it's hard to believe that I'm all alone ○ zephyr.


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Lizzie Abernathy

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MessageSujet: it's hard to believe that I'm all alone ○ zephyr.   Jeu 20 Juil 2017 - 19:46

zephyr & lizzie.
I don't ever wanna feel like I did that day
but take me to the place I love, take me all the way.




- - - - - - - - - - - - - -

La réalité glissait entre ses doigts, et elle était incapable de la retenir, comme du sable blanc qu’on prendrait par poignée. Chaque petit grain qui tombait, emportait avec lui des souvenirs tronqués voir irréels, vestiges d’une vie qu’elle n’était même plus sûre d’avoir vraiment vécu.  Pourtant c’était elle. Ce corps était le sien, ces cheveux bruns indomptables (plus longs toutefois ?) l’étaient aussi, à l’instar de ce sourire accompagné de ses fossettes qui illuminait les photos disséminées un peu partout dans cette chambre. Chambre qu’elle ne reconnaissait pas non plus, exactement comme cette penderie débordant de vêtements colorés. Lizzie éprouvait l’horrible sensation de ne plus être seule dans sa tête et de la partager avec une personne qui prenait indépendamment le contrôle du reste. C’était la seule explication possible à ce qu’elle vivait actuellement. Elle avait exclu l’abus de somnifères de sa liste, car faute d’en dénicher, elle avait dû s’endormir de son propre chef, et au réveil le cauchemar s’était poursuivi. Elle avait ensuite pensé être dans le coma, ou en transition au purgatoire en attendant la sentence finale, mais lorsqu’elle se pinçait le bras ou se mordait la joue, la douleur était trop vive pour être factice. Ne restait donc que la folie, et l’idée grossissait quotidiennement, la plongeant dans un désarroi profond. Même Ned semblait se plier à toute cette supercherie, et ne comprenait pas lorsqu’elle tentait de lui parler, en lui mettant sous le nez des souvenirs qu’il affirmait inexistants. Face à ce déni, elle ne comptait donc que sur elle-même, et au regard de toutes ces pensées sombres qui l’habitaient et lui serraient l’estomac, ce n’était guère positif pour la suite des évènements. Mais heureusement, dans tout ça, il y avait Penny, sa colocataire. Elle aussi, complètement inventée pièce par pièce, mais dont la présence lui mettait du baume au cœur. Si elle avait été déstabilisée en découvrant qu’elle ne vivait pas seule (son appartement à Portland était-il accessible ? Si oui comment y aller sans argent ?), sa comparse – si elle avait saisi que quelque chose clochait chez son binôme – avait été assez polie pour ne pas le lui mettre en pleine figure, et s’était contentée de passer régulièrement la voir pour être sûre que tout allait bien. Une phrase qu’elle ne cessait pas d’entendre de la part de tous ceux qui l’entouraient, et qui récoltait comme modeste réponse, un petit oui très faiblard. Comment pouvait-il en être autrement ? Elle perdait littéralement les pédales, et ne parvenait pas à s’exprimer clairement sur le sujet sans passer pour une cinglée. Et à force de se heurter à un mur, elle commençait à se persuader que l’affaire était plus grave qu’elle n’y paraissait. Bien sûr, elle avait également envisagé la solution de facilité, qui eut été d’accepter cette pseudo ( ?) seconde chance sans broncher, mais il était compliqué d’effacer un être humain, et de s’absoudre de toutes ses strates qui le rendaient particulier. L’accident qui avait précipité la mort d’Abel par exemple était un calvaire à gérer mais faisait d’elle quelqu’un d’unique. De compliqué même, qui trainait sur son dos les stigmates d’une culpabilité grandissante, tout en lui montrant que l’existence était tant précieuse que fragile. À l’image de ce fil sur lequel elle marchait, les yeux bandés, susceptible de tomber à n’importe quelle minute. Et ce matin-là, le confort routinier de ses habitudes qu’elle exécutait tel un robot programmé à l’avance lui manquait. Chaque jour était un véritable défi, où elle appréhendait de se retrouver nez à nez avec un individu prétendant être un ami, mais dont elle ignorait le nom et même le lien qui les unissait. Peu de temps après sa prise de conscience d’être ailleurs que là où était sa place, elle avait entreprit d'appeler l’école où elle travaillait pour se faire porter pâle. Lizzie peinait  déjà à se sortir du lit, alors affronter des gamins curieux de chacun de ses faits et gestes frôlait le suicide. C’était là tout ce qu’elle avait été en mesure de réaliser en attendant... Attendre quoi, elle en savait rien, mais priait pour que la normalité revienne rapidement.

