And one man in his time plays many parts • Erik


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Laerte de Beauremont
LEANDRE DE BEAUREMONT

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MessageSujet: And one man in his time plays many parts • Erik   Dim 9 Juil 2017 - 12:22

Leandre pouvait passer des heures sur son balcon, à regarder survivre les voisins d'en face. Trois adultes et deux gamins qui se partageaient quelques pièces exigues et ne savaient pas communiquer autrement qu'en se hurlant dessus à longueur de journée. Au début, comme tout le monde, il avait trouvé ça inadmissible. Le respect des autres, le manque de savoir vivre, ce genre de choses qu'on ressort quand on manque d'arguments et que l'on veut marquer son territoire. Comme tous les autres, Leandre s'était dit atterré par leur comportement, et puis s'était pris au jeu. Il s'installait et croisait les jambes sur la balustrade tout en admirant le spectacle, unique spectateur d'une représentation dont il pouvait attendre tout et n'importe quoi. Parce qu'ils étaient trop nombreux pour un si petit espace, ils traînaient à l'extérieur chacun leur tour, vociferant ordres et réflexions à l'adresse de ceux restés l'intérieur en en faisant profiter tout le voisinage. Et parce qu'ils ne semblaient pas se supporter, ni même avoir une quelconque vie au delà du bout de la rue, tout tournait forcément court entre eux. Les cris, les coups, les pleurs. Leandre les regardait comme d'autres regardaient leur série préférée, avec tendresse et mépris. Il avait un faible pour la grand mère, même s'il ne comprenait généralement qu'un mot sur deux de ce qu'elle disait, voire sur quatre les jours où elle était en verve. Il la voyait sortir avec ses chaussons et ses grosses chaussettes, et s'avançait jusqu'aux barreaux pour être sûr de ne rien manquer. Il aimait son rire gras et ses manières vulgaires qui choquaient les oreilles sensibles de Conrad. Il aimait passer devant chez eux et les saluer à la cantonade, comme il aimait les regarder de loin et s'amuser de leurs travers. C'était gratuit, et de fait le moindre de ses vices. Conrad ne comprenait pas, comme Conrad ne comprenait pas qu'on puisse avoir envie de voir autre chose que la même paire de couilles jusqu'à la fin de ses jours, encore et encore. Les siennes étaient très bien, mais pas au point de le dissuader d'aller voir ailleurs et d'appeler Erik au moindre prétexte. Et, précisément parce que Conrad ne le comprenait pas, Leandre se garda de l'en prévenir.

Il fallait prendre rendez vous maintenant, et attendre son tour. Au début, Erik ne faisait pas autant de manières mais c'était le rançon de la gloire et le prix à payer pour sa compagnie. Leandre lui avait bien fait des infidélités, à lui aussi, mais revenait toujours. Il connaissait les avantages et connaissait les inconvénients, et le choix était vite pris. Quatre jours lui aurait paru cher payé à une époque, plus maintenant.

Tout lui semblait nouveau, et Laerte s'en émerveillait autant qu'il s'en inquiétait. Depuis quatre jours, il avait l'impression de vivre dans un rêve ou, pour être vraiment précis, dans la peau d'un autre. Par quel miracle il avait réussi à donner le change et ne pas finir à l'asile était un mystère qu'il repoussait autant que possible, se bornant à absorber tout ce qui était déjà à sa portée. Il avait désormais un appartement plus luxueux que le sien, le vrai, un travail pour le journal local où il avait prétendu ne pas se sentir bien lorsqu'on l'avait appelé pour lui demander de justifier son absence, une fille et un petit ami. Conjoint ? Mari ? Ce point restait pour l'heure à éclaircir et Laerte avait été soulagé de ne pas encore avoir eu affaire à ce Conrad qu'il ne saurait peut être pas aussi bien tromper que les autres. Sa nouvelle vie n'avait pas grand chose à voir avec la précédente, et ses proches n'en étaient plus. Laerte avait passé des heures sur le compte Facebook de ce "Leandre", autant pour apprendre à le connaître que pour voir ce qu'il en était de ses proches. Cent fois il avait failli envoyer une invitation à Maureen et cent fois il s'en était abstenu, se contentant de fixer sa photo de profil puisque tout le reste avait été basculé en privé. C'était elle qui lui manquait le plus et il s'imagina que ça pourrait être elle lorsqu'il entendit sonner, un espoir un peu fou qui lui donna un air faussement enthousiaste en ouvrant la porte.

