you've begun to feel like home


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Jax Beauchamp

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MessageSujet: you've begun to feel like home   Mar 8 Aoû 2017 - 19:26

Comme à son habitude, Jax se gara au niveau de la rue perpendiculaire, à une cinquantaine de mètres du petit immeuble. Comme à son habitude, il arriva avec une dizaine de minutes d’avance. Défaut professionnel, sans doute. Jax Beauchamp n’était jamais en retard nulle part. Il s’arrangeait toujours pour être au rendez-vous dans les temps. Il n’aimait pas les imprévus, il n’aimait pas être attendu. Et puis, la seule fois où il n’était pas arrivé à l’heure, et même si ça n’était pas vraiment de sa faute, il l’avait amèrement regretté. C’était la fois où il avait tout perdu, d’un seul coup, sans qu’il ne puisse anticiper quoi que ce soit. Alors, depuis lors, Jax avait repris ses anciennes habitudes : il avait lorgné le cadran de l’horloge, de plus en plus souvent à mesure que l’heure d’aller chercher Maika approchait et, enfin, n’y tenant plus, il avait attrapé les clés de la voiture et avait quitté l’appartement. Il préférait encore patienter dans le véhicule, que de tourner en rond comme un lion en cage dans cet espace minuscule qu’ils partageaient à cause de lui. Il doutait qu’habiter une maison unifamiliale y aurait changé quoi que ce soit, cependant, mais ça n’était pas tant à lui qu’il pensait qu’au bien-être de Maika, qui aurait mérité bien mieux que cet appartement certes très fonctionnel mais également très impersonnel. Heureusement, la jeune femme avait su y mettre sa touche à elle, égayer ce décor qui, autrement, aurait été bien morne et fade, à l’image de l’existence que menait Jax Beauchamp jusqu’à ce qu’il la rencontre.
Jax coupa le moteur et émit un soupir de lassitude en se rencognant dans son siège, non sans jeter un coup d’œil aux chiffres lumineux qui formaient pratiquement la seule source d’éclairage tandis que, dehors, les lampadaires diffusaient un faisceau diffus sur la rue déserte. Enfin, déserte, pas tant que ça. L’œil averti de Jax capta un mouvement dans son rétroviseur et, même s’il avait parfaitement conscience qu’il n’y avait aucune inquiétude à avoir, il garda son attention focalisée sur la silhouette qui longeait les murs telle une ombre sans origine. Le regard fixe, les sens en alerte, le garde du corps suivit l’avancée sans bouger, même quand le corps malingre à la démarche légèrement oscillante passa à quelques centimètres du véhicule. L’inconnu, étranger nocturne sans intérêt, continua à évoluer comme s’il n’était pas maitre de toutes ses facultés et Jax en conclut que l’alcool devait déjà irriguer les veines du garçon errant dont la casquette était profondément enfoncée sur la tête. Une fois le paysage à nouveau immobile et muet, Jax sentit ses muscles légèrement se relâcher et il jeta un coup d’œil dans la rue où se tenait la fête.
Il n’avait pas tenu à y aller, comme toujours, et Maika ne l’y avait pas forcé. Elle avait dû s’y faire, depuis le temps qu’ils vivaient ensemble, drôle de couple étrangement assorti sur lequel personne n’aurait jamais parié. Ni lui ni elle, les premiers. Jax n’avait même pas envisagé qu’il puisse un jour vivre avec quelqu’un, encore moins une femme. Et cerise sur le gâteau : marié, en plus ! Pourtant, quand Maika lui avait fait cette proposition saugrenue, Jax n’y avait pas vraiment opposé la moindre résistance. Il avait d’abord été surpris, bien sûr, il avait cru à une plaisanterie, avant de constater qu’elle était sérieuse. Et la réponse avait fusé, sortie de nulle part. D’accord. Sans réel enthousiasme, sans réelle méfiance. D’accord. Pourquoi aurait-il refusé ? Elle ne lui demandait rien d’autre qu’un peu de compagnie, elle n’exigeait rien de lui. Vivre aux côtés de Maika s’était révélé encore plus reposant qu’il ne l’avait imaginé. Ils vivaient chacun leur vie, ne partageant finalement qu’un domicile commun, un lit assez grand pour qu’ils n’aient pas à se toucher, quelques heures quotidiennes où Jax était forcé d’émettre un son. En d’autres circonstances, il n’aurait plus usé sa voix depuis une éternité. Il continuait sa vie presque comme avant, à la différence qu’il rentrait plus tôt, au lieu d’errer dans Mount Oak. Il persistait à retrouver la compagnie masculine dans les recoins les plus sombres de la petite ville. Quant à Maika, ce qu’elle faisait de son côté, Jax n’en savait rien, il ne posait pas la question. C’était comme un accord tacite, entre eux. Pourtant leur mariage n’était pas dépourvu de sincérité. Au contraire, Jax avait l’impression de n’avoir plus été aussi sincère depuis longtemps. Et puisque ça n’impliquait pas de douleur aiguë au cœur, puisque ça n’impliquait pas de se rendre malade pour des conneries, il était gagnant, non ? Il vivait un mensonge fondé sur une base de douce vérité. Il était moins seul, même s’il refusait encore de côtoyer l’entourage de Maika. Il ne tenait pas à ce qu’elle subisse des questions à son propos, alors il l’encourageait à aller voir ses ami(e)s, mais il ne l’accompagnait jamais, se contentant de venir la chercher, comme ce soir.
Un nouveau coup d’œil lui indiqua qu’il était l’heure pile et il tourna le regard vers la rue pour apercevoir la silhouette fine et gracieuse de Maika qui se dirigeait droit sur la voiture. Il mit le contact et se pencha pour ouvrir la portière au moment où elle arrivait à hauteur du véhicule et il accueillit la jeune femme avec ce qui ressemblait à un sourire, même s’il était à moitié dissimulé sous les poils drus de sa barbe.
- Tu pouvais encore rester un peu, si tu voulais, lui dit-il en guise de salutation. Tu as passé une bonne soirée ?
Il aurait attendu avec une patience infinie. Il avait parfois l’impression d’avoir passé sa vie à attendre. Alors un quart d’heure de plus ou de moins, vraiment…

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MessageSujet: Re: you've begun to feel like home   Mar 15 Aoû 2017 - 3:11

