there are songs that still feel like your teeth on my neck - Page 2


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 there are songs that still feel like your teeth on my neck

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Brandon Rose

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MessageSujet: Re: there are songs that still feel like your teeth on my neck   Mer 17 Jan 2018 - 22:48

Tant pis s’il piétinait sa fierté et son arrogance. Tant pis s’il dévoilait son véritable visage, celui d’un amant au cœur semblable à un champ de mines, si éloigné de l’arlequin insolent qu’il prétendait être en toutes circonstances. Bran ne voulait plus jouer. Son corps et son cœur mourraient de devoir dissimuler cet amour qui le consumait plus qu’il ne l’habitait. Il souffrait de cette absence, il crevait du silence. Il ne voulait plus mentir et prétendre que tout allait bien quand il marchait à travers un champ de ruines. Il était fatigué de jouer les acrobates de l’ombre. Il voulait quelque chose de simple, une vie mortellement routinière, il voulait les disputes du quotidien, les retrouvailles douces comme du miel, il voulait s’endormir avec la certitude de rouvrir les yeux sur Jax le lendemain et pas un espace déserté et froid qui brisait systématiquement son cœur idiot. Il voulait partir loin et passer le reste de son existence à mériter tout ce que les combines du passé lui avaient coûté. Il voulait être un homme libre et amoureux. Et il ne pouvait être ni l’un ni l’autre, et c’était là la grande tragédie de Brandon Rose. Au lieu de ça, il était à Mount Oak, suppliant sans honte celui qu’il aimait de lui accorder une dernière étreinte avant la fuite en avant. Et quand Jax lui accorda cette faveur alors qu’il s’écartait, le cœur de Bran fit un bond. Sans même y penser, il posa sa main sur celle que Jax déposait délicatement sur sa joue et caressa les doigts calleux qui savaient l’embraser d’une caresse. Même ce soir, son corps prenait feu, ramené à la vie par les baisers et la proximité de la peau de Jax. Le garde du corps s’écarta, rompant le lien physique entre eux et Bran aurait voulu le retenir, garder cette main à tout jamais posée contre son visage, se laisser aller dans le délice de ce contact si innocent, si léger en apparence, qui disait tout de leur relation sans lui ressembler. Au lieu de ça, il se redressa et remit son blouson en place, prêt à partir. « Je vois où c’est. » murmura-t-il en opinant faiblement, emboîtant le pas à Jax. Il les connaissait par cœur, ces rues miteuses où ils avaient passé tant de temps à frôler la mort et faire l’amour, parfois pas toujours dans cet ordre, mais toujours avec la même urgence, toujours dans cette crainte muette que ce baiser soit le dernier, que cette mission soit l’ultime point à leur histoire pleine de heurts. Mais alors que Bran les traversait à nouveau, jamais il n’avait éprouvé un tel sentiment de résignation et d’abattement, jamais il n’avait tant eu l’impression d’être un fantôme qui hantait les ruelles mal famées de la ville. Jamais il ne s’était senti aussi éloigné de Jax, alors qu’ils marchaient l’un à côté de l’autre dans le silence, parce qu’ils n’avaient de toute façon pas besoin de parler pour comprendre que c’était l’un de ces moments qui déterminait le cours d’une vie. Après cette nuit, ils se quitteraient et il faudrait choisir une nouvelle destination vers laquelle aller mourir avec entrain.  En attendant, Bran laissait ses pas le guider, reconnaissant au détour d’une rue un panneau qu’ils avaient criblé de balles, un lampadaire sous lequel ils avaient échangé un baiser furtif alors qu’ils étaient censés filer un individu dont il avait complètement oublié le nom, un mur contre lequel Jax l’avait plaqué sans ménagement, d’abord pour le recadrer puis pour lui apprendre une toute autre sorte de leçon. Jax se rappelait-il aussi ? Ou bien ces rues avaient-elles pris une signification différente désormais ? Les associait-il avec ses passes d’une nuit ? Le ventre de Bran se tordit à l’idée qu’un autre ait pu partager ces instants bancals. Il ne voulait pas que Jax soit avec quelqu’un d’autre. Il ne voulait pas qu’il ait une femme, qu’il ait une autre vie, merde, il ne voulait pas vivre sans lui.  Il était égoïste et capricieux, il le savait, et il se fichait de l’être. Bran savait qu’il aurait mieux valu qu’il disparaisse dans la nuit, que cette dernière supplique était une erreur mais c’était plus fort que son propre être. Il ne pouvait pas contrôler son envie, son besoin d’être avec Jax Beauchamp. Pourquoi ne pouvait-il pas comprendre, ce grand imbécile, qu’il était la seule personne au monde dont Bran recherchait la compagnie ? Il voulait tout de lui, ses sales moments, ses jours gris, son sourire furtif, ses caresses rugueuses, son corps abîmé, ses grognements inintelligibles (dans toutes les situations), ses orages, ses accalmies. En échange, Bran lui promettait tout ce qu’il voulait, tant qu’il avait le droit d’arpenter ce corps adoré et de louvoyer entre les sombres pensées de cet esprit qu’il peinait encore à décoder. Telles était sa prière désespéré et silencieuse alors qu’ils arrivaient à l’hôtel discret et presque caché entre deux immeubles plus grands. Bran entra sans même y réfléchir. Au comptoir, un clone basique les salua mais il ne prit même pas la peine d’aller vers lui. Il ne voulait pas parler, pas réfléchir. A côté du comptoir était posée une machine semblable à un distributeur automatique de boissons, sauf qu’à l’intérieur étaient présentées des cartes à puce servant de clés. Avec des gestes mécaniques, Bran sortit une carte bleue (volée), paya le montant demandé et à l’intérieur de la machine, un petit robot vint prélever la carte pour la faire tomber dans un petit conteneur qui s’ouvrit devant Bran. L’opération dura une minute à peine, mais chaque geste pesait à Bran, conscient que ces gestes-là, Jax avait dû les opérer aussi avec de nombreux inconnus, qu’il n’avait pas choisi cet hôtel par hasard, qu’il avait eu tout le temps de toucher d’autres corps pendant leur séparation. Ses doigts se refermèrent autour de la carte – troisième étage, chambre 34 – et il indiqua à Jax de le suivre d’un coup de menton, comme s’ils étaient en planque et pas sur le point de se serrer l’un contre l’autre, de se perdre dans la chaleur de l’autre et d’oublier, l’espace de quelques heures, que son monde s’écroulait autour de lui. Chaque seconde demandait à Bran une folle maîtrise de son être. La montée en ascenseur fut une torture, le couloir lui parut interminable. Et une fois qu’il eut ouvert la chambre, il se força à ne pas mettre les mains sur son ancien amant. « Notre palace. » grinça-t-il en entrant dans la petite chambre aseptisée et froide, mais qui avait le mérite d’être propre. Une terrible impression de déjà-vu submergea Bran alors qu’ils prenaient possession de la petite pièce. La dernière fois qu’ils s’étaient vus, il y a trois ans, c’était aussi dans une chambre de ce type, grise et sans âme, à croire qu’ils étaient condamnés aux adieux les plus sordides à chaque fois. Doucement, il ôta son blouson de cuir noir, le laissa tomber sur une chaise et hésita quelques secondes. Finalement, son choix se porta vers le lit, sur lequel il s’assit juste au bord, face à Jax. La gorge sèche tout à coup, presque pudique, il enleva lentement son tee-shirt légèrement maculé de sang et le laissa tomber à ses pieds, oubliant sa minute habituelle. Ses joues se colorèrent d’un rouge timide, inhabituel, presque adolescent. Il tendit une main vers Jax, qu’il guettait d’un œil plein d’espoir. « Tu viens ? » Sa voix était rauque et son cœur battait si fort qu’il craignait que ça se voit, comme si le pauvre fou allait s’extraire de sa cage thoracique pour venir mourir aux pieds de Jax Beauchamp.

