“ the world is falling apart. ” (Wes)


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Dave Chetwynde
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MessageSujet: “ the world is falling apart. ” (Wes)   Ven 28 Juil 2017 - 16:44



the world is falling apart

Tout avait changé. D'un seul coup, le monde s'était retourné. Dave avait la sensation d'avoir tout perdu. Kenneth était sa famille. À ses yeux, c'était la personne la plus importante. Un ami, un modèle, un frère. Il n'avait jamais trouvé le bon mot pour définir sa relation. Il savait simplement qu'avec lui, il pouvait être lui-même. Il pouvait s'ouvrir, vraiment, sans craindre le moindre jugement. Le moindre coup a la figure. Depuis que Dave sait que son ami n'est plus de ce monde, il ne sait pas quoi penser. Il s'est caché dans son appartement en silence, incapable de réfléchir correctement. Les hypothèses se sont enchaînés dans son esprit et son mur était maintenant rempli de déductions mathématiques douteuses. Il n'avait pas eu le temps de commander un tableau, alors il avait simplement retiré la vieille photo qui se trouvait là. Pendant un instant, il s'est demandé si c'était un phénomène qui allait se répéter, avant de finalement arriver à la conclusion que ce n'arriverait pas. Et puis il s'est mis à imaginer ce qui était arrivé à toutes ces personnes qui s'étaient volatilisés. Il n'est pas le seul à vouloir des réponses et le net regorgeait de personnes inventives. Le temps qu'il perdit à se fondre dans son écran, il ne le remarqua que lorsque son corps lui fit signe que c'était trop. Il pouvait rester là, espérant trouver une réponse, mais comme pour d'autres il devait retourner à sa vie. À sa routine habituelle. Il devait retourner à la réalité et la transition n'était pas simple. C'était même tout l'inverse et Dave le ressenti dès le premier jour.

Kenneth n'est pas le seul à avoir disparu. Dans l'école où il travaille, ils sont nombreux. Et la liste semblait augmenter au fur et à mesure. À chaque fois, c'était un coup de plus pour Dave. Il ne connaissait peut-être pas tout le monde, mais quand même. C'était triste… et il se sentait tellement vidé par tout ça. Comme si une partie de lui-même s'était envolé avec eux. Pouvait-il retrouver ce qui lui manquer où allait-il devoir vivre avec ce vide ?

Bonne soirée. Il tendit la monnaie et adressa un regard aimable à la cliente qui s'en alla sans rien dire, sac en papier dans les bras. Dave ne semblait plus être aussi efficace. Moins souriant, plus lent, quelque chose n'allait pas. Et il soupirait... souvent. Trop et pour rien. Il respirait la négativité et en même temps, il tentait de le camoufler par la fatigue et le manque de motivation. Il était tard, après tout. S'installant sur sa chaise haute, il fit plusieurs tours sur lui-même avant de regarder l'écran des caméras de surveillance. Il remarqua d'ailleurs qu'il était bientôt l'heure pour eux de fermer. Le voilà qui soupire de nouveau. Qu'allait-il faire en rentrant à part retomber dans ces histoires de complots et d'extraterrestre ? Il décida ensuite de se relever et de se diriger vers la porte d'entrée. Puisqu'il n'y avait plus personnes, il retourna la pancarte qui indiquait si oui ou non la superette était encore ouverte. Même ce simple geste le fatiguait. Décidément, qu'allait-il devenir à ce rythme ? Peut-être qu'il pouvait tout plaquer, prendre ses économies et mourir sur les plages tahitiennes ? C'était une option ? Il retourna derrière la caisse et se saisit du micro pour prévenir Wes qu'il pouvait laisser tomber les paquets de chips qu'il était en train d'ajouter sur une étagère. Il pourrait laisser l'équipe de la journée finir.

Fermeture en cours, Mr Byrnes. Fermeture en cours. Lâchez votre boîte et laisser tomber le navire. Il prit une pause. Ou plutôt rangez là à l'arrière, hein. Faut éviter de nourrir nos rats sinon on n'en sera jamais débarrassé ! Un peu d'humour, ça ne faisait pas de mal. Il laissa sa chaise haute, l'argent de la caisse sous le bras – il devait le ranger dans le coffre tous les soirs dans le bureau à l'arrière. Une fois que c'était fait, il s'étira et attendit que Wes le rejoint afin de sortir.

Y'a pas eu grand monde… fut le seul sujet de conversation qui traversa son esprit. D'un seul coup, il se sentit triste. Pauvre Wes, il devait subir Dave dans un état chaotique. Im méritait un collègue de travail un plus animé et positif. Il aurait dû faire un peu plus d'efforts. Voilà, il soupira de nouveau.