Le dernier client s'en va avec son chat, rien de très grave, juste un rendez-vous pour remettre tout à jour. Maika aide à ramasser la clinique un peu et elle salut sa collègue qui reste plus tard aujourd'hui. Elle se dirige ensuite vers l'arrêt d'autobus, attendant ce dernier qui devrait pas tarder à passer. Moins de cinq minutes plus tard, une chance qu'elle a regardé l'heure en nettoyant sinon elle aurait dû attendre l'autre, elle est dedans, s'installant debout comme il n'y a plus de place assisse. Rien d'anormal, c'est l'heure de pointe. Elle sait conduire, mais elle ne voit pas l'intérêt d'avoir deux voitures dans un couple. C'est toujours pratique en cas de besoin, mais les secteurs où elle se rend le plus sont bien desservis, alors elle ne se plaint pas. Même avant de se marier, elle n'avait pas besoin de voiture très souvent. En cas de besoin, elle en louait une, ce qu'elle fait toujours. Elle n'a pas changé ses habitudes à cause du mariage, surtout avec la sorte de mariage dans lequel elle est. Elle ne rentre pas chez elle, elle va voir quelques amis pour une soirée sans but. Ce qui fait un moment que ce n'est pas arrivé. Habituellement, c'est pour un anniversaire ou une occasion spéciale. Cela faisait longtemps que personne n'avait pensé à juste : et tiens, ça fait longtemps qu'on s'est pas vu, on mange ? Ils ont réussi à avoir trois gardiens pour le total de la marmaille pour quelques heures. Et ensuite, il ne restait plus qu'à organiser ce qu'ils allaient manger.
Les heures passent, certains sujets sont abordés et elle est contente de voir l'heure à laquelle Jax doit venir la chercher se rapprocher. Elle dit au revoir, ce qui prend une dizaine de minutes le temps de se préparer, d'embrasser et de prendre dans ses bras tout le monde et de continuer de parler de différents sujets, comme ça, sur le bord de la porte. Puis, cette dernière s'ouvre, un dernier « bye » est dit et elle est sur le trottoir. Elle marche jusqu'à se rendre là où Jax doit l'attendre. Il n'est pas en retard, ce qui n'est pas surprenant, et elle se dirige vers le véhicule qui vient de démarrer et dont la portière ne tarde pas à s'ouvrir. Elle jette un œil à l'extérieur de la voiture, il n'y a personne qu'elle reconnaît. Elle s'installe donc sur le siège passager en souriant à Jax, sans être obligée d'en faire plus pour sauvegarder les apparences d'un jeune couple marié. Elle s'attache, tout en secouant la tête. Elle n'aurait pas voulu rester plus longtemps pour une assez bonne raison. – Ils se sont mis à parler de bébé... Sujet comme un autre avec l'âge de ses amis, surtout quand certains en avaient déjà un ou deux. Sujet qu'elle trouve un peu assommant, car elle, elle en a pas. Elle n'est pas très intéresse par ces derniers. Elle les aime bien, elle les adore, elle trouve qu'il n'y a rien de plus merveilleux... mais ce n'est pas pour elle. Elle ne se voit pas avec un. Ce n'est pas à cause de la conception, il y a plusieurs méthodes aujourd'hui pour cela, mais elle ne se voit pas être mère. – Du nôtre. ajoute-t-elle, un sourire en coin. Assommant effectivement.
Malgré toute la pression sociale à ce sujet, elle ne compte pas céder. Ça fait longtemps qu'elle n'en veut pas. Même petite, au jeu du papa et de la maman, elle ne voulait rien savoir du bébé, encore moins de la maman. Elle a toujours préféré les animaux. Le nombre qu'elle a pu ramener qui étaient blessés... elle ne s'en rappelle pas. Elle se rappelle très bien du regard de ses parents lorsqu'elle en ramenait, encore un autre. Elle n'a jamais compris qu'il ne fallait pas faire cela, elle a surtout compris qu'elle ne devait pas les montrer. Le cabanon dans le jardin a souvent fait office de cachette... qui ne l'a pas vraiment été au final, car pourquoi, à part pour cacher des animaux, aurait-elle eu besoin d'y aller ? Elle ne les ramenait plus dans la maison, c'était déjà ça. C'est devenu une habitude, et on venait même l'aider parfois ou juste regarder par curiosité.
– À part la fin, j'ai passé une bonne soirée. Elle a pu manger autre chose que du pain. Elle exagère, ce n'est plus le cas depuis quelques années, à présent que tous sont un peu plus habitués à son végétarisme/végétalisme, et qu'elle a influencé, sans le vouloir, d'autres qui ont décidé d'arrêter et de diminuer. Elle, elle trouve que la meilleure méthode pour faire changer la vision des autres, c'est de manger, tout simplement. De montrer qu'elle ne meure pas de fin et que la viande et les produits animaux en général ne sont pas si indispensables que cela. – Toi ? demande-t-elle, ensuite. Elle se doute de la réponse, mais on ne sait jamais, peut-être qu'il a fait quelque chose de spécial. – Mais tu vas devoir les voir un jour, sinon ils vont tous débarquer à l'improviste chez nous. dit-elle, d'un ton un peu trop sérieux. Elle blague, mais peut-être pas tant que ça. Elle ne peut pas prévoir ce qu'ils vont faire ou pas. Elle se doute bien qu'un jour, ils vont devoir se montrer tous les deux et jouer le jeu durant quelques heures, à force d'insister sur elle, elle va le faire sur Jax.

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MessageSujet: Re: you've begun to feel like home   Sam 19 Aoû 2017 - 17:07

