lay my body down (wes)


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 lay my body down (wes)

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MessageSujet: lay my body down (wes)   Mer 2 Aoû 2017 - 22:41



all i'm looking for is a little bit more rope
to wrap around my throat, i'm in trouble
○ ● ○


02h19. Justine se réveille dans un lit inconnu, à côté d'un homme inconnu. Dès l'instant où elle se relève, un mal de tête lancinant la prend. Elle fronce les sourcils, porte sa main à son front comme si cela allait aider. Elle a la bouche pâteuse, les membres engourdis, et des nausées qu'elle reconnaît comme une gueule de bois. Elle regarde autour d'elle, pour essayer de se situer, en vain. L'homme à côté d'elle est entièrement habillé, c'est plutôt bon signe. Elle soulève le drap pour s'assurer qu'elle a toujours sa culotte, c'est le cas. Elle n'a donc pas couché avec lui. Avec beaucoup de difficulté, elle arrive à se tourner pour poser ses pieds chaussés au sol. Elle reste dans cette position de longues minutes, inspire profondément puis se relève. Elle déambule dans les couloirs de la maison, essayant de chercher la sortie. Elle se fiche de savoir où elle est, chez qui elle est. Elle ne veut pas le savoir, elle veut juste rentrer chez elle. Retrouver l'air frais lui fait un bien fou. Elle reste là, debout sur le perron, à inspirer puis expirer. Finalement, elle rouvre les yeux et part à la recherche de sa voiture, qu'elle trouve rapidement. Elle s'installe au volant, allume la lumière et se regarde dans le rétroviseur. Ses traits sont tirés, son mascara a coulé sous ses yeux. Elle ne ressemble à rien mais ne prend pas la peine de s'arranger un minimum. Elle n'en a pas la force. Alors elle démarre le moteur et s'engage sur la route déserte. Elle n'a aucune idée de l'endroit où elle est, son plan est de conduire jusqu'à retrouver un minimum de civilisation. Mais la fatigue et la quantité d'alcool ingurgitée dans la soirée ne font pas d'elle une bonne conductrice. Sa voiture zigzague sur la ligne droite et elle peine à garder les yeux ouverts. Elle se sent capable de rentrer chez elle mais ce n'est clairement pas le cas. Au bout de quelques minutes, sa voiture quitte le bord de la route pour venir s'enfoncer dans un arbre. Justine, légèrement secouée, n'a besoin que de quelques secondes pour reprendre ses esprits. « Merde. » Lorsqu'elle voit de la fumée s'échapper de son capot, elle sait qu'elle est dans le pétrin. Elle sort alors de sa voiture, non sans perdre l'équilibre quand ses pieds touchent la terre ferme. Elle se rattrape de justesse à la porte de sa voiture et contourne le véhicule pour observer les dégâts de près. Seule au milieu de nulle part, elle se retrouve complètement désemparée. Elle va alors fouiller dans son sac, sur le siège passager, pour récupérer son téléphone. Persuadée qu'elle ne va pas avoir de réseau, comme dans un mauvais film d'horreur, elle est agréablement surprise de voir que c'est le cas. Elle compose alors le seul numéro qu'elle connaît par coeur, son coeur battant à tout rompre dans sa poitrine. « Wes, c'est Jules. J'ai besoin de toi, je-- j'ai eu un accident. (...) Non, non, rien de grave, mais j'ai besoin que tu viennes me chercher. (...) Je ne sais pas où je suis, est-ce que-- hum-- est-ce que tu peux tracer mon téléphone ? (...) D'accord, à tout de suite. » Elle raccroche et pousse un soupir de soulagement. Elle a senti l'irritation dans la voix de son frère, mais elle sait qu'il ne l'aurait jamais laissée seule au milieu de nulle part. Sur une route déserte, tous phares allumés, il n'aura aucun mal à la repérer quand il passera dans le coin. Mais pour être sûre qu'il ne la loupe pas, l'adolescente rejoint la route et s'assoit sur le bitume pour l'attendre patiemment.
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Wes Byrnes

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MessageSujet: Re: lay my body down (wes)   Mar 8 Aoû 2017 - 20:13

