Abel/Lizzie | Comme un air de déjà vu.


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Abel Anderson

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MessageSujet: Abel/Lizzie | Comme un air de déjà vu.   Ven 18 Aoû 2017 - 17:25

La voix de Logan résonne dans la voiture d'Abel. Ce dernier doit se rendre à un rendez-vous professionnel à l'autre bout de la ville et il est déjà en retard. Pas le temps de se poser ce midi, il est pressé. Il mange en conduisant tout en essayant d'échapper à une énième idée débile de son meilleur ami. Une de plus. Probablement pas la dernière.
- Je t'ai déjà dit non. Si tu veux, on peut aller se boire une bière après le boulot, mais je ne viendrai pas à ton orgie.
- Ce n'est pas une orgie. C'est mon anniversaire !
- Ouais, c'est bien ce que je dis.
- Allez, Abel. Tu ne peux pas te défiler. Pas ce soir. J'ai besoin de mon meilleur pote. La tradition, tout ça, tout ça.
- Quelle tradition ?
- Celle qui dit que tu dois être là à tous mes anniversaires !
N'importe quoi. Qu'est-ce qu'il ne va pas inventer celui-là.
- Mais bien sûr. Je t'ai dit, on peut se voir après le boulot, mais je ne viendrais pas à ta soirée. Je n'ai pas envie de croiser du monde. Pas ce soir.
Ça va faire plus d'un mois qu'il joue l'ermite. Depuis qu'elle est partie sans se retourner. Plus le temps passe, plus il perd espoir de la voir revenir. Elle a changé de numéro. Elle a disparu et personne ne sait où elle a bien pu aller. Il a bien essayé de la retrouver, mais elle n'a pas laissé la moindre trace, ni la moindre explication.
- Allez. Ça va être bien et ça va te changer les idées !
Non. Il voit déjà le tableau. Des personnes qui vont lui poser une tonne de questions sur sa fiancé, sur le mariage, sur sa situation. Merci, mais non merci.
- Logan, c'est mort. Je ne viendrai pas.
- 'tain, mais c'est mon anniversaire ! Tu peux bien faire ça pour moi.
- Tu ne te souviendras même pas de la soirée. Que je sois là ou pas, ça ne changera rien.
- Bien sûr que si !
Il est borné quand il s'y met, mais Abel l'est aussi.
- Ah ouais ? Il s'est passé quoi l'année dernière à ton anniversaire ?
Silence.
- Euuh... On s'est amusé ?
- Tu parles ! T'as dégueulé dans ma voiture et j'ai dû te porter pour te ramener chez toi. Tu tenais même plus debout !
- Bah justement, c'était marrant, non ?
- Non !
- Putain Abel. Tu ne vas pas rester enfermé chez toi jusqu'à la fin des temps. Ça fait deux mois. Elle est partie, elle...
Il ne lui laisse pas finir. Il n'a pas envie d'avoir cette conversation.
- C'est bon, stop. Je sais ce que tu vas me dire et je n'ai vraiment pas envie de me prendre la tête avec toi.
- Tu sais ce qu'on dit. Quand on tombe de cheval, la meilleure chose à faire, c'est de remonter immédiatement en selle. C'est ce qu'il te faut. Une nouvelle nana pour oublier Aly.
- Va te faire foutre ! Je ne compte pas coucher avec la première venue pour l'oublier. Je ne règle pas mes problèmes comme toi.
- Oui, je vois ça. Tu les règles tellement bien que tu ne veux même pas venir fêter l'anniversaire de ton super meilleur ami et tu préfères aller broyer du noir chez toi. T'es pas prêt de l'oublier comme ça.
- Tu commences vraiment à m'emmerder. Je ne viendrai pas. On peut passer à autre chose, c'est bon ? Sinon je raccroche. J'ai des trucs à faire. Il y en a qui doivent vraiment bosser et pas faire semblant.
- Blablabla. Quel rabat joie. D'ailleurs, tu sais qui est également célibataire ?
Il ne se considère pas comme célibataire, mais inutile de le repréciser pour la énième fois à Logan.
- Ton ex ? Celle qui t'a plaqué parce que tu te tapais sa sœur ?
- Très drôle. Non, je te parle de...
La suite, il n'a pas le temps de l'entendre. Une jeune femme apparaît soudainement dans son champ de vision. Pas le temps de comprendre. Pas le temps de réagir. Il freine d'un coup, brusquement, afin de l'éviter. Trop tard. La voiture derrière lui rentre dedans. Des klaxons. Logan qui hurle des trucs incompréhensibles. Et Abel qui reste là, incapable de bouger, à observer la forme sur le sol. Il ne roulait pas vite. Il l'a à peine effleurer. Elle ne doit rien avoir. Oui. C'est ça, elle n'a rien. Du moins, il l'espère. Il finit par revenir sur Terre.
- Je dois te laisser. Je te rappelle.
Il n'écoute pas ce que Logan répond. Il ne prend même pas la peine de raccrocher. Il sort en vitesse de sa voiture, alors que l'autre abruti derrière continue de klaxonner. Il peut aller se faire foutre !
- Je suis désolé. Je vous avais pas vu.
J'étais trop occupé à écouter les conneries de l'imbécile qui me sert de pote depuis trop longtemps. Non. Ça, il évite de lui dire.
- Je faisais pas attention. Je...
Il capte enfin le regard de la jeune femme. Surprise ! Pas la meilleure qui soit, mais ça aurait pu être pire. Il aurait pu tomber sur Aly. Il aurait pu rouler beaucoup trop vite et tuer sa fiancé, enfin, si on peut encore la considérer comme telle. Il aurait pu tuer la femme qu'il aime. Il aurait aussi pu essayer d'éviter Lizzie en déviant et se faire rentrer de plein fouet par l'une des voitures qui arrive en face. Il aurait pu mourir à cause de la première femme qu'il a aimé. Il aurait pu. Ça ne serait pas une première.
- Lizzie... ?
Ça ressemble à une question, alors qu'il sait très bien que c'est elle. Il fallait que parmi tous les habitants de Mount Oak, il tombe sur elle. Il tente un léger sourire tout en se rapprochant et en repoussant les souvenirs. Cette obsession qu'il avait pour la jeune femme à l'adolescence et même un peu après. C'est du passé et ce n'est pas le moment. Vraiment pas. Il est passé à autre chose depuis tout ce temps, puis il vient de foncer sur elle sur la route. Vraiment pas le moment de penser au passé.
- Tu vas bien ?
Une voiture vient de lui rentrer dedans, elle doit vraiment être au top de sa forme. Question stupide.
- Je peux t'amener aux urgences ou...
Il réalise enfin qu'elle le dévisage et qu'elle n'a pas prononcé le moindre mot, alors que lui n'arrête pas de parler. Il se penche vers elle.
- Ça va ? T'es toute pâle. Tu te sens bien ?
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Lizzie Abernathy

