take my mind and take my pain ○ arnav.


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Lizzie Abernathy

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MessageSujet: take my mind and take my pain ○ arnav.   Ven 21 Juil 2017 - 19:18

arnav & lizzie.
'cause I got issues but you got 'em too
so give 'em all to me and I'll give mine to you.




- - - - - - - - - - - - - -

Parfois elle se réveillait en hurlant au beau milieu de la nuit. Le pire, dans l’accident c’était qu’elle le portait en permanence dans son corps avec la chaleur et la secousse dans ses os, ainsi que le fracas. Dans ses rêves il y avait toujours une sortie lumineuse et une autre plongée dans l’obscurité. A chaque fois Lizzie empruntait le chemin obscur, car le premier était brulant et lançait des étincelles enflammées. Puis plus rien, la suite ne venait jamais. Elle essayait vainement de se rendormir en enfonçant sa tête dans un oreiller à l’odeur étrangère, qui n’était ni la sienne, ni celle de son appartement ou quoi que ce soit qu’elle eut connu auparavant. Elle tâchait alors de penser à sa vie - celle qu’elle pensait être vraie mais à ce stade, elle doutait de plus en plus -, et se repassait en boucle des souvenirs d’enfance ou plus tardif, en les détaillant avec une précision quasi chirurgicale. S’accrocher à ça lui permettait de ne pas lâcher prise, et surtout de ne pas oublier qui elle était vraiment pendant que dehors, le monde continuait de tourner. Bientôt, le ciel nocturne changerait de nuance se parant d’un joli bleu pâle, à l’instant où la lueur tendre et fraiche du matin entrerait dans la pièce. D’un bout à l’autre de la ville, des gens se mettraient en branle pour effectuer leurs tâches quotidiennes avec plus ou moins d’empressement, et le vrombissement des moteurs viendrait perturber l’accalmie nocturne. Et elle, que ferait-elle ? Une partie de la jeune femme était immobile, assommée de désespoir, comme un rat de laboratoire démotivé, pressé d’en finir en pleine expérience. Elle rassembla difficilement ses idées. Si pendant longtemps il lui avait presque semblé qu’en restant assise tout en attendant patiemment, les choses se remettraient en ordre d’elles mêmes, désormais elle craignait que ce ne soit pas la bonne marche de manœuvre à suivre.

Elle se redressa, et fixa la commode d’un air résolu. Un tintement métallique dans la pièce adjacente (surement Penny qui se préparait) la fit sursauter : son coeur s’emballait et s’agitait aux bruits les plus innocents. Poussant les draps, elle s’extirpa du lit, et ouvrit les tiroirs un à un. Elle les avait fouillé précédemment à la recherche de somnifères, et de ses effets personnels, en vain. Son journal intime n’était pas à l’endroit habituel sous un foulard en soie orange, ni même la petite boite de nacre qui contenait ses médicaments. A la place, elle y avait déniché des photos, et quelques bijoux. Elle s’empara des clichés vernis qui brillèrent dans la pénombre, et les examina plus attentivement que sa dernière tentative. Sur certains, des noms avaient été inscrits accompagnés de dates (c’était son écriture!), mais aucun des visages - à l’exception de Ned et de leurs parents -, ne lui disaient quoi que ce soit. Toutefois à en juger par ce qu’elle avait sous les yeux, quiconque vivait ici, avait l’air d’être heureuse, et relativement bien entourée. Pourquoi n’avait-elle croisé personne d’ailleurs ? Elle ignorait la date exacte de sa venue (ce terme la dérangeait, il sous entendait qu’elle appartenait à une dimension parallèle mais elle n’avait pas trouvé plus adéquat) et hormis sa colocataire et son frère, pas un seul de ses amis n’avait montré le bout de son nez. Étrange…. Un garçon revenait plus que la moyenne cependant, un certain Arnav. Plusieurs de ces photographies pointaient dans la direction qu’ils étaient en couple. Sur celle qu’elle observait, Lizzie (la fausse pas elle), riait aux éclats, un collier de fleurs par dessus un teeshirt jaune, cramponnée au cou de son petit ami, qui souriait distraitement. Un coeur avait été rajouté puis effacé ensuite (?), et cet instant immortalisé remontait à une poignée de mois tout au plus. Sur la deuxième, ses sourcils se froncèrent, il y avait de nouveau Arnav - seul cette fois ci -, à la montagne, un sac sur ses épaules, regardant un point à l’horizon. Ce pull qu’il portait, elle l’avait déjà vu avant. Elle abandonna le papier glacé, et farfouilla dans la penderie, tout en bas à gauche, il y avait une pile de vêtement entassée qui contrastait avec le reste. En effet si la moitié des robes, vestes, etc étaient de couleurs solaires, ceux là étaient d’un gout nettement moins tape à l’oeil. Les premiers jours, lorsqu’elle avait cherché de quoi se mettre sur le dos pour sortir prendre l’air, elle les avait vu, comme pliés à son attention, et avait piqué ce pullover gris foncé bien trop large pour elle. La brunette comprenait maintenant que c’était le sien à lui pas à elle. Une interrogation demeurait quant à cette découverte, si ils étaient ensemble, elle ne l’avait encore pas vu ici. Pourquoi ? Où était il ? Détenait-il les réponses ? Elle avait besoin de le savoir. Elle employa les heures suivantes à se renseigner sur le petit ami de son double, et parvint à rassembler les informations nécessaires pour combler les trous. Ils se fréquentaient depuis longtemps (ça se comptait en années d’après son intuition), et d’apparence, tout ça ressemblait à un amour d’adolescent qui s’était mué en un truc plus profond. Sa copie était assez éprise à en croire ce qu’elle disait à ses copines dans certains mails, mais lui était un mystère. Elle n’était peut être pas remontée assez loin pour glaner des indices complémentaires, en plus les échanges sur ce sujet s’arrêtaient brutalement il y a environ trois semaines. En tout cas elle avait retenu qu’il était flic, et ça c’était sacrément intéressant et utile. Il fallait qu’elle le rencontre. Voilà, elle tenait enfin son objectif, et aurait un but dans sa journée.

