you will never know the value of a moment until it becomes a memory


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 you will never know the value of a moment until it becomes a memory

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Alexis Henney
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MessageSujet: you will never know the value of a moment until it becomes a memory   Jeu 17 Aoû 2017 - 10:52

You will never know the value of a moment until it becomes a memory
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Dire que l’idée d’installer un babyphone dans la chambre de Lizzie n’avait pas traversé la tête de Penny aurait été un mensonge éhonté. Combien de fois l’avait-elle entendu pleurer au beau milieu de la nuit ces derniers temps ? Moitié moins de fois qu’elle ne l’avait surprise en train de regarder dans le vide, certes, mais au moins cent fois plus qu’elle ne l’avait entendu rire. Et ça l’inquiète. Ca l’inquiète, car Penny déteste savoir ses amis malheureux. Ca l’inquiète même un peu plus que si c’était n’importe qui d’autre, car Lizzie et elle, elles se ressemblent. Elles sont radieuses, elles sont drôles, elles sont toujours de bonne humeur. Elles sont stériles aussi. Elles n’en parlent jamais ensemble, mais cela ne change rien au fait que les colocataires semblent partager autant leurs défauts que leurs qualités. Et c’est sans aucun doute pour ça que Penny s’inquiète encore plus. Elle sait qu’elle ne se laisse pas abattre pour si peu, que c’est toujours quelque chose de profond qui la met dans des états pareils. Alors, elle se doute bien que pour Elizabeth, c’est pareil. Surtout que la jeune femme ne s’apitoie jamais sur son sort. Pourtant, demain, ça fera deux mois, jour pour jour, que Lizzie est triste tous les jours. Elle ne pleure pas tous les jours, mais elle n’est plus heureuse. Elle n’est même plus radieuse, comme si toute la lumière en elle s’était éteinte. Penny donnerait tout pour retrouver son interrupteur, ou apprendre à faire du feu et le déposer là, tout près de son palpitant pour lui donner un peu d’espoir. Mais la demoiselle n’a rien d’une boyscout, encore moins quand il s’agit d’aider quelqu’un qui ne veut pas mettre des mots sur sa peine. Alors, elle se contente d’être là. Toujours, tout le temps. Un petit post-it sur le frigo le matin précisant qu’elle a acheté les yaourts préférés de sa colocataire, un petit texto dans la matinée pour raconter une petite blague ou envoyer un meme qu’elle aura pas la soirée de la veille à chercher, un appel le midi juste pour entendre sa voix et jauger son degré de tristesse sur cette base, un petit passage avec son cupcake préféré l’après midi, son plat préféré dans le four le soir et un énorme câlin de bonne nuit avant d’aller se coucher. Certains jours, c’est tout à la fois. Quand vraiment ça ne va pas, quand elle sait que chaque minute de la journée sera une épreuve pour sa belle. Parfois, c’est seulement l’un de tous ceux-là. Mais elle s’efforce d’être là, sans l’étouffer. Et ce n’est évident. Par exemple, là, maintenant, alors que les trois heures du matin viennent de sonner, elle entend Lizzie, à travers les murs de sa chambre, en train de se tourner et de se tourner encore. Elle l’entend, retenir des sanglots, et l’image, la tête enfouie dans l’oreiller pour ne pas la réveiller. Mais Penny a le sommeil léger, et n’a jamais eu besoin de huit heures pour être en pleine forme. Alors, maintenant qu’elle sait le malheur de son amie, elle guette. L’avantage d’être infirmière est principalement que dormir en décalé n’est pas problématique ; au contraire, c’est une habitude. Penny soupire, tourne dans son lit à son tour, et hésite à se lever. Elle tourne encore, une fois, deux fois, dix fois, et se décide à se rendre dans la cuisine pour préparer deux chocolats chauds bien forts, et récupérer les cookies qu’elle a préparés le soir pour Lizzie. Peut-être que Penny exagère, que la situation n’est pas si terrible. Peut-être que Lizzie n’est pas si triste, et peut-être qu’elle n’est même pas en train de pleurer en cet instant. Mais dans le doute, la demoiselle préfère se montrer trop attentionnée que pas assez. Penny ne connait trop la douleur inégalable que l’on ressent, quand personne ne remarque que l’on est malheureux, pas même assez pour offrir un sourire compatissant. Une fois le lait chauffé (à la casserole, pas au micro-onde), elle y dépose trois grosses cuillérées de chocolat, puis des marshmallow, et dépose le tout sur un plateau avec les cookies. Elle se rend alors vers la chambre de Lizzie, et tend l’oreille, pour s’assurer qu’elle ne se soit pas rendormie. Pas certaine de son coup, elle gratte doucement contre la porte et murmure « Lizzie » de manière si discrète qu’elle était certaine de ne pas la réveiller – mais moins certaine que même éveillée, elle puisse l’entendre. Elle plaça alors le plateau au centre de sa main, et aussi délicatement que possible, appuya sur la poignée de la chambre de son amie pour l’entrouvrir et essayer de l’apercevoir. C’est alors une Lizzie, le visage toute humide, droite comme un i sur son lit qu’elle trouve, et son cœur se brise. Combien de fois Lizzie est-elle restée seule ainsi ? Lorsqu’elle travaillait de nuit, Penny ne pouvait veiller sur elle. « J’ai fait du chocolat chaud… » osa-t-elle, doucement en pénétrant dans la chambre. Elle posa le plateau sur la table de chevet de son amie, poussant quelques livres, et s’assit sur le rebord du lit. Elle offrit le sourire le plus tendre qu’elle avait en réserve à Lizzie, et essuya doucement ses larmes, mais à voir sa petite poupée pleurer de la sorte, Penny en aurait presque été émue aux larmes. « Oh ma chérie… » dit-elle, compatissante, avant de la serrer dans ses bras. Elle resterait là aussi longtemps que nécessaire. Et d’une manière ou d’une autre, elle finirait bien par trouver le moyen de redonner le sourire à Lizzie, même pour quelques secondes.