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MessageSujet: Re: Abel/Lizzie | Comme un air de déjà vu.   Mer 30 Aoû 2017 - 21:13

Elle avance, c’est déjà beaucoup pour elle, normalement elle ne sort jamais ou presque pas. Elle préfère rester à l’appartement dans sa chambre qu’elle ne quitte que pour manger (à peine), et voir le soleil à la fenêtre du salon. La sienne est obstruée par les buildings voisins, elle n’a pas la chance d’avoir autant de lumière qu’elle le souhaiterait. Alors elle se traine là bas, reste sur le canapé à fixer le vide, ou lire les pages d’un livre sans même les comprendre. Elle est paralysée par l’angoisse, et craint d’être devenue folle. Elle a regardé sur internet les symptômes, sur une dizaine elle en possède plus de la majorité. Il y a donc bien un problème et elle ne sait pas comment elle va le soigner. Elle ignore à qui en parler, elle a déjà essayé avec ses parents, mais ils n’ont pas compris. Personne ne comprends, y compris Lizzie. C’est compliqué dans sa tête, elle doit jongler avec ce qu’elle croit être vrai, et ce qui ne l’est pas. Or la ligne de démarcation entre les deux devient de moins en moins évidente. Ca doit être une conséquence de l’accident, de ces médicaments qu’elle a pris pendant des années qui ont du lui siphonner le cerveau. Pourtant elle a arrêté, pas volontairement mais elle n’en a trouvé nulle part, le sevrage s’est fait automatiquement.  Mais elle se lève toujours avec l’estomac serré et la désagréable sensation de ne pas être à sa place. Et chaque soir c’est la même prière implicite, celle qui espère que ça va s’arrêter, et qu’une explication logique va lui tomber sur le nez. Jusqu’ici zéro résultat. Ca fait deux mois maintenant et elle a abandonné. Elle n’attends plus rien, et essaye de se fondre dans le moule, terrifiée à l’idée que ses proches la prennent pour une cinglée, et finissent par l’abandonner. Elle a suffisamment été séparée d’eux par le passé, et en a payé le prix, elle ne pourrait supporter que l’événement se répète. Heureusement Penny rends tout ça moins douloureux en s’occupant d’elle sans exiger quoi que ce soit en retour. Rien qu’aujourd’hui, elle lui a mis un mot sur le frigo, et préparé des pancakes. Elle aimerait la serrer contre elle, et lui offrir de grands sourires comme la Lizzie d’avant, mais elle n’y arrive plus, c’est au delà de ses forces. Elle se contente de la remercier d’une petite voix lorsqu’elles se croisent dans un silence gêné.