En entendant le réveil sonner, elle scruta de ses yeux humides (elle avait dû pleurer dans son sommeil malgré elle) et frissonna. Que diable lui réservait-on aujourd’hui ? À en croire par le silence et le calme, Penny était partie travailler, l’abandonnant face à ses songes pour le reste des heures à venir. Elle mit longtemps avant de se lever, et eu difficilement le courage d’enfiler un pull rose, et un vieux jean délavé. Lorsqu’elle passa devant le miroir, elle fronça les sourcils, le reflet était étrange. Une fois encore il lui sembla que son vrai elle était de l’autre côté. C’était stupide mais cette idiotie ne la quittait pas. Elle laissa une note dans la salle à manger, et parti affronter la fraicheur matinale de Mount Oak, mains dans les poches et fermeture éclaire remontée jusqu’en haut. Elle détestait qu’on puisse deviner ses formes amincies (pour cause son moral) sous les plis de tissus et se cachait en permanence sous des habits trop larges, néanmoins suite à une inspection poussée de son gabarit, elle s’était étonnée de voir des muscles à certains endroits. Ses pas la guidèrent vers le centre, qu’elle connaissait – avait connu ? – sur le bout des doigts. Autrefois venir ici en solitaire ou avec sa bande d’amis avait été un plaisir, il y avait dans la bourgade une ambiance des plus joyeuses. Mais maintenant… Elle trouvait ça sinistre, hermétique même. Les gens allaient et venaient dans un silence macabre, et l’atmosphère était extrêmement lourde. Peut-être était-ce les remords qui la faisaient ruminer de la sorte ou sa chère et tendre ville s’était à son tour métamorphosée. Un éclat de lumière vrilla son iris, et elle se tourna vers sa source, une voiture noire s’était garée à plusieurs mètres. Son propriétaire en sorti aussitôt dans un costume impeccable et elle dû s’y reprendre à deux fois pour être sûre qu’elle ne s’était pas trompée. C’était Zephyr là, tout près d’elle, et le croiser dans un pareil accoutrement était bizarre, terriblement incongru même. Son rythme cardiaque accéléra de paire avec ses jambes qui s’étaient remises à fonctionner. Lui. Lui pourrait comprendre, elle le sentait. En le voyant s’éloigner vers le building, elle leva sa main pour l’appeler et attirer son attention. « Zephyr !!! Zephyr attend !! » Essoufflée elle le rejoignit, le visage rougi, et en profita pour reprendre sa respiration avant de poursuivre. « Est-ce que je peux te parler ? » Elle imagina la tête qu’elle devait avoir présentement car des mèches rebelles barraient son front plissé par la réflexion. Ça lui faisait tellement plaisir de le revoir… Leur dernière rencontre remontait à la visite éclair du garçon à Portland.

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Dernière édition par Lizzie Abernathy le Dim 13 Aoû 2017 - 21:00, édité 1 fois
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Zephyr Roch

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MessageSujet: Re: it's hard to believe that I'm all alone ○ zephyr.   Dim 13 Aoû 2017 - 20:38