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Jax Beauchamp

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MessageSujet: Re: there are songs that still feel like your teeth on my neck   Jeu 1 Fév 2018 - 17:00

N’aurait-il pas dû se réjouir un minimum à l’idée que Bran ne s’éclipserait pas à la première occasion pour le punir de sa bêtise et de son entêtement ? Si, peut-être, mais il y avait quelque chose de profondément nostalgique qui hantait son cœur et qui l’empêchait de savourer leur tête-à-tête. La crainte, sûrement, que le jeune homme considère cette soirée comme un dernier adieu, comme une dernière bouffée d’air avant de chuter dans le vide. Rien qu’à cette pensée, l’ancien homme de main sentit sa peau se hérisser d’horreur et, pourtant, il ne dévia pas de sa trajectoire, comme s’il était accroché à un wagonnet qui fonçait vers le néant et qu’il ne pouvait rien faire d’autre que de fixer ce vide qui allait le happer, qui allait le bouffer tout cru. N’avait-ce pas toujours été son tort ? De laisser le destin le plaquer au sol, de ne rien faire pour éviter la collision ? Combien de fois n’avait-il pas manqué le coche au moment où il arrivait à une intersection décisive ? Et, à chaque fois, comme s’il était maudit, il avait fallu qu’il choisisse la mauvaise direction, celle qui l’écartait du bonheur à venir plutôt que de l’en rapprocher. Ce soir, se bornait-il à répéter les mêmes erreurs, encore et encore ? Ou avait-il trouvé le moyen, par le plus étrange des hasards, d’emprunter le sentier sinueux qui le ramènerait à Bran ? En fin de compte, Jax le réalisait, ça n’avait toujours tenu qu’à lui, à Bran, quand tout le reste lui semblait futile. Qu’importe où ils allaient, ce qu’ils faisaient, l’essentiel n’était-il pas qu’ils soient ensemble ? Mais c’était précisément cela qui avait toujours effrayé Jax : l’idée même que tout repose sur les épaules d’un indocile, d’un impudent, et qu’il n’avait qu’à se lasser pour que Jax se retrouve le nez dans le mur, sans savoir comment tourner la tête pour trouver une autre issue. Pourtant, c’était indéniable, jusqu’à présent, Bran avait démontré une loyauté indéfectible, une volonté tenace, qui auraient dû convaincre Jax que le jeune homme y croyait dur comme fer, quand il pensait à leur avenir ensemble. Alors pourquoi Jax s’était-il toujours cantonné à la défense absurde que Bran ne savait pas ce qu’il voulait, qu’il finirait par réaliser qu’il s’était fourvoyé et qu’il y avait sûrement plus intéressant ailleurs, plus palpitant que les grognements de Jax Beauchamp ? Ce soir, le garde du corps ne voulait pas s’appesantir sur ce qui avait conduit leur duo improbable à cette situation. Ce soir, il voulait profiter de chaque instant qui lui était donné, surtout s’il s’avérait que c’était fini après, que Bran repartait pour une destination inconnue, pour une durée indéfinie.
Il aurait dû profiter de la présence de Bran tant qu’elle lui était assurée. Il aurait dû saisir la main de l’acrobate, l’attirer vers lui et passer un bras puissant autour de ses épaules pour le presser contre lui, pour lui ôter toute envie de se volatiliser dans l’air entre le parc et l’hôtel, si tout à coup lui venait l’idée que c’était grotesque et qu’il valait mieux arrêter le massacre là plutôt que de continuer cette mascarade qui ne les mènerait nulle part ou, en tout cas pas dans la direction souhaitée. Mais Jax ne savait même plus ce qu’il désirait ou ce qu’il souhaitait. Il n’arrivait pas à voir au-delà des secondes qui venaient, le cœur écrabouillé dans un étau métallique, les poumons dysfonctionnels qui refusaient d’accepter l’air nocturne, le ventre bouilli d’une angoisse sans nom et qui stagnait en réalité depuis trois ans dans ses entrailles. Il ne l’avait simplement pas réalisé jusqu’à ce soir, alors que les mètres étaient engloutis sous ses pas mécaniques et qu’ils quittaient la pénombre faussement protectrice du parc miteux pour les rues désertes et inquiétantes, où rares étaient les âmes qui erraient. Il ne semblait y avoir qu’eux, en vérité, comme s’ils étaient les deux seuls fantômes de Mount Oak à ne pas être à l’abri du confort d’un toit et d’une pièce parfaitement chauffée. L’air lui picorait la peau du visage comme la mélancolie le faisait avec son cœur meurtri. Jax n’avait aucune idée de ce qu’ils fabriquaient mais il ne voulait pas penser à autre chose qu’à la présence familière de Brandon Rose à moins de deux mètres de lui. Il avait l’esprit si obnubilé par la silhouette svelte du jeune homme qu’il fut aveugle au reste : aux souvenirs qui hantaient ces recoins, aux sensations qui l’avaient malmenés toutes ces années, aux émotions qui lui avaient rappelé ce que c’était d’être vivant, aussi. Rien que pour retrouver cette complicité d’antan, Jax aurait sauté à pieds joints dans le passé, il aurait repris ses mauvaises habitudes juste pour pouvoir vivre ces moments intenses avec Bran. Mais il n’était plus seul, il ne pouvait pas suivre l’acrobate, il savait qu’il perdrait l’équilibre dès qu’il jetterait un œil en bas et que sa chute serait sans fin.
L’enseigne du Ruby Park Hotel le sortit de sa torpeur au moment où ils tournaient dans la rue et Jax sentit son cœur s’ébattre comme un malheureux, inconscient, peut-être, que cet engouement n’était voué qu’à durer une nuit supplémentaire. Mais c’était comme si son cœur se fichait de la date de péremption, comme s’il se contentait de la sensation provoquée par la proximité du jeune voleur insaisissable. Jax aurait aimé pouvoir se contenter de cette allégresse, s’en nourrir, s’y chauffer mais son esprit persistait à y opposer une résistance farouche. Il ne pouvait tout simplement pas se bercer de ces illusions trop douces pour être vraies, pas alors qu’il pouvait presque déceler la lueur de défaite dans la façon qu’avait Bran de se déplacer, comme s’il était un condamné à mort qui marchait docilement vers la potence, parfaitement conscient qu’il n’y aurait pas d’issue possible, cette fois. Et cette idée glaça le cœur atrophié de Jax. Mais qu’aurait-il pu espérer d’autre ? Que Bran démontre son insouciance coutumière ? Qu’il agisse comme s’ils ne venaient pas de passer trois ans loin de l’autre et qu’ils n’étaient même pas sûrs de se revoir après ce soir ? Cela lui aurait paru forcé, évidemment, mais assister à ce désespoir palpable n’était pas non plus ce qu’il voulait et Jax se demanda s’il y avait seulement une attitude idéale dans un moment comme celui-ci.
