truths other than the ones you tell yourself


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Arthur Faraday

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MessageSujet: truths other than the ones you tell yourself   Lun 3 Juil 2017 - 13:53

D’autres tourneraient en rond tel un lion en cage à sa place. Et jour après jour, année après année, la folie de la solitude gagnerait l’habitacle d’un esprit sain. Mais Arthur n’est pas de ceux-là car la solitude n’est pas, pour lui, une absence, mais davantage une compagnie à part entière. Une présence silencieuse qui lui offre toute la paix dont il a le besoin impérial. Qu’on lui fiche la paix, oui, il ne demande rien à personne. Pas même à sa famille. Il n’y a que cette femme qu’il paye et à qui il demande en retour la propreté de cette tour d’ivoire dans laquelle il s’enferme. Et là-haut, au sommet de cette tour, il prend de la hauteur – et c’est peut-être pour ça qu’il paraît regarder ses semblables de si haut. Le quarantenaire est un homme intransigeant, avec lui-même comme avec les autres, et il n’en est plus à sa première femme de ménage. S’il ne sait plus (mais l’a-t-il jamais su ?) comment tolérer autrui et ses turpitudes, le moindre faux pas est le faux pas de trop. Mais par quel malheureux timing le hasard peut-il le pousser à être témoin de ces faux pas lorsqu’il ne sort que trop rarement de son bureau ? Une employée peut venir travailler chez lui et repartir sans l’avoir vu. Est-ce donc parce qu’il en demande trop, et que dès lors cela multiplie les chances de se faire congédier par ses soins ? Arthur ne trouve aucun amusement dans cette valse des femmes de ménage, sans jamais chercher à abaisser ses attentes pour autant. Mais la dernière employée en date est bel et bien différente, dès lors qu’elle prend part à son cercle (pourtant dépouillé) de proches. Néanmoins, cette lointaine connaissance n’est pas ce qui le pousse aujourd’hui à sortir de son bureau durant les heures où officie Nancy Flaversham. Le mathématicien a pour seule intention de rejoindre ses jardins lorsqu’il abandonne ses hauteurs pour le rez-de-chaussée.

Arthur aperçoit l’enfant avant la mère. Elle est assise, au bout de la pièce voisine, à colorier comme n’importe quel enfant de son âge, et le quarantenaire s’égare un instant. Elle ne s’est pas aperçue de sa présence, Leah. Mais Nancy par contre, doit être à l’origine des pas qui résonnent derrière lui. N’est-elle pas ici parce qu’elle le cherche pour le prévenir de cet imprévu ? Ou n’a-t-elle pas jugé cette information assez importante pour le déranger ? Il s’apprête à se montrer de mauvaise foi, lorsqu’il aurait en effet préféré ne pas être troublé dans son bureau par cette prévenance. Mais il n’est pas dans son bureau, il est ici, et il n’a pas été mis au courant de ce qui se passe dans sa demeure, entre ces murs qu’il préfère austères et solitaires, et non potentiellement secoués par les rires d’un enfant. Ainsi, Arthur se retourne avant même que Nancy ne parvienne à sa hauteur, et il la contraint à stopper net son avancée en se chargeant lui-même d’anéantir les dernières distances. De cette façon, il ne voit et n’est plus visible de Leah, si bien que c’est sa femme de ménage seule qui a son entière attention.
- Tu penses que c’est une nurserie ici ? La rhétorique est là, les mots sont implacables et fendent l’air pour trouver son oreille, et ils ne sont pourtant que soufflés pour ne pas interpeller et amener l’enfant jusqu’ici. Elle est sa femme de ménage, et pourtant il la tutoie. Il la tutoie, et malgré tout ils ne sont pas tant familiers. Ils ont partagé des repas de famille, mais conversaient surtout avec d’autres. Elle est la fille de son parrain, ou était l’amie de sa femme : une autre personne fait ou faisait toujours le lien entre eux, et ils ne sont jamais devenus davantage que des connaissances lointaines ayant des proches pour point commun. Mais ils font partis du fond sonore de l’autre depuis quelques années déjà, est-ce pour cela qu’elle s’est crue permise de ne pas venir seule sur son lieu de travail ? Car ce n’est rien de plus : un lieu de travail, et non la maison d’un ami à qui elle peut demander un service. Et intransigeant, il s’apprête à l’être plus encore, mais qui pourrait attendre autre chose de lui ? Ce n’est pas parce que je connais ton père que tu peux tout te permettre. Et enfin, il se décide à patienter pour une réponse avant de se montrer moins tolérant encore.

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MessageSujet: Re: truths other than the ones you tell yourself   Jeu 20 Juil 2017 - 20:14