La question de prendre un chauffeur ou non était quelque chose qui avait beaucoup préoccupé Zephyr. En effet, à ses yeux, cela avait autant d'avantages que des inconvénients. L'avantage majeur était qu'il ne perdait pas de temps pendant ses trajets : il les utilisait pour se détendre, pour travailler ou pour faire tout ce qu'il désirait sans avoir à se préoccuper de la route. Le second avantage était qu'il n'avait pas à perdre de temps pour trouver où se garer. Cependant, cela signifiait également avoir quelqu'un qui connaissait ses moindres faits et gestes, et dépenser de l'argent pour rien quand il ne se déplaçait pas. La solution s'était présentée comme une évidence à Zephyr quand l'immeuble dans lequel il travaillait, avait commencé à proposer un service de voiturier. Il pouvait presque se mouvoir comme il le désirait (la circulation et les embouteillages qui en découlaient parfois, malheureusement mis à part), et surtout sans que l'on soit toujours sur ses traces. De plus, Zephyr adorait conduire. Sa voiture, allemande naturellement, était un véritable petit bijou et il ne s'en lassait pas. La moindre occasion était bonne pour la conduire, et Zephyr avait donc trouvé la meilleure astuce pour que cela arrive le plus souvent possible : il acceptait, voire même demandait, que toutes ses réunions ait lieu à l'extérieur de son lieu de travail. Ainsi, quand il se fit interpeller par cette jeune femme, il revenait simplement d'une réunion à l'autre bout de la ville et avait pu profiter du cuir de sa voiture pendant une demi-heure. Il gara sa voiture avant de lancer les clés au voiturier, sur lequel il avait réalisé une véritable enquête. Zephyr ne souhaitait pas qu'on lui vole son bien le plus précieux... Lorsque la demoiselle prononça son prénom, il se retourna et réajusta sa cravate. Le jeune homme se demanda comment elle connaissait son prénom : il était pour sa part à peu près certain de ne l'avoir jamais vue. Pourtant, elle se permettait de le tutoyer et avait l'air de savoir pertinemment à qui elle s'adressait. Il la toisa un moment du regard, scrutant les moindres détails de son visage pour voir si quelque chose lui revenait, mais à dire vrai, Zephyr savait pertinemment qu'aucun souvenir ne lui reviendrait sur cette demoiselle. En effet, Zephyr avait une excellente mémoire, et surtout quand il s'agissait des visages. Quand on était un manipulateur chevronné comme lui l'était, mieux valait savoir reconnaître un visage et le caractère qui y était attaché. Ainsi, il ne se laissait jamais surprendre et savait exactement à qui il s'adressait à chaque fois – on ne savait jamais quand quelqu'un pouvait vous devenir utile. Il apprenait surtout comment s'adresser à la personne : certains réagissaient à la flatterie, d'autres à la gentillesse quand certains ne savaient pas résister à l'autorité. Et même si manipuler les gens était quelque chose de plaisant de manière générale, il n'y avait rien que Zephyr aimait plus que d'apprendre à connaître quelqu'un – mais surtout, découvrir ses faiblesses. Ainsi, il continua de l'observer avec attenton, faisant durer le suspense comme pour mieux asseoir son pouvoir. Peut-être que cela n'aurait aucun effet sur la jeune femme, mais il pourrait toujours simplement arguer qu'il essayait de se remémorer qui elle était. « Bien sûr. » précisa-t-il, d'une voix mielleuse. Comment refusait une telle faveur à une charmante demoiselle, aussi négligée soit-elle ? De plus, il ne savait réellement d'où lui venait cette impression mais la demoiselle lui inspirait confiance, fait plutôt rare. Mais cet animal ne se laissait pas apprivoiser aussi aisément, et ne faisait surtout pas toujours confiance à ses plus bas instincts – sauf quand ils lui soufflaient de se moquer de quelqu'un comme de la peste. « Tu veux prendre un café ? » proposa-t-il, avant de préciser : « Tu as l'air... son regard scruta son visage de bas en haut et aucun adjectif flatteur ne vint à Zephyr, fatiguée. » Il ne voyait pas réellement quoi dire d'autre, ne se doutant pas que dans une autre vie, il n'aurait pas supporté la vue d'une Lizzie aussi déboussolée. Etait-ce le Zephyr d'Origin qui lui insufflait cette once de sympathie ? Lui, en tout cas, aurait oublié tous ses tracas pour remettre un sourire sur le visage de sa Lizzie. Du moins, si les circonstances avaient été différentes. Il était tout à fait incapable en cet instant alors qu'il subissait encore la disparition de sa mère, de s'occuper de Lizzie, mais il aurait fait de son mieux. Il ne se serait sûrement pas contenté d'un café pour Lizzie, mais le Zephyr de Reflexion n'avait aucune idée de tout cela. A dire vrai, s'il l'avait su, cela l'aurait probablement laissé indifférent. Zephyr n'était pas le genre à s'attarder à ce genre de choses. Par contre, il était tout à fait du genre à s'imaginer qu'une demoiselle ait pu totalement craquer sur lui – il avait d'ailleurs fait l'objet d'un article dans le journal de la ville la semaine dernière, ce qui pouvait expliquer que cette jeune femme connaisse son prénom – et l'attendre sur son lieu de travail. « Comment tu t’appelles ? » demanda-t-il, alors qu'il commençait à se diriger vers son immeuble. Le plus simple pour ne pas être dérangés était de se rendre directement au vingt septième étage, où se trouvait le bureau de Zephyr. Cependant, afin de vérifier le temps qu'il lui restait pour percer le mystère qu'était actuellement cette jeune femme, il regarda sa montre : il lui restait environ trente minutes avant son prochain rendez-vous.

