match made in heaven (bran).


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 match made in heaven (bran).

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Reilly Sadler

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MessageSujet: match made in heaven (bran).    Jeu 10 Aoû 2017 - 23:28

Sweet neighborhood,
Love, dreams made of.
It's a match made in heaven,
If they're gonna talk let 'em.
bran / reilly
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Reilly Rutherford avait toujours, d'aussi loin qu'elle pût se souvenir, été une piètre cuisinière. Ses notions se limitaient généralement à suivre une recette correcte, manquer de patience, rater une étape et finir par se faire livrer à domicile. Son éducation lui avait permis de s'épargner la perte de temps que représentaient les tâches ménagères, dans lesquelles elle incluait celle de la cuisine. Que certains puissent y trouver le moindre intérêt lui semblait particulièrement étrange, mais étant donné qu'elle avait cessé de trouver de l'intérêt à la majorité de son quotidien, cela n'avait rien de très surprenant. Aussi, lorsqu'elle avait appelé Brandon Rose pour l'inviter à un dîner aux chandelles, il était entendu, au moins de son côté, qu'elle ne mettrait pas un pied derrière les fourneaux et laisserait à son clone domestique le soin de préparer quelque chose de raisonnablement bon. Son seul caprice avait été la sélection d'un grand cru de vin rouge, choisi précisément parce que son époux l'adorait et attendait l'occasion idéale pour la servir. Manque de chance pour lui, Reilly l'avait trouvée, cette occasion idéale, et ne comptait pas attendre que Cal daigne jouer son rôle de mari. Il y avait quelque chose de terriblement excitant dans la perspective de recevoir chez eux l'un de ses amants – quand bien même elle trouvait la terminologie particulièrement floue. De tous les hommes qu'elle fréquentait plus ou moins régulièrement, Bran était de loin celui qui la laissait le plus perplexe. Arrogant autant qu'il était séduisant, il avait fait une habitude de ne pas se livrer à elle, de conserver sans en avoir l'air une forme de distance qui, naturellement, ne manquait pas de susciter la curiosité d'une Reilly peu habituée à ne pas savoir sur quel pied danser. L'occasion était trop belle : narguer son époux en invitant un autre homme au cœur de leur intimité de couple et prendre le temps de découvrir sur un tout autre plan Brandon Rose. A mesure que son mariage s'étiolait, Reilly prenait un malin plaisir à vivre dangereusement : savoir que Cal pouvait rentrer plus tôt que prévu et la surprendre en train de dîner avec quelqu'un qui n'était de toute évidence pas lui ajoutait une touche d'adrénaline à la situation. Elle s'était imaginée plusieurs fois quelle serait l'issue de la vie qu'elle menait depuis des mois à la barbe de son mari. S'intéresserait-il seulement aux activités extraconjugales d'une épouse qu'il délaissait au profit de son boulot ? Serait-il même capable de jouer les époux bafoués, de demander le divorce et menacer de tout lui prendre ? Tous les scénarios qu'elle jouait dans son esprit avaient un quelque chose de dramatique pour mieux lui faire oublier qu'en réalité, Cal ne verrait sans doute jamais qu'il rendait sa femme malheureuse au point de la pousser dans d'autres bras et, si cela devait arriver, il adopterait probablement le comportement le plus détestable : l'indifférence. A force, Reilly n'était plus certaine de savoir si elle le trompait pour le rendre jaloux, pour se sentir désirée ou simplement parce qu'elle n'éprouvait plus rien pour un homme qui avait choisi son travail et fermait les yeux sur la lente déchéance de sa femme.