Parfois, il craignait d’avoir enfermé Maika dans une vie qu’elle avait imaginée différente. Il guettait alors les réactions de la jeune femme, ne sachant pas trop ce qu’il y cherchait. Une once de déception, d’impatience, d’ennui ? Regrettait-elle ce mariage improbable, n’aurait-elle pas préféré garder la liberté de son célibat ? Il s’était déjà posé la question dans l’autre sens : aurait-il voulu faire marche arrière, ne pas avoir accroché son nom à cette femme qu’il ne connaissait finalement presque pas ? N’était-ce pas complètement insensé d’avoir accepté ce pacte, lui qui se liait si difficilement, qui ne laissait jamais entrer personne, ou seulement au compte-goutte, ce qui faisait que son entourage était particulièrement restreint ? Bizarrement, la réponse était non : il ne pensait pas à sa solitude avec nostalgie. Parce qu’elle ne l’avait pas entièrement quitté, déjà, mais aussi parce qu’il avait trouvé un certain confort dans ce nouvel équilibre. Et parce qu’avec Maika, le courant était passé immédiatement.
Il l’avait rencontrée chez le tatoueur. C’était quelques temps après l’incident, quand il avait compris que son acolyte s’était volatilisé dans la nature et que, cette fois, il ne réapparaitrait pas par magie, avec son sourire narquois et son regard perçant. Jax n’avait pas voulu y croire, au départ. Il avait continué à s’imaginer que ça n’était qu’une passade, que tout allait revenir plus ou moins à la normale, même si ça signifiait qu’ils ne faisaient plus équipe. Erreur fatale. Il aurait dû savoir qu’il valait mieux se fier à son instinct, surtout quand celui-ci lui dictait qu’il avait laissé passer une chance inespérée, celle d’être heureux, n’importe où, mais pas avec n’importe qui. Au lieu de quoi, l’ogre avait vu son amant s’envoler et son cœur s’était complètement déchiré, partant en lambeaux aux quatre vents. C’était en partie la raison de sa venue dans la boutique minuscule et sombre, où les ombres des arabesques hantaient les murs, où le siège de torture se révélait être un berceau pour celui qui cherchait à se souvenir éternellement en marquant sa peau à jamais. Ce qui était précisément ce qu’était venu faire le Louisianais. Marquer son épiderme non pas au fer rouge mais à la pointe experte, pour laisser une trace, puisque la réalité lui avait complètement échappé. Une rose. Une unique et minuscule rose, dessinée juste sous le pectoral gauche, une fleur pour effleurer ses côtes endolories par le manque. Personne ne saurait ce qu’elle symbolisait et il s’en fichait pas mal. Elle était à lui, cette relation avortée. Elle était tout ce qui lui restait de l’impudent. Et sur la chaise voisine, il y avait eu Maika et il s’était vaguement demandé ce qu’elle était venue oublier ou encrer sur sa peau. Il lui avait à peine adressé un regard, se contentant d’ôter son haut et de s’installer sur le cuir brûlant pour laisser au tatoueur le soin d’exercer son art. Ça n’avait pas été douloureux – ou du moins, il connaissait par cœur cette douleur-là – mais ç’avait été comme si on lui enfonçait chaque épine de la rose dans le corps. Là où elles continueraient à l’écorcher, chaque jour qui se passait sans qu’il ne sache ce qu’était devenu Brandon Rose. Tout aurait pu s’en tenir là si un garçon un peu trop envahissant n’avait pas commencé à importuner l’autre cliente et si, à bout de patience, lui qui refusait pourtant toujours de se mêler de ce qui ne le regardait pas, Jax n’était pas intervenu pour chasser l’emmerdeur.  Voilà à quoi ça tenait, la vie : une décision pour oublier le passé qui lui faisait rencontrer l’avenir, ironie du sort dont Jax Beauchamp se serait bien passé. Il ne se souvenait plus ce que Maika avait gravé sur elle ce jour-là, il se souvenait juste que lorsqu’elle lui avait demandé, quand elle avait été débarrassée du trouble-fête,  la raison de son choix – probablement la trouvait-elle incongrue, cette petite rose sur le corps de cet homme massif et taciturne – Jax n’avait pu retenir un grognement en déclarant que c’était à cause d’un petit con. Elle avait probablement tiré ses propres conclusions et il n’avait pas cherché à démentir. C’était à peu près la seule fois où il avait évoqué l’existence du jeune homme. Comment et pourquoi il en était venu à revoir Maika, Jax ne le savait plus vraiment. C’était arrivé, alors qu’il n’y avait rien de romantique entre eux. Ils s’étaient simplement compris et peut-être était-ce tout ce qu’ils demandaient de l’autre. Maika ne l’avait jamais harcelé pour en savoir plus que nécessaire et il lui avait rendu la pareille. Ça facilitait grandement leur vie commune mais aussi leur vie personnelle.
Mais même si leur couple n’était qu’une mascarade destinée à leur alléger l’existence à tous les deux, Jax en était venu à aimer Maika, à sa manière. Il la couvait d’un regard teinté de tendresse et n’aurait pas supporté qu’il lui arrive quoi que ce soit, raison pour laquelle il tenait à venir la chercher quand Mount Oak offrait des services convenables en matière de transports. Il voulait s’assurer que personne ne venait l’embêter, comme le jour de leur rencontre. Et puis, il n’aurait pas supporté de vivre dans cet appartement sans elle. Il s’était habitué à sa présence, à la savoir allongée près de lui, petit émetteur de chaleur rassurant et bienveillant.
La réponse de Maika le fit cependant grimacer quand elle évoqua les bébés dont ses amis s’étaient mis à parler. Il ne s’en cacha pas parce qu’il connaissait parfaitement son avis sur la question et parce que ça n’entrait pas dans l’équation de leur couple saugrenu. L’homosexuel et l’asexuelle. Si leurs amis avaient su, quelle tête auraient-ils tirée ?
- Je vois, lâcha Jax en quittant l’emplacement pour prendre la route du retour à Pairidaeza.
Qu’y avait-il à dire de plus ? Ils n’avaient jamais ouvertement abordé le sujet mais il semblait assez évident que la réponse allait de soi, pour l’un comme pour l’autre. Ça n’était même pas que Jax ne se voyait pas avoir d’enfant, c’était simplement qu’il ne voyait pas ce qu’il aurait eu à offrir à un petit être sans défense. Même un orphelin aurait été plus chanceux avec n’importe qui d’autre que Jax Beauchamp. Non. Ils étaient bien ensemble mais juste à deux, sans troisième roue du carrosse pour venir déséquilibrer leur quotidien.  
Et lui, qu’avait-il fait, demanda Maika et Jax secoua la tête en fixant la rue éclairée par ses phares. À quoi se résumaient ses journées, à lui, en dehors du trajet entre leur appartement et les lieux où il devait assurer ses surveillances ? Il s’esquivait parfois pour aller dans des endroits dont il préférait qu’elle ignore l’existence, pour s’adonner à des actes dont il préférait ne pas nourrir son imagination. Elle pouvait savoir qu’il aimait les hommes – un homme – ça ne voulait pas dire qu’il voulait qu’elle entrevoie ce qu’il fabriquait avec eux.
- J’ai nettoyé la voiture, se contenta-t-il donc de dire, sur un ton un peu ironique.
Il jeta un coup d’œil en direction de Maika pour évaluer le degré de sérieux de son allégation. Il ne sut dire si elle plaisantait ou non, elle avait ce don. Sceptique, Jax fronça les sourcils et se racla la gorge en reportant les yeux sur la route.
- Qu’est-ce qu’il y a ? L’excuse de mon emploi du temps ne leur convient plus ? demanda-t-il comme s’ils parlaient du beau temps. Tu peux leur dire que je ne cause pas beaucoup et que ça ne vaut donc pas la peine de se fatiguer, ça ne serait pas un mensonge, après tout.
Jax eut un rictus plus qu’un sourire. C’était même un peu trop vrai. Il doutait que leur curiosité soit satisfaite s’il consentait à les rencontrer. Pire, ils risquaient d’assaillir Maika de questions pour savoir ce qu’elle fichait au bon dieu avec un type pareil. Et que pourrait-elle leur offrir comme réponse ? Qu’elle l’avait précisément pris parce qu’il ne lui posait pas de souci, parce qu’il ne cherchait pas à la caresser et à l’embrasser ? Pourtant, il savait l’affaire inévitable. Il était naturel que ses amis s’interrogent ou s’inquiètent pour elle. Ils allaient finir par croire qu’elle le leur cachait quand la vérité était beaucoup plus simple, bien que moins facile à avaler.
- Est-ce que tu essaies de me faire passer un message ? finit-il cependant par demander avec une certaine réticence.
Il n’était pas certain de vouloir connaitre la réponse mais sentait bien que tôt ou tard, ils y viendraient. Alors pourquoi pas tout de suite ?

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MessageSujet: Re: you've begun to feel like home   Mer 30 Aoû 2017 - 5:02

Deux mots. Deux petits mots. Deux petits mots avec une seule interprétation, très claire à comprendre. Jax n'est pas très content du sujet « bébé ». Maika, elle, ne l'a pas pris autant au sérieux. Ça ne va pas arriver, pas de son corps tout du moins. Quelque chose lui dit, que cela est un sujet vraiment sérieux pour le jeune homme. Jeune homme qui a nettoyé la voiture, elle n'a pas vu la différence, mais à moins que la saleté soit vraiment flagrant (passage dans de la boue, ou plein de poussière) elle le remarque rarement. – Okay. dit-elle, tout simplement, ne sachant pas trop quoi rajouter d'autres. Ce n'est pas très important pour elle. De base, elle n'est pas très fan de ce genre de nettoyage. Autant attendre qu'il pleuve et le faire ou bien ramasser l'eau de pluie et s'en servir. Il est vrai que bien qu'elle a un permis de conduire, elle n'a jamais eu sa propre voiture très longtemps. Celle qu'elle a eu après avoir eu son permis, elle n'a pas tardé à la vendre pour pouvoir avoir plus d'argent pour aller à l'université, sans que ses parents soient obligés de tout payer. Certes, la vente de sa voiture, déjà usagée, n'a pas permis de la faire devenir très riche, mais cela a tout de même couvert quelques dépenses. Elle n'y connaît donc pas grand-chose en lavage de voiture. Peut-être que c'est très important pour qu'elle puisse bien rouler, question d'aérodynamisme. Elle ne peut vraiment pas dire.
De toute façon, il y a plus urgent. Elle a dit quelque chose pas très sérieusement et lui, il saute au plafond. – Hum... fit-elle, ne sachant pas trop quoi dire. – Ils disent rien... y'a juste des regards. Ce qui est vrai, des regards à chaque fois qu'elle invoque le travail qu'il fait. Elle le regarde, fronçant des sourcils après le nouveau commentaire, question ou accusation, elle ne sait pas trop comment le prendre. – Depuis quand j'dis pas les choses directement ? répond-t-elle. Il peut lui reprocher toutes sortes de choses s'il le veut, mais pas l'honnêteté. Elle se sent presque insultée qu'il ait pu penser cela d'elle. Elle est capable d'adoucir la vérité, de prendre certains détours mais elle la dit, de manière directe ou non. Alors, elle n'a aucun message à faire passer au jeune homme, il s'inquiète pour rien. Elle fait juste l'avertir d'une éventuelle possibilité. Éventuelle possibilité dont elle ne sait même pas s'il est, justement, possible qu'elle arrive, car, ça ne fait pas si longtemps que cela qu'elle est à Mount Oak et donc qu'elle les connaît. Alors, ils peuvent la surprendre de bien des façons, que ce soit en faisant quelque chose ou en ne faisant rien. Elle est loin de les connaître par cœur. – J'te fais passer aucun message. fut ensuite rajouté, quelques secondes plus tard, afin de confirmer ce qu'elle vient de dire. Juste au cas cela n'aurait pas été clair. Elle a juste parler d'un futur potentiel, ou non. Elle est de pouvoir les juger correctement. Elle regarde par la fenêtre quelque instant, regardant défiler les autres véhicules, les passants, les lumières, les vitrines. Ils s'arrêtent à une lumière rouge et elle reporte son attention sur le conducteur. – Ils vont pas te manger, juste au cas. rajoute-t-elle, presque tout de suite après, d'un ton moqueur. Il a le droit ne pas vouloir les rencontrer lorsqu'elle va les voir, mais elle trouve qu'il a eu une réaction assez exagérée pour le peu qu'elle a dit. Elle a l'impression que ça cache quelque chose. Le nettoyage de sa voiture ne s'est pas bien passée ? Il a rayé la carrosserie ? Il a manqué de savon ? Il a manqué de temps pour bien frotter ? Que d'options dans ce nettoyage de voiture, elle ne pensait pas que cela pouvait être aussi compliqué.
– T'as quelque chose à me dire ? lui demande-t-elle, à son tour. Peut-être qu'il veut aborder un sujet avec elle, mais il ne sait pas comment le faire alors, il s'emporte sur n'importe quoi, cela peut arriver. Elle a été la première à le faire avec ses parents, ou son frère et sa sœur, avant de se décider de ne plus tourner autour du pot. – T'as peur de quoi ? demande-t-elle, pour rajouter un peu d'huile sur le feu. Après tout, tant qu'à parler, autant le faire complètement. – Qu'ils t'apprécient pas ou qu'ils t'apprécient ? complète-t-elle, avant de lui laisser le temps de répondre. Les deux peuvent parfois être assez effrayant tout dépendant de ce que l'on souhaite ou non.