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Lizzie Abernathy

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MessageSujet: Re: it's hard to believe that I'm all alone ○ zephyr.   Lun 28 Aoû 2017 - 17:21

A présent qu'ils se toisaient avec une sorte de méfiance mêlée à de l’incrédulité, elle n’était plus trop sûre d’avoir pris la bonne décision. Peut être aurait-elle du se contenter de poursuivre son chemin, capuche baissée, et musique à fond dans les oreilles. A ce compte là elle serait déjà arrivée au café en bas de la rue, pris son mocha blanc habituel, et salué le barrista d’un air poli. A chaque fois il s’amusait à lui dessiner un petit smiley sur son gobelet en carton, comme si lui, ce parfait inconnu avait saisi qu’elle n’était pas vraiment de ce monde, et avait besoin d’un peu de réconfort. Ça la faisait sourire de voir ça tout les matins, et elle s’était décidée à garder les récipients qui s’entassaient sur son bureau tels des trophées. Il suffisait de peu parfois pour faire du bien à quelqu’un, et sans le savoir ce serveur réussissait à éclaircir ses pensées les plus sombres. Et elle regrettait désormais avoir dérogé à cette routine si confortable qui ponctuait ses journées depuis… Depuis qu’elle était ici, ou qu’elle rêvait, ou qu’elle était morte. Peut être même tout ça à la fois. En tout cas Zephyr avait lui aussi changé, il n’était pas celui qu’elle se rappelait avoir fréquenté ni celui à qui elle parlait régulièrement par l’intermédiaire de son ordinateur. Il avait l’air plus sur de lui, et une lueur qu’elle n’aurait su identifier - malveillante ? calculatrice ? - brillait dans le fond de sa rétine. Lizzie en avait presque froid dans le dos, et peinait à retrouver son ami derrière ces traits froids accentués par un costume hors de prix. Mais il était trop tard maintenant. Si elle partait en courant, elle ne ferait qu’aggraver son cas, et prendrait le risque de se mettre son ancien camarade à dos. Il fallait se lancer, au diable les remords. « Bien sûr. » Elle croisa ses bras contre sa poitrine en guise de défense, et jeta des coups d’œil curieux autour d’eux. D’abord les vêtements, ensuite les gardes du corps, et l’immense berline noire garée sur le côté…. Comment avait-il fait pour gagner autant d’argent ? Comment était il devenu cet homme hautain ? Était-ce encore sa mémoire défaillante qui faisait des siennes ? Elle trépignait sur place, tandis qu’il l’observait méticuleusement, la mettant relativement mal à l’aise. Quiconque se tenait devant elle n’était pas celui qu’elle avait cru reconnaitre mais il avait cependant le mérite de jouer le jeu. Pour combien de minutes néanmoins ? Que pourrait elle lui dire pour se dépêtrer de tout ça… Il était hors de question d’aborder ses soucis, ou de tester si ses souvenirs étaient réels ou le fruit de son imagination. Elle allait devoir redoubler d’efforts pour rattraper ses sottises. « Tu veux prendre un café ? » Refuser eut été impoli, et répondre à l’affirmative était dangereux. Toutefois, son sixième sens lui murmurait de ne pas repousser l’invitation. Il devait bien y avoir une explication logique à tout ça. « Tu as l'air... fatiguée. » C’était peu dire. Le sommeil était une denrée rare qu’elle ne