Mais ça va un peu mieux, la preuve elle est dehors à braver le froid glacial, trois semaines avant elle en aurait été incapable. Elle a songé à repartir à Portland, là où il y a à priori son chez elle, toutefois rompre ses liens avec son ainé serait un désastre. La goute d’eau qui ferait déborder le vase, autant faire comme si de rien était, et réapprendre à vivre. Ce n’est pas simple mais faisable, elle doit accepter qu’elle déraille et se reprendre en main. La musique s’accélère dans ses oreilles, comme ses pas qui la mènent vers le centre ville. Elle n’a pas de destination en particulier, elle se contente de marcher et de se dégourdir les jambes. A force de stagner, elle a les muscles ankylosés, et sa peau manque de soleil, elle est blanche comme un linge. Si Harlow la voyait elle en rigolerait, et s’empresserait de lui organiser des sessions bronzages à la piscine. Sauf que son amie n’est pas là, elle n’as pas vu son nom dans le répertoire de son téléphone, peut être qu’elle est partie elle aussi. Qu’elle a finit par quitter Mount Oak… Ou peut être qu’elle a réussi à obtenir ce qu’elle voulait avec Daniel. Comment savoir ? Ah ! Son moment préféré de la chanson : elle augmente le volume pour être sûre de bien s’imprégner du solo de guitare. Elle ferme les paupières un quart de seconde. Un quart de trop. Elle ne l’a pas vu venir, le métal froid s’abat sur ses mollets sans aucun prélude.

Elle tombe. Est ce qu’elle tombe vraiment ? Apparemment oui, sa joue a heurté le goudron, ça pue l’essence, elle a mal à l’épaule. Le gout du sang inonde sa bouche, ses mains et ses genoux la brulent. Il y a des bruits indistincts, des klaxonnements, des cris, quelqu’un approche. Où est la musique ? Elle a du perdre ses écouteurs quand elle a chuté suite à l’impact. Elle étouffe un gémissement, son crâne lui fait atrocement mal, elle a l’impression de voir des étoiles. Une galaxie entière, c’est beau. Elle ferme les paupières, et les ouvre à nouveau, il ne faut pas qu’elle s’endorme, ce n’est pas l’heure. Au prix d’une souffrance terrible - est ce que tout est en place ? - elle se redresse en tâtonnant sur les gravillons qui s’enfoncent dans la chair de ses paumes. Ses gestes sont gauches comme si elle avait trop bu : elle est sonnée, complètement à côté de la plaque. « Je suis désolé. Je vous avais pas vu. » Quoi ? La voix est lointaine, elle parait tellement indistincte. Elle a un peu de mal à expirer mais visiblement elle n’a pas passé l’arme à gauche. « Je faisais pas attention. Je… » Elle porte une main devant son visage pour tousser bruyamment, ses poumons sursautent. Respire, respire surtout respire, ne t’arrête pas. « Lizzie... ? » Une porte s’ouvre dans son esprit, c’est son prénom qu’elle vient d’entendre, elle lève les yeux et le voit. Lui. Lui. Lui. Abel. A-b-e-l. C’est forcément une illusion, une erreur de son imagination. C’est impossible, elle doit être morte finalement. « Tu vas bien ? » Il vient de parler, son fantôme vient de s’exprimer. Est ce le purgatoire ? L’enfer ? Pourquoi ? Quand ? Comment ? Qui ? Qu’est ce que c’est que ce délire ? « Je peux t'amener aux urgences ou… » Aux quoi ? Qu’est ce qu’il fait ici ? Elle ne comprend pas, elle a envie de crier, qu’on la libère de tout ça. Elle se met à pleurer malgré elle, ça coule tout seul, elle n’arrive pas à s’arrêter. Il se penche vers elle, et elle recule légèrement, apeurée. « Ça va ? T'es toute pâle. Tu te sens bien ? » C’est pire que la veille, c’est pire que tout ce qu’elle a vécu ces derniers mois. Mais ça semble si vrai ? L’affliction physique n’est rien à côté de la douleur mentale. Elle a tué Abel, elle l’a vu mourir dans ses bras, ses vêtements recouverts de liquide carmin. Il a pourtant l’air bien vivant. Plus qu’elle en tout cas. « ………………………. tu es vivant ? » Son élocution est flaibarde presque un murmure d’un ton suppliant. « Je ne comprends pas… Je… Non. » Son cœur s’affole, c’est trop d’émotions, plus qu’elle ne peut l’encaisser. Elle renifle, elle a piètre allure dans sa veste chiffonnée mais elle parvient à se mettre debout. Lizzie n’arrive pas à le quitter des yeux, le reste s’efface, au diable la tôle fracassée, au diable son corps meurtrit. Il est là ! Juste là, si proche, qu’elle peut le toucher. Peut-elle le faire ? Elle esquisse un pas vers lui, ses doigts s’agrippe à son teeshirt qu’elle salit. C’est beaucoup trop solide pour que ce soit un simple songe. Elle perçoit sa peau chaude juste en dessous, et un palpitant qui bat aussi vite que le sien. Ses lèvres s’entrouvrent mais rien ne sort, aucun mot n’est en mesure de décrire ça. Elle brise la distance, et l’enlace contre elle, sa chaleur l’enveloppe en entier. Si c'est sa fin, elle l'accepte, qu'ils lui accordent seulement une poignée de secondes supplémentaires, c'est tout ce qu'elle veut. Après elle partira.