Il rêvait. Il était dans une voiture d’un bleu étincelant qui remontait une route solitaire, un sac en toile sur le siège passager. Le soleil lui tapait sur la nuque et les kilomètres glissaient sur l’asphalte. Au loin, l’eau miroitait d’une jolie teinte, tandis que la musique animait son parcours. Il ignorait où il se rendait, mais il savait que c’était la bonne direction. Un sentiment d’hébétude était accroché à son visage, il se sentait bien. Ça faisait longtemps qu’une telle sensation ne s’était pas emparée de lui. C’était enivrant, plaisant même. Il était invincible, et le monde semblait lui appartenir, riche de couleurs, de découvertes, et d’amour. Et puis un bruit strident avait crachoté d’un haut-parleur, impossible à arrêter, et trop fort pour qu’il ne l’oublie. Il se réveilla en sursaut.

Son téléphone illuminait la pièce et vibrait sur la table de chevet d’un air agressif. Justine. En panique il s’empara de l’objet prêt à entendre la mauvaise nouvelle. Vu l’heure il ne pouvait s’agir que d’un souci, d’autant plus qu’ils ne se parlaient quasiment plus depuis qu’il était revenu. Elle lui en voulait de l’avoir abandonné, elle le lui répétait sans arrêt, et lui ne cautionnait pas ses actes. Toutefois, elle restait sa sœur – demie sœur – et il serait toujours là en cas de pépin, même si tard dans la nuit. Il l’entendu babiller à l’autre bout d’un langage approximatif qui puait l’alcool à plein nez, elle avait planté sa voiture dans un arbre et lui demandait de venir la chercher. Il raccrocha irrité, et s’empressa d’enfiler un vieux sweatshirt sur son jogging, avant de s’éclipser silencieusement. Au passage, il jeta un coup d’œil à travers la porte de la chambre voisine, où sa mère était assoupie, recroquevillée sur le vieux matelas que la famille ne pouvait se permettre de remplacer, faute d’argent. Il remonta les couvertures sur ses épaules, et déposa un rapide baiser sur ses cheveux. Lorsqu’elle était dans cet état, il lui semblait retrouver cette figure maternelle paisible, et chaleureuse qui l’avait accompagné durant toute son enfance, et adolescence. Quand elle dormait, ses crises de folies passagères disparaissaient, laissant uniquement sur leur passage des sillons de larmes séchées. Il priait chaque jour pour que tout redevienne comme avant, mais c’était sot et illusoire de sa part. La normalité n’existait plus. Il s’arracha à sa contemplation, elle se passerait de lui pour les prochaines heures à venir, en revanche Jules avait besoin de lui dans l’immédiat. Il descendit sans faire de bruit, et farfouilla dans l’entremêlas de clefs sur la table basse pour trouver ce qu’il désirait. La plupart d’entre elles n’avaient même plus de but, mais les Byrnes se plaisaient à les conserver, juste au cas où.  

Dehors, il faisait humide et lourd, il détestait ça. Ce genre de température le mettait en rogne, et le faisait transpirer comme un bœuf, il percevait déjà ses mèches rebelles se coller sur le haut de son front. Wes s’engouffra dans la vieille camionnette qui servait principalement à faire les courses plutôt qu’à se déplacer – le moteur était au bord de l’implosion, et les portes ne fermaient plus  -, et entreprit de suivre le signal lumineux qui clignotait sur son écran. Qu’était-elle encore partie faire ce soir ? Boire à n’en plus finir avec des amis ? Coucher avec un énième inconnu ? Il ne comptait plus ses frasques sur les seuls doigts d’une main. La Justine qu’il avait connu autrefois avait elle aussi disparu au même titre que leur père. Il avait pourtant essayé de la raisonner à de nombreuses reprises, mais elle lui avait balancé à la figure des phrases visiblement longuement réfléchies (ou qui témoignaient qu’elle avait la rancune tenace), et il avait alors abandonné non sans la surveiller de loin. C’était son rôle après tout, en dépit des apparences, il était le grand frère, et elle la cadette, bien que physiquement il eut paru nettement plus jeune à cause de son visage aux traits enfantins persistants. Cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas vu d’ailleurs, elle ne restait plus à la maison, et était parfois de passage, mais comme le vent, elle était devenue insaisissable. Il appuya de toutes ses forces sur l’accélérateur, et écopa d’une plainte bruyante de la part de l’auto qui marqua son mécontentement en retour. Heureusement, d’après ce qu’il déduisait de sa position, il n’était plus bien loin du lieu de l’accident. Quelques minutes après il arriva aux environs du véhicule dont les phares rayonnaient dans l’obscurité pesante. Il descendit dans un grincement sonore, et la repéra sur un coin de bitume, assise, sa robe dévoilant ses grandes jambes fuselées. «  Est-ce que ça va ? » Il s’avança vers elle prudemment, sur le qui-vive, les sens en alerte. « Qu’est ce qui s’est passé ? » Il se tourna vers l’engin qui fumait, et avait une sale allure, son compte était bon. Elle ne serait pas prête à rouler de nouveau avant un bon moment. « Putain… Qu’est-ce que ce que t’as foutu encore ? » Le ton était réprobateur, il avait du mal à cacher son mécontentement. Combien de temps allait-elle tenir comme ça à faire l’imbécile et jouer avec le danger ? Que ferait-elle quand il repartirait ? Il ne pouvait pas être là en permanence pour ramasser les pots cassés derrière elle. Il se pinça l’arête du nez en soupirant bruyamment, consterné. Il était fatigué et était las de ce subir ce genre de situation. Quand allait-elle finalement grandir, et prendre sa vie en mains ?