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Lizzie Abernathy

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MessageSujet: Re: you will never know the value of a moment until it becomes a memory   Mar 5 Sep 2017 - 20:25

Encore un cauchemar, un de plus sur la pile, mais au moins elle dort. Enfin, ses yeux sont fermés en tout cas, et son visage est tiré par une angoisse incompréhensible. Tout son corps est recroquevillé sur lui-même, comme si elle voulait disparaitre et s’enfouir le plus profond possible. Elle tient un coussin entre ses bras qu’elle sert fort, très fort, à s’en crisper les muscles de douleur. En général, c’est toujours la même scène qui hante ses nuits, avec des détails qui changent, mais pour un résultat identique. La pluie, l’odeur de la brume, la voiture qui s’échappe, la mort. Et lui. Lui qui meurt dans ses bras et qui lui murmure des mots qu’elle saisit à peine, ces mêmes mots qu’elle n’oubliera jamais. Il l’aime. Pourquoi ne l’a-t-elle pas su avant ? Pourquoi ne lui a-t-il pas dit ? Pourquoi a-t-elle pris le volant alors que la météo était catastrophique ? Si elle était restée pour prendre un dernier verre, elle l’aurait épargné. Mais toutes ses larmes sont incapables de le ramener, ou de défaire le passé, alors son esprit se charge de lui faire revivre ce cataclysme. Ce choc incandescent qui brûle ses paupières et lui laisse un gout de sang dans la bouche. Mais ce soir, ce n’est pas de ça qu’elle a rêvé. C’est l’autre problème, celui de sa folie, celui qui lui échappe et qu’elle ne comprend pas. Elle est au supermarché, elle est sortie acheter quelques bricoles car ça fait deux jours que son estomac est vide. La bouteille de lait en verre chute sur le sol, et plus rien. Le vide. Juste le vide, et un son qui lui vrille les tympans. Elle se retrouve ailleurs, littéralement ailleurs ; dans une salle de classe, au milieu d’enfants. Ce n’est pas le pire cependant, elle ne reconnait plus sa vie, ni ses amis. Ils ont tous changé, elle a changé. Elle ne sait pas si c’est en mieux ou en pire, mais elle a peur de ce qui se passe. Et chaque nuit quand elle va se coucher, elle espère que tout redeviendra normal à son réveil – ce n’est jamais le cas. Lizzie lutte, essaye de démêler les fils de son existence, et comprends qu’elle ne retourna pas là-bas, elle est coincée ici. Avec elle-même, contre elle-même peut être. Dans sa tête c’est compliqué, elle pense qu’elle est devenue folle, c’est la seule explication, et si elle se lève chaque matin en se promettant de ne pas paniquer et de faire semblant, elle a du mal. Ce n’est pas naturel chez elle, et il y a tous ces gens qui veulent l’aider et qu’elle ne connait pas… Et tous ceux qu’elle a connus mais qui l’ignorent. C’est drôle… Pas trop en fait... Ah ! voilà ça recommence. Dans trois minutes elle va pleurer, et essayer de se cacher dans son oreiller pour ne pas réveiller l’inconnue qui dort à côté. C’est faux. Ce n’est pas vraiment une étrangère, c’est sa colocataire, de ce qu’elle a saisi (et vu sur des photos), elles s’apprécient beaucoup. Elle a paniqué la première fois qu’elle l’a entendu dans l’appartement, elle pensait être seule. Elle a toujours vécu de son côté depuis qu’elle a quitté Ned et leurs parents, c’était son choix. La solitude lui a pesé sur les épaules tout comme l’absence de son frère, mais elle l’appelait tous les jours, sans faute. Mais cette clef qui tournait dans la serrure, ce n’était pas son ainé, mais elle, Penny. Elle est infirmière, c’est une gentille personne, l’amie que tout le monde voudrait avoir. Elle voit bien qu’elle fait tout pour lui faciliter la tâche, mais elle ne la connait pas, elle ne sait pas qui c’est. Ca y’est ça commence, trois – deux – un. Elle émerge de ses songes, avec des sillons humides sur ses joues, le souffle court.