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Adriel Lamontagne
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MessageSujet: Re: And one man in his time plays many parts • Erik   Mer 2 Aoû 2017 - 22:13

Erik avait des tas de manières de gagner de l'argent, mais il y en avait une qui fonctionnait plus que les autres. C'était loin d'être son activité principale mais le jeune homme avait quelques clients désirés, qu'il avait réussi à convaincre qu'il était plus demandé qu'il ne l'était réellement. Le jeune homme avait à peine dix-sept ans quand il avait commencé à se prostituer et si désormais, il n'y prêtait aucune attention particulière, ce n'était pas le cas à l'époque – loin de là. La première fois qu'il s'était résolu à vendre son corps, Erik avait vomi avant, après, et ne savait toujours pas comment il ne s'était pas non plus vomi dessus pendant. Puis, il s'était fait une raison. C'était vrai, ce que l'on disait dans tous les reportages : le plus compliqué, c'était la première. Après... on s'y faisait. Il y avait même certains clients qu'Erik appréciait sincèrement retrouver, Leandre était l'un d'entre eux. Ce n'était pas tant de coucher avec son client qui lui plaisait, mais tout ce qui l'entourait. Leandre était une compagnie agréable, et surtout familière. Cela faisait bien dix ans qu'il bénéficiait de ses services, et même si le terme « amitié » ne correspondait pas, ce qu'ils partageaient y ressemblait d'une certaine manière. L'autre avantage – et c'était là le principal, en toute honnêteté – était que Leandre était de plus en plus généreux. Puisqu'Erik faisait mine d'avoir une clientèle exigeante et nombreuse (elle n'était qu'exigeante, en réalité), il avait pu augmenter ses tarifs, et maintenant, sous-entendait même très subtilement qu'il pourrait se rendre disponible plus rapidement si une prime de rapidité était octroyée. C'est ainsi qu'il ne fit attendre Leandre que quatre jours au lieu des huit initialement annoncés. Certains auraient sans doute culpabiliser de se jouer de leurs plus fidèles clients de la sorte, mais pas Erik. D'abord parce qu'il ne considérait pas particulièrement que Leandre soit un homme qui méritait qu'Erik se cause du tracas – leur différence d'âge parlait d'elle-même, Leandre l'avait pour ainsi dire pris au berceau. Ensuite parce que le trentenaire avait appris à un âge relativement jeune de ne s’embarrasser de ce genre de sentiments parfaitement inutiles. Il n'y avait guère qu'Edme qui parvenait encore à faire naître ce genre de souffrances chez Erik, et c'était déjà beaucoup trop. Erik en oubliait de ne pas avoir de cœur en sa compagnie. Lorsqu'il sonna chez Leandre, il savait d'ores et déjà ce qui l'attendait : un luxueux dîner avant de passer de longues heures au lit à satisfaire les moindres désirs de son client, et une coquette somme d'argent qui lui permettrait de survivre pour les semaines à venir, et de ne pas devoir rendre le taudis qui lui servait de logement. « Salut mon lapin ! » lança-t-il d'un air qu'il avait toujours trouvé exagérément enjoué mais qui semblait toujours convaincre ce cher de Beauremont. Il ne faut pourtant pas croire qu'ils utilisaient des mots doux lorsqu'ils étaient ensemble : Erik avait mis la barrière très tôt sur le sujet, il était un prostitué, et ne souhaitait pas de sugar daddy. Il était prêt à faire de nombreux sacrifices, mais il y en avait un qu'il ne ferait jamais, et ce, peu importe l'argent qu'on lui offrait, c'était celui de sa liberté. Le petit surnom qu'il lui affublait faisait référence à la maladresse dont il avait fait preuve lors de la première rencontre ; Erik n'avait alors jamais vraiment eu l'occasion de rencontrer des homosexuels, et s'était donc inspiré de ce qu'il voyait à la télé pour son attitude. Plutôt que de s'en vexer ou de trouver cela irrespectueux, Leandre s'en était amusé et s'était devenu leur manière de saluer, comme pour exorciser la gêne qui avait, au début tout du moins, encombré les premières minutes de leur rencontre. « Alors, qu'est-ce que tu m'as préparé de bon ce soir ? » demanda-t-il, curieux. Son estomac se tordait déjà de bonheur à l'idée d'ingérer un repas aussi copieux – et délicieux !