Perdu dans le flot nébuleux de ce qui le hantait depuis toujours, Jax observa les mouvements mécaniques de Bran d’un air défait et il jeta à peine un regard au clone qui lui adressait un sourire poli qui dénonçait que ça n’était pas la première fois qu’il voyait Jax. L’arc des lèvres de la pauvre créature s’effaça cependant lorsqu’il perçut le désarroi du client – si tant est qu’il puisse avoir conscience de ce genre d’émotion, songea Jax, en lui adressant un simple hochement de la tête avant d’emboiter le pas à Bran. Il longea le couloir comme un gamin pris en faute qu’on envoie chez le principal, sauf que son regard était vissé aux épaules raides de Bran et qu’il avait l’impression de voir des ondes émaner de son corps, sans savoir ce qu’elles représentaient. Du chagrin ? De la colère ? De l’impatience ? Un vide total ? Une volonté de fer ? Le Louisianais pénétra dans l’ascenseur avec l’impression que son cœur pesait une tonne et que, dès lors, l’appareil n’arriverait pas à s’élever. Mais les portes se refermèrent sur leur silence et la cage glissa vers les étages supérieurs sans le moindre effort. Jax dut apparemment retenir son souffle tout le long de l’ascension parce qu’il lui fallut prendre une profonde inspiration lorsqu’ils arrivèrent enfin dans le couloir où se trouvait leur chambre. Le cœur dans un broyeur, Jax jeta un bref regard à la pièce que Bran qualifiait ironiquement de palace et il ferma doucement la porte, leur assurant ainsi l’anonymat, plus personne ne pouvait surgir d’un coin pour tomber nez-à-nez avec eux. Non pas que ça soit un élément qui aurait perturbé le garde du corps. Il se fichait qu’on le voie avec Bran, il se fichait qu’on sache qu’il aimait les hommes – non, qu’il aimait cet homme. Seules lui importaient les réactions de son ancien amant.
Jax n’esquissa pourtant pas le moindre mouvement. Il observa Bran, se demanda ce qui traversait l’esprit de l’équilibriste qui dansait invariablement sur son cœur, qui s’y était creusé un nid depuis la nuit des temps. La gorge nouée, Jax le regarda s’asseoir sur le bord du lit et ôter son t-shirt. Un frisson caressa la peau de Jax qui ne put détacher les yeux du jeune homme qu’il avait guetté inlassablement ces dernières années. Et voilà qu’il était là, sous ses yeux, à moins de trois mètres, et qu’il n’arrivait pas à ébaucher le moindre mouvement, comme si on l’avait transformé en statue de marbre pour qu’il soit à jamais voué à regarder ce qui lui avait échappé – ce qu’il avait laissé échapper. Il fallut que l’imprudent l’invite d’une main et d’un regard désespérés pour que Jax sorte de sa torpeur et, au prix d’un effort surhumain, vienne s’asseoir à côté du jeune homme.
Il se sentit lourd, gauche, injustement chanceux de pouvoir à nouveau contempler les traits de Bran et il réalisa que même s’il les avait gravés dans sa mémoire, il y avait des détails qui avaient fini par s’estomper et qu’il s’empressa de raviver. C’était l’arc de sa mâchoire, les plis à peine visibles qui se dessinaient aux coins de ses yeux, le galbe de son oreille, la frontière où la peau immaculée laissait place aux cheveux. Puis, invariablement, le regard de Jax migra vers l’épaule dénudée, y cherchant ce qu’il savait y trouver : la cicatrice, le rappel impitoyable de son erreur et une ombre supplémentaire vint assombrir son visage. D’un geste lent, il vint poser la main sur l’épaule de Bran et glissa le pouce sur la plaie refermée qui formait comme un bouton plus clair, légèrement boursoufflé, une écorchure sur la peau parfaite de l’irresponsable. Un vague sourire lui étira les lèvres en songeant à leurs corps si dissemblables qui avaient désormais un point commun. Et comme s’il ne résistait pas à l’impulsion, Jax se pencha et pressa les lèvres sur la cicatrice, poussant même l’audace jusqu’à y passer la langue pour sentir cette peau qu’il n’avait pas connue, qui s’était formée après. Après… La notion lui écartela l’âme et le Louisianais passa les bras autour de Bran, l’un dans son dos, contre lequel il plaqua sa large main, l’autre sur la hanche, qu’il pressa inconsciemment des doigts avant de resserrer son étreinte. Le visage dissimulé dans le creux du cou de son ex-compagnon d’infortune, Jax abandonna alors ses dernières réserves. Il n’avait plus l’énergie de lutter contre le manque, contre la détresse, contre les regrets et il libéra son cœur de mots trop longtemps mâchés, trop longtemps étouffés :
- Tu m’as tellement manqué.
Ou devait-il parler au présent ? Parler au passé n’induisait-il pas qu’il s’imaginait que leur séparation était finie, qu’ils allaient enfin se retrouver, comme avant ? Mais ça ne pourrait jamais être comme avant, Jax le savait. Parce qu’il y avait Maika, évidemment, mais surtout parce qu’il s’était produit tant de choses. Parce qu’il avait prouvé à Bran, encore et encore, qu’il n’était qu’un abruti, un lâche, et qu’il lui avait fait tant de mal.
- Je ne veux pas que tu repartes. Je ne veux pas vivre sans toi. Je ne peux pas.
Et c’était comme si on le délestait d’un poids immense. Cela semblait pourtant si simple, tout à coup, de lâcher ce qui faisait tressauter son cœur. Pourquoi avait-il fallu qu’il perde tout ce qu’il aimait pour arriver à ouvrir les vannes ? Bran allait peut-être le trouver pathétique, tout à coup, ou lui rétorquer que c’était lui qui l’avait voulu, le soir où il avait pris la porte au lieu de saisir la main tendue. Mais Jax s’en fichait, de ça aussi. Il n’arrivait plus à lutter contre l’océan de remords qui le submergeait et il traduisit les mots avec des gestes maladroits alors que ses doigts s’enfonçaient dans le dos de Bran, alors que ses lèvres couvraient de baisers désespérés chaque parcelle qui était à leur portée, comme un assoiffé qui rencontre inopinément une oasis en plein désert, après des semaines – des mois, des années – d’errance entre les dunes.