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Jax Beauchamp

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MessageSujet: Re: you've begun to feel like home   Ven 1 Sep 2017 - 14:48

Etrangement, il n’avait jamais eu de mal à parler avec Maika. Il ne s’ouvrait pourtant pas, ne dévoilait pas les ombres de son passé, discutait rarement de l’avenir. Leurs conversations, sans être banales, restaient dans un périmètre de sécurité qui permettait au garde du corps de ne pas redouter ce qu’allait dire la jeune femme dès qu’elle ouvrait la bouche. Et puis, il aimait son naturel franc, elle n’avait pas peur d’exprimer les choses, Maika, et, en ce sens, elle le complétait, lui qui n’ouvrait jamais la bouche pour étaler ce qui le tourmentait. Cela restait au creux de sa poitrine ou dans un coin de son esprit, ça pataugeait dans un marais stagnant, ça pourrissait même parfois. Ça pouvait concerner un souvenir d’enfance, là-bas, en Louisiane, sous la domination d’un père alcoolique et incapable de montrer le moindre geste d’affection. Même pour sa femme, qu’il aimait pourtant profondément, Jax le savait. Mais c’était un homme faible, un paresseux qui dilapidait sa paie en alcool et jeux où il perdait invariablement. Parfois, Jax craignait de tourner aigre comme lui, parfois il percevait les ondes qui s’entrechoquaient en lui et qu’il devait museler avec force. Une force qui lui était précisément donnée parce qu’il savait de quoi étaient capables les Beauchamp : la facilité avec laquelle ils s’autodétruisaient, la noirceur de leur vision du monde. Même sa mère avait eu ses travers, même si elle était douce et magnifique. Elle aurait dû quitter leur père et partir avec eux, au lieu de quoi elle avait subi son joug jusqu’à la fin de sa vie, impuissante à sauver ses propres gosses de cet enfer familial. Quand Bran et les regrets que Jax lui associaient ne lui obscurcissaient pas l’âme, c’était là ce qui le préoccupait le plus. Ce passé flou et sombre qui s’éloignait et qui, pourtant, ne le quittait jamais vraiment. Fallait-il imputer son inaptitude à s’engager à ce modèle conjugal bancal et mal assorti ? La preuve que non puisqu’il était désormais marié. À moins qu’il ne se leurre en essayant de trouver le moindre réconfort dans ce couple factice ? Jax l’ignorait. Tout ce qu’il pouvait admettre, c’était qu’il avait eu de la chance de rencontrer Maika. Un(e) autre aurait-elle/il pu supporter son mutisme boudeur et son regard lointain ?
Toutefois, Jax savait pertinemment qu’il ne pouvait pas se cacher éternellement derrière des remarques ironiques et des phrases détournées. Ce soir, particulièrement, il voyait bien que quelque chose trottait dans la tête de Maika et il aurait été lâche de sa part d’ignorer les signaux évidents. La vague plaisanterie à propos de la voiture ne frôla même pas la passagère, la preuve qu’elle avait autre chose à l’esprit et que ses dérobades n’auraient aucun intérêt sinon repousser une discussion qui devait visiblement avoir lieu. Les yeux clairs du Louisianais caressèrent le visage de son épouse et il se demanda s’il l’avait vexée – si c’était le cas, il savait que ça ne durerait pas, elle était bien trop libre pour se cantonner longtemps à des récriminations, quelles qu’elles soient. Jax lui jeta un coup d’œil teinté d’incertitude mais ne chercha pas à rouvrir le dialogue. Après tout, elle n’avait pas tort, c’était lui qui sautait les étapes pour des conclusions hâtives qui, si ça se trouvait, n’étaient qu’une excuse pour discuter, rien de plus. Lorsque Maika reprit la parole, alors qu’ils étaient arrêtés à un feu, Jax la regarda sans ciller, tentant de sonder les yeux sombres de la jeune femme. Il n’avait pas envie qu’ils se disputent, il aimait leur douce cohésion, leur complicité sans heurts. Sa remarque fit sourire Jax qui songea qu’ils auraient bien du mal, vu sa carrure. Elle inversait les rôles : n’était-il pas habituellement l’ogre dont on redoutait l’approche ? Ses amis, il les imaginait tous un peu à son image à elle, des gens paisibles, qui savaient prendre la vie comme elle venait, qui ne passaient pas leur temps à ruminer. Il ne s’attendait cependant pas à un retournement de situation comme celui-là et lorsqu’elle lui renvoya la question, il se rembrunit légèrement, reportant son attention sur la route quand le feu passa au vert et qu’il fallut redémarrer.
De quoi avait-il peur ? lui demanda-t-elle et il fronça imperceptiblement les sourcils, n’ayant aucunement associé son désir de rester à l’écart à une peur quelconque mais ne venait-elle pas précisément d’appuyer sur la corde sensible ? Cela ne résumait-il pas, au final, son incapacité à se lier aux autres, à aller de l’avant, à saisir une opportunité quand elle lui était offerte sur un plateau d’argent ? Jax décocha une œillade incertaine à Maika et haussa les épaules en secouant furtivement la tête :
- Tu le sais très bien, je ne suis pas doué pour faire la conversation. Ils vont se demander ce que tu fiches avec un type comme moi et, alors, qu’est-ce que tu vas leur dire ? Tu vas leur raconter comment on s’est rencontrés, pourquoi on s’est mariés ?
Pourtant, était-ce donc si compliqué de donner le change ? De rencontrer ces gens, d’accepter un verre et de s’asseoir sur un joli canapé ? De trouver des sujets de conversations universels ou de répondre à leurs questions ? Peut-être était-ce cela qu’il redoutait le plus : d’avoir à répondre, expliquer qui il était, d’où il venait, ce qu’il faisait comme boulot. Rien de tout cela ne l’enchantait guère. Il n’avait rien d’intéressant à raconter, aucune anecdote hilarante pour détendre l’atmosphère ou détourner la conversation. Il n’avait pas envie de leur exposer qu’il était le fils d’un alcoolique notoire et que sa mère était décédée trop jeune d’une maladie mal soignée. Il n’avait pas envie de dire qu’avant d’être garde du corps dans l’entreprise des clones, il était un malfrat qui vendait ses services au plus offrant, peu importe l’objectif. Il n’avait pas envie de leur dire qu’il avait couché avec son acolyte et qu’il en était tombé lamentablement amoureux. Il n’avait pas envie de leur avouer qu’il vivait au bord d’un gouffre depuis leur rupture et que son seul point d’ancrage était Maika Beauchamp.
- Je me fiche pas mal qu’ils m’aiment ou pas. Si je peux t’éviter de te retrouver dans une position où on juge tes choix de vie, je préfère simplement le faire, lâcha-t-il le plus sérieusement du monde.
Il savait qu’il n’avait pas à s’inquiéter pour elle, cependant. Il n’avait jamais rencontré de personne plus indépendante qu’elle, il aurait dû savoir qu’elle pouvait tout affronter, tout gérer. Alors peut-être qu’elle voyait juste et qu’il se dissimulait derrière des excuses minables pour ne pas avoir à passer sous le crible de la curiosité d’inconnus. Il avait toujours évité de le faire jusqu’à présent et n’aspirait pas à ce que cela change. Il poussa néanmoins un long soupir et concéda, bon gré mal gré :
- Après, si tu me dis que tu as envie que je les rencontre, je ne vais pas refuser.
Jax la regarda quelques secondes puis reporta son attention sur la route. Au final, il ne savait plus ce qu’elle voulait vraiment : si elle avait simplement dit cela sur le ton de la conversation et que celle-ci avait dévié à cause de son attitude étrange ou si elle voulait vraiment qu’ils exposent leur couple ailleurs que sur un papier légal et une sonnette d’un appartement.