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Abel Anderson

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MessageSujet: Re: Abel/Lizzie | Comme un air de déjà vu.   Jeu 31 Aoû 2017 - 23:05

Elle pleure.
Les larmes coulent sur son visage.
Elle pleure.
Elle le dévisage.
Elle pleure.
Abel se sent un peu plus coupable. Merde. Merde. Merde. Il s'approche. Elle recule. Il ne comprend pas. Elle le regarde étrangement. Il n'est plus derrière un volant. Elle ne risque plus rien. Il ne va pas lui rouler dessus. Elle semble totalement déboussolé. Il s'excuse. Encore. Elle ne réagit pas. Il attend. Elle continue de pleurer.
- Tu es vivant ?
Un murmure. Il l'entend à peine.
- Je ne comprends pas... Je... Non.
Le choc semble l'avoir complètement secouée. Il n'allait pourtant pas vite. L'impact n'a pas été si violent. Pas autant que l'autre fois. Ailleurs. Il tente un sourire rassurant. Pas sûr qu'elle l'aperçoive derrière le voile de larmes.
- Je vais bien. J'ai rien. Toi par contre, ça a pas l'air d'aller...
Elle se relève. Elle semble être capable de tenir sur ses deux jambes. C'est bon signe, non ? Oui. Ça l'est. Elle va bien. C'est ce qu'il se dit du moins. Une tentative comme une autre de se rassurer parce qu'à la voir, elle ne semble pas aller bien du tout. Elle attrape son tee-shirt. Elle le dévisage. Il ne comprend pas.
- Ça va ?
Une nouvelle question dans le vent. Il ne sait pas si elle l'entend, si elle comprend.
La suite, c'est comme un mauvais rêve. Un de ses rêves d'adolescent qui se réalise trop tard. Pas comme il l'a imaginé. Pas dans les meilleures circonstances. Elle s'accroche à lui. Il l'a rêvé, oui, mais pas comme ça. Pas alors qu'elle pleure. Pas alors qu'elle semble dans un état second. Pas de cette façon.
Pas maintenant.
Plus maintenant.
Il reste un instant à ne pas savoir quoi faire. Les bras le long du corps, hésitant. Il n'a jamais été du genre tactile, même avec ses proches. Alors avec une inconnue qu'il vient de renverser, encore moins. Mais elle n'est pas une inconnue. Elle ne l'était pas avant. Du moins, à ses yeux. Il devait probablement l'être pour elle. Un inconnu. Rien de plus. Aujourd'hui, elle n'est plus qu'un vieux souvenir. Un amour d'adolescent mort avant même d'avoir commencé.
Ce n'est pas le moment.
Ce n'est plus le moment.
Il entoure ses bras autour d'elle. Un geste qui se veut rassurant, réconfortant. Loin de ses préoccupations d'avant.
- Ça va aller. C'est rien...
Rien de plus qu'un accident bénin sans le moindre blessé grave. Pas comme l'autre fois. Pas de quoi se mettre dans un état pareil. Elle est sous le choc. S'il savait. Si seulement. Il ne le croirait probablement pas. Il ne comprendrait pas. Ça n'a aucun sens. Et pourtant...
Il se recule légèrement. Cette proximité, il l'a attendue, longtemps. Mais le monde autour d'eux ne s'est pas arrêté. Les klaxons continuent. Sa voiture gêne la circulation.
Pas au bon moment.
Pas au bon endroit.
Fichue ironie.
- Viens, je vais t'amener aux urgences.
Il ne lui laisse pas le temps de réagir, de répliquer. Il exerce une certaine pression sur son bras pour qu'elle le suive. Il ouvre la portière au niveau passager. Ce n'est pas vraiment un élan de galanterie, juste une façon de vérifier qu'elle ne va pas s'écrouler à nouveau à cause du choc. Ou d'autre chose. Oui, définitivement d'autre chose, mais ça, il ne peut pas le savoir.
Il fait le tour de la voiture, jette un bref coup d’œil aux dégâts. C'est sans importance. Puis il s'assoit à sa place comme tout à l'heure. Mais elle n'était pas à côté tout à l'heure. Elle n'était qu'un vague souvenir. Lointain. Il ne se souvient pas d'avoir jamais été aussi proche d'elle. Pourtant, elle semble loin. Pas ici. Pas avec lui.
- Ça va ?
La même question. Encore. Son disque semble rayé.
- Abel ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu vas bien ?
La voix de Logan retentit dans l'habitacle. Merde. Il l'avait oublié. Toujours présent quand il ne faut pas celui-là.
- Logan, je te rappelle !
Il l'entend vaguement râler, pour ne pas changer, mais il raccroche.
- Désolé.
Pour lui, mais pas que.
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Lizzie Abernathy