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Like the waves roll with the moon, did we rise and fall too soon? It’s been so long, I can't remember. If I could walk between the stars or be given one more chance, I know which I'd surrender just to build a bridge back to your heart.

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Brandon Rose

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MessageSujet: Re: there are songs that still feel like your teeth on my neck   Sam 10 Fév 2018 - 16:35

Bran savait parfaitement qu'il faisait une erreur en invitant Jax à approcher. C'était un piège, un leurre, qui ne rendrait la séparation qu'encore plus douloureuse et intolérable. Et Bran avait beau vouloir repousser l'inexorable, il était également conscient qu'ils vivaient leurs derniers instants à crédit, sur du temps qui ne leur appartenait pas. Non, ces moments étaient achetés sur le temps d'autres personnes, sur celui de la femme de Jax, sur celui de ses employeurs, sur celui de tout ce qui les empêchait d'être ensemble, une bonne fois pour toutes. Alors autant en profiter, non ? Autant combler chaque seconde, autant transgresser tous les interdits qui leur étaient imposés lors de ce compte à rebours final ? C'était ce qu'il se disait, Bran, alors qu'il observait Jax effacer la distance entre eux. Le lit grinça légèrement sous le poids de l'homme de main lorsqu'il s'assit à ses côtés et le voleur ne put retenir l'ébauche d'un sourire malicieux, songeant à toutes les fois Jax lui avait intimé de se taire en pleins ébats, de crainte d'attirer l'attention. Mais cette frêle esquisse s'effaça bien vite lorsqu'il sentit le regard de Jax sur lui. Son coeur se contracta douloureusement sous cette caresse invisible et imaginaire qu'il parvenait pourtant à ressentir sur le moindre centimètre de peau passé au crible par les prunelles nébuleuses du garde du corps. Centimètre par centimètre, Bran se sentait revivre. Comment avait-il pu croire à ses propres mensonges, quelques minutes plus tôt, lorsqu'il avait demandé à l'homme de main de simplement le serrer dans ses bras pour qu'il s'endorme ? Comment avait-il pu se croire insensible à la lame de fond que Jax faisait naître au plus profond de ses entrailles ? Et en même temps, en même temps, ce regard terrible le mettait à nu. Face à Jax, Bran n'était rien d'autre qu'un mime dépouillé de son masque. Ce n'était pas tant que le garde du corps voyait à travers lui. C'était cette envie, ce besoin viscéral de lui donner tout ce qu'il y avait de réel en lui. C'était la certitude que Jax pouvait tout accepter de lui, et ne pas avoir à se cacher, ne pas avoir à prétendre qu'il était quelqu'un d'autre. Avec Jax, Bran pouvait être un acrobate, un enfant terrible, un chaos ambulant, une giboulée humaine. Il était la seule personne avec laquelle il voulait être aussi ouvert, aussi entier. Et il ne pouvait qu'espérer que l'homme de main puisse éprouver la même chose. De Jax, il voulait absorber toute l'essence à son tour. Il voulait ses orages et ses accalmies, ses craintes et ses espoirs, il le voulait lui, il les voulait eux, spectaculaires et maudits à la fois. Au lieu de ça, voilà ce qu'ils obtenaient : quelques heures dans une chambre d'hôtel. L'histoire se répétait, inévitable. Ils n'allaient donc jamais s'échapper de ce cycle infernal ? Leur intimité se résumait-elle à ces brèves étreintes dans des lieux vides qui les auraient oublié le lendemain matin ? Longtemps, Bran avait rêvé d'un endroit à eux. Ça n'avait pas besoin d'être grand, ou même beau. Il voulait juste quatre murs, un lit, et eux. Un endroit qui n'appartiendrait qu'à eux et à leurs moments, à leurs baisers, à leurs murmures qu'ils n'assumaient pas, un endroit qu'ils auraient pu séparer de leurs missions, où ils auraient pu se retrouver en-dehors de leurs existences parallèles. Mais Bran n'était jamais parvenu à concrétiser ce souhait silencieux, et aujourd'hui, il le payait cher. Il détestait l'idée de se dire adieu dans un endroit aussi aseptisé, mais avait-il le choix ? Et puis, peut-être était-ce plus simple au final. Peut-être était-ce la façon dont les choses étaient censées se passer. L'univers lui envoyait peut-être un message.
La main de Jax sur son épaule le fit vaciller et il baissa les yeux pour fixer la marque qui venait froisser la soie autrement parfaite de sa peau. La cicatrice. La plupart du temps, il l'oubliait. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait plus mal. Mais quelques fois, lorsqu'il se retrouvait seul face à son miroir ou qu'une ou une amant(e) de passage faisait passer ses doigts dessus, il était renvoyé à ce soir funeste où tout avait basculé – Jax, lui, leurs vies. Si c'était à refaire, reposerait-il les mêmes questions qui avaient précipité leur chute et leur séparation ? Insisterait-il encore pour qu'ils s'enfuient tous les deux dans la nuit, et ne reviennent jamais à Mount Oak ? Son coeur se fracassait toujours à la réponse, mais oui, oui, il le referait, en espérant que Jax change d'avis et l'écoute. Il le referait parce qu'il savait, au plus profond de lui, que s'il ne s'était pas lancé, ils seraient probablement encore au même point aujourd'hui et ça, Bran ne le supportait pas. Il aimait Jax depuis des années mais il ne voulait plus le faire en silence. Ses sentiments étaient trop forts pour être dissimulés sous le couvert de l'indifférence amusée et de nuits uniques disseminées ça et là, entre deux planques. Et il ne pouvait qu'espérer, à chaque fois qu'il rejouait le scénario dans sa tête, que Jax finisse par lui dire oui. Ils se seraient évités cet instant fatidique. Et quand Jax remua le couteau dans la plaie en posant les lèvres sur la blessure, Bran crut mourir. Son ventre se retourna quand il sentit la pointe d'une langue goûter cette peau neuve et il sut qu'il ne pourrait pas mener à bien sa promesse. Il ne pouvait pas se contenter de dormir quand Jax le touchait ainsi, quand ses mains chaudes et rugueuses glissaient sur sa peau et lui rendaient la vie, pas quand la voix rocailleuse venait se répercuter dans les murs vides de la caverne qui abritaient autrefois un coeur vibrant. « A moi aussi, si tu savais. Tu n'as pas idée. » répondit-il d'une voix basse et sa main vint agripper le genou de Jax. Pourquoi étaient-ils condamnés à se faire du mal ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas être l'un de ces stupides couples désespérément amoureux qui vivaient dans une petite maison proprette, avec une ribambelle de gamins agaçants, un chien et une jolie petite voiture dans l'allée ? Pourquoi ne se donnaient-ils pas le droit d'avoir rien qu'une minuscule, rien qu'une toute petite chance ? Je ne veux pas que tu repartes. Je ne veux pas vivre sans toi. Je ne peux pas. Bran prit une grande inspiration et fixa le plafond. Il ne répondit rien mais Jax dut percevoir sa réponse dans la façon dont son corps se tendait, son brusque changement de respiration, la contraction de ses épaules. Moi non plus, idiot, voulait-il répondre. Sans Jax, il n'était qu'un chien fou sans véritable but. Avec lui, tout devenait plus clair. Avec lui, il trouvait un sens à son existence déboulonnée et violente. Avec lui, il effleurait le bonheur du bout des doigts et ne voulait plus jamais le laisser partir.
Les lèvres de Jax contre son cou, inattendues et follement désordonnées, firent sauter ses dernières barrières. Il ne pouvait pas le repousser, pas plus qu'il ne le voulait. « Jax... » Sa bouche rencontra celle de son amant presque par hasard et un baiser confus les unit pendant quelques secondes. Lentement, la main de Bran remonta doucement pour caresser la joue rugueuse de l'homme de main et le voleur dévisagea celui qui hantait chacun de ses pas et chacune de ses actions, aussi idiotes et insensées soient-elles. Son pouce vint caresser la lèvre inférieure, douce et charnue, et Bran qui avait suivi sa main du regard se mordit la lèvre. « On fait une bêtise, tu le sais, ça ? » murmura-t-il en relevant les yeux. Et en un mouvement souple qui dénotait l'habitude, Bran se retrouva à califourchon sur les cuisses de Jax, le surplombant d'un petite tête, lui avait l'habitude d'être dominé par son acolyte. Sans attendre, il l'enlaça et l'embrassa, avide, désespéré de le sentir et de le toucher une dernière fois. « Enlève tes fringues. » intima-t-il dans un souffle, joignant le geste à la parole et délestant Jax de sa veste puis de son tee-shirt, le tout dans une frénésie fébrile. Le toucher à nouveau de cette façon, c'était revenir parmi les vivants et jamais la vie ne s'était déversée dans ses veines avec une telle puissance, une telle envie. Le torse de Jax se révéla à lui, toujours couvert de cicatrices et d'encres et Bran recula de quelques centimètres pour le contempler. Ses mains glissèrent sur la peau marquée et s'arrêtèrent sur un dessin qu'il ne connaissait pas, juste en-dessous du coeur. Une rose, une toute petite rose, presque invisible entre les autres entrelacs d'encre, qui avait pris racine sur la peau de Jax. Bran la redessina du bout des doigts. « Je vais finir par croire que tu m'aimes tout compte fait, Beauchamp. » murmura-t-il, le coeur à la fois broyé et recollé de toutes parts. Mais pas assez pour qu'il quitte sa femme. Pas assez pour qu'ils se retrouvent.