Par habitude plus que par nécessité, elle avait noyé deux pilules sous une longue gorgée de vin blanc avant de jeter un regard noir à son clone qui l'observait avec politesse et une vague indifférence, comme pour le mettre au défi de dire quoi que ce soit. Naturellement, Lucy, le clone en question, n'était pas programmée pour réagir au fait que sa propriétaire ingurgite à intervalles réguliers des anti-dépresseurs dont elle n'avait pas vraiment besoin et gardait donc le silence qui convenait pour son rôle domestique. Reilly s'approcha de la cuisinière sur laquelle mijotait ce qui semblait être un plat raffiné – nettement plus raffiné que tout ce qu'elle était capable de faire – dont l'odeur se répandait à travers tout l'appartement. Satisfaite de ce qu'elle vit, elle s'autorisa un nouveau verre de vin avant qu'on ne sonne à la porte. Un sourire étira des lèvres rosées et elle tenta de vaguement lisser sa robe avant de laisser entrer Bran. « Tu es en retard » nota-t-elle calmement. Le contraire l'aurait étonnée et elle avait programmé la soirée en tenant du compte de ce fait. Si elle savait peu de choses à son sujet, au moins savait-elle qu'en plus de n'en faire qu'à sa tête, son égo légèrement surdimensionné le poussait à vouloir se faire désirer. Quant à savoir si ce n'était qu'avec elle, ou de façon générale, le mystère restait entier. Elle le dirigea d'un signe de la main vers l'immense pièce principale, faisant office de salon, de salle à manger et de cuisine tout à la fois. C'était elle qui avait choisi l'appartement, elle encore qui l'avait aménagé à son goût : minimaliste, froid, avec ses murs et tapis blancs, qu'une cheminée électrique rendait à peine plus chaleureux. L'endroit était à l'opposé de la maison dans laquelle elle avait grandi à New York, avec ses boiseries presque étouffantes. « Il n'y a rien de plus improbable que de partager un dîner aux chandelles avec toi, dans mon appartement. L'idée m'a plu précisément pour cette raison » fit-elle dans un sourire. Le regard de Reilly se posa par réflexe sur la photo de son mariage trônant sur une commande, blanche elle aussi, à côté de l'entrée. Là où elle aurait dû éprouver un pincement au cœur, une pointe de culpabilité ou bien de regret, elle resta désespérément vide d'émotion. Tromper son mari avait cessé de provoquer la moindre réaction en elle, signe qu'ils étaient sans doute arrivés au point de non-retour sans que ni l'un ni l'autre ne soit capable de le voir ou de l'accepter.

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Brandon Rose

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MessageSujet: Re: match made in heaven (bran).    Sam 26 Aoû 2017 - 15:39