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Wes Byrnes

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MessageSujet: Re: “ the world is falling apart. ” (Wes)   Lun 7 Aoû 2017 - 20:48

Parfois il ne se passait rien, la vie était morne, sans saveur et sans aléas. Et puis tout tombait d’un coup. En l’espace de quelques semaines, Wes avait perdu son père, sa mère s’était noyée dans le chagrin, Justine était devenue un monstre, quant à lui… Il faisait ce qu’il pouvait pour ne pas couler comme une pierre au fond d’un puit. La situation était étrange, personne ne comprenait, et chacun théorisait sur le pourquoi du comment. Les disparitions soudaines étaient l’unique sujet sur les lèvres des habitants, comme si la planète eut arrêté de tourner, à l’instant où une vague de femmes et d’hommes s’étaient éclipsés. Lui aussi faisait parti de ceux ayant vu un proche s’évanouir dans la nature mais il préférait le taire. Lorsqu’on lui demandait où était passé le célèbre commissaire Byrnes, il se contentait de hausser les épaules mollement, et de lâcher d’une voix neutre qu’il ne savait pas. En d’autres termes, il s’en foutait royalement, n’ayant avec lui aucune accointance particulière, si ce n’est le même regard sombre les jours de pluie.  Qu’il soit à l’autre bout du monde ou dans la ville voisine ne changeait pas grand-chose, il les avait planté c’était tout ce qu’il fallait retenir. Et à cause de ça, il avait été obligé de revenir à Mount Oak pour aider ses proches. Il lui semblait qu’une éternité s’était écoulée depuis, mais cela faisait à peine une poignée de mois. Le garçon espérait repartir le plus vite possible – il songeait de plus en plus à partir sur les routes avec son sac à dos -, hélas vu la conjoncture des évènements, ce ne serait pas pour demain. En attendant, comme il fallait bien s’occuper pour ne pas se laisser aller, il avait réussi à trouver un job dans une supérette grâce à de vieilles connaissances familiales. Ce n’était pas nécessairement le boulot dont il avait rêvé gosse, mais ça permettait de récolter un peu d’argent. Il se rassurait en se disant que l’affaire était provisoire, mais force était de constater que le provisoire commençait à devenir permanent. Enfin… au moins lorsqu’il était là-bas dans sa bulle, il laissait à l’entrée ses tracas pour se concentrer sur ses tâches récurrentes et rébarbatives. Un peu comme aujourd’hui lorsque ses pensées étaient tournées vers sa soirée de la veille, où il avait revu Sebastian, un fantôme de son passé.

Du haut  de son escabeau, il remettait en place des paquets de biscuits laissés à l’abandon dans le fond, ou déplacés par les clients. Il ne s’était jamais rendu compte avant de venir ici, que les gens aimaient déplacer des articles pour au mieux les ficher n’importe où, et au pire laisser sur le sol à l’abandon. Il ne se passait pas une soirée, où il se plaignait de l’attitude de certains usagers relativement problématiques. Quand ce n’était pas ça, c’était les menus larcins qui les occupaient eux, et la sécurité quasi inexistante. Le boss avait brièvement briefé l’équipe en leur demandant de garder l’œil ouvert, mais Wes se voyait mal bondir sur les voleurs potentiels afin de les mettre devant le fait accompli. Il n’avait pas les épaules pour ça, et encore moins la volonté de se battre pour finir avec un œil au beurre noir. C’est pourquoi il se débrouillait généralement pour être dans la remise, et bien loin de ces problématiques relationnelles. Il n’était pas spécialement doué pour ça, et échanger avec des inconnus le mettait particulièrement mal à l’aise. Lorsqu’il voyait son nom sur le planning pour être de caisse, il rechignait d’avance, en sachant qu’il devrait entendre les problèmes des petits vieux du quartier, les moqueries de ses anciens camarades, et le ton blasé des touristes de passage. Il était nettement mieux dans l’autre salle avec pour seuls compagnons les denrées alimentaires. Au moins, ces dernières n’étaient pas très bavardes. « Fermeture en cours, Mr Byrnes. Fermeture en cours. Lâchez votre boîte et laisser tomber le navire. » Il sursauta en entendant son ami s’emparer du micro. Parfois ils s’en amusaient tous les deux, en faisant les idiots comme des gosses ayant grandi trop vite. Ça allait à la reprise des tubes des années 90, aux sketchs humoristiques. Rien de transcendant mais ça passait le temps.  « Ou plutôt rangez là à l'arrière, hein. Faut éviter de nourrir nos rats sinon on n'en sera jamais débarrassé ! » Il ricana à l’idée, et s’empressa de terminer sa besogne pour regagner la terre ferme. Il avait mal au dos,  à force de tendre les bras et de se hisser de tout son long sur les étalages, les courbatures étaient violentes. Il rejoignit Dave à l’entrée qui affichait une mine boudeuse – il le trouvait plus taciturne que d’ordinaire, et surtout plus morose que lui (un comble) -, mais il n’avait pas trop osé poser de question intrusive. Plus par pudeur, et pour ne pas le froisser, car il estimait qu’ils étaient assez proches pour aborder des conversations plus personnelles. Toutefois, Wes préférait  croire que si Dave n’abordait pas frontalement ses soucis, c’était pour une bonne raison. Il le ferait sans doute lorsqu’il se sentirait près. « Y'a pas eu grand monde… » Il acquiesça pensivement et s’appuya sur le comptoir. Beaucoup des habitants étaient partis rejoindre leurs familles disséminées un peu partout dans le pays suite à la vague de disparitions inquiétantes. Les commerces en avaient pris un coup, et le chiffre d’affaire était en berne. Si ça continuait comme ça, même eux risquaient de perdre leur poste. « Ouaip. C’est de pire en pire. Par contre Mr Herbs est toujours fidèle au poste,  à pinailler sur la clim... Il sait pas ce que c’est lui de porter ça. » Il désigna sa chemise au tissus informe et très épais d’un jaune immonde, avec un slogan plus que vétuste « chez Soldi la vie vous sourit ». Il détestait ce truc qui lui grattait la peau, et ne ratait pas une occasion de s’en défaire dès que la hiérarchie s’absentait. Ce soir, comme tout les vendredis d’ailleurs, le patron était parti tôt, et les avait laissés seuls derrière, en leur répétant pour la énième fois les consignes de fermeture. « Tu veux rester ? Il y a de quoi manger en sale de pause et puis on a le magasin pour nous. » C’était glauque de le voir vide, sous la lueur exagérée des néons qui clignotaient bruyamment, faisant ressortir le blanc cassé du carrelage abimé. « Sinon on peut sortir boire un verre. Comme tu veux. » Il haussa les épaules, attendant la réponse de son ami, il avait bien saisi que ça tournait pas rond, alors si il pouvait le divertir un peu, et faire d’une pierre deux coups, pourquoi pas.