retrouvait pas sans l’aide de médicaments, car son esprit était trop occupé à cogiter en élaborant des théories loufoques sur la situation dans laquelle elle s’était retrouvée. Ça et l’accident, toujours en ligne conductrice de ses songes. Il était loin le temps où elle rayonnait comme un petit soleil ambulant au rire communicatif et espiègle. Celle qui se tenait difficilement sur ses jambes chancelantes avait plus l’allure d’une droguée échappée d’un asile, que d’une jeune femme en bonne santé. Heureusement pour elle, ses yeux noisettes conservaient leur joie naturelle d’origine. « Et toi tu as l’air plus … coincé. » Elle masqua une moue moqueuse dans la manche de son pull. Modeste repartie suite à l’analyse poussée de son interlocuteur qui l’avait scanné tel un robot avant de l’enchanter d’un compliment à en faire pâlir plus d’une. « Okay pour le café. Merci. » Ca présageait rien de bon, mais ça lui éviterait d’avoir des regrets par la suite. De toute façon il y avait la possibilité qu’elle fut au purgatoire, alors si elle était déjà morte, rien de pire ne pouvait arriver, non ? « Comment tu t’appelles ? » Elle se mordit la lèvre, elle avait sa confirmation. Il ne savait pas qui elle était… Ou il était bon acteur. Mais sa première impression était sans doute la plus probable. Tout cet imbroglio commençait à être vraiment louche, toutes ces personnes qu’elle avait fréquenté par le passé et qui ignoraient tout de son existence, ou de certaines bribes quelle avait ramené sur le tapis. Ses parents, ensuite Ned, et là Zephyr. Si c’était une plaisanterie, elle était sacrément bien ficelée. Elle allait finir par admettre qu’elle était réellement en train de faire un rejet de la réalité en fabriquant des amitiés avec de parfaits inconnus. Aller voir un psy sonnait presque comme une évidence à cet instant. « Mmh. Lizzie, tu ne te souviens pas ? » Ca valait le coup d’essayer, elle n’avait rien à perdre après tout. Elle le suivit vers l’immeuble immense, et s’engouffra à l’intérieur sur ses talons. Elle n’avait rien vu de tel auparavant, l’endroit était gigantesque, une véritable ruche où les employés tous tirés à quatre épingles se bousculaient dans une chorégraphie de tissus noirs et robes colorées. Elle baissa la tête sur sa propre tenue, et se sentit vraiment gauche et tout sauf à sa place. Lizzie était coutumière de son bureau étroit au conservatoire, des partitions un peu partout en pagaille sur les étagères, et les chaises. Même la bibliothèque de Portland était un environnement austère à côté d’ici, bien que les livres suffisaient à faire voyager l’esprit des visiteurs de passage. Ici tout suintait de luxe, et de nouvelles technologies, dans une ambiance épurée quasi clinique qui était aussi belle que dérangeante. « Quel est cet endroit ? » Osa t-elle demander en s’arrachant à sa contemplation admirative pour le toiser. « Ou est ce qu'on va ? » Ce n'était clairement pas un salon de thé, et encore moins un restaurant, où l’emmenait-il donc ? Elle frissonna sur le qui vive, mais il y avait tellement de monde, qu’elle ne pouvait craindre quoi que ce soit. Et puis… Zephyr était censé être un proche pas un monstre, il était certes différent, mais son ami devait se cacher là dessous.