Revenir à Mount Oak ne signifiait pas s'y établir de façon durable. Il s'agissait donc d'optimiser l'ergonomie du séjour  : les soucis secondaires comme se loger, manger et dormir étaient relégués en bas de la liste des priorités. En revanche, des problèmes essentiels comme rester en vie et se vêtir n'avaient pas de prix. C'était la philosophie de vie de Brandon Rose, qui n'avait jamais signé un bail de sa vie, ne tenait pas au courant des fluctuations du marché immobilier et qui aurait été des plus désemparés si on lui avait demandé de faire cuire un œuf. Il était probable que pour lui, le summum de la gastronomie ne se limite au concept de toast grillé (et généralement, il n'arrivait même pas à cette étape de la préparation, le grille-pain lui explosant toujours entre les mains pour une raison ou pour une autre – maladresse, balles de revolver malencontreuses, combustion spontanée). Hyperactif, il se contentait de micro-siestes dont il ressortait invariablement frais comme la rose et n'avait certainement pas passé plus de trois nuits consécutives au même endroit. Il finissait toujours par éprouver une irrémédiable angoisse, un appel du vide irrésistible et quelque stabilité qu'il avait, il la quittait, incapable de résister au chaos enchanteur de la vie de bandit de grand chemin (ou, dans son cas, de crapule high-tech). Ses seules constantes étaient sa garde-robe à l'épreuve du style et la certitude d'être plus malin que son voisin. Ainsi armé, et sans oublier l'éternel sourire à fossettes, il était le candidat parfait pour l'un des plus vieux rôles du monde : l'amant de la riche et triste femme mariée. Là où d'autres renâclaient à la tâche, la trouvant humiliante, Bran n'en voyait que les bons côtés : dîner gratuit, gîte agréable, compagnie délicieuse. Mais ce n'était pas tout ce qui intéressait Bran, encore moins dans le cas présent. Il n'avait pas jeté son dévolu sur Reilly Rutherford pour rien. S'il lui faisait une cour assidue depuis quelques temps, et qu'il se rendait chez elle ce soir, ce n'était pas pour ses beaux yeux – pas complètement, en tout cas. Elle possédait quelque chose qui l'intéressait grandement : un mari riche, puissant et en possession de nombreux secrets qui pourraient se révéler très lucratifs. En vérité, s'il avait pu, il serait directement allé à la source – mais Cal Rutherford, d'après ses informations, n'était pas intéressé par ses semblables et Bran n'avait pas eu d'autre choix que de reporter sur le second meilleur choix : sa femme, jolie comme un coeur et aussi triste qu'une fleur fanée. Se rapprocher d'elle avait été un jeu d'enfant, se glisser entre ses draps une formalité. Dès lors, il n'avait plus qu'à serpenter et à attendre le moment idéal – sur l'oreiller, généralement. Ce soir serait peut-être décisif, et c'était pourquoi Bran se dirigeait avec entrain – mesuré, tout de même, car il n'était pas désespéré, merci bien – vers la demeure de la jeune femme. Il était en retard, et il le savait parfaitement : n'importe quel gentleman cambrioleur était conscient que d'arriver à l'heure était d'une impolitesse rare. Autour de lui, Achaeron vibrait d'une certaine agitation qu'il reconnaissait vaguement : c'était après tout là qu'il avait habitué avant de partir pour l'internat. Mais ce qu'il avait connu – la maison de ses parents, le café où il avait l'habitude d'aller au lieu de se rendre