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Dave Chetwynde
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MessageSujet: Re: “ the world is falling apart. ” (Wes)   Dim 3 Sep 2017 - 12:51



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La science ne lui était plus d'aucune utilité. Vraiment. Il n'y avait aucune logique à la situation et Dave désespéré. Il n'était pas assez intelligent pour émettre une vraie théorie et ça l'énervait. Toutes ses heures à errer devant les livres et les cours pour ne rien comprendre à l'un des événements majeurs de ce monde. Il n'avait aucune idée, aucune piste. Rien. Tout ce qu'il avait appris, n'avait plus aucune importance face à ce qui semblait être un acte venant des dieux. Oui, Dave avait aussi lu tout ce que les gens disaient, même les choses les plus stupides : comme cette théorie de la noix de cajou dont il n'avait pas toujours saisi le sens. Il prenait tout, il avalait tout, pour finalement se noyer dans une masse de calcul sans fin. Dave savait qu'il n'était pas en mesure d'éclairer cette situation et pourtant, il continuait. Il s'acharnait. L'état de son appartement était déplorable. Il était à deux doigts de tout repeindre pour tout recommencer. Il avait beau savoir que son génie était inexistant, il se devait de persister. Pour Kenny. Pour ce frère qui représentait tant. Peu importe ce que demain lui réservait, sans Kenny, est-ce que ça en valait la peine ? Non, c'était plus que ça. Comment pouvait-il vivre sans savoir si Kenneth était en vie. Sans essayer de le sauver ? Sans essayer de le libérer de la prison où il se trouvait ? Car pour Dave, il était évident que ces personnes n'étaient pas mortes. Sans corps, sans preuve, sans particule prouvant leurs existences passées, ils ne pouvaient pas être morts. Ils étaient simplement tous ailleurs… quelque part. Ou alors invisible. Dave n'en savait rien, il n'en savait vraiment rien et ça le torturait chaque jour un peu plus.

Mais il essayait aussi de séparer ces problèmes du travail. Sans argent, il ne pouvait rien faire. C'était une vérité qui n'avait absolument pas changé. Il avait le droit à ses pauses, parce qu'il pouvait prendre ainsi un peu recule avant de replonger. Cependant, ses émotions étaient complètement affectées par sa peine grandissante. Dave n'était pas un robot, il souffrait. Les tâches les plus simples lui semblaient pénibles, douloureuse. Il n'y avait rien de plus ennuyant que ce job, à la supérette. Malgré les mauvaises expériences, Dave se sentait toujours en sécurité ici. Comme si c'était une zone neutre. Il avait eu son lot de mésaventure, mais il s'était débrouillé. Après toutes ces années, son visage n'était plus si invisible. Peut-être que certains auraient préféré qu'il fasse partie des disparus, plutôt que d'autres. Quelque part, Dave aurait aimé. Au moins, il aurait été avec Kenneth et ensemble, ils auraient trouvé une solution pour revenir.

Attendant Wes à l'entrée, Dave l'anéanti ne trouvait pas grand-chose à dire. Les clients se faisaient de plus en rares, mais c'était normal. La situation l'expliquait. Par chance, Wes n'était pas dans le même état. Dave regarda sa chemise jaune et offrit un sourire amusé.