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MessageSujet: Re: And one man in his time plays many parts • Erik   Sam 12 Aoû 2017 - 0:24

Leandre aurait pu se passer d'Erik, comme il aurait pu se passer de payer pour baiser, mais l'un comme l'autre avait ses avantages et c'était une folie qu'il pouvait largement se permettre. A une certaine époque, il avait des scrupules. Il y avait dehors des gens qui mouraient de faim, de froid ou de maladies dont on n'avait pas encore trouvé de traitement efficace, des gens qui auraient eu besoin d'un peu d'argent pour s'en sortir ou pour faire avancer la recherche, des gens qui auraient été plus qu'heureux de le voir débarquer pour leur donner de l'argent sans rien attendre en retour. Sauf que Leandre préférait avoir quelque chose en retour, et que tout le monde n'appréciait pas forcément de coucher en échange d'un service ou d'une main tendue. Erik, au moins, ne s'était pas montré aussi difficile. La première fois, il était entré chez lui comme un animal apeuré et Leandre avait parié qu'il n'irait pas jusqu'au bout. Il ferait un effort et puis retournerait chez lui, la queue entre les jambes, sans demander son reste. Volontairement, Leandre avait forcé le trait. Il avait souri à l’appellation "Lapin", se demandant où Erik était allé chercher un surnom pareil, et l'avait appelé en retour "Chaton". A ses yeux, c'était à quoi ressemblait le jeune homme, une petite chose mignonne et encore innocente à laquelle il avait conseillé de se déshabiller sans trainer. Il s'était attendu à ce qu'il lui demande de s'arrêter ou de ralentir mais il avait tout enduré avec une bravoure que Leandre n'avait pas manqué de moquer au moment de se séparer, non sans lui laisser entendre qu'il referait sûrement appel à ses services dans l'avenir. Dix ans plus tard, il ne s'en était d'ailleurs toujours pas lassé. De toutes ses relations, c'était probablement celle avec Erik qui était la plus ancienne et la plus sérieuse, celle qui lui apportait le plus aussi. Elle lui revenait cher mais qu'importe, le tarif était mérité et Erik le satisfaisait bien plus que ce à quoi arrivait Conrad.

Mais de tout ça, Laerte n'avait évidemment aucune idée en ouvrant la porte. Il avait espéré un miracle et y trouver Maureen, sa Maureen, mais à moins qu'elle ait changé de sexe il y avait peu de chances que ce soit elle. L'homme sur le pas de la porte entra avant d'y être invité et laissa Laerte en tirer plusieurs conclusions.
- ils se connaissaient, ou du moins Leandre et l'inconnu se connaissaient.
- ils étaient proches, d'où le surnom de "lapin".
- l'inconnu n'était pas Conrad, donc pas son petit ami / conjoint / mari
- l'inconnu connaissait les lieux et avait donc l'habitude de venir ici
- l'inconnu était donc...
Ca, Laerte n'en avait aucune idée, comme il n'avait toujours pas compris comment il s'était retrouvé à la place de Leandre. Il en était arrivé à considérer qu'il était passé dans un univers parallèle où il avait pris la place de son double, une hypothèse complètement folle à laquelle il se rattachait en attendant de trouver mieux, et surtout une solution pour retrouver son ancienne vie. Ce que j'ai préparé ? Il fronça les sourcils et fit le point sur ce qu'il venait d'apprendre de nouveau.
- l'inconnu était un habitué et venait pour manger.
- Leandre n'étant pas cuisinier, il y avait peu de chances pour que l'inconnu soit un client
- l'inconnu devait donc être un ami de Leandre, un ami proche
Cette perspective fit grimacer Laerte. S'il s'en était plutôt bien sorti jusqu'à présent, les choses devenaient plus compliquées s'il se retrouvait à devoir fréquenter les amis de son double. Il avait été soulagé de ne pas encore rencontrer Conrad, se demandant comment il pourrait arriver à donner le change face à un homme lui qui n'avait jamais eu la moindre attirance homosexuelle, et encore moins la moindre expérience en la matière... Désolé, tu m'avais dit que tu devais passer ? J'ai eu la tête ailleurs ces derniers jours... Et pas que la tête, mais il était inutile de s'étendre sur la question pour l'instant. Il hésita à lui proposer un verre mais ne tenait pas à ce que l'inconnu s'attarde. Tant pis pour les bonnes manières, le plus tôt il partirait serait le mieux !

