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Arthur Faraday

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INSCRIT LE : 29/05/2016
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MessageSujet: for better or for worse   Lun 3 Juil 2017 - 21:49

Il l'entend. Il faut dire que son silence est bruyant. Il l'entend la nuit, même si elle ne dit rien. Même de jour, elle ne dit plus rien, Annie. Mais la nuit, il entend son absence, parce qu'elle aura quitté le lit et laissé son insomnie la mener ailleurs. Il entend les soupirs à l'égard d'un sommeil qui ne vient pas. Il devine ces cauchemars, quand enfin Morphée l'étreint entre ses bras. Il l'entend, nuit après nuit. Et lui s'efforce de ne pas troubler son silence de ses mots, ou même de ses respirations. C'est avec précaution, qu'il inspire et qu'il expire. Il est aux aguets du moindre signe, de la moindre main tendu. Et puis, il ne voudrait pas la déranger. Il est son mari, elle est sa femme, et pourtant la familiarité les a quitté. Il les a quitté. Ils ont connu le pire et n'ont pas su s'en relever. Ils auraient dû être trois, et ne sont que deux. Et si un jour ils n'ont fait qu'un, ces dernières années ils sont bel et bien deux. Deux êtres qui ne sauraient se trouver sur la même longueur d'ondes quand, pourtant, ils traversent le même deuil. C'est avec une inconnue, qu'il partage ce lit. Il ne la reconnaît plus, son épouse. Il ne se reconnaît plus lui-même non plus. Ils ont changé, et à cette fin ils se sont éloignés. Ils se sont éloignés sans élever un mot plus haut que l'autre, tout s'est fait en silence. Le silence, il est partout, dans les rires d'enfants qu'il aurait dû y avoir et qu'il n'y a pas, dans les mots qu'il aurait dû lui dire et qu'il ne lui dit pas. Aujourd'hui, c'est à peine si leurs regards se croisent – ou s'ils se rencontrent, ils se quittent avec gêne. Et que dire de leurs corps qui sont de moins en moins familiers, et lorsqu'une main en touche une autre c'est avec sursaut que le contact est accueilli. Leur couple est esseulé, laissé à la dérive sans qu'un mot ne soit dit pour signaler ce corps à la mer. Arthur, il est inquiet. Il est inquiet depuis longtemps déjà, mais peut-être que cette nuit, ou la suivante, il fera enfin quelque chose. Enfin, il ne restera plus passif. Il agira, au lieu de se taire lui aussi. Il voit bien, qu'elle n'est plus qu'une ombre, l'ombre d'elle-même. Il constate aussi son incapacité propre à lui redonner des couleurs. Surtout qu'il ne tente rien, le cardiologue. Au sein de cette demeure, il n'est plus que ce visiteur qui passe de temps à autres, lorsque son travail le lui permet. C'est volontiers, qu'il s'est laissé noyer par sa vie professionnelle. C'est qu'il s'y sent bien dans cet hôpital, mieux que dans sa propre maison, là où ses responsabilités sont celles d'un médecin et non d'un mari. Alors il part tôt le matin, et rentre tard le soir. C'est tout juste s'il s'octroie des week-ends, et encore moins des vacances. Et puis il a fait la rencontre de Nancy, et son aventure extra-conjugale lui prend elle aussi beaucoup de temps. Les mensonges s'accumulent et la culpabilité s'accroit sur ses épaules, ce qui le pousse encore davantage à éviter sa femme trompée, cette femme bafouée. Le fait est que lorsqu'il pose son regard sur Annie aujourd'hui, c'est la culpabilité qui s'empare de lui. La culpabilité, et l'impuissance. Il se sent si impuissant, oui, et il laisse si aisément cette impuissance s'emparer de lui. Il rend les armes, avant même le combat. L'homme est un lâche, et sa conscience ne l'oublie pas pour mieux le lui marteler jour après jour. Est-ce ce qui le pousse cette nuit à ne pas laisser sa femme seule pour mieux la retrouver dans cette pièce voisine ? Sa conscience ? Elle a quitté leur lit depuis une heure déjà, et après une heure d'hésitations, il finit enfin par le quitter lui aussi. Il la retrouve dans la salle de bains, assise sur le rebord de cette baignoire. Un instant il la regarde, l'instant d'après ce regard la fuit. Et ce silence, toujours, qui s'éternise. Il reste planté là, à l'entrée, tel un idiot, et il ressent l'embarras que cette situation lui procure. Et que finit-il par faire, Arthur, tel le lâche qu'il est ? Il délègue. Il délègue ses devoirs de mari, ceux qu'il néglige depuis des années, à un autre. Et à la place d'un mot réconfortant, ou d'une étreinte salvatrice, il lui tend cette carte qui se veut être une solution à tous ses problèmes.
- Hm... Tu connais le docteur Briggs... Je l'ai recommandé à beaucoup de patients, il est très professionnel. Il a du mal à trouver ses mots Arthur, il hésite, il les regrette aussitôt qu'il les prononce. Il doute de parvenir jusqu'au bout de son idée, et pourtant il continue. Mais si tu préfères voir quelqu'un d'autre, quelqu'un que tu ne connais pas, je peux t'en recommander d'autres. Il déglutit, difficilement. Si longtemps il a fixé son regard sur cette carte tendue, et enfin il la regarde, sa femme. Je pense que ça te ferait peut-être du bien, tu sais, de parler. Parler, oui, mais pas avec lui. Lui, il a peur de sa maladresse, celle dont il témoigne présentement.

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