Ce n'est pas si dur que ça… on s'y habitue. Ils étaient en tout cas bien mieux que ceux d'il y a deux ans, couleur prison. Une erreur marketing qui avait été responsable des premiers cheveux gris du propriétaire. Rester ? Il se retourna et jeta un coup d'œil à l'endroit. C'était envisageable, mais Dave préférait largement la seconde option. Il n'était pas forcément du genre à sortir et Wes s'en était sans doute rendu compte.

Allons boire. Enfin, alors boire un verre, je ne dis pas qu'on devrait se souler… Il laissa Wes sortir en premier puis se chargea de baisser la grille et de fermer. Il retira ensuite sa chemise qu'il rangea dans son sac à dos avec les clefs de l'endroit. Où est-ce qu'on va ?

Parfois, Dave ressemblait à un enfant qui n'avait encore jamais exploré ce monde. Il avait beau être plus âgé que Wes, il donnait l'impression de pas avoir vécu du tout. Trop timide, trop réservé, trop à l'écart. Il n'avait pas forcément changé avec le temps malgré l'influence de Kenneth. Alors qu'ils marchaient, Dave se lança.

Alors… tu… je peux te poser une question ? Il garda le silence un instant, comme attendant une permission. Il y a des proches à toi qui ont disparu ? T'es pas, t'es pas obligé de répondre. Je sais que ça peut être chiant, tout le monde ne parle que de ça…


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Wes Byrnes

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MessageSujet: Re: “ the world is falling apart. ” (Wes)   Jeu 14 Sep 2017 - 20:21

En dépit des circonstances et de la disparition d’un de ses proches, sa vie continuait, pas tout à fait la même qu’avant et pas nécessairement mieux, mais c’était différent. Un peu de changement faisait du bien de temps à autre, ça permettait de souffler, de repartir à zéro, et d’envisager les choses sous un nouvel angle. Il aurait été préférable que seul lui soit impacté, et que Justine ainsi que sa mère n’en pâtissent pas, mais on ne pouvait pas tout avoir. Il se donnait encore quelques mois à Mount Oak avant de filer loin, vers l’inconnu. Pas de destination précise en tête, juste un besoin vital de s’échapper et de retrouver son indépendance. Ici il redevenait le fils à sa maman (mois qu’avant en raison de la folie qui la gagnait), mais il avait perdu cette habitude de vivre avec quelqu’un, de devoir faire attention à ses actions, d’étouffer le moindre bruit susceptible de déranger, etc. Et puis, il craignait de devenir dingue à force de rester cloitré entre ces murs emprunts de souvenirs, et de paroles qui raisonnaient dans sa mémoire dès qu’il fermait les yeux. Heureusement pour lui il avait trouvé ce job de fortune à la supérette qui lui permettait de prendre un peu l’air et de ne pas penser au reste. Ce n’était pas grandiloquent mais ça avait le mérite de le tenir occuper, et d’avoir mis Dave sur son chemin. Il s’était toute suite entendu avec le garçon, forcément quand sur une équipe de quatre personnes, ils étaient que deux jeunes, ce qui incitait au rapprochement, mais il n’y avait pas que ça. Il était semblable à lui, bien que peut être plus taciturne (toutefois de ce point de vue-là, il avait également ses phases de rejet), mais ils discutaient régulièrement ensemble. Parfois pour se dire des bricoles ou parler de cinéma, et tantôt sur des sujets un peu plus personnels, sans dépasser la barrière de l’intime. Pour faire bref, ils n’étaient plus trop collègues et pas non plus des amis, mais ils avaient noué un lien solide. D’ailleurs quand il n’était pas là, les corvées n’en étaient que plus moroses et rébarbatives, et les minutes s’étiolaient avec une lenteur étouffante. Un peu comme aujourd’hui où son comparse n’était pas des plus bavards, visiblement préoccupé et ailleurs.