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Jax Beauchamp

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MessageSujet: Re: there are songs that still feel like your teeth on my neck   Sam 24 Fév 2018 - 22:36

Alors qu’il inspirait profondément, Jax se gorgea de l’odeur caractéristique de Bran et il eut l’impression qu’il ne pourrait plus jamais le relâcher, que son étreinte était vouée à être verrouillée pour ne plus laisser à l’autre l’opportunité de lui échapper et de disparaitre dans la nuit, impossible à localiser, prêt à faire une connerie qui lui coûterait la vie, pour ce que Jax en savait. Et maintenant qu’il avait retrouvé sa proximité, Jax ne pouvait envisager de retourner dans l’inconnu. Mais il savait qu’il se leurrait s’il croyait pouvoir influencer la décision de son ancien acolyte. Brandon Rose était l’archétype de l’électron libre qu’aucune bride ne maintenait à un endroit précis. Il n’avait aucune attache, aucune responsabilité, il pouvait évoluer comme bon lui semblait et Jax n’avait rien fait qui puisse lui donner envie de faire un compromis. Encore moins maintenant qu’il l’avait trahi en épousant une femme. Aurait-ce changé quoi que ce soit si Jax lui avait avoué la supercherie, le deal idéal qu’avait représenté cette union, autant pour lui que pour Maika ? Ou, au contraire, plomberait-il encore plus ses chances de récupérer son amant d’autrefois, le seul que son corps réclame inlassablement ? De toute façon, Jax n’osait plus évoquer son mariage. Son ombre planait suffisamment sur eux pour qu’il remette le sujet sur le tapis et, de toute façon, il n’avait pas sa place là, ce soir, entre eux, dans cette chambre sombre et anonyme qui illustrait tristement leur vie instable, toujours en cavale. Qu’avaient-ils fait pour mériter cette existence nébuleuse qui ne leur permettait pas de se retrouver, d’aspirer à un quotidien fait de tous petits riens. Parce que c’était ça qui avait fait fuir Jax la première fois, finalement : l’idée qu’il était impossible qu’ils puissent se fondre dans cette monotonie, que celle-ci risquait d’exacerber le côté téméraire de Bran, que cela allait lui faire comprendre à quel point Jax n’était pas ce qu’il lui fallait. A moins que ça soit de lui qu’il ait eu peur, du fait qu’il ne se voyait pas mener une vie pépère, qu’il n’y avait pas droit, qu’il ne s’y ferait pas. Mais le destin ne s’était-il pas chargé de lui prouver à quel point il avait tort ? A partir du moment où Brandon Rose s’était évaporé dans l’air, Jax avait abandonné sa vie de vagabond et s’était fixé, non seulement à un endroit mais avec quelqu’un, en plus. Le drame étant que ce quelqu’un n’avait pas pu être Bran.
Et maintenant Jax n’avait plus aucune force. Il s’accrochait désespérément à un mirage qui lui échappait déjà, il le savait. Mais tout semblait si réel. Ce corps qu’il étreignait et couvrait de baisers chagrinés. Cette présence indéniable que Bran avait, peu importe les circonstances. Il était né pour briller, pour ensorceler, pour captiver et même dans cette pièce horriblement dénuée de vie, il faisait vibrer l’air, il illuminait le décor. Cette intimité qui renaissait de ses cendres et qui manquait si cruellement à Jax. Il n’avait connu cette communion ultime qu’avec l’imprudent. Aucune autre étreinte n’avait pu concurrencer le bien-être que le garde du corps ressentait quand Bran était près de lui. Brandon Rose jouait dans une autre cour, il régnait sur un ciel bien à lui, petit dieu insupportable dont la tristesse broyait le Louisianais. Que n’aurait pas donné Jax pour effacer les mois et les années qui venaient de s’écouler ? Que n’aurait-il pas abandonné pour pouvoir rayer la mélancolie qui sourdait de chaque pore de son amant ? Mais il était la cause principale de cette détresse et il n’avait pas les armes pour la combattre. Pour qu’elle cesse, il aurait fallu qu’il s’efface de l’esprit de son ancien acolyte, qu’il disparaisse de son existence et de ses pensées. Cette simple idée tortura invariablement Jax mais elle ne le quitta pas. Pas alors qu’il songeait à tout ce que la technologie offrait comme échappatoires, désormais. Si on savait trafiquer la mémoire et l’esprit de clones, n’était-on pas apte à le faire avec celui des êtres humains ? Et si l’occasion lui était donnée de pouvoir rayer Jax de sa mémoire, Bran la saisirait-il, avec plus ou moins d’hésitation ? Jax ne sut pas pourquoi il se laissa subjuguer par cette idée mais elle l’avait si vivement atteint qu’il tressaillit d’horreur et la chassa en accentuant la pression de ses bras autour du jeune homme et celle de ses lèvres sur sa peau dénudée.
Il s’en voulut d’être soulagé d’entendre Bran réciproquer ses sentiments, lui avouer à son tour que le manque avait fait partie de sa vie. Mais il ne put se défaire de cette sensation que, quoi qu’il arrive, il n’était pas seul dans son tourment, que, d’une façon ou d’une autre, son amant partageait son désarroi et si ça n’était en rien une consolation, cela avait au moins l’avantage de poser un baume sur ses plaies à vif. De savoir que, malgré le temps, malgré la distance, leurs sentiments n’étaient pas altérés renforçait l’idée qu’ils ne pouvaient pas se quitter, que leurs destins étaient liés et qu’ils ne trouveraient un peu de répit qu’en se retrouvant. Mais si Jax était prêt à adapter son existence en conséquence, il pouvait comprendre que Bran ne veuille pas se rabaisser à ça et il ne pourrait jamais le lui demander. Non pas par fierté mais au nom de cet amour inextricable qui le liait à Bran. Il ne put toutefois réprimer sa supplique et la réaction, instantanée, de Bran fit battre son cœur encore plus vite, si c’était seulement possible. Au point qu’il redouta d’avoir été trop loin et de précipiter la décision, quelle qu’elle soit, du jeune homme pour couper court à leur histoire pleine d’illusions et de coups d’éclat.