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MessageSujet: Re: you've begun to feel like home   Sam 9 Sep 2017 - 5:03

Jax ne répond pas à la question. Il semble le faire, mais il n'y répond pas. Il ne dit pas qu'il a peur ou qu'il n'a pas peur. Il tourne autour, dit ce qu'il lui a déjà dit, se réconfortant dans cela, celui qui lui fait toujours penser qu'il a peur de se faire aimer ou de ne pas se faire aimer. Maika ne sait pas pourquoi il a peur à ce point, de son point de vue, il est très correct. Sinon, elle ne lui aurait pas proposé de se marier pour leur aide mutuelle. Il faut juste le gratter un peu et le découvrir. Il s'inquiète pour rien, c'est ce qu'elle en conclue après avoir écouté ses « raisons ». Il ne fait pas dans l'original. Elle a l'impression d'entendre un enregistrement mis en boucle. Quelque chose lui dit qu'il y a plus profond et compliqué que cela. Elle ne sait pas si elle veut creuser ou pas. Elle veut surtout commencer par lui faire changer d'arguments... d'autant plus que toutes ses questions ont été abordées et ont eues des explications. – Je leur en ai déjà parlé. dit-elle. Ce n'est pas parce qu'il n'est pas là qu'elle ne parle pas de lui, enfin qu'on ne lui pose pas des questions sur lui. Elle répond, naturellement, qu'elle femme ne parlerait pas de son mari ? Elle ferait une bien piètre épouse si elle ne le faisait pas. – C'est parce que tu me fais grimper aux rideaux. lui apprend-t-elle, lui faisant un clin d'œil et ensuite un regard aguicheur. Elle peut faire semblant, elle l'a très souvent fait, alors simplement en parler ne la dérange pas du tout. – Et parce que je me sens bien avec toi... et que j'peux pas l'expliquer. C'est presque toute la vérité. Ce l'est toute, sauf pour les rideaux. Enfin, il l'a déjà aidé à arranger les rideaux, mais ça n'a pas le même sens.
– Qu'on s'est rencontré chez le tatoueur. Pourquoi mentir à ce sujet ? Après tout, ils ont tous les deux des tatouages, ce n'est pas impossible qu'ils aient été à un moment identique au même endroit. – Un type me draguait, il voulait pas me lâcher, t'es arrivé. continue-t-elle. Elle a dit la vérité, à quoi ça sert de mentir sur une rencontre qui, à ses yeux, n'a rien de gênant. Il y a pire comme contexte. Elle ne comprend pas pourquoi il s'inquiète de quelque chose. Elle n'a pas parlé du « petit con », ils ne connaissent pas tous ses tatouages, alors ça peut être n'importe lequel. Elle ne comprend pas pourquoi il s'emporte comme ça, son secret est bien gardé. C'est juste que, bien souvent, les meilleurs mensonges sont ceux qui se rapprochent le plus de la vérité et dans ce qu'elle a dit, ce n'est que la vérité. Il n'y a que quelques bouts qui sont faux ou cachés. Bouts qui risquent de ne jamais être découverts, car c'est pour eux qu'ils sont mariés. Ses amis n'ont aucune raison d'arriver à le savoir, comme elle n'a jamais parlé de son orientation et que Jax ne veut pas parler de la sienne. Ils ne la connaissent pas depuis très longtemps, alors ils n'ont pas de questions sur pourquoi Jax ? Ici, il n'a pas à s'en faire. C'est pour ceux qui la connaissent depuis plus longtemps qu'il devrait. Elle n'a pas habitué les personnes de Los Angeles, encore moins sa famille, à elle en couple depuis quelques années. Par contre, elle ne pense pas que de le lui dire soit la meilleure des idées.
– Tu vois, c'est simple. Tout est déjà dit. s'amuse-t-elle. Elle ne pense pas avoir pensé à tout, elle a juste répondu aux interrogations à propos de son mari invisible. – J'dois pas parler de mon mari ? Parce qu'il fait partie de son choix de vie, pour en cacher un autre. S'il ne veut pas, il est vraiment trop tard. Elle s'est moulée comme elle le peut dans le rôle de l'épouse comblée. Parfois, elle oublie, mais elle fait de son mieux pour que rien ne soit soupçonné.
– Tu fais comme tu veux... mais j'peux pas les contrôler. Ce qu'elle a pensé un peu plus tôt n'a pas changé, elle ne sait pas si c'est leur genre ou pas de débarquer comme ça. Ou qu'ils insistent tellement que pour les faire taire, Jax va devoir se montrer. – Par contre, tu vas peut-être apprendre l'humour si tu les rencontre. dit-elle, dixit celle qui n'a pas compris le lavage de voiture*.

*Coupable ! xD

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MessageSujet: Re: you've begun to feel like home   Jeu 21 Sep 2017 - 21:34