en classe – semblait ne plus lui appartenir. Il était à des années-lumière de tout ça. Son passé lui apparaissait tellement fracturé qu'il éprouvait un sentiment d'irréalité à chaque fois qu'il y pensait. Et c'était bien pour ça qu'il n'y pensait jamais. Encore quelques pas le long de la rue, et il parvint à l'immeuble de Reilly. Le clone-portier lui demanda à quel étage il se rendait et Bran le laissa appeler l'ascenseur pour lui. Il observa l'humain synthétique pendant quelques instants, se demandant si dans son cerveau de nano-fibres, une connexion s'était faite, s'il soupçonnait le statut de Bran et ce qu'il faisait. Il était bien placé pour savoir que ces créatures étaient loin d'être idiotes mais il n'arrivait toujours pas à comprendre s'ils étaient capables d'émettre un jugement ou d'avoir une véritable opinion. Cependant, ces considérations philosophiques ne durèrent pas très longtemps : il parvint à l'étage de Reilly et une fois sorti de l'ascenseur, Bran focalisa toute son attention sur la soirée à venir. Il sonna à la porte et rapidement, une Reilly absolument délicieuse vint lui ouvrir. Elle était mignonne, du véritable sucre candi, et Bran jugea sévèrement son mari de la délaisser ainsi. Néanmoins, le malheur de l'un faisait le bonheur de l'autre et il entra avec un sourire charmeur. « Tout à fait. » confirma-t-il lorsqu'elle nota son retard, comme s'il s'agissait d'un accomplissement particulier. Il pénétra dans l'appartement d'un luxe froid – à l'opposé de ce qu'il aurait choisi, si jamais il avait eu un chez-lui, mais il avait abandonné l'idée depuis longtemps – et suivit Reilly, sans prêter la moindre attention au clone de maison. En observant sa maîtresse, Bran se dit qu'elle n'était pas beaucoup plus jeune que lui mais il y avait dans son attitude quelque chose qui lui rappelait l'adolescence, sans qu'il ne sache vraiment pourquoi. Dans une autre vie, Bran aurait pu la considérer comme autre chose qu'un moyen de s'enrichir, mais ce soir, malheureusement, c'était tout ce qu'elle était. Elle n'avait décidément pas de chance avec les hommes. La remarque de la jeune femme le fit néanmoins sourire et Bran haussa un sourcil amusé. « Dîner aux chandelles, jolie robe... Reilly, si je ne te connaissais pas, j'aurais peur que tu veuilles me mettre la bague au doigt. » Il l'observa se tourner vers sa photo de mariage, prédateur aiguisé et attentif, et suivit le regard de la jeune femme vers le cadre qui protégeait un cliché désormais réduit à l'état d'accessoire. Bran réduisit la distance entre eux et glissa deux doigts sous le menton de Reilly, la forçant avec douceur à le regarder lui plutôt que ce mensonge sur papier glacé qui menaçait de ramener la jeune femme à la raison. « L'idée me plaît aussi. » ronronna-t-il avant de l'embrasser. S'il avait su ce qu'elle éprouvait à cet instant, il aurait été surpris de constater à quel point ils s'accordaient sur un point : l'absence d'émotions. Embrasser Reilly, la toucher ou respirer son odeur ne provoquait rien chez lui. Il était comme engourdi, immunisé. Comme avec Ace quelques semaines plus tôt, ses sensations étaient purement mécaniques. Doucement, il se détacha d'elle et laissa glisser ses doigts sur sa tempe. « Tu me sers un verre, que je te fasse rire un peu ? » souffla-t-il en se mordant la lèvre, son sourire remontant juste assez pour creuser ses fossettes.