Deux mois maintenant que cette situation dure, elle devrait être habituée au gouffre qui la poignarde, mais non. On ne s’habitue pas réellement à ce genre de choses si ? Elle devrait écrire ce qu’elle voit lorsqu’elle réussit à s’assoupir, ça peut être utile. Elle se redresse, et prends ses genoux contre sa poitrine qu’elle enlace, en posant son menton dessus. Dehors la lune est à son apogée, le soleil ne se lèvera pas toute suite. Elle a hâte, elle déteste la nuit, elle est synonyme de désagréments. Pourtant il lui semble qu’avant une partie d’elle aimait bien l’astre blanc et monochrome, mais c’est fini tout ça. Elle n’est même pas sure que ça ait existé. Nouveaux sanglots, elle renifle, et perçoit un grattement derrière la porte, elle se braque, et attends le cœur battant. « Lizzie » Elle voudrait parler mais rien ne sort, les sons restent bloqués dans sa gorge. Penny apparait et se glisse à l’intérieur avec prudence, comme si elle avait peur de toucher quelque chose et rompre le chaos ambulant. Une odeur de sucre flotte dans l’air, et l’accompagne à son chevet. « J’ai fait du chocolat chaud… » Voilà l’explication, c’est une bonne idée, elle raffole du chocolat, et son ventre grogne pour approuver. Son amie s’installe sur le bout de la couette en vrac, et l’observe de ses prunelles chaleureuses. Lizzie a honte, elle est mal à l'aise, et s’en veut de faire subir ça à son entourage. Elle aimerait leur dire que ça va – que ça va aller mieux – mais elle ne sait pas promettre l’irréalisable. Qui plus est à des gens dont elle n’a pas le moindre souvenir. C’est rageant d’être là assise, à se morfondre sur son sort alors qu’il y a des soucis plus graves. Elle lui laisse essuyer ses larmes avec délicatesse, c’est le geste le plus intime qu’elle ait concédé depuis… Depuis ça là. Ce truc qu’elle ne sait pas nommer. Elle lui fait penser à sa mère, avec ses mains douces, à l’odeur de camomille. « Oh ma chérie… » Elle ne dit rien et s’accroche à elle, à son étreinte, ça lui fait du bien. Ça a l’air réel. Le temps s’étire, les gouttes d’eau ont séché, et elle respire normalement. Elle l’abandonne, et renifle malgré elle, en tâchant de sourire. « Je suis désolée de… Merci. » Se contente t-elle d’ajouter, en prenant la tasse brulante dans ses mains. Quoi faire ? À part son prénom et une poignée de détails elle ignore qui elle est et ça lui suffit. Elle a remarqué toutes ses attentions à son égard, mais elle n’a pas eu la force de sortir de son antre pour la remercier, désormais c’est fait. « Est-ce que tu as déjà eu l’impression que le monde s’effondrait autour de toi et que tu ne pouvais rien faire ? » C’est à peu près ce qu’elle ressent là toute suite, l’étrange sensation d’avoir un lourd fardeau qui la retient dans une prison sans lumière. « Tout a changé et rien a changé. » Elle fixe un point sur le sol, la réalité la rattrape. Est-elle cinglée ? Comment sait-on si on l’est ? À quel stade faut-il s’inquiéter ?  Peut-elle le demander à Penny ?