Même si Maika lui facilitait la tâche, même s’il trouvait plus aisé de discuter avec elle qu’avec quiconque – à une exception près – Jax n’en restait pas moins réticent lorsqu’il s’agissait d’ouvrir la conversation, d’échanger sur des points qui en valaient la peine. Il était habitué à son propre silence, à malaxer les émotions et les pensées à l’ombre de son esprit torturé, là où personne ne pouvait même entrapercevoir qu’il était plus qu’une large carcasse taciturne, qu’il n’était pas qu’un vieil ours mal léché. Mais peut-être avait-il trouvé la cohabitation avec son épouse aisée parce qu’ils n’avaient jamais eu à aborder de vrais sujets (et par là, il songeait à des sujets qui le touchaient de trop près et qu’il redoutait de dévoiler). Ça n’était pas seulement sa fragilité qu’il cadenassait derrière ses lèvres butées et son regard bougon, c’était aussi tout ce qu’il refusait d’admettre, de voir ou même d’envisager. En les rangeant dans un coin de sa mémoire, bien résolu à ne pas y toucher, Jax se protégeait comme il pouvait. Mais pouvait-il le faire éternellement ? Il devenait évident que non. Un jour ou l’autre, il faudrait bien qu’il donne la clé à quelqu’un. Il n’était juste pas certain que Maika souhaite vraiment connaitre son passé trouble et ce qu’il dissimulait derrière ses vagues plaisanteries. Avec d’autres, cela aurait peut-être suffi mais Maika n’était pas n’importe qui et même sans qu’elle lui réponde, il sentit bien qu’elle n’était pas dupe, qu’elle le laissait se dérober, pour l’instant, mais qu’elle n’abandonnait pas la partie pour autant. Peut-être essayait-elle de trouver un autre stratagème. À moins qu’elle se contente de le sonder, de son regard vif et pénétrant. Elle était bien capable de découvrir la vérité sans même qu’il ne l’énonce, songea le garde du corps en se rencognant dans son siège, les yeux dardés sur la route.
Lorsque la jeune femme reprit la parole, Jax lui décocha une œillade incertaine, se demandant ce qu’elle pouvait bien sous-entendre. Et il ne tarda pas à avoir la réponse. Une lueur surprise traversa le regard de l’ancien homme de main mais un sourire amusé vint presque aussitôt lui chatouiller les lèvres. Jax secoua la tête, une moue légèrement incrédule s’invitant sur ses traits fermés. C’était précisément cette répartie qu’il aimait tant chez elle. Ce naturel désinvolte, cette simplicité d’être sans qu’elle soit le moins du monde ennuyeuse. Elle était vive, piquante, elle n’avait besoin de personne, même pas de lui, il le savait. Et pourtant, pour une raison étrange et saugrenue, ils étaient ensemble, ils formaient ce couple singulier et elle lui apportait la chaleur nécessaire pour réchauffer son cœur meurtri. Le sourire de Jax s’épanouit lentement, comme une fleur. Elle résumait là parfaitement leur relation : parce qu’ils se sentaient bien l’un avec l’autre, parce qu’ils ne pouvaient pas l’expliquer. Et parce qu’ils n’exigeaient, n’attendaient rien de l’autre sinon cette présence réconfortante et bienfaisante. Douce, paisible. Bienvenue.
Jax continua à l’écouter en acquiesçant distraitement. Cela semblait si simple, lorsque ça sortait de sa bouche à elle. Pourquoi fallait-il qu’il complique tout avec des réticences inutiles, avec des peurs sans fondements ? Il haussa les épaules, incertain de la réponse à offrir. Bien sûr qu’elle avait raison. Que c’était simple, que tout était déjà dit, qu’il s’inquiétait pour rien, qu’il inventait des problèmes là où il n’y en avait pas. Mais comment lui avouer que sa vie n’avait jamais été simple ? Qu’il n’avait pas appris à se comporter comme un type normal en société ? Qu’il s’était toujours réfugié dans l’ombre et qu’il ne semblait pouvoir entretenir qu’une ou deux relations à la fois ?
- Si, tu as raison. Ce serait plus étrange que tu ne parles pas de moi, j’imagine, concéda-t-il en lui adressant un bref coup d’œil.
C’était une sorte d’abdication mais que pouvait-il répondre d’autre ? Il avait tort, il se mettait dans une situation gênante à vouloir se soustraire à tout prix à une rencontre alors qu’il n’y aurait certainement pas mort d’homme s’il acceptait de ne serait-ce qu’aller boire un verre avec les amis de sa jeune épouse. L’idée ne l’enchantait pourtant toujours pas mais il n’avait plus aucun argument à opposer à la suggestion. De toute façon, Maika sembla juger qu’il n’était plus utile de s’appesantir sur le sujet et Jax ne sut s’il devait se sentir soulagé ou embarrassé par la tournure qu’avait prise leur discussion. La conclusion de la jeune femme lui arracha cependant un léger hoquet de stupéfaction et il haussa les sourcils, faussement outré :
- Je te demande pardon ? Parce que je n’ai pas d’humour, peut-être ?
Pour la première fois depuis longtemps, Jax se laissa aller à rire de bon cœur et il se surprit lui-même à apprécier l’ambiance qui habitait la voiture. Malgré la gêne qui l’avait mis sur ses garde, il était assez détendu pour apprécier l’échange, pour réaliser qu’il avait de la chance, au fond, d’avoir rencontré ce petit bout de femme et il lui jeta un autre coup d’œil, un sourire au coin des lèvres, sans se rendre compte que, en même temps, sa main droite frottait machinalement le minuscule tatouage qui ornait sa peau, juste sous le cœur, comme si celui qui en était l’inspiration n’appréciait pas cette complicité. A moins que ça ne soit la culpabilité. Brandon Rose aurait sûrement eu beaucoup à redire sur le revirement qu’avait pris la vie de son ancien compagnon et Jax n’y aurait pas songé une seule seconde si le souvenir de l’intrusion du jeune homme n’était pas revenu instantanément hanter son esprit. Le rire de Jax s’évanouit presque aussitôt, comme s’il se sentait coupable d’avoir eu l’esprit aussi léger, même si ça n’avait duré que quelques secondes. Déglutissant avec difficulté, Jax hésita une seconde puis inspira profondément, comme s’il voulait réinstaurer un certain sérieux dans l’habitacle :
- Okay, il faut que je t’avoue quelque chose, lâcha-t-il, la voix un peu éraillée, avant de se mordre l'intérieur de la joue, comme s’il craignait de regretter les mots qui allaient suivre. Ça n’est pas vraiment le fait qu’ils puissent s’interroger sur notre mariage qui m’inquiète… mais plutôt qu’ils puissent poser des questions auxquelles je ne veux pas répondre. Sur mon passé, je veux dire. Je suis incapable de mentir et je me vois mal leur dire que…
Le Louisianais décocha un regard réticent vers Maika mais finit par aller au bout de sa pensée :
- Je me vois mal leur dire que j’ai été un criminel pendant la plus grande partie de mon existence. Et je ne vois pas trop ce que je pourrais dire pour cacher vingt années de conneries en tous genres.
N’aurait-il pas dû être honnête avec Maika sur ce point ? N’aurait-il pas dû lui livrer ces informations avant qu’elle se lie avec lui ? Mais Jax savait pourquoi il n’avait jamais mentionné son passé obscur : il avait vu là une occasion de se racheter, de faire table rase, d’oublier ce qui faisait qu’il était lui. Il s’était leurré en s’imaginant qu’il suffisait d’adopter un mode de vie plus ou moins honnête pour effacer deux décennies d’actes répréhensibles. Le retour d’une certaine fleur épineuse lui avait bien fait comprendre qu’il n’avait pas réellement enterré ces années-là et il était injuste qu’il le cache plus longtemps à celle qui partageait sa vie, même de façon platonique.
- J’aurais dû t’en parler avant, je suis désolé, déclara-t-il sans plus oser la regarder.
Mettait-il en péril la seule chose qui lui permettait de tenir la distance, de se lever chaque jour ? Mettait-il en danger la relation la plus équilibrée qu’il ait jamais eue ? Jax espérait sincèrement que non mais, au fond, il ne savait pas à quoi s’attendre. Maika pouvait être si imprévisible que toutes les issues étaient possibles et qu’il se retrouvait suspendu à un fil, attendant le verdict, le cœur plus lourd qu’il ne l’avait initialement envisagé.

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Dernière édition par Jax Beauchamp le Ven 3 Nov 2017 - 21:03, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: you've begun to feel like home   Dim 1 Oct 2017 - 20:07