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MessageSujet: Re: Abel/Lizzie | Comme un air de déjà vu.   Ven 1 Sep 2017 - 11:25

Du sang. Du sang partout. Sur ses vêtements usés, sur ses paumes, derrière ses paupières, dans sa tête. Les mêmes souvenirs en boucle qui reviennent. Un corps inerte, mais pas le sien à elle. Le sien à lui. Des phrases indistinctes murmurées qu’elle ne saisit pas bien, et son cœur qui s’affole. C’est trop rapide, il va exploser. Ses cils se voilent de larmes, elle voit trouble, et ne pourra rien faire pour lui. Il est mort. C’est arrivé tellement vite, en une poignée de secondes, la vie ne tient qu’à un fil, elle n’y a jamais cru auparavant. Avant lui en tout cas, tout lui semblait tellement acquis. Foutaises. Il la fixait, cherchait à tâtons ses doigts, et il s’est éteint. Mais pas vraiment. Car c’est lui qui est là debout. C’est lui qu’elle sert contre elle, dont elle respire l’odeur. Une odeur qu’elle a plusieurs fois tenté de reproduire dans son esprit en vain. Est ce qu’il sentait le sucre ? La vanille ? Elle n’a que la saveur de la rouille dans sa bouche qui tremble. Elle ne comprends pas ce qui se passe. Lizzie a saisi qu’elle est tombée, que cette voiture l’a percuté - comme elle avec lui - mais elle ne s’explique pas pourquoi c’est Abel qui se tient là. Il ne devrait pas être là, c’est elle qui l’a précipité de l’autre coté. Elle l’a enterré, elle était là du début jusqu’à la fin. Et encore aujourd’hui elle s’en veut. A chaque heure, à chaque seconde, en permanence. Tout le temps. Elle porte ce lourd fardeau sur ses épaules, parce qu’elle est coupable. Il s’agit forcément d’un rêve, un rêve étrangement bien fait aux détails précis et tranchants. Elle a mal, la douleur qui s’est absentée momentanément est revenue, c’est tout son être qui tressaille. Elle ferme les yeux, et attends que ça passe en silence, le bruit des klaxons l’indiffère, elle n’entends que son rythme cardiaque mêlé à celui de l’homme qui vient de passer ses bras autour d’elle. Peut être qu’elle est bien réveillée après tout, et qu’il n’est pas celui qu’elle pense. Le choc sans doute l’aura fait perdre pied, et elle a transposé l’image du défunt sur l’inconnu. Elle n’ose pas bouger, il fait bon dans cette étreinte tiède qui la maintien à l’abri du monde extérieur. Une bulle de réconfort dans son chaos ambulant. « Ca va aller. C’est rien… » Non ce n’est pas rien, il ne sait pas lui, il ne sait pas ce que c’est d’être à sa place, de vivre ce cauchemar permanent, de ne même plus être capable de savoir qui elle est ni où elle est. Un enfer sans fin. Mais cette voix… Ces intonations, c’est Abel, elle ne s’est pas trompée, elle pourrait la reconnaitre sans l’ombre d’une hésitation. On ne peut pas dire qu’ils ont été proches par le passé, pas du tout même. Ils se croisaient, échangeaient des sourires polis, et parfois un mot ou deux mais c’est tout. Le néant. Pourtant, il était en permanence dans son champ de vision et elle a attendu. Des semaines, des mois, à guetter un geste, mais il n’a rien fait. Et elle a oublié, elle est passée à autre chose. Parce qu’on ne dirait pas comme ça mais Lizzie est timide avec les garçons; avec ceux qui l’intéressent en tout cas.

