Merci pour le verre. On en a tous besoin faut croire. » Elle porta le verre à ses lèvres et fit une grimace après la première gorgée. Ce qu'elle avait pris pour de la tequila n'en était absolument pas. « Woh, je sais pas ce que c'est mais je me contenterai d'un seul de ces verres. » Sa tolérance à l'alcool était faible, naturellement. Incapable de parler davantage, elle se contenta de continuer à boire lentement le verre, ne jetant que des regards occasionnels à l'homme à côté d'elle. Il y avait quelque chose de réconfortant à se trouver ainsi, assise à côté d'un inconnu sans se sentir écrasée par la pression sociale qui imposait de parler à l'autre, d'apprendre à le découvrir. Ces moments étaient rares, et incroyablement nécessaires après la journée qu'elle venait de passer.

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Are you such a dreamer to put the world to rights ? I'll stay home forever where two and two always makes up five. I'll lay down the tracks, sandbag and hide, january has April's showers, and two and two always makes up five.
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