Maika ne s'attendait pas du tout à cette grosse discussion après être revenue de cette soirée, après avoir dit ce simple commentaire. Elle se doutait bien qu'ils allaient vraiment devoir parler à un moment ou à un autre, de vraiment parler et non pas de simplement se dire la journée ou toute autre conversation « superficielle ». Au moins, elle est faite. Peut-être car il est dans sa voiture et qu'il se sent plus à l'aise sur quatre roues qu'entouré de mur. Elle n'en sait rien et elle ne va pas le chercher à le savoir. Ce n'est pas très important, tant qu'il conduit prudemment et que leurs paroles ne le déconcentre pas, où le sujet est abordé ne compte pas. Il l'écoute, sans ne rien dire, il ne réplique pas, il sourit, ce qui fait plaisir à voir ça n'arrive pas très souvent. Elle a bien fait. Elle n'a rien compliqué, elle n'a pas abordé le sujet de leur orientation respective, et c'est tout. Il n'y a rien de plus simple que de dire la vérité, tout en omettant un ou deux détails, ou bien en inventant un ou deux détails. Les meilleurs mensonges sont ceux qui sont le plus près de la réalité. Et ils sont bien plus simples à se souvenir que de devoir se rappeler de toute une histoire et d'être sûre que les détails concordent. Alors, l'omission tant qu'à la réelle nature de leur relation est ce qu'il y a de mieux. Pour le reste, et bien, c'est vrai. Et peu importe à quel point cela est pratique, elle n'aurait jamais proposé à Jax de se marier avec elle s'il lui avait été insupportable.
– Pas ce soir. Elle essaie d'avoir un peu raison. Puis bon, il ne peut certainement pas l'accuser de ne pas le considérer comme un boute-en-train. Son manque de sens d'humour semble plus au moins aller de source la plupart du temps. Ou bien les occasions ont juste manquées. Elle pensait que le tout s'arrêterait là, tout est plus au moins clair. Il n'a plus qu'à repenser au  sujet de se rendre une fois de temps en temps aux soirées, quitte à ne pas tous les rencontrer en même temps. Un couple à la fois. Malheureusement, tout n'est pas terminé, il dit qu'il doit lui avouer quelque chose. Elle le regarde, fronçant des sourcils, attendant la suite. Il parle de son passé qu'il ne veut pas aborder, ce qui aurait été un autre sujet à amener en fait, et ce qu'il dit la surprend. Elle le regarde, ne sachant pas comment réagir.
Il s'excuse et elle continue de ne rien dire. De toute façon, elle ne sait pas quoi rajouter, quoi commenter, quoi dire, comment réagir, encore moins quoi penser. C'est surprenant, ça c'est clair. Elle avait pensé à quelques trucs, un passé bien triste qu'il  voulait oublier. Une histoire à faire pleurer. Des moments peu glorieux. Rien de très joyeux ou de normal. Pas cela. Il est vrai qu'elle pense rarement aux criminels. – Quels genres de crime ? demande-t-elle, deux ou trois minutes plus tard. Elle n'en sait pas encore assez pour porter un vrai jugement. Il y a toutes sortes de crimes, certains plus graves que d'autres... enfin tout dépendant des points de vue, du contexte aussi. Elle se remet ensuite à regarder la fenêtre, reconnaissant de plus en plus les rues et les maisons, ils ne vont pas tarder à arriver chez eux. Ce qui est assez étrange à penser après cette conversation. M'enfin, elle ne va commencer à faire ses boîtes tout de suite, elle n'a pas encore tous les détails et elle préfère les savoir plutôt que de s'imaginer des trucs vraiment horribles... à moins que ce soit vraiment horribles. Quoiqu'elle ne pense pas qu'il le lui aurait dit aussi « simplement » si tel avait été le cas. Elle ne pense pas qu'il le lui aurait dit tout court en fait s'il avait commis de très graves délits. Elle n'en sait rien. Peut-être que les prochaines nouvelles d'elle ça va être quand on va parler d'elle au passé, en disant que c'est triste qu'elle soit morte... elle secoue la tête. Cela ne fait que confirmer que ouais, elle veut vraiment savoir la vérité à propos de ce qu'il a pu faire. Ça lui semble être plutôt juste puisqu'il lui a caché ces informations assez importantes.
– Tu en commets encore ? l'interroge-t-elle, après plusieurs minutes. Ce qui lui semble être une question assez importante aussi. Elle ne sait toujours pas où se situer face à cette annonce assez perturbante et des plus inattendues. Quelques secondes plus tard, elle se rend compte que la question qu'elle vient de lui poser est un peu facile à éviter. Il peut très bien lui mentir... tout comme il peut très bien lui répondre qu'il n'a rien fait de grave alors que c'est le cas. Elle secoue une nouvelle fois la tête. Elle se serait bien doutée de quelque chose depuis qu'ils habitent ensemble non ? Elle n'en sait rien, il y a certaines personnes qui sont plus douées que d'autres pour compartimenter leurs sentiments et leurs envies.

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MessageSujet: Re: you've begun to feel like home   Ven 3 Nov 2017 - 21:54

Et voilà que les dés étaient jetés. Et voilà qu’il regrettait de ne pas avoir davantage anticipé cette discussion. Au lieu de ça, il s’était fourré la tête dans le sable en espérant qu’il échapperait à cette mise au point quand, en vérité, il savait parfaitement qu’il n’y couperait pas. Il le devait bien à Maika, après tout. Maika à qui il avait sciemment menti. Maika qui avait fait une trouée dans son ciel gris pour laisser entrevoir l’étendue bleue qui se cachait derrière. Il n’avait eu aucun droit de lui cacher son passé et pourtant, il n’avait pas hésité une seconde à le faire. Il ne lui avait pas dit d’où il venait – pas seulement la Louisiane mais aussi le terreau familial dans lequel il avait grandi, en mauvaise herbe – ce qu’il fabriquait de son temps avant de la rencontrer. Il n’avait pas étalé les blessures purulentes de son cœur meurtri, s’imaginant qu’en taisant ce qui le hantait il pourrait, par quelque miracle, l’oublier lui-même. Quelle bêtise ! Il le découvrait, à présent : le passé venait lui mordre les fesses bien plus durement que s’il avait fait la paix avec celui-ci et assumé ses actes. Maintenant qu’il se retrouvait forcé de plonger la tête dans la réalité, maintenant qu’il devait faire face à sa lâcheté et livrer à Maika une part de lui qu’il n’avait au départ eu aucune intention de révéler. Mais combien de temps espérait-il poursuivre ainsi, au juste ? Peut-être que cela aurait pu durer encore des années, songea-t-il distraitement, si seulement Brandon Rose n’avait pas refait surface pour bousculer ce quotidien par lequel Jax s’était complaisamment laissé bercer. Mais ça n’était qu’une question de temps, il le savait, avant qu’il ne doive ôter ses œillères pour accepter son sort : il ne serait jamais libéré du joug de cet amour qui les avait détruits petit à petit, cet amour auquel il ne pensait pas se raccrocher encore et qui, pourtant, n’avait pas eu besoin de grand-chose pour l’envahir à nouveau. Non. Plus que tout, il devait à Maika la vérité, même s’il devait regretter d’avoir ouvert la bouche par la suite.
S’il avait pris le temps de réfléchir à un angle d’approche, cependant, peut-être n’aurait-il pas lâché l’information aussi platement. Il aurait dû y mettre les formes, arrondir les angles, sous-entendre plutôt que d’énoncer des faits mais si Jax n’était déjà pas doué pour parler de choses légères et sans importance, il se trouvait incapable d’aborder des sujets difficiles avec subtilité. À quoi bon tourner autour du pot quand il risquait de rendre les choses encore plus compliquées ? Ne l’étaient-elles pas déjà suffisamment ? La voiture fut plongée dans un silence teinté de malaise et Jax déglutit en s’efforçant de garder son attention sur la route, quand bien même il avait parfaitement conscience du regard interloqué qui était posé sur lui. Elle devait se dire qu’elle avait mal entendu ou qu’il plaisantait et tentait de la piéger en inventant des sornettes mais il devait savoir, au fond, qu’elle ne remettrait pas sa parole en doute. N’avait-il pas la gueule de l’emploi, finalement ? Ne s’était-elle pas douté, même un tout petit peu, de ce que pouvait dissimuler le passé trouble de son mari ? Passé qu’ils n’abordaient jamais, comme s’il n’existait pas vraiment ou ne comptait pas réellement ? Comme si seuls le présent et l’avenir importaient. Jax avait eu le sentiment qu’il flottait constamment au-dessus de leur tête mais s’était efforcé de l’ignorer, de regarder droit devant lui, comme maintenant, plutôt que d’affronter le danger qui rôdait au prochain tournant. Et voilà qu’il n’y avait plus d’échappatoire possible.
La question, légitime, de Maika lui arracha un grondement qui trahissait son malaise. Bien sûr que c’était la première chose qu’elle devait se demander : à quel genre de criminel avait-elle droit ? Un petit fraudeur ridicule aux larcins aussi nombreux que menus ? Un tueur sanguinaire dépourvu d’états d’âme ? Il espérait qu’elle ne le rangeait pas dans cette case. Même s’il avait omis de lui donner des détails essentiels à propos de lui, elle devait assez le connaitre pour savoir qu’il ne prenait aucun plaisir à faire du mal aux autres, non ? Il réfléchissait encore à sa première interrogation, cherchant les mots adéquats, lorsqu’elle enchaina avec une autre question, tout aussi logique que la première. Le garde du corps émit un rire un peu ironique, tant l’une et l’autre étaient liées. Ses doigts caressèrent machinalement le cuir du volant et il inspira longuement avant de répondre, le plus honnêtement possible :
- Techniquement, non…, commença-t-il en lui décochant une œillade où luisait l’incertitude. Mais sachant que mes employeurs sont probablement les mêmes qu’avant, je n’en serais pas si sûr…
N’était-ce pas la façon même de vivre de tous ces gens fortunés qui s’imaginaient que leur argent leur achetait toutes les libertés possibles ? Les guerres de l’ombre auxquelles il avait pris part, elles étaient menées par les mêmes types. La seule différence, c’est que ceux qu’ils payaient grassement sous le bureau étaient chargés de tâches bien plus noires et nébuleuses que ceux qu’ils rémunéraient officiellement. Il n’avait finalement fait que passer de l’ombre à la lumière, avec les avantages et inconvénients que cela représentait.
- Ces gens riches ne reculent devant rien pour obtenir ce qu’ils veulent, dit-il, ne sachant pas encore quelle direction prenaient ses aveux, se contentant de laisser couler ceux-ci. Avant, nous--, commença-t-il avant de réaliser son erreur. Avant, j’étais payé pour faire le sale boulot des autres. J’ai passé des nuits entières à… à surveiller des personnes qu’ils soupçonnaient de les trahir. Je m’arrangeais pour faire passer des messages. C’était à celui qui payait le mieux. On ne peut pas dire que j’aie fait des choix très éthiques…
C’était le moins que l’on puisse dire mais n’était-ce pas assez de révélations pour un soir ? Il y avait eu tellement d’embuscades, tellement de coups de feu, tellement de coups, tellement de danger. Il n’avait pas envie de l’étouffer avec ce qu’il espérait relever d’un passé bien révolu. Mais comment savoir s’il en disait trop ou pas assez ?
- Je suis désolé, répéta-t-il en lui jetant un regard, plus long cette fois, comme pour guetter le moment où elle lui en rendrait un, peu importe ce que signifiait celui-ci. Je n’avais pas le droit de te cacher ce—ce pan de ma vie.
Alors que c’était celui qu’il aurait dû tenir verrouillé, bien loin d’elle. Il aurait mieux valu qu’il évoque son père alcoolique, les coups qu’il recevait, l’humiliation cuisante, son incapacité à protéger sa mère et sa sœur de cet homme malheureux et destructeur. Il aurait mieux valu qu’il lui parle de Brandon et des sentiments qu’il avait laissés en lui, comme des tatouages invisibles, qui ne le laisseraient jamais tranquille. Tout plutôt que les choix de vie misérables qu’il avait faits et dont, à son plus grand regret, son ancien acolyte ne semblait pas s’être soustrait. Était-ce là la raison même de ce déballage insensé ? La peur que tout redevienne comme avant ? Ou, au contraire, le souhait inavoué que certaines choses puissent renaitre de leurs cendres ? Se cachait-il une nouvelle fois derrière un mensonge d’une lâcheté innommable en se convainquant qu’il devait bien cela à Maika ? Une vérité trafiquée, une vérité troublée. Une vérité qu’elle n’avait sûrement aucune envie d’entendre.