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MessageSujet: Re: lay my body down (wes)   Ven 11 Aoû 2017 - 22:58

Sa tête lui fait mal, la fatigue paralyse ses membres. Le regard dans le vide, Justine est une épave sur le bord de la route. Par chance, cette route est presque déserte à cette heure de la nuit et aucune voiture ne croise son chemin. Pas sûr que quelqu'un se serait arrêté en la voyant affalée sur le bitume dans cet état. Et c'est justement dans cet état second qu'un inconnu mal intentionné aurait pu profiter d'elle. Au point où elle en est, elle n'aurait probablement pas essayé de se défendre. Heureusement pour elle, la voiture qui s'approche résonne familièrement contre ses tympans. Elle reconnaîtrait le son de ce moteur à des kilomètres. Elle a envie de sourire, maintenant que son héros vient la sauver d'elle-même, mais elle n'en a pas la force. Parce que même si Wes est automatiquement celui qu'elle appelle à l'aide quand elle se retrouve dans une situation improbable et qu'il répond toujours présent, elle sait qu'il n'approuve pas son comportement de ces derniers temps. Qu'il déteste ce qu'elle est devenue et que l'ancienne Justine lui manque. Ce qu'il ne sait pas, c'est que l'ancienne Justine manque à Justine aussi. L'étudiante souriante et populaire à qui tout réussissait, qui était promise à une belle carrière et qui avait des projets plein la tête. L'adolescente qui préférait voir le meilleur dans la pire des situations et qui passait ses journées la tête dans les nuages. Elle ne se reconnaît plus, mais c'est tant mieux comme ça. Car elle n'est plus vraiment elle-même et que ce rôle qu'elle s'est imposé lui permet d'échapper à la réalité, même si cette réalité est la raison pour laquelle elle n'est aujourd'hui plus qu'un fantôme. Justine ne répond pas tout de suite quand la voix de son frère lui parvient jusqu'aux oreilles, elle ne prend même pas la peine de relever le regard vers lui. Au lieu de ça, elle se concentre sur l'engin au loin, sur la fumée qui sort du capot. Sa voiture est foutue, elle le sait. Elle n'aura pas les moyens de la faire réparer, encore moins d'en acheter une nouvelle. Quand elle entend le ton réprobateur de son frère, Justine fronce les sourcils. Elle n'est pas d'humeur à supporter ses réprimandes, pas ce soir. « Qu'est-ce que ça peut te foutre ? » Elle l'aime, Wes. Plus que n'importe tout, plus que n'importe qui. Mais elle le déteste quand il se permet de la juger. Elle sait qu'elle foire tout dernièrement, elle sait qu'elle le déçoit comme jamais. Elle n'a pas besoin de l'entendre, il n'a pas besoin de le lui faire comprendre. Elle sait tout ça, elle ne veut pas avoir à y être confrontée. « Est-ce qu'on peut juste laisser la bagnole ici et rentrer à la maison ? De préférence dans le silence. La leçon de moral peut attendre demain, tu crois pas ? » Avec difficulté, Justine essaye de se relever. Elle tangue, perd l'équilibre, mais arrive finalement à se hisser sur ses jambes longilignes. « Merde, mon sac est dans la voiture. J'arrive. » Elle sort de la route pour rejoindre son véhicule quand elle est prise de nausées soudaines. Elle n'a pas le temps de trouver un endroit discret que son estomac se vide sur l'herbe sous ses pieds. Lorsqu'elle sent la présence de son frère derrière elle, Justine s'essuie la bouche d'un revers de la main et se relève. « Tais-toi, » qu'elle prévient avant qu'il ne dise quoi que ce soit. Elle finit par se retourner vers lui et le regarde pour la première fois depuis son arrivée. Il a pris le temps d'enfiler des habits, mais ses cheveux en bataille et ses traits tirés trahissent du réveil brutal qu'elle lui a imposé. « Je suis désolée, » finit-elle par abdiquer, honteuse. Après toutes ces semaines de comportement infâme, Wes aurait pu l'abandonner il y a bien longtemps. Au lieu de ça, il continue d'être là pour elle même quand elle ne le mérite pas. Les liens du sang, plus fort que tout ?
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Wes Byrnes