Appuyé sur le comptoir il l’observa terminer de ranger ses affaires, cherchant un indice sur les raisons de sa monotonie passagère, sans vif succès. Il avait déjà du mal à cerner ses propres humeurs, alors celles de ses proches… Ça ne l’empêchait pas d’être là pour lui si besoin, il était certes mauvais pour donner des conseils mais était une oreille attentive. « Ce n'est pas si dur que ça… on s'y habitue. Ils étaient en tout cas bien mieux que ceux d'il y a deux ans, couleur prison. Une erreur marketing qui avait été responsable des premiers cheveux gris du propriétaire. Rester ? » Il étouffa un sourire, d’après lui le gris était probablement mieux que le jaune poussin, trop voyant et trop criard. Il n’était pas spécialement friand des couleurs vives qui le mettaient sur le devant de la scène. Un peu comme à l’école quand on redoutait de passer au tableau pour réciter ses leçons. Hélas, il n’avait pas connu cette glorieuse époque des uniformes de prison, il ne pouvait donc que compatir. « Allons boire. Enfin, alors boire un verre, je ne dis pas qu'on devrait se souler… Où est-ce qu'on va ? » Il acquiesça et à son tour il se glissa sous la porte, et attendit le cliquetis métallique familier. Dehors il n’y avait plus personne, chacun était retourné à ses petites affaires, sous le joug d’un couvre-feu implicite. Tout le monde craignait qu’une seconde vague de disparus n’intervienne, et s’obligeait à retourner le plus rapidement possible à la maison. C’était des conneries tout ça, pour Wes être à l’intérieur ou à l’extérieur était tout autant risqué.  « En centre-ville il y a des bars sympas, on trouvera forcément notre bonheur. Au pire y’a toujours le Hairy Lemon » Intimement, il fit la liste. Surtout pas le Glow pour commencer, mais il se débrouillerait pour faire en sorte d’esquiver l’endroit. Il n’était plus très au courant des derniers lieux à la mode, la jeunesse passée il avait mis ça derrière lui, et les années sabbatiques dans une ville étrangère n’arrangeaient rien. Pour le reste il ne doutait pas de leur chance à se dégoter un truc pas trop mal où se poser un moment. «  Alors… tu… je peux te poser une question ? Il y a des proches à toi qui ont disparu ? T'es pas, t'es pas obligé de répondre. Je sais que ça peut être chiant, tout le monde ne parle que de ça… » Il avait attendu patiemment que les mots daignent à sortir, et il frissonna. Évidemment, c’était ce que tous avaient sur le bout des lèvres, comment faire autrement ? Il réalisa subitement qu’il n’avait jamais eu l’occasion ni l’envie de s’épancher là-dessus à qui que ce soit. Il était de nature réservée et assez pudique, et puis il avait honte d’admettre que ce départ précipité lui faisait du bien. Son père était parti, et il s’en moquait, c’était la triste vérité. Il n’avait pas besoin de la pitié des autres ou de discours préconçus. « Non t’inquiète, c’est pas grave. J’ai perdu… Mon père est plus là, je pense que c’est lié à tout ça mais je ne suis pas sûr. C’est pas la première fois qu’il se tire, il est comme ça. » Il haussa des épaules, et donna un coup dans un caillou. Ça avait commencé avec une fille, puis deux, puis trois. Il ignorait pourquoi sa mère était restée avec, mais elle devait avoir ses raisons, il avait abandonné toute tentative de saisir ce qui se tramait chez elle. « Et toi ? » Que savait-il au juste de Dave ? Le strict minimum, il pouvait dire ses gouts en matière de musique, de réalisateurs, mais le reste était nébuleux, de ses relations avec sa famille comme avec les filles et ses amis. « On tourne là attention…. Je sais pas si ils reviendront, ceux qui sont partis. Ca parait tellement improbable toute cette situation. » Il soupira, et resserra sa veste sur ses épaules, la nuit commençait à percer dans le ciel, et avec elle, une chute des températures.

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MessageSujet: Re: “ the world is falling apart. ” (Wes)   Mer 18 Oct 2017 - 19:03



the world is falling apart

Dave avait l’impression que le monde était en train de s’écrouler. Que petit à petit, les colonnes qui maintenaient son existence tombaient, une à une. Il n’arrivait à rien, à chaque fois qu’il tournait dans une rue quelque chose lui rappelait qu’il faisait partie des survivants. Ceux qui n’ont pas disparu. Mais disparaître où au juste ? Les atomes du corps humain pouvaient-elles se dissocier pour se reconstituer sans commettre la moindre erreur ? Mais surtout où étaient-ils tous ? Dans une réalité parallèles, différentes et semblables à la fois ? Dave se demandait s’il n’allait pas finir par replonger dans l’un de ces rêves les plus anciens. Quand gamin il ne désirait rien de plus que de concevoir une télécommande capable d’ouvrir une porte vers les autres mondes. Il avait sans doute trop regardé Sliders, mais ça n’avait pas d’importance. Il voulait croire à cette hypothèse tant elle lui paraît assez juste et assez pleine d’espoir. Oui, ainsi il pouvait espérer retrouver un jour son frère de coeur. Kenny. Il ne serait donc pas étonnant qu’à l’avenir, Dave se met à retrouver ces vieux cours de mécanique de base… Avec Internet, il y avait aussi la possibilité de se renseigner sur pas mal d’autres choses et même si ça paraissait un peu fou, n’avait-il pas le droit de s’attacher à quelque chose pour continuer à vivre sa vie présente ? Pourtant, depuis des années, sa vie, elle lui semble inexistante.

Et c’était peut-être ça, son problème le plus profond. Kenny n’était plus là, mais sa vie en comparaison paraissait si importante. Dave aurait dû disparaître avec les autres tant cela n’aurait eu aucun réel impact sur ceux qu’il côtoyait. Et cette disparition lui aurait peut-être offert une aventure, une autre vie ou une mort certaine, mais dans tous les cas il aurait vécu autre chose que cette vie-là. Celle d’un raté.