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MessageSujet: Re: you've begun to feel like home   Mer 15 Nov 2017 - 4:47

L'ambiance a changé du tout au tout dans le véhicule. C'est obligé avec ce qu'il vient de lui dire, avec le passé encore plus compliqué que Jax a, loin de ce que Maika avait pensé à propos du pourquoi il n'en parlait pas. M'enfin, elle n'en est pas si loin que ça, bien qu'elle ne le sache pas. Elle y va avec ce qu'elle sait et elle est loin de savoir tous les détails à propos de son passé même s'il lui a fait cette annonce à propos de son époque criminelle (ça fait bizarre de le penser).
Annonce faite, directement, sans préambule. Elle la connaît maintenant, elle ne peut pas le lui reprocher bien que ce soit plutôt tardif. Elle aurait aimé une introduction, elle ne sait trop quoi la préparant. Là, elle a l'impression que sa tête a reçu un coup. Elle ne sait pas comment gérer, comment réagir, comment le prendre.
Ça va tellement vite dans sa tête qu'elle ne lui laisse même pas le temps de répondre, qu'elle enchaîne avec d'autres interrogations... qui ont une réponse qui ne lui plaît pas. Peut-être que rien n'aurait pu lui plaire. Il est vrai que la manière par laquelle il répond à la question n'est pas très rassurante.
Techniquement non. Elle n'aime pas vraiment cette réponse. Non, ce n'est pas vrai. Elle n'aime pas cette réponse. Elle n'aime pas du tout cette réponse. Elle ne sait pas du tout ce que cela peut impliquer.
Ce n'est pas des meurtres. C'est... elle ne sait pas trop comment le juger.
Elle reste un long moment songeuse, pensive, perdue, elle commence à avoir chaud et baisse la fenêtre. Elle ne sait que penser. Encore une fois. Elle aurait dû poser plus de question avant, de ne pas juste se concentrer sur la couverture qu'ils vont avoir l'un et l'autre. Pas juste se dire qu'il avait le droit d'avoir son jardin secret, de ne pas vouloir penser à son passé. Il est trop tard à présent.
– Tu fais la même chose mais légalement ? demande-t-elle, fronçant des sourcils, le regardant rapidement, par habitude, avant de se remettre à observer la vitre à côté d'elle, les yeux sur le paysage familier qui défile sans le voir. Elle n'est pas très sûre de comprendre ce qu'il faisait, et ce qu'il fait. Il est garde du corps, non ? Il lui aurait aussi menti sur cela ? Elle prend une grande inspiration, prenant ensuite son temps pour expirer. – Tu fais toujours le sale boulot ? rajoute-t-elle, essayant de comprendre. La voiture tourne sur leur rue, leur immeuble se rapproche.
Il s'excuse et elle ne réagit pas, pas encore prête à prendre une décision à ce sujet. – T'avais pas le droit... confirme-t-elle, pas très sûre de s'il en avait le droit ou non. Tout le monde à droit à un jardin secret, mais, lui, il a un champ ou une prairie, ça fait une petite différence niveau secret. – Mais j'imagine que j'aurais dû poser plus de questions. Elle veut bien consentir à cela, sans que ce soit entièrement de sa faute. Elle ne lui a pas vraiment parlé de son passé non plus, bien qu'il n'y a pas grand-chose à dire à propos de son passé. Plutôt calme, outre la mort de sa mère à cause de Katrina et son père sauvé du cancer grâce aux technologies, qui est la raison du pourquoi elle est à Mount Oak : éviter qu'il soit seul si sa maladie revient.
– Et pas juste me fier au présent... complète-t-elle. À leur bonne entente. À tout ce qu'elle a dit un peu plus tôt, à tout ce qu'elle peut dire à ses amis pour décrire pourquoi ils se sont mariés.
Quoi faire de ce qu'il vient de lui faire partager ? Elle aimerait avoir une réponse toute prête, une réaction toute préparée, mais il n'y a rien. Que de l'errance et de l'incompréhension, sa tête ne suit plus rien. – Je suis en danger ? demande-t-elle, soudainement, ceci venant de lui effleurer ses réflexions elle ne sait comment. Elle aurait peut-être dû commencer par cela, ou par toutes en même temps. Ça se bouscule dans son esprit, des questions, des doutes, des peurs aussi.
Elle ne pense pas que lui soit un danger pour elle, plutôt son passé, son ancien métier (ou son présent) qui pourrait faire surface et amener des conséquences. Elle n'en sait rien. Encore une fois.
Elle serre les lèvres l'une contre l'autre, jusqu'à ce que cela lui fasse mal. Elle évite de le regarder, elle ne pense pas pouvoir le supporter. Elle se sent trahie, sans savoir pourquoi et bien qu'elle comprenne les raisons qu'il ait gardé cela sous silence.
Ce qu'il a commis n'est pas si pire que cela, enfin elle n'en sait rien, elle ne connaît pas tous les détails et elle ne sait pas si elle veut tous les connaître. C'est plus qu'il n'a rien dit avant qui la faire réagir comme cela. Peut-être aussi car elle a eu l'impression qu'ils venaient d'avoir franchi une nouvelle étape et qu'il l'a gâché. À moins qu'il ait pensé que c'était la bonne occasion. Il fête ça drôlement. À moins que ce ne soit qu'elle s'est fait une idée et qu'il n'a rien eu de nouveau du tout. N'empêche, il reste le côté surprenant de cette histoire.

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