De nouveau le froid, il s’est écarté, retour à la réalité brutal. Elle voudrait lui dire de revenir de ne pas la lâcher, mais elle n’arrive pas à parler, c’est bloqué. Et toujours cette incrédulité face à lui, et ce visage qui l’a longtemps hanté. Abel, Abel, Abel, peu importe le nombre de fois qu’elle se le répète il ne s’évapore pas, il est là. Si près, si loin. Si vivant. Un supplice. « Viens, je vais t'amener aux urgences. » Elle se laisse faire comme une poupée de chiffon, et s’arrête un instant sur la pression de ses doigts sur son coude. Elle frémit, une part d’elle est consciente que c’est impossible, là où la deuxième exulte. Machinalement, elle monte dans le véhicule et s’installe, sans le perdre du regard. Elle craint trop qu’il ne disparaisse, si elle baisse sa garde. « Ça va ? » Est ce que ça va ? Elle l’ignore. Du point de vue de la mécanique, ça a l’air de fonctionner, pas de casse, de visible en tout cas. Il y a des égratignures sur son front, ses paumes, et probablement ses genoux, mais c’est bénin. Par contre à l’intérieur elle bouillonne, et souffre, une véritable torture. Indescriptible. Qu’est ce qu’elle doit lui dire ? Par où commencer ? C’est plus que ce qu’elle ne peut encaisser, et sa respiration se fait hésitante. Elle déteste être coincée dans un habitacle étroit, tout comme elle exècre les voitures depuis qu’il… Qu’il quoi exactement ? Il ne peut être à la fois décédé et en bonne santé si ? Ca n’arrive que dans les films ça, en général on appelle ça un zombie et il faut… Quelqu’un vient de briser le silence. Logan, lui aussi elle le connait, c’est un second fantôme de son passé. Le mec dont le rire communicatif ponctuait les propos de leur enseignante à l’école, et qui finissait en général collé pour avoir osé dissiper l’attention. Il est le meilleur ami de Abel, il lui a dit une fois à une soirée, parmi d’autres informations complètement irréalistes qui l’ont fait rigoler. Elle ne l’a pas revu après l’enterrement, mais c’est de sa faute, elle ne supportait plus Mount Oak et elle est partie. Elle se demande ce qu’il a pu devenir, ce qu’il fait. Tant de destins différents qui lui échappent. « Désolé. » Ses lèvres se pincent, et ses doigts s’entremêlent pour masquer sa gêne. Il a l’air fatigué elle n’y avait pas prêté attention avant, normal, elle est hébétée. « D’accord. » Elle a la gorge sèche, ses propos lui arrachent une quinte de toux et elle se recroqueville sur le siège. « Je ne veux pas aller aux urgences. Chez toi ? » Surtout pas l’hôpital avec ses infirmières en blouse blanche et cette atmosphère camphrée qui lui donne la chair de poule. Ni chez elle, dans cet appartement étranger, et sombre. « Emmène moi loin s’il te plait. Je veux juste… Rester avec toi, être sure que ce n’est pas un rêve. S’il te plait ? » Elle se fiche bien de savoir que ses paroles sont lacunaires et qu'il ne peut les saisir dans leur intégralité. Elle renifle, et fronce les sourcils, en passant sa paume sur son front qui est chaud et douloureux. Elle le scrute de ses prunelles attristées et tombe sur ses mains qu’elle aimerait toucher. Sa nouvelle obsession, elle qui n’est tactile qu’avec son frère se surprend a vouloir effleurer Abel, juste… Juste comme ça pour se rassurer, et parce qu’elle en a envie, envie d’effacer cette dernière image qu’elle a de lui, gisant contre elle.

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Abel Anderson

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MessageSujet: Re: Abel/Lizzie | Comme un air de déjà vu.   Mar 12 Sep 2017 - 22:55

- D'accord. Je ne veux pas aller aux urgences. Chez toi ?
Une bombe. Abel quitte la route des yeux un instant. Il la dévisage, incrédule. Chez lui. Elle veut aller chez lui. Chez lui. Il ne comprend pas. Il doit halluciner. Ouais, probablement. Ce serait l'explication la plus logique. Il aurait aimé entendre ces mots il y a des années de cela. Purée, il aurait tout donné pour qu'elle lui demande de la ramener chez lui à l'époque du lycée, de l'université. Mais là. Là. Maintenant. C'est différent. Plus comme avant.
- Emmène moi loin s’il te plaît. Je veux juste… rester avec toi, être sure que ce n’est pas un rêve. S’il te plaît ?
Et elle continue avec ses propos sans le moindre sens. Cette fois, il se concentre sur la route pour éviter un autre accident. Elle pense que c'est un rêve. Pourquoi ? Comment ? Il ne comprend vraiment pas. Il ne saisit pas. Il ne le peut pas parce qu'il n'est pas dans sa situation. Il ne la connaît pas. Il n'a pas vécu cet accident, cette mort, ces derniers mots, ces aveux. Du moins, pas ici, pas dans cette vie. Alors, il ne peut se fier qu'à ce qu'il voit. À cette façon étrange qu'elle a de ne pas le quitter des yeux. À son regard triste. À cette joie de vivre qui semble l'avoir complètement quittée. Elle n'est plus la même. C'est logique, ils ont grandi, évolué chacun de leur côté, mais ça lui saute aux yeux. Si différente.
- Okay...
Un simple murmure, bien loin de toutes les questions qui lui torturent l'esprit. Il voudrait comprendre. La comprendre, elle et ses réactions. S'excuser à nouveau pour l'accident. Être sûr qu'elle va bien, qu'elle n'a rien. Mais il ne peut pas. Parce qu'il n'est pas légitime à poser toutes ces questions. Il ne la connaît pas, plus. Non pas qu'il la connaissait vraiment avant.