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MessageSujet: Re: And one man in his time plays many parts • Erik   Ven 18 Aoû 2017 - 23:37

Erik n'était pas quelqu'un de particulièrement attentionné, ou attentif. Il ne remarquait que rarement les changements physiques ou mentaux des personnes qui l'entouraient, et prenait encore moins la peine de les faire remarquer. Naturellement, sa petite princesse dérogeait à la règle mais à part ça... Erik n'agissait que par intérêt. L'idée de faire plaisir à quelqu'un d'autre que sa petite personne était une idée qui lui était étrangère. Il comprenait le besoin, l'envie mais n'avait jamais ressenti une telle impulsion. Combien s'étaient souciés de lui, d'ailleurs, hein ? Erik avait du se faire tout seul. Sa peau était devenue aussi imperméable que celle d'un crocodile, et contrairement à tous ces malheureux qui mettaient ça sur le compte d'une histoire d'amour mal terminée, Erik lui le mettait sur le compte de l'histoire d'une vie mal commencée – et mal vécue, aussi. Elle se terminerait probablement tout aussi mal. Alors, non, il ne prendrait pas le temps d'offrir un fruit à la caissière pour lui redonner l'envie de sourire. Il ne ferait pas remarquer à la secrétaire du garage dans lequel il travaille qu'elle avait changé de couleur de cheveux – si elle n'était pas capable de s'en rendre compte elle-même, il ne pouvait malheureusement pas grand chose pour elle... Non pas qu'il ait fait quoique ce soit s'il l'avait pu. L'une de ses « petites-amies » (emphase sur les guillemets) (vraiment) (comprendre : faire-valoir/bon coup/distraction/porte-monnaie – et merci de rayer les mentions inutiles) avait une fois porté une bague à l'annulaire gauche pendant plus de six mois sans qu'il ne se rende compte. Ce n'était au final pas un drame puisqu'elle était aussi fidèle qu'il était attentif (et fidèle). Pourtant, quand Leandre lui demanda s'il avait prévenu qu'il devait passer, Erik sut immédiatement que quelque chose ne tournait pas rond. Et il ne voyait que trois explications possibles à cette situation : (i) Leandre avait décidé de tester un nouveau jeu sans l'en prévenir (probabilité : 30%), (ii) Leandre était tombé sur la tête (probabilité :???), et (iii) autre chose (probabilité : 99%). Erik l'observa alors, perplexe. Comment pouvait-il avoir vu la tête ailleurs ? Après tout, Leandre était celui qui avait sollicité ce rendez-vous – ce n'était de toute façon jamais l'inverse. Et quand bien même il aurait été préoccupé, c'était probablement pour cette raison même que les services d'Erik était requis. « Tu pourrais quand même m'faire entrer. J'ai pas traversé toute la ville pour profiter de ton couloir. » C'est plus pour le pactole qui doit m'attendre sur la table de chevet, mon chat. L'une des conditions sine qua none de ce pacte tacite était qu'Erik ne changerait pas pour qui il était. Tous ceux qui usaient de ses services devaient d'ailleurs respecter cette règle : si Erik ne pouvait pas les envoyer chier quand ils disaient quelque chose qui lui déplaisait... c'était fini. Quant à ce qu'ils se passaient dans la chambre à coucher, c'était une toute autre histoire... « Je vais te changer les idées, ne t'inquiète pas. » lui lança-t-il, un sourire coquin sur le visage. Ne cherchant pas à perdre plus de temps (il n'avait pas que rendez-vous avec Leandre ce jour-là, lucky him), il se dirigea d'un pas déterminé dans la chambre, sachant pertinemment que Leandre ne tarderait pas à le rejoindre ; même quand il essayait, il ne lui résistait jamais bien longtemps. Il s'allongea sur le lit, et profita de la fermeté du matelas. Poussant un soupir de plaisir, il ferma les yeux quelques secondes attendant que son client bouge son cul – sans mauvais jeu de mot – et sentit la fatigue tombée sur lui. Encore quelques minutes, et il s'endormirait assurément. Que foutait-il ? Non pas qu'il se plaigne d'être payé à dormir, mais ce n'était pas franchement le deal... « Leandre... je n'ai pas toute la journée et je te rappelle que tu es plutôt gourmand... » Puis, se redressant, il se rappela que devant les remarques étranges de Leandre, il en avait oublié l'essentiel ! « Tu me prépares un plateau au lit ?»