Le pire, c’est que Dave n’envisageait pas de partir, de quitter son monde actuel pour disparaître sur une île déserte. Même si parfois il disait que c’était le cas, il savait au fond qu’il ne le ferait jamais. Il serait bien incapable de fuir les souvenirs qui existaient ici. La peur de l’oubli était plus importante que l’envie de vivre.

Mais même dans les ténèbres les plus obscures, une lumière pouvait briller. Faible, certes, mais présente. Quand il regardait Wes, c’était ce qu’il ressentait. Parmi toutes ces connaissances, c’était bien avec lui qu’il arrivait à s’ouvrir un peu et à parler ouvertement. Parfois il s’égarait même dans ses propos, comme un gamin qui venait de découvrir l’amitié.

Tant qu’ils vendent de l’alcool, ça me va. Et que le prix est raisonnable… Il lança un coup d’oeil à la supérette bien fermé. Cet endroit était idéal en cas d’attaque de zombie, encore fallait-il bien barricader ses entrées. Ils se mirent ensuite en marche, Dave suivant surtout Wes sans se poser la moindre question. Il faisait nuit d’ailleurs, depuis un sacré moment. Pour Dave, c’était le moment qu’il préférait. Quand les étoiles - ou le peu d’étoile - éclairaient les environs. Ils se sentaient comme les elfes du premier âge (référence à Tolkien, son ami de toujours).

Oh... ça m'étonnerait pas que certains en profitent pour jouer les fantômes. J'aurais bien aimé le mien disparaisse vraiment, mais non il est toujours au fond de sa cellule. Se rendant compte qu'il en avait un peu trop dit, il s'arrêta et offrit à Wes un sourire désolé. Longue histoire. Ils n'avaient pas trouvé d'autres mots. Encore un exemple typique de son manque de vie sociale.

Il y a quelques personnes et même si j’ai pas envie de dire que ça n’a pas d’importance, c’est quand même bizarre. Des enfants de l’école où je travaille et… tu sais le vieux qui venait tous les mardis réclamaient des bretzels alors qu’on n’en vend pas ? Je crois qu’il a disparu aussi. Il bouga sa tête de haut en bas, comme sur de lui. Mais rapidement son regard se fait plus intense. Sinon il y a mon meilleur ami… Il n’a pas besoin d’en dire plus, c’est douloureux, prononcer ces mots-là sont douloureux. Il fit attention quand Wes lui indiqua et tourna avec lui observant la route devant.

Je suis certain qu’ils sont quelque part. Et si y a un moyen d’aller vers ce quelque part, y a sans doute un moyen d’en revenir, non ?



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MessageSujet: Re: “ the world is falling apart. ” (Wes)   Mar 5 Déc 2017 - 21:09