Elle n’avait pas d’autre choix sinon, assurément, Nancy se serait arrangée autrement. Mais voilà, toutes ses options s’étaient envolées, les unes après les autres, jusqu’à la laisser face à situation inévitable mais nécessaire. Alors elle avait pressé Leah, lui avait dit de glisser ses cahiers dans son cartable, de s’habiller rapidement et de la suivre. Elle n’aimait pas ça, être forcée, ne pas avoir d’autre issue mais il fallait faire avec, c’était le prix à payer quand on avait un enfant, des responsabilités. Elle présenterait ses plus plates excuses, savait que Leah se ferait toute petite, elle était très douée pour ça, et promettrait que ça n’arriverait plus jamais, tout en sachant que c’était une promesse qu’elle ne pouvait pas vraiment tenir. Quand on était mère célibataire, il y avait des impératifs auxquels on ne pouvait pas se soustraire, même pour le plus sévère des employeurs. Avec un peu de chance, songea Nancy, l’adorable visage de poupée de Leah, avec ses grands yeux clairs dont le dessin lui rappelait cruellement l’absence du père, ses joues roses et ses lèvres fines, elle saurait amadouer Arthur. Personne ne résistait jamais à Leah, surtout lorsqu’elle minaudait innocemment, une technique qu’elle maitrisait à présent avec brio, l’ayant testée à d’innombrables reprises sur son grand-père. Alors, certes, Arthur et son père n’étaient pas du tout du même acabit et n’avaient clairement pas le même genre de relation vis-à-vis de Leah mais ça n’était pas trop naïf d’espérer… si ? De toute façon, Nancy ne pouvait tout simplement pas faire autrement et elle tâcherait de le faire comprendre à Arthur ou elle démissionnerait. Tant pis pour lui. C’était lui qui y perdrait le plus, c’était lui qui n’arriverait jamais à trouver quelqu’un d’aussi conciliant qu’elle. C’était en tout cas ce dont Nancy essayait de se convaincre alors qu’elle garait la voiture près de la demeure des Bledsoe – de son dernier habitant, tout du moins.
L’histoire de ce foyer hanté, qu’elle dépoussiérait inlassablement avec le sentiment qu’elle s’usait inutilement car le seul résident restait la plupart du temps invisible, Nancy ne la connaissait que trop bien. Elle avait connu Annie et si elle n’était en rien une amie intime d’Arthur, elle avait vécu le drame comme un coup de poing meurtrier, abasourdie par la disparition soudaine et ce qu’elle impliquait. Nancy avait ressenti un élan de compassion pour cet homme seul qui avait tout perdu, femme et enfant. Elle ne pouvait qu’imaginer la douleur et le chagrin, que serait-elle devenue si on lui avait arraché son père et Leah ? Elle serait morte intérieurement, elle aussi. Alors Nancy ne pouvait qu’éprouver de l’empathie pour Arthur, même s’il était rarement agréable, même s’il ne lui adressait la parole que pour donner des ordres laconiques, comme si elle était une bonne à rien et non à tout faire. Mais elle connaissait suffisamment l’énergumène pour savoir que la présence de Leah sur la propriété pourrait être aussi bien ignorée que reprochée. Tout dépendrait de l’humeur d’Arthur, s’il était dans un jour moins mauvais qu’un autre.
- Bon, Leah. Tu m’as bien comprise ? Tu t’assieds à table et tu fais tes devoirs dans le silence total. Je ne veux rien entendre d’autre que ton crayon qui gratte le papier, tu m’entends ? Je tâcherai de finir rapidement.
Ça, par contre, cela dépendrait de l’état général de la maison. Nancy avait beau passer plusieurs fois par semaines, il arrivait que tout lui semble aussi poussiéreux que si elle n’était plus venue depuis trois mois. Elle ignorait si c’était sa propre perception des choses qui était tronquée ou si c’était les fantômes qui hantaient la demeure qui s’amusaient à laisser entrer les saletés.
Nancy installa Leah à la table, comme annoncé, puis troqua sa veste contre un tablier aussi usé qu’ancien et se mit aussitôt au travail. Plus vite elle en aurait terminé avec sa besogne, plus vite elle pourrait disparaitre et espérer faire passer inaperçu son incartade au règlement tacite de son employeur.
Elle était occupée depuis une heure à aspirer puis à laver les vitres lorsque ce qu’elle redoutait se produisit. Un seau à la main, qu’elle emmenait vers la cour arrière pour changer l’eau, elle traversait le hall lorsqu’elle aperçut la silhouette d’Arthur et, instantanément, elle sentit sa peau se hérisser, son sang se glacer, comme une enfant prise sur le fait. Ses chances d’expliquer à Arthur qu’elle n’avait pas eu le choix d’amener Leah semblaient s’être envolées, vu le masque grave et irrité qu’il arborait et la jeune femme s’arrêta net tandis qu’il comblait l’espace qui les séparait d’un pas qui lui parut étrangement vif pour quelqu’un qui se montrait si apathique et distant en temps normal.
- Arthur ! Bonjour ! dit-elle, faute d’avoir une meilleure réaction.
Peut-être que si elle lui faisait sentir son manque de politesse, changerait-il légèrement d’attitude ? Mais il chuchotait et cela la prit totalement de court. Comme s’il craignait d’attirer l’attention de Leah, sa douce Leah. La virulence de la réprimande, injuste et humiliante, la fit ciller mais elle essaya de garder sa contenance et inspira vivement avant de changer le seau de main, juste pour faire remarquer à Arthur qu’elle travaillait, avant qu’il ne l’interrompe. Mais cela ne sembla pas émouvoir le veuf le moins du monde et Nancy tâcha de se composer un masque contrit, tandis qu’elle essayait d’expliquer, peut-être en vain :
- Je suis désolée, je n’avais pas d’autre choix. La baby-sitter a eu un empêchement et Papa est parti quelques jours pour traiter avec un fournisseur. Est-ce vraiment un problème ? Leah t’a-t-elle dérangée ?
En lui démontrant qu’il n’était pas nécessaire d’en faire toute une montagne, Nancy espérait calmer Arthur suffisamment pour avoir une conversation normale mais il était tellement proche qu’elle ne voyait que ses traits tirés, son regard courroucé, sa peau qui se teintait à peine d’une rougeur traitresse. Elle éprouvait de la compassion pour lui et elle lui était reconnaissante de l’avoir engagée mais ça ne signifiait pas pour autant qu’il pouvait la traiter comme une esclave.
- La prochaine fois, je prendrai un jour de congé, si tu préfères, conclut-elle avec une pointe de défi, dardant bravement son regard dans celui de cet homme brisé qui l’effrayait parfois par la profondeur de son désespoir et de sa solitude.
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