Instinctivement, les bras de Jax se firent aussi solides qu’un étau, comme pour s’assurer que l’autre ne se libérerait pas d’une pirouette vive et souple. Qu’il lui pardonne sa maladresse, le supplièrent ses bras. Qu’il ne lui reproche pas sa faiblesse d’esprit et de caractère. Tout ce à quoi Jax avait tenu se trouvait là, dans l’étroitesse de son étreinte et il ne pouvait pas le laisser partir, quand bien même s’y raccrocher était pathétique et insensé. Une vie sans Bran n’était pas une vie, Jax l’avait douloureusement appris à ses dépens, ce qui rendait ces ultimes retrouvailles d’autant plus cruelles qu’elles lui redonnaient goût à quelque chose qui lui avait échappé et sur lequel il n’avait aucun droit.
- Jax…
Le cœur du concerné tressauta maladivement dans la large cage thoracique désertée. Rien n’aurait jamais la saveur de son prénom sur la langue de son ancien amant. Rien n’aurait jamais la saveur de Bran tout court. Jax fit remonter ses lèvres le long de la mâchoire du jeune homme, chercha sa bouche dans l’espoir vain de le faire taire avant qu’il ne lâche sa sentence irrévocable et sentit  ses sens devenir fous quand leurs lèvres se scellèrent maladroitement. Il ne rouvrit les yeux qu’en sentant la main de son ancien amant effleurer sa joue et il plongea un regard brûlant d’appréhension dans celui, résigné, de Bran.
- Je m’en fous, rétorqua Jax quand il aurait voulu dire non, quand il aurait voulu dire que sa seule erreur avait été de le laisser filer la première fois.
Mais cela aurait signifié revenir à l’origine de leur séparation et Jax ne voulait penser qu’à leur réunion, refusant de penser à ce qui se passerait après, ni ce qu’impliquerait cet abandon d’un soir. Aussi suivit-il l’impulsion de Bran, lui laissant juste assez de liberté de mouvement pour lui permettre de s’asseoir sur ses cuisses et il laissa ses mains glisser vers les hanches de l’imprudent et, le visage levé vers Bran, presque en adoration, Jax accueillit les lèvres du jeune homme avec un soupir de reddition. Un frisson indéfinissable – était-ce de l’angoisse, de l’appréhension, de l’attente, de l’excitation ? – glissa sur la peau du Louisianais lorsque son amant lui ordonna d’enlever ses vêtements et, incapable de désobéir (pourquoi l’aurait-il fait lorsqu’il n’aspirait qu’à retrouver Bran entièrement ?), il relâcha son étreinte dans l’unique but de faciliter l’exécution. Il jeta sa veste sur le côté et leva les bras pour permettre à Bran de lui ôter son t-shirt. Sa peau se hérissa mais il ne sut si c’était la fraicheur de l’air ou l’idée d’offrir à nouveau son corps couturé au regard de son comparse. Il ne bougea pas d’un millimètre, en tout cas, lorsque Bran s’écarta légèrement, comme pour avoir une vue d’ensemble, comme s’il pouvait, d’un seul regard, jouer au jeu des sept différences et découvrir ce qui avait pu changer depuis la dernière fois qu’il avait parcouru ces arabesques du bout de ses doigts ou de sa langue. Mais Jax savait pertinemment, lui, que pratiquement rien n’avait changé, si ce n’est l’esquisse minuscule que le regard glacé ne tarda pas à localiser. Déglutissant avec peine, Jax fixa le visage Bran tandis que celui-ci était absorbé dans la découverte de la rose symbolique qui ornait sa peau, juste sous le cœur.
- Je vais finir par croire que tu m’aimes tout compte fait, Beauchamp.
Un voile traversa les traits sombres du Louisianais mais il ne laissa pas le désespoir s’installer. À la place, il s’attaqua à la boucle de la ceinture de Bran en murmurant – ou cela tenait-il davantage d’un grognement ?
- Imbécile…
Ce qui se traduisait, dans la langue inintelligible de Jax Beauchamp, par un bien sûr que je t’aime brûlant et pénétrant. Mais il n’avait jamais su le dire convenablement à Bran et ne pouvait qu’espérer que celui-ci, comme autrefois, saurait lire entre les lignes pour y découvrir les déclarations timides de son compagnon d’infortune. Les bras puissants du garde du corps vinrent s’enrouler comme deux boas autour du corps svelte de l’équilibriste et la bouche avide de Jax s’appliqua à revenir à ses baisers enfiévrés. Ses dents accrochèrent brièvement l'un des tétons, y exercèrent un pincement taquin avant que sa langue ne vienne se faire pardonner la pointe de douleur qu’il avait dû provoquer et il se redressa, chercha à combler la distance qui le séparait des lèvres de l’effronté. Et, à nouveau, ce bonheur indélébile, inégalable, qui l’inonda alors qu’il basculait en arrière sur le lit. Le pantalon à moitié défait de Bran lui permit d’immiscer ses mains rugueuses sous le tissu, en quête de la chaleur et de la douceur arrondie de ce corps qui lui avait atrocement manqué, toutes ces années. Il resserra les doigts et pressa le bassin du jeune homme contre le sien en laissant échapper un grondement irrépressible. Bran était en terrain conquis : Jax était tout à lui, soumis à son impétuosité, esclave de ses tourments. À jamais sien, ou en tout cas était-ce ce que son regard enfiévré trahissait, tandis que les yeux verts fixaient ceux d’un bleu tranchant du jeune homme qui le surplombait.

