rise up (sorèn)


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 rise up (sorèn)

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MessageSujet: rise up (sorèn)   Mar 1 Aoû 2017 - 23:10



the darkness right in front of me
it's calling out and i won't walk away
○ ● ○


L'interdit. Un mot qui a longtemps effrayé Justine, avant qu'elle ne se rende compte à quel point ça la faisait se sentir vivante. Le risque de se faire prendre, le goût du danger. Depuis la disparition soudaine de son père, c'est là la seule chose qui lui importe, la seule chose capable de lui faire ressentir quoi que ce soit. C'est pour ça qu'elle a autant changé, que personne ne la reconnaît. Elle boit jusqu'à perdre connaissance, elle se drogue pour s'échapper de la réalité, elle couche pour atteindre le septième ciel quand son quotidien est un enfer. Elle repousse ses limites et celle des autres, devient la pestiférée quand tout le quartier la voyait comme une enfant modèle. Quand elle a croisé le chemin des Strand, elle n'avait aucune mauvaise intention. Juste celle de garder un enfant dans le but de se faire un peu d'argent de poche. Non pas qu'elle en avait besoin, c'était histoire de se faire une idée sur l'indépendance financière. Une initiative saluée par ses parents, bien que ces derniers lui aient fait remarquer qu'elle pourrait faire quelque chose d'un peu plus gratifiant. Mais Justine s'est toujours bien entendue avec les enfants alors elle a vu cette proposition comme une opportunité d'acquérir une nouvelle expérience. Lorsqu'elle a vu Sorèn, l'attirance a été immédiate. Grand, musclé, viril. À l'époque, elle n'avait pas encore beaucoup d'expérience. Ses petits amis de lycée étaient mignons, mais rien à voir avec la prestance de ce père de famille. Le flirt s'est installé naturellement, un jeu pour celle qui n'avait jamais dérogé aux règles. Jamais elle n'aurait pensé qu'il jouerait le jeu aussi bien qu'elle. Elle avait peur ; peur de se faire prendre, peur d'agir comme cette fille qu'elle n'avait jamais été. Mais c'est l'interdit qui a rendu leur histoire aussi passionnelle, et Justine est vite devenue accro à cette nouvelle adrénaline. Quand son père a disparu subitement, Sorèn est devenu plus qu'une distraction, plus qu'une obsession. Il est devenu un besoin vital, un repère indispensable. Elle s'est éloignée de tout et de tout le monde, y compris de son frère et de ses meilleurs amis, mais pas de Sorèn. Jamais de Sorèn. Le seul capable de lui faire ressentir quoi que ce soit. Alors ce soir, alors qu'elle erre dans les rues de Mount Oak, ses pas la guident naturellement jusqu'au domicile des Strand. Comme un réflexe, comme un instinct. Elle sait que lui aussi a perdu beaucoup, que sa femme et sa fille ont disparu. Et si elle est bien contente que l'une ne soit plus de ce monde, elle regrette qu'il ait à subir l'absence de son enfant. Car elle ne supporte pas celle de son père, alors elle est bien placée pour savoir ce qu'il ressent. Arrivée sur les lieux, Justine observe la maison. Elle pourrait facilement passer par la porte d'entrée. Sonner pour annoncer sa présence. Les lumières sont éteintes, après tout c'est le beau milieu de la nuit, mais elle sait que Sorèn est chez lui. Car quand elle vient chercher sa compagnie, il répond toujours présent. Comme si les deux étaient liés d'une certaine façon, comme s'ils savaient ce dont l'autre avait besoin et quand. Mais au lieu de faire comme tout le monde, maintenant qu'ils sont libres de vivre leur histoire comme bon leur semble malgré les regards désapprobateurs de leurs voisins, Justine grimpe jusqu'au balcon du premier étage. Par chance, la fenêtre de la chambre maritale est ouverte, sûrement dans l'espoir d'avoir un peu d'air par cette nuit chaude d'été. Depuis la disparition de sa femme, Justine continue de se faufiler dans la maison comme par crainte d'être prise la main dans le sac. Parce que c'est là tout l'intérêt de leur relation. L'interdit. Elle veut continuer de ressentir ce frisson, de faire comme s'ils n'avaient pas le droit d'être ensemble. Elle a bien peur qu'ils perdent de leur intensité s'ils vivent comme un couple normal, et elle ne veut pas le découvrir. L'adolescente s'approche alors du lit, où la forme de son corps musclé semble endormie. Elle se glisse dans les draps et l'observe un moment, son visage à peine visible sous la lumière de la lune. « Sorèn, » murmure-t-elle, sa main venant se glisser sur sa joue piquante. Il réagit à peine, profondément endormi. Alors elle approche un peu plus son corps, s'emboîtant contre lui. Ses jambes se mêlent aux siennes, sa poitrine vient se coller contre son torse. Ses lèvres, elles, se posent tendrement sur celles du norvégien. Elle le sent revenir à lui, lentement. « Fais-moi l'amour, » lui dit-elle alors au creux de son oreille lorsqu'elle s'est assurée qu'il est assez alerte pour comprendre ce qu'elle lui demande. C'est bien pour cette raison qu'elle est allée chez lui et pas chez quelqu'un d'autre. Elle a besoin de lui et des prouesses dont lui seul est capable. Pour oublier ses maux, pour oublier la vie.