Un silence s'installe. Il ne fait rien pour le briser. Il roule jusqu'à chez lui par automatisme, comme il le fait chaque jour depuis qu'Aly est partie. Sauf qu'aujourd'hui, Lizzie est là. Elle brise cette routine dans laquelle il s'enferme pour continuer d'avancer, pour rester à la surface et ne pas sombrer. Et c'est à ce moment-là qu'il réalise, qu'il se reconnecte. Il ne devrait pas être là, sur cette route, avec elle. Il avait un rendez-vous important pour le cabinet. Merde. Il lui lance un regard en biais. Y a ses mots qui tournent encore dans son esprit. Je veux juste rester avec toi. Ses pleurs. Son air triste, désemparé. Puis de l'autre côté, il y a ses obligations professionnelles. Ce rendez-vous. Les autres projets sur lesquels il doit plancher cette après-midi. Merde. Il songe un instant à la ramener chez elle ou ailleurs, mais à sa vue, il éloigne bien vite cette idée. Elle semble vraiment mal. Ce ne serait pas une bonne idée.
- Je dois passer un coup de fil important.
Pas la meilleure accroche pour briser le silence. Il attrape son téléphone, cherche en vitesse le numéro du cabinet tout en essayant de garder un œil sur la route. Il lance l'appel, met sur haut-parleur par réflexe.
- Cabinet Anderson, Lucy, bonjour.
- Lucy, c'est Abel. J'ai eu un petit accident. Il faudrait que tu annules tous mes rendez-vous pour cet après-midi.
Quelques mots échangés. Elle lui demande rapidement s'il n'a rien. Il réplique que ce n'est pas grave, plus de peur que de mal, mais qu'il doit aller aux urgences. Premier mensonge. Elle lui demande si elle doit reporter les rendez-vous. Il acquiesce. Elle va faire le nécessaire. Il la remercie et raccroche. Un bref sourire pour la demoiselle à côté de lui. Ils sont arrivés. Déjà. Son regard se pose sur la maison. Puis sur Lizzie. Son présent. Son passé. Deux univers qui entrent en collision.
- Ça te dit d'aller ailleurs ?
Pas ici. Ailleurs. Pas dans cette maison qui lui rappelle sans cesse son absence. Ce départ précipité sans la moindre explication. Il ne veut pas se confronter à son départ. Pas maintenant. Lui aussi, il a besoin de s'échapper à sa réalité. Partir loin. Loin.
Il n'attend pas son approbation, il redémarre et s'éloigne de leur maison, sa maison.
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Lizzie Abernathy

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INSCRIT LE : 19/07/2017
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MessageSujet: Re: Abel/Lizzie | Comme un air de déjà vu.   Dim 17 Sep 2017 - 18:21

Les minutes glissent lentement, mais le temps l’indiffère et pourtant il a suffi d’une fraction de seconde pour tout changer. Lizzie ne sait toujours pas si c’est la réalité ou un rêve, mais elle décide de ne pas choisir entre l’un ou l’autre, c’est trop difficile. Elle préfère se concentrer sur l’instant présent en souhaitant qu’il s’éternise et se prolonge à l’infini. Légèrement sur le côté, elle ne peut s’empêcher de le regarder, de le dévisager même, comme si il n’était pas vraiment là, mais ailleurs. Un peu comme elle, qui oscille entre deux mondes incertains. Elle remarque un grain de beauté dans le creux de sa joue gauche, et une petite tâche marron dans ses iris, comment a-t-elle pu rater ça avant ? Elle le croisait tous les jours, et elle est incapable de dire ce qu’il aime, ce qu’il déteste, s’il a des frères ou des sœurs. Si proche et à la fois si loin. Tant de choses inconnues qui la dépassent. Et soudainement elle veut tout connaitre. Combler ce gouffre qui les sépare depuis qu’elle l’a tué (?) et bien avant. Elle regrette ses choix, beaucoup d’entre eux mériteraient réflexion, mais c’est trop tard pour revenir en arrière. Toutefois le destin lui met peut être une seconde chance entre les mains de bien faire. Une grimace de douleur s’étire sur son visage humide lorsqu’elle change de position, son dos lui fait mal. « Okay... » Elle parvient à sourire, et se recroqueville sur le siège pour échapper à son regard. Ses yeux se perdent sur le paysage autour d’eux, les rues brillantes à cause de la pluie, ses passants pressés, et les voitures aux pots d’échappement qui chuintent. Tout ça parait tellement normal, si vrai, mais c’est impossible. Ça ne peut pas l’être, si ? Son front se plisse, elle ne veut pas y penser, mais les images reviennent en flash, dures et brutales. Elle ne s’habituera jamais au sang et à ses lèvres qui psalmodient une ribambelle de mots qu’elle garde précieusement dans un coin de sa mémoire. « Le carnet.... Je t'aime. » Est-ce qu’il s’en souvient ? Ou a-t-elle tout inventé ? La confusion  à nouveau. Et le silence qui s’installe entre eux, lourd de sens. Sa respiration est erratique, elle a l’impression de faire une chute de plusieurs mètres de hauteur. Heureusement qu’il est là à ses côtés même si il semble tout autant paumé qu’elle. Est-ce que c’est de sa faute ? Si c’était le cas elle s’en voudrait, elle l’a suffisamment blessé par le passé ce n’est pas pour recommencer ici, dans cette dimension ( ?). Trop de questions, trop d’incertitudes, elle a mal à la tête. Elle a besoin de sortir, de sentir le vent jouer avec ses cheveux. Faire frissonner sa peau. Encore quelques secondes à tenir, elle l’espère. En attendant elle s’accroche à des fragments de souvenirs qui défilent devant elle comme un film.