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MessageSujet: Re: lay my body down (wes)   Mar 15 Aoû 2017 - 19:02

Il fixa le véhicule écrasé contre l’arbre, une fumée blanche s’échappait du capot entrouvert. Toute cette tôle froissée lui rappelait leur vie, et tout ce qu’ils avaient affronté depuis des années, lui et elle. Ensemble, d’abord, puis séparément par la suite. Malgré sa rancœur, l’affection sincère qu’il éprouvait pour Jules restait intacte. Ce n’était pas parce qu’un être cher vous blessait, que vous cessiez de l’aimer. Et ce n’était pas ses actes qui le faisaient le plus souffrir, mais l’amour. Si il n’y avait pas d’amour reliés à ses actes, la douleur eut été plus facile à supporter. Il se détacha de sa contemplation passagère, et se tourna vers elle, à peine reconnaissable, éclairée par les phares de la voiture. Sa peau était plus pâle que d’ordinaire - presque translucide - et le maquillage avait coulé sur son visage. Mais même abimée comme une fleur fanée, elle était belle. Belle dans sa détresse, belle dans sa torpeur et cette haine intarissable qu’elle nourrissait à l’égard des autres et surtout contre elle même. Elle l’ignorait, mais ils se ressemblaient énormément. Wes voulait l’aider mais il était démuni. Il était là pour l’épauler, l’aider à gérer à la disparition soudaine de leur père, mais il ne pouvait pas se battre à sa place. Elle avait ses propres combats auxquels il ne pouvait rien faire. « Qu’est ce que ça peut te foutre ? » Beaucoup de choses se retint-il de répondre, préférant hausser les épaules en guise de réponse. Lorsqu’elle était dans cet état, chaque mot qui pouvait sortir de sa bouche était ressenti comme une attaque personnelle, et ce soir il n’avait pas vraiment le cœur à s’adonner à une quelconque joute verbale. Pourtant, en agissant de la sorte, elle venait de le pousser dans ses ultimes retranchements, et il ne pourrait rester silencieusement indéfiniment. Il craqua malgré lui, à cause de la fatigue principalement, mais aussi de cette détresse qui le prenait en étaux à chaque fois qu’il se confrontait à sa sœur. « Tu me réveilles en plein milieu de la nuit pour me faire venir ici, et je te retrouve ivre, avec la voiture fracassée. Et tu oses me demander ce que ça peut me foutre ? » Sa voix dure résonnait dans les alentours, brisant ce silence de mort propre aux alentours une fois que le soleil terminait son petit bonhomme de chemin. « Est-ce qu'on peut juste laisser la bagnole ici et rentrer à la maison ? De préférence dans le silence. La leçon de moral peut attendre demain, tu crois pas ? » Il la regarda se lever, et refréna l’envie de l’aider, ou de lui tendre la main, il n’était pas sur qu’elle le prenne bien. Pour dire vrai, il n’était plus sur de rien lorsqu’on en venait à Justine. Il fallait qu’il se fasse à l’idée qu’elle n’était plus sa Jules, tout comme lui n’était plus vraiment ce gamin bavard et exempt de tout problèmes. « Merde, mon sac est dans la voiture. J'arrive. » Il la suivit sans la lâcher d’une miette, conscient que le pire resterait à venir, il l’avait déjà ramassé dans des conditions similaires, et après les pleurs et la colère, venait le corps qui flanchait. Toujours dans cet ordre à peu de choses près. « Ok. » Il compta les minutes, patient : ils ne partiraient que lorsqu’elle serait prête. Personne ne les attendait, sa mère dormait, et leur père