Dernière édition par Justine Byrnes le Ven 11 Aoû 2017 - 22:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: rise up (sorèn)   Jeu 3 Aoû 2017 - 16:45

La nuit est chaude. Appuyé contre le rebord de sa fenêtre, Strand se laisse peu à peu gagner par la nostalgie. Parce qu’elle n’a de cesse de le hanter, de lui faire subir de violents assauts qu’il ne peut parer. De le terrasser pour finalement le remettre sur pied, aussi incertain qu’une vulgaire marionnette esquintée. Puis, la nostalgie laisse place à la tristesse. Et la tristesse laisse place à la rage … Y’a pas de demi-mesure chez Sorèn, il n’y en a jamais eu d’ailleurs. Cette colère, qui le bouffe à petit feu, il ne peut s’en défaire. A croire qu’il est né avec. Ses mauvais choix, et ses attitudes ne cessent de la nourrir. Ça monte crescendo, jusqu’au point de non-retour. Il est fait de paradoxes, le norvégien. Il aime autant qu’il déteste, il chérit autant qu’il détruit. Pour autant, cette philosophie de vie ne lui a jamais été favorable lorsque l’on analyse son passé. Enfant terrible, adolescent rebelle, amant passionné, mari infidèle. Le portrait d’un beau salaud. Un vulgaire cliché bouffé par les états d’âme.
Ses points se desserrent et ses doigts portent un heureux joint à ses lèvres. Le calme après la tempête … Le fauve s’apaise, il calme ses émois et ceux-ci disparaissent de la même manière dont ils sont arrivés. Autrement dit, en une fraction de seconde … Risible …
Les yeux clairs du trentenaire jaugent l’activité du quartier - ils distinguent deux silhouettes embrassées dans l’herbe sombre d’un jardin et plus loin, un animal qui rôde au pied d’une palissade voisine. Le mois d’Août rime bien souvent avec langueur et ce soir, Mount Oak ne déroge pas à la règle. La chaleur, suffocante, est telle qu’une étrange atmosphère pèse sur le faubourg. Les vagues se font timides, leurs clapotis est inaudible. Ça rend l’ambiance encore plus étrange. Sorèn, il a la peau qui chauffe. Tout comme sa gorge, qu’il n’arrête pas de solliciter avec un mélange d’herbes et de tabac. Alors, il se débarrasse du poison en écrasant le mégot sur la pierre et en le jetant, d’un geste franc, sur le bitume. Tammy, avec ses idées bien arrêtées, aurait détesté cette attitude. Elle l’aurait sermonné avant de ponctuer ses propos par un petit sourire satisfait. Bordel, mais où se cache-t-elle maintenant …
Ses pensées dérivent vers Lily, qui lui manque atrocement. Il craint pour sa sécurité car il sait de quoi son épouse est capable. Sa détermination ne connaît aucun égal. Elle est féroce Tammy, presque autant que lui. Et soudain, ses méninges se compressent dans sa boîte crânienne, ses paupières s’alourdissent. L’herbe fait doucement son effet et lui offre une défonce tant désirée. Ses maux s’allègent … cicatrisent … jusqu’au lendemain.
Son sommeil ne connaît aucun rêve et c’est tant mieux. C’était l’objectif que Sorèn visait. Une nuit calme … Sans subir un énième cauchemar, une nouvelle humiliation. Lorsque la chaleur d’un corps vient se mêler à ses draps, le père de famille songe immédiatement à Tammy. Non pas qu’il la désire, mais simplement par habitude. Inconsciemment, son bras enserre sa silhouette et ses doigts prennent possession de ses hanches. La taille est fine, marquée. Les jambes sont infiniment longues. Strand émerge, mais voilà que les lèvres pulpeuses de Justine tatouent déjà les siennes avec gourmandise. Justine et ses envies d’extase, Justine … meilleure que la défonce. Dans un doux murmure, elle lui réclame de l’amour. La panthère se fait chatte et se love contre sa peau. Elle appuie ses propos par de torrides arguments - ses courbes tentatrices. Sa belle l’allume, l’embrase et le tease, réveillant chez lui ses plus bas instincts de mâle. Sorèn veut s’approprier son prénom mais les mots demeurent piégés dans sa gorge. L’envie est telle qu’il ne répond plus de rien.
Le trentenaire se relève pour lui faire face. Le désir, palpable, peut aisément se lire sur le visage de sa sirène. Visage, superbement éclairé par la lueur de l’astre. Elle est belle à en crever l’adolescente. Dans une valse impatiente, les langues se lient, les corps s’enchaînent. De ses doigts envieux, Sorèn colonise sa peau pour l’obliger à entourer ses interminables jambes autour de sa taille massive. Lorsque c’est chose faite et sans pour autant se détacher de ses lèvres, il s’échappe du lit et dépose son ange sur le rebord de sa fenêtre. « Tu me rends dingue … » Strand murmure contre sa bouche, qu’il finit par abandonner avec regret. L’insolent tombe à genoux et darde d’une œillade envieuse sa nymphe, qui s’offre à lui de toute sa hauteur et dans toute sa splendeur. Ses mains caressent ses cuisses galbées. Cuisses qu’il écarte davantage avant de se glisser sournoisement sous sa robe légère, dans l’unique ambition de lui offrir l’exclusivité de ses talents. Elle, lui, eux. Jusqu’à l’ivresse …
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MessageSujet: Re: rise up (sorèn)   Ven 11 Aoû 2017 - 20:40