Ses pas frottaient le bitume de ses semelles usées, et ses mains cherchaient un petit fil dans le trou de sa poche pour jouer avec du bout des doigts. Il n’était pas tranquille en ce moment, et ses gestes trahissaient son état d’esprit perturbé. Wes avait beaucoup de choses à gérer depuis son retour à Mount Oak, et rien ne semblait allait en s’arrangeant, au contraire. Sa mère pour commencer, puis Justine. Justine et ses frasques, Justine et ses problèmes, Justine et son obstination à vouloir jouer avec la mort pour tester ses nerfs, et ceux de l’univers. Il se demanda ce qu’elle faisait ce soir, probablement dehors comme lui, à errer telle une âme en peine dans les gourbis de la ville, à la recherche d’un bonheur perdu. La veille, il avait surpris un message sur son portable posé sur la table de la cuisine, une poignée de mots envoyés par un garçon, à l’identité inconnue. Il l’avait noté dans un coin de sa tête pour s’en servir plus tard. Il détestait mettre son nez dans les affaires des autres, mais il pressentait le pire concernant ses fréquentations, et s’était promis d’enquêter discrètement là-dessus. Elle le détestait, néanmoins, lui, avait suffisamment d’affection à son égard, pour ne pas s’en conformer. Il était le grand frère et il devait la protéger quand elle vrillait, un point c’est tout. Ce n’était pas son attitude revêche et auto destructive qui allait l’en empêcher. Tout ça, ce n’était qu’une façade, à laquelle il ne croyait pas une seconde. Elle pouvait bien tromper ses amis et son monde, mais pas lui. Par réflexe il sorti son portable pour voir si il avait reçu un message de sa part quémandant de l’aide, toutefois, seule l’heure clignotait sur l’écran strié par les différentes chutes de l’appareil. Ses épaules se relâchèrent légèrement par soulagement de la savoir à l’abri, même provisoirement. « Oh... ça m'étonnerait pas que certains en profitent pour jouer les fantômes. J'aurais bien aimé le mien disparaisse vraiment, mais non il est toujours au fond de sa cellule. » Malgré lui sa curiosité fut piquée à vif par la remarque de son ami, car au fond il ne savait que peu d’éléments sur sa vie – juste le minimum. Et visiblement les deux partageaient des relations complexes avec leur géniteur. Ils n’étaient ni les premiers ni les derniers, mais cela renforçait le lien qui les unissait. Étrange cependant que l’un fut flic, et l’autre, en prison, de vrais opposés. En était-il de même pour eux ? Pas de ce qu’il avait pu apercevoir jusqu’ici. Dave n’avait rien d’un élément perturbateur au comportement répréhensible…. Lui, ne pouvait pas en dire autant. De sa jeunesse (il en souriait presque), il avait pas mal baroudé avec ses potes en faisant connerie sur connerie, auxquelles il avait échappé grâce à l’intervention de… son père justement. « Longue histoire. » Wes répondit à ses excuses voilées par une moue désolée, et posa une main sur son bras par automatisme. « Je comprends, t’inquiète. T’as pas à m’en parler. Mais juste.. Je suis là si besoin. » Il n’était pas spécialement doué pour parler ou donner des conseils mais écouter, ça, il savait faire. Il se surprit soudainement à éprouver un élan de compassion pour le garçon, dont il comprenait hélas les soucis pour les avoir vécu aussi. « Il y a quelques personnes et même si j’ai pas envie de dire que ça n’a pas d’importance, c’est quand même bizarre. Des enfants de l’école où je travaille et… tu sais le vieux qui venait tous les mardis réclamaient des bretzels alors qu’on n’en vend pas ? Je crois qu’il a disparu aussi. » La liste ne faisait que s’agrandir quotidiennement, et l’énumération que lui donnait Dave ne le surprenait pas des masses. Certains avaient d’abord pensé – ou espéré – que plusieurs disparus avaient décidé de se mettre au vert, de gouter à un eldorado invisible. La version facile en quelque sorte, qui permettait aux proches de ne pas sombrer ou d’envisager le pire. Et puis avec les semaines qui s’accumulaient, force était de constater, que parmi les personnes parties, bon nombre ne reviendraient pas de sitôt. Le lieutenant Byrnes était à priori de ceux-là, comme le déplorait sa femme dans une litanie sans fin qui lui cassait les oreilles jour après jour. « Leur nombre fait que grossir… C’est effrayant. » Lâcha-t-il sans trop de conviction, partagé entre ce qu’il était censé éprouver et ce qui se tramait réellement dans son esprit. Effrayant n’était pas le terme adéquat, il n’était pas inquiet ou apeuré quant à l’avenir. Il s’en fichait tout bonnement. « Sinon il y a mon meilleur ami… » Il resta silencieux, à chercher des paroles ou quoi que ce soit susceptible de le réconforter, mais ses pensées restèrent bloquées à mi-chemin entre son cerveau et sa gorge. « Désolé. » Murmura-t-il finalement, comme si ce fut suffisant pour étancher la peine de son camarade. Mais que pouvait-il ajouter à pareil déclaration ? Il n’était pas en capacité de lui rendre cet ami, et ne pouvait offrir que sa modeste compagnie afin de lui changer les idées. « Je suis certain qu’ils sont quelque part. Et si y a un moyen d’aller vers ce quelque part, y a sans doute un moyen d’en revenir, non ? » Il avait lu et vu tout un tas de théories sur le net, des plus loufoques aux plus improbables. Toutes différentes, elles avaient pourtant un point commun : il n’y aurait pas de retour en arrière. Visiblement, des écervelés s’accordaient sur un nouveau départ dans un futur lointain (sans en connaitre les modalités), mais le reste était dans le flou total. « Je sais pas. C’est un truc qui dépasse tout le monde, le genre qu’on voit seulement au cinéma. Mais la fiction a rejoint la réalité… J’espère qu’on aura des réponses, ce serait déjà ça. Tu voudrais les rejoindre toi ? » Une telle perspective ne l’avait même pas effleuré d’un chouia, Wes était bien mieux là où il était, et n’avait nullement de désir pour subir un sort similaire à celui du patriarche. Au contraire, il priait intérieurement pour qu’il ne revienne jamais. « Tient c’est là. » Il désigna du menton un bar à l’allure vieillotte, et aux planches presque délabrées, dans lequel il s’engouffra en poussant mollement la porte. L’odeur de cigarette gagna aussitôt ses narines, et il s’installa à une table non loin de la fenêtre. « Tu veux boire quoi ? » Il n’était pas contre une bière ou un truc plus fort, histoire d’annihiler ce gouffre béant dans sa poitrine.