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MessageSujet: Re: And one man in his time plays many parts • Erik   Ven 1 Sep 2017 - 23:48

Sans vouloir se montrer ingrat, Leandre n'avait que peu de sympathie pour Erik. Il appréciait ses services et aurait recommandé son professionnalisme à quiconque ayant besoin des services d'un gigolo, mais les choses s'arrêtaient à peu près là. Il le payait grassement, lui offrait même le luxe d'un repas où tant d'autres se seraient contentés de l'aspect sexuel de la chose, mais il n'avait jamais ressenti l'envie d'aller plus loin et d'apprendre à le connaître. Il lui était arrivé de lui poser quelques questions plus personnelles pour passer le temps et se faire une idée de l'homme qu'il était en dehors des murs clos de sa garçonnière, mais sans présenter un réel intérêt. Garçonnière. Le terme était vieillot mais Leandre l'aimait bien. Il aimait plus les mots que les gens, du moins la plupart du temps, pour la plupart des gens. Son côté désuet lui apportait un surplus de charme, comme si cet appartement se trouvait coupé du monde et de l'agitation qui régnait à l'extérieur. Ce qui s'y passait y restait confiné, à l'état le plus pur. Curtis n'y avait jamais mis les pieds, et Leandre y veillait. Il ne voulait pas de la présence de son compagnon entre ces murs, ne pas avoir le moindre souvenir de lui dans n'importe laquelle de ces pièces, comme pour ne pas les souiller. La présence de Curtis aurait brisé le charme là où Erik ne faisait que le renforcer. Les autres aussi, mais ils comptaient moins. Pas moins que Curtis, mais ce n'était pas la question. Leandre n'avait pas besoin de connaître Erik pour savoir sa valeur et celles de ses services.