Musique dans les oreilles pour fuir le vacarme de Mount Oak, elle avançait d’un pas rapide. Exceptionnellement, elle avait fait un minimum d’efforts pour s’habiller et s’était appliquée à tresser ses cheveux pour camoufler ses épis rebelles. Elle passa devant des gamins qui criaient et glissaient sur un terrain de jeux sans la moindre idée des futurs enfers qui les guettaient : boulots ennuyeux, emprunts immobiliers ruineux, mauvais mariages, calvitie et tasses de thé solitaires dans une maison vide. Sa propre enfance lui sauta à la figure, c’était si loin et si proche en même temps. Cette insouciance lui manquait, précisément celle qu’on lui avait volé lorsqu’elle avait tué un garçon avec sa voiture. Elle mit en sourdine ses états d’âme lugubres, et se concentra sur la stratégie à aborder lorsqu’elle verrait Arnav. Lizzie allait devoir jouer le jeu, pour évaluer si elle pouvait lui faire confiance, et lui demander de l’aide pour la suite. Ça devait pas être bien difficile, elle l’avait déjà fait par le passé. De toute manière il était trop tard pour faire marche arrière, elle arrivait au commissariat, dans lequel elle pénétra sans trop de difficultés. Elle serra entre ses doigts le sac en papier qui contenait du café et une pâtisserie qu’elle avait pris en bas de la rue pour les lui donner. La nourriture était en général un bon prétexte et une technique aisée pour entamer une discussion. Enfin… Si cette étrangère sortait avec Arnav, ce serait plus qu’une boisson chaude qu’elle devait lui donner. « Hey salut Lizzie ! Tu vas bien ? Qu’est ce que.. Qu’est ce que tu fais là ? » La secrétaire d’un âge mur la toisait avec surprise derrière d'un comptoir immense. De là où se tenait la jeune femme il lui était impossible de voir comment elle s’appelait. Elle esquissa un sourire timide, et s’approcha, avant de répondre d’un ton cordial mais néanmoins assuré. « Coucou ! Ca va bien et toi ? Je suis venue… » Elle n’eut pas le loisir de terminer sa phrase, car son interlocutrice, visiblement heureuse de papoter, enchaina directement. « Tu es venue voir Arnav ? Je vais l’appeler mais je sais pas si… Bon je l’appelle. » Lâcha t-elle la mine déconfite, en composant des chiffres sur un clavier vétuste. « Va t’asseoir là bas en attendant si tu veux. » Lizzie se dirigea vers les sièges sur le côté, coincée entre une mamie appuyée sur sa canne, et un gamin aux bras tatoués. Elle espéra que son - le - copain de son sosie ferait vite, elle n’aimait pas vraiment l’ambiance des commissariats, ayant encore à l’esprit les heures d’interrogatoire suite à la mort d’Abel. Cinq minutes plus tard, elle aperçu sa silhouette dans le hall, et en réaction son estomac se noua. Prends ton courage à deux mains Lizzie. Elle se leva comme un pantin sur des ressorts, et alla à son encontre, hésitant sur la posture à adopter : le prendre dans ses bras, l'embrasser, rester stoïque... Trop d'alternatives, trop de résultats, il n'y avait qu'à piocher. « Heey. » Ses fossettes se creusèrent dans ses joues, et elle brisa la distance pour l'enlacer maladroitement. « Je t'ai pris ça pour heum ta pause. Tu vas bien ?» Elle se détacha de son étreinte, et braqua les denrées entre eux en guise de barrière.

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Dernière édition par Lizzie Abernathy le Jeu 10 Aoû 2017 - 18:59, édité 1 fois
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Arnav Singh

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MessageSujet: Re: take my mind and take my pain ○ arnav.   Sam 5 Aoû 2017 - 16:42

« Bon, reprenons. » Arnav tentait de masquer son agacement. En face de lui se tenait une petite dame à l'âge immémorial et aussi sourde qu'un pot de fonte pouvait l'être. Elle était là depuis une heure et demie, et Arnav n'avait toujours pas réussi à comprendre les tenants et les aboutissants de sa venue. A chaque fois qu'il lui demandait de répéter, les protagonistes changeaient de nom, la scène du crime se déplaçait de deux rues à droite ou à gauche, l'objet du larcin passait d'une montre à un panier de légumes, et elle passait plus de temps à lui parler de ses petits-enfants (réels ? inventés ? aucun moyen de le savoir) qu'à le renseigner sur le crim dont elle était soi-disant la victime. Posant bruyamment le dossier sur son bureau, Arnav poussa un soupir. Il était la dernière recrue du service et de ce fait, ses collègues en profitaient pour lui filer toutes les affaires qui échouaient par erreur dans le département. Il faisait peut-être partie, officiellement, de la brigade chargée de la répression des crimes commis par des clones (que quelqu'un n'ait pas encore pensé à un acronyme le dépassait), mais dans les faits, il en était encore à traiter des affaires qui n'avaient rien à voir – comme celle de la grand-mère et de son vol imaginaire. Frustré, le jeune homme darda son regard sombre sur la petite vieille rabougrie et commença à feuilleter le mince paquet de feuilles qu'il avait devant lui. Mais alors qu'il allait prendre la parole dans l'espoir de réveiller la vieille dame qui s'était visiblement assoupie sans le moindre problème, son téléphone de bureau, affichant le bouton lumineux correspondant à l'accueil de la station. Arnav fronça les sourcils – il n'avait rendez-vous avec personne. Il appuya sur le bouton de réception et la voix crachotante de la réceptionniste lui parvint clairement,malgré le brouhaha ambiant. « Arnav ? C'est Sally. Lizzie est là… Pour te voir. » La voix de la secrétaire était hésitante. Et pour cause : il y a peine deux semaines, Lizzie avait rompu avec lui de façon plutôt publique dans le hall d'entrée du checkpoint. La scène hantait encore les cauchemars d'Arnav, qui avait dû subir les plaisanteries graveleuses de ses collègues. Alors, Singh, on ne satisfait pas sa copine ? « Arnav ? Je lui dis quoi ? » continua Sally à l'autre bout de la ligne. Elle était bien la seule à s'inquiéter de son sort. Un regard à la petite vieille apprit à Arnav qu'il se heurtait à un mur et il poussa un profond soupir. « J'arrive. » répondit-il à l'interphone. Il préférait encore affronter Lizzie plutôt que de continuer à perdre son temps et à ruminer son potentiel sous-utilisé. « Je vous laisse. Je reviens dans cinq minutes. » dit-il à l'intention de la vieille dame, qui se contenta de piquer du nez. Arnav leva les yeux au ciel et prit la direction de l'entrée de la station. Que lui voulait donc Lizzie ? Après tout, elle avait été plutôt claire la dernière fois qu'ils s'étaient vus. C'était elle qui avait mis fin à la relation. C'était elle qui lui avait reproché de ne jamais être là, d'avoir constamment l'esprit ailleurs, d'être obnubilé par les clones. Elle ne le reconnaissait plus, avait-elle dit. Arrivé dans l'ascenseur, Arnav se passa les mains dans les cheveux. Le pire dans tout ça, c'est qu'il savait parfaitement qu'elle n'avait pas tort. Et c'était ce qui avait rendu ses reproches encore plus difficiles à encaisser – car il savait parfaitement qu'il n'y ferait rien. L'appréhension noua son estomac alors qu'il arrivait dans l'entrée. Malgré le flot de personnes qui le traversait, il la repéra tout de suite. Une vague de regret le traversa alors qu'il regardait Lizzie s'approcher de lui. Il avait passé tellement de bons moments avec elle. Elle le faisait rire, elle le faisait réfléchir, elle le rendait meilleur. Mais peut-être qu'il n'avait pas envie d'être meilleur. Peut-être qu'il avait juste envie d'être lui, aussi décevant cela était-il pour ceux qui l'entouraient. Planté sur ses guiboles qui semblaient tout à coup refuser de fonctionner, Arnav resta stoïque lorsque Lizzie fut enfin à son niveau. Il s'apprêtait à bredouiller un bonjour qui aurait sans doute été ridicule, mais elle le prit par surprise en l'enlaçant. A quoi jouait-elle ? Il se laissa submerger par son parfum, mais ne put s'empêcher de lui lancer un regard incrédule, presque soupçonneux – l'instinct du flic, sans doute – lorsqu'elle se détacha et lui tendit le sac et la boisson, qu'il saisit, encore frappé par l'irréalité de la situation. « … Ca va, merci. » lâcha-t-il enfin, se raclant la gorge. Et maintenant ? « Je… Enfin, je ne pensais pas te voir de sitôt. » marmonna-t-il en regardant ses pieds plutôt que son ex-petite amie. Il l'entendait encore dire que c'était bel et bien terminé, et qu'elle préférait encore lui envoyer ses affaires par la poste plutôt que d'avoir à lui parler.  Avait-elle changé d'avis ? Lui, en tout cas, s'était résigné… Enfin, presque. « C'est… C'est bon de te voir. J'ai l'impression qu'on… Enfin, qu'on s'est mal quittés. » finit-il par énoncer maladroitement. Etait-ce vraiment le moment d'avoir cette conversation ? Maintenant que Lizzie était là, c'était peut-être un signe. « Est-ce que tout va bien… de… euh, de ton côté ? » Ses doigts se resserrèrent autour de son gobelet de café et il se mordit la lèvre. Jamais il n'avait été doué pour ce genre de choses – sûrement la raison pour laquelle ses copines se comptaient sur les doigts d'une main.