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'Cause we've been driving so long. I can't remember how we got here or how we survived so long. I'm tryna run from our pride, 'til you set fire to my atmosphere.

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Reilly Sadler

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MessageSujet: Re: match made in heaven (bran).    Lun 23 Oct 2017 - 0:16

Reilly avait depuis longtemps perdu toute sa candeur enfantine. La part d'innocence qui l'avait habitée tout au long de l'adolescence s'était évanouie lorsqu'elle avait compris qu'elle ne serait jamais qu'un accessoire un bras de Cal. Un accessoire élégant, parfaitement apprêté, très efficace en société, accomplissant son rôle sans jamais rien laisser paraître du néant qui la creusait jour après jour, mais un accessoire quand même. Il avait remplacé les sentiments par l'utilité, l'amour par le business, jusqu'à faire de sa femme l'équivalent d'une plante. On déplaçait Reilly, on lui faisait faire tout ce que l'on voulait, elle avait cessé de penser par elle-même bien des années plus tôt pour ne plus être qu'une poupée docile à trimballer ici et là selon les besoins. Les seules esquisses d'émotions, c'était auprès d'un autre qu'elle les ressentait. Le couple Rutherford était aussi idyllique sur papier glacé que cruellement vain dans l'intimité. Même lorsqu'ils partageaient le même lit, aucun geste d'affection ne venait entraver leur nuit de sommeil, leurs corps se frôlaient à peine – du moins lorsqu'ils ne consommaient pas leur mariage avec autant d'ardeur que deux morts – et même les rares baisers qu'il lui donnait pour lui dire au revoir le matin avaient le goût mécanique de l'habitude. Reilly aimait Cal, c'était un fait dont elle ne douterait jamais. Mais surtout, elle aimait son souvenir, celui du couple qu'ils avaient été, heureux, amoureux, authentique. A l'époque où Cal ne crevait pas de son ambition, il se montrait toujours attentif à elle, la posant sur un piédestal, l'érigeant en femme parfaite dont il ne serait jamais véritablement à la hauteur. Pendant longtemps, elle avait eu en main les rênes de leur relation, décidant quand, comment, à quelle intensité. Et puis Cal était monté dans l'échelle sociale, et l'avait fait brutalement redescendre de ce piédestal. Elle s'était brisée dans la chute et ne parvenait pas à réconcilier l'homme qu'elle avait connu, et celui qu'elle voyait chaque jour. A l'inverse de beaucoup de femmes, elle n'avait jamais douté de la fidélité de son mari, n'avait jamais craint qu'il ne la trompe dans les bras d'une autre. Etrangement, elle aurait préféré cela, elle aurait préféré être bafouée, humiliée, pouvoir crier, le frapper, se battre avec lui, tout plutôt que l'apathie totale dans laquelle ils vivaient. Alors elle compensait, dans les bras d'autres hommes. C'était elle l'infidèle, mais elle ne s'identifiait pourtant pas au cliché que l'on dépeignait traditionnellement. Si qui que ce soit se penchait sur la question de leur mariage et de ses tromperies, nul doute qu'il ne ferait pas de Cal la victime, mais bien sa femme subissant son indifférence jour après jour mais refusant d'abandonner définitivement leur mariage. Il ne s'intéressait pas même suffisamment à elle pour sentir le parfum étranger dans leurs draps, les changements lents mais tangibles qui s'opéraient en elle, ni les messages envoyés par des noms qu'il ne connaissait pas. Ce n'était pas par confiance, ni naïveté, seulement par une profonde indifférence. Peut-être se réjouirait-il de savoir sa femme désirée par d'autres hommes, songeait-elle parfois avec amertume, et même colère. Voilà à quoi en était réduit leur couple, un mari fier que sa femme le trompe, une femme lassée d'être invisible aux yeux de son mari. Brandon Rose trouvait naturellement sa place dans l'équation, dans le rôle sans doute prévisible de l'amant (d'un amant, en réalité, la liste tendant à s'allonger plutôt que l'inverse) venu distraire la pauvre épouse mourant d'ennui. Il jouait parfaitement son rôle, pas trop impliqué pour lui faire peur, pas trop indifférent pour perdre son intérêt, il incarnait la balance idéale, celle qui aurait pu permettre à Reilly de renouer avec son ancien elle si seulement elle en avait eu envie. Elle s'en trouvait encore bien loin, cependant, et se contenta d'embrasser son rôle à elle, flirtant ostensiblement avec l'amant sans jamais lui laisser l'opportunité d'entrer réellement dans sa vie. Elle s'en rapprocherait, mais jamais au point de commettre l'erreur de s'attacher. D'emblée, elle avait eu le sentiment que Brandon Rose était le genre d'homme dangereux, de ceux qui vous laissent croire sans jamais vous détrompez que vous serez l'unique, avant de reprendre son indépendance sans rien dire et de vous laisser avec les miettes de votre cœur. C'était la raison pour laquelle Reilly se méfiait perpétuellement de lui, sans pour autant bouder son plaisir de susciter son attention, fut-elle seulement momentanée. « A dire vrai, je ne suis pas certaine que le mari actuel s'en rendrait compte » répondit-elle de son ton éternellement maniéré dont perçait la froideur qui ne manquait pas de surgir lorsqu'elle évoquait son mari. « Il y a peut-être une opportunité à saisir » railla-t-elle en faisant tourner son alliance autour de son doigt. Elle ne l'enlevait jamais, même pas avec d'autres, comme pour leur rappeler – et se rappeler à elle-même, en vérité – qu'elle ne serait jamais que la femme d'un seul homme, que son corps et son cœur étaient deux entités bien distinctes et aucunement reliées l'une à l'autre. Elle se laissa embrasser avant qu'une ombre de sourire ne passe sur ses lèvres. Rien à voir avec un amusement quelconque, plutôt la réalisation qu'ils formaient un duo improbable. Elle acquiesça d'un signe de tête et se dirigea vers le bar. Elle aurait naturellement pu demander à son clone domestique de s'en occuper, mais sa confiance était particulièrement modérée en l'automate, elle préférait s'exécuter elle-même. « Qu'est-ce que je te sers ? » demanda-t-elle sans le regarder, plongée dans l'observation de l'interminable collection d'alcools de son mari. Elle songea que le fait de ne pas savoir ce que Bran buvait était symptomatique de leur relation, de toutes ses relations en vérité. Too cold to care. Elle ne s'intéressait plus que distraitement aux autres, là où elle aurait auparavant retenu la moindre pièce d'information à leur sujet. « Et j'attends que tu me fasses rire, je prends toute perspective de rendre cet endroit un peu plus chaleureux sans hésiter. »

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