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MessageSujet: Re: there are songs that still feel like your teeth on my neck   Dim 4 Mar 2018 - 21:58

Que faisait-elle là, cette petite rose d'encre, presque cachée sous le coeur de Jax Beauchamp ? Quand était-elle apparue ? Y avait-il d'autres secrets de peau à découvrir sur le corps de Jax, d'autres noms, d'autres visages, d'autres symboles ou restait-il le seul maître de ce corps qu'il connaissait par coeur ? C'était ce que Bran comptait découvrir du bout des doigts, des lèvres, de sa langue. Les automatismes revenaient – non, en fait, ils n'étaient jamais partis. C'était comme si tout son corps n'avait attendu que ça, cette renaissance au contact de Jax, cette floraison nouvelle. Chaque baiser, chaque souffle croisé, chaque caresse lui rappelait le passé et le replongeait au coeur de leur histoire tourmentée. C'était terrible, cette force de l'habitude. A partir de quand Bran n'avait-il eu plus besoin de réfléchir pour tracer les contours du corps de Jax ? Au premier contact, peut-être, quand cette alchimie pleine d'étincelles avait crépité entre eux et continuait de pétiller entre eux. Peut-être ne leur avait-il fallu qu'une seule fois pour se connaître par coeur. Et pourtant, leurs corps étaient différents. Bran passait ses mains adoratrices sur une peau abîmée, couturée de toutes parts, malmenée par l'aiguille et les cicatrices. Et pourtant, il n'aurait pas pu trouver plus belle toile pour y déposer la peinture de ses baisers, l'aquarelle de sa bouche humide et quémandeuse. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Bran savait pourtant qu'il faisait une erreur, à se jeter ainsi dans les bras d'un homme qui devrait l'abandonner au petit matin pour rejoindre sa femme, mais c'était plus fort que lui. Il l'aimait. C'était aussi simple et aussi compliqué que ça. Il aimait Jax Beauchamp de tout son être impétueux et désordonné, de tout son ego surdimensionné et de tout son coeur resté celui d'adolescent rebelle. Et c'était la raison pour laquelle il répondait désespérément à l'étreinte de son amant, pourquoi son coeur tressauta lorsqu'il entendit le grondement de Jax, grondement qu'il connaissait bien et qui résonnait contre son torse comme une mélodie venue d'ailleurs. La bouche piquante de Jax vint glisser sur sa peau alors qu'il l'entourait de ses bras puissants et Bran aurait voulu rester ainsi pour l'éternité. Là, il était chez lui. Là, le monde faisait sens. Il était dans les bras de Jax et c'était tout ce qui lui importait. Il ne pensait à rien d'autre qu'au goût ambré de la peau de son amant, à sa barbe qui piquait légèrement, à sa bouche qui savait parfaitement où appuyer et effleurer pour que Bran ne soit plus qu'un chaos de chair et de désir, à la merci du garde du corps. Et pendant que Jax s'affairait à le rendre fou, Bran le dévorait des yeux, incrédule d'avoir pu croiser la trajectoire d'un tel météore. Jax avait beau se recroqueviller sur lui-même, détourner les yeux et maugréer au moindre compliment, il ne pourrait jamais stopper Bran de s'émerveiller devant lui. Il était une œuvre d'art brute, une merveille de lignes puissantes qui s'évanouissaient parfois au profit d'une délicatesse inouïe et parfois, d'une malice inattendue, comme à l'instant alors qu'il s'amusait à mordiller un téton de Bran. Le voleur ne chercha même pas à dissimuler son gémissement ni le plaisir qui commençait à lui monter à la tête et à décider chacun de ses mouvements. Avec Jax, il ne cachait rien, ni le bon, ni le mauvais. Il était la seule personne à qui il ne mentait jamais, dans le plaisir comme dans la douleur et c'était cette honnêteté absolue qu'il voulait également retrouver, en plus de son corps, en plus de sa présence qui lui manquait chaque jour. Trop, c'était trop de sensations qui se mêlaient les unes aux autres, et pourtant Bran se laissait aller avec le flot, suivant les mouvements de Jax avec fluidité, basculant avec lui, surplombant le garde du corps pour mieux le contempler. Deux mains audacieuses se glissèrent sous le pantalon de Bran, s'infiltrèrent sur sa peau et il se mordit la lèvre sous la caresse. Touche-moi, touche-moi encore, n'arrête pas, c'était la supplique silencieuse qu'il adressait à son amant alors qu'il épousait le mouvement du bassin qui ondulait sous le sien. Les jambes de Bran se mirent à trembler et il céda, tomba à moitié en avant et vint déposer un baiser sur les lèvres de Jax. « Je t'aime, putain, tu m'as tellement manqué. » murmura-t-il dans un souffle désarticulé et fou alors que plus bas, ses mains s'affairaient à les libérer tous les deux de leurs pantalons. Il trouva la ceinture de Jax, le défit sans ménagement et se redressa rapidement pour mieux fondre sur le torse couturé, y déposer une myriade de baisers, couvrant chaque tatouage, chaque cicatrice. Certaines lui étaient familières et d'autres non – et c'était sur ces dernières qu'il passait un temps infini pour imprimer sa marque sur une peau qu'il n'avait pas encore goûté, pas marqué comme sienne. Car Jax était sien, quoiqu'il advienne, quoique le monde ne mette entre eux. Jax était sien et il était à Jax. Il n'avait jamais été sûr de rien, sauf de cette équation d'une simplicité évidente. Cette certitude dépassait même leur situation. Ils n'étaient pas ensemble, ils n'habiteraient sans doute jamais l'un avec l'autre, peut-être ne connaîtraient-ils jamais rien d'autre que cet ultime moment, peut-être que tous ces espoirs n'étaient qu'un leurre, une illusion dans laquelle ils se berçaient de peur d'affronter une réalité trop brutale, mais cela ne changeait rien. Jax Beauchamp et Brandon Rose s'aimeraient toujours, même séparés, même sans nouvelles l'un de l'autre, même dans l'abyme. Et c'était pourquoi Bran marquait la peau de Jax de tant d'attentions, pourquoi il prenait son temps à descendre le torse de Jax, centimètre par centimètre, effleurant la rose plus longtemps qu'il n'aurait dû le faire mais ne pouvant s'empêcher d'adorer cette marque d'affection silencieuse et éternelle que Jax avait fait graver à même son épiderme. Il mordilla la fleur et eut un petit rire taquin avant de continuer sa descente. Entre ses mains expertes, le pantalon et le caleçon de Jax ne firent pas long feu, et bientôt, ils furent tous les deux à égalité, peau contre peau, un délice presque toxique pour Bran qui inspira à fond avant de laisser sa langue reprendre le relais de sa bouche pour affoler les sens de Jax. Et Seigneur – s'il y en avait un – que c'était bon de l'avoir à nouveau ainsi, de constater qu'il était toujours aussi affamé de Jax et que ce dernier répondait toujours aussi bien à ses assauts. Des sons incompréhensibles s'échappaient de lui, le corps électrisé, l'esprit intoxiqué de Jax, de sa présence, de sa fébrilité. Il pouvait sentir le corps de son amant trembler sous sa caresse et Bran abandonna avant de mener Jax jusqu'au point de non-retour. Il n'en avait pas terminé avec son amant et il remonta, baiser par baiser, tatouage par tatouage, cicatrice par cicatrice, jusqu'à la gorge de son amant sur laquelle il fit courir ses lèvres avides alors que sa main venait épouser la forme de la mâchoire et caresser ce visage qui pouvait être si doux, quand il le désirait. Leurs regards se croisèrent, enfiévrés, embrumés, et Bran lui sourit brièvement avant de reprendre ses assauts le long du cou pour remonter encore un peu. Son corps allait le lâcher, il était brûlant et pourtant, il était dominé tout entier par une énergie renouvelée, une envie folle d'aller décrocher les étoiles ce soir. « Je te veux maintenant, Jax. » souffla-t-il, sa bouche plaquée contre l'oreille de Jax. « Sur moi, sous moi, en moi, je m'en fous. » Ça n'avait aucune importance. Tout ce qu'il voulait, c'était que Jax le possède à nouveau, qu'ils ne fassent qu'un à nouveau.

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MessageSujet: Re: there are songs that still feel like your teeth on my neck   Sam 17 Mar 2018 - 15:32