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Lizzie Abernathy

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MessageSujet: Re: take my mind and take my pain ○ arnav.   Jeu 10 Aoû 2017 - 19:04

L’ambiance des commissariats était étouffante et le poids de l’accident accablait encore ses épaules crispées. Elle se revoyait confinée dans une salle si étroite, qu’elle avait eu la sensation d’être comme Alice dans le livre de Lewis Carroll : une lilliputienne. Accrochée à sa tasse de café bouillant qui lui cinglait les doigts, elle avait attendu que ses parents et Ned viennent la récupérer, tout en subissant les questions intrusives des forces de l’ordre. Avait-elle bu ? Non. Avait-elle pris de la drogue ? Non. S’était-elle endormie au volant ? Non. Alors comment avait-elle renversé Abel ? Elle l’ignorait. En un éclair, elle s’était vue percuter le jeune homme sur le bas-côté, avant qu’il ne s’éteigne entre ses bras, ses lèvres délivrant un message qui la hanterait pour les mois – les années - à venir. Lizzie frissonna, elle n’était même plus sure que ce soit réellement arrivé. La distinction entre le réel et l’illusion devenait de plus en plus difficile à différencier… Une chose persistait toutefois : son appréhension des lieux aseptisés où la misère humaine s’affichait à chaque coin. Heureusement pour elle, son supplice ne dura pas, car Arnav venait d’arriver d’un air qu’elle n’aurait su déchiffrer. Lire sur les visages n’était pas son fort, tout comme l’art du mensonge. Pourtant elle allait devoir se plier au jeu afin d’en savoir un peu plus, et potentiellement le questionner sur ce qui se tramait dans son esprit. À moins que ce ne fut le fruit de son imagination…. Sa confusion augmentait quotidiennement, mais elle plaçait bon espoir chez ce garçon, à qui elle – enfin l’autre – semblait profondément attachée. Si son frère ne comprenait pas, peut être que lui en serait capable. Elle avait besoin que ce soit le cas, surtout pour se rassurer mais également pour confirmer qu’elle n’était pas folle.