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Dave Chetwynde
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MessageSujet: Re: “ the world is falling apart. ” (Wes)   Mer 17 Jan 2018 - 10:22



the world is falling apart

Quoi qu’on fasse dans la vie, rien n’était complètement défini. Pourtant, l’espoir de Dave s’était étouffé avec les journées, entassées comme une des boîtes de la réserve du mini-market dans lequel il travaille à mi-temps. Oublié, négligé, ami de la poussière la plus résistance. Dave voulait s’accrocher, réfléchir à toutes les possibilités, trouver les chemins qui le conduiraient à une réponse. Trouver une réponse. Mais dans le processus, il y perdait la simple volonté de vivre. Il finissait toujours en face d’un mur. Sans issue de secours, sans autres possibilités. À ne voir que son propre reflet, ridicule, pathétique, sans vie.

Dave n’avait pas une existence palpitante. La normalité régnait en maître depuis des décennies. Depuis tout petit, il n’a rien de plus que les autres. Il n’a pas vécu des aventures, il n’a pas croisé de surprises. Entre ses deux jobs, il n’avait pas beaucoup d’amis à retrouver. Ses hobbies étaient limités, ses rêveries étaient restreintes depuis toujours par une frontière invisible qu’il n’avait jamais comprise. Kenneth avait essayé. Il avait tenté de le sortir un peu de cette bulle dans laquelle il s’était enfermé. C’était sans doute difficile maintenant, et le voilà qu’il faisait marche arrière devant tous ses exploits passés avec Kenneth. Il n’avait plus de raison d’essayer ou alors sa disparition devait être justement cette petite étincelle pour qu’il se débrouille seul, comme un grand. Il avait peur de finir par cette conclusion. Trop positif face à la peine qu’il ressentait. Trop optimiste pour quelqu’un qui ne rêvait plus de rien. Trop horrible pour lui. Comment pouvait-il se dire que ne plus avoir Kenneth à ses côtés, était une bonne chose ? Comment pouvait-il oser imaginer une bêtise pareille ? Alors qu’il jeta un dernier coup d’oeil au magasin, il essaya de se vider l’esprit. Ils étaient dehors, à respirer un peu d’air. À observer les rares étoiles assez fortes pour passer au-delà du mur de pollution qui entourait en partie la ville. Dave se rendait compte qu’il avait de la chance d’avoir Wes. Ils n’étaient pas les plus proches du monde et pourtant, ils étaient là. Maintenant. Prêt à boire un verre, à sortir entre amis comme si des années de relation les lient. Wes, il était compréhensif. Même maintenant. Il ne le poussait pas à se dévoiler. Il ne le forçait pas. Face à ses remarques, il ne put que sourire légèrement se disant qu’un jour, peut-être, il pourrait lui parler plus ouvertement de tout ce passé qu’il essaye d’ignorer et qui pourtant, a fait de lui l’homme qu’il est aujourd’hui.

Si Wes n'était plus là, peut-être que Dave aurait craqué. Malgré tout, il l’aimait bien Wes. Il l’appréciait sincèrement. Le voir au travail lui redonnait un bout de sourire.

Ouais. C’est exactement ça. Effrayant était le terme le plus approprié pour décrire tout ça. Pour lui, en tout cas. Quand il regardait aux alentours, il ne voyait que très peu de personnes réussir à garder la tête haute face à la vie qu’ils avaient désormais. Ils devaient retourner à leurs quotidiens, tout en prenant en compte que certains visages n’étaient plus là. C’était effrayant d’agir comme si tout était normal… quand tout ne l’était pas. Dave était en plein dedans.

Les rejoindre ? Tout d’un coup, il doute. Un vrai doute. Non. Lui-même, cela le surprenait. Il aurait aimé disparaître à la place d’autres, mais les rejoindre… Qu’est-ce qui leur garantissait que là-bas, c’était vivable ? Du moins, pas si l’endroit où ils se trouvent c’est un trou noir ou une espèce d’enfer paumé sur une planète quasi déserte à des années-lumière de la terre. Il haussa les épaules. Je ne suis pas suicidaire… Pas encore, se dit-il. Mais passons, ils étaient arrivés et Dave observa l’endroit comme un enfant devant une pièce de musée. Il suivit Wes jusqu’à une table près d’une fenêtre et s’installa, s’étirant pour essayer d'atténuer la douleur sur ses épaules.

Hmm. Une bière ? Il n’était pas franchement le genre à boire, alors il ne savait vraiment pas. Enfin, une fois, il avait passé la soirée à boire de la tequila et il n’en gardait pas vraiment un bon souvenir. De toute manière, avec l’école, il ne pouvait pas toujours se permettre de boire beaucoup et il ne buvait que lorsque Kenny l’invitait par-ci par-là.

N’empêche, j’en ai lu des théories complètement barges. Il y a des dingues qui se sont emparés d’internet pour y mettre leurs conneries dessus. Je ne vois que ça maintenant en ligne, des gens qui postent sur leurs blogs leurs versions des faits. Sa tête fait non. Non, comme un enfant qui n’est pas d’accord. Et qui ne comprend pas.


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