Laerte, en revanche, aurait aimé connaître le jeune homme en face de lui, ne serait-ce qu'avoir une vague idée de qui il pouvait être. Un ami, d'accord. Aux manières douteuses, à moins que ce soit le fait de le considérait comme un inconnu qui rendait son ton aussi désagréable. Laerte, malgré tout, fit comme si de rien n'était et le laissa rentrer. Non ? C'est pourtant la partie que je préfère pour mes invités. De ce qu'il avait appris à la suite d'une lecture intensive des écrits de Leandre, son alter ego ne se privait pas de railler tout le monde et n'importe qui, un comportement qu'il semblait adopter aussi bien dans ses critiques que dans ses conversations plus intimes. Lire le contenu de ses mails avait d'abord rebuté Laerte, qui avait repoussé cette tâche autant que possible. Il n'était pas à sa place ici-bas et n'avait aucun droit sur la vie privée de celui dont il  se retrouvait à usurper l'identité, mais c'était là le seul moyen de se faire une idée de l'homme dont il devait épouser les traits et la personnalité. Les premières heures de lecture l'avaient rendu perplexe tant Leandre semblait lui être éloigné. Ils partageaient bien quelques traits communs, au moins physiques, mais tout le reste le dépassait. Il n'était même pas sûr d'apprécier ce qu'il lisait, tant dans le fond que dans la forme, et en emprunter les inflexions n'avait absolument rien de naturel entre ses lèvres. Pour autant, l'inconnu sembla se satisfaire de cette réponse et entra dans l'appartement avant de se diriger vers la chambre. Laerte le regarda faire et envisagea de nouveau toutes les possibilités qui s'offraient à lui :
- l'inconnu était un proche et était désormais allongé sur son lit
- l'inconnu n'avait pas hésité avant de s'y diriger, preuve qu'il connaissait déjà cette partie de l'appartement
- l'inconnu avait auparavant fait un sous-entendu légèrement lubrique que Laerte avait préféré ignorer
- Leandre était gay
- l'inconnu devait être l'amant de Leandre.
Cette pensée, aussi improbable soit-elle, le fit chanceler. Ainsi, son alter ego avait une vie sexuelle bien plus remplie que la sienne, et bien inclinée à son opposé. Si Laerte s'était déjà fait à l'idée de devoir se confronter au petit ami et de devoir trouver une explication valable au cas où celui-ci aurait envie de coucher, il n'avait jamais envisagé qu'il puisse y avoir deux hommes dans la vie de Leandre, et donc un problème à régler par deux fois. Pour autant, l'inconnu était présent, et l'ignorer ne le pousserait sûrement pas vers la sortie. Pour preuve, voilà qu'il le rappelait déjà et Laerte eut un haut le coeur en essayant d'imaginer de quel genre de gourmandise il devait s'agir. Il se dirigea vers la chambre, le regard braqué vers le sol au cas où l'inconnu aurait cru bon de l'attendre nu. Il risqua un rapide coup d'oeil en entrant et soupira de soulagement en constatant qu'il n'en était rien. Un plateau ? Non non... Il s'approcha pour ne pas paraître trop suspect mais prit garde à laisser une certaine distance entre lui et l'inconnu. Il le voyait mal se jeter sur lui, conscient que ce n'était pas parce qu'il était gay qu'il était forcément un détraqué qui essayerait de le violer, mais préférait prendre certaines précautions. Ecoute, tu peux pas rester. J'ai des trucs à faire, à... régler, et c'est vraiment pas le bon moment. Leandre ne l'aurait probablement pas dit comme ça, avec aussi peu de conviction, mais Laerte avait du mal à jongler de l'un à l'autre. Il essaya cependant, et se reprit. Il va falloir que tu partes. Vraiment. Et maintenant. Il lui aurait bien montré le chemin de la sortie mais il préférait éviter de lui tourner le dos dans l'immédiat, on ne savait jamais ce qui aurait pu passer par la tête de l'inconnu...

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MessageSujet: Re: And one man in his time plays many parts • Erik   Jeu 21 Sep 2017 - 23:10