Une éternité s’écoula entre l’instant où elle le repéra et celui où elle le serrait dans ses bras. Il sentait bon, le genre d’odeur rassurante à laquelle on s’accroche lorsque le tonnerre gronde dans le ciel. Elle saisissait ce qui avait pu plaire à son double chez lui, outre le fait qu’il dégageait une aura bienveillante nimbée d’un calme communicatif. Lizzie relâcha sa pression, sur le qui-vive, le cœur battant à une vitesse incroyable tandis qu’ils se toisaient tels de parfaits inconnus. Avait-il compris qu’elle n’était pas vraiment celle qu’il aimait ? Ses yeux trahissaient-ils son angoisse ? Il y avait une sorte de malaise entre eux qu’elle n’identifiait pas clairement, et qui la fit stresser davantage.  Aurait-elle du l’embrasser plutôt que de l’enlacer ? C’était sans doute ça qui mettait la puce à l’oreille de son interlocuteur, c’était un flic après tout. « … Ca va, merci. » La gêne s’accentua, quelque chose coinçait, et la foule environnante – horrible bruit de fond - n’aidait pas forcément à ces retrouvailles intimes. « Je… Enfin, je ne pensais pas te voir de sitôt. » Ses pensées tourbillonnaient à vive allure pour boucher les trous du puzzle qui se brouillait à chaque seconde supplémentaire en sa compagnie. Elle avait raté un détail dans son analyse, il lui manquait une pièce importante, une pièce sans laquelle elle fonçait droit dans le mur. « Te voir de sitôt. » Qu’est-ce que ces mots impliquaient ? Elle avait bien compris qu’ils étaient en couple mais que sa présence s’était effacée à l’appartement. Depuis qu’elle était là, il n’était pas venu une seule fois dormir là-bas, et ses affaires avaient été rangées dans un coin du placard. Elle avait mis ça sur le compte de son travail éreintant à la police, il devait être trop accaparé par des affaires pour venir lui faire signe. C’était compréhensible, elle avait vécu ça dans sa jeunesse avec un pompier et son travail avait eu raison de cette relation avant qu’elle ne devienne trop sérieuse. Si elle n’était pas jalouse ou possessive (au contraire, elle avait tendance à accorder trop de liberté), le fait de ne se voir qu’en pointillés l’avait sensiblement peinée. Ici, c’était presque pareil à la différence qu’elle n’avait pas été inquiétée par l’absence d’Arnav chez elle, car les sentiments qui s’étaient dégagés des photos trouvées témoignaient d’un amour sincère et tangible. Ses paroles faisaient donc surement échos à une situation différente, qui lui échappait. Néanmoins puisqu’il s’obstinait à ne pas vouloir la regarder, l’affaire continuait de se complexifier. « C'est… C'est bon de te voir. J'ai l'impression qu'on… Enfin, qu'on s'est mal quittés. » Elle n’entendit pas la fin de sa phrase, car quelqu’un venait de passer dans son dos en poussant un adolescent trop éméché qui criait des insanités d’un gout raffiné. Elle se contenta de hocher du menton, histoire de ne pas paraitre stupide, et fourra ses mains dans ses poches. Ses doigts jouaient avec le fil de la couture qui s’effilochait, un tic rassérénant pour contenir son anxiété. « Est-ce que tout va bien… de… euh, de ton côté ? » Un sourire se dessina sur ses traits, dévoilant une large fossette dans sa joue droite, un bisou des anges lui avait dit sa grand-mère une fois en l’effleurant de son index noueux. « Tu me manquais, alors je suis venue voir comment ça allait. » Ca paraissait être la chose idéale à dire, la plus naturelle en tout cas, du genre de ces banalités qu’une fille amoureuse dirait à copain qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. « Je pensais te voir cette semaine, je t’ai envoyé un message mais… Tu devais être trop occupé ? » Elle dansait désormais d’un pied sur l’autre, comme ces gamins pressés d’aller soulager une envie pressante aux toilettes. Lizzie avait l’impression d’être complètement à côté de la plaque à chaque fois que sa bouche s’ouvrait. Comme si toute cette illusion derrière laquelle elle se cachait, s’effritait sous les yeux sombres inquisiteurs de Arnav qui la fixait avec dureté. En voyant la pendule derrière son dos – elle s’obstinait à ne pas trop l’observer de façon directe pour minimiser l’impact de la supercherie – (l’effet escompté était médiocre), elle réalisa qu’une question fuserait certainement sur le fait qu’elle aurait normalement dû se trouver à l’école primaire et non pas ici, à lui tenir la jambe avec du café et des croissants. Elle étouffa un long soupire, elle balisait et le plus dur restait à faire. « Ça va, un peu fatiguée, j’ai l’impression que … Est-ce que on pourrait aller parler ailleurs ? » Elle envisageait mal s’épancher sur ses petits tracas dans ce hall bondé, et au sus de tous. Affronter le policier était déjà une affaire compliquée en soit, mais ses révélations – ou l’étalage de ses hallucinations (?)-  était hautement supérieur.

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MessageSujet: Re: take my mind and take my pain ○ arnav.   Jeu 31 Aoû 2017 - 1:23