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Alexis Henney
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MessageSujet: Re: you will never know the value of a moment until it becomes a memory   Dim 1 Oct 2017 - 14:26

Peut-être qu'être là n'est pas la solution. Peut-être qu'à se montrer présente de la sorte, Penny empêche son amie d'aller mieux. Ou peut-être l'agace-t-elle, et ce faisant, provoque des sentiments désagréables chez la jeune femme. Pourtant, une fois n'est pas coutume : Penny prend le risque de déranger. La plupart du temps, la demoiselle aimerait se faire invisible, terrorisée à l'idée de ne pas agir comme il faut, d'être trop.. ou pas assez... Parce qu'au final, son enfance pourrait être réunie comme ça : quelqu'un qui essayait trop d'être à la hauteur de ses familles d'accueil, sans jamais en contenter une seule. Et elle ne voudrait pas que le schéma se répète avec ses amis, ou avec quiconque d'ailleurs. Ce n'est pas, à ses yeux, une coïncidence si toutes ses histoires de cœur (elle ne saurait parler d'amour, en toute honnêteté) finissent mal, quand elles ne s'arrêtent pas avant même d'avoir commencé. Il y a un point commun à tous ses échecs, peu importe ce qu'on lui dit. Et elle le sait, Penny. Le problème, c'est elle. Elle est le dénominateur que l'on retrouve à chaque fois. C'est une idée qu'elle n'a jamais formulé à voix haute, se contentant de glisser des bribes de cette torture qu'elle s'inflige. Elle les entend lui dire que c'était un mauvais timing, que c'était parce qu'il était comme ceci, ou comme cela, mais Penny, elle sait. C'est parce que c'était elle. C'est malheureux, mais c'est ainsi. Elle tente donc comme elle le peut de se faire un peu plus discrète, sauf peut-être en la présence de Sebastian, qui semble être le seul à ne jamais se lasser d'elle, à la trouver trop ceci ou pas assez cela. Vraiment, Penny essaie. Ce n'est pas si facile de toujours devoir être à la hauteur de ce que les autres attends : personne n'attends jamais la même chose, et c'est un véritable calvaire parfois. C'est un véritable supplice de devoir rire aux éclats quand on a envie de pleurer, un défi aussi de ne pas montrer son excitation face à quelque chose quand on rêve pourtant de sauter au plafond. C'est dur aussi, de ne pas tomber amoureux quand on ne demande qu'à être aimé... Pour l'heure, cependant, Penny décide de mettre de coté sa peur de déranger, et se fait violence pour pénétrer dans la chambre de sa colocataire : Lizzie pourra toujours la mettre à la porte, si sa présence est dérangeante. Penny l'acceptera, le cœur un peu meurtri mais elle se montrera compréhensive. La rancune n'est pas quelque chose que Penny connaît – c'est dommage, cela lui épargnerait bien des vagues à l'âme. Alors, elle gratte à la porte, et sans même attendre une réponse, elle appuie sur la poignée. C'est idiot mais Penny en serait presque nerveuse. Pourtant, quand elle aperçoit le visage de son amie baigné de larmes, épuisé, et d'une blancheur inquiétante, toute nervosité est vite remplacée par de l'inquiétude et une profonde tristesse. Quand pourra-t-elle revoir un sourire sur le visage de sa Lizzie ? Elle s'installe, comme elle peut, tentant de ne pas envahir l'espace personnel de Lizzie, puis capitule : à part prendre la jeune femme dans ses bras, elle ne voit pas quoi faire. Alors, elle se penche vers elle, et la serre dans ses bras aussi fort qu'elle le peut. Penny se souvenait avoir lu quelque part que la réaction aux câlins n'était pas du tout psychologique, mais biologique. Le fait de sentir une pression sur son corps calmait les battements du cœur et relâchait de l'endorphine – ou une hormone de ce type – et permettait à celui-ci de se détendre pour mieux chasser les émotions négatives.  