Les drogues, c'est devenu son quotidien depuis la disparition de son père, ne la transformant qu'en fantôme d'elle-même. Elle les a toutes testées, de la plus douce à la plus dure, se créant des préférences. Mais la meilleure drogue est définitivement Sorèn. Son visage d'ange qui dissimule ses démons intérieurs, son corps d'Apollon et ses caresses expertes qui savent l'envoyer au septième ciel. Elle l'a désiré à partir du moment où elle a posé les yeux sur lui, et n'est plus capable de se passer de lui depuis qu'elle a goûté à ses lèvres. Alors quand elle va mal, comme ce soir, c'est vers lui qu'elle va. Peut-être pas en premier, préférant ses autres vices avant de faire appel au norvégien, mais au bout du compte il est toujours sa destination finale. Le meilleur poison qui puisse couler dans ses veines mais aussi le plus dangereux. Allongée dans ses draps, elle murmure son prénom pour qu'il ouvre les yeux, colle son corps au sien pour éveiller ses sens. Elle lui murmure de lui faire l'amour, et lâche un soupir mêlé de plaisir et de soulagement quand il abdique. Des frissons lui parcourent l'échine quand il la serre contre lui de ses bras musclés. Elle a toujours aimé ce contraste entre leurs deux corps. Malgré ses jambes qui ne semblent plus en finir, celui de Justine reste maigre et frêle, et le blond pourrait facilement la briser en deux. C'est peut-être pour ça qu'elle aime autant sa compagnie et leurs ébats, ce danger physique qu'il pourrait représenter pour elle au cas où les choses dégénèreraient. Un danger physique qui traduit du danger émotionnel qu'il est déjà. Car cette relation qu'ils ont, elle n'est pas saine. Justine a conscience d'enchaîner les mauvais choix mais c'est ce qui la fait se sentir vivante, qui lui rappelle qu'elle respire toujours. Souffrir pour mieux exister, chercher à survivre plutôt que d'essayer de vivre. Justine s'empare de sa bouche avec passion, comme si sa vie en dépendait. Elle l'embrasse à en perdre haleine et se rapproche de lui jusqu'à ce que leurs corps ne fassent plus qu'un, séparés seulement par les tissus qu'ils portent. Elle enroule ses jambes autour de lui, sent contre elle le désir qu'il ressent pour elle et se laisse porter avec légèreté jusqu'au rebord de la fenêtre entrouverte. La nuit est chaude et humide, l'air n'est pas suffisant à calmer cette soudaine chaleur. Justine s'accroche aux rebords et laisse sa tête tomber en arrière, oubliant rapidement l'absence des lèvres de Sorèn contre les siennes quand ce dernier les pose sur son intimité. Ses soupirs sont de plus en plus saccadés et la jeune femme n'essaye pas de se faire discrète quand ses cris se font entendre. Peu importe si les voisins dorment la fenêtre ouverte, elle n'en a que faire s'ils les entendent. Perdue dans le moment, enivrée par la langue experte de Sorèn, l'américaine perd rapidement pied. L'extase à son apogée, elle glisse ses mains sur son visage pour l'inciter à se relever. Elle l'embrasse une nouvelle fois, plus tendrement cette fois. Mais elle s'arrête et se recule pour mieux observer son visage, éclairé par la lune. Ses doigts glissent dans ses cheveux avant de caresser ses joues, lentement, comme si elle en découvrait chaque trait pour la première fois. « Est-ce que tu vas bien ? » Elle affiche une moue inquiète. Même dans ses pires moments, Justine reste une personne généreuse qui s'inquiète du bien-être de ses proches. Et comme toujours, Sorèn montre des traits tirés, fatigués. Quand il n'est pas animé par le désir, son regard est souvent vide, et son corps est la seule chose qu'elle sait lui offrir pour panser ses plaies. Quand bien même elle aimerait lui offrir plus, elle ne saurait pas comment s'y prendre.
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