était porté disparu. Ils avaient tout le temps nécessaire devant eux. On ne viendrait pas les déranger ici, ils étaient réellement paumés au milieu de nulle part. Jules s’arrêta à quelques mètres de l’engin accidenté, pour vomir toutes ses tripes sur le bitume sombre. Il resta là sans la toucher ni dire quoi que ce soit. A quoi bon ? Elle l’aurait à coup sur envoyé baladé d’un coup de coude, ou d’une remarque acerbe. Son estomac exécuta des sauts périlleux à la vue du spectacle qu’elle lui offrait. Il avait mal aussi, la voir se bousiller la santé de la sorte le mettait hors de lui. Mais qui était il pour la juger ? Ne faisait-il pas pareil à sa façon ? Il étouffa un soupire, ses yeux lui piquaient, il avait envie de retrouver le confort et la chaleur de son lit, ses couvertures remontées contre sa joue. « Tais-toi. » Ils se défièrent longuement, le frère et la soeur, face à face. Deux côtés d’une même pièce. Ils étaient si différents, elle était brune, lui blond, et là où elle était grande, il était petit. On ne pouvait imaginer une seule seconde qu’ils étaient de la même famille. Pourtant ils avaient davantage que leur nom et leur sang qui les liait. Et lorsqu’on prêtait une attention plus poussée aux détails, on retrouvait dans le fond de leur iris, un feu ardent commun. « Je suis désolée. » Jusque là il n’avait pas pensé que Dieu - étrangement c’était la deuxième fois qu’il y songeait cette semaine - puisse laisser quelqu’un partir dans de telles afflictions physiques. Qu’il puisse la laisser s’anéantir comme elle le faisait. Qu’il puisse lui infliger de traverser des moments aussi immondes. « C’est rien. » Lâcha t-il finalement, avant de s’éclipser vers l’habitacle de son véhicule de fortune pour en sortir une couverture de laine. Il s’avança prudemment d’elle pour l’envelopper délicatement dedans, et recula d’un pas. « Attends là, je vais prendre ton sac, et on partira après. » Justine se tourna vers lui d’un air agacé, cette expression commençait à être familière. Il s’éloigna vers l’automobile encore fumante, et se glissa à travers la portière. Il toussota à cause du gaz, et tâtonna sur les sièges avant que ses doigts ne se ferment sur le cuir rassurant de la besace pleine à craquer. Il ignorait ce qu’elle avait mis là dedans, mais l’objet était lourd lorsqu’il le fit glisser sur son épaule. Wes revint vers sa cadette, et étouffa un soupire en se frictionnant le visage de sa paume sèche. « Je peux plus faire ça Justine. C’est au delà de mes forces, c’est la dernière fois que je viens. Je supporte plus de te voir comme ça, ça me rends malade. Tu me rends malade. Je peux plus accepter de te voir te foutre en l’air comme ça. Appelle qui tu veux la prochaine fois, mais pas moi. » Il s’interrompit dans sa tirade, et observa d’un oeil blasé la scène qu’il avait devant lui : elle à moitié chancelante du vomis à ses pieds, ayant échappé de peu à la mort. Était-ce ça qu’elle cherchait à tout prix en jouant avec le feu ? « C’est terminé. Maintenant vient, et monte là dedans. On rentre. » Il se fit autoritaire pour la forcer à agir, mais fut incapable de bouger. Ce n’était pas la dernière fois il le savait pertinemment, il ne pouvait pas l’abandonner, et rappliquait comme un chien qu'on siffle dès qu’elle se mettait dans de beaux draps. N’était ce pas là le rôle de l’ainé ?

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