Et cela semblait fonctionner. En tout cas, Penny eut l'impression de sentir la respiration de son amie se faire un peu plus légère et régulière. D'une main tendre, presque maternelle, elle caresse les cheveux de son amie, lui susurrant de temps à autre que « tout ira mieux bientôt », tandis que d'autre, elle restait silencieuse, déposant des baisers, qu'elle voulait cicatrisant sur son cuir chevelu. Quand son amie s'éloigna, Penny hésita à la retenir, mais quelque chose ressemblant à un sourire se dessinait sur son visage, et Penny adorait cette vue. Elle haussa légèrement les épaules aux remerciements de son amie, ne sachant pas quoi dire. Il n'y avait pas de quoi la remercier : c'était tout naturel. Penny observe Lizzie prendre sa tasse de chocolat chaud, et regrette déjà de ne pas y avoir inséré plus de mini marshmallow... Ou peut-être en a-t-elle mis trop ? Mais elle n'a pas le temps de plus s'inquiéter de comment rendre ce plateau de réconfort un peu plus parfait, que Lizzie la surprend avec une question aussi révélatrice que déroutante. Un frisson parcourt l'échine de Penny, qui ne voit que trop ce qu'elle veut dire. Instinctivement, le regard de Penny se baisse vers ce ventre qui ne s'arrondira jamais. Elle se souvient parfaitement de ce sentiment, parce qu'elle le ressent encore si souvent. Chaque fois qu'elle croise un enfant ou une femme enceinte. Le seul avantage, c'est qu'il n'y a plus le choc de la nouvelle, et qu'ainsi, elle peut trouver la force de repousser ses émotions négatives jusqu'au fin fond de son être. Un sourire triste se dessine sur ses lèvres lorsqu'elle entend cette paraphrase de Lampedusa. La signification n'est pas exactement la même, mais l'idée est là. Penny soupire. Elles n'en ont jamais vraiment parlé, mais serait-ce temps pour elle d'aborder comment elle avait appris être stérile ? Ou, en tout cas, ce qu'elle avait ressenti en l'apprenant ? « Oui. » répond-elle au bout de quelques secondes, hésitante. Elle ne sait pas où aller, quoi faire, quoi dire après cette confession, mais il faudra bien trouver quelque chose à ajouter. Sans oser réellement regarder son amie, elle ajouta : « Il y a quelque chose qui meurt en toi, mais qui reste là. Comme... » Elle fronce les sourcils, cherchant la bonne comparaison. Sa main se pose sur son bas ventre, là où ses ovaires défaillants se trouvent, peu ou prou. Elle soupire, une nouvelle fois, car cela la force à penser à quelque chose qu'elle cherche à tout prix à éviter, mais qui ne quitte jamais pourtant son esprit. C'est dur, d'en parler. Mais si c'est ce dont Lizzie a besoin... Penny peut oublier ce dont elle a besoin pour les autres, et encore plus quand il s'agit de quelqu'un qu'elle aime : « C'est comme, tu sais, les amputés. On dit qu'ils sentent leur membre des années après qu'il soit coupé... » En tout cas, c'est comme ça que Penny le voit. Peut-être à tort. Peut-être que Lizzie le vit totalement différent. « Mais peut-être que parfois... enfin, peut-être que ça permet aussi de... mettre les choses à plat, de recommencer quelque chose, et... ca fait peut-être mal, pour qu'on puisse ressentir un vrai bonheur, pur, sans quoique ce soit pour le gâcher après ? » Elle termine sa phrase sur cette interrogation, parce que Penny, elle ne voit pas les choses comme ça. Elle pense sincèrement que cela peut être le cas – et que cela le sera pour Lizzie – mais pour elle, c'est différent. Il n'y a pas de silver lining dans sa stérilité. Cinq ans plus tard, elle n'en voit toujours pas. Mais était-ce vraiment un bouleversement comme Lizzie le disait ? Après tout, Penny était simplement passé de celle qui n'avait jamais eu de sa famille, à celle qui n'en aurait jamais... Rien n'avait changé, sinon ses projets d'avenir. « Si... si tu veux me dire ce qu'il s'est passé... tu peux. » Elle pose sa main sur celle de son amie, et précise : « Tu n'es pas obligée, mais tu peux. Je ne te jugerai pas. Pas plus que si tu veux le garder pour toi. » Penny, elle, s'était tue pendant des semaines, et continuait de se taire, sur ce point. Rares étaient les personnes à savoir cet aspect de sa vie. Certains de ses amis se demandaient encore ce qui s'était passé, cinq ans plus tôt, quand elle était à peine sortie de son lit, et qu'elle avait perdu toutes ses couleurs.

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