Vraiment, vraiment étrange, le jeu auquel jouait Leandre. Erik ne l'avait jamais vu se comporter de la sorte, ni paraître aussi inquiet de sa présence. L'espace d'une seconde, il se demanda si Curtis n'avait pas découvert sa garçonnière, ou les infidélités de son compagnon. Mais à dire vrai, il en doutait. Leandre n'était pas particulièrement stupide et il aurait fallu l'être pour revenir pile à l'endroit du crime quand la police était sur le point de vous coincer... Il l'observa alors, sans cacher sa déception de ne pas avoir le droit à un plateau repas, et attendit qu'il ajoute quelque chose – ou agisse. Cependant, les mots qui sortirent de la bouche de son client ne laissèrent aucun doute – Leandre n'était pas d'humeur à s'amuser. En soit, ce n'était pas un problème. Au contraire, cela laissait plus de temps libre à Erik, et donc plus d'occasion de se trouver d'autres clients – ou de passer voir Edme, tiens. Mais maintenant qu'Erik avait le déplacement, il n'avait aucune intention de repartir les mains vides. Il comptait sur cet argent, et avait dû dire non à un autre client pour se rendre disponible pour Leandre. Et contrairement à la plupart des grandes enseignes, Erik n'était pas du genre à offrir des cartes de fidélité ou à faire des cadeaux. C'était très simple : il avait mis les pieds dans l'appartement, il serait donc payé. « Tu n'oublies pas quelque chose ? » demanda-t-il, calmement. Généralement, Leandre comprenait le message avec cette simple phrase et cela évitait à Erik d'avoir à se montrer désagréable. Cependant, cette fois, il devait vraiment avoir la tête ailleurs et insista sur le fait qu'il devait partir. Soupirant, Erik secoua la tête et sortant du lit, se rapprocha de Leandre. Il n'avait aucune idée du petit jeu auquel ce dernier jouait mais cela ne l'amusait pas une seule seconde. Perdant patience – ou, n'ayant plus à faire mine d'être patient, il s'agaça et précisa à Leandre ce à quoi il faisait référence. « Je veux mon argent, Leandre. Deux mille, et pas un dollar de moins. » Sur ce point, cependant, il lui faisait confiance. Les rares fois où Leandre n'avait pas eu la totalité de la somme, même à dix dollars près, il lui avait toujours fait parvenir la somme dans les plus brefs délais, ou lui payait la fois d'après. Toutefois, il était hors de question qu'il lui fasse crédit d'une telle somme, et pas uniquement parce qu'il n'avait que trois dollars dans son portefeuille, et rien d'autre que de la moutarde dans son réfrigérateur. Non, il y avait ce changement chez Leandre, tant dans son physique que dans son attitude. Erik n'avait aucune idée de ce qu'il se passait dans sa vie mais cela sentait le roussi. Etait-il malade ? Physiquement ou mentalement ? Curtis l'avait-il quitté ? Avait-il perdu son travail ? A dire vrai, la réponse à toutes ses questions, sauf peut-être la dernière, n'intéressait pas Erik – il aurait pu faire comme si, mais il n'était pas payé pour ça. Et l'argent était bel et bien la raison pour laquelle la question de savoir si Leandre avait toujours son travail l'intéressait.
Sans un mot de plus, il se dirigea vers la commode qui se trouvait dans l'entrée où le critique sortait toujours l'enveloppe magique, qui permettait à Erik de vivre quelques semaines de plus sans se demander de quoi le lendemain serait fait. Parfois, il se demandait où s'envoler son argent, ou si on ne le volait pas. Mais les dettes qu'il avait, n'étaient malheureusement pas prêtes de disparaître, et puis, il y avait cet argent qu'il mettait de coté pour les vrais coups durs, ou au cas où il devrait disparaître. Erik n'était pas plus idiot que Leandre : il savait pertinemment qu'il finirait par faire une bêtise, une vraie, et que la solution la plus logique serait de partir. « Je n'ai pas toute la nuit, Leandre. » s'agaça-t-il, bien conscient qu'il avait, en réalité, toute la nuit. « Tes états d'âme ne m'intéressent pas, alors si tu pouvais te dépêcher : comme ça tu retournes à ce que tu as à faire, et moi, je vais répondre aux autres demandes que j'avais pour ce soir. » précisa-t-il, sous-entendant qu'il ne se libérerait probablement pas aussi rapidement la prochaine fois (et sans imaginer, qui plus est, qu'il n'y aura peut-être pas, des prochaines fois...)