Son corps, autant que son âme, était au supplice. C’était comme si chacun de ses atomes, tout comme ses sens, était tourné vers Bran et n’aspirait qu’à fusionner avec lui. Jax n’était pas dupe, le désir y avait une large place, qui faisait bouillonner son cœur, qui répandait une lave dans chaque parcelle de ses membres. Il exhalait de sa peau brûlante, de son souffle court. Brandon Rose cesserait-il de lui faire un jour cet effet-là ? Jax en doutait fortement. Dès leur première étreinte, il avait su qu’il ne pourrait plus jamais s’habituer à un autre, encore moins en aimer un autre. Mais il n’y avait pas que ça. Il y avait aussi tout le mystère que représentaient les prochaines heures : était-ce là leur ultime nuit d’amour, les adieux qu’ils n’avaient pas pu avoir trois ans plus tôt ? Jax ne pouvait concevoir une telle chose. Pas alors qu’il venait tout juste de retrouver Bran, pas alors qu’il constatait, toujours plus douloureusement, que jamais il ne pourrait mener une vie sereine sans cet homme qu’il ne méritait pas, qui se rendrait compte, un jour ou l’autre, qu’il y avait plus excitant qu’un vieil ours ronchonnant qu’il fallait tirer partout de force. Mais n’aurait-il pas eu tout le loisir de s’essayer à autre chose, n’avait-il pas eu tout le temps de trouver ce spécimen plus envoûtant, plus passionnant, que Jax Beauchamp ? Jax n’arrivait pas à laisser l’idée s’en aller tandis qu’il contemplait son amant d’un regard voilé de nostalgie et d’un amour qu’il ne pouvait plus réprimer ni camoufler. Il était fini, le temps où Jax s’évertuerait à jouer la carte de l’indifférence quant au sort de Bran, ça ne lui avait pas réussi jusque-là, il ne voulait plus nier ce qui le hantait, pas quand il avait passé de nombreux mois à le ressasser. Cela pouvait passer pour un aveu de faiblesse, une tentative pathétique de récupérer ce qu’il avait perdu, mais Jax s’en fichait. S’il y avait bien une seule personne sur cette Terre devant laquelle il n’avait pas peur d’être vulnérable, c’était bien celle qu’il enlaçait avec force et désespoir. Bran pouvait le voir tout entier, Bran pouvait aller jusqu’aux tréfonds de son âme écorchée, Jax la lui offrait, s’il en voulait bien. Mais en voudrait-il ne serait-ce qu’une portion, même minuscule après tout ce qui était arrivé, après tout ce qu’il avait précipité par sa bêtise et son entêtement à ne pas vouloir croire que son amant puisse éprouver les mêmes sentiments que lui ?  
Tout à sa contemplation (il avait même l’air plus hypnotisé par le visage du fauteur de trouble qu’autre chose), Jax chassa les doutes, chassa le manque, bien décidé à apprécier chaque seconde de ces retrouvailles. Surtout si ce devaient être la dernière fois qu’ils partageaient cette intimité. Jax ne pourrait pas exiger ou attendre de Bran qu’il abandonne son train de vie pour lui, il ne pourrait pas quémander quelque chose qu’il n’était pas en droit de demander. Il prendrait donc ce que Bran consentait à lui donner et rangerait chaque sensation dans le coffre-fort de son cœur atrophié. Il n’était pas naïf au point de croire qu’il pourrait recréer cet instant dès qu’il sentirait le manque s’installer. Il n’avait pas l’imagination fertile, il ne lui suffisait pas de fermer les yeux pour se rappeler de ce que son pauvre corps à l’agonie avait pu ressentir sous les doigts facétieux de son amant. C’était peut-être là son plus grand malheur mais Jax n’était pas certain de vouloir pouvoir recréer le souvenir ou revivre le passé. Il voulait le présent, le moment en cours, Bran dans toute sa vérité, dans toute sa réalité. Il n’y avait que comme ça qu’il était heureux. Comme là, alors que son regard était noyé dans la brume claire de celui de Bran, le ventre en bouillie alors que l’autre ondulait contre lui, répondant au rythme de ses mouvements et à chaque secousse que le contact provoquait en Jax, les doigts du garde du corps s’enfonçaient dans la peau douce de Bran, tandis qu’il réprimait du mieux possible un grondement sourd.
La réponse de Jax à la déclaration de Bran s’étrangla dans sa gorge oppressée. Pourquoi avait-il toujours été incapable d’exprimer ses sentiments ? Cela semblait si simple dans la bouche de l’imprudent qui lâchait les choses comme si son âme n’avait pas de filtre, pas de retenue. Oh, comme Jax aurait voulu pouvoir libérer tout ce qui étouffait son cœur, tous les mots d’amour qu’il aurait voulu pouvoir confier à son amant, tout le manque qu’il avait ressenti, sans lui, tout le vide que représentait son absence. Mais ses lèvres s’entrouvrirent à peine et aucun son n’en sortit. Le regard du Louisianais cilla en sentant les mains s’activer, la pression de la ceinture se desserrer, son corps prendre de l’ampleur et être attiré comme un aimant vers le jeune homme. Il frissonna au contact des lèvres qui conspiraient à sa chute et émit un soupir tremblant tandis que ses mains caressaient fébrilement tout ce qu’il pouvait atteindre de Bran. Elles effleurèrent ses hanches, ses cuisses, remontèrent vers ses côtés, glissèrent vers les omoplates, redescendirent le long de la colonne vertébrale, se plaquèrent contre la chute de reins, retrouvèrent le galbe du corps parfait de son amant, qu’aucun défaut ne venait perturber. Jax avait toujours été subjugué par la douceur de la peau de Bran, qui lui semblait si proche de celle d’un adolescent en mutation, mais les muscles qui couraient sous celle-ci démentaient la virginité, fissuraient l’illusion. C’était bel et bien un homme qui le surplombait, c’était bien un homme qui le couvrait de baisers enfiévrés et l’assujettissait dans le silence de la chambre fracturé par leurs souffles courts et empressés. Jax ferma les yeux quand Bran retrouva la proximité de son aveu muet, de ce dessin subliminal dont il était le seul à pouvoir comprendre que la taille n’avait rien à voir avec l’importance de sa signification. Si Jax avait pu tatouer une rose géante et magnifique sur son corps, il l’aurait fait, rien que pour prouver qu’il appartenait à un seul homme. Mais son corps avait subi trop de heurts, trop de plaies, qu’il avait camouflées sous l’encre de vastes tatouages qui ne laissaient plus beaucoup d’espace aux déclarations illustrées. Mais Bran savait, Bran devait savoir, n’est-ce pas ? Malgré l’incapacité du géant à lui dire combien il l’aimait, il devait savoir que les sentiments, même inexprimés, étaient réels et là, présents, inébranlables, indubitables ? La main du garde du corps vint se loger dans la nuque de Bran au moment où celui-ci lui rendit la pareille et emprisonna furtivement la rose à son effigie entre ses dents. Jax émit un grondement où douleur et bonheur se disputaient âprement et se passa une main sur le visage quand Bran le dévêtit entièrement. À nouveau, cette sensation de vulnérabilité intense saisit Jax quand leurs peaux s’épousèrent à merveille, presque faites l’une pour l’autre alors qu’aucune encoche ne venait abimer l’épiderme de Bran là où les cicatrices arrondies de Jax auraient pu s’imbriquer. Mais c’était comme si le corps de Bran fondait autour du sien, le réchauffant, le réconfortant et le rendant fou. Car Jax avait vraiment l’impression qu’il allait imploser sous le joug des lèvres affamées qui jouaient avec ses nerfs, l’amenant au bord du ravin de la jouissance. Mais il ne tomberait pas. Pas tout de suite. Pas alors qu’il voulait faire durer (éternellement) le moment, conscient que la fin de leurs ébats les mènerait à un autre précipice : là où il lui faudrait regarder en bas pour voir ce que le futur leur réservait. Mais pas maintenant, pas tout de suite, se morigéna Jax. Cet instant était tout à lui, tout à Bran, tout à eux. Les yeux verts ne se focalisèrent sur Bran que lorsque celui-ci revint à sa hauteur, lui offrant le plus envoûtant des sourires, ceux auxquels Jax n’avait jamais pu résister. Pas plus qu’il n’avait pu le faire quand Bran lui parlait de cette voix rauque et habitée, qui réveillait des choses, tout au fond de Jax, comme un charmeur de serpent le ferait avec son reptile.
- Reste où tu es, lui souffla Jax d’une voix suppliante.
Il ne savait pas si c’était la peur de faire éclater le moment comme une bulle de savon s’ils bougeaient ou si c’était simplement parce qu’il se gorgeait entièrement de la vue de cet homme qu’il aimait tant et qui le surplombait. Il ne voyait que lui, que ses yeux bleus qui pouvaient se faire aussi limpide que l’eau claire que tranchants comme la glace. Là, Jax voulait se noyer dans leur tourbillon et s’il passa la main sous la cuisse de Bran, ce ne fut que pour l’inciter à se redresser légèrement, juste le temps de se guider en lui et de le laisser prendre le rythme qu’il voulait. Ils la connaissaient, leur danse, par cœur, et pourtant elle n’était jamais la même. La seule constance, c’était l’urgence dans laquelle ils avaient toujours dû s’aimer et Jax se demanda ce que cela ferait d’aimer Bran dans la simplicité de tous les jours, quand aucun nuage noir ne couvait au-dessus de leurs têtes, quand ils pourraient véritablement savourer leur union. Ça ne serait cependant pas ce soir et pendant que Jax se laissait aller dans le matelas, les yeux vissés dans ceux de son amant, il renonça à avoir peur de demain. Tout ce qu’il désirait était là, sous ses yeux, autour de lui, il ne voulait plus quitter le confort du visage de Brandon Rose. À la place, il laissa la vague grandir, d’abord lentement, puis plus rapidement, plus pressante, et il saisit Bran avec une force mesurée qui se coordonna avec leurs respirations altérées, avec leurs corps moites, avec leur danse endiablée, vers le point de non-retour, vers le point culminant de leur fusion, dont le seul espoir était désormais qu’ils jouissent ensemble, même si ce devait être la seule chose qu’ils faisaient véritablement ensemble.

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