Etait-il heureux de la voir ? Ou bien était-ce l'angoisse qui lui tordait les entrailles ? Arnav aurait été bien incapable de le dire alors qu'il fixait Lizzie. Leur rupture était toute récente et ils n'avaient aucun contact depuis. Il n'avait pas osé envoyé de message pour venir récupérer ses affaires, et elle n'avait fait aucun geste allant dans ce sens de son côté. Et le plus triste dans tout ça, c'était qu'Arnav n'y avait presque pas pensé. Absorbé par son travail, il n'avait pas vraiment eu le temps de contempler sa rupture avec la jeune femme alors que c'était la raison même de leur désunion. Maintenant qu'elle était face à lui, Arnav prenait conscience de son égoïsme et réalisa, sincèrement, qu'elle était bien mieux sans lui. Il n'était pas bon pour elle. Il n'était bon pour personne. Ce n'était pas une surprise qu'il ait eu aussi peu de copines jusqu'à présent. Toujours, Arnav avait attribué son manque de chance dans les relations amoureuses à ce vague crush qu'il éprouvait pour Harlow mais il savait très bien que ce n'était qu'une excuse qu'il utilisait depuis toujours pour ne pas faire face à la vérité : il était incapable de s'investir émotionnellement auprès d'une fille pour une raison qui lui échappait totalement. Et ce qui lui échappait, Arnav n'y pensait pas – dans sa vie personnelle, en tout cas, car en tant que flic, il avait plutôt intérêt à réfléchir à tout ce qu'il ne saisissait pas d'un coup. Ce triste parallèle lui sautait au visage plus que jamais aujourd'hui, et il fixait Lizzie d'un regard plein de déception. Elle lui apparaissait moins rayonnante que d'habitude. Était-ce à cause de lui ? Arnav n'était pas assez arrogant au point de croire qu'il prenait autant de place dans la vie de son ex-petite amie et il attendait, anxieux, qu'elle lui explique la raison de sa venue. Mais au lieu de ça, elle le prit de court en affirmant qu'il lui manquait. Surpris, Arnav ouvrit ses grands yeux sombres et ne put s'empêcher de hausser des sourcils dubitatifs. Il lui manquait ? Qu'essayait-elle de faire passer comme message ? Son coeur se mit à accélérer légèrement. Etait-elle venue pour faire la paix ? Pour qu'ils… Qu'ils se remettent ensemble ? Arnav resserra sa prise autour de son gobelet et avala une gorgée brûlante pour se remettre les idées en place. Non, elle lui avait bien fait comprendre la dernière fois qu'il n'était qu'un idiot doublé d'un égoïste workaholic et il doutait qu'elle soit revenue sur sa décision. Rien de ça n'avait de sens et le comportement de la jeune femme lui apparaissait de plus en plus cieux. Pour ne pas dire suspect, ce qu'il se refusait à penser. Lizzie n'était pas une détenue, elle était son ex, quelqu'un qui lui était cher et il fallait à tout prix qu'il refrène ses mauvais habitudes prises au commissariat. Elle n'était pas une suspecte, bon sang ! Alors pourquoi avait-il l'impression qu'elle lui mentait ? Arnav ne parvenait pas à se défaire de cet instinct désagréable alors qu'il observait Lizzie. Elle fit allusion à un message et il réfléchit quelques secondes. Ah, le message. Un sentiment de honte le submergea lorsqu'il se souvint qu'il l'avait effacé sans le lire. Il n'avait eu aucune envie de voir ce qu'elle avait à dire, sûrement d'autres reproches fondés et avérés qu'il n'était pas en mesure d'assumer. « Je… Je l'ai reçu, mais je ne l'ai pas lu, je t'avoue. » confessa-t-il, gêné. Il détourna le regard quelques secondes pour reprendre contenance mais lorsqu'il le reposa sur Lizzie, une sensation désagréable le reprit. Il n'avait jamais éprouvé ça face à elle et ne pas comprendre d'où cela venait le mettait encore plus mal à l'aise. Et il était d'autant plus gêné qu'il ne pouvait pas s'empêcher de la considérer avec méfiance, comme si elle était une ennemie. Alors qu'il la connaissait, Lizzie. Elle était incapable de faire du mal à une mouche. Et si elle n'était pas là pour lui faire du mal, alors… Peut-être était-ce elle qui était mal en point ? La méfiance se mua en angoisse et les grands yeux d'Arnav se teintèrent d'angoisse lorsque Lizzie lui demanda s'ils pouvaient changer d'endroit. « O-Oui, bien sûr. Suis-mois. » Il l'entraîna vers l'une des portes d'entrée du hall et ils se retrouvèrent dehors, dans l'air piquant et animé d'Achaeron. Dehors, humains et clones vaquaient à leur occupation, et Mount Oak vibrait avec une rare activité. C'était la rentrée, après tout. Mais tout cela passait au-dessus de la tête d'Arnav, dont l'esprit s'échauffait un peu plus chaque seconde. « Est-ce que ça va ? Tu as l'air un peu… ailleurs. » fit-il, la voix éraillée. Il la détailla de haut en bas et s'arrêta distraitement sur la boucle de son manteau, au niveau du ventre. Et c'est là qu'un éclair le traversa. Le foudroya, même. Il faillit lâcher son gobelet et releva brutalement le regard vers son ex, toute couleur ayant quitté son visage. « Oh non, Lizzie, ne me dis pas que... » C'était ça, non ? C'était l'explication la plus évidente. Le comportement étrange de Lizzie, sa volonté d'apaiser les choses entre eux, sa venue à l'improviste – alors qu'elle était censée être au travail, il le réalisait juste maintenant… Ça ne pouvait être qu'une seule chose, et Arnav sentit un poids glacé s'installer sur ses épaules. « Tu… Tu es enceinte ? » bégaya-t-il d'une voix blanche. Enceinte de lui ? Il ne voyait pas qui d'autre. Lizzie n'était pas du genre à aller voir ailleurs. Etait-elle venue pour lui annoncer qu'elle allait garder le bébé ? Qu'elle s'attendait à ce qu'il fasse sa part, à ce qu'il paie pour les médecins et le reste ? Si c'était ce qu'elle désirait, alors Arnav s’exécuterait. Il n'était pas du genre à reculer devant l'adversité et comment aurait-il pu se regarder en face si jamais il n'avait pas eu le cran d'assumer sa paternité accidentelle ? « Je… Je t'aiderai. Quoique… tu choisisses… Même si on est plus ensemble, c'est pas grave. Ou… Ou alors, je ne sais pas, on pourrait se redonner une chance, toi et moi... » assura-t-il, quand bien même sa voix trahissait un chevrotement indécis. Oui, pour un bébé, il ferait des efforts, il le promettait. Et ce quand bien même Lizzie n'avait ni confirmé ni infirmé son éventuelle grossesse.

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Lizzie Abernathy

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MessageSujet: Re: take my mind and take my pain ○ arnav.   Lun 11 Sep 2017 - 19:50

En définitive l’idée était mauvaise, comme pratiquement tout ce qui lui passait par l’esprit depuis deux mois. En plus de ne plus réellement savoir qui elle était, Lizzie foirait toutes ses tentatives d’approche auprès de ceux qui étaient supposés compter pour elle. Une à une, les cartes tombaient, et elle commençait à être à court de personnes susceptibles de l’aider. Elle ne désirait pas impliquer ses parents là dedans donc ils étaient à exclure, Zephyr était devenu un tyran de l’économie (et ne se rappelait pas d’elle), Arnav (qu’elle ne connaissait pas) la toisait avec des yeux sombres qui lui donnaient envie de prendre les jambes à son cou en dépit de la pseudo relation qu’ils étaient censés avoir partagé, aucune trace d’Harlow dans les environs, ne restait donc plus que Ned. Mais ça la gênait. De devoir l’embarquer là dedans, alors qu’il avait visiblement d’autres problèmes pour ne pas s’angoisser de voir sa sœur cadette devenir complètement cinglée. En somme, elle était seule face à cette vie incompréhensible, et sa mémoire défaillante. Elle avait toutefois le mérite d’avoir tenté le tout pour le tout, et d’avoir fait l’effort de venir jusqu’au commissariat sans s’écrouler en pleine rue à cause de cette angoisse constante qui la tiraillait. Elle allait pouvoir cocher ça sur sa liste, et réfléchir à une alternative différente pour se dépêtrer de ce sac de nœud qui avait élu domicile dans sa tête. Mais maintenant qu’elle était là, il fallait qu’elle aille jusqu’au bout de sa démarche, tant pis si elle était mal à l’aise, tant pis si il n’avait pas l’air aussi sympathique sur les photos, et tant pis pour sa fierté. Elle n’avait plus rien à perdre à tout les points de vue. « Je… Je l'ai reçu, mais je ne l'ai pas lu, je t'avoue. » En même temps elle n’était plus trop certaine de ce qu’elle avait tapé dans le fameux message. Ça lui était venu à l’improviste tandis qu’elle scrutait l’écran minuscule à la recherche de réponses. Elle avait parcouru tout le répertoire dans l’ordre alphabétique puis dans l’autre sens, et elle avait tiqué sur son nom, se rappelant de leur situation. Il était son petit ami, ses affaires étaient partout, et d’après les photos ils étaient heureux. En définitive à en juger par sa moue concise, il n’était pas spécialement enchanté de la voir ici. Étrange pour deux personnes présumées amoureuses. « Oh. » Elle haussa les épaules, ce n’était pas bien grave. « O-Oui, bien sûr. Suis-moi. » Est ce qu’il bégayait toujours de la sorte pour masquer sa gêne contagieuse ? Était-ça qui lui avait plu chez lui ? Ce soupçon de timidité adorable ? Peut être, peut être pas. Elle l’ignorait, Arnav était un étranger pour elle, elle ne pouvait que supposer et tirer des déductions sommaires de ce qu’on lui mettait sous le nez. Une tâche ardue quand son petit ami était un flic, probablement adepte des interrogatoires, et tout à fait apte à déceler la moindre faille chez autrui. Enfin… Elle avait plutôt l’impression de lui faire plus peur qu’autre chose, c’était la première fois que ça lui arrivait. C’était particulier et surprenant, elle voyait mal comment elle, toute frêle qu’elle fut, puisse intimider qui que ce soit, mais force était de constater qu’il rêvait de se débarrasser d’elle. Ça ressortait dans son attitude en tout cas.