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Zephyr Roch

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MessageSujet: Re: it's hard to believe that I'm all alone ○ zephyr.   Dim 17 Sep 2017 - 11:04

Une chose était certaine : cette demoiselle était étrange. Zephyr se demandait ce qu’elle pouvait bien lui vouloir, et c’est probablement la raison qui le poussait à inviter la jeune femme à l’accompagner pour un café. En temps normal, il se serait demandé si elle ne cherchait pas à obtenir un emploi mais son accoutrement laissait à penser le contraire – ou alors, elle n’avait pas compris où elle venait chercher un emploi, ni même à qui elle s’adressait. La confirmation de la première hypothèse ne tarda pas à confirmer, quand elle affirma qu’il avait l’air plus coincé. Mais qui était donc cette jeune femme ? Zephyr n’avait aucun doute : il ne la connaissait ni d’Eve ni d’Adam, et pourtant, cette Lizzie semblait persuadée que si. Amusé par sa moue moqueuse, il lui répondit sur le même ton : « Il ne faut pas toujours se méfier du loup qui dort. » Dans d’autres bouches, cela n’était qu’une expression. Dans la bouche de Zephyr, cela raisonnait probablement plus comme une menace. Pour l’instant, le jeune homme se comportait correctement et n’avait cherché ni à humilier la jeune femme ni à la blesser, mais le vent pouvait tourner d’une seconde à l’autre. Par chance, sa curiosité était encore bien trop aiguisée pour qu’il ne prenne le risque de ne pas obtenir de réponse à ses interrogations. Et puis, quelque chose lui plaisait chez cette jeune femme, sans qu’il ne sache dire si c’était le toupet dont elle avait fait preuve en l’interpellant par son prénom et le tutoyant d’emblée, ou si c’était ce regard espiègle qui contrastait avec sa silhouette décharnée, comme si deux personnes cohabitaient dans ce même corps. Il sourit quand il acquiesça et d’un signe de la main, l’invita à le suivre dans le bâtiment. « Tu as ta carte d’identité ? La sécurité te la demandera pour te faire un badge. » Personnellement, Zephyr trouvait cet ensemble de formalités éreintants, et inutiles mais il n’avait malheureusement pas encore réussi à convaincre les propriétaires de l’immeuble d’abandonner ces procédures, même pour lui. D’ordinaire, il envoyait sa secrétaire s’occuper des gens qu’il recevait et des formalités y afférents, mais puisqu’il était là, il n’aurait qu’à prendre son mal en patience… Il l’interrogea ensuite sur son prénom, réalisant qu’avec la carte d’identité de la demoiselle entre les mains, il pourrait avoir toutes les informations qui l’intéressaient à son sujet d’ici la fin de la journée. Mais pourquoi ne pas apprendre à connaître cette dernière de manière un peu plus traditionnelle ? Entre nous, depuis quand l’un empêchait l’autre ? « Mmh. Lizzie, tu ne te souviens pas ? » Perspicace, la petite. Dans un réflexe malheureux, il leva les yeux au ciel d’un air agacé. Si Lizzie avait encore le moindre doute sur les similarités entre le Zephyr qu’elle connaissait et celui-ci, il venait probablement de s’envoler en fumée. « Je ne sais pas à quoi tu joues. Mais ma mémoire n’est pas aussi malléable que tu le penses, Lizzie. » Il y avait donc deux possibilités : soit un autre fonds d’investissement avait envoyé cette jeune femme l’espionner, ou essayer d’en apprendre plus sur ses projets, soit elle était simplement folle et s’imaginait qu’ils s’étaient déjà rencontrés. Sans nul doute, Zephyr préférait la première hypothèse : moins de problèmes à régler, pas de médecins à appeler, et des concurrents qui ne seraient pas déçus du travail. Méfiant, il décida donc de se la jouer doux comme un agneau, et reprit : « Je suis désolé, mais soit tu te trompes de Zephyr, soit tu oublies qu’on ne se connait pas. » Autre possibilité, qui venait de lui sauter à l’esprit : un idiot avait utilisé sa photo et son prénom sur un site de rencontre, sans se douter que la demoiselle serait plus débrouillarde que lui et viendrait à la recherche du vrai Zephyr. Pauvre fille. Il hésita à mentionner cette possibilité mais toute personne normalement constituée nierait s’être fait avoir de la sorte. Il nota d’enquêter sur ce point ; l’usurpation de son identité pouvait s’avérer plus que problématique, quand on connaissait ses activités. Il lui faudrait rapidement contacter l’un des membres du gouvernement pour les rassurer si tel était le cas : jamais Zephyr ne les trahirait – pas tant qu’ils lui étaient utiles, en tout cas. « On va dans mon bureau, et c’est un immeuble de bureaux. Nous avons les quinze derniers étages, et d’autres boites se partagent les quinze premiers. » expliqua-t-il, désarçonné par les questions de la jeune femme. Comment l’avait-elle trouvé si elle ne savait même pas où ils se trouvaient ? Intrigué, Zephyr se dit qu’il ferait mieux de tenir sa sécurité prête au cas où la demoiselle perdrait totalement pied. « Parle-moi un peu de toi, Lizzie. » dit-il, une fois qu’ils furent dans l’ascenseur, toutes les formalités ayant pris moins de temps qu’il ne le pensait. Sincèrement curieux, il se demandait ce que faisait ce petit bout de femme : était-elle vraiment aussi perdue qu’elle en donnait l’impression ou était-elle simplement une très bonne actrice ? Lorsque l’ascenseur annonça : « 30eme étage, Killer Whales Inc. », Zephyr laissa passer la jeune femme, et la mena jusqu’à son bureau. Fermant la porte derrière eux, il l’invita à s’asseoir là où elle le désirait. «Thé ? Café ? Chocolat ? Autre chose ? » Appuyant sur l’interphone, il annonça à sa secrétaire : « Corinne, je vais prendre un double expresso, et mon invitée prendra… »

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Lizzie Abernathy

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MessageSujet: Re: it's hard to believe that I'm all alone ○ zephyr.   Mar 17 Oct 2017 - 19:04