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MessageSujet: Re: And one man in his time plays many parts • Erik   Mer 1 Nov 2017 - 23:12

Laerte commençait à sentir la panique le gagner et inspira le plus lentement possible pour ne pas la laisser le submerger. Il savait que paniquer ne lui serait d'aucune utilité, surtout dans pareille situation, mais il se retrouvait à court d'alternatives et même de bonnes idées. Chez lui, dans son véritable chez lui, il n'aurait eu qu'à ouvrir l'armoire à pharmacie de la salle de bains pour trouver son stock de petites pilules habituelle et savoir que tout aller s'arranger. Leandre, de son côté, semblait ne pas en avoir saisi la nécessité, préférant d'autres types de produits, probablement très efficaces mais qui ne l'aideraient pas à venir à bout de cette situation, du moins s'il s'obstinait à ne rien vouloir faire avec l'inconnu. Il était bien tenté de faire marche arrière pour calmer le jeu mais l'issue continuait à le pétrifier, et il ne voyait pas comment il pourrait se débrouiller pour faire illusion là où il n'avait strictement aucune expérience des relations homosexuelles. Parmi tous les changements auxquels Laerte s'était confronté depuis son arrivée, c'était bien celui là qui lui posait le plus de problème. Il pourrait arriver à écrire quelques trucs à peu près potables s'il se fiait au style chaotique de son alter-ego, voire même prétendre avoir perdu son précieux mojo ou avoir eu envie de changer un peu de style si on lui reprochait d'être moins bon. Il pourrait continuer à fouiller sur les réseaux sociaux pour se familiariser avec son nouvel entourage. Il pourrait faire plein de choses, mais s'inventer une sexualité qui n'était pas la sienne était plus compliqué, surtout avec quelqu'un d'aussi peu commode que l'inconnu qui venait de quitter son lit. Face à Curtis, il se sentait à peu près prêt. Il avait l'air d'être quelqu'un de bien, quelqu'un de doux et compréhensif, et Laerte s'était convaincu qu'il pourrait ne pas trop mal s'en tirer en sa présence. Là, en revanche, il sentait que la situation était complètement bloquée. Il ne répondit pas à la question de l'inconnu, n'ayant strictement aucune idée de ce que la réponse pourrait être. S'il était bien l'amant de Leandre, peut être qu'il s'attendait à un geste tendre de sa part pour compenser le manque de tout le reste, mais Laerte n'eut pas le temps de réfléchir quel genre de geste pourrait être le plus adapté et le plus désiré que l'inconnu s'était planté sous son nez. Voilà, il y était, il allait devoir embrasser un autre type à défaut de viser plus bas. Il s'y était préparé mais savoir qu'il s'agissait de quelque chose d'imminent était plus déconcertant, et il fut presque soulagé en comprenant qu'il ne s'agissait que d'argent. La somme, néanmoins, lui coupa le souffle. Deux mille ? Deux mille dollars ?! Tu te moques de moi, c'est ça ? Les mois où il gagnait autant étaient suffisamment rares pour qu'ils deviennent synyme de fête pour Maureen et lui, et voilà qu'on les lui réclamant sans qu'il ne sache pourquoi. Par chance, l'inconnu, décidément très à l'aise dans cet appartement, sembla prêt à aller les chercher à la source et ouvrit la commode où Laerte avait trouvé la plupart des documents intéressants pour sa nouvelle vie. Il y avait aussi trouvé plusieurs liasses de billets qu'il avait depuis déplacées, sans vraiment de raison, et dont l'absence contraria l'inconnu. D'un seul coup, Laete sembla comprendre à qui il avait à faire et la somme, bien que toujours aussi astronomique, prit une autre signification. Ainsi, l'amant était plutôt gigolo... Je ne vais pas payer deux mille dollars pour rien. Je ne sais pas pour qui tu me prends mais c'est pas parce que tu t'es allongé sur mon lit que je vais te payer pour ça. Peut être que c'était ce que Leandre faisait, même s'il devait faire également autre chose pour justifier un tarif pareil, mais il était hors de question qu'il fasse de même. Laerte avait beau faire de son mieux pour se glisser dans la peau de son alter ego et essayer de conserver l'illusion, il ne pouvait pas céder sur tous les points, et encore moins pour un prix pareil.

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And one man in his time plays many parts • Erik
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