Elle le suivit, mains dans les poches, et fut étonnée qu’il considéra la rue comme un coin idéal pour discuter. Lizzie avait pensé à une pièce quelconque, un bureau vide, mais pas ça. Le bruit des voitures et de la foule compacte était aussi épais que la faune du poste. Mais elle ne fit pas de commentaire supplémentaire, ça n’aurait servi à rien. « Est-ce que ça va ? Tu as l'air un peu… ailleurs. » C’était le moins qu’on puisse dire, elle était littéralement à l’ouest, évoluant dans un monde qui n’était pas le sien, pas comme celui de ses souvenirs. Peu de détails différaient, mais elle ne voyait que ça chaque fois que ses prunelles se posaient sur un élément perturbateur. A commencer par l’endroit où elle vivait pour finir par leur couple. Et elle n’était pas au bout de ses peines, car Abel n’était pas mort, mais ça, elle ne l’avait pas découvert pour l’instant. « Oh non, Lizzie, ne me dis pas que... » Voilà que ça recommençait. La panique qui inondait ses veines lui broyait la cage thoracique, l’air lui manquait. Qu’est ce qui se passait ? Était ce une parole de travers qu’elle avait prononcé ? Sa braguette ouverte ? Un truc sur son visage ? Elle était partie si vite, qu’elle n’avait pas pris la peine de se regarder dans le miroir avant de quitter l’appartement. Discrètement elle jeta un coup d’œil à ses affaires, qui à part être mal repassées et tristement mornes n’avaient à priori aucun défaut. Alors quoi ? Elle était pendue à ses lèvres. « Tu… Tu es enceinte ? » ….. QUOI ? Elle fut prise d’une quinte de toux violente, partagée entre la surprise et l’envie subite de rigoler. Elle, enceinte ? Elle chercha à tâtons la rambarde en fer pour s’appuyer dessus, à moitié pliée en deux. Le moment était mémorable et cocasse. Elle n’avait pas eu de relations sexuelles depuis si longtemps qu’elle ne comptait plus, et encore moins avec lui. Il était aussi improbable qu’elle porte un enfant dans son ventre, qu’elle eut appartenu à une dimension parallèle. Non mauvais comparaison… Mais elle n’était définitivement pas enceinte, et c’était là la seule chose dont elle était pratiquement sûre à 100%. «  Je… Je t'aiderai. Quoique… tu choisisses… Même si on est plus ensemble, c'est pas grave. Ou… Ou alors, je ne sais pas, on pourrait se redonner une chance, toi et moi... » Tout sauf ça songea t-elle dans son fort intérieur, tandis qu’elle assimilait désormais qu’ils s’étaient séparés et qu’elle courrait derrière un mirage. Elle tenta de se ressaisir et ne pu se retenir davantage en laissant s’échapper un rire mélodieux. Un miracle. « Mais non mais pas du tout. Je ne suis pas enceinte, tu.. Mais non pas du tout. Arrête de faire cette tête là. » Quelque part, elle reprenait des forces, gonflée par cet élan humain soudain, si irréel. « Comment as tu pu croire… que.. » Elle ne put finir sa phrase, rattrapée par un énième gloussement. « Je suis désolée, c’est juste que c’est tellement improbable. Je n’ai pas eu de rapports depuis des.. Enfin on.. Tu vois quoi. » Se rattrapa t-elle gauchement, consciente de sa bévue. « Non je voulais te parler d’autre chose. Enfin ça veut pas dire que je suis enceinte hein ? Mais je voulais savoir si tu avais pas remarqué des choses étranges dernièrement. » Drôle de transition, mais elle faisait ce qu’elle estimait être le mieux pour mettre de l’ordre dans ses réflexions. Comment lui annoncer sans qu’il ne stresse plus qu’il ne l’était déjà ? Salut Arnav, je sais pas qui tu es, je crois que je suis folle et que j’appartiens pas à ce monde, t’en pense quoi ? Des pistes ? Des cas similaires ? Sinon ton café est bon ? Ça pouvait être un début mais elle craignait de finir en garde à vue, si elle lui livrait ça tel quel sans formules pour enrober le tout. « Mmh c’est un peu confus mais il se passe des trucs bizarres à l’école. Y’a un des enfants qui prétends qu’il est victime d’hallucinations, qu’il est pas au bon endroit. Du genre pas dans le bon univers. Ça m’inquiétais je me suis dis que je t’en parlerais. » Elle jubila, elle la tenait son amorce brillante pour lancer le sujet, il n’y avait rien de mieux que de dévier la conversation sur une tierce personne afin d’éluder son propre cas. Néanmoins devant le fait accompli, elle réalisait qu’un flic était pas nécessairement le bon interlocuteur dans l’hypothèse où la situation serait avérée. Elle pria pour qu’il soit trop chamboulé par ses talents (ratés en l’occurrence) de Sherlock Holmes sur elle, pour se focaliser plus qu’il ne fallait sur ses babillages.

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Arnav Singh

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MessageSujet: Re: take my mind and take my pain ○ arnav.   Mer 22 Nov 2017 - 19:47

Pour un flic, Arnav ne faisait pas preuve d'une vivacité d'esprit exceptionnelle à cet instant. Les rouages de son cerveau, rongés par l'anxiété, avaient travaillé à plein régime pour se livrer à une conclusion aussi stupide qu'impossible : il le savait parfaitement, que Lizzie ne pouvait pas être enceinte. Rien à voir avec une chronologie défaillante, à un oubli possible de pilule ou d'une autre bêtise triviale. Il ne lui avait fallu que quelques secondes pour réaliser son erreur aussi grossière qu'idiote. Lizzie n'était pas enceinte, parce que Lizzie ne pouvait pas avoir d'enfants. Elle le lui avait confié, une fois, les yeux un peu brillants, faisant semblant, l'air de rien. Et il était resté, pendant une seconde, paralysé. C'est que ça devenait sérieux entre eux. Ça devenait sérieux pour la toute première fois, avait-il réalisé, alors qu'il s'asseyait à côté d'elle sur le canapé et qu'il tâchait de contrôler ses jambes un peu lâches et son coeur encore plus tambourinant. Il était flic mais il ne savait pas dissimuler ses émotions, il ne savait pas mentir, il ne savait pas faire semblant, Arnav et la révélation – si tant qu'on pouvait appeler ces quelques mots jetés entre eux une révélation – l'avait fait vaguement chanceler. Ce n'était pas seulement une information, c'était une question qu'elle lui avait posé, Lizzie, sans vraiment le vouloir peut-être, ou alors était-ce ainsi qu'elle testait ceux qu'elle fréquentait ? Ou peut-être avait-elle compris instinctivement, bien mieux que lui, qu'ils en étaient arrivés à cet étrange point de chute dans leur relation, où l'avenir s'envisageait en filigrane, un avenir aux couleurs d'aquarelle, tracé à la va-vite mais bien là, déjà esquissé ? Quoiqu'il en soit, Arnav avait accueilli la nouvelle avec sa circonspection habituelle. Il lui avait assuré que ça ne changeait rien, qu'ils n'en étaient pas encore là, il lui avait dit qu'il était désolé avant de grimacer et de se maudire cette réaction conditionnée, sans âme. Il l'avait serré dans ses bras et puis ils n'en avaient plus parlé. Ils étaient passés à autre chose mais cette nuit-là, Arnav s'était demandé si des enfants seraient un jour part de son équation. Lui, père ? Il ne parvenait pas à se le figurer et il s'était dit tant mieux. Tant mieux si Lizzie ne pouvait pas en avoir, tant mieux si c'était avec elle qu'il terminait pour le restant de ses jours : il n'aurait pas à se poser la question de savoir s'il avait été un bon parent, s'il avait réussi là où des milliers de générations avant lui avaient échoué, par cruauté, par manque d'envie, par ignorance. Il ne voulait pas porter ce fardeau et c'était donc avec soulagement qu'il avait digéré l'information. Alors voir Lizzie là, hésitante, semblant perdue, après leur séparation… Il ne pouvait pas l'expliquer, il avait eu un choc, une peur primaire, abyssale. Et il avait réagi vaillamment mais l'espace d'une seconde, il s'était vu, hors de son corps, s'enfuir pour ne plus jamais revenir. Un sentiment de culpabilité le submergea alors qu'elle lui assurait que non, aucun enfant ne naîtrait de leur relation foutue en l'air. Ils ne méritaient pas ça, ni l'un ni l'autre, mais surtout elle et soudain, il eut envie de couper court à la conversation, de la secouer par les épaules et de lui dire de partir. Elle valait mieux que ça, tellement mieux et il n'était juste pas bon pour elle. Son rire fit chanceler Arnav – il y avait des semaines qu'il n'avait pas provoqué chez elle une telle réaction et il la fixa avec de grands yeux, encore perdu. Toute la situation était irréelle et Lizzie n'arrangeait rien avec ses questions curieuses. Des choses étranges ? Une pointe vrilla son estomac et ses traits se tendirent nerveusement. Il n'aimait pas parler de ça avec elle. Avec personne, en réalité. « Ca dépend, quelles choses étranges ? Quel genre? » tenta-t-il prudemment, désireux de garder le contrôle de la conversation. Mais plus Lizzie parlait et plus il sentait qu'il le perdait, ce fameux contrôle. Des hallucinations ? Pas le bons univers ? Bon dieu, mais de quoi parlait-elle ? Ne savait-elle pas que c'était dangereux, que des oreilles traînaient partout ? Que le moindre mot, le moindre détail pouvait être interprété, intercepté, utilisé ? Ce n'était pas les ennemis qui manquaient à Mount Oak, ennemis de tout bord et de tous camps, et il n'avait pas la moindre envie que Lizzie ne s'attire des ennuis. Mal à l'aise, Arnav regarda autour de lui et il l'attira un peu à l'écart, là où il était à peu près certain que personne ne les entendrait. « Lizzie, je ne comprends rien… Je pensais que tu étais venue parler de… Tu sais, parler de nous. » Il s'entendait parler et réalisait à quel point il passait pour l'égoïste, le macho. Il eut honte, se sentit rougir et baissa les yeux quelques secondes avant de relever le regard pour le planter dans celui de son ex-petite amie. « Je n'ai aucune idée de quoi tu parles, je… Tu sais que je m'occupe des clones, le reste c'est pas vraiment mon domaine. » Et n'était-ce pas la raison de leur rupture, au final ? Arnav se passa une main dans les cheveux et poussa un profond soupir résigné. « Bon, ce gamin. Parle-m'en un peu. Qu'est-ce qui s'est passé ? D'un coup, il s'est mis à délirer ? Ses parents, ils disent quoi ? Il s'est confié à toi ? » Les réflexes de flic lui revenaient et il sortit même un carnet et un crayon de la poche arrière de son pantalon pour noter des informations. Il avait comme la sensation que Lizzie les menait droit dans le mur, mais puisque c'était elle, il n'avait pas le choix. Il l'aiderait quoi qu'il arrive, quoi qu'il en coûte.

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MessageSujet: Re: take my mind and take my pain ○ arnav.   Sam 6 Jan 2018 - 12:08

Les gens passaient et repassaient d’un pas pressé sur le bitume gris, le regard préoccupé et absent. Qu’est ce qui ne tournait pas rond avec ce monde où chacun paraissait être habité d’une mélancolie toute particulière ? Ces personnes vivaient-elles des drames semblables au sien ? Peut-être… En tout cas, l’atmosphère autrefois paisible et pleine de gaieté de Mount Oak et avait disparu, remplacée par une chape de plomb qui s’agrippait à vos épaules pour ne plus vous lâcher d’une semelle. De quoi faire froid dans le dos mais elle n’avait pas dit son dernier mot en la matière. Désormais faite à l’idée qu’elle n’était pas tout à fait cinglée, et qu’un truc – sans savoir lequel – n’était pas net dans les parages, Lizzie tâchait de mener sa petite enquête, à renfort de questions auprès de ses proches, et tout individu susceptible de lui donner le moindre indice sur sa situation improbable. Pour cela Arnav faisait office de meilleur atout dans cette stratégie, et à en croire son reflet dans le miroir, il était quelqu’un de gentil - ce qui rendait encore plus étonnant cette rupture mais elle ne pouvait pas parler à la place de son double. Elle étouffa un petit soupir de soulagement, face à cette tension qui disparaissait progressivement, et osa enfin le fixer avec plus d’attention. Si la jeune fille n’en menait pas large à cet instant, lui, donnait l’impression d’être en pire posture qu’elle. Était-ce sa faute ? Elle se mordit l’intérieur de la joue, prenant seulement conscience que sa présence pouvait raviver des souvenirs qui ne lui appartenaient pas. À ses yeux il n’était qu’une connaissance fugace, mais pour lui, elle devait représenter un point de sa vie, qu’il n’avait pas forcément mis de côté définitivement. Immanquablement, elle repensa à Abel, ses mots et cet avenir qu’ils n’auraient pas ensemble. Mais si elle pouvait voyager d’une dimension à une autre, était-elle capable de remonter dans le temps ? Et si oui, de quelle façon ? Elle se sentit soudainement l’allure d’une super héroïne, incapable de maitriser ses pouvoirs. Elle secoua la tête, ce n’était pas la direction qu’elle souhaitait emprunter, il fallait qu’elle se concentre. Fort heureusement, son ex petit ami, plus terre à terre (rhétorique) était là pour couper court à toute divagation. L’instinct du flic certainement qui pointait le bout de son nez, à l’affut des informations ubuesques qu’elle lui distillait au compte goute sous couvert d’un enrobage grotesque destiné à minimiser ses propos. Il n’y avait ni enfant, ni babillages étranges, mais uniquement elle et son cerveau trop émotif qui turbinait à plein régime. Arnav avait surement déjoué le subterfuge depuis le début de cette conversation bizarre mais était toutefois suffisamment poli pour ne pas oser le mettre en évidence. « Ca dépend, quelles choses étranges ? Quel genre? » Une moue confuse se dessina sur ses traits, et elle dégagea des cheveux coincés sur sa bouche, en cherchant avec précaution les phrases adéquates afin de ne pas le faire fuir à toutes jambes. « Heum. Et bien, c’est difficile à expliquer. Je… » Elle n’eut pas le loisir de poursuivre, car il l’attira plus en retrait, à l’abri des regards indiscrets. De quoi ajouter une énième couche à la singularité de leurs retrouvailles imprévues. Pourquoi ? Quelqu’un pouvait-il trouver un sens à tout cela ? Était-elle en danger ? Si oui, à cause de qui ? Elle croisa ses bras sur sa poitrine machinalement en guise de bouclier. La paranoïa du garçon devenait contagieuse, même si elle ne voyait guère en quoi  ses révélations étaient problématiques… Au pire elle passait pour une timbrée, au mieux, il prétendrait la croire et chacun repartirait de son côté… Pour n’importe quel être lambda qui passait dans le coin, tout cela était anodin. À moins que… ? Après tout, Lizzie ne savait rien de cette réalité qui n’était pas la sienne, et son retrait de la civilisation post Abel, n’arrangeait pas sa compréhension globale de la société, qui, était certes différente de celle dans laquelle elle avait grandi mais dont devait subsister une poignée de similarités, non ? La suite l’a pris cependant au dépourvu. « Lizzie, je ne comprends rien… Je pensais que tu étais venue parler de… Tu sais, parler de nous. » Oh ! Évidemment…. Une partie d’elle s’en était plus ou moins douté sans toutefois l’admettre. Elle ignorait les termes précis de la séparation mais force était de constater que des bribes de sentiments perduraient. Elle en fut aussitôt désolée, elle ne pouvait pas lui apporter les explications qu’il désirait visiblement…A son tour, Lizzie vit ses joues se nimber d’un joli rouge carmin, et dû lutter pour maintenir le contact visuel. Ses ongles s’enfoncèrent dans la paume de ses mains, et elle prit un soin tout évident à lui répondre, pour ne pas lui faire de mal. « Je suis désolée, je pensais que c’était… Enfin que tu ne voulais plus revenir là-dessus. Te blesser était vraiment pas ce que je voulais… » Qu’ajouter de plus ? Elle n’avait pas vécu la scène, et ne pouvait pas prétendre être dans la confidence de ce qui s’était passé… C’était à priori le minimum qu’elle puisse faire, sans trop se mouiller. Fort heureusement, il n’insista pas et dévia sur le sujet d’origine. « Je n'ai aucune idée de quoi tu parles, je… Tu sais que je m'occupe des clones, le reste c'est pas vraiment mon domaine. » Ses sourcils se froncèrent instantanément en entendant ce qu’il lui venait de lui dire... Des quoi ??????? Des clones ???? Était-elle là sa solution ??? Était-elle un clone également ? En définitive ce n’était pas si stupide que ça, et corroborait ses troubles de mémoire. Son cœur se mit à tambouriner rapidement dans sa poitrine, d’excitation déjà, et ensuite de peur. La peur d’être une machine sans en être consciente. « Bon, ce gamin. Parle-m'en un peu. Qu'est-ce qui s'est passé ? D'un coup, il s'est mis à délirer ? Ses parents, ils disent quoi ? Il s'est confié à toi ? » Sa voix se perdit entre ses oreilles et son cerveau, Lizzie était trop perturbée par cette nouvelle donnée qui s’ajoutait à une équation complexe. « Attends, attends...  Tu as parlé de clones ? Comme dans les films ? Avec une apparence humaine ? Comment fait-on la différence entre eux et nous ? » La science était-elle allée aussi loin durant sa phase de dépression ? Ou était ce uniquement une  histoire de dimension ? Elle commençait sérieusement à s’emmêler les pinceaux… « Depuis quand avons-nous des clones ? » Se reprit-elle, soucieuse, le front plissé par la réflexion. « Quant au gamin… Oui en quelque sorte il est venu se confier à moi. Il pense que sa place a été échangée avec une autre version de lui. Dis comme ça, je sais ça fait idiot mais je… Enfin il, avait l’air sincère. Est-ce que tu as entendu parler de cas similaires ? » Il y avait forcément un second individu dans cette maudite ville qui ressentait ça … Lizzie ne pouvait pas être un cas isolé, si ?

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