Elle réalise alors, que si tout s’est arrêté pour elle après l’accident, l’existence de Abel a continué aussi invraisemblable que cela puisse paraitre. À moins que ce ne soit le fruit de son imagination, mais lorsqu’elle l’a effleuré là-bas, elle a perçu une chaleur trop humaine pour être factice.  Puis il y a toute cette douleur qui serre son corps, et martèle son cœur. Ça aussi, ce n’est pas un mensonge. « Je dois passer un coup de fil important. » Elle sursaute, et acquiesce du menton, confuse à l’idée de perturber ses plans. A quoi songeait-elle en lui demandant de l’amener ailleurs ? C’est égoïste, mais les mots restent coincés dans sa gorge, elle ne veut pas qu’il l’abandonne. Pas comme l’autre fois, même si c’était sa faute à elle. « Cabinet Anderson, Lucy, bonjour. » L’intonation féminine résonne dans l’habitacle et apporte avec elle un soupçon de réponse à ses interrogations. Il a un boulot sérieux non pas que ça l’étonne mais elle se rappelle du garçon rêveur qui rigolait souvent avec son comparse au fond de la classe (quand il ne l’observait pas). Il a non seulement échappé à son sort funeste, mais il semble heureux. Tant mieux, il le mérite. « Lucy, c'est Abel. J'ai eu un petit accident. Il faudrait que tu annules tous mes rendez-vous pour cet après-midi. » Le reste de la conversation s’étiole, elle a perdu le fil, ça ne la concerne pas, et elle presque gênée de devoir l’écouter malgré elle. Et tout en scrutant les maisons qui se succèdent avec une parfaite symétrie, elle ferme les paupières, bercée par le son de sa voix. Douce et calme, exactement comme dans ses songes. Peut-on tomber amoureux de quelqu’un sans l’avoir vraiment fréquenté ? Juste à cause d’un geste, d’une odeur et d’une inflexion particulière ? Improbable comme le reste sans doute. Néanmoins elle rougit tandis que le véhicule s’arrête brusquement. Ils doivent être arrivés. Elle le surprend à hésiter sans réellement saisir pourquoi immédiatement. Oh ! Bien sûr ! Elle est tellement préoccupée par son sort qu’elle n’a pas envisagé une seconde que sa présence pouvait le déranger. Ou les déranger, dans le cas où il aurait quelqu’un qui partage sa vie. Quelle stupidité de sa part. Lizzie s’apprête à le libérer, mais il la devance. «  Ça te dit d'aller ailleurs ? » Ses doigts se tordent sur ses cuisses, tant qu’il reste avec elle, elle se fiche bien de où ils peuvent se rendre. Ce n’est pas ça le plus important, et d’ailleurs il vient de redémarrer, laissant sa demeure devenir un point dans l’angle du rétroviseur. «  Je suis désolée. » Dit-elle finalement en fixant le vide abyssal qui l’entoure, et dans lequel elle se déplace à tâtons quotidiennement. Désolé de ne pas avoir pris les devants autrefois, désolé de t’avoir renversé, désolé de t’avoir tué, et désolé de t’avoir privé d’un avenir prometteur. Si il savait… Serait-il toujours gentil avec elle ? « Je veux pas te déranger, si tu as des… obligations je peux.. je vais me débrouiller. » Elle s’étrangle avec les phrases qui ricochent entre ses dents, et dans sa bouche au gout de fer prononcé. « Tu… Qu’est ce que tu deviens depuis l’a—l’école ? » Un cabinet ça peut signifier pas mal de choses… Tenter de lancer la conversation, lui fait oublier ses maux et cette souffrance tenace qui s’agrippe à ses os chaque fois qu’elle le toise. Un véritable coup de poignard en pleine poitrine. Elle tousse et manque de s’étouffer, encore victime du choc. Double choc même. « Abel… On peut.. est ce qu’on peut sortir marcher un peu s’il te plait ? Je ne me sens pas bien. » Elle commence à avoir chaud, et se sent gagnée par la nausée,  il lui faut de l’air, rapidement. Cette promiscuité lui fait perdre la raison. Par curiosité et envie plus que par automatisme, elle pose sa main sur son bras délicatement, comme si il pouvait s’évaporer tel un fantôme. C’est plus fort qu’elle, il faut absolument qu’elle le touche pour être certaine que c’est bien lui avec elle, dans cette voiture, à Mount Oak. Mais ce n’est pas suffisant. Elle veut retrouver l’espace accueillant de son étreinte, là où elle était à l’abri du monde extérieur. Là où rien ne pouvait l’atteindre.

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Abel/Lizzie | Comme un air de déjà vu.
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