La tour était immense, il ne lui semblait pas avoir vu pareil construction dans sa vie antérieure, en tout cas pas à Mount Oak. Peut-être à Portland, mais comme elle ne sortait que rarement, et gardait les yeux rivés sur le bout de ses chaussures, c’était difficile à dire. Ici, Lizzie ne savait plus où donner de la tête entre le mobilier magnifique, les personnes apprêtées qui courraient d’un pas pressé et son interlocuteur qui ne cessait pas de la fixer avec un œil carnassier. Il fallait se faire une évidence, Zephyr – le sien – était parti, et quiconque se tenait devant elle était différent. Pas forcément dans le bon sens, car il avait perdu ce charme et cette candeur innée que son double possédait, et qui l’avait poussé une fois au nouvel an à l’embrasser. Un échange maladroit : leurs nez s’étaient bousculés tandis que leurs mains ne savaient plus trop ou se poser, mais le souvenir était vivace tout comme la chaleur humaine qui l’avait enveloppé quand leurs regards s’étaient croisés après coup. Non, l’individu qui se tenait là rêvait surement de la voir déguerpir le plus vite possible pour vaquer à ses occupations, qui devaient pour la plupart consister à profiter de la naïveté du commun des mortels ou dilapider de l’argent par les fenêtres. Voire les deux en même temps. Il n’y avait qu’à voir où il travaillait pour comprendre, clairement ce n’était pas un enfant de cœur, mais un financier aux dents acérées. Elle envisagea subitement de le planter là en feignant s’être trompée d’interlocuteur… De toute façon il devait déjà croire qu’elle était folle, ce ne serait pas une grande perte. Toutefois, une partie d’elle refusait d’abandonner, et s’obstinait à croire que son ami était là juste sous son nez. Elle avait besoin que ce soit réel pour se raccrocher à quelque chose de vrai et de sincère. « Tu as ta carte d’identité ? La sécurité te la demandera pour te faire un badge. » Elle n’avait pas songé à prendre beaucoup d’affaires en partant, juste de quoi se payer un café avant de se terrer dans sa chambre pour le reste de la journée. Elle farfouilla dans son portefeuille, et dénicha de vieux papiers d’identités aux coins usés. Quelques grains de sable glissèrent sous ses doigts (vestiges de vacances ?), alors qu’elle scrutait la photo avec attention. C’était elle mais pas tout à fait. Elle ne savait pas comment l’expliquer mais ce sourire-là était différent de celui qui se nichait dans ses joues rebondies de gamine. Surtout que depuis l’accident elle n’avait guère eu l’occasion de dévoiler ses dents, et était plus sensible aux larmes qu’à l’amusement. Passé ce flottement silencieux, elle lui tendit l’objet pour qu’il daigne remplir les formalités à sa place auprès de la secrétaire à l’accueil. Elle remarqua au passage que tout le monde s’affairait à lui rendre la vie plus facile, et obéissait à ses ordres sans moufter. Le privilège d’être haut placé certainement. Elle se demanda  ce que ça faisait d’avoir un personnel à ses petits soins en permanence, de ne plus gérer le superflu et se concentrer sur l’essentiel. Elle n’était pas sure qu’elle aimerait être dépendante des autres comme ça. Elle était plus du genre à se démener du mieux qu’elle pouvait avant d’utiliser la carte de ses proches ou de ses amis pour la secourir en dernier recours. « Je ne sais pas à quoi tu joues. Mais ma mémoire n’est pas aussi malléable que tu le penses, Lizzie. » Ses sourcils se froncèrent, et elle croisa les bras sur sa poitrine en guise de défense. C’était frustrant d’affronter un mur en permanence précisément quand on était attaché au mur en question. Elle avait envie de le secouer, de le brusquer juste pour qu’il se rappelle de qui elle était. « Je ne joue pas, c’est toi qui fait semblant de ne pas savoir. » De ne pas me reconnaitre, de feindre qu’on est de parfaits étrangers, et me traiter comme une imbécile. C’était humiliant, un coup en pleine poitrine. « Je suis désolé, mais soit tu te trompes de Zephyr, soit tu oublies qu’on ne se connait pas. » Était ce plausible ? Qu’elle l’ait confondu ? Tout à coup elle chancela légèrement, elle avait abordé la situation de son point de vue à lui, pas du sien. Se pouvait-il qu’elle se soit fourvoyée ? Mais ils étaient identiques comme deux gouttes d’eau à l’exception de la lueur qui brillait dans leur iris, pleine de bonté pour l’un, et redoutable pour le second.  Non, c’était tout bonnement impossible, IL était le Zephyr qu’elle avait côtoyé durant son adolescence. Physiquement au moins. « Non je suis sure que non, c’est bien toi. Je peux le prouver. » Il y avait des détails, des évènements qui n’appartenaient qu’à eux, et qui sauraient appuyer sa bonne foi. Elle avait l’imagination fertile mais pas à ce point. « On va dans mon bureau, et c’est un immeuble de bureaux. Nous avons les quinze derniers étages, et d’autres boites se partagent les quinze premiers. » De quoi donner le tournis. Elle frissonna, l’endroit était certes magnifique mais froid à l’image de tous ces visages fermés qui défilaient dans un bruissement de tissus. Elle le suivit vers l’ascenseur, inquiète à l’idée d’être seule là-dedans avec lui, mais elle n’avait pas le choix. Maintenant qu’elle s’était mise dans de beaux draps, il fallait assumer. « Parle-moi un peu de toi, Lizzie. » Par où commencer cependant ? Salut je me suis réveillée dans une dimension parallèle où personne ne sait qui je suis toi y compris, mais avant tout ça, on était proches. Très proches d’ailleurs. Non ce n’était clairement pas le bon angle d’attaque, elle allait devoir mentir et camoufler la réalité. « Je suis enseignante de musique dans une classe d’enfants. Je joue – jouais – du violoncelle. Les choses sont compliquées en ce moment. » Qu’ajouter de plus ? Elle avait l’impression de passer une entrevue pour un job ou un speed dating, c’était désagréable d’être jugé de la sorte. Lizzie avait chaud, et ses muscles se crispèrent au fur et à mesure que les étages défilaient sous leurs pieds. Elle redoutait le vide à contrario de la Lizzie qui vivait dans les parages, et possédait une belle collection de vidéos de sauts en parapente. L’horreur à son apogée. La voix mécanique de l’appareil la fit sursauter, ils étaient enfin arrivés à destination. Heureusement, car l’exiguïté de la cabine associée à une odeur de parfum trop prononcée avait accentué son malaise. Elle entra dans le bureau de son hôte qu’elle détailla rapidement avant de s’installer sur un fauteuil en cuir sombre. Tout était relativement impersonnel, on avait peine à croire qu’il travaillait ici, ça ressemblait davantage à un lieu de passage. « Thé ? Café ? Chocolat ? Autre chose ? » Il marqua une pause et s’empara de son téléphone d’un geste désinvolte trahissant une habitude régulière. Il y avait fort à parier qu’il était infect avec son staff. « Corinne, je vais prendre un double expresso, et mon invitée prendra… » Est-ce que si elle demandait une boisson improbable la secrétaire se plierait en quatre pour le lui amener ? Sans doute. Toutefois l’idée la quitta rapidement, elle était trop tendue pour s’adonner à une quelconque plaisanterie. « Du thé merci. » Elle se racla la gorge et resta silencieuse, ignorant vers quoi la conversation allait déboucher dans les prochaines minutes. Zephyr suscitait chez elle une gêne grandissante qui serrait son corps d’une main de fer. Il lui faisait peur, c’était nouveau et curieux. Dérangeant. « Qu’est-ce que tu fais ici exactement ? Ton travail je veux dire… La dernière fois que je t’ai vu tu étais… et bien.. Je ne t’aurais jamais vu à la tête d’une entreprise. » Suffisamment vague pour ne pas trop s’enfoncer, mais des propos où elle lançait des miettes de pain pour voir si il les prendrait. « Je suis désolée de pas avoir donné de nouvelles. Tu m’as.. tu es différent. » Termina-t-elle finalement en le toisant sans ciller : un exercice extrêmement difficile puisqu’elle n’était pas en position de force, loin de là. Pourquoi tout était-il si compliqué ? Elle était là, proche de son ami/petit ami (un grand terme ceci dit), et elle aurait voulu qu’il la prenne dans ses bras comme avant. Quand tout était simple, normal, et qu’elle ne craignait rien ni personne, sauf ses regrets.

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it's hard to believe